IV. — Pronoms relatifs
Les pronoms relatifs sont, ceux qui unissent le nom ou le pronom dont ils tiennent la place avec le membre de phrase qui les suit. Ex. : Le chêne qut ombrage notre cour est vert; le livre que j'ai lu est intéressant.
Quand nous disons : Le chêne qui ombrage notre cour est vert ; le livre que j'ai lu est intéressant, — les mots qui, que, nous avertissent que ce qui va suivre se rapporte à la personne ou à la chose dont on vient de parler, et sont appelés pronoms relatifs, parce qu'ils servent à marquer le rapport, la relation qui existe entre les deux membres de la phrase.
Le mot que le pronom relatif représente est appelé son antécédent. Dans les exemples qui précèdent, chêne est l'antécédent de qui, livre est l'antécédent de que.
Le mot antécédent vient du latin antecedentem (qui marche avant), parce que ce mot se place avant le pronom relatif.
Les pmnoms relatifs sont : qui, que, quoi, dont (invariables), et lequel, qui varie en genre et en nombre :
Au moyen âge, mien, tien, sien pouvaient être employés comme adjectifs : le vieux français disait Indifféremment mon frère, ton vassal, ou le viien frère, /-• tien vassal De cette règle, qui ne tarda pas à disparaître, il est resté (|uelques traces dans : un /n(ej! cousin (pour m((?i cousin), la maison esVUenne, le •■ieii propre.
Quand on parle d'un objet possédé par plusieurs personnes, les pronoms possessifs sont :
i'< personne Le nôtre, la nôtre, les nôtres.
*" — 1^ vôtre, la vôtre, les vôtres.
'■ — i^ leur, la leur, les leurs. V Partie.
Lequel.
Duquel.
Auquel.
Laquelle.
De laquelle.
A laquelle.
Lesq^tcls. Lesquelles.
Desquels. Desquelles.
Auxquels. Auxquelles.
Qui, que, quoi viennent respectivement du latin qut, quein, qwd.
Dont vient du latin de unde (d'où) : unde donna ont, qui signifiait oit dans notre vieille langue ; und", joint à la préposition de, devint itont, qui, en vieux français, signifiait il'oii : '^ 11 me demanda dont je venais. » Dait fut encore employé avec ce sens jusqu'à la fin du dix-huitième siècle : « Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir. » (Racine, Bajazet.) « Ma vie est dans les camps dont vous m'avez tiré u (Voltaire.)
Lequel est composé de le et de quel, qui est le latin qualis.
Emploi des pronoms relatifs. — 1" Qui, précédé d'une piéposition, se dit des personnes ou <des choses personnifiées. Ex.: L'enfanta qui loatcédt; est le plus malheureux (et non i'enfant auquel..,) — O rochers escarpés I c'est à vous que je me plains, car je n'ai que vous à qui je puisse mo plaindre.
2° Lequel, laqtietle, etc., précédés d'une préposition, se disent des animaux et des choses. Ex. : Les sciejices nuxqvelles jfs m'applique. — Les Lapons ont un chat noir auquel ils confient tous leurs
PRONOM
PRONONCIATION
secrets (el non les sciences à gui , un chat à
3" Leqiie', /aque/le, etc., s'emploient quelquefois au lieu de gui, pour éviter une équivoque. Ex. : J'admirais la pureté de ce ciel du midi, l'iqiulle est extraordinaire. Qui, rais à la pl.ice de laquelle, ferait croire que ciel est le véritable antécédent.
4° Quoi a un sens indéfini, et ne se dit que des clioses : Ex. : Voilà sur quoi je veux que Bajazet prononce (Racine).
h" Qui peut s'employer sans antécédent comme sujet ou comme complément. Dans ce cas, il ne s'applique qu'aux personnes et est au masculin singulier. Ex. : Qui sert bien son pays n'a pas bc!soin daieux. — A qui venge son pèn,-, il n'est rien d'impossible. — Choisis qui tu voudras.
C° Dont, marquant l'origine, l'extraction, la Fortie, ne se dit que des personnes : La famille illustre d'tit il descend.
Avec les noms de choses, on emploie d'où ; Le pays iPiù je viens (non ; le pays i/onl je viens).
"" D'oie s'emploie aussi au lieu de dom pour marquer une conclusion : C'est un fait U'oii je conclus (et non pas : dut, t je conclus).
Remm-que. —Il ne faut pas confondre yi'e, pronom, avec 71'e, adverbe ou conjonction, pue est pronom lorsqu'il peut être remplacé par lequel, laqjielle, /eiquelles. E\.:yoici\a rose qw'jd,! cueillie, c'est-à-dire laquelle j'ai cueillie. — Il est adverbe lorsqu'il signifie combien: Que de belle» roses j'ai cueillies ! — Il est conjonction lorsqu'il ne signifie ni lequel, ni eombien : Je crois que lu lis ; je pense q'ie vous êtes heureux.
Les pronoms relatifs servent également à interroger; on les appelle alors pro.noms interrogatifs. Ex. : Qui êtes-vous? — Que demandez-vous? — A quoi êtes-vous bon? — Voici deux accusés, lequel est coupable .'
Remaque. — Les pronoms interrogatifs n'ont point d'antécédent.
Qui, interiogatif, ne se dit que des personnes. Ex : Qui cherchez-vous ? (c'est-à-dire quelle personne cherchez-vous ?j
Qui-, interrogatif, ne se dit que des choses. Ex.: Que cherchez-vous? (c'est-à-dire quett- cho.ie cherchez-vous ?) Après une préposition, au lieu de que, on emploie quoi. Ex.: A quoi pensez-vous?
Outre les ponoms interrogatifs proprement dits, qui s'emploient seuls et servent à remplacer le nom, il existe un adjectif inlei royidif, quel, qui s'emploie avec un nom ou un pronom. Ex. : Quil âge avez-vous? Quel est-il ? Quelles sontelles?
Quel varie en genre et en nombre :
Singulier masculin ; quel. Pluriel masculin : quels.
Singulier féminin : quelle. Pluriel féminin : quelles.