‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 274 sur 459 · PRIMITIFS (TERRAINS) — 1721 — PRIMITIFS (TERRAINS · texte numérisé non relu

PRIMITIFS (TERRAINS) — 1721 — PRIMITIFS (TERRAINS

•dans les parties inférieures. — G7i(^i.is. Mélange d'ortliosp,' de mica et do quartz ; laminaire ou grenu ; porpliyroide par la présence de gros cristaux d'ortliosc ; scliisloide, roiigeâtre, gris ou noirâtre. Forme les parties inlérieures du terrain primitif : Limousin, Lyonnais, Vosges, Saxe, Suède, etc.

Micusihiste ou micacite. Mélange de mica et de quartz, laminaire ou grenu ; scliistoîde gris ou noirâtre, rarement blanchâtre ; cristaux accidentels d'ortliose, grenat, anipliibole, tourmaline, pyrite, etc. Forme les parties moyennes du terrain primitif : Limousin, Pyrénées, Vosges, Alpes, Saxe, Scandinavie, États-Unis. — Macline. Micaschiste dans lequel le quartz est remplacé par la macle ; grenu noirâtre, en grandes assises dans les micascliites et talscliistes des Pyrénées.

Talscldstrt ou Illicite. Talc scliistoîde ou compact, vert ou gris, rougeàtre par décomposition, parfois rendu porpliyroide par des cristaux ou des noyaux de quartz, d'ortliose ou d'albile, cristaux accidentels de grenat, staurotide, pyrite, etc. ; en grandes assises formant les parties supérieures du terrain primitif : Plateau central, Bretagne, Vosges, Alpes, Pyrénées, 8axe, Ecosse, Scandinavie, etc. — l'rotoyiiie. Mélange de talc et d'ortliose avec quartz ; laminaire ou grenue, d'apparence granitique ; parties porpbyroides par la présence de gros cristaux d'ortliose ; stratifiée en grand ou f-chistoide ; gris verdâtre ou rougeàtre, parties accidentelles de mica, chlorite. En grandes assises au milieu des talschistes : Alpes formant le massif du mont Blanc et ce point culminant de l'Europe; Tyrol; celle d'Algaiola on Corse a fourni le soubassement de la colonne Vendôme â Paris.

Entilwtide, serpentine. AmphihoUte, diorife. Stratifiées, dans les diverses assises. — V. PLulo7iie7\s (Terrains).

Quarizite. Quartz grenu ou compact, renfermant assez souvent du mica ou du talc qui le colore en gris ou verdâtre. Stratifié, en grandes assises dans les parties moyennes et supérieures partout où il se rencontre ; un quartzite talcifère appelé itucolumile est le gîte originaire de l'or au Brésil.

Calcaire cristallin. Laminaire ou grenu, formant des assises dans les micascliistes et surtout les talscliistes du terrain primitif. Il donne les vrais marbres blancs de Paros â gros grains et de (Jarrare à prains fins, et, diversement coloré, un grand nombre d'autres marbres. — Le cipolin est le môme calcaire mélangé de mica ou de talc. — Dolomie. Laminaire ou grenue, blanchâtre, grisâtre: Bagnères-de-Bigorre, Saint-Gothard, etc.

Après avoir énuméré les principales espèces de roches qui se rencontrent dans les terrains primitifs, il nous reste à indiquer les st/siémes formés par les espèces les plus importantes.

Système du gneiss. — C'est la plus importante des divisions du terrain primitif, et celle qui mérite le mieux le nom d'otage qu'on lui donnait généralement avant l'introduction des doctrines du métamorphisme, car on ne peut lui contester d'être le terme le plus inférieur des terrains stratifiés. Ce système parait avoir une composition moins compliquée que les deux divisions suivantes ; cependant la diminution ou la disparition de l'un de ces éléments, les cliangements qu'éprouve leur mode d'agrégation, et quelquefois enfin l'accession de principes étrangers déterminent l'existence de roches qui portent des noms différents dans la nomenclature. C'est ainsi que, quand le mica disparaît, le gneiss passe au leptynite et à l'eurite, et si les feldspatlis sont remplacés par du quartz, on a du micaschiste, sans compter que ce système renferme aussi des bancs subordonnés de calcaire, d'amphibolo, etc. Mais

c'est surtout avec le granité que le gneiss présente des liaisons et des mélanges; non seulement ces roches se lient si intimement qu'il est parfois impossible de dire où commence l'une et où finit l'autre, ce qui se conçoit d'autant plus facilement que la composition des deux roches est à peu près la même, et que la difi'érence entre le système du gneiss et le terrain granitique consiste principalement dans la stratification de l'un et la structure massive de l'autre, caractères que les nombreuses fissures et les altérations qui ont ordinairement lieu vers le point de contact rendent très difficiles à reconnaître ; d un côté, on trouve des fragments de granité intercalés dans le gneiss et plus souvent des fragments de gneiss dans le granité.

