PACHYDERMES
PALEONTOLOGIE
Prépara/ion de l'orygène. — On obtient de l'oxygène en décomposant de'! corps qui en contiennent beaucoup, sels, acides on oxydes
Un moyen facile consiste à calciner dans une cornue de gros portant un tube à, dégagement du bioxyde de manganèse naturel. On l'achète à lion marché en poudre grise légèrement brillante. Il perd une partie de son oxygène, le tiers k peu près, et on retrouve dans la cornue un oxyde brun de manganèse. Voici la formule représentant la réaction : 4Mii02 = Mn»0*XOs.
On peut encore traiter le môme bioxyde de manganèse par l'acide sulfuriquo ordinaire ; l'expérience peut se faire dans un ballon de verre, car il n'est pas nécessaire de chaulTer à plus de 200°. Le bioxyde de manganèse ne se combine point à l'acide sulfuriquo pour former du sulfate de manganèse, sans avoir perdu la moitié de son oxygène et s'être ainsi transformé en protoxyde. Cette préparation est peu employée. On obtient encore de l'oxygène, comme l'ont fait Lavoisier et Priestley, en calcinant l'oxyde rouge de mercure ; il abandonne tout son oxygène.
La préparation la plus employée consiste à chauffer dans une petite cornue de verre avec une lampe à ak'ool un mélange de chlorate de potasse et de bioxyde de manganèse ; le dernier n'intervient dansla décomposition du premier qu'en facilitant son échauffement lorsqu'il est fondu ; on peut remplacer le bioxyde de manganèse par du peroxyde de fer (colcotliar) ou par de l'oxyde do cuivre. Le chlorate de potasse est très riche en oxygène, comme sa formule l'indique: KO,CIO^; b. une température inférieure à celle du rouge il perd rapidement tout son oxygène, en laissant un résidu de chlorure de potassium. KO,CIO° = KCI -f O*. Le dégagement étant très rapide, il faut avoir soin de remplir d'eau d'avance un certain nombre de flacons et d'éprouveltes de manière k les glisser rapidement dan^ la cuve à eau au-dessus de l'ouverture du tube à dégagement, aussitôt que le flacon (|ui .s'y trouve est rempli.
Le savant professeur H. Deville a dans ces der-
nières années donné un moyen d'obtenir de grandes quantités d'oxygène à un prix très peu élevé. C'est en décomposant l'acide sulfurique par son contact avec des fils de platine portés au rouge. C'est peut-être par ce procédé qu'on arrivera à éclairer nos villes k la lumière oxhydrique (mélange de gaz d'éclairage et d'oxygène brtilant à la sortie du bec). Jusqu'à présent les essais tentés dans cette voie semblent n'avoir pas réussi suffisamment, puisque la lumière oxhydrique n'est point employée en grand.
Vers 1867 MM. Tessié du Motay et Maréchal organisèrent un éclairage au gaz oxhydrogène sur la place de l'Hôtel-de-Ville et dans la cour des Tuileries. Ils se procuraient l'oxygène en exposant à l'air des manganates, qui, en absorbant de l'oxygène, se transformaient en permanganates qu'on ramenait ensuite à l'état de manganates en leur reprenant de l'oxygène. Enfin on a essayé de prendre l'oxygène h l'air en le faisant passer sur de la baryte chauffée au-dessous du rouge; celle-ci se transforme en bioxyde de baryum, qui. au rouge, abandonne son excès d'oxygène et redevient de la baryte.
L'oxygène a pu être obtenu dans un état particulier où ses propriétés chimiques sont extrêmement développées. Dans cet état il se combine directein.mt et à froid à la plupart des métaux, détruit les matières organiques.
On l'appelle alors 0~one.
L'oxygène existe pour ainsi dire partout, dans l'air, daiîs l'eau, presque dans tous les produits organiques et dans la plupart des pierres ou des roches constituant la croûte terrestre, depuis le granit le plus dur jusqu'à l'argile !a plus plastique. Dans l'air il est à l'état de luélange avec l'azote ; partout ailleurs il est en combinaison solide ou liquide ; dans les roches granitiques il est à l'état de combinaison avec le silicium, constituant la silice ou acide silicique, et avec le potassium, le calcium, etc., constituant la potasse, la chaux, bases qui dans ces sortes de roches sont combinées à la silice. [A. Jacquemart.]
PACHVDER.MES. — Zoologie, X-XI. — Dans les anciennes classifications zoologiques, l'ordre des Piirh>j'lerm''s renfermait un grand nombre de mammifères différant notablement les uns des autres par leur structure intime, par leurs formes extérieures, par leur régime et par leurs mœurs, et n'ayant guère d'autre caractère commun que l'épaisseur de leurs téguments. Aussi, dans ces derniers temps, a-t-on jugé nécessaire de subdiviser ce groupe hétérogène en trois ordres: les Proboscidiens' ou éléphants, les Jumentés ' ou Périsso'Iactyles, et les Porcins'. [E. Oustalet.]
PACTE. — Histoire générale, XXXIX-XL. — Nom donné dans l'histoire à diverses conventions secrètes ou publiques, ainsi qu'à des actes constitutionnels. Citons entre autres : 1" le Pacte de famille, acte signé, à l'instigation du duc de Choiseul, en PCI, par divers souverains de la maison de Bourbon (le roi de France, le roi d'Espagne, le duc de Parme), qui unissaient leurs forces contre l'Angleterre ; f \e Pacte de famine^ nom sous lequel ou a désigné les agissements au moyen desquels certains financiers provoquèrent des disettes artificielles en accaparant les grains sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI ; 3" le Pacte de ISl.S, noiu donné à la constitution qui a régi la Suisse de I81ià ISiiJ, et qui avait succédé à l'Acte de médiation.
