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même temps que tout un ensemble d'applications i la tête s'élargit considérablement, et de chaque techniques des termes à observer si«- na^o-e. côté des joues pond une espèce de loupe charnue, Nous ne saurions mieux faire, croyons-nous, en ce qui donne ;"i ces animaux un aspect hideux.
reconnaissant tout l'attrait que peut offrir cette intéressante étude, que de renvoyer ceux de nos lecteurs qui seraient tentés de l'entreprendre an très savant et très pratique ouvrage qu'un maître en ce charmant savoir, M. A. Jacquemart, a consacré à la céramique dans la Hibliothèque des menreilles. [Eugène MuUer.]
l'ORClIVS. — Zoologie, X. — Comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire, l'ancien ordre des Pachydermes a été complètement démembré, et à ses dépens ont été constitués les trois ordres des PfobosciiHens ', des Solipèdes ou Jumejilés ' et des Porcins *.
L'ordre des Porcins correspond h une partie de la subdivision des Pachydermes on/inaires, et comprend les animaux du genre Porc, pris dans un sens très étendu, plus les animaux du genre Hippopotame. Tous ces mammifères se reconnaissent h leurs formes massives, à leur corps renfle, obèse, revêtu d'un cuir épais, et porté sur des pattes courtes et robustes dont les doigts sont en nombre pair. Leur estomac présente une certaine complication, sans être subdivisé en poches aussi distinctes que chez les Ruminants, et leurs mâchoires sont pourvues de trois sortes de dents, incisives, canines et molaires.
Les Hippopolmnes ont quatre doigts presqu
Chez les Cochons proprement diis, les canines supérieures, sans offrir des dimensions aussi considérables, se recourbent néanmoins, chez les mâles, au-devant des yeux, et ne servent pas seulement comme armes offensives et défensives ; elles peuvent encore être employées, à la manière du soc d'une charrue, pour retourner la terre et mettre à découvert les racines et les tubercules dont les Porcs font leur nourriture.
A l'état sauvage tous ces animaux vivent en troupes, dans les forêts humides et marécageuses, et ae répandent vers le soir dans les champs, où ils causent souvent de grands dégâts en fouillant le sol en tous sens. Quand la faim les presse, ils deviennent carnivores et s'attaquent môme, dit-on, aux animaux vivants. On trouve des représentants de ce groupe dans toutes les contrées chaudes et tempérées de l'ancien et du nouveau monde. En Europe, en Asie et en Afrique vit le Sanglier, généralement considéré comme la souche de nos Cochons domestiques (V. Porc et races porcines) et qui, à l'âge adulte, a le corps revêtu de soies rudes, d'un brun noirâtre.
En Amérique le groupe des Porcins est représenté par les Pécaris (Dicolyles), qui n'atteignent jamais la taille du Sanglier, et qui ont le corps plus ramassé, les pattes supérieures lerminées
égaux, qui' appuient tous sur le solpendant la [ par trois doigts seulement par suite de l'atrophie marche et qui sont munis chacun d'un petit sabot; I du doigt externe, la queue presque nulle, et les caleur corps lourd repose sur de véritables piliers, j nines enfermées dans l'intérieur de la bouche, et leur tête se renfle en avant en une sorte de Enfin dans les îles Moluques habitent les Babi- ,groin, large et tronqué. C'est à peine si l'on dé- ' roussas (Babyrussa, F. Cuvier), au corps grêle et ■couvre quelques poils épars sur leur peau marquée ' assez haut monté, aux canines supérieures relede rides nombreuses, et recouvrant une épaisse \ vées et contournées de manière à protéger la re-
couche de graisse. Leur queue, très courte, est ■un peu velue à l'extrémité, et leur tête difforme n'est animée que par des yeux assez petits au- •dessus desquels se dressent des oreilles rudimentaires. Somme toute, les Hippopotames sont des êtres fort disgracieux et dont !a physionomie indique bien le naturel farouche et stupide. Ils vivent par bandes dans les lacs et dans les grands fleuves de l'Afrique tropicale, nagent et plongent
gion des yeux.
Plusieurs naturalistes rattachent encore à 1 ordre des Porcins les Anoplotherium et les Xiphodon, animaux fossiles signalés par Cuvier dans les couches de plâtre de Montmartre. [E. Oustalet.j
PORTUG.IL. — Histoire générale, X\I\; Littératures étrangères, XIII. — Isolé par l'Espagne du reste du continent européen, le Portugal a dû subir, à toutes les époques, le contre-coup des
avec facilité, et se nourrissent do joncs, de racines, ' révolutions espagnoles, et repousser plus d'une et d'autres substances végétales. Dans les terrains j invasion sur sa frontière de l'est. Possédant, vers de diverses parties de l'Kurope on a découvert ! l'ouest, l'embouchure de trois grands fl'iuves, les restes fossiles de plusieurs espèces d'Hippo- 1 le Minho, le Douro et le Tage, et en partie avi
sud celle du Guadiana, il a dii nécessairement porter toute son activité vers la mer, et précéder les autres nations occidentales dans la voie des grandes découvertes géographiques. Peuple de race latine et de religion catholique, la nature semblait destiner les Portugais à se fondre dans l'union ibérique ; la politique leur a donné une
potames plus ou moins semblables à l'espèce actuelle.
Les Porcs proprement dits ou Suidés (de sus,
■ qui, en latin, signifie porc), sont de taille plus faible que les Hippopotames, et ont le corps revêtu de soies rudes et serrées, la tête conique,
■ amincie en avant en un groin mobile propre i 'fouiller le sol, les pattes médiocres, mais toujours ' vie propre, une histoire originale et une nationa-
moins robustes que dans le genre précédent. 1 lité.
Leurs pieds sont fourchus, et les deux doigts mé- 1. Les invmions antiques. — Les Lusitaniens,
■ dians seuls sont garnis de sabots et touchent le anciens habitants du Portugal, nous apparaissent sol, tandis que les doigts externes sont beaucoup d'abord luttant contre la domination de Carthage, plus courts et rejetés en arrière. On compte de i repoussant Amilcar Uarca qui périt en les comquatre à six incisives k la mâchoire supérieure, et battant, et finalement vaincus par Asdrubal son six à la mâchoire inférieure, où elles sont forte- I gendre et .\nnibal son fils. Les victoires de Fument inclinées, et deux paires de canines antago- blius Scipion (211 à 20.">) brisent, à l'époque de la
nistes qui ont une tendance â sortir de la bouche
■ et à se recourber en haut et en dehors de manière
■ à constituer des défenses; enfin les molaires, en nombre variable, sont tantôt simples et coniques,
seconde guerre punique, le joug des Carthaginois pour y substituer celui des Romains. Les Lusitaniens se tournent alors contre Rome (189) et, malgré les massacres systématiques de Servilius
tantôt élargies et tuberculeuses. (;hez les Phaco- ' Galba, repoussent un moment les légions, sous la chères {Phacoeliœrus), qui sont répandus sur une j conduite de l'héroïque berger Viriathe, qu'assassigrande partie du continent africain, les prémolaires nent deux traîtres (i40). Pendant cent ans encore, et même les premières molaires tombent avec l'âge, la Lusitanie soutient tous les ennemis du sénat, et il ne reste que les dernières dents mâchelières, triomphe avec Sertorius (80), mais succomba sous offrant des sortes de cylindres réunis par une les coups de Pompée, puis de César, h qui la substance corticale, et les canines qui acquièrent Lusitanie vaincue vaut les honneurs consulai- ■ un développement extraordinaire. En même temps ' res (59).
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Pacifiée et réconciliée par l'astucieuse politique d'Octave-Auguste, la Lusitanie se couvre de moiiunieius romains et verse k l'empire le trésor de ses mines (30 000 marcs d'or par année). L'arrivée des barbares rouvre, au bout de quatre siècles de prospérité matérielle, la période des invasions.
2. Les invasions au moyen (h/e. Vinili^pendnnce. — A la cliute de l'empire romain, la Lusitanie fut partagée par les Suèves, au nord, et les Alains. au sud, puis bientôt conquise par les Visigotbs, race à demi civilisée qui légua au pays des lois équitables et une sorte de gouvernement libre (5S.S).
La victoire de Xérès ouvrit aux Arabes la route de la Lusitanie (711). La domination des Gotlis s'écroula devant celle des musulmans, fort tolérante d'ailleurs et qui apportait au Portugal une civilisation très supérieure alors à celle de l'Europe chrétienne. Pendant trois siècles, les .\rabes se maintinrent, malgré les progrès des chrétiens des Asturies, qui rattachèrent au royaume de Léon le nord de la Lusitanie.
Eiifiu, en I(-9i, un chevalier français, Henri de Bourgogne, obtint du roi de Castille ..Alphonse VI, avec la main de Tharéja sa fille, l'investiture du comté de Portugal (environs de Porto) , entre Minho et Donro, et de tous les pays qu'il pourrait conquérir. Dix-sept victoires consolidèrent le puissant vassal, et son fils, Alphonse Henriquez, s'affranchit doublement de la Castille par la victoire de Valdovez, puis des Maures par la victoire mémorable d'Ourique (Ta juillet 1139). Le même jour, l'armée le proclamait roi, et les Cortès de Lamcgo confirmèrent ce titre (IU2) en votant les 18 statuts de la Charte constitutionnelle.
3. Progiès sous la dynastie française. — Le Portugal alïranchi reprit la lutte contre les Maures, la continua par la conquête de Lisbonne (II47), l'expulsion des Almohades, la victoire de Santarem (1184), et ses progrès ne furent pas arrêtés par la mort d'Alphonse ller.riquez surnommé le Saint (1185). Les Portugais contribuèrent h la grande journée libératrice de Las Xavas de Tolosa (1212), et après l'Estramadure et l'Alemtéjo, enlevèrent les Algarves (1249-1253), atteignant la frontière que le royaume n'a pas dépassée depuis.
La résistance courageuse d'Alphonse II aux prétentions cléricales, les réformes bienfaisantes d'Alphonse III, « le roi des pauvres », consolidaient la dynastie bourguignonne. La victoire du Rio Salado, sous Alphonse IV 1340), abattait définitivement l'islam. Mais les drames sanglants de la maison royale, l'assassinat de la belle liiez de Castro (1-355) bientôt suivi des vengeances du Pierre le Justicier (1356-I3C7), sévère répresseur de la noblesse et du clergé, amenèrent une crise passagère qu'arrêta, en 1385, l'avènement de la branche d'Avis.
4. Gramleur du Portugal sous la maison d'Avis. — Un fils bâtard de Pierre le Justicier, don Juan d'Avis, fut porté au pouvoir par une révolution nationale (1383), consacrée par la grande victoire d'Aljubarotla (15 aovit 1385) où les Portugais repoussèrent l'armée castillane malgré l'étonnenient causé dans leurs rangs par l'emploi de l'artillerie. Ce règne inaugura une ère de grandeur et de gloire inouïes pour la nation.
Sous l'infant don Henri, sous Jean II, sous Emmanuel le Fortuné, on vit se succéder les expéditions maritimes et les conquêtes lointaines. Après la prise de Ceuta (1415), la découverte de Puerto-Santo, de Madère (I41'i), l'occupation des Canaries, des Açores (I4:il), vint l'exploration de la côte africaine, le passage du cap Bujador (1434), et du Rio d'Ouro. Si le Portugal refusait de seconder Colomb, en revanche il soutenait ardemment ses propres navigateurs, Barthélémy
Diaz, Vasco de Gama, Alvarez Cabrai. Le cap de Bonne- Espérance était doublé (1486), la route de l'Inde ouverte i,H97), le Brésil atteint (15(i0), Ormuz et Socotora conquis. François Almeida, Alphonse Albuquerque, Lopez Soarès fondaient, des rivages de l'Atlantique aux extrémités de la mer des Indes, uno domination coloniale qui donnait au commerce européen un développement encore inconnu.
