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PHONÉTIQUE

PHONETIQUE

atones ou non accentuées offrent beaucoup moins de résistance que les vnjelles toniques. Lorsqu'elles suivent la syllabe frappée de l'accent, ellps s'assourdissent en e muet ou disparaissent : «nne de arma, vil de \Uis, table de tabida. Lorsqu'elles ia précèdent, elles se maintiennent, s'assourdissent ou disparaissent en vertu d'une véritable loi d'équilibre, les voyelles étant plus ou moins gravement atteintes, suivant qu'elles sont plus ou moins voisines de la syllabe accentuée : rglise d'ecclesia, cheval de caballus, satité de sanùa'tem, s.chete>- de ad-captare, bas-latin accoptare.

Dans le traitement des voyelles atones, il faut tenir compte de Vliiuttis, c'est-à-dire de la rencontre de deux voyelles dans deux syllabes différenics d'un même mot. Les deux cas d'hiatus les plus importants sont les suivants : ou bien l'hiatus existait déjà, dans les mots simples latins : p/uere, duo.-', tt/jia, païen, ecclesia, gtorin; ou bien il a été produit, dans le passage du latin au français, par la suppression d'une consonne médiale qui a mis en présence les deux voyelles jusque-li séparées : se{c)urus, gto(à)iiis, pa{g)a7ius, inva[d)ere, etc.

Voici les moyens qui ont été employés pour éviter l'hiatus :

1° L'élision de la première voyelle ; duos, deux; ecclesî'a, église ;

2° La consonnification de la voyelle atone (i ou li) : tibî'a, libya, tige; palfa, palj'a, paille;

3" La contraction, au moyen de laquelle l'atone se fond dans la tonique, eu, par exemple, devenant u : sevwus, seiir, sûr ;

4° La transposition, en vertu de laquelle la première voyelle est attirée par la tonique et forme avec elle une diphtongue : glori'a, gloire;

5° L'iiitercalation d'une consonne {y, v, h) entre les deux voyelles qui forment l'hiatus : pluere, pleui'oir; gladius, glaii'e; payoraw, païen = payen; ùivadere, enva/àr.

B. Histoire des co?iso?mes latinei. — Le système des consonnes latines se composait des lettres suivantes :

Muettes fortes et p

— faibles g d b

Spirantes h s f, T

Liquides r 1 n m

Ces consonnes peuvent être simples ou consécutives.

ï. Consonnes simples. — Il faut distinguer deux groupes de consonnes simples, selon les degrés de l'articulation : le premier groupe comprend les liquides ; toutes les autres consonnes, spirantes ou muettes, forment le second groupe.

1. Les liquides, étant les consonnes les moins articulées, peuvent passer d'un ordre à l'autre et se permuter entre elles ; mais dans la série r, I , n, m, les mutations ne peuventgénéralement avoir lieu qu'entre les sons les plus rapprochés, c'està-dire entre r et /, / et n, n et m, comme pei'egrinus, pè/erin ; titu/us, titre ; /ibella, niveau ; mappa, ?!appe.

2. A l'inverse des liquides, les spirantes ne s'échangent point entre elles ; la sifflante s se permute peu ; h disparaît partout comme son ; f persiste presque toujours ; enfin les semi-voyelles j et D s'élident quelquefois au milieu des mots: jejunus, jeun (à); pai'onem. paon.

