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PRÉHISTORIQUES

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qu'à la tradition se sont jointes ainsi des données vraiment scientifiques, l'iiistoire a pris un caractèrede précision etde certitude tout à fait nouveau. C'est comme une conséquence des trav.vix de celte nature qu'il faut considérer la découverte de ce grand fait qu'avant tous les peuples dont l'histoire ou les traditions nous ont conservé le souvenir plus ou moins vague, il existait déjà des hommes sur la terre. Cette notion en effet ressort d'observations directes, aussi indiscutab'es que les observations astronomiques, et elles doivent précisément ce caractère de démonstration à la méthode même qui les a fournies.

Quoique des témoignages éloquents de l'existence de l'honune préhistorique aient de tous temps éio à la disposition des observateurs, on s'est néanmoins refusé jusque dans ces dernières années à leur accorder l'intérêt qu'ils méritent, à leur attribuer leur vraie signification. Imbus d'idées fausses découlant de vieilles traditions auxquelles ils prêtaient une origine surhumaine, les naturalistes et le grand Cuvier à leur tète admettaient, comme une vérité dispensée de démonstration, que l'espèce humaine représente le dernier produit des forces créatrices; que de son apparition date la dernière des périodes géologiques, et que depuis lors rien d'essentiel ne s'est modifié à la surface de notre planète. En d'autres termes, Cuvier regardait comme évident qu il n'y a pas d'/wmmes /'ossi/es.

Pour bien comprendre la portée de cette grande question, quelques mots de géologie sont absolument néci.'ssaires. Les couches superficielles du globe consistent en terrains d'alluvions ou de transport. Ces alluvions sont postérieures aux terrains tertiaires, elles les recouvrent. On les partage en deux grands groupes appartenant à deux époques consécutives : les alluvions anciennes et les alluvions modernes. Ces dernières datent des époques historiques; les autres rentrent dans la série des terrains quaternaires, appelés aussi et très improprement terrains diluoicns oudi/uviutn. Or, à l'époque quaternaire vivaient de grands mammifères qu'on peut classer en trois catégories sous le rapport de la destinée qu'ils ont eue. Les uns ont traversé la période quaternaire et prolongé leur existence jusqu'à nos jours ; tels sont le bœuf, le buffle, le cheval, le cerf commun, le renne, l'aurochs, etc. Les seconds ont également survécu à l'époque quaternaire et ils sont aussi devenus contemporains de l'alluvion moderne, mais le principe de vie de leur espèce s'est épuisé avant le moment présent et leurs restes se rencontrent dans les dépôts les plus récents ; tel est l'élan aux grandes cornes dont on trouve les restes dans les tourbes d'Irlande et que même, dit-on, les Romains faisaient venir d'Angleterre. Enfin, les derniers n'ont pas dépassé l'époque quaternaire ; ils se sont éteints pendant sa durée. Tels sont l'éléphant pi'imitif, diverse^ espèces de rhinocéros, d'hippopotames, d'ours, de lions, d'hyènes, etc.

Le i/iluvium conserve les restes de tous ces animaux, tantôt soudés à des débris de roches par un ciment et formant avec eux les brèches qui remplissent certaines crevasse» du sol comblées par les alluvions anciennes; tantôt enfouis dans les cavernes ; tantôt perdus au sein des couches stratifiées. On trouve des os épars, des portions d'os, des dents, des têtes entières, des squelettes entiers, dans certains cas même des cadavres. Exemple, ce mammouth et ce rhinocéros trouvés en Sibérie.

Eh bien, quand on recherche s'il existe des hommes fossiles, la question est réellement de savoir si Ihomme a vécu en même temps que toute cette faune disparue ; s'il a été cojitemporain de ce grand mammouth dont le corps était couvert d'une toison composée de longs crins

noirs et d'une abondante laine rougeàtre ; s'il a rencontré dans presque toute l'Europe le lion, l'hyène et le grand ours des cavernes, le rhinocéros, l'hippopotame.

En d'autres termes, et en termes dont on comprend maintenant l'exacte signification, l'homme appartient-il à l'époque quaternaire?

C'est cette question que Cuvier, subordonnant la science à la tradition, résolvait négativement dans son célèbre Discours sur les riroiutiom du globe. C'est cette question qu'une foule d'observations ont fait entrer définitivement dans les faits les mieux démontrés.

Chose digne de remarque, ce qu'on découvrit d'abord, ce ne fut point des os, mais des vestiges de l'industrie humaine préhistorique.