Mais des germes de décadence rapide se montraient à l'intérieur. La royauté s'émancipait des Certes, devenait absolue, favorisait l'inquisition et l'ordre naissant des jésuites. Aux colonies, l'intolérance religieuse exaspérait les indigènes que contenait en vain la main ferme de Jean de Castro (1545-I5'i81.
Cependant la littérature brillait d'un vif éclat. La langue portugaise s'animait pour chanter l'amour, la chevalerie, la croisade et les grandes aventures de mer. Les chroniques romanesques de Carvalho, de Barros, de Maraès, l'ouvrage de l'historieii Osorio, les poésies patriotiques de Lobo et do Cortereal, pâlissent cependant devant les immortelles Lusiades de Çamoens. La prison, l'exil et la misère furent la récompense du poète patriote, du valeureux soldat d'Afrique promenant sa vie errante de Lisbonne à Macao, aux Moluques, à Mozambique, pour mourir pauvre et isolé sur un grabat (15711).
L'avènement de don Sébastien, élève des jésuites (15.S"), et sa folle croisade au Maroc contre Muley-Moluc, aboutissant au sanglant désastre d'Alcazarquivir (4 août 15^81, amenèrent une crise épouvantable. Le roi don Henri, cardinal couronné, livra son pays à l'Espagne (1580), malgré les efl'orts des patriotes soutenus par la France.
5. Domination étrangère. La maison de Bragnnce. — La lourde domination de Philippe II s'abattit sur le pays. L'inquisition servit le despotisme espagnol. Le Portugal humilié, asservi, systématiquement ruiné, vit s'évanouir son bel empire colonial. Les Hollandais et les Anglais mirent la main sur ses possessions d'Afrique et d'Asie. Sous Philippe IH et Philippe IV, l'oppression s'accrut encore, et amena une inévitable explosion. Lu dévoué patriote, le jurisconsulte Pinto Ribeiro, soutenu par Richelieu et encouragé par dona Louise, femme du duc Jean de Bragance, soulève Lisbonne (1" décembre UllL) et afi'ranchit le pays. La victoire de Montijo (1044) consolide l'indépendance réconquise, mais la faiblesse de Jean IV de Bragance ne peut conjurer la ruine coloniale.
6. Noi'velle décadence au xvni« siècle, neformes de Pombal. — Bombay abandonné (16(i0), Tanger et Ceuta perdus (1668), il restait encore au Portugal un vaste empire et des mines au Brésil. Le roi don Pedro n'en sut pas profiter, et signa, avec sir John Méthuen.un funeste traité qui livrait le commerce du pays à la discétion de l'Angleterre (1703), en donnant à cette seule puissance le droit d'importer les matières premières en Portugal. Cette alliance entraîna le gouvernement dans une coalition contre la Fiance, et amena des revers au Brésil (prise de Rio-Janeiro par Duguay-Trouin, 17 il).
Le triste règne de Jean V (HOG-rSO) fut suivi d'un réveil inattendu. Un homme énergique, le Richelieu des Portugais, Carvalho, marquis de Pombal, très épris des idées françaises et de la philosophie du xvin'' siècle, ose entreprendre sousJosephI" (1750-1771) de renverser à la fois tous les abus. La noblesse, le clergé, les Anglais lui résistent. Il terrorise les nobles, expulse les jésuites, cherche à rompre le traité de Méthuen. Le tremblement de terre qui ruine Lisbonne (1755) ne le décourage pas. Réforme dos impôts, de l'agriculture, de la législation, il entreprend
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Pli nu'mn temps tout ce <|ui peut régénérer son liays. I.a mort (le Joseph 1" sauve les privilégiés Il fait tomber Pombal du pouvoir dans la capti- \ité et l'exil (1777-1780).
7. L'invasion française. — Une reine insensée, \mG enfant imbécile, tel était, sous doua Maria et don Juan, le gouvernement du Portugal à l'Iicure (ui éclata la révolution française. Pour la combattre, don Juan se mit aux pieds de l'Angleterre, et complota, au milieu des moints du couvent de la Mafra,. des plans ridicules d'invasion. La réponse ne se fit pas attendre. Bonaparte somma le Portugal de rompre l'alliance anglaise (It^OI), et le fit envahir par une armée franco-espagnole. Après Austerlitz, nouvelle intervention (IxOd) amenant le bizarre traité de Fontainebleau (180'. ), qui partageait le Portugal en trois tronçons, dont un serait donné à l'infant d'Etrnrie comme royaume, un autre :\ Manuel Godoi comme principauté, tandis que le troisième resterait sous la main immédiate de l'empereur.
Aussitôt envahi par '25 000 Français que conduit le bouillant Junot, le Portugal est abandonné par SCS chefs dégénérés. La cour s'entasse sur les navires, avec ses trésors, les richesses des musées, des bibliothèques, et s'enfuit au Brésil à l'heure où les éclairours français entrent à Lisbonne. Mais le pays, agité par les moines, se soulève fjuin 18li8). s'unit à l'Espagne, appelle les Anglais. Vainement Junot, Soult et Masséna fo/it tête à la révolte et arrêtent Wellington. Napoléon ayant rappelé ses troupes de la Péninsule (181?.), les Portugais, à leur tour, s'avancent, mêlés aux Anglo-Espagnols, jusqu'à Toulouse (I8I4). Les traités de 1815 stipulent le rétablissement de Jean VL
8. La > évolution portugaise. — Mais Jean VI refuse de quitter RIo-Janeiro et prétend faire du Portugal une colonie brésilienne. Un Anglais, lord Beresford, trône il Lisbonne comme vice-roi. Un parti libéral se refoime, favorable aux idées françaises, et, le 24 aoiit l82i), Bernardo .Sepulvoda, colonel du 18° régiment d'infanterie, soulève le peuple, à Oporto, au mot magique de Constitution. Une révolution analogue éclatait en même temps en Espagne.
Les Certes portugaises, qui n'avaient pas été réunies depuis IGU7, font jurer à. Jean VI de respecter la charte nouvelle (1S2I). Mais, parjure h son serment, Jean VI, revenu en Europe, épouvanté par le soulijvement du Brésil, le libéralisme des Certes de Lisbonne, et excité par les colères du parti de la cour, renverse la constitution avec l'appui des moines, des soldats et d'une foule fanatisée ,1823).
Cependant le Brésil avait rompu tout lien avec la mère patrie. Don Pedro, fils aine de Jean VI, avait été proclamé empereur (182'.'), et manifestait des tendances libérales. Son frère cadet, don Miguel, ignorant, féroce ot fanatique, conspire contre le faible Jean VI, s'empare nuitamment du pouvoir (182i) ; il est saisi, exilé, mais revient entreprendre, à la tête des absolutistes, une lutte désespérée à la mort de Jean VI (182U).
Pendant huit ans, la guerre civile déchira le pays. Les libéraux, partisans de don Pedro qui avait refusé la couronne pour la placer sur la tête ue sa fille, dona Maria da Gloria, eu lui faisant jurer de respecter la constitution, furent d'abord vaincus par les miguélistes, que soutenait le parti légitimiste européen. Mais l'arrivée de don Pedro, abdiquant la couronne du Brésil pour venir souienir sa fille en Portugal, cliangea la situation. Don Pedro se jette dans Oporto ; les libéraux lui ouvrent les portes de Lisbonne. La convention d'Evora (18:i4) termine la lutte, et don Miguel exilé clicrche en vain b, réveiller une dernière fois son parti vaincu (1835).
Depuis lors, d'orageuses discussions parlementaires ont troublé le pays; mais la guerre civile est icriuinée. Libéraux et conservateurs, constitutionnels, chartistes, septembristes ont appuyé ou combattu la constitution de 1838, celle do 1842 ou celle de 1851. Sans être encore à l'abi-i des coups d'Etat militaires, le Portugal parait entré, depuis trente ans, dans une voie pacifique, où il lui reste beaucoup à faire pour relever ses finances, sa marine, son armée et les derniers débris de sa grandeur coloniale écroulée.
[Paul Martine.]
Pour la géographie du Portugal, V. l'article Es pagne et Portugal,
i'OSTK. — Connaissances usuelles , VII. — Etym. : de posila stotio, en basse latinité posta, station. — En français le mot i oste a différentes significations. 11 désigne entre autres le service des stations de chevaux établies sur les routes, de distance en distance, pour le transport des voyageurs, ou l'institution entretenue généralement par l'Etat, pour l'expédition, le transport et la distribution des correspondances dans l'intérieur des localités d'un pays, ou d'un pays i un autre. Dans le langage ordinaire, on s'en sei't également pour désignerles bâtiments affectés au service postal, spécialement les bureaux ouverts au public pour la consignation des correspondances, et l'on applique même cette appellation aux voitures qui servent au transport soit des voyageurs, soit dos colis postaux.
Comme institution de l'Etat, ayant pour objet essentiel d'assurer le service des correspondances, la poste joue un rôle très important dans le monde moderne. Elle sert de lien entre les nations et entre les individus. Elle établit des communications entre toutes les parties du globe et fait de tous les résultats de l'activité de leurs habitants dans le donuine^dos idées, des arts, des sciences, de l'industrie et du commerce, le patrimoine commun de Ihumantté. Elle prête des ailes à la pensée, facilite toutes les relations, et dans son action incessante, qui ne connaît aucun obstacle, embrasse à la (ois tous les actes de la vie économique des peuples, comme tous les détails les plus intimes de la vie de famille et de l'existence dos individus. Voltaire disait d'elle, il y a plus d'un siècle : >• La poste est le lion de toutes lesalfaires, de tontes les négociations; les absents deviennent par elle présents, elle est la consolation de la vie. » On peut dire aujourd'hui qu'elle est un rouage si essentiel dans l'organisation des sociétés humaines, que toute suspension do son activité prend le caractère d'une calamité publique, et que, dans les Etats modernes, le développement des institutions postales marclie de pair avec celui de la civilisation.
Au début, la poste n'eut pas le même caractère que de nos jours. C'était une institution exclusivement politique. Elle avait essentiellement pour but de fournir au gouvernement le moyen d'expédier ses ordres dans toutes les provinces, et de se faire tenir au courant de ce qui se passait dans les différentes parties de son empire. 11 est probable que les Hindous, les Egyptiens, les Ass.y riens, et, dans l'extrême Orient, les Chinois qui tous, bien des siècles avant l'ère chrétienne, avaient atteint un haut degré de culture, possédaient déji des moyens réguliers do communication. On est cependant généralement d'accord pour attribuer aux Perses le mérite de l'invention de la poste. Ce fut Darius, flls d'Hystaspes, qui organisa le premier un système régulier de courriers royaiix. Hérodote nous donne une description de cette institution à propos de la manière dont Xerxès transmit h. Suze la nouvelle de la défaite qu'il venait d'essuyer à Salamiiie : « Bien, dit-il, n'est plus expédilif que le mode de transiuission des
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messages inventé et employé par les Perses. Sur chaque route sont échelonnés de distance en distance, et par chaque journée de marche, des relais d'hommes et de chevaux, remisés dans des stations spécialement établies à cet effet. Neige, pluie, chaleur, ténèbres, rien ne doit empêcher les courriers de remplir leur office, et do le faire avec la plus grande célérité. Le premier qui arrive passe ses dépêches au second, celui-ci au troisième et ainsi de suite, jusqu'à ce que le message soit rendu à destination : cela rappelle quelque peu la fête des Lampes, telle que la pratiquent les Grecs lorsqu'ils célèbrent les fêtes de Vulcain. En langue persane, ce relais de chevaux et d'hommes s'appelle aggaréïon. »
Les Grecs ne possédaient pas une organisation permanente pour le transport des dépêches. Lorsqu'il s'agissait d'expédier un message, et c'est surtout en temps de guerre que le cas se présentait, on le confiait à des coureurs nommés hémérodrome<, qui s'acquittaient de leur mission avec une incroyable vélocité.
