PHÉNOMÈNES OPTIQUES -1566— PHÉNOMÈNES OPTIQUES
pourpre, dont les nuances variaient du carmin le nlus éclatant au noir le plus sombre, était extraite
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de plusieurs espèces de coquillages, dont le plus précieux était le Murer brayidai-is. Partout ou se trouvèrent des bancs de ce mollusque, les Phéniciens établirent des pêcheries et des teintureries, sur les côtes de l'Asie Mineure, de la Crète, du Péloponèse. Ces établissements étaient presque toujours dans le voisinage de forêts qui fournissaient des matériaux abondants à la marine. Les Phéniciens perfectionnèrent la construction des navires à tel point que, même au temps de la république athénienne, les vaisseaux sidoniens étaient cités comme des modèles d'arrimage et de solidité. Dans le bassin occidental de la Méditerranée, dans le nord de la mer Enée, sur les côtes du Poiit-Euxin où la pourpre n'abondait pas, ils eurent des pêcheries, et des fabriques de salaisons, ou exploitèrent les mines, mines d'or i Thasos et en Espagne, d'argent et de plomb, en Espagne, d'étain dans la Colchide et les Cassitérides. Aujourd'hui encore, on trouve en Espagne les débris de leurs galeries de mines.
Ils avaient une littérature assez complète, livres historiques, livres religieux, traités d'agriculture : quelques-uns de ces ouvrages, traduits en grec ou même en latin (le traité du Carthaginois Magon sur l'agriculture) nous sont connus par des fragments malheureusement peu nombreux. Dans la langue originale, un dialecte apparenté de très près à l'hébreu classique, nous n'avons que quelques inscriptions dont les plus longues sont celles du sarcophage d'Eshmounasar au Louvre, un règlement sur les sacrifices, découvert i Marseille, et une stèle où est décrit le grand temple de Byblos. [G. Maspero.l l>IIÉ^OMÈ.\ES OPTIQUES DE L'ATMO- SPIIÈIIE. — Météorologie, XUI. — On désigne sous ce nom l'ensemble des effets de lumière et de coloration auxquels donnent lieu dans l'atmosphère le soleil, d'abord, puis l'électricité atmosphérique, les astéroïdes errants qui pénètrent dans notre atmosphère, etc. Nous décrirons les principaux d'entre eux en les rangeant dans l'ordre alphabétique.
Anthclies. — Sorte d'auréole lumineuse qui entoure l'ombre d'une personne projetée soit sur une surface gazonnée et couverte de rosée, soit même sur un nuage. L'anlhélie n'est guère visible que par la personne même qui projette son ombre, et elle lui apparaît surtout autour de la tête. Elle est due h la réOexion de la lumière par les gouttes de rosée ou par les globules des nuages placés en dehors de l'ombre portée, mais le plus près possible de la ligne qui irait des yeux au soleil et se prolongerait en avant de l'observateur. A mesure qu'on's'éloigne de cette ligne, l'intensité de la lumière réfléchie diminue assez rapidement, en sorte que l'ombre de la tête paraît seule enveloppée d'une auréole analogue à celle dont on entoure la tête des saints, sauf qu'elle est blanche et non colorée.
Aic-enciet. — 11 se voit, comme l'anthélie, dans une direction opposée au soleil, e1 son centre se trouve encore sur le prolongement de la ligne qui irait de l'œil au soleil. Mais il a une autre cause que l'anthélie, et ne se produit que quand il pleut quelque part.