Dès 1838, c'est-à-dire six ans après la mort de Cuvier, M. lioucher de Perthes, se fondant sur plusieurs ordres de considérations, émettait l'avis que le genre humain est antérieur à ce qu'on nommait alors la dernière révolution du globe. Où fallait-il en chercher la preuve? Là où l'on trouve les restes des animaux dont l'homme primitif aurait été le contemporain, dans le diluvium. La pensée que des silex travaillés pouvaient se rencontrer dans les terrains diluviens s'était présentée à notre auteur un soir de l'année 1828, en vue d'une carrière de sable, à l'extrémité du faubourg de Saint-Gilles à Abbeville. Cependant, aucun des cailloux qui gisaient à ses pieds n'offrait trace de main d'œuvre. Il en chercha qui eussent gardé l'empreinte de la main de l'homme, et les cliercha pendant des années sans succès. Quand enfin il en eut trouvé, il eut à lutter contre des résistances opiniâtres opposées à ses assertions par les idées préconçues des savants, et l'on doit rendre hommage à la fois au génie de M. Boucher de Perthes et à sa persévérance. U explora personnellement les déparlements de la Somme, du Pas-de-Calais, de l'Oise, de la Seine, de la Seine-Inférieure, une partie de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie.

Pour donner une idée de l'abondanco des silex taillés qu'il recueillit, disons que sur un parcours d'une dizaine de lieues, dans une vallée de la Somme, en moins de dix ans, plus d'un millier de haches furent extraites du diluvium, où elles gisaient avec des débris d'éléphants.

Aujourd'hui qu'on n'en conteste plus l'origine humaine, on constate entre ces silex et les instruments de maints sauvai;es contemporains une identité absolue, et c'est ainsi qu'on est parvenu à retrouver l'emploi do la plupart dos silex taillés antéhistoriques.

Les plus simples sont des lames étroites et minces que leur forme générale a conduit tout de suite à qualifier de couteaux. On en trouve dans les régions les plus distantes; les Mexicains en fabriquent de tout semblables en obsidienne ou verre des volcans et les utilisent comme excellents rasoirs. Pour les obtenir, un n'a qu à frapper avec une pirrre sur l'angle d'un bloc de silex ou d'obsidienne : la cassure, qui est d'abord semi-conoidale, devient bientôt tout à fait plane, et l'éclat séparé, qui peut atteindre 30 centimètres de longueur, offre uno section sensiblement triangulaire. Il résulte de là qu'un éclat parfait présente toujours un petit bulbe de percussio'i qui permet de le distinguer des pierres qui, accidentellement, auraient pu affecier une forme analogue. Après avoir ainsi enlevé par éclats les quatre angles primitifs du bloc supposé cassé, on peut traiter de la même manière hs huit nouveaux angles et ainsi de suite. U se produit ainsi un bloc de forme caraciéristi- (|ue, bien connu des antiquaires sous le nom da 7ntcleus, et dont les collections renferment de magnifiques spécimens.

■« U peut sembler très facile, dit Lubbock, de

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faire (ii.'S coit'enux; copoiirlant, quelques expârieiices convaincront quiconque voudra essayer, qu'il faut une certaine habileté pour choisir le silex. Il est donc évident que ces éclats de silex, quelque grossiers qu'ils puissent paraître, sont l'ouvrage de l'homme. Pour faire un éclat, il faut tenir fermement le silex, puis exercer une force considérable, soit par la pression, soit par la percussion; les coups doivent être répétés trois ou quatre fois, mais au moins trois fois, et portés dans certaines directions quelque peu différentes avec une certaine force définie, condition qui ne pourrait se présenter que fort rarement dans la nature; aussi quelque simples que puissent paraître ces éclats, à quiconque ne les a pas étudiés avec soin, un éclat de silex est, pour l'antiquaire, une preuve aussi certaine de la présence de l'homme ([ue l'étaient pour liobinson Crusoé les traces de pas empreints dans le sable. »

Il est manifeste qu'un grand nombre d'éclats ont servi comme scies, comme poinçons, et comme j pointes de flèches. Parmi ces derniers, on conserve ! comme échantillons purliculiérement démonstra- | tifs des ossements d'animaux fossiles dans la j substance desquels des pointes de silex sont solidement enchâssées. On peut voir au Muséum une vertèbre de renne qui est dans ce cas.

Ce n'est que vingt-cinq ans après les premières découvertes de silex taillés, et alors que leur origine humaine ne faisait plus doute pour personne,, que l'on découvrit des débris fossiles provenant de notre espèce.