Chez les Romains il existait déj!i, sous la République, depuis la conquête de l'Italie, à côté d'entreprises particulières, comme celles des péagers, un service spécialement affecté au transport de la correspondance des fonctionnaires, mais qui était, de temps en temps et à titre exceptionnel, utilisé par les particuliers. Les courriers et messagers étaient appelés cursores, stato'-es et tabellarii. L'empereur .\uguste perfectionna cette institution, u II disposa sur les routes militaires, à de courtes distances, d'abord des jeunes gens, puis des voitures de relais pour les courriers, afin d'avoir des nouvelles plus promptes des provinces. » (Suétone, Oct. Aiig., ch. xtix). Le cursus puitlicus, c'est ainsi qu'on désignait cette organisation, ne tarda pas à devenir le grand moyen de transport par terre à l'usage du gouvernement et de ses innombrables fonctionnaires.
Tout était gratuit dans son service, mais on n'était admis à en faire usage que moyennant une autorisation appelée diplôme ou lettre d'évection, qui énumorait les diverses prestations auxquelles le voyageur avait droit. Les stations, ninnsiones, et les relais, mutationes, devaient entretenir un nombre considérable de chevaux, ainsi que de mulets et de bêtes de somme pour le transport des bagages. Les maisons de poste étaient en même temps de véritables hôtelleries, où logeaient les fonctionnaires en mission, les personnes de distinction munies de diplômes, les ambassadeurs, quelquefois même les empereurs, et où l'on ne manquait de rien de ce qui constitue la commodité du voyage.
Cette organisation dura jusqu'à la destruction de l'Empire par les Barbares, tantôt florissante, tantôt en décadence, suivant que les empereurs réprimaient ou favorisaient les abus auxquels donnait nécessairement lieu la facilité de voyager ainsi commodément aux frais du public ou des provinces écrasées par les réquisitions de chevaux et de fourrage.
Dans le courant du moyen âge, après une tentative avortée de Charlemagne de rétablir le cursu-i puhlicus, dont il était resté çî> et là quelques vestiges, on voit reparaître, presque simultané- ■ment, dans divers Etats de l'Europe, des services de^ transport dans lesquels il est impossible de méconnaître le point de départ des institutions postales modernes. Il ne s'agit plus, en effet, ■d'une organisation politique, destinée à servir avant tout les buts des gouvernements. Ce sont les besoins du commerce naissant, les voyages, les déplacements des particuliers qui font surgir les nouveaux moyens de communication, et c'est ■ à ces besoins que ces derniers tendent surtout à ■donner satisfaction. En France, où l'on retrouve
également des traces d'une organisation postale fondée et exploitée par les couvents, l'Université de Paris, où affluaient des étudiants de tous pays, créa vers le milieu du xii= siècle un corps de messagers pour permettre aux professeurs et aux étudiants d'entretenir des relations avec leurs familles. Ces messagers, auxquels elle réussit à faire conférer les privilèges et les immunités universitaires, se mettent bientôt à la disposition du public, et ne tardent pas à former une véritable compagnie de transport, qui étend son activité bien au delà des limites du royaume. En Allemagne, les villes, spécialement celles de la Ligue du Rhin et celles de la Ligue hanséalique, organisent à leurs frais des services de messagers qui relient les pays de la mer du Nord avec les ports de la mer Adriatique et avec les grands marchés de la Russie. 'Vers la même époque, les chevaliers de l'ordre Teutonique, dont le siège était à Marienbourg, entretenaient en Prusse et en Lithuanie un service postal et expédiaient des messagers jusqu'à Rome et en Suède; leur organisation spéciale pour les correspondances est la première qui mérite le nom de poste aux lettres : ils avaient un tarif fixe, des locaux pour la consignation des lettres, un livre d'ordre où elles étaient enregistrées, avec l'indication de Iheure de la consignation et de celle de l'expédition, qui étaient également indiquées sui- l'adresse. Cette organisation ne subsista que "294 années, jusqu'au moment de la dissolution de l'ordre en I52â, par Sigismond, roi de Pologne. Enfin dans d'autres parties de l'Allemagne, spécialement en Wurtemberg, la corporation des bouchers tenait à la disposition du public des chevaux de relais, des postillons et des courriers. Cette poste des bouchers existait encore au xviii<i siècle.
La révolution sociale amenée par l'invention de l'imprimerie en 143" exerça une grande influence sur l'institution de la poste. A mesure que le besoin do communications régulières devenait plus sensible, que les relations de pays à piys et de province à province étaient plus fréquentes, et que le trafic et la circulation augmentaient dans des proportions considérables, les gouvernements comprirent qu'il était do leur intérêt de ne pas laisser un instrument économique d'une aussi grande importance entre les mains de villes, d'associations, ou de corporations particulières et en dehors de l'action de l'Etat.
Par un édit daté de Luxies, près de Doullens, le 19 juin UG4, le roi Louis XI rétablit le cursus puhlicus dans des conditions qui trahissent des vues et des préoccupations parfaitement identiques à celles dont s'étaient inspirés les premiers fondateurs de l'institution, Darius et l'empereur Auguste. Il devait être établi sur tous les grands chemins du royaume, de 4 lieues en 4 lieues, des relais de poste, commis aux soins d'officiers désignés sous le titre de MaHres tenant li^s c'ievaux courant pour le service du Roy, et qui devaient constamment entretenir 4 ou 5 chevaux ou plus, suivant les besoins, le tout sous les ordres d'un conseiller, (h-and Maître des coureurs de France. \u début, l'institution nouvelle devait être exclusivement à l'usage du gouvernement : « Auxquels maîtres est deffendu de bailler aulcuns chevaux à qui que ce soyt et de quelque qualité qu'il puisse être sans le mandement du roy et du dit grand raaistre, à peine de vie... D'autant que ledit seigneur ne veut et n'entend que la commodité du dict établissement ne soit pour aultre que pour son service. 11
Il était cependant fait une exception en faveur des messagers et des courriers du pape, et des cours étrangères en bonnes relations avec la cour de l'rance ; mais un article de l'ordonnance d'exécution faisait un devoir aux officiers du roi d'exer-
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cer la plus stricte surveillance sur les voyageurs et sur leurs effets, les autorisant selon les circonstances à visiter ces etVcls, et à ouviir les correspondances pour constater si elles ne renfermaient rien de dangereux pour l'Etat.
On se relâcha bieniolde ces prescriptions, car en 1480 la taxe h payer pour le transport des particuliers est fixée à 6 sols par cheval et par relais, et un édit de juillet 1495, qui interdit aux courriers sous peine de la liart de transporter des écrits venant de l'étranger et dirigés contre les saints décrets du concile de Bàle et contre la Pragmatique Sanction, fournit la preuve que la poste royale se chargeait du transport des correspondances particulières.
Aussi l'édit de Louis XI est-il généralement envisagé comme formant, dans l'histoire de la poste, la transition entre le régime des postes privées et le système moderne, qui fait de la poste une institution publique relevant exclusivement de l'Etat.
Il était dans la nature des choses que la nouvelle institution entrât en concurrence avec l'organisation postale de l'Université. Petit à petit le gouvernement restreignit les privilèges de l'institution postale universitaire, en même temps qu'il perfectionnait celle de 1 Etat et étendait sa sphère d'activité.
En 15ti5, toutes les postes furent placées sous l'autorité exclusive d'un contrôleur général nommé par le roi, et en 1574 un édit de Henri III ayant créé des messagers royaux, autorisés h se charger de lettres missives, )nu>cf:a?.dises, or et argent, déclara en même temps que les messagers universitaires et les messagers royaux jouiraient des mêmes droits et prérogatives. A cet édit qui mettait fin au monopole exercé depuis si longtemps par l'Universiié, Henri III en ajouta l'année suivante un second qui astreignait tous courriers et messagers à prendre, pour l'exercice de leur emploi, des lettres de messagers royaux. Ces mesures portèrent un coup fatal aux institutions postales de l'Université ; aussi, quoique dans les lettres d'enregistrement du parlement et de la cour des aides de IbV, les fonctions des messagers royaux fussent réduites au transport des n sacs et papiers de justice seulement, » la poste royale accapara bientôt la plus grande partie du trafic, grâce aune meilleure organisation. Ce ne fut toutefois qu'en ni9 qu'un odit de Louis XV abolit définitivement le privilège do l'Université et consomma la fusion de ses institutions postales avec celles de l'Etat.
A partir de ce moment, la poste prit un développement de plus en plus considérable. Sous Louis XIV, Louvois, nommé surintendant général des postes, les avait affermées pour une somme annuelle de 1,200,000 livres. En 1~.3.3, le revenu delà ferme s'élevait à 3 millions de livres, et en décembre 17'.il, à l'expiration du dernier bail, il avait atteint la somme de 11 millions de livres. L'Etat en ayant repris l'exploitation, l'Assemblée nationale rendit sur l'organisation des postes, leur administration, les tarifs, l'inviolabilité du secret des lettres, une série de décrets qui ont servi de base à l'organisation actuelle.
En Allemagne la poste subit une transformation analogue à celle que nous avons signalée en France. Dans h- courant du xvi° siècle appâtait une poste impériale, qui devient un fief héréditaire entre les mains de la famille Thurn et Taxis, dont le chef, Roger de Taxis, avait déjà en UdO organisé dans le Tyrol et la Styrie une poste aux chevaux pour le service de l'empereur Frédéric 111 pendant ses campagnes en Italie. La nouvelle institution embrassa bientôt tous les pays de l'Empire, à l'exception de l'Autriche, où existait déjà antérieurement une organisation poslah; oflirielle, et elle s'appliqua à supplanter toutes les institutions privées de transport et de correspondance. Mais en
dépit du monopole auquel prétendait la poste impériale, et en concurrence avec elle, les gouvernements d'un grand nombre de pays allemands voulurent avoir chacun sa poste indépendante, si bien qu'au commencement du xix' siècle on ne comptait pas moins de VO administrations postales en Allemagne. Les Thurn et Taxis, élevés successivement à la dignité de cotiites et de princes de l'Empire, conservèrent leurs postes jusqu'en 1867, époque oii elles furent achetées par la Prusse pour une somme de 3 millions de thalers.
L'histoire de la poste dans les autres pays, que le cadre de cet article ne nous permet pas de retracer, a suivi à peu près les mêmes phases et peut se résumer de la môme manière. Dans l'antiquité, partout où l'on retrouve des traces d'une organisation postale, la poste est avant tout une institution politique, un instrument de gouvernement, quelquefois un moyen d'exercer une surveillance de police sur les relations des sujets à l'intérieur et avec l'extérieur. Ce n'est que secondairement et accidentellement qu'elle offre aux particuliers et au commerce un moyen de communication. Au moyen âge, le soin de donner satisfaction aux besoins de la circulation est abandonné à l'initiative privée. Des associations se forment à cet effet; des villes commerçantes, des corporations dont l'activité s'étend en dehors des limites de leur pays organisent des moyens de transport pour la correspondance, pour les marchandises, pour les voyageurs. A mesure que les relations de peuple à peuple grandissent et que le commerce prend un essor plus général, la poste acquiert une importance économique qui attire l'atiention des gouvernements. L'Etat s'empare de l'institution, d'abord dans un but politique ; il s'en attribue ensuite le monopole dans un but essentiellement fiscal ; puis, par la force de» choses, l'accroissement journalier des relations, et sous la pression des idées modernes, il est amené à lui reconnaître et à lui attribuer le caractère d'un service public et à lui vouer une sollicitude en rapport avec le rôle capital qu'elle joue dans la vie et le développement des sociétés humaines.