PALÉONTOLOGIE. — Géologie, IV.— Etym. :
du grec palnios, ancien, on. être, et lo;}os, science. — La paléontologie est la science des fossiles '.
Dès la plus haute antiquité on a remarqué les fossiles; leur nombre parfois prodigieux dans la même couche et la régularité de leurs formes les imposaient en quelque sorte à l'observation. Mais ils n'ont pendant bien des siècles procuré aucune notion sérieuse. Bien que beaucoup d'anciens, parmi lesquels se détachent les grands noms de Platon, de Pythagore, d'Aristote, de Pline, de Sénèque, eussent signalé à maintes reprises les pétrifications, celles-ci ne donnèrent lieu jusqu'à la fin du XV' siècle qu'à des dissertations tout à fait vasues.
Au .xvi« siècle; les fossiles furent remarques davantage; mais après en avoir fait do simples caprices de la nature, on imagina, pour en expliquer l'origine et la nature, les hypothèses les plus bizarres; de façon que malgré des éclairs intermittents de génie, comme ceux que répandirent Léonard de Vinci et Bernard Palissy, l'examen de ces restes, qui devaient être si précieux pour la science, ne fut qu'un siiuple détail de l'étude des roches où ils sont renfermés.
C'est à notre compatriote Georges Cuvier qu'est due sans conteste la création de la paléontologie. Les découvertes de cet homme illustre ont eu
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pour premier thcâtro les plàtrières de Montmartre et pour origine les trouvailles d'ossemi'nts fossiles <lu'oii y fit. Comme on voit, la paléontologie est essentiellHment française et sa création est un titre do gloire pour notre pays.
La question capitale étudiée d'abord par Cuvier fut de savoir si les fossiles proviennent d'êtres difl'érents de ceux qui vivent actuellement. Déjà l'observation des coquilles pétrifiées avait amené à so faire la même demande à l'égard des mollusques ; mais le problème avait dû être regardé comme insoluble à cuuse de l'immense variété de ces animaux inférieurs, et h cause aussi de la certitude que les abîmes des mers profondes, où les reclierclies sont loin d'être complètes, nous réservent pour plus tard la connaissance d'une faune innombrable.
Ces considérations conduisirent Cuvier à porter toute sou attention sur les animaux supérieurs, qui sont en nombre bien plus restreint et qui ne peuvent échapper aussi facilement à nos investigations. Mais il s'aperçut tout de suite que le problème qu il poursuivait supposait connue dans tous ses détails l'ostéologie de tous les animaux contemporains, et c'est ainsi que l'ajiatomie comparée, simple accessoire de travail principal, fut créée en passant.
Nous n'insisterons pas sur les résultats obtenus par Cuvier: ils peuvent s'exprimer en disant que les êtres fossiles diffèrent des animaux d'aujourd'lmi, et par conséquent que la faune a été renouvelée à la surface du globe depuis les temps géologiques. Cuvier montra aussi que par suite des lois de l'organisation animale, des fragments incomplets d'un squelette peuvent permettre de reconstituer l'être tout entier d'où ils proviennent, et même de déterminer une foule de particularités de celui-ci qu'on ËÙt pu croire bors de l'atteinte de nos études, comme celles qui regardent ses liabitudes et même son aspect général. Ces conséquences ont perdu depuis Cuvier un peu de la certitude absolue qu'il leur attribuait, par suite de la découverte de nombreux animaux participant à la fois de caractères empruntés à divers types ; mais le principe subsiste tout entier et constituera toujours uns des plus grandes conquêtes de l'esprit scientifique sur la nature.
Le nom du Pala^ot/teriinn, le plus frappant des animaux de Montmartre, consacre le fait de la destruction des espèces aujourd'hui fossiles, et pourrait par conséquent s'appliquer à la plupart des animaux dont s'occupe la paléontologie.
Il importe d'ajouter tout de suite que les fossiles comprenant des plantes au môme titre que des animaux, les conclusions générales sont les mêmes à leur égard.
Mais, en montrant que la faune actuelle diffère de la faune éteinte, Cuvier était bien loin d'avoir épuisé le sujet, et son célèbre collaborateur, Alexandre Brongniart, fut conduit par l'étude de la géologie proprement dite à une notion complémentaire de première importance. C'est celle des caractères paléontologiques des formations successives.
Déj.\ Cuvier avait parfaitement remarqué que les grands reptiles fossiles des couches jurassiques fotit place, dans le plâtre de Montmartre, à des animaux tout différents. Mais cette observation ne l'avait pas conduit où Brongniart arriva. En effet, celui-ci reconnut que les fossiles caractérisent les couches qui les renfermetit, de façon àpouvoir servir à la détermination de làge de celles-ci : ce fait d'application journalière est devenu la base même de la géologie stratigraphique.
La première carrière venue montre les couches successives renfermant souvent des faunes différentes; et des carrières même distantes montrent la même faune se poursuivant au même niveau.
La découverte de Brongniart a admis un vif
éclat par l'application qu'il en lit au classement de couches dont l'âge réel n'était pas soupçonné. Nous en citerons deux exemples.
