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PHÉNOMÈNES OPTIQUES — 1367 — PHÉNOMÈNES OPTIQUES

teintes les plus éclatantes. Les nuages sont alors colorés comme la lumière qui les frapp». Quant au ciel lui-même, la teinte orange est d'autant plus pure qu'on la regarde plus près du soleil, et la teinte bleue d'aulant plus pure aussi qu'on la regarde dans une direction plus éloignée. Le passage de l'une à l'autre a lieu par teintes mélangées verdâlres inclinant soit à l'orange, soit au bleu, soit qu'on s'approche, soit qu'on s'éloigne du levant.

Dès que le soleil conii z/nce à s'élever au-dessus do l'horizon, l'épaisseur de la couclie obliquement traversée par ses rayons diminue rapidement, ainsi que la prédominance de la teinte orangée qu'on y remarque.

Les faits sont exactement du même ordre au coucher du soleil.

Aurore boréale. — Elle n'a rien de commun avec l'aurore. Elle est exclusivement d'origine électrique.

L'aurore boréale est un phénomène essentiellement mobile et variable, suivant les climats. A Paris, les aurores boréales sont très rares, et quand elles s'y montrent, ce ne sont le plus souvent que de vastes lueurs rongeâtres simulant des incendies. Quelquefois, cependant, on y distingue nettement des rayons brillants qui dardent vivement dans le ciel en changeant de place et de couleur. L'aurore du '-H octobre 187(1 est une des plus remarquables qu'on ait observées à Paris, surtout par la forme de draperie qu'elle déploya dans le ciel et par la vague lumière qu'elle laissa dans les hauteurs. A Tours, cette aurore boréale fut également très intense, mais elle ne s'y manifesta que par des jets de lumière ondoyante lancés dans des directions diverses et émanant d'un centre assez étendu de lumière jaune orangée à reflets rouges.

Les aurores boréales sont surtout complètes et très fréc|uentes dans les régions septentrionales voisines des régions polaires.

Un aspect pâle du ciel, dans le voisinage de l'horizon et dans la direction du nord, précède l'apparition de l'aurore. Bientôt la couleur devient plus sombre, et l'on voit un segment circulaire plus ou moins grand entouré d'un arc lumineui d'un blanc brillant passant au bleu pâle.

Quand l'arc lumineux s'est formé, il reste souvent visible pendant plusieurs heures. Toutefois, 11 n'est pas immobile : dans un -mouvement perpétuel, l'arc s'élève et s'abaisse, s'étend vers l'est ou l'ouest et se rompt çà et là. Ces mouvements sont surtout remarquables quand l'aurore boréale s'étend et commeno^ à lancer des rayons. Alors l'arc lumineux devient plus brillant sur un point ; il mord sur le segment obscur et une lueur brillante, semblable à celle de l'arc, monte vers le zénith. Cette lueur s'élance avec la rapidité de l'éclair jusqu'au milieu de la voûte du ciel. Tantôt l'arcs'allonge, tantôt il se raccourcit, et ne conserve presque jamais la même forme pendant plusieurs minutes, mais se meut vers l'est ou vers l'ouest et se courbe comme une draperie agitée par le vent. Il pâlit ensuite peu à peu et disparaît enfin pour faire place à d'autres rayons. Si ces rayons sont très éclalants, ils présentent quelquefois des teintes vertes ou d'un rouge foncé.

Le centre de chaque aurore boréale paraît placé, non dans la direction du nord vrai, mais dans la direction du nord magnétique. Pendant toute sa durée et même quand l'aurore n'est pas visible en France, l'aiguille aimantée est fortement agitée. Les lignes télégraphiques, suriout celles qui sont orientées au nord-sud, sont traversées par de forts courants électriques continus ou intermittents qui enipixhent les transmissions télégraphiques ou y apportent une grande gêne.

Les relations qui existent entre l'opparition des

aurores boréales et l'état général du temps sont très obscures. Il semble cependant que le phénomène coïncide généralement avec la présence ou avec le retour du courant équatorial vers les régions polaires. Survenant à la fin d'une période sèche, elles annonceraient le retour dos vents humides et pluvieux. Il faut se rappeler toutefois que les aurores boréales retentissent simultanément sur tout le pourtour du pôle, s'étondant à l'Europe, h l'Asie et à l'Amérique du Nord, tandis que les vents pluvieux ont une marche plus lente et plus circonscrite.

Des phénomènes semblables aux aurores boréales s'observent au pôle austral, comme au pôle boréal. On les appelle (lumres australes.

Couronnes. — Ce sont des cercles lumineux colorés qui entourent le disque du soleil et de la lune quand des nuages légers ou des brumes passent entre ce disque et notre œil. Les couronnes solaires sont assez difficiles à observer, à cause de l'éclat de l'astre difficile à supporter directement; il vaut mieux en voir limage réfléchie par la surface d'une eau tranquille. Les couronnes lunaires sont au contraire très communément observées. Elles sont d'autant plus larges que les globules de vapeur condensée sont plus fins et plus serrés. On peut du reste les reproduire artificiellement en interceptant la vue de l'astre par une lame de verre recouverte d'une poudre très fine et très régulièrement étalée en couche mince et transparente. La fine buée qui se dépose sur les vitres produit un eflet semblable.

Les couronnes sont dues à des modifications de la lumière transmise par les intervalles des grains de poussière ou de vapeur condensée, modifications que l'on nomme diffraction.

Crépuscule. — Lumière qui continue à éclairer le ciel après le coucher du soleil, ou qui l'éclairé déjà avant son lever.

Les rayons solaires tangents à la surface de la terre cessent d'arriver directement aux points de la surface terrestre placés au delà du cercle de contact; mais ces rayons n'en continuent pas moins à éclairer les couches de l'atmosphère qu'ils traversent, et à nous éclairer nous-mêmes par réverbération.

On distingue deux crépuscules. Le crépuscule ciiit finit quand la ligne qui sépare la portion de l'atinospliore directement éclairée de celle qui ne l'est pas, s'est élevée jusqu'au zénith. L'obscurité du ciel est alors à peu près complète pour un appartement ayant ses fenêtres à l'orient. C'est le moment où les planètes et les étoiles les plus brillantes commencent à paraître. Ce moment arrive quand le soleil est descendu de 6 degrés au-dessous de 1 horizon. La durée de ce crépuscule par un ciel pur varie en France de 30 à 47 minutes, selon la localité et la saison. La durée du jour, mesurée par l'intervalle qui sépare le lever du coucher du soleil, doit donc être augmentée de 30 à 47 minutes le soir et d'autant le matin.

Le crépuscule astronomique prend fin quand la totalité de l'atmosphère visible cesse d'être directement éclairée. Il est alors nuit close.

La durée du crépuscule est bien courte dans les régions équatoriales, où le soleil, après avoir passé au zénith, descend presque verticalement au-dessous de l'horizon. Elle s'allonge à mesure qu'on s'avance vers le nord, parce que le soleil suit une ligne qui s'y rapproclie davantage de l'horizon ; il lui faut alors plus de temps pour s'abaisser d'un même angle au-dessous de cet horizon. Il est même des régions situées au delà des cercles polaires, où le soleil ne se couche jamais en été et ne se lève jamais en hiver. Au printemps et à l'automne, le soleil ne descend que très peu au-dessous de

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