De nos jours, la poste n'est pas seulement une institution nationale, c'est l'institution internationale et cosmopolite par excellence. Machine universelle dont le moteur est partout et le centre nulle part, elle donne à l'humanité une vie commune, et par ses innombrables rouages y fait concourir et participer tous les êtres civilisés, d'un bout à l'autre de notre globe terrestre. Son histoire ne se laisse plus circonscrire dans les limite» d'un Etat. Tous les progrès réalisés, tous les développements acquis dans le champ de son activité, quel que soit le lieu où ils ont pris naissance, ont un caractère de généralité et appartiennent à l'institution tout entière. Seule parmi les pays civilisés, la Chine n'a pas de poste, dans le sens moderne du mot ; elle ne possède qu'une organisation gouvernementale dans le genre de celle des anciens Perses ou du cursus publicus de l'empereur Auguste. Partout ailleurs, la poste est envisagée comme un droit régalien de l'Etat, mais en même temps elle est organisée et administrée par lui comme un service public, destiné avant tout à faciliter et à développer la circulation, le trafic et toutes les relations, en vue de la prospérité publique, comme dans l'intérêt et même pour l'agrément des particuliers. Les grandes inventions modernes, les bateaux à vapeur, les chemins de fer, en multipliant à l'infini ses moyens d'action, ont modifié son caractère. C'est la poste aux lettres qui forme aujourd'hui son objet essentiel et presque exclusif; car, dans un certain nombre de pays, le transport des voyageurs et des marchandises est complètement laissé à l'industrie privée. Mais la poste aux lettres ne se borne pas à la
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transmission des correspondancfis, elle comprend le transport et l'écliange des impiimés et de tout ce qui s'y rattache, des échantillons de marchandises, des papiers-valeurs, des valeurs d'or et d'argent, le service des mandats-poste, des mandats d'encaissement ; dans plusieurs Etats, des caisses d'épargne postales ; et même, dans la Grande-Bretagne, des caisses de pensions viagères et d'assurances en cas de décès. Sauf les différences qui résultent du plus ou moins grand nombre de branches d'activité qu'elle embrasse, son organisation est partout la même, elle est universellement régie par les mêmes règles, et les efforts de ses nombreuses administrations tendent uniformément à réaliser dans son service ces trois grands avantages : célérité, sécurité et bon marché.
Les faits les plus saillants de l'histoire de la poste dans cette dernière période sont la réforme connue sous le nom de pen7iy-))0stnge,et la création de l'L'nion postale. En I8-4U, un citoyen anglais, Rowland Hill, réussit à faire prévaloir dans la Grande- Bretagne le principe que les taxes postales doivent être uniformes et aussi peu élevées que possible, et k introduire la taxe de un pRnny pour les lettres affranchies, dans toute l'étendue des Trois-Royaumes. Cette innovation, qui fut imitée bientôtdansun grand nombre de pays, fut le point de départ d'une véritable révolution dans l'institution de la poste aux lettres; elle entraîna comme conséquence l'usage des timbres poste et de l'affranchissement. Elle profila également aux administrations et au public en simplifiant le service et en augmentant, dans une mesure que nul n'aurait pu prévoir, le mouvement des correspondances. Elle fut le prélude d'un mouvement général dans le sens de l'unification des principes qui régissent la poste, mouvement qui se traduisit par la conclusion de conventions postales entre les diverses administrations, et qui aboutit à la création de rCiiion postale universelle. Depuis l'invention des chemins de fer et des télégraphes, les relations ne connaissent plus de frontières; de là la tendance à leur assurer dans le vaste domaine du service international des facilités analogues à celles qui leur étaient offertes dans le service interne, et en môme temps, pour les administrations, la nécessité d'introduire dans le mécanisme de l'échange postal international des simplifications sans lesquelles il n'aurait pas été possible de faire face aux exigences de l'accroissement progressif du trafic. Déjà, en 1850, la Prusse et l'Autriche avaient organisé une union postale austro-allemande, qui englobait toutes les administrations postales de l'Allemagne. En 186Î, à l'inîtigation de l'administration postale des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, des délégués d'un grand nombre de pays se réunirent à Paris, pour discuter les principes qui devaient servir de base aux conventions postales et régir les relations des administrations entre elles.
Enfin, un traité conclu à Berne en 1874, à la suite d'un congrès, par les représentants de tous les Etats de l'Europe, plus ceux des Etats-Unis d'Amérique et de l'Egypte, fonda l'Union générale des postes, qui, dans un congrès subséquent, tenu à Paris en 1878, auquel prirent part 33 Etats dos différentes parties du monde, prit le nom d'Union postale universelle. Cette gigantesque association^ dont l'initiative revient à l'administration allemande, embrasse aujourd'hui les Etats suivants : TMlemagne avec la Bavière et le Wurtemberg; l'Autriche-Hongrie, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark avec les îles Féroè, l'Islande, le Groenland et les Antilles danoises ; l'Espagne, y compris les Baléares, les îles Canaries et toutes les colonies espagnoles; la France avec l'Algérie et les colonies françaises, y compris les îles de l'Archipel océanique soumises au protectorat de la
France; la Grande-Bretagne, y compris Malte, Chypre, Héligoland et Gibraltar, l'empire de l'Inde britannique avec l'Hindoustan (y compris les Etats tributaires) et la Birmanie britannique, Aden, le Dominion du Canada, Straits-Settlements, Labouan, Maurice, les Bermudes, Jamaïque, Trinité, Guyane britannique, Hong-Kong, Côte-d'Or, Gambie, Lagos, Sierra-Léone, îles Falkland, Honduras britannique, Terre-Neuve, îles Bahamas, îles ■Vierges, Antigoa, Dominique, Montserrat, Nevis et Saint-Christophe; la Grèce, l'Italie, le Luxembourg, le Monténégro, la Norvège, les Pays-Bas et les colonies néerlandaises ; le Portugal, y compris Madère et les Açores, et les colonies portugaises; la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Suède, la Suisse, la Turquie, la Perse, le Japon, l'Egypte, la république do Libéria, les Etats-Unis de l'Amérique du Nord, le Mexique, la république de Saint-Domingue, celle de Haïti, les Républiques de Honduras et de San-Salvador, les Etats- Unis de Venezuela, la république de l'Equateur, le l'érou, le Chili, le Brésil, l'Uruguay et la république Argentine. Ces pays couvrent une étendue de 79 rM'i OOU kilomètres carrés, et leur population est évaluée d'après les statistiques les plus certaines à "77 64oOijn âmes. Le traité de Berne avait proclamé l'uniformité des taxes, la liberté du transit, la suppression des décomptes entre les administrations, l'abaissement des taxes de transit et leur payement au moyen d'indemnités annuelles, calculées d'après la statistique. La convention de Paris a affirmé les mêmes principes en leur assurant une application plus complète et plus générale ; elle a introduit un nouveau dégrèvement du transit et facilité l'accession de l'Union à tous les pays du globe. 'Voici un résumé do ses dispositions :
Les pays entre lesquels est conclue cette con vention forment, sous la dénomination d Union postale universelle, un seul territoire postal pour l'échange réciproque des correspondances entre leurs bureaux de postes. La convention s'étend aux lettres, aux canes postales, aux imprimés de toute nature, aux papiers d'affaires et aux échantillons de marchandises. La liberté du transit est garantie dans le territoire entier de l'Union. Les • frais de transit, savoir pour les parcours territoriaux 2 fr. par kilogramme de lettres ou cartes postales, 0 fr. 2ô c. par kilogramme d'autres objets ; pour les parcours maritimes 15 fr. par kilogramme de lettres ou cartes postales et 1 fr. par kilogramme d'autres objets, sont à la charge de l'administratiou du pays d'origine. La taxe de l'Union est fixée pour les lettres à 25 centimes en cas d'affranchissement et au double dans le cas contra'i'e, pour chaque lettre et chaque poids de 15 grammes ou fraction de 15 grammes; pour les cartes postales, à 10 centimes par carte; pour les imprimés de toute nature, les papiers d'affaires et les échantillons de marchandises, à 5 centimes par objet et par poids de 50 grammes, la taxe des papiers d'affaires ne pouvant toutefois être inférieure à 25 centimes, et celle des échantillons à 10 centimes par envoi. Les envois soumis à des frais de transit maritime peuvent être chargés d'une surtaxe ne dépassant pas 25 centimes par lettre, 5 centimes par carte postale et 5 centimes p ir 50 grammes pour les autres objets. Les envois peuvent être expédiés sous recommandation, moyennant une taxe spéciale de 25 centimes au maximum en sus de la taxe ordinaire. L'afîranchissement ne peut être opéré qu'au moyen de timbres poste valables dans le pays d'origine pour la correspondance des particuliers. Chaque administration garde en entier les sommes qu'elle perçoit. Uu bureau international, dont le siège est à Berne, remplit les fonctions d'intermédiaire entre les différents membres de l'Union; il
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est ctiargé entre autres de publier un journal, qui sert d organe à cette dernière, et qui parait h la fois en français, en anglais et on allemand. Les dissentiments entre memtjres de l'Union, relativement i l'interprétation de la convention, sont réglés par jugement arbitral. Les pays qui ne font pas encore partie de l'Union sont admis à y adhérer, au moyen d'une simple déclaration, faite par la voie diplomatique entre les mains du gouvernement suisse, administration gérante. Cette convention est entrée en vigueur le 1»' avril 1879. Le Congrès de Paris de 1878 a, on outre, élaboré deux arrangements concernant l'échange, l'un des lettres avec valeurs déclarées, l'autre des mandatsposte. Le premier a été signé entre l'Allemaguo, l'Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark et les colonies danoises , l'Egypte, la France et les colonies françaises, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal et les colonies portugaises, la Roumanie, la Russie, la Serbie, LVSuède et la Suisse ; le dernier a reçu l'adhésion des mêmes pays h l'exception de la Russie, de la Serbie et des colonies portugaises. La taxe des lettres avec valeurs déclarées se compose du port de la lettre et du droit de recommandation, plus d'un droit d'assurance de 10centimespar200 francs pour les pays limitrophes et de 25 centimes pour les autres pays. Le maximum des mandats-poste est de 500 francs, la taxe est de 25 centimes par 2."> francs, mais il peut être perçu un maximum de 50 centimes pour tout mandat n'excédant pas 50 francs.
En dernier lieu, une conférence internationale réunie i Paris (18S0), a adopté une convention destinée à régulariser le transport des petits paquets. En voici les dispositions essentielles :
Il peut être expédié de l'un des pays adhérents pour un autre de ces pays, sous la dénomination de « colis postaux », des colis sans déclaration de valeur jusqu'à concurrence de 3 kilogrammes ; la taxe se compose d'un droit de 50 centimes par pays participant au transport territorial.
Le transport maritime est rémunéré à raison de25centimesjusqu'à500milles,de 50 centimes de 500 à 1000 milles, 1 franc do lOOii à 3000 milles, 2 francs de 30.)0 àOuOO milles, et 3 francs au-dessus de 0000 milles.
Comme mesure de transition, chacun des pays contractants a la faculté d'appliquer aux colis postaux provenant ou à destination de ses bureaux, une surtaxe de 25 centimes par colis. Exceptionnellement, celte surtaxe est élevée à 50 centimes pour la Grande-Bretagne et l'Irlande, à 75 centimes pour l'Inde britannique et pour la Perse, et à l franc pour la iiuède.