Le premier concerne la montagne des Fiz, près du Buet, dans les Alpes. Cette montagne est formée de lits nombreux qui s'ijiclinent du N.-E. au S.-O., et qui à Servez, où ils se montrent par la trajiche, semblent horizontaux. Vers le haut, sur la pente roide qui va aux chalets de Sales, est une couche noire, dure, compacte, d'un faciès très ancien et qui renferme des coquilles. Or Brongniart, étudiant celle-ci, y recoiniut, contre toute attente, les fossiles de la craie de Rouen. Malgré sa couleur et sa situation élevée, c'est maiiitcnant sans hésitation qu'on rapporte la couche alpine à ce niveau du terrain crétacé.
En second lieu, auxDiablerets,lemcme géologue signala une assise d'aspect analogue, mais dont les fossiles, d'âge encore plus récent, datent de l'époque tertiaire.
Les progrès de la science ont confirmé ces résultats si liardis, et chaque jour les géologues tirent le plus grand parti de synchronismes de ce genre.
Nous n'avons pas à revenir sur le mécanisme de la fossilisation, déjà exposé à l'article Fossiles; mais il importe de fixer un moment notre attention sur la manière d'être des fossiles dans les couches qui les renferment.
Dans la plupart dos dépôts, ces débris ne jouent par leur volume qu'un rôle tout k fait secondaire: ce sont comme de simples accidents, plus ou moins fréquents d'ailleurs, à l'intérieur des couches de sédiment. Parfois cependant, certaines couches sont essentiellement composées de fossiles. Il en est ainsi pour diverses assises do la pierre à bâtir de Paris et pour les couches de sable des environs de Tours.
On assiste k la formation actuelle de semblables accumulations sur une foule de points, et par exemple sur les cotes de Normandie et de Bretagne, où des coquilles charriées par des courants viennent se réunir dans des anses déterminées, h la suite d'un véritable triage. Parfois aussi l'accumulation des fossiles est due au mode même d'existence des animaux fossilisés. Ainsi, dans les lacs, il se fait quelquefois des agglomérations de ces curieux fourreaux minéraux dont s'enveloppent les larves do phryganes (V. Insectes, p. 1028) pour protéger leur corps, mou comme celui des vers, contre l'attaque des carnassiers. De même les huîtres édifient, en se superposant les unes aux autres, des bancs entiers qui passent pour ainsi dire en bloc il la fossilisation. Mais c'est parmi des êtres bien plus inférieurs encore que l'on trouve les constructeurs de roches de beaucoup les plus actifs. Les rhizopodes ou foraminifères (V. Protozoaires) sont des animaux de très petite taille, souveiit microscopiques, et dont le corps est protégé par une enveloppe presque toujours siliceuse. Or, le sable du littoral des mors est tellement rempli de rhizopodes qu'il s'en montre quelquefois à moitié composé. On en a compté Gi)W) dans une once de sable de l'Adriatique, et 480, "00 dans 3 grammes de sable des Antilles, ou :!,84U,OO0 dans une once. Ces proportions nmltipliées par 1 mètre cube dépassent toutes les prévisions humaines et grossissent tellement le nombre des chitl'res qu'on a de la peine k lus saisir. Mais que sera-ce pour peu qu'on l'étende il l'immensité do la surface des cotes maritimes du globe ? Les restes de rhizopodes forment en grande partie les bancs qui gênent la navigation, obstruent les golfes et les détroits et comblent les ports. On ne sera pas étonné d'après cela d'apprendre que des couches entières du globe sont constituées par les restes de rhizopodes fossilisés.
Les polypiers, dont le corail est un exemple des plus connus, offrent l'image la plus saisissante de
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l'intervention de la vie dans l'accroissement des ; couches du globe. Les débris qu'ils laissent après j eux, au lieu de s'entasser pêle-mêle, se rattachent intimement à la roche sous-jacente qui sert de , support et de fondement à l'édiflce qu'ils élèvent. Ces débris se soudent entre eux pour constituer ^ des masses qui affectent des formes particulières j dont les uto Is et les îles Lnfjoun nous montrent ^ l'exemple le plus remarquable. On cojinait dans le terrain jurassique un énorme ensemble de couches auxquelles on a donné le nom de curalliennes, parce qu'elles représentent d'immenses atolls fossilisés. ]
En se fossilisant, les végétaux édifient des roches aussi bien que les animaux : tantôt leurs débris viennent s'amasser en certains points où les iharrient des courants ; tantôt ils s'accumulent sur place de façon à constituer, toute proportion gardée, des sortes d'atolls végétaux. I
Parmi les formatiojis du premier genre, on peut citer les couches de bois charriées en Islande par le Gulf-Stream. Ce bois originaire de l'Amérique centrale fournit à l'Islande son principal combustible. 11 forme par exemple au fond de la baie de Verki un amas de 1 10 mètres de long sur 12 d'épaisseur. Beaucoup de couches de lignite des terrains tertiairesontmanifestement la même origine. Parmi les couches dues à des débris végétaux accumulés sur place, nous nous bornerons à mentionner les tourbières, faciles à étudier dans une foule de localités. Ce sont des sortes de marécages dans lesquels poussent diverses plantes et spécialement des mousses connues sous le nom de sphairpie'. Ce qui rend ces végétaux particulièrement propres au tourbage, c'est qu'ils poussent exclusivement par leur sommet. A mesure que la partie supérieure de la tige s'allonge, la partie inférieure jneurt et tend i se transformer en tourbe. Des études très précises ont montré que le tourbage rend raison presque dans les moindres détails do la formation si importante de la houille et des autres combustibles minéraux.
Ces notions générales une fois acquises, il nous reste i en faire une application immédiate en montrant comment les terrains superposés dont se compose l'écorce terrestre sont caractérisés par des fossiles particuliers.