SvsiÈME ru MicAscniSTE. — Celui-ci, que l'on a souvent désigné par la dénomination de formation du schiste micacé (Gliminerschiefer), est très répandu dans la nature et a beaucoup attiré l'attention des géologues et des mineurs, â cause des nombreux filons métallifères qui le traversent. Les micas, qui, comme on sait, sont l'élément dominant du micaschiste, diminuant quelquefois ou disparaissant même, la roche devient du quartzite micacé ou même du quartzite à peu près pur ; d'autres fois, les feldspatlis remplaçant tout ou partie du quartz, la roche passe au gneiss. D'autres éléments se développent aussi dans ce système et y forment même des bancs subordonnés, notamment le calcaire, qui est souvent blanc passant au bleuâtre, à texture saccharoïde. On peut aussi citer du gypse, de la karstcnite, de l'amphibole schistoide, etc.

Système des talschistes. — Le système où domine cette roche est souvent désigné par les dénominations de schiste talqneux on slèaschiste ;i\ aété quelquefois confondu avec le système des micaschistes, parce que ces deux rocliessont fréquemment difficiles à distinguer et passent de l'une â l'autre. Les stéaschistes passent également et peut être plus souvent au quartzite talqueux. D'autres fois les talschistes renferment du feldspath et passent â la protogine. On a même rapporté à ce système la grande niasse de protogine qui forme la cime et le noyau du mont Blanc, dans laquelle de Saussure a cru reconnaître une stratification, mais que plusieurs sont maintenant portés à considérer comme un immense culot appartenant au terrain granitique. Cette môme roche forme sur les pentes, au milieu des neiges éternelles, le rocher des Grands-Mulets où viennent coucher les voyageurs qui font l'ascension du mont Blanc.

Au Canada, dans des roches cristallines,' micacées ou talqueuses, formant ce qu'on appelle le ieri ain laurenlien, on a rencontré des masses calcaires cristallines dans lesquelles on a cru reconnaître les traces d'un organisme fossile qu'on a désigné sous le nom <\' liozoon canidense ; ce serait le premier animal qui aurait apparu à la surface de la terre.

Les terrains primiiifs constituent la base sur laquelle reposent tous les terrains sédimentaires; ils se montrent en France dans les six régions suivantes : le Plateau central, la Bretagne, les Vosges, les Alpes, les Maures et les Pyrénées : les cinq dernières sont disposées circulairement autour de la première.

Dans le Plateau central, au milieu des gneiss, ily a à Eymoutiers, à Savenne, à Mauriac, des amas contemporains de calcaire saccharoïde gris souvent micacé ; le fer oxydulé, à Villefranclie d'Aveyron,y forme des amas lenticulaires exploités ; près de Saint-Pons, au milieu de talschistes et de calcaires, se trouve du fer oligiste renfermant de l'or natif.

Les montagnes voisines de Carrare présentent

PROBOSGIDIENS

PROBOSGIDIENS

les trois coupures naturelles de Ravaccione, Canal-Grande et Colonnata. O'est de la première que l'on lire le marbre statuaire le plus renommé aujourd'hui; il ne se vend pas moins de 20 francs la palme (cube de 0",V5 de côté, soit 1280 francs le mètre cube, sur les lieux et h pied-d'œuvre ; en remontant, on rencontre à Polvaccio une ancienne carrière romaine qui a fourni jusqu'à ces derniers temps nn marbre statuaire très renommé : c'est de là que les Romains ont tiré le marbre du Panthéon, de la colonne Trajane, des arcs-de- triomphe de Titus et de Septime Sévère, et aussi celui de l'Apollon du Belvédère. Les marbres blancs du tombeau de Napoléon, une des constructions modernes qui en ont consommé le plus, ont été tiré-; de Colonnata qui a aussi fourni beaucoup de marbre aux Romains. L'exploitation du marbre est de beaucoup plus importante à Carrare que dans les localités marbrières voisines, Massa et Serraveza. A Carrare le nombre des ouvriers directement attachés aux carrières est de 5 SGO environ. Un millier d'hommes sont, en outre, employés au transport, à l'expédition et à la mise en œuvre des marbres. Près de la moitié de la production totale va aux Etats-Unis, le pays qui consomme le plus do pierre de Carrare.