D'autre part, il peut être perçu par le pays destinataire une taxe de factage pour le port à domicile et l'accomplissement des formalités de douane, sans excéder 25 centimes par colis. La législation intérieure de chacun des pays contractants demeure toutefois applicable pour tout ce qui n'est pas prévu dans les stipulations de la convention.
Tout pays où la poste ne se charge pas actuellement du transport des petits colis et qui adhère à la convention, aura la faculté d'en faire exécuter les clauses par les entreprises de chemin de fer et de navigation; il pourra en même temps limiter ce service aux colis provenant ou à destition de localités desservies par ces entreprises.
Cette convention entrera en vigueur le I" octobre 1881. Elle a été signée le 3 novembre ISSO par les représimtants de l'Autriclie-IIongrie, de la Belgique, do la Bulgarie, du Dajieraark, de l'Egypte, de l'Espagne, de l'Italie, du Luxembourg, du Monténégro, de la Suède et de la Norvège, du Portugal, de la Roumanie, de la Serbie, de la Suisse et de la Turquie. La Grande-Bretagne, l'Inde britannique, les Pays-Bas, et la Perse, qui
étaient également représentés à la conférence, se sont réservé un délai jusqu'au I" juillet 1881 pour apporter leurs signatures h la convention.
Les renseignements suivants sont empruntés à la statistiiiue publiée annuelloment par le bureau international de Berne :
Voir le tableau ci-après, p. 1696.
Statistique du trafic postal de la France en 1879.
Nombre de kilomètres parcourus pendant, l'année:
Par les wagons-poslc 63 214 715
Par les malles-poste 31 243 862
Par les services à clieval 3 6J2 033
Par les services à pied 13 994 830
Par les services en bateaux 222 380 .
Service intérieur:
Lettres affranchies 396 094 050
Lettres non ou insuffisamment affranchies.. . . 4 106 108 Leltres franches de port 64 411 024
Total 451611184
fartes ooslales ! Simples 28 307 992
Lartes postales j ^^,^^ réponse payée 2s8 980
Journaux et autres publications périodiques
servies par abonnement 249 865 470
Autres im[jrimés de toute nature. Nombre de
paquets 277 787 307
Echantillons de marchandises 1 1 93 1 958
Papiers d'affaires 9 004 439
Envois recommandés 4 237 685
Lettres avec déclaration de valeur I ^o'"'"''-- „.;^^J2J°
( valeur., yol 050 oiO
Demandes d'avis de réception 127 410
M j i j„ ,,„( Nombre 11051744
Mandats de poste j ^.^|^^,. 3 17 039 717
Recouvrements opérés j ^""JjJ^; ;;;;:;;;:;: 9 5^4 298 SeroicG international.
Lettres affranchies j Expédiées 31 431 012
] Reçues... 29 484 616
Lettres non ou insufQsarament af- j Expédiées 818 667
franchies (Reçues... 946 844
^ , , , 1 Expédiées 1 569 429
Cartes postales j Reçues... 1614197
^ . , , , L \ Expédiées 38 112
Cartes postales avec réponse payée n^^ueg 74431
, . .,• ,. \ Expédiés! 14 697 252
Journaux et autres publications . j n^J, „ ^ 325 854
, . . ■ , J . . , \ Expédiés. 4 407 514
Autres imprimés de toute nature Pycus 2 496 815
. . ..,, , ... 1 Expédiés! 1632911
Echantillons de marchandises.. . ï ^S^l^ 925 028
„.,,„. l Expédiés! 299 570
Papiers d affaires j Reçus.. . . 169 704
. ,, ) Expédiés. 580 8*3
Envois recommandés j ji,;çus,... 918169
Lettres avec déclaration de valeurs :
Expédiées... Nombre 43 271 ; Valeur tr. 34240506
Reçues — 52 067 - 39 624 273
,,....,. ) Expédiées H 228
Demandes d avis de réception . . . | p^^^g^^ j 923
Mandats de pitste :
Expédiés... Nombre 474 426 ; Valeur fr. 21 603 2 i9 Reçus — 462509 — 13 834382
A consulter. — Le Qulen de la Neulville, Origins det postes chez les anciens et chez les modernes, Paris, 1708; — Gouin, Essai historique sur l'établissement des postes en France, etc., Paris, isji; — lîrrn^ le, Des postes en général et particaliàreinru' r„ /■„„,.. Paris, 1826; — A. de Hotlischild, Histoire ,J hi /.- ;. „ , , lettres, 3' édit., Paris, 2 vol.; — Uod. Rous.M un, J'rmir rlr la t ' oTrespoïidancc par lettres, missives et télègrauunes, 2" édit., Paris, l!i77: — L. Renault, La poste et les télégraphes, Paris, 1877 ; — Union postale, années 1875 à 1S8U, Renie.
[Eugène Borol.|
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POTASSE
POTASSE
POTASSE, POTASSIUM. — Chimie, XVI. — On appelle vulgairement dans le commerce pota-''s une substance impure contenant 00 à 80 p. 100 du corps que les cliiniistos appellent carboii'iie da potasse (V. Alculi, p. GO). Dans les traités do chimie, on donne lo nom do potasse, confoimément i la nomenclature chimique, à une substance solide forjnéo d'oxygène et du métal appelé /lOtussiiim ; cette potasse est donc un oxyde de potassium, KO, K étant le symbole du potassium.
Propriiiti's et préparatinn de la potasse du eommerce. — Quand on verse de l'eau bouillante sur des cendres de bois, on obtient un liquide légèrement roussâtre : c'est la Itssire. Ce liquide, frotté entre les doigts, donne un toucher particulier, et possède \ino odeur spéciale; par l'évaporation il donne un résidu appelé S'din, ou potasse brute, ou encore potasse perlasse. La potasse brute contient, outre le carbonate de potasse, du chlorure de potassium et du sulfate de potasse, (Je la silice, de l'oxyde de fer, etc. Cette potasse a la propriété de dissoudre les corps gras: c'est à cause de cela que dans les ménages on s'en sert pour netioyor le linge en coidant la lessii-e. Pour faire cette -opération, on empile !e linge, déjà mouillé, dans une grande cuve ou envier dont le fond est percé d'un trou bouché d'un bouchon de paille ; le tout est recouvert d'un morceau de grosse toile appelé cendrier ; c'est sur cette toile que l'on étend unp couche de cendres sur laquelle on verse ensuite de l'eau bouillante; on reçoit la lessive dans une deuxième cuve pour la reverser ensuite un certain nombre de fois sur le cendrier.
Potasse eimstique nu lii/drate de potasse et pierre à cautère. — La potasse caustique est une substance blanche, opnque, à cassure cristalline, fondant au rouge sombre ; fraîchement préparée, elle a pour formule KO, HO; c'est une combinaison de l'oxyde de potassium avec un é|uivalent d'eau. Exposée à l'air, la potasse caustique absorbe l'acide carbonique et se transforme en carbonate de potasse : K0,C02 ; elle attire aussi l'humidité, et tombe en déliquescence (V. Alcali, p. Gi)).
Préparation de la potasse caustique. — On fait bouillir dans une marmite de fonte une dissolution de carbonate de potasse dans 12 fois son poids d'eau; on y ajoute à différentes reprises un lait de chaux; il se forme un carbonate de cliaux insoluble qui se dépose au fond de la marmite, tandis que la potasse reste en dissolution dans la liqueur surnageante; on décante, puis on évapore la liqueur dans une capsule d'argent; le résidu, fondu, puis coulé on plaques, est la potasse caustique des laboratoires ; si on la coule dans des lingotières, on obtient des bâtons que vendent les pharmaciens sous le nom de pirrrr à cautère.
Cette potasse n'est point encore absolument pure ; elle a retenu do la chaux. Pour l'en débarrasser, on la dissout dajis l'alcool, qui no dissout point la chaux. On distille los 2/:i de la liqueur •décantée, puis on évapore jusqu'à fusion de la niasse.
Potassium. — L'illustre chimiste Lavoisier avait soupçonné la composition de la potasse, de la soude, de la chaux, etc. Il pensait que ces substances étaient probablement des oxydes métalliques, comme les oxydes de plomb, de zinc, de 1er ; mais on ne connaissait point le moyen de séparer le métal et l'oxygène très fortement unis. G est en \mi que sir H. Davy put décomposer la potasse, au moyen d'une pile puissante, ot mettre en liberté le premier globule de potassium qu'un homme ait jamais vu. C'était là une découverte dune jVnmense portée. J.-li Dumas raconte (|ue ce n elft pas sans une profonde émotion qu'en compa,;nio do Faraday, qui avait eu pour maître 1 Illustre chimiste anglais, il put lire, sur lo registre où Davy inscrivait les résultats de ses expé- 2« Pahtie.
riences, ces simples mots: Capital experiment ,Aé\,3.chés du reste delapa^e par un cercle que Davy avait tracé d'une main liévreuse quarante -deux ans auparavant. Aujourd'hui on prépare le potassium par le procédé de Brunnor; il consiste à décomposer le carbonate de potasse par le charbon à une température très élevée. K0,C02 + 2G = 3C0-I-K, c'est-à-dire que la calcination du mélange donne de l'oxyde de carbone et du potassium Le mélange intime de carbone et de carbonate de potasse s'obtient en calcinant du tartre (bitartrate de potasse).
Propriétés du potassium. — Le potassium est blanc comme l'argent, mou comme la cire et brillant; dès qu'il est exposé à l'air, il se ternit, devient blanc opaque, en se transformant en potasse. C'est donc un métal excessivement oxydable. Projeté sur l'eau, il donne naissance à une flamme violacée, tournoie à la surface de l'eau, puis disparaît subitement en une explosion dont il faut éviter les projections. Que s'est-il passé? Le potassium, avide d'oxygène, décompose l'eau à froid, s'oxydo en produisant un grand dégagement de chaleur; l'hydrogène libre s'enflamme, la potasse formée devient incandescente et éclate quand elle est assez refroidie pour entrer en contact immédiat avec l'eau. Lo potassium fond à Ci», 5. Au rouge il bout et on peut lo distiller. Sa vapeur est verte, et au spoctroscope il donne une raie violette.
Le potassium n'a guère d'usages que dans quelques expériences do laboratoire ; on le conserve dans riiuile de naphte, et il doit être manié avec précaution et à l'abri de la moindre trace d'humidité.
Sels de potasse. — La potasse est une base puissante ; elle se combine avec la plupart des acides minéraux et végétaux; plusieurs des composés formés soit par la putasse, soit par lo potassium, ont de l'importance au point do vue scientifique, commercial, industriel, agricole ou médical. Les principaux sont : le carbonate, l'azotate, le chlorure, le sulfate, lo chlorate, l'iodure, l'hypochlorite et les cyanures.
Caractères généraux des sels depofas^e. — Les sels de potasse en dissolution dans l'eau ne donnent de précipité qu'avec le bichlorure de platine, l'acide tartriquR et l'acide hydrofluosilicique. C'est là un caractère analytique important à retenir.
Cartionate de potasse. — Ce sel s'appelle vulgairement potasse : il a pour formule KO, GO*. Nous avons dit plus haut comment on l'obtenait impur ; on l'obtient presque pur par la calcination du tartre.
L'industrie en retire uno assez grande quantité des résidus de la distillation dos mélasses de betterave, puis de la calcination des eaux de suint provenant du lavage des laines de mouton. A l'état sec, le carbonate de potasse est une masse blanche pulvérulente ayant une réaction alcaline et une saveur caustique; c'est un poison. Sous l'aciion d'un courant d'acide carbonique, il se transforme en bicarbonate.
Azitate de potasse ou salpêtre. — V. Salpêtre.
Clilorate de potasse. — Le chlorate de potasse ou sel de Berthollet est un beau sel blanc cristallisé en lames rliomboïdales. Il a uno saveur fraîche, fond à 403", puis se décompose en abandonnant son oxygène ; c'est mémo comme cela qu'on prépare c'o dernier gaz.