Dans le terrain cambrien inférieur on a signalé la présence du problématique Eozooi. Il se présente sous l'aspect de sinuosités régulières dans lesquelles beaucoup de géologues se refusent cependant à voir les vestiges d'une organisation. Les plus gros échantillons viennent du Canada; on en a trouvé aussi en Europe et spécialement en Bohème. Les Linrpiles caractérisent le cambrien supérieur : ce sont des mollusques * bracliiopodes dont le nom vient de leur ressemblance avec une langue, et qui sont reconnaissables à leur coquille allongée dont les deux crochets sont également creusés d'un sillon interne par le passage du muscle qui retient les deux valves.
A l'époque silurienne, nous devons signaler tout spécialement, à cause de leur profusion, les étranges animaux qu'on nomme des Trihibi'es. Ce sont des crustacés ' qui se présentent habituellement sous la forme d'un bouclier ovale, composé d'articles divisés en trois parties par des dépressions longitudinales. Les mêmes terrains contiennent beaucoup de mollusques. On y trouve aussi des empreintes extrêmement abondantes désignées sou.T le nom de grap/io it/ies; on s'accorde à les considérer comme des polypes alcyonaires, mais on a eu successivement à leur égard les opinions les plus contradictoires. D'abord on y a vu des plantes. Liinié, en 17 6, les confondait avec une foule d'objets fort différents, tels que des dendriles, des marbres veinés, des fucus, etc. On les a pris ensuite pour des céphalopodes cloi-
soiinés{\' . Molliisi]uef:), pour des foraminifères.etc. C'est dans le terrain dévonien que les poissons commencent à apparaître en nombre considérable : ils sont extrêmement différents des poissons actuels. Parmi eux. le Céphalmpis, le Coccortœus, le Pié'ichihys se signalent par des formes véritablement étranges. Les trilobites n'existent plus qu'en nombre relativement petit, mais à leur place on trouve des crustacés bizarres dont le Plénjgotus est un bon exemple : les carriers écossais, qui le rencontrent souvent dans le vieux grès rouge, le désignent sous le nom de Svruplii'i k cause de deux appendices qui ressemblent un peu à des aile? ; il est encore très mal connu, et se caractérise par les grandes dents qui arment les diverses pièces de ses téguments. C'est dans le terrain dévonien qu'on trouve le Té'evpéton, qui est jusqu'ici le reptile le plus ancien. Des végétaux peuvent être cités en grand nombre : ils sont comme l'annonce de ceux qui dans le terrain suivant ont donné lieu à la formation du charbon de terre. Les Lépidodenilviin^ et les Fougères sont particulièrement caractéristiques.
Dans le terrain carbonifère on assiste à une véritable explosion botanique. 11 faut citer les genres Sigîil 'na, Stigmriria, Spliempiens, Neoropteris, Calamités, Curd nies, parmi ceux dont on trouve les vestiges en plus grand nombre. Les études récentes ont permis de reconstituer l'histoire de ces plantes et de préciser les conditions climatiques de ces temps si éloignés. Beaucoup d'animaux vivaient en même temps. Outre de nombreux mollusques marins, il faut mentionner des poissons et des reptiles tels que \' Archégnsaure.
Le terrain permien peut être regardé comme un affaiblissement du terrain houiller. On y retrouve des plantes tout à fait analogues, mais avec une exubérance incomparablement moindre et des dimensions plus restreintes.
Un contraste complet signale le trias : ici plus de grandes forêts, la mer a repris son empire, et I les mollu.sques associés aux Crinoides les plus variés et les plus gigantesques forment, par leurs dépouilles, des couches entières. Sur le sol consolidé des plages de ce temps on a retrouvé avec un très vil intérêt des pistes laissées par des ani- 1 maux errant sur le littoral de la mer. De nombreux oiseaux et des batraciens gigantesques {C/ieiro- , thenum) ont été ainsi révélés à la science par la simple trace de leurs pas.
Le lias fournit une immense légion de reptiles énormes et bizarres où l'art gothique aurait pu trouver des inspirations. L'Ichthi/osaicr,', le Plésiosaiire, le Ptérod icti/le, diffèrent par des caractères profoiids de tous les reptiles actuels et devaient composer la faune la plus étrange qu'on puisse concevoir. Des poissons et des mollusques se mêlent à leurs débris, et parmi ceux-ci les Bélemnites. dont la vraie nature a été le sujet de dissertations sans nombre et de discussions longtemps ] continuées (V. Mollusque^, p. 13:Ji)-
Les reptiles continuent en grand nombre dans l'épais ensemble de couches qui constituent le terrain jurassique. C'est là aussi que prennent tout leur développement les Aiiimundes et les Polypiers.
Ce sont encore les reptiles qui contribuent i caractériser le terrain crétacé ; mais ils se rapprochent des formes actuelles dont ils se bornent souvent à peu près à exagérer beaucoup les dimensions. Les Céphalopode, sont représentés avec un luxe inouï par les genres Bé eiiinites, Turritttes,Baeulites, Scai hites, Ancglnceras, Hiiinite', etc., qui réalisent tous les modes d'enroulement que l'on peut imaginer. Les mollusques bracliiopodes nous , offrentles formes si spéciales des liudistes, qui n'ont pas survécu i la période qui les a vu naître. Enfin les I Foraniinifères ont pris un développement excessif,
PALMIERS
PALMIERS
et composent en grande partie de leurs dépouilles accumulées les épaisses couches de la craie blanche. La flore prend en même temps des caractères qui font pressentir jusque dans les détails les végétaux d'aujourd'hui.
