‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 268 sur 459 · PRÉHISTORIQUES — 1713 — PRÉHISTORIQUES · texte numérisé non relu

PRÉHISTORIQUES — 1713 — PRÉHISTORIQUES

iiio, aux lies Carolines ot dans bien d'autres enilniits.

Aux citc'îS lacustres doivent être rattachées les / i-i-^ininres do l'Italie, et les crnnnoges de l'ir- Liiide. Mais ces derniers, qui se composent d'Iles Il titicielles, étaient moins encore des habitations |iriiproment dites' que de véritables forteresses. Aussi nons conduisent-elles par un intermédiaire insensible aux fortifications proprement dites.

Parmi ces dernières nous devons, faute de place, nous borner à mentionner les foHs vitrifiés. Ceux-ci, dont on a des exemples dans la Creuse, dans l'Orne, dans les Côtes-dn-Nord, etc., sont de vastes constructions dont les matériaux ont été soudés entre eux par l'application d'une chaleur extrêmement considérable. Les plus remarquables sont peut-être celles du Pny-de-Gaudy, de Chàteauvieux et du Camp de Péran, dont les pierres sont du granit dont les éléments micacés et granitiques ont été plus ou moins complètement fondus.

L'étude des habitations préhistoriques a conduit tout naturellement à découvrir le régime alimentaire de leurs hôtes. C'est ainsi que beaucoup de stations de l'âge de pierre ont fourni des os humains calcinés et brisés de telle sorte qu'il est absolument démontré que les peuplades qui les ont abandonnés étaient anthropophages. L'une d'entre elles habitait, aux portes de Paris, la région maintenant si paisible de Villeneuve-Saint- Georges. Avec les os humains se rencontrent les os plus ou moins cuits d'animaux évidemment mangés : rennes, ours, bœuf, cheval, etc. Dans les habitations lacustres on recueille de même des arêtes de poissons, les os du cerf, du bœuf, du cochon, de la chèvre, du mouton; et ces derniers montrent que les premiers naturels des lacs de la Suisse étaient pasteurs. On sait aussi que l'agriculture ne leur était pas absolument inconnue, et c'est ce qu'a démontré d'une manière bien inattendue la découverte de céréales carbonisées : le blé est le plus commun, l'orge l'accompagne souvent. Une découverte encore plus remarquable fut celle du pain nu plutôt de gâteaux, car le levain paraît avoir été inconnu. Ces gâteaux sont plats et ronds. Le grain qui a servi h les préparer semble avoir été rôti, grossièrement écrasé entre des pierres taillées exprès, puis conservé dans de grands pots de terre et mangé après avoir été légèrement humecté. Dans certains lacs on a trouvé des pommes et des poires carbonisées, quelquefois entières, quelquefois coupées en deux, ou plus rarement en quatre morceaux, mais évidemment séchées et conservées pour l'hiver : ces fruits sont petits et ressemblent à ceux qui poussent sauvages dans les forêts de la Suisse. On a trouvé des noyaux de prunes sauvages et des quantités considérables de pépins de framboises et de mûres, ainsi que des coquilles de noisettes et de faînes.

pri autre grand ensemble d'informations sur le sujet qui nous occupe a été fourni par les kjnkkfnmSddinijs (en français : driris de cuisi ,e} du Danemark, de l'Ecosse et du nord de la France. Ce sont des dépôts de coquilles et d'os qu'on ne pouvait inanger et qui, accumulés comme de véritables tas d'ordures autour des tentes et des huttes, tinirentparformerdesmonticulcsayant ordinairement de3 i 5 pieds et quelquefois Ui pieds de hauteur, sur une longueur de plus de :iiiO mètres et sur une largeur de 100 à 200 pieds. On trouve ces amas de préférence au bord de la mer, et ils sont en général composés surtout de coquilles d'huîtres ou d'autres mollusques, mais ils ont fourni aux collectionneurs des débris innombrables qui ont jeté beaucoup de lumière sur les coutumes et la civilisation des populations qui les ont déposés. Le3 coquillages les plus fréquents sont, avec 1 liuitre, la coque, la moule et la littorine ; on a 2' Partie.