Pour ce qui est dos mtietles, il faut tenir compte de la place qu'elles occupent. A l'initiale, elles persistent chacune à son degré d'articulation ; les exceptions sont rares et disparaissent dans le grand nombre d'exemples qui confirment la règle ; en revanclie, la permutation des gutturales en chuintantes a lieu même à l'initiale, comme capra,

chèvre ; çalbinus, /aune. Au milieu du mot, ces consonnes montrent bien moins de consistance, et l'on remarque ici un affaiblissement graduel, une dégradation des muettes : les labiales et les gutturales passent de la forte b. la douce et même à la spirante (p descend k b on k v, ch g : ap'icnla., aAeille ; sapere, sai-oir; ciconia, cigogne), et de la douce à la semi-voyelle (6 devient v : ca'/allus, chei'al) et plus souvent à la syncope (biéere, boire ; auyustus, aoijt), qui est de règle pour les linguales (ca/ena, chaîne ; aurfire, ouïr).

n. Consonnes consécutives, — Une consonne peut se joindre à elle-mêms {terra) ou à une autre consonne Ispi'a) : dans le premier cas, il y a redoublement, et dans le second combinaison.

1 . Les consonnes redoublées se conservent mieux que les simples et ne subissent pas l'affaiblissement graduel qui atteint ces dernières h la médiale : sa;j;.;inus, sa/jin ; saceus, sac; guHur, goitre.

2. Combinaison de consonnes. — Nous entendons par \k tous les groupes de consonnes différentes qui se suivent dans le même mot. Il faut ranger dans cette catégorie, non seulement les combinaisons de deux articulations différentes qui existaient en latin conformément aux lois phonétiques propres à cette langue (s;j!C >, /'«•-/i/s), mais encore les réunions de deux ou de ty'ois consonnes qui ont été amenées en français par l'élision d'une voyelle {jwl'care de judicare, solu're de solvere). Or, ce choc d'articulations différentes a le même sort que l'hiatus ou rencontre de deux voyelles ; dans l'un et l'autre cas, la langue tend à simplifier les éléments phonétiques par des moyens divers (l'élision, la permutation, la transposition et l'intercalaiion), et si, pour détruire l'hiatus, elle change des voyelles en consonnes, par un procédé semblable elle évite le choc des articulations en transformant les consonnes en voyelles ; c'est ainsi que rage a été formé de raines par le changement d'une voyelle (ï) en consonne {j), et fait de factus par le changement inverse d'une consonne (<:) en voyelle (().

Il faut distinguer ici deux cas, selon qu'il y a rencontre de deux ou de trois consonnes.

a] Lorsqu'il y a rencontre de deux consonnes semblables, la seconde subsiste en général; la première peut se conserver : porta, po'te; — ou s'élider : spica, épi ; sub/ectus, sujet ; — ou s'assimiler à la seconde consonne : luc^are, luWer ; gabata, gai'ia, jafie; — ou se résomire en une voyelle [i ou u) : factus, fait ; cubitus, cu/i'lus, coude ; — ou se transposer : auricula, auric'la, oreille (c est d'abord devenu i : oreile, puis, par transposition du i ou y, orelie ou orel;/e, qu'on écrit oreille) ; — ou bien enfin une troisième consonne est intercalée entre les deux : cingere, cin're, ceinrfi-e ; caméra, cam'ra, chamére; crescere, cres're, croître pour crois^re.

Une permutation remarquable est celle du /en u devant une seconde consonne : ta/pa, taupe; be/lum, bea;;,- si/vaticus, sauvage; co/lura, cou; auscu/tare, écoîiter.

b) Dans la rencontre de trois consonnes, qui est surtout amenée par l'élision d'une voyelle, il faut considérer le sort de chacune d'elles.

1° La troisième consonne persiste toujours.

2° Lasecoîîrfene se maintient que lorsque cette médiale est r ou s (s n'existe plus dans l'orthographe moderne) : lacrimn. lacr'ma, larme, "iîmsterium, min'sterium, mestier, aujourd'hui métier; ou une muette suivie de r ou /, dans quel cas la première consonne ne peut être que r, n, m, s : perdere, pen/'re. peniro ; avunciilus, avunc'ius, oncle; umîra, omiie; s'rictus, csïroii, étroit; spirilus, s/)'ritus, esprit.

'i" La première consonne tombe toujours ou s'adoucit en i ou u : lacrima, lacr'ma, larme ;

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