On peut dire que la période tertiaire représente le règne des mammifères et des oiseaux. C'est alors que vécurent le Palandhérium, VAnoplothériuin, le Xypiiodon, le Mastoiionte, le Dinothériuin, parmi les preiniers, le Gastomis parmi les autres. Toutes les autres classes du règne animal sont abondamment ri'présentés. Les Nummulites sont des foraminifères tout à fait caractéristiques. Les plantes oifront des formes très voisines de celles de leurs cotigcnères vivant de nos jours, mais le climat général est plus chaud, de telle sorte que les palmiers, par exemple, abondent sous la latitude de Paris.
Enfin les fossiles du terrain quaternaire sont regardés à bon droit comme les ancêtres immédiats des êtres actuellement vivants. En première ligne doit être cité Vhomme, dont l'histoire est maintenant reconstituée d'une manière à peu près complète, non seulement au point de vue de son ostéologie, mais en ce qui concerne ses usages et même ses croyances philosophiques et religieuses. Il faut aussi mentionner une foule d'animaux tels que VOun, le Renne, le Cheval, qui ont génériquement et même parfois spécifiquement persisté. Beaucoup d'autres au contraire ont absolument disparu, comme le Megat/terium, le Mammouth, le Dinornis, etc.
Ce qui précède suffit, pensons-nous, pour montrer l'importance do la paléontologie. Ce n'est pas seulement, comme on voit, une zoologie et une botanique relatives à des êtres disparus, comparables par l'étendue de leurs domaines à la zoologie et h la botanique proprement dites : c'est le résumé d'une série infinie de zoologies et de botaniques successives, correspondant aux diverses époques géologiques au cours desquelles la faune et la flore ont été constamment en se modifiant. La paléontologie concerne donc un ensemble d'études d'une immensité incompar.ible.
Mais elle a encore un autre titre plus considérable à notre puissant intérêt, C'est elle en efl'et et c'est elle seule qui, en nous faisant assister aux modifications successives des êtres organisés, peut nous promettre quelque notion sur l'origine même de la vie à la surface de la terre
[Stanislas Meunier.]
l'ALIUlEltS. — Botanique, XXV. — Etym. : le mot palmier vient du latin palmarius (arbre qui parte des palmes).
Définition. — Les Palmiers sont des végétaux monocotylédones arborescents dont les caractères servent de transition entre ceux des Graminées ei ceux des Liliacées. A cause de leur grand développement, quelques auteurs ont cru devoir considérer les palm.iers comme les représentants les plus parfaits des végétaux monocotylédones.
Caractères botaniques. — Les graines des palmiers seprosententavcc des caractères qui varient selon es genres dans lesquels on les considère. Uans les dattiers, le tégument de la graine est mmce ; il recouvre une masse albumineuse pleine, de consistance cornée. En unpointde cet albumen, on trouve un tout petit embryon. L'albumen du tl.ittier offre une résistance très grande, qui fait qn on désigne vulgairement la graine du dattier sous le nom de 7ioi/au de datte. La réserve albumineuse du dattier est formée de cellulose et de matières grasses. Cette réserve se dissout très ■ontement au moment de la germination ; elle est ■ilors absorbée par le suçoir cotylédonalre. Dans les cocotiers, la graine, extrêmement volumineuse, se compose d'un testa ligneux sous lequel on rencontre une couche albumineuse blanche, charnue,
comestible. Le centre de cette graine est occupé par une cavité ordinairement gorgée d'un liquide blanc, laiteux, de saveur sucrée. Ce liquide n'est autre chose qu'une partie de l'albumen, qui a conservé sa consistance fluide primitive. Il est connu vulgairement sous le nom de lait de coco. L'embryon de la graine du cocotier est très petit ; on le trouve immédiatement sous le testa, dans la masse de la partie charnue de l'albumen.
Au moment de la germination, le cotylédon unique de l'embryon des palmiers s'allonge beaucoup. Sa partie supérieure, transformée en suçoir, reste engagée dans l'intérieur de la graine, dont elle absorbe l'albumen au fur et à mesure de la dissolution de celui-ci. La région inférieure de ce cotylédon est amenée hors de la graine par l'élongation même de cet organe. Cette partie inférieure du cotylédon est transformée en une sorte de gaine ou de tube qui contient la partie principale du corps de l'embryon, l'axe hypocotylé. L'élongation du cotylédon pendant la germination a surtout pour but d'enfoncer le plus loin possible dans le sol l'axe hypocotylé. Ces opérations préliminaires terminées, on voit surgir une grosse racine de la partie tout à fait inférieure de l'axe hypocotylé. Cette première racine ou pivot n'a souvent qu'une durée très éphémère. Parfois cependant ce pivot persiste longtemps après la fixation de la plante. Dans tous les cas, ce n'est que lorsque déjà les racines fonctionnent activement comme organes absorbants que le suçoir cotylédonalre se flétrit.