Les gneiss et les micaschistes renferment fréquemment des liions de quartz et de baryte sulfatée métallifères parmi lesquels on exploite princip.ilement de la galène à Pontgibaud, à Vienne et à Villffort. Près de Brioude et de Florac, il y a plusieurs filons quartzeux contenant de l'antimoine sulfuré en veines compactes, irrégulières ou en taches fibreuses. A Vaulry près de Limoges et à Moutebras, il y a de petits filons stannifères.

Le sol formé par le terrain primitif présente des contours arrondis, mais le plus souvent les sommités sont aiguës, déchirées et dentelées, en raison de l'inégale désagrégation et décomposition des divers strates qui les composent; les vallées sont étroites et profondes, et présentent fréquemment, sur les flancs, des arêtes saillantes plus ou moins inclinées qui indiquent la stratification ; la désagrégation et la décomposition des roches marchent lentement en général. Le sol primitif, le plus souvent stérile, est envahi par les genêts, les ajoncs et les bruyères ; l'absence du calcaire fait qu'il ne convient pas à la culture des céréales, excepté à celle du seigle ; aussi les remplace-ton le plus souvent par le sarrasin. Les châtaigniers prospèrent presque partout sur le Plateau central et offrent de grandes ressources pour la nourriture de ses habitants. Les pins et les sapins occupent les parties élevées de la plupart des régions. [V. Raulin.; PRIS.ME. — V. P-dyédres et Lumière.

l'ROBOSCIDIEIVS. — Zoologie, X. — Les Proboscidiens ou Eléphants étaient jadis rangés dans l'ordre des Pachvdermes; mais, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, ce dernier groupe assez hétérogène a été démembré par les naturalistes modernes (V. Pachydermes], et les Proboscidiens constituent maintenant, dans la classe des Mammifères *, une subdivision de même nature que celle des Jumentés * ou celle des Porcins *.

Dans la nature actuelle les Proboscidiens ne comprennent plus que le seul genre Eléphant, mais jadis ils étaient représentés, même dans nos contrées, par les Mastodontes et les Dinotlienum qui ont laissé leurs ossements dans les terrains tertiaires.

Les Eléphants sont des mammifères de très grande taille, dont le corps massif est porté sur des pattes robustes, terminées chacune par cinq doigts, et dont la tête est munie d'une énorme trompe préhensile, constituée par un prolonge-

ment des os du nez. Cette trompe est creusée de deux canaux parallèles qui continuent les cavités nasales; elle renferme dans ses parois de nombreuses fibres musculaires, et porte à l'extrémité un petit appendice en forme de doigt. Grâce à

I cette disposition, elle est assez forte pour déreciner un arbre, et en même temps assez délicatement conformée pour saisir la nourriture et la porter à la bouche, aspirer une certaine quantité de liquide, défaire le nœud d'une corde ou même ouvrir une serrure; en un seul mot elle remplit à très peu près le rôle d'une main.

De tous les mammifères les Eléphants sont ceux dont la tête a le plus de hauteur verticale, grâce à un renflement considérable des portions supérieure, temporale et postérieure du crâne. Pendant longtemps les naturalistes ont pensé qu'à ce développement inusité de la boite crânienne correspondait un volume extraordinaire de substance cérébrale et une intelligence exceptionnelle; mais on sait aujourd'hui que l'élévation du crâne chez les Eléphants provient de l'existence de grandes cellules creusées dans la substance même des os, et que l'espace réservé au cerveau est relativement très petit, plus petit même que

I chez le cochon, qui passe cependant pour un ani-

I mal stupide. Il ne faudrait pas néanmoins tomber dans l'excès opposé, et, après avoir considéré

■ les Eléphants comme les mammifères les plus intelligents après l'homme, les relégui'r au rang des brutes : bien au contraire, les récits des voyageurs nous apprennent qu'en Asie on fait exécuter à ces animaux divers travaux qui nécessitent non

; seulement une grande dépense de force, mais encore l'exercice de certaines facultés intellec-

j tuelles.