reconnu des restes de liareng, de morue, de limande et d'anguille ; de cerl, de chevreuil, de sanglier, de bœuf, de renne et de divers autres mammifères parmi lesquels le chien, qui parait avoir été utilise comme aliment et n'avoir pas encore été domestiqué, (cependant on a remarqua que parmi les os des kjokkenmoddings ne se trouvent jamais ceux que mangent les chiens, ce qui ferait croire que celui-ci vivait constamment avec l'homme. Ces amas de cuisine paraissent dater de l'âge de la pierre, antérieurement à l'invention du polissage.

Un fait des plus intéressants est que, dès l'aurore de l'humanité, nos ancêtres ont eu des goûts artistiques. C'est par centaines en effet qu'on peut compter les pièces gravées ou dessinées fournies par les divers gisements préhistoriques. On peut voir par exemple au Muséum un fragment de défense de mammouth, qui porto, gravée au trait, la représentation du même animal. Cette œuvre d'art, qui datait de l'âge de pierre et qui a été découverte dans la caverne de la Madelaine, est d'une exactitude admirable qu'on a pu apprécier par la découverte faite à la fin du siècle dernier de mammouths conservés dans les glaces de la Lena. A côté existe sous nos vitrines une tête de renne gravée sur une plaque de schiste. De même on conserve des portraits du cheval, de l'ours des cavernes, du renard, du cochon, du bœuf musqué, du phoque, de la fougère, du sapin et môme de l'homme. C'est ainsi qu'on a trouvé â Laugeriebasse un véritable tableau représentant un jeune chasseur poursuivant un aurochs. De la RocUebertier (Charente) on a une tête humaine gravée sur un bois de renne. Un autre bois de renne trouvé à la Madelaine représente une femme suivie par un serpent et entourée de têtes de chevaux. ^

Evidemment 'ces représentations constituaient des ornements. C'est à côté d'elles qu'il faut mentionner de singuliers objets consistant en bois de renne finement gravés et percés de trous, et qu'on désigne généralement sous le nom de tiâtons ae curnma7ideinent.

Les hommes primitifs nous ont transmis beaucoup d'autres genres d'ornements ; ce sont des dents et diis coquilles percées et évidemment disposées pour être suspendues soit seules, soit réunies, en colliers et en bracelets. A l'âge du bronze appartiennent des bracelets, des épingles et des pendeloques dont beaucoup sont véritablement artistiques.

Certains faits conduisent à penser que les hommes de l'âge de la pierre se tatouaient le corps comme font encore tant de sauvagoscontemporains. Dans une foule de cavernes on a trouvé do petits fragments de sanguine propres à cet usage et accompagnés d'un galet de silex destiné à les broyer, comme le prouvent les traces de matière colorante restées dans ses cavités. Ailleurs on a trouvé des fragments de manganèse, de cinabre, d'ocre, de graphite. On est d'autant plus certain de l'application qu'avaient ces substances colorantes, qu'une gravure antéhistorique représente la main et le bras d'un homme dont lavant-bras est marqué d'un quadrillage assez régulier qui ne peut figurer que lo tatouage.

L'homme de la pierre faisait de la musique. Les phalanges de cerf ou de renne percées de manière h devenir des sifflets, découvertes dans une foule de cavernes, devaient servir d'appel pour la guerre ou pour la chasse. M. Piette a même découvert une flûte en os à deux trous.

Enfin, relativement aux sépultures et aux honneurs rendus aux morts, les trouvailles archéologlqu"S ont procuré beaucoup de détails. Souvent les cadavres étaient déposés dans des cavernes dont la porte était soigneusement fermée avec des dalles de pierre afin d'en écarter les bêtes de

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