Le chlorate de potasse fuso sur les charbons incandescents ; mélangé au soufre en fleur, ou au phosphore, il détone violemment par la choc.
On prépare le chlorate de potasse on faisant
passer un courant de chlore dans une solution
concentrée de carbonate de potasse ; il se forme
d'abord des paillettes miroitantes qui nagent dans
POTASSE
POTERIE
la lifiueur, puis se déposent au fond, tandis que la liqueur surnageante reste chargée du clilorure de potassium qui s'est formé en même temps que le tlilorate de potasse.
Le clilorate de potasse est beaucoup employé en médecine aujourd'hui. 11 agit efficacement dans le traitement des muqueuses de la bouche et de la gorge ; on l'administre en potion gommeuse, ou en simple dissolution aqueuse étendue, quelquefois en pastilles.
Hi/pochloiite de potasse ou eau d ■ javi'llu. — L'eau de javelle, qui tire son nom du village do Javelle, aujourd'hui quai de Javelle à I aris, où on en fabrique beaucoup, est un liquide d'une odeur chlorée, d'une saveur alcaline, et d'un toucher lessiveux , constitué par un mélange dhypochlorite de potasse et de chlorure de potassium, CIK + KO, CIO. On prépare cette liqueur en fai- .sant passer un courant de chlore dans une dissolution étendue de carbonate de potasse.
L'eau de javelle sert au blanchiment; malheureusement pour le linge, qu'elle brûle, les blanchisseuses en abusent souvent.
Bromure et induré de potassium. — Ces denx sels, qui cristallisent en cubes, ont à peu près l'aspect du sel de cuisine blanc. On les prépare, le premier par l'action directe du brome, le second par celle de l'iode sur la potasse caustique. Tous les deux sont soUibles dans l'eau et sont aujourd'hui employés en médecine, l'iodure principalement. Ce sel a une saveur salée et acre; 100 partics d'eau à IS» dissolvent 150 parties d'iodure. On l'administre à l'intérieur en dissolution aqueuse, ou pour l'usage externe h l'ctat de pommade. Ou peut en prendre jusqu'à 10 grammes par jour. Nous aurions encore à parler du cyanure de potassium, du silicate de potasse, du tartrate. du sulfate et do l'oxalate, etc. Nous dirons deux mois de ces deux derniers, et pour les autres nous renvoyons le lecteur aux articles Cyanogène, Silice, Tartre.
Sulfate de potasse. — Le sulfate de potasse, K0,S03, est connu sous le nom de sel de duohus, ou fel lit Gloser, ou encore tartre vitriolé ; c'est un des représentants de la vieille pharmacologie. On le retire des cendres de varech, puis de la préparation de l'acide azotique. Il est soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool ; il a une saveur amère et désagréable. Il est toxique à la dose de SO gramme^ ; il ne faut donc point le confondre avec les sulfates de soude ou de magnésie si employés comme purgatifs.
Oxalate de potasse. — On donne le nom de sel d'oseille à un sel acide de potasse qu'on retire de YOxalis aeetosetla, qui lui doit une partie de ses propriétés. Ce sel est un mélange de liioxulate et de qundroxalate de potasse. Il est toxique, et a des propriétés qui se rapprochent beaucoup de celles de l'acide oxalique.
Usriges lie la potasse el des sels de potasse. — Ces usages sont extrêmement nombreux et variés. Nous en avons déjà cité un grand nombre. La potasse entre dans la fabrication dis cristaux et dans celle des savons V. Savo7ii et l'erce). Le carbonate entre dans la fabrication du cristal, de l'alun, du b!eu de Prusse, etc. On l'emploie aussi en médecine. Le chlorate sert à préparer l'oxygène ; il entre dans la pâte des allumettes dites au phospliore amorphe. Nous avons parlé des applications de l'hypochlorite, de l'iodure. etc. Celles du silicate se trouveront à l'article Sî/ice; nous dirons seulement ici que, le silicate de potasse étant le principal élément des roclies granitiques, la potasse prend une importance de premier ordre dans la composition de la croûte terrestre; néanmoins on ne l'y rencontre jamais pure, parce qu'elle se combine trop facilement aux acides ; elle est aussi, à l'état salin, un
élément important de tous les végétaux terrestres, puisqu'on la retrouve en grande quantité dans leurs cendres. [A. Jacquen^rt.]
rOTIîUIE. — Connaissances usuelles, II-V. — Histoiique. — L'art de la poterie remonte aux époques les plus reculées. On s'accorde à lui reconnaître pour berceau les contrées de l'Asie orientale.
Parmi toutes les manifestations du génie humain, les produits de l'art céramique, ou de la poterie, ont su donner à travers les âges, mieux que toute autre industrie, la mesure approximative du degré de l'art chez les peuples, et partant de leur civilisation.
En effet, l'argile s'offre d'elle-même à l'idée du façonnage; elle se prête aux caprices de l'imagination ; multiple dans ses applications variées, toujours accessible par sa faible valeur intrinsèque; c'est par la forme quelui impose l'artiste que ses produits acquièrent un prix quelquefois très élevé.
Nous jetterons un coup d'oeil d'ensemble sur le développement des arts cérarai'iues.
L'art du potier consista d'abord à employer le limon ou l'argile simplement exposés et séchés au soleil.
Ainsi furent construites en briques les premières villes de l'Asie, sur les bords du Tigre et de l'Euphrate.
11 se compléta lorsqu'avec l'aide du feu on vint ajouter à ses produits les qualités de dureté, de sonorité qui les rendirent indestructibles.
Dès la plus haute antiquité les arts céramiques furent en grande considéiation ; et chaque contrée, la Grèce entre autres, fournit des potiers célèbres.
Ce n'est seulement qu'au xi' siècle que 1 on mentionne en Europe l'apparition des poteries à pâtes compactes, dures et imperméables ; et, vers la même époque, l'introduction en Espagne par les Arabes (le la poterie à glaçure plombifère.
En Italie s'est développée la fabrication des terres cuites et des poteries recouvertes d'émail stannifère, importées par les Arabes venus de l'ile Majorque (d'où le nom majolica appliqué à cette faïence^.
Elle accomplit de rapides proîrès par le talent de Luca délia Robia, r. sté célèbre (13'8-1430) et de ses neveux, puis par Orazzio et Flaminio.
A Bernard Palissy (151Û-1.=.9I) était réservé la tâche de retrouver le mode de fabrication de ces jolies faïences. .
Après des années de travail et de luttes il vit enfin ses efforts couronnés de succès (ISSOj. Ses frères et ses élèves continuèrent ses travaux jusque sous le règne de Henri IV.
Vers 1600, un nouvel essor est donne aux arts céramiques par l'introduction en Europe de la porcelaine chinoise.
Des essais faits en vue de reproduire cette matière sont tentés, et l'on arrive à la porcelaine tendre. En 11 95, Morin en établit à Saint-Cloud la première fabrique.
Ouelques années plus tard, a lieu par hasard la découverte du kaolin (matière propre à la fabrication de la véritable porce'aine) par Doettger et Tchirnhauss. En 1710, ils créèrent la première fabrique de porcelaine dure identique à la pâte cbinoise. ,
A cette même époque la fabrication des grès cérames acquit un grand développement.
Veis le milieu du xviii" siècle, en nK.î, la decouverte du kaolin à Saint-Yriex, près de Limoges, permit à la manufacture récemment insi allée il Sèvres d'apporter un grand développomeot à la fabrication de la porcelaine dure, dont les procédés lui avaient été donnés par un industriel de Frankenthal.
POTERIE
POTERIE
A pou près en mÎMiie temps, l'Angleterre s'il- j lustrait par les beaux travaux d'un autre potier, Wedgwood, créateur do la faïence fine et dure i i;laçure transparente.
Elle obtint, par ses qualités spéciales, une ;;rande célébrité artistique et industrielle.
Au commencement du même siècle se développait la porcelaine tendre anglaise, qui, en ISOO, arriva à sa perfection par les modifications importantes qu'y apporta Spode.
A partir de cette date, nous entrons dan s l'histoire contemporaine de la poterie, qui, après une longue éclipse, se réveille, ;\ partir de lSi3, avec les Devers, les Avisseau, les Pull dont l'intelligente et persévérante initiative amena une sorte de résurrection des arts de la terre.
Considérations générales sur la composition des poteries. — La silice et l'alumine sont les deux éléments essentiels des pâtes céramiques.
Pris séparément, ces deux éléments sont infusibles. Au contact l'un de l'autre ils entrent en vitrifioatlon.
C'est sur ce principe qu'est fondée la formation des pâtes en général.
Viennent ensuite les fondants, qui ont une part important'^ dans l'opération de la fusion; puis la magnésie et le fer, qui jouent un rôle secondaire.
La silice, indépendamment de celle que contiennent les argiles, est fournie par le sable, le silex, le quartz ou cristal de roche, etc.
Le kaolin, l'argile, la marne fournissent la partie plastique, en d'autres termes l'alumine.
Nous diviserons les fondants en deux groupes : 1° ceux que donnent les composés de la chaux, craie, gypses, marnes, etc. (la chaux, matière infusible prise isolément, devient un fondant actif lorsqu'elle est alliée à la silice ou à l'alumine); 2° les corps alcalins : sels de soude ou de potasse, unis à la silice ou à l'alumine, soit naturellement, soit à l'état de fritte ou môme de verre.
C'est donc aux proportions variables, à l'état sous lequel on introduit ces éléments dans la formation d'ujiepàte. au degré de cuisson qu'on leur fait subir, que chaque espèce des poteries exposées dans le tableau ci-dessous doit ses caractères particuliers.
La classification Brongniart, à laquelle nous croyons devoir faire quelques additions, se présente dans l'ordre suivant :
l" Poteries à pâte tendre, c'ebt-à-dire payables par le fer, argilo-siliceuses, calcapifères, fusibles au feu de porcelaine. (Du xn" siècle avant l'ère vulgaire jusqu'au iv siècle.)
2' Poteries à pâte dure, non rayables par l'acier, opaques, argilo-siliceuses. (Uu XVI" au ivii' siècle).
3» Poteries à pâte dure Irans- Ixicide, argilu- siliceuses, alcalines , rauiollissables.
(Couteuipuraiues.)
l" Terres cuites.
2" Poteries mates tournées.
3» Poterii-s lustrées.
4* Poteries vernissiïes.
5" Poteries éraaiUées.
8" Porcelaine 4ure, 9» Porcelaine tendre, naturelle ou- anglaise.
10° Porcelaine tendre, artificielle ou française.
11° Faïence siliceuse.
^ Poteries a pâte tendre. — 1° Terres cuites. Produits à pâte? peu dures, texture poreuse, cuisson à température relativement basse. Pâte composée presque toujours d'argile figuline (argile tenant le milieu entre l'argile plastique et les mamos), ou de marnes argileuses.
i' Poteries mates tournées. Cette catégorie comprend les hydrocérames ou alcarazas, les pots à fleurs, toutes pièces faites à l'aide du tour, ainsi que les jarres et les cuviers.
La pâte se coinpose le plus souvent d'argile figuline, de marne argileuse et de sable; et ces poteries sont quelquefois décorées d'engobe.
3° Poteries tendres lustrées. Ici se rangent les vases antiques grecs, égyptiens, éiriisques et campaniens. Pâte homogène, fine, jaunâtre ou rougeâtre, composée de silice, d'alumine, de fer et de chaux.
4" Paieries tendres vernissées. Les ustensiles servant à l'alimentation et recouverts d'un vernis, rentrent dans cette classe.
Aux environs de Paris, on compose la pâte de sable et d'argile brute extraite de GentiUy, Arcueil, Vanves, Vaugirard, etc.