La première racine des palmiers est peu volumineuse, cylindrique, courte. Cette racine ne présente jamais d'accroissement secondaire. Son système vasculaire se compose d'un seul faisceau primaire, où le nombre des centres de développement ligneux est très considérable. En général, peu de temps après la naissance de cette première racine, on en voit naître un très grand nombre d'autres sur toute la surface de la région basilaire de la tige. Ces racines, que l'on qualifie d'adventives, sont généralement grêles, cylindriques. Lorsque ces racines adventives demeurent exposées à i'air, leur surface prend un aspect feutré ; elles ne se ramifient pas, elles ne s'allongent guère non plus : ce sont alors bien plutôt des organes de défense que des organes d'absorption. Lorsque, au contraire, les racines adventives pénètrent dans le sol, elles s'y allongent beaucoup, se ramifient abondamment, et assurent à la plante un puissant appareil d'absorption. A mesure que la plante avance en âge, ses racines adventives naissent de plus en plus haut sur sa tige. Toutes ces racines adventives, se recouvrant les unes les autres, se dirigent vers le sol en formant autour de la région inférieure de l'axe aérien du végétal une sorte de cône qui assure la stabilité de cet axe. Toutefois, comme jamais les racines des palmiers ne pénètrent h une très grande profondeur dans le sol, ceux de ces végétaux qui sont arborescents à tigo dressée se laissent facilement déraciner par le moindre vent. C'est pourquoi beaucoup de palmiers arborescents ne peuvent prendre tout leur développement que dans les forêts, où ils sont abrités et soutenus par les arbres voisins. Il arrive môme assez souvent que les palmiers cultivés en serre sont beaucoup plus élevés que lorsqu'ils croissent en liberté, car dans la station abritée qu'on leur assure, ils n'ont point à craindre d'être déracinés.
La tige des palmiers est parfois un rhizome court, rampant sous terre près de la surface du sol, ou simplement couché sur le sol ; ces palmiers k rhizomes sont ditsacaules; ils ont pour type le genre Sabal. Selon les espèces, ce rhizome est plus ou moins volumineux. La forme spéciah; de certains de ces rhizomes très courts luur a valu
PALMIERS
PALMIERS
le nom de sabots. Dans le genre Calanius ou Rotani/ la lige, très élancée et très grêle, traîne à la surface du sol ou sur les plantes basses qui le recouvrent. La tige des rotangs peut atteindre jusqu'à 200 et 300 mètres de longueur sur un diamètre de 3 i 4 centimètres. Cette tige est remarquable par l'incrustation siliceuse vernissée dont elle est revêtue et par sa grande flexibilité. La tige du rotang n'est autre chose que le Jonc à cannes. Dans d'autres genres, enfin, Pliœnix, Chamœrops, Buctris, la tige s'élève du sol verticalement ; c'est une grosse colonne cylindrique, lisse ou revêtue par les débris des bases des anciennes feuilles, que termine un magnifique dôme de verdure. La vestiture de la tige verticale des palmiers varie beaucoup d'un genre i l'autre. Lorsque les feuilles se détachent nettement, la surface de la tige est lisse, vernissée, marquée de distance en distance par des cicatrices, qui indiquent la place des feuilles tombées : tel est le cas des Vhamœduiœa. Cette surface lisse de la tige peut être inerrae, ou bien au contraire garnie de piquants noirs très acérés, à pointe simple ou ramifiée. Dans les Chainœrops, les feuilles se détruisent sans se détaclier de la tige ; celle-ci est alors revêtue d'une sorte de bourre toute spéciale. Ce n'est qu'à un âge avancé que cette tige se décortique et se sépare du revêtement tout particulier qui la recouvrait. Dans quelques Thrinax, la présence de cette bourre autour du tronc maintient à la surface de celui-ci une humidité constante. De la surface de ce tronc naissent un très grand nombre de racines adventives qui se développent dans l'épaisseur du revêtement de la tige et le traversent. Tout le temps que ces racines étaient enfouies dans la bourre de la tige, elles trouvaient l'humidité nécessaire à leur développement et croissaient rapidement. Après avoir traversé cette bourre, elles tombent dans l'air, où elles se sèchent et se transforment en épines très aiguës.
La structure de la tige des palmiers a été prise pour type de celle des végétaux nionocotylédonés. On ne remarque pas dans cet organe de zone cambiale comparable à celle des végétaux dicotylédones. En revanche, on voit qu'il se compose d'un très grand nombre de faisceaux dispersés au sein d'une masse de tissu parenchymaleux ou tissu fondamental. Le tout est recouvert d'épiderme. Chaque faisceau se compose d'une petite masse ligneuse, réduite le plus souvent à quelques trachées, et d'une masse libérienne formée de cellules grillagées très simples. Sur une section transversale de la tige, les trachées de chaque faisceau sont plus rapprochées du centre de l'organe que le liber qui on dépend. Lorsque les faisceaux sont très conipliiiués, on remarque en avant des trachées, vers le centre de la tige, une lacune bordée par quelques éléments libériens.
Chacun des faisceaux de la tige des palmiers a une marche très sinueuse. Il nait d'un faisceau situé plus bas, s'élève selon une ligne sinueuse, tantôt s'approchant, tantôt s'écartant de l'axe de la tige ; puis à un moment donné il se recourbe vers l'extérieur, sort de la tige et se rend dans une feuille. Chemin faisant, le faisceau que nous avons considéré donne naissance Ji un certain nombre d'autres faisceaux qui auront le même trajet que lui dans l'intérieur de la tige. D'après celte brève description, il est facile de voir que les faisceaux des palmiers n'ont aucune solidité. D'où vient pourtant la grande résistance des tiges de quelques-uns de ces végétaux'? Dans un très petit nombre de palmiers, comme les rotangs, les éléments du faisceau, aussi bien les éléments ligneux que les éléments libériens, se tibrifient en avançant en âge et prennent une certaine solidité ; plus généraleraont, une partie des éléments
du tissu fondamental dans lequel sont plongés les faisceaux se transforment en fibres mécaniques. Cette transformatioii s'opère surtout dans le voisinage des faisceaux. Il en résulte bientôt que chacun de ceux-ci est entouré d'un étui ou gaine très solide. Toutes ces gaines finissant par se toucher les unes les autres assurent à la tige sa solidité.