Le 24 mars 186!, un terrassier travaillant à la carrière de Moulin-Quignon, près Abbeville, apporta à M. Boucher de Perthes un silex taillé et une dent fort endommagée. Débarrassée du sable qui la couvrait, cette dent fut reconnue pour une molaire humaine. Quelques jours après (VSmars), en préseni-e de M. Boucher de Perthes, qu'on était venu avertir q\ie « quelque chose ressemblant b un os paraissait dans le banc », la moitié d'une mâchoire humaine fut extraite du même terrain. A quelques centimètres de là, on trouva deux haches en silex, dont une brisée, et deux autres dents.

L'identité de couleur de cette mâchoire et des silex talllé.-i, avec le banc qui les contenait, couleur brune, presque noire, frappa tous les témoins qui étaient nombreux. Il fut d'ailleurs constaté avec le plus grand soin qu'il n'existait aucune fissure par où ces objets auraient pu pénétrer dans la couche diluvienne postérieurement à la formation de celle-ci. Le tout se trouvait à 4", bi de la surface du sol.

Comme on le conçoit, beaucoup de personnes se refusèrent à admettre la nouvelle découverte de M. Boucher de Perthes, et l'illustre géologue mourut même avant d'avoir convaincu tout le monde : M. Elle de Beaumont se signala parmi ceux qui refusèrent d'examiner les preuves de l'antiqilité de l'homme, et l'on pourrait citer d'autres naturalistes qui sont encore victimes du même aveuglement. Mais en même temps tous les savants actifs, ouverts aux idées progressives, soumirciU le fait à une vérification sévère et conclurent à sa parfaite authenticité.

On se rappela alors une foule d'anciennes découvertes auxquelles on n'avait pas cru devoir accorder d'attention, et qui prenaient subitement une importante signification.

Dès ISîll, par exemple, M. Ami Boue, qui doit être maintenant le doyen des gi';ologues, avait retiré de ses propres mains du lœss ancien et bien en place des environs de Strasbourg, une bonne moitié des os d'un scjuelettB humain : fémur, tibia, péroné, côtes, vertèbres, os métatarsiens, le tout en bon état de conservation. Le lœss du même âge avait fourni dans le voisinage des restes de mammifères éteints. Les échantillons soi-

gneusement étiquetés avaient été adressés i Cuvier, qui refusa de les examiner, regardant comme évident qu'il ne pouvait pas y avoir d'os humains vraiment fossiles et que M. Bouô devait être victime d'une erreur.

C'est en ISî-f aussi qu'on trouva dans le loess de Caberg, en Belgique, et â .Sin,ÎO au-dessous de la surface du sol, dans une couche intacte non remaniée, une mâchoire humaine pourvue de ses dents màchelières. La môme couche contenait en abondance des molaires, des défenses et des os d'éléphants, des os de rhinocéros, de bueuf et autres mammifères, des bois de daim, etc.

C'est peu de temps après que Tournai et Christol retirèrent des ossements humains du sol de plusieurs cavernes non remaniées et couvertes d'épaisses stalactites.

Nous n'en finirions pas si nous voulions mentionner tous les faits de ce genre, et surtout si nous voulions énumérer toutes les découvertes analogues faites depuis la trouvaille de Boucher de Perthes. Aujourd'hui, la démonstration si laborieusement faite est évidente pour tout le monde, et l'on sait beaucoup de chos.-s très précises, non seulement sur la structure des hommes préhistoriques, mais sur leurs usages et leurs mœurs.

Tout d'abord on constate que les populations préhistoriques ont constamment été en progressant. Au début elles ne connaissaient aucunement l'usage des métaux, et traversèrent une immense période dite àije de la pien-s, avant de parvenir à i'dge du bi-onze, puis à ^àge du fer qui se continue encore h présent.

L'âge de la pierre lui-même se subdivise également en périodes, caractérisées chacune par un degré spécial de perfectionnement de fabrication des outils, des instruments et des armes. Ces périodes sont au nombre do trois, désignées géuéra- , lement sous le nom d'époques de la pifrre éclatée, ' do la pierre taillée, et de la pierre polie.