La cuisson du vernis en partie plombifère a quelifuefois lieu simultanément avec celle de la terre .
5° Poteries émaillées. La faïence commune jaune ou rosâtre, comprenant sous ce titre les vaisselles, tasses, assiettes, etc., se compose d'argile d'Arcueil,de marnes argileuses verdâtres, de marne calcaire blanche et de sable marneux jaunâtre (environ 58 'la de silice).
L'émail blanc qui recouvre cette faïence est composé d'oxyde de plomb, d'élain, de sable quartzeux, de sel marin et de soude.
C'est dans cet ordre que se placent les faïences pour poêles et cheminées.
Dans d'autres cas, c'est une glaçure brune composée do minium, de manganèse et de poudre de briques fusibles.
Poteries a pâtes dures. ^ 6" Faï née fine ou anr/laise, appelée terre de pipe ou ciiilloutuge, et désignée aussi quelquefois sous le nom de porce- Inine opaque La pâte fine et blanche est très plastique. Elle est recouverte d'une couche mince de glaçure blanche très pure, légèremetit bleutée.
La base de cette faïence est l'argile plastique alliée à la silice que fournit le silex ou pierre à fusil. Sa composition peut se compliquer suivant les circonstances et les localités par l'ajout de kaolin, de feldspath ou de chaux ; mais en principe elle renferme toujours 81) à 85 p. 100 d'argile phistique.
On en comprend trois variétés : la faïence fine marnée, la faïence fine cailloutée et la faïence fine dure ou feldspathique.
Par suite de la grande proportion d'alumine qu'elle contient, la faïence fine ne peut recevoir que des glaçures à base boracique.
7° Grès cérame. Les grès sont des pâtes dures, sonores, homogènes et imperméables à l'eau.
On en distingue deux sortes : les grès cérames fins et les grès cérames communs.
Bon nombre d'objets usuels, cruches, jarres, touriUes, etc., sont faits en cette matière, fréquemment employée pour les carreaux de dallages.
Los grès sont blancs ou colorés, tantôt naturellement, tantôt par des oxydes métalliques que l'on introduit â petite dose dans le mélange de la pâte. C'est ainsi que s'obtiennent ces carreaux.
Les pâtes de grès cérames sont pour la plupart composées d'argile plastique, à laquelle on ajoute un fondant propre à en lier intimement les parties constitutives, auxquelles elles donnent une demi vitrification. Le feldspath est essentiellement propre à cet usage et dégraisse en môme temps l'argile, qui, employée pure, serait trop plastique.
La glaçure des grès vernissés s'obtient en projetant du sel marin dans le four vers la fin de la cuisson de la pâte.
Les pâtes de grès cérames, comme les faïences fines, sont soumises â une liiiute température.
Poteries a pates dures translucides. — 8° l'orcelaine dure. Cette poterie se caractérise par
POTERIE
POTERIE
sa pète extrêmement blanche, fine, dure, translucide et sonore.
Sa couverte blanche est fournie par le feldspath pur ou mclajigé de chaux.
La pâte de porcelaine se compose de deux éléments essentiels : de kaolin, matière infusible, formant la partie plastique, et de sable ou de feldspath.
Au contact l'un de l'autre, ces éléments entrent en vitrification. On leur associe quelquefois de la craie ou des gypses.
Ces pièces de porcelaines sont d'abord soumises à un premier feu, dit de dégourdi, puis, à une température beaucoup plus élevée, a lieu la viirification de la couverte, ainsi que la complète cuisson de la pâte.
9° Porcelaini: tendre naturelle ou anglaise. Elle tient le milieu entre la porcelaine dure et la faïence fine. Elle se dislinoue de la première parce que sa pâte est plus fusible et que sa glaçure est plombière et rayable par l'acier; de la seconde parce qu'elle est transparente et que son vernis est plus dur.
Les pâtes de porcelaine tendre anglaise sont composées de 30 à -iO p. lOn de kaolin ou d'argile plastique, d'un peu de sable ou silex et d'une forte proportion d'os calcinés qui facilite la fusion du produit.
\0° Porcelaine tendre artifti-iulle ou française. La porcelaine tendre française a été inventée en 1695 par Morin, alors à la recherche de la véritable porcelaine.
C'est une pâte blanche vitreuse. Elle doit ses propriétés fusibles à une forte addition de sels alcalins. Elle se compose de 50 à 80 p. lOO de silice, d'une quantité variable de chaux, de soude et de potasse et d'à peine 8 ou 9 parties de marne calcaire.
Dans de telles conditions, cette pâte est excessivement courte. Vu son manque do plasticité, elle se prête peu au façonnage, et les difficultés sont encore augmentées par son ramollissement à la cuisson.
Sa couverte est un verre alcalin composé de sable pour 38 p. 100, d'une égale i|uantité de plomb, et de sels de potasse et de soude pour le reste.
Les résultats de la porcelaine tendre française, supérieure à toute autre, en ont toujours fait une matière de prix.
11° Faïence siliceuse. Nous avons ajouté à la suite de cette classification une catégnrie importante de faïence exclusivement composée de silice et offrant par cela même beaucoup d'analogie avec la porcelaine tendre française.
La faïence siliceuse se compose d'environ 80 à 85 parties de silice et d'une faible quantité d'argile plastique; étant soumise à un degré plus faible de cuisson, elle n'a de la porcelaine tendre ni la dureté ni la même translucidité.
Tantôt, sa pâte est fine, légèrement jaunâtre et très poreuse.
Tantôt elle est grossière, composée de grains de quartz que lie une argile ferrugineuse, et ses produits sont appliqués en Orient à la construction. La faïence est alors recouverte d'un émail opaque.
La chaux, la soude et la potasse apportent aussi leur part dans la composition des faïences siliceuses, qui deviennent alors, avec l'addition des fondants, de véritables porcelaims tejidres.
Ces faïences, par leur qualité siliceuse, sont spécialempnt propres à recevoir des couvertes à bases alcalines, sans préjudice des autres.
Façonnage. — Suivant leur nature et leur qualité, les pâtes céramiques sont soumises aux opérations du lavage, du décantage, du broyage, du matisage, ou sojit simplement malaxées, comme pour les terres cuites.
Après leur raffermissement, elles sont propres au façonnage. Celui-ci comprend les opérations ciaprès :
r Le moulage et l'estampage ; 2° Le tournage et le tournassage; 3° Le coulage; 4" L'estampage parla voie sèche;
5° Le filage.
Les moules qui servent à l'estampage des pâtes sont généralement en plâtre ; ils sont quelquefois en métal pour la pression des briques, tuiles, carreaux, etc.
Le tour à potier sur lequel se tournent les vases, coupes, plats, etc., est composé d'un arbre vertical en fer, d'un disque de bois appelé girelle, fixé horizontalement à l'extrémité supérieure de l'arbre, et d'un volant placé au bas. Le tourneur dépose sur la girelle la niasse de pâle â façonner, met l'appareil en rotation en poussant du pied le volant inférieur, et à laide de ses mains comprime la pâte à laquelle il donne la forme voulue.
L'opération du tournassage n'est que le fini d'une ébauche faite au tour. Elle' a lieu sur la pièce à moitié ferme à l'aide d'outils tranchants et de calibres. Les poteries fines, les grès et les porcelaines sont seuls soumis au tournassage.
Le coulage ne s'applique guère qu'aux porcelaines de choix, d'une très faible épaisseur. Les piècps obtenues par ce procédé sont excessivement légères et d une transparence remarquable. La pite â l'état de bouillie claire est introduite dans des moules en plâtre par des orifices ménagés aux parties inférieures; elle y séjourne quelques minutes; on reverse l'excédent de pâle, et celle qui a adhéré aux parois, sous l'action absorbante du plâtre, ne tarde pas i s'en détacher; puis on met sécher la pièce à l'air.
La pression pur la voie sèche, d'application moderne, est employée plus spécialement pour les produits de la construction, carreaux, briques, etc. La pâte est séchée. réduite en poudre, puis déposée dans un moule en métal et soumise à une forte pression.
Le filage a lieu pour les produits creux, tuyaux de drainage, briques creuses, etc. 11 s'opère verticalement ou horizontalement. La paie molle se trouve pressée contre une filière, et â sa sortie des fils divisent le produit par section.
Le retrait des pâtes céramiques, c'est-à-dire la différence de dimensions d'une pièce sortant du façonnage i celle qu'elle a obtenue après la cuisson, varie de 1 à 20 %.
La cuisson. — La cuisson des poteries et des glaçures, couvertes ou émaux, se fait en four ou en moufle.
Les fours sont des chambres de formes très variées, tantôt annulaires comme ceux qui servent à cuire la brique, la tuile, etc., où la flamme circule à même les produits, tantôt carrés comme ceux destinés à cuire la faïence commune.
Pour la cuisson des porcelaines, grès fins, faïences fines, etc., on se sert de fours circulaires quelquefois composés de plusieurs chambres superposées. Le combustible s'introduit par des alandiers placés en dehors à la partie iuférieure de la chambre et communiquant avec l'intérieur où se trouvent les produits à cuire; ceux-ci sont étages dans des étuis ou cazeties qui les préservent de l'action directe de la flamme.
La cuisson pour la porcelaine, dans un four de dimension moyenne, est d'environ vingt-cinq heures ; le four met trois ou quatre jours à refroidir.
Le moufle est une sorte de boîte rectangulaire de proportions variables; la partie supérieure est voûtée. Le foyerest inférieur, et la flamme monte verticalement sur les quatre côtés pour se réunir sous une voûte ou chapiteau.
POTERIE
POTERIE
lin de sp,3 côtés est mobile ; le mur est reconstruit J. rliaqui! cuisson.
he moufle sert de préférence à la cuisson des pointures, émaux ou couvertes.
La liouillo et le bois sont les combustibles les plus usités pour la cuisson des poteries.
Néanmoins les liuilos lourdes do grapliite et surtout le gaz s'emploient avec quelque succès.
A cliacun de ces combustibles s'appliquent des loyers appropriés.
Le biscuit, l'engobe, le vernis, la glaçure, la couverte et l'émail. — On nomme biscuit toute pâte ayant subi l'action d'un premier feu.
L'engobe est une matière terreuse ou vitreuse qui sert d'intermédiaire entre le biscuit et le vernis ou la couverte. Les engobcs sont susceptibles de recevoir des colorations par les oxydes métalliques.
Les mots vernis, glaçure, couverte, émail ne sont pas synonymes et sont, à tort, employés les uns pour les autres. Il est donc important de conserver à chacun d'eux une signification propre.
On entend par vernis tout enduit vitrifiable, transparent et plombifère qui se fond à basse température.
Nous considérons la glaçure comme un intermédiaire entre le vernis et la couverte.
La converti- est un enduit terreux ou vitreux essentiellement transparent, et fondant le plus souvent à haute température.
Vémail est un enduit vitrifiable opaque ou demitransparent, ordinairement stannifère. Il s'applique aux faïences proprement dites, et n'est en somme qu'une glaçure ou une couverte rendue opai|ue par différents opacifiants dont il est question plus loin.
L'opération qui consiste à étendre sur le biscuit une couche d'émail ou do couverte s'appelle mise en émail, ou mise en couverte.
Elle a lieu par voie d'immersion ou d'arrosage.
Pour les biscuits non absorbants on pratique aussi le tamisage.
A l'aide d'un tamis, on projette sur le biscuit, que l'on a préalablement mouillé d'eau gommée, la couverte ou l'émail en poudre fine et sèche.
Les vernis, glaçures, couvertes ou émaux doivent être en rapport avec \<- degré de dilatabilité des biscuits sur lesquels on les applique et doivent être composés de telle façon qu'ils évitent le défaut de la gerçure ou tressaillage.