On remarque que ces gaines mécaniques, comme les a nommées M. Schwendener, sont beaucoup plus nombreuses à la périphérie de la tige qu'en son centre; de là vient que la surface de la tige des palmiers est la partie la plus résistante de cet organe. Nombre d'auteurs ont désigné les fibres mécaniques des palmiers par le nom de fibres libériennes, les rapportant ainsi aux faisceaux ; il en est résulté une confusion assez grande dans la plupart des ouvrages qui traitent des caractères anatomiques de ces végétaux. Il est bon que le lecteur en soit prévenu. Les faisceaux sortant de la tige pour se rendre dans les feuilles sont extrêmement nombreux; leur arrangement est invariable pour chaque genre; il en résulte que, malgré le désordre apparent des faisceaux de la tige des palmiers, ces parties sont néanmoins disposées avec la plus grande régularité. De très bonne heure la tige des palmiers atteint son diamètre définitif, après quoi elle le conserve indéfiniment dans toute son étendue. Un très petit nombre de palmiers, comme ÏArenya snccharifera, présentent un renflement assez considérable veia le haut de leur tige. Ce réservoir est d'abord plein d'amidon. A l'époque de la floraison, l'amidon est peu h peu remplacé par du sucre. La tige aérienne des palmiers ne se ramifie pas ou se ramifie très peu. Leurs rhizomes et leurs branches souterraines au contraire se ramifient abondamment.
Chaque tige aérienne se termine supérieurement par un bouquet de grandes feuilles au centre duquel est un bourgeon. Ce bourgeon est très recherché chez quelques palmiers; on le mange cuit en guise de légume : c'est le chou palmiste. Lorsqu'on tranche le bourgeon terminal d'un palmier, il s'écoule souvent une liqueur sucrée qui donne par la fermentation le vin de palme. Les bourgeons qui terminent les branches souterraines des palmiers à rhizomes peuvent être utilisés comme succédanés des patates.
Les feuilles des palmiers sont toujours vertes, coriaces, vernissées en dessus. Assez simples dans le jeune âge, elles vont se compliquant de plus en plus. Les feuilles des palmiers adultes soju péfisîées, à limbe entier, mais déchiré en lanières 4e manière à donner à la feuille entière l'apparence d'une feuille composée. Lorsque la feuille d'un palmier s'est déchirée naturellement, elle peut paraître pennée ou palmée. En général les déchirures du limbe sont moins étendues dans le cas des feuilles palmées que dans celui des feuilles pennées. Ce sont les feuilles pennées qui forment ce que l'on appelle vulgairement les palmes. Les feuilles des palmiers peuvent atteindre de très grandes dimensions; leurs pétioles robustes, ligneux, élastiques, sont très recherchés pour fabriquer des cannes et des manches de parapluies. Le limbe de ces feuilles est rempli do faisceaux ùe fibres méca[iiques qui leur donnent leur grande solidité. Les feuilles des palmiers sont tantôt inermes, tantôt pourvues de solides aiguillons très acérés.
Les tleurs des palmiers sont très petites, insignifiantes pour ainsi dire ; elles sont réunies en grand nombre sur des inflorescences généralement enveloppées de voiles ou spathes de consistance liés variable. Quelques-unes de ces spathes sojit ligneuses, solides, et assez grandes pour qu'une seule puisse fournir une pirogue capable de
PALMIERS
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porter un homme et plusieurs jours de vivre. Dans d'autres palmiers la spatlie est membraneuse ; en se dessécliant, ses fibres deviennent indépendantes les unes des autres, et forment un tissu feutré très léger; les habitants des régions tropicales emploient ces spathes en guise de chapeau. En général les fleurs des palmiers sont unisexuées. Leur périanthe a six divisions, petites, verdàtrcs ou jaunâtres, cliarnues. Au centre de ce périanthe on trouve le plus souvent, dans les fleurs mâles, six étamines sessiles à anthères biloculaires introrses ou extrorses, et dans les fleurs femelles un pistil tricarpellé. Des trois carpelles de ce pistil, bien souvent une ou deux loges avortent ou ne se développent pas. Les stjles de ces carpelles sont cohérents entre eux; les stigmates, au nombre de trois, sont simples et indépendants. Chaque carpelle forme une loge ovarienne dans laquelle on observe deux ovules bitégumentés. Le plus ordinairement un seul des sixovules de l'ovaire est transforméen graine. Dans un très petit nombre de palmiers, les Borassus, les Lodoicea , chaque fleur mâle contient jusqu'à vingt-quatre étamines, au lieu de six le nombre ordinaire.
Le fruit des palmiers est une petite baie à noyau très solide, ce noyau n'étant autre chose que la graine, dans les dattiers, les chamœrops. Chacun sait de quelle importance est la récolte des dattes pour les habitants de certaines régions du Sahara, cliez qui la datte forme la base de l'alimentation. Dans les sagoutiers, le fruit ressemble beaucoup à un cône de pin renversé et vernis. Dans les cocotiers, les lodoicea, le fruit acquiert un volume considérable ; il est revêtu extérieurement par une bourre épaisse, roussâtre, fibreuse ; intérieurement cette bourre se transforme en une sorte de noyau solide. Grâce à cette organisation, les graines se trouvent protégées lors de la chute du fruit qui est porté par des végétaux de très haute taille.
