‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 266 sur 459 · PRÉHISTORIQUES · texte numérisé non relu

PRÉHISTORIQUES

■dant un nombre d'aniuins plus ou moins considérable, et (|ui entrent dans l'assolement des terres arables. Dans quelques régions, où la culture alterne est presque exclusivement adoptée, la production des fourrages est à peu près tout entière demandco aux prairies artificielles. Celles-ci sont divisées suivant les plantes qui les composent, ou bien suivant leur durée. C'est ainsi qu'on distingue d'une part les prairies artificielles de légumineuses et celles de graminées, et d'autre part celles qui sont vivaces, bisannuelles ou annuelles. Leur introduction dans les usages de la culture a été une véritable révolution pour un grand nombre d'exploitations; on a pu obtenir du bon fourrage en abondance sur beaucoup de points où l'on ne pouvait avoir de prairies naturelles. En fait, un bon terrain cultivé en luzerne ou en trèfle donne sensiblement plus de nourriture que s'il était en pré naturel, et sur des sols médiocres on obtient un produit que la prairie est incapable d'y donner.

Toutes les terres de la ferme sont tour à tour transformées en prairies artificielles. Suivant la durée qu'on donne à celles-ci, on les met dans l'assolement ou hors de l'assolement. Les soins de préparation consistent dans le nivellement du sol, l'enlèvement des pierres, le plombage, etc. Les semailles se font ensuite. Les principales plantes des prairies artificielles sont semées seules; ce sont, parmi les légumineuses, la luzerne, le trèfle, le sainfoin ; parmi les graminées, le ray-grass et le seigle. On se sert quelquefois de fourrages annuels pour protéger les plantes vivaces. Ainsi, avec la luzerne ou avec le sainfoin, on sème l'orge, le seigle, l'avoine, le brome, le sarrasin, la moutarde blanche, les fèves. La coupe de V'S fourrages annuels doime un précieux accessoire de la plante principale. En général, il convient de semer épais; les prairies formées dans ces conditions deviennent plus rapidement productives, demeurent garnies malgré les circonstances extérieures et donnent un fourrage fin et abondant.

On attribue quelquefois aux prairies artificielles fournies par des légumineuses, la qualification de plantes améliorantes. On suppose qu'elles laissent le sol plus riche, au bout de quelques années, que lorsqu'elles ont été semées. Aucune erreur n'est plus grave. Rien n'a jamais démontré que les plantes légumineuses aient le pouvoir, comme on l'a affirmé, d'absorber l'azote de l'atmosphère et d'en enrichir le sol. Ce qui est vrai, c'est que quelques-unes de ces plantes, notamment la luzerne, émeltent des racines très longues et vont puiser leur nourriture dans les couches profondes du sous-sol. Elles se nourrissent aux dépens de celles-ci, et quand la prairie artificielle est rompue, les feuilles et les racines qui se décomposent dans les couches superficielles enrichissent en effet celles-ci, mais non pas de la manière que l'on suppose, par une absorption de l'azote atmosphérique. Au bout d'un nombre d'années variable suivant les plantes et les sols, le rendement des prairies artificielles diminue; c'est surtout sur les luzernes que ce fait se produit. Cette diminution prouve que la fertilité du sol à l'égard des légumineuses n'est pas mdéfinie, et que, en dépit des fortes fumures, elle s'amoindrit à cause de la difficulté que l'on éprouve à faire pénétrer les engrais dans les couches profondi'S.

L'herbe des prairies artificielles formées par les légummcuses est mangée par le bétail en vert ou en sec. On fait du foin de trèfle ou de luzerne, comme du loin de prairie naturelle; seulement il faut prendre, au fanage, des piécauiions iifin de ne pas détacher de la tige les jeunes pousses et les feuilles, toujours délicatts. Quant à la consommation en vert, elle se fait soit à la pâture, soit à létable. Mais, dans ce cas, il faut encore prendre

des précautions spéciales. L'ingestion de l'herbe fraîche des prairies artificielles a parfois pour résultat d'occasionner des coliques oi des inétéorisations qui peuvent entraîner la mort des animaux. Surtout quand cette herbe est humide, il faut ne la faire consommer que graduellement et ne pas laisser les animaux paître trop longtemps dans les prairies de légumineuses.

Les principales plantes des prairies artificielles sont, parmi les légumineuses :

1" La luzerni? ordinaire (Medkago sativu), qui vient bien dans la plupnrt des climats, mais se développe surtout sous les climats chauds. Elle demande un sol profond, exempt d'excès d'humidité ou de sécheresse. Une luzernière dure le plus souvent de six à huit ans, en la fumant et en la sarclant. On peut en prolonger la durée pendant quinze à dix-liuit ans. 11 est convenable de ne la faire revenir sur le mémo sol qu'après un temps égal à celui pendant lequel elle y est resiée. Le rendement varie de 5 000 à 10 000 kilog. de fourrage sec par hectare : dans les prairies du Midi, fortement arrosées, il s'élève quelquefois jusqu'à 15 000 ou 18 000 Icilog.

2° La minette ou Inpuline, qui vient bien dans les sols secs et calcaires, et qui est remarquable par sa précocité. Elle dure généralement deux ans sur le môme sol. On l'associe quelquefois à la luzerne dans les terres légères.

'i" Le tièfle, dont trois espèces principales sont cultivées, l.a plus importante est le trèfle des prés ou trèfle violet, spontané en Franco. Le trèfle demeure dix-huit mois sur le même sol. Son rendement est de G 000 à lOnOO kilog. de fourrage sec par année. C'est un fourrage excellent, sain pour tous les animaux. Le trèfle rampant est le plus souvent consommé en vert. Il s'accommode des terres légères et môme de celles qui sont marécageuses. Le trèfle blanc est aussi cultivé, mais sur une petite échelle.

4° Le sainfoin, appelé esparcette, bourgogne, etc., et dont on distinguo deux variétés: le sainfoin à une coupe et celui à deux coupes, dont les tiges sont plus longues et les feuilles plus larges. Il dure de cinq à six ans ; son rendement est de 4000 à OOOO kilog. de fourrage sec par hectare et par an.

Les principales plantes de la famille des graminées avec lesquelles on fait des prairies artificielles sont les diverses espèces de ray-grass, le fromental, les agrostides, les vulpins, les pâturins, etc. Ces prairies durent plus ou moins longtemps.

Aux prairies artificielles se rattachent les cultures de plantes fourragères annuelles : le seigle coupé en vert, le mais fourrage, le trèfle incarnat, le lupin, la gesse, le mélilot, etc., ainsi que les culiures appelées dérobées, c'est-à-dire celles de plantes à croissance rapide qu'on dbtient entre deux plantes se succédant dans l'assolement. Les cultures dérobées sont surtout avantageuses dans les années de disette fourragère. Le sarrasin, le moha, la jarosso, etc., sont les plantes qui conviennent le mieux pour faire les cultures dérobées.

L'introduction des prairies artificielles en France remonte à plusieurs siècles; mais c'est depuis la dernière moitié du siècle dernier qu'elles ont pris de l'extension et permis d'augmenter, dans d'immenses proportions, les ressources fourragères des exploitations rurales. (Henry Sagnier.j

PIlÉllISToniQUES (Populations). — Géologie, IX. — On sait comment les travaux succssifs des archéologues ont fait revivre jusque duns les particularités les plus intimes les civilisations les plus anciennes dont l'histoire fasse meniion. L'art de déchiffrer les écritures antiques, hiéroglyphes, cunéiformes, etc., a étendu dans ce domaine le cercle de nos connaissances, et depuis

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