La première fournit des instruments nombreux en silex, et ce qui la caractérise, c'est le mode opératoire p^r lequel ces instruments ont été obtenus. Il suppose l'existence simultanée de trois pierres, savoir : le percuteur, qui remplit l'office de marteau ; le nncleus ou matrice sur lequel on ; frappe; et Véclal que chaque coup détache. C'est la période la plus primitive, datant vraisemblablement non seulement du diluvium, mais même des assises tertiaires, et cependant certains peuples la traversent encore. Au premier abord, ce qui surj prend, c'est cette énorme quantité, signalée plus ! haut, des silex de cette époque; mais le fait s'explique précisément par l'observation des sauvages qui en sont encore h cette première étape de l'humanité. Ceux-ci ont-ils un animal à dépecer, une gazelle par exemple, voici comment ils s'y prennent : ils s'asseyent h terre, le gibier entra les jambes. .\ leur gauche est un nucléus, k leur droite un percuteur. Un coup du second sur le \ premier leur donne un couteau qu'ils emploient à faire une incision dans la peau du fauve. Mais le silex ne coupe bien que tant qu'il est tout frais; après quelques coups son fil s'émousse. Le sauvage le jette alors à sa droite, et le percuteur lui fournit un second couteau. Et ainsi do suite, le débit d'un animal un peu fort donnant naissance il ! tout un tas de couteaux émoussés. A chaque instant on retrouve de pareils tas dans les cavernes, , et l'on est porté à y voir les restes d'un atelier de ' coutellerie quand ce sont plutôt ceux d'un étal de boucherie.

Les outils et les armes appartenant à la deuxième époque, celle de la pierre taillée, ressemblent souvent à ceux de la période précédente, qui en sont comme les ébauches; mais c'est par un procédé tout autre qu'ils ont été obtenus. Ici, plus de nucléus d'où les éclats sont détachés. On

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choisit une pierre ayant plus ou moins la forme de l'objet qu'on veut tailler; puis, à petits coups de percuteur, on l'amène progressivement à l'état voulu. Le travail est donc beaucoup plus grand, mais les produits sont beaucoup plus parfaits et beaucoup plus variés.

Enfin la troisième époque, celle de la pierre polie, est un perfectionnement do la seconde, correspondant à la grande invention du polissage.

Si ces trois époques sont nettement caractérisées, comme on voit, il faut néanmoins remarquer que l'avènement de chacune d'elles n'a pas abrogé les prati(iues des précédentes.

Pendant l'âge de la pierre taillée et même pendant celui de la pierre polie, on a continué à se servir de pierres éclatées, qui seules fournissaient un tranchant suffisant pour certains besoins.

Bien plus, cette pierre éclatée est en usage, non seulement chez les sauvages dont nous pariions tout à l'heure, mais même parmi certains peuples relativement civilisés qui, comme les habitants du Mexique, font remplir h des éclats d'obsidienne l'office de nos rasoirs.

De même la pierre simplement taillée a toujours été employée pendant la période de la pierre polie, le polissage n'étant appliqué qu'à des objets de luxe.

Parmi lis formes les plus importantes d'objets appartenant à l'âge de la pierre, nous mentionnerons celles de haches, de racloirs ou grattoirs, de ciseaux, de scies, de pointes de flèches, de dagues, de pierres de fronde, etc. Outre l'usage pour la guerre et pour la chasse, les haches étaient, comme ies scies, employées à des travaux très variés, tels que le travail du bois qui entrait dans diverses constructions, comme il sera dit plus loin; les grattoirs devaient jouer un grand rôle dans la préparation des peaux dont les hommes se l'evêtaient.

Mais làge qui vient de nous occuper ne nous a pas transmis que des objets en pierre. Les caverne^, les tourbières et quelques autres gisements nous ont procuré des vestiges tout différents, au premier rang desquels il convient de citer des os travaillés. C'est ainsi que les bols de renne et les bois de cerf ont souvent été aiguisés à un bout de façon à se transformer en poinçons de diverses grosseurs; des os ont été h maintes reprises taillés en flèche^ parfois barbelées et pourvues de rainures semblables à celles que certains sauvages remplissent de poison; on connaît de même des harpons et des hameçons taillés dans des os ; enfin nous citerons des aiguilles fabriquées avec une perfection admirable et dont on peut voir des spécimens du plus haut intérêt dans les collections du Muséum et de Sainl-Gcrmain.

