‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 269 sur 459 · PRÉPOSITION · texte numérisé non relu

PRÉPOSITION

proie. Avec le défunt étaient enfermés des armes et des quartiers de viande, ces derniers pour lui servir de provisiotis pour le grand voyage, les autres pour lui permettre de continuer dans l'autre monde ses chasses et ses guerres ; et ces rites, identiques à ceux des Peaux-t'ouges actuels, montrent que nos premiers ancêtres avaient foi dans une vie future.

Dans maintes localités on reconnaît qu'en de- 1 hors des cavernes funéraires se trouve un foyer entouré de débris d'animaux; ce qui prouve que l'inhumation était accompagnée de repas, comme ^ l'usage s'en est perpétué dans tant de pays.

Les célèbres monuments mégalitliiques connus ; sous les noms de dolmens, de menhirs, de cromlechs, d'allées couvertes, dont les druides se sont servis sans en savoir l'orighie, sont aussi des tombeaux. Toutes les fois qu'on y a fait des fouilles, on en a extrait des vestiges des époques antéhistorique»

Enfin, des cadavres entiers, surtout de l'âge de bronze, et même de l'âge de la pierre, ont été retirés de certaines tourbières dont la substance éminemment antiseptique s'oppose à la décomposition putride. C'est ainsi qu'on a découvert en Irlande le corps d'une femme chaussée de sandales et qui était à peine altéré, et c'est ainsi encore que dans le musée de Copenhague se trouvent des vêtements entiers provenant des auteurs mêmes des kjokkenmôddings.

Gomme on le voit par le très rapide résume qui précède, l'histoire primitive de l'homme, commencée depuis si peu de temps, a déjà réalisé des progrès immenses, et si les conquêtes faites nous répoiidentde l'avenir, on doit compter qu'un jour nous connaîtrons l'histoire de nos premiers ancêtres jusque dans les particularités les plus intimes. [Stanislas Meunier.]

PRÉl'OSITIO?f. — Grammaire, XVII. — La préposition est un mot invariable qui sert à unir deux mots en marquant le rapport qu'ils ont. entre eux. Ex : Le livre de Paul ; — utile à l'homme. I>e et à sont des prépositions.

Préposition vient du latin pnepoiitio [prse, on avant; posilio, position).

Quand nous disons : il vient de Paris, nous réunissons les deux idées de ve7ur et de Paris par un lien qui les rattache l'une à l'autre et marque leur dépendance. Ce mot de qui sert à rapprocher, h mettre en contact, en rapport deux idées isolées, s'appelle une préposition.

Les principaux rapports exprimés par les prépositions sont au nombre de cinq. Ce sont les rapports :

r De tendance ou d'éloignement : à, de, envers, pour ;

2" De cause, de propriété, d'origine : de, pur, pour;

3° De manière, de moyen : avec, de, par, selon, sajis, hors, Iwi-mis, outre, malgré;

4° De temps : avant, après, dès, depuis;

5° De lieu : à, dans, en, de, chez, devant, derrière, sur, sou<;, vers, entre, parmi, voici, v ilà.

Il est difficile de classer d'une manière absolue les prépositions selon le rapport qu'elles expriment, car ces rapports varient presque à l'infini, et la plupart des prépositions changent même de sens selon les mois qu'elles servent à réunir. Ainsi à peut marquer l'î/itoî/ion : j'écris à ma mère; Vclo-gnement : j'ai arraché une branche à cet arbre ; le lieu oii l'on est : je suis à Paris ; le lieu où l'07i va : je vais à Paris; le tnO'jen, la. manière : à raconter ses maux, souvent on les soulage, etc.

Remarque. — I" Il ne faut pas confondre à, préposition, avec a, troisième personne du singulier du verbe iwoir; à, préposition, est marqué d'un acrent i;rav<' : il monte à cheval; a, Vcrbe, n'a pas d'accent : il a un livre.

2° Dés, préposition, prend un accent grave : il se lève dès l'aurore; des, article contracté, n'a point d'accent : les feuilles des arbres.

Les prépositions formées d'un seul mot, comme à, lie, dans, etc., sont dites prépositions simples. Les prépositions formées de deux ou de plusieurs mots, comme quaiit à, au-desSus de, etc., sont dites lovutions prépOsitii:es.

FoRMATio.N DES PRÉPOSITIONS SIMPLES. — Le français a reçu du latin le plus grand nombre de ses prépositions simples, mais il en a formé lui-même plusieurs, à l'aide des noms, des adjectifs et des verbes français.

Les prépositions simples que nous tenons directement du latin proviennent :

1° Soit de prépositions latines simples, comme à (ad;, de (de), con/;-e icontra), en (in), entre (inter), outre (ultra), pour (pro), sans (sine), sur (super), sus (sursum), sous (subtus) ;

2° Soit de la réunion de deux prépositions latines simples, comme avant (de ab et ante], envers (de in et de versus, vers) ;

3° Soit de substantifs latins, comme parmi [per mi'diwn, littéralement par le milieu). Chez vient du latin casa (maison). La locution latine in casa devint dans noire ancienne langue en chez; on disait au treizième siècle il e^l en chez Gautier (est in casa Walterii). La préposition en disparut au quatorzième siècle et on dit alors comme aujourd'hui : il est chez Gnulier.

4» Soit de participes passés latins, comme près (du participe />/tiSM'«, qui est pressé, serré contre etc.).

La langue française a tiré de son propre fonds des prépositions nouvelles à l'aide des substantifs, des adjectifs et des verbes.

1° Du substantif: malgré (composé de l'ancien

adjectif ". a/, mauvais, etilu substantif jî-(!, volonlé;.

i° De l'adjectif : sauf (que nous retrouvons duns

sain et sauf). Ex. : sauf mes intérêts (c'est-à-dire

tnes int':iéti étant snufs).

3° De l'impératif : Doîci, voilà ipour vots ict, vois lu. Ces mots sont composés des adverbes ci et là et de voi. ancien impératif du verbe voir, yoici le lo.p signifie donc proprement : voyez ici le loup, ou le loup est ici, voyez-le.

Void annonce ce qu'on va dire ; votlà rappelle ce qu'on vient de dire : Voici ce que je vous apporte : une histoire, une grammaire et un atlas. — La prudence et la sagesse, voilà ce que Salomon demande à Dieu.

4" Des participes passés : attendu, excepte, passé, sicpposé, vu. Ex. : Attendu sa faiblesse ; excepté cette femme, etc.

Il faut y ajouter hormis, qui était dans le vieux français hor-mis. c'est-à-dire mii hors. Dans cette locution, le participe tms était variable; on disait au treizième siècle : Cet homme a perdu tous ses enfants, hors mise sa fille. Au quinzième siècle, le participe mis s'est soudé à l'adverbe Ivjrs, et la locution hors mis est devenue à son tour une préposition.

5- Des participes présents : durnnt, pendant, suivant, Imchunt, moyennant (part, présents des verbes durer, pendre, etc.). E.x. : Hurant le jour; pendant le procès; c'esl-à-dire le jour durant, le procès étant pendant. . .

Le vieux français plaçait souvent le participe avant le nom auquel il se rapporte dans certaines tournures équivalentes à l'ablatif absolu des Latins : L'esclave fut jeté au feu, vouant le roi, c'est-à-dire, en présence du roi, le roi le voyant, vidente reije. — Une des parties vint à mourir pendant le procès, c'est-à-dire le procès étant pendant, pendente re).

De même, on aurait tort de voir une inversion dans sa lie durant; durant sa vie est au contraire l'inversion véritable.

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