Dans leur aspect extérieur les Eléphants sont

! des êtres fort disgracieux; leur tête énorme n'est éclairée que par deux très petits yeux qui semblent percés à la vrille, à côté de deux oreilles retombant comme de larges feuilles. Le cou est si court que les mouvements de la tête sont fort circonscrits et que l'animal, si la nature ne l'avait doué d'une trompe, serait dans l'impossibilité absolue de cueillir les feuilles des arbres, comme le fait la girafe, ou de brouter l'Iierbe à la surface du sol, à la manière des Jumentés et des Ruminants *. Le corps, gonflé comme un ballon, est posé pour ainsi dire sur quatre robustes piliers, et couvert d'une peau très épaisse, dénudée, crevassée, calleuse et d'un gris sale ou noirâtre. Enfin les doigts sont garnis de sabots assez informes qui, dans la marche, touchent à peine la surface du sol, la vaste plante des pieds étant garnie en dessous d'un cuir épais comme une semelle. Les mâchoires sont dépourvues de canines, mais elles poi tent de larges molaires dont la couronne est hérissée de saillies d'émail diversement disposées; en outre la mâchoire supérieure porte deux longues dé/enses, c'est-à-dire deux incisives qui font saillie hors de la bouche et qui s'accroissent pendant toute la durée de la vie de l'éléphant. Ce sont ces défenses qui fournissent l'ivoire si recherché dans l'industrie. Leur développement a pour conséquence une élévation des os intermaxillaires et des os maxillaires et un raccourcissement des os du nez. Les autres parties du squelette sont moins singulières, et les os des membres ont môme, avec les pièces correspondantes du squelette humain, des analogies lointaines ; et, pour le dire en passant, ceci nous explique comment, à une époque assez rapprochée de nous, des personnes peu versées en histoire naturelle ont pu prendre pour des ossements de géants grecs ou gaulois, des ossements de mammouth découverts dans le sol sur divers points de l'Europe.

A l'époque actuelle on ne connaît plus que deux

PROGRESSIONS

PROGRESSIONS

espèces d'Eli^pliants : VEléphant. /l'Afrique [Elephas ijfricanu^), et VElcplimit d'Asie {Elep/ias indiens) qui se subdivise peut-être en plusieurs races distinctes. L'Elépliant d'Afrique atteint sans doute une taille aussi considérable que l'Eléphant d'Asie, mais il a les oreilles beaucoup plus grandes, la tète plus arrondie, le front convexe et les molaires garnies sur leur couronne de lames saillantes disposées en losanges. Il habite la plus grande partie du continent africain, depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'à l'Abyssinie et au Sénégal, mais aujourd'hui il est devenu fort rare dans la partie méridioiiale, par suite de la chasse active qui lui a été faite par les nègres et par les Européens, (ians le but d'obtenir ses défenses. L'Eléphant d'Asie a les oreilles relativement assez petites, la tête allongée, le front concave et les molaires pourvues de rubans d'émail ondulés. Il se trouve non seulement dans l'Inde et dans l'Indo- Chine, mais à Coylan, à Célèbes et dans les îles de la Sonde. Suivant les localités il offre, dit-on. des variations assez grandes pour qu'un œil exercé puisse reconnaître diff'érentes races, et dans des cas assez fréquents il peut être atteint d'albinisme. Dans l'Inde et surtout dans le Pégu et le royaume de Siam, ces éléphants blancs sont tenus en grande vénération et considérés comme les rois de leur espèce. En Asie on ne tue pas les éléphants, comme en Afrique, pour avoir leurs défenses, mais on s'efforce de les prendre vivants diins des pièges, et on les réduit à une domesticité plus ou moins complète. On les emploie comme bêtes de somme, pour porter soit des bagages, soit même des espèces de pavillons richement ornés dans lesquels peuvent monter plusieurs personnes. En avant, sur le cou de l'animal, est assis un conducteur ou corna': qui dirige l'éléphant avec la voix ou le stimule au moyen d'un aiguillon. Quelquefois aussi les éléphants sont dressés à rouler ou à entasser avec leur trompe de lourds madriers, ou bien ils sont attelés à des pièces d'artillerie de campagne.

Les anciens se sont déjà servis dans leurs guerres d'éléphants dressés, et chacun sait quelle terreur les Romains éprouvèrent quand, dans la campagne contre Pyrrhus, ils se trouvèrent en présence de ces animaux gigantesques ; mais bientôt ils s'habituèrent à la vue de ces monstres et songèrent à leur tour à en tirer parti : Végèce nous apprend que les éléphants figurèrent avec honneur dans la guerre entreprise contre les rois de Macédoine et de Syrie, et Valère Maxime rapporte qu'au temps de Sévère il y avait encore trois cents de ces animaux dans les arnici-s impériales. On sait enfin qu'Annibal emmena avec lui trente-sept éléphants quand en 2lx av. J.-C. il quitta Cartbagène pour envaliir la Gaule méridionale et l'Italie. De nos jours encore des animaux de ce genre sont fréquemment employés dans les Indes par l'armée anglaise pour le transport des canons et des munitions, et tout récemment on a songé à se servir d'éléphants dans les voyages d'exploration à travers l'Afrique centrale. [E. Oustalet. ]

PROFESSI(>.\S. — V. MétiiTS.

PROGRESSION. — Arithmétique, LI-LII. — On distingue deux espèces de progressions, les progressions a'ilhmé'ir/ues ou par dilTérence, et les progressions (léoniétriqucs ou par quotient.

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