L'arc-en-ciel est dû à des rayons solaires qui tombent sur les gouttes de pluie, pénètrent dans leur intérieur en s'y réfractant, se réilocliissent une fois ou deux sur leur surface interne, et s'en échappent en subissant à leur sortie une nouvelle réfraction. Les rayons solaires qui tombent sur chaque goutte d'eau et couvrent leur hémisphère éclairé peuvent ainsi être réfractés dans tomes les directions, et sont rendus invisibles par leur dispersion. Mais il existe pour chaque goutte deau
une direction dans laquelle la dispersion est minimum ; l'œil reçoit dans cette direciinn un supplément de lumière qui devient très sensible si le nombre des gouttes d'eau qui l'envoient est suffisant. La direction de la dispersion minimum n'est pas fixe dans l'espace ; c'est son inclinaison sur les rayons solaires qui l'est seule, en sorte que le supplément de lumière peut se produire sur une surface conique ayant l'œil pour sommet et pour axe le prolongement de la ligne qui va du soleil à l'œil de l'observateur. L'impression est donc celle d'un cercle lumineux entourant cette surface conique partout où il s'y trouve des gouttes d'eau.
Si la lumière était simple, on apercevrait en effet un cercle lumineux unicolore, assez nettement limité; mais la lumière solaire est composée d'une somme de rayons de couleurs diverses se réfractant de quantités inégales (V. Kéfrnction). A chacun d'eux correspond un angle différent de déviation minimum. Il en résulte que chaque arc-en-ciel se compose en réalité de la juxtaposition d'arcs de rayons inégaux et teints chacun de sa couleur propre. Ils empiètent les uns sur les autres et forment une bande circulaire dans laquelle les couleurs du spectre sont fondues et ne laissent voir que les teintes principales : le violet du côté du centre, puis le bleu, puis le vert lavé, le blanc jaunâtre. Le rouge est à l'extérieur. Cet arc, souvent très brillant, est dû à une seule réflexion des rayons qui ont pénétré dans l'intérieur de chaque goutte d'eau. On l'appelle arc intérieur.
Assez fréquemment, l'arc intérieur est entouré, à distance, d'un second arc plus pâle, appelé arc extérieur, qui est du \ des rayons ayant subi deux réflexions à l'intérieur de chaque goutte d'eau. Dans l'arc extérieur, la série des couleurs est renversée ; c'est le rouge qui est en dedans et le violet en dehors.
Nous n'avons parlé que de l'arc-en-ciel solaire produit par une chute de pluie convenablement placée. Il existe aussi des arcs en-cicl lunaires ; mais ils sont rares et toujours très faibles. Les uns et les autres n'ont qu'une seule et unique signification : c'est qu'il pleut là où on les voit; ils ne nous promettent absolument rien pour l'avenir. , . ,, -, Une pluie artificielle peut produire 1 arc-en-ciel comme une pluie naturelle, car celle-ci n'agit que par ses gouttes d'eau. Les jets d'eau, les cataractes peuvent donc en produire à toute heure du jour si on peut choisir un emplacement favorable pour les observer. Généralement alors on ne voit que des tronçons d'arc plus ou moins longs.
Aurore. — Parmi les rayons diversement colorés qui composent la lumière du soleil, les rayons bleus sont le plus fortement réfléchis par l'atmosphère. La portion du ciel qui n'est éclairée pour nous que par cette réflexion nous paraît donc bleue. Mais les autres rayons continuent leur route ; et comme, si on enlève du bleu à la lumière blanche, on a une couleur orange, l'ensemble de ces autres rayons paraîtra plus ou moins colore de cette teinte, et d'autant plus que le soleil, étant plus bas, ses rayons, transmis directement, auront à traverser, pour venir jusqu'à, nous, une plus irande épaisseur d'air atmosphérique. Tandis qu'au lever du soleil le ciel est teinté de bleu vers loccident, il est teinté de la couleur orangée vers l'orient. L'inverse a lieu au coucher du soleil.
La vapeur d'eau condensée dans l'air agit indistinctement sur tous les rayons colorés quelle reçoit. Elle a donc pour unique efl'et de laver M blanc la couleur propre du ciel; mais la vapeur d'eau, conseivant l'état gazeux, agit par sélectioû:! sur la lumière bien plus énergiquement que 1 air pur ; et comme la vapeur gaze.ise abonde dans l'air, surtout dans la saison chaude ou les pays chauds, c'est là surtout que l'aurore pj-end ses