RÉGIONS AGRICOLES
elle n'en conserva pas moins l'autorité réelle, qu'elle garda encore pendant la plus grande partie du règne de son troisième fils Henri III. — V. Cfiaiies IX, Guerre^ de religiim.
1° Le jour même de l'assassinat d'Henri IV (14 mai 1010), Marie do Médicis prit le titre de régeiile, que lui confirma le Parlement. Elle le garda jusqu'en 1614, année où Louis XIII fut déclaré majeur. En 1617, après le meurtre de Goncini, elle fut exilée à IJlois. — V. Louis Xtll. 8° Anjie d'Autriche devijit régente à la mort de son époux Louis XIII (164S), et eut Mazarin pour premier ministre. Louis XIV fut déclaré majeur en 1651 ; mais il ne prit effectivement la direction des affaires qu'en HiGl, à la mort de Mazarin. — V. Louis XI y, Mazarin, Fronde, Guerre de Trente ans.
9° L'époque conjiue sous lu nom de ta Régence s'étend de la mort de Louis XIV (1710) à celle de Philippe d'Orléans, le Rayent (172;i).
Le tesiament de Louis XIV. qui donnait, à son fils adultérin, le duc du Maine, la tutelle du jeune Louis XV, fut cassé par le Parlement ; et le duc d'Orléans, neveu de Louis XIV, reçut la régence sans condition. Philippe d'Orléans était un piince intelligent, à l'esprit ouvert et lihéral, mais de mœurs dissolues. L'opinion publique, soulevée contre le régime tyrannique et bigot du dernier règne, attendait de lui des mesures réparatrices. Le régent s'empressa d'ouvrir les prisons, pleines de jansénistes; il exila le jésuite Letellier, confesseur de Louis XIV, supprima divers impots. La France respira. Il rendit au Parlement son droit de remontrances ; les ministres furent remplacés par sept conseils dans lesquels la noblesse eut presque timtes les places : le parti des ducs et pairs, conduit par Saint-Simon, et celui des parlementaires, si humiliés sous Louis XIV, prenaient leur revanche. On pardonnait au régent ses débauches scandaleuses et celles de ses roués le duc de Broalie, Brancas, Biron,Canillac, etc.), parce qu'on était las de l'hypocrisie officielle qu'avait imposée pendant trente ans le gouvernement de M"" de Maintenon.
Louis XI'V av.iit légué à la France une situation financière déplorable ; il fallait trouver de l'argent. Le régent essaya de s'en procurer en faisant rendre gorge aux traitants accusés de concussion : une chambre de justice fut instituée à cet effet, plus de quatre mille personnes furent arrêtées, de rigoureuses condamnations furent prononcées (1716) ; mais il ne rentra que fort peu d'argent au trésor. Philippe d'Orléans accepta alors l'offre de l'Ecossais Law, qui promettait, grâce à un nouveau système financier, de payer les dettes de l'Etat. Il l'autorisa à créer une banque (171H), et bientôt après à fonder la compagnie des Indes occidentales (1717), dont les actions furent avidement recherchées par le public. Mais le Parlement et les grands seigneurs virent de mauvais œil la tentative de Law, et firent de l'opposition; les mécontents se groupèrent autour du duc du .Maine, chef naturel des ennemis du régent. Celui-ci coupa court à ces menées par un coup d'Etat : le Parlement se vit enlever de nouveau son droit de remontrances; un édit ôta au duc du Maine le titre de prince de sang; et les conseils de gouvernement furent supprimés. La banque de Law fut alors déclarée banque royale (17 18), et il sembla que le succès définitif du c< système » fût assuré.
Cependant, le régent voyait son pouvoir menacé par les nurigues du ministre espagnol Alberoni ■ celui-ci rêvait do donner à son maître Philippe V, petit-fils de Louis XIV, la couronne de France, au cas où le jeune Louis XV viendrait à mourir. Pour se garantir contre le» projets de l'Espagne, le régent avait conclu, par liutennédiairo de
l'abbé Dubois, la quadruple nlliance dans laquelle entrèrent, avec la France, l'Angleterre, la Hollande et l'Autriche (1717). Dubois fut récompensé de ce service par le portefeuille des affaires étrangères. De son côté Alberoni organisa en France une conspiration dont l'agent fut l'ambassadeur espagnol Cellamare, et dans laquelle entra le duc du Maine. Le complot fut découvert (1718), et le régent déclara la guerre à l'Espagne., Cette guerre dura pou, et se termina par la ruine de tous les projets d'Alberoni : Philippe V dut demander la paix (1720) et adhérer à la quadruple alliance (V. Guerre de lu quadruple alliance). L'abbé Dubois voyait triompher sa politique ; la même année, il fut nommé archevêque de Cambrai.
Sur CBS entrefaites, le système de Law s'était écrpulé. En 1719, la compagnie dos Indea occidentales avait ajouté à ses privilèges