L'époque du bronze, qui correspond à une immense iiécouverte, celle de l'extraction des métaux, a fourni un très grand nombre d'armes et d'outils très variés et parfois d'une grande perfection de travail. Ce sont avant tout des haches, qualifiées de celtiques dans les collections, à côté desquelles ont été parfois découverts les moules en pierre où on les a fondues. Il faut citer également des poignards, des pointes de lance, des pointes de flèche et des épées remarquables à plus d'un tiire. Ces épées afl'ectent toujours plus ou moins la forme d'une feuille; elles sont i deux tranchants, très pointues et l'on devait s'en servir pour porier des coups de pointe plutôt que de taille. Elles n'ont jamais de garde; les poignées sont quelquefois solides, parfois elles sont très minci s et devaient alors être recouvertes de bois ou d'os. On a trouvé des centaines de hameçons de bronze. Los faucilles sont nombreuses; elles sont plates d'un côté et bombées de l'autre. Les couteaux de bronze ne sont pas rares ; ordinaire-

ment ils sont fixés à un manche d'os, de corne ou de bois, et la lame est toujours plus ou moins courbe.

Pour l'âge du fer, qui sert de trait d'union entre l'âge du bronze et les époques véritablement historiques, nous nous bornerons simplement à faire remarquer qu'il témoigne d'une découverte métallurgique considérable, le fer étant beaucoup plus difficile que le cuivre à tirer de ses minerais.

Les études dont les populations préhistoriques sont maintenant l'objet d'une manière si active, ne se sont pas bornées à nous révéler la nature de leurs armes et des outils mentionnes tout à l'heure. Elles ont jeté le jour le plus inespéré et le plus vif sur une foule de particularités intimes de l'existence de nos ancêtres. On sait à présent, dans beaucoup de cas, comment ils se logeaient, de quoi ils se nourrissaient, comment ils se fortifiaient contre leurs ennemis, comment ils ornaient leurs demeures et leurs personnes par de véritables bijoux; comment ils enterraient leurs inorls, et même jusqu'à un certain point l'idée qu'ils se faisaient de la mort. Nous dirons rapidement un mot de chacun de ces grands sujets.

Les premiers hommes ont profité, pour se loger, des cavités naturelles du sol connues sous le nom de cavernes. On est bien sûr d'avoir retrouvé plusieurs habitations de ce genre, par exemple à Louverné (Mayenne). Ce sont des grottes plus ou moins spacieuses, dont le toit est percé d'un trou pour le dégagement de la fumée, et au milieu desquelles persistent encore des restes de foyer. Ailleurs, cotnme à Laugerie iDordogne), l'homme préhistorique s'est contejité de l'abri offert par un rocher en surplomb. Il n'est pas douteux qu'il n'ait parfois construit des huttes en gazon, et c'est ce qui paraît avoir eu lieu à Solutré. Mais parmi les habitations les plus intéressantes par leur conservation, nous devons noter d'une manière toute spéciale celles dont on a trouvé les vestiges dans certains lacs, dans les Pyrénées et surtout en Suisse.

C'est en ]Shi, que ces dernières furent découvertes par M. Aeppli (de Meilen). En extrayant du lac de Zurich des boues destinées à engraisser des jardins, on ramena des pilotis, des cornes de daim et qu'lques instruments. Depuis lors les recherches se continuèrent et se multiplièrent et en même temps qu'une foule de particularités furent précisées, on arriva à détermmer l'âge des cilés /acus'res, qui datent évidemment de la période du bronze pour la plupart, et de celle de la pierre polie pour les autres.

On sait qu'il s'agit de villages construits sur des plates-formes supportées par de nombreux pilotis ; et dans plusieurs cas on a pu relever exactement sur un plan la situation de ceux-ci. La plate-forino portait des huttes circulaires construites en bois recouvertes en boue ; et l'on a retrouvé des morceaux d'argile employés pour ce revêtement. Il est évident que cette conservation tient à ce que la miiison ayant été détruite par le feu, l'argile a été durcie, cuite pour ainsi du-'', et préservée ainsi de l'action délayante de l'eau. Ces fragments portent d'un côté les marques de branches entrelacées; de l'autre, qui formait probablement le mur intérieur de la hutte, ils sont lisses. Quelquesuns de ces morceaux d'argile sont si grands et si réguliers qu'on a cru pouvoir conclure de leur étude que les huttes étaient circulaires et avaient de 10 à 15 pieds de diamètre (3 à .S mètres). Cette disposition est exactement celle qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours chez certaines peuplades sauvages. La ville de Bornéo est tout entière bâtie sur pilotis, et dilTérents voyageurs ont trouvé des habitations semblables dans la Nouvelle-Guinée, à Célèbes, à Solor, à Céram, à Minda- ^:

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