Usages des Palmiers. — Presque toutes les espèces de palmiers trouvent un emploi dans l'écoiiomie domestique, dans l'industrie ou dans l'horticulture. Tous les palmiers fournissent des fibres textiles, propres surtout â la confection du papier. Leurs grandes feuilles découpées en lanières entrent dans la fabrication de cordes, de nattes, de paniers, de chapeaux. Le bois de beaucoup de palmiers fournit des solives. Passons brièvement en revue les espèces dont les produits sont les plus connus.
Les Sayoutiers (Sagus rhumphii, S. lœvis), qui croissent dans les lies Moluques, contiennent dans leur tige une moelle farineuse très nourrissante : c'est le sarjou. Les Mauritin de l'Amérique tropicale remplacent les sagoutiers dans les régions où ils croissent. L'A renga sncdiarifera, le Borassus flabellifurmis, le Mauritia vini/eia et le Sagus rhumphii produisent aussi une sève abondante dont on peut retirer du sucre, ou qui se convertit par la fermentation en une boisson alcoolique connue sous les noms de vin de palme, arrak, tvddy, laymi.
Le Daliier est un arbre dioique ; ses fleurs femelles donnent naissance chacune à trois baies, dont deux avortent généralement; leur chair solide, sucrée, un peu visqueuse, est une nourriture fort recherchée des nègres et dos Arabes du pays des dattes. Le dattier est le palmier le plus anciennement introduit en Europe. La culture l'a répandu dans le nord de l'Afrique et en Perse. Ce végétal est originaire de l'Arabie. Les meilleures dattesnousviennent des oasis centrales du Sahara ; on peut encore en récolter jusque dans les environs d Elche en Espagne, mais ces dattes sont acerbes et de mauvaise qualité. En Italie et en Provence, le dattier n'est cultivé que pour ses 2* Partie.
.èun'les ou palmes, qui servent aux cérémonies do dimanche des Rameaux dans le culte catholique, ainsi qu'à celles de la Pâque juive. Partout ailleurs en Europe le dattier n'est qu'une plante ornementale dont la rusticité e>t à peu près celle de l'oianger. Le Cocotier (Cocos nucifera) a reçu dos voyageurs le nom de roi des végétaux à cause de son immense utilité. Ce palmier croît dans le voisinage des mers de toutes les régions intertropicalos. Sa tige, ses feuilles et les fibres qui les accompagnent, sa graine, suffisent à tous les besoins dos peuplades qui vivent sous la zone torride : il leur fournit du sucre, du lait, une crème solide, du vin, du vinaigre, de l'huile, des cordages, de la toile, des vases, du bois, des toitures, etc.
Le véritable chou puhnisle est le bourgeon central des ^reca. D'autres palmiers donnent également un chou, plus gros et plus savoureux que celui de l'areca : ce sont le Cocos nucifera, l'Arengii saccharifera, le Maxitniliana regia, et notre seul palmier indigène en Europe, le Chamœrops humilii.
L'Elœis guianensis , grand palmier originaire de l'Afrique occidentale, transporté et cultivé en Amérique, a pour fruit une drupe dont le sarcocarpe contient une huile jaune odorante nommée /((«7e de palme, que l'on emploie à la Guyane aux mêmes usages que l'huile d'olive. Cette huile demeure toujours fluide dans les régions tropicales. Elle est importée en grandes quantités en France et en Angleterre ; mais elle arrive figée en Europe, où elle sert surtout à la fabrication des savons. La graine de cet Elieis fournit aussi une huile blanche très estimée ; cette huile n'est pas importée ea Europe.
Le Cori/pha cerifera ou Carnaiiba des Brésiliens et le Ceroxylon andicola des Péruviens produisent une véritable cire qui exsude des feuilles et surtout du tronc par les cicatrices des feuilles tombées.
Le Coco des Maldives ou Lodoicea Sechellarum est un arbre de très haute taille, dont le fruit noir bilobé atteint une grosseur monstrueuse. Pendant longtemps on n'a connu que le fruit de cette plante, que l'on avait trouvé flottant dans la nier, sans avoir jamais vu l'arbre qui le portait. Les fables les plus invraisemblables étaient admises pour justifier l'origine mystérieuse de ce fruit. A cette époque, le fruit du coco des Maldives passait pour un antidote universel, jouissait dune réputation extrême. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un simple objet de curiosité.
h'Arfca c/itechu de llnde, de Ceylan et des Moluques produit la noix d'arec, dont la graille sert à préparer un suc astringent. Cette amande, mêlée à la chaux vive et au poivre héiel, forme le masticatoire ordinaire des Indiens.
Le piaçiiba est une filasse incorruptible à l'ean, qui nous est fournie par l'Attalea funifera et le Leopoldina Pinçaha. Le tecum est un fil extrêmement solide, très fin, que les Brésiliens fabriquent avec la filasse qu'ils retirent des feuilles de plusieurs espèces de Baclris. Ce fil de tecum ne peut être employé à faire des tissus, à cause de l'espèce de mordant qui l'imprègne et qui lui donne la propriété de la lime ; un vêtement de teciaii appliqué sur la peau l'excorie ; si on le met snr d'autres vêtements, il les râpe et les use très vite. Le fil de tecum est jusqu'ici réservé à la fabrication des filets de pêche.
L'Hgphœne thebaïca, palmier d'Egypte remarquable par sa dichotomie, produit une gomme résine nommée bdellium. Le brou ou coquo de son fruit a la saveur du pain d'épice.
Le fruit du Calainus draco est imprégné d'une résine rouge astringente nommée sang-dragon, bien plus répandue dans le commerce de la droguerie que le sang-dragon des Antilles, qui pru- 9i