Comme règle générale, on n'applique aux poteries alumineuses que des glaçures boraciques.
Les couvertes ou émaux alcalins conviennent spécialement aux poteries siliceuses. Un manque de cuisson ou de finesse est néanmoins une des causes qui peuvent faire naître la gerçure.
Les oxydes colorants. — Les colorations obtenues, en céramique, dans une matière terreuse ou dans une fonte vitreuse, sont dues aux oxydes métalliques.
Quoique ces o.tydes soient d'un nombre restreint, leur mélange, leur virage et leur contact avec difl'érents sels ou fondants peuvent provoquer sur chacun d'eux des colorations très variées.
Nous dirons com.Tie données générales que :
L,ox!/'/e de chrome uni à un composé boracique donne du vert. Il donne du jaune dans un milieu alcalin Le chrome produit aussi du rouge lorsque sa couleur verte est virée par une faible dose d etain. Cest ainsi qu'ont éié obtenus les rouges ^ K?*^' 'erres cuites qui encadraient la (açade du bâtiment de l'Exposition universelle de lsi«.
L oxyde i/e fer à basse température donne du rouge. 11 donne du jaune et du vert mélangé à à une niaiière vitreuse.
h'oiyde d'urane fournit ordinairement des colorations jaunes.
Voiyde de manganèse produit la riche gamme
des violets et des violets bleuies par un ajout de cobalt.
L'' xyr/e de cohaU offre les bleus; on lui allie souvent une petite quantité d'oxyde de cuivre.
Voxyite d'antimoine donne des colorations jaunes peu fixes à une haute température.
L'oxyde de enivre produit du vert, lorsqu'il se trouve uni à des fondants boraciques; du bleu turquoise avec les alcalins, et un rouge carminé d'une grande puissance s'il est mis en rapport avec une faible dose d'étain.
L'oxyde de p/omh agit comme fondant.
L'oxyde d'étain par lui-même est incolore et infusible en grande masse. Il est généralement employé comme opacifiant dans la composition des émaux opaques blancs ou colores. Do plus, introduit en petite fraction, c'est un réducteur puissant auprès de certains oxydes.
Vnxyd'' d'argent donne du jaune.
L'oxyde il'or^ sous la forme du pourpre de Cassius (précipité d'or et d'étain), nous fournit les riches colorations des roses, des carmins et des pourpres.
Les oxydes de platine et d'iridium apportent des teintes grises et noires. On produit aussi des colorations noires par la réunion des oxydes de cobalt, de manganèse, de fer et de cuivre ou de chrome, dans des proportions définies.
Résumé des procédés employés pour la déco ration des poteries. — Les procédés appliqués jusqu'à nos jours à la décoration des poteries se divisent de la façon suivante :
1" Barbotine ou peinture en pâtes colorées, faïence ; pâte sur pâte, porcelaine ;
2° Peinture sous vernis et sous couverte, faïence ou porcelaine ;
3° Peinture sur couverte, faïence ou porcelaine;
4° Peinture en couvertes colorées, faïence ou porcelaine ;
■5° Peinture en émaux colorés, faïence.
6° Peinture sur émail stannifère cru, faïence.
T Peinture sur émail stannifère cuit, faïence.
1° La peinture dite barbotine s'applique aux faïences en général.
Los couleurs, composées de la même pâte ou d'une pâte blanche que l'on colore en bleu, jaune, vert, etc., par les oxydes colorants, sont appliquées sur la pièce en terre crue, quelquefois sur biscuit.
La cuisson est double, celle des couleurs, qui sont rendues adhérentes, et celle d'un vernis ou d'une glaçure à base |)lombifère.
Le même procédé en principe s'applique à la porcelaine ; et alors il prend le nom àepdte sur pâte. On procède de la même façon que pour la barbotine de faïence, mais avec des pâtes de porcelaine colorées. Ces colorations sont plus restreintes, vu l'élévation de la température, qui ne conserve que les oxjdes les plus fixes.
La couverte est la couverte feldspathique de porcel.nine.
2° La peinture sotis ver7iis. sous glaçure ou sous couverte a lieu directement sur le biscuit à l'ai. le des oxydes métalliques ; c'est le cas de la faïence fine Dans d'autres cas, pour les faïences siliceuses, par exemple, elle est susceptible d'ètro appliquée sur un biscuit engobé en blanc.
Suivant les circonstances et le genre de travaux, cette peinture subit un premier feu dit feu de peinture. A un second feu a lieu la vitrification du vernis ou de la couverte, qui apporte le développement des couleurs.
Ces deux opérations se font simultanément pour les produits do fabrication courante.
En pnrcelaine, la sous-couverte se réduit à l'application sur le biscuit du bleu par l'oxyde de cobalt.
3° l'cinture sur couverte. Elle comprend d'une
POTERIE
POUDRE A CANON
manière générale les peintures sur couverte de faienco fine ou de porcelaine.
On prépare d'abord des fondants à différentes bases ; ces fondants, ou verres de composition très tendre, sont ensuite mélangés aux oxydes colorants (queliiuefois dans la fonte) ; puis, lorsque le mélange est finement broyé, il prend le nom de couleur vitriflable.
Ces couleurs s'appliquent sur la couverte k l'essence de térébenthine et sont susceptibles de repasser plusieurs fois au feu.
4° Ptinture en couvertes colorées. La peinture en couvertes colorées consiste pour la faïence dans l'emploi de verres colorés dans leur masse. Ces verres ou couvertes fondus au four de fusion avec l'oxyde colorant sont ensuite broyés pour être appliqués directement sur la pièce en biscuit.
Cette peinture ne subit qu'un feu. Par ses qualités essentiellement transparentes et la puissance de ses couleurs, elle l'emporte sur les peintures en barbotine ou d'émail en relief. Les couvertes colorées s'appliquejit sur toutes les faïences, de préférence sur les biscuits blancs.
Les faïences fines anglaises connues sous le nom de majoliques sont émaillées par ce procédé.
L'application des couvertes colorées a également lieu sur porcelaine. Les matières colorantes unies à la couverte feldspaihique ne produisent qu'un petit nombre de colorations variant du bleu au jaune.
On les désigne comme couleurs de grand feu. (Ce ti rme, improprement donné i des cuissons céramiques inférieures, est employé exactement dans le cas présent.
5" l'einliire en énunix colorés ou émmix en relief. Tout émail doit ses colorations aux oxydes, et son opacité à une matière infusible répandue au sein desamasse vitreuse.
L'émail est d'abord fondu en galette ou en bloc et broyé sous une meule. Il s'emploie toujours à l'eau et s'applique spécialement aux faïences.
L'oxyde d'étain, l'acide stannique, l'acide antimonique, les os calcinés, le fluosilicate de potasse sont les opacifiants ordinaires des émaux.
Ces derniers permettant des colorations plus brillantes sont les plus propres k la coloration des émaux bleus, turquoises, violets, etc.
Nous ne ferons que mentionner l'application des émaux sur verre, sur métaux servant à la bijouterie, émaux de Limoges, etc., sur la lave pour la confection des grands cadrans d'iiorlogorie, sur les produits usuels de tôle ou fonte émaillée.
I . 6° Peintures sur émail cru. Par peinture sur émail cru on entend l'application de couleurs analogues à celles déj;'! citées i la peinture sur couverte, sur un émail blanc stannifère cru, c'està-dire n'ayant pas été soumis à l'action du feu depuis son application sur le biscuit.
Les couleurs s'emploient à l'eau, et leur cuisson a lieu simultanément avec celle de l'émail.
II en résulte à la fusion une certaine homogénéité des couleurs et de la masse que donne rarement le procédé sur cuit.
1" Peinture sur émail cuit. Celte manière ne diffère de la précédente que par la cuisson de l'émail stannifère qui a lieu avant la peinture. Les couleurs sont souvent les mômes et s'appliquent à l'essence. Elles sont cuites à un feu voisin de la fusion de l'émail. Au point de vue du résultat, ce procédé est, croyons-nous, inférieur à tous les précédents.
A la suite de ces modes divers de peinture, citons comme complément à la décoration des poteries : les métaux et les lustres métalliques.
Quelques métaux, co:i.me l'or, l'argent, le platine (grâce à leur malkabilité et h leur inaltéra-
bilité au feu), sont employés en nature pour la décoration des poteries.
On les réduit d'abord en poudre par dos précipités, on les broie longuement à l'essence et on les applique au pinceau sur la couverte ou l'émail cuit. Apres une légère cuisson qui a pour but de les faire adhérer à la glaçure, ces métaux sont susceptibles d'un brunissage; pour cette opération on se sert du brunissoir en agate.
Par un procédé produit par nous pour la première fois, en ls7è, des métaux d'or ou de platine laminés ont été appliqués en feuille à l'état de paillon entre le biscuit et la couverte de faïence. Ces métaux ainsi emprisonnés sous une couche de verre sont rendus inaltérables et produisent dans leur emploi pour la décoration des effets d'une puissance qui ajoutent aux procédés ordinaires.
Les lustres métalliques sont généralement des métaux appliqués sur les glaçures ou les émaux en couche très mince.
Par le feu, ils reçoivent l'éclat métallique ou des nuances irisées.
Néanmoins, les lustres ou reflets métalliques sont aussi produits par des procédés nombreux et varii's, et très souvent les causes qui les ont provoqués sont restées inexpliquées.
Conclusion. — Comme on peut s'en rendre compte par l'exposé qui précède, les procédés employés dans le passé ont été retrouvés et sont tous mis en usage aujourd'hui.
De plus, étant donné les progrès de la science, on doit prévoir que, dans un avenir prochain, la céramique entrera dans une voie féconde en nouvelles et utiles applications.
Renonçant à la stérile imitation des œuvres des époques antérieures, elle se servira de tous les procédés employés jadis pour la création d'un art décoratif nouveau.
En même temps se multiplieront les applications ,'i la décoration des édifices de la céramique moderne, dont les tons riches et variés apportent à l'architecte, au décorateur un si puissant concours. C'est dans cet ordre d'idées que les couvertes colorées dans la masse doivent jouer dans l'art polychrome, par leur éclat et leur solidité, le rôle le plus important.
[Léon Parvillée et Achille Parvillée fils.]
rOL'DREA CA>0>'. — Connaissances usuelles, II-V. — Du jour où les hommes, qui n'eurent pas toujours pour premiers préceptes la concorde et la tolérance, eurent découvert le fen, ils durent songer ii l'utiliser pour procéder plus expéditivemeni à l'extermination de leurs semblables. Aussi dans tous les récits qui nous restent des âges anciens, et qui se réduiraient à un assez mince ensemble si l'on en retranchait ce qui a trait aux luttes entre les divers groupes d'hommes, voyons-nous intervenir ce terrible élément d'une façon plus ou moins efficace. Torches de résine par-ci, flèches incendiaires par-l.'i; et enfin, pardessus tout, ce fameux, ce mystérieux feu grégeois, qui de l'époque antique passe jusqu'aux temps modernes, sans que nul des historiens qui en constatent les redoutables effets nous ait légué des notions bien certaines sur la façon de le composer. A les entendre, c'est l'agent destructeur par excellence, c'est comme « vomissure d'enfer » à qui rien ne résiste; tout ce qu'il touche est consumé ; l'eau, qui éteint les autres flammes, avive, et même allume celle-là. Au total, et bien qu'au temps des croisades, époque où,paralt-il, la manipulation de cet ardent auxiliaire s'était notablement perfectionnée, on cite beaucoup de cas où les combattants en furent les uns très bien servis, les autres fort « dommages u, au total, disons-nous, le feu grégeois aurait encore causé plus d'épouvante que de mal réel. Qu'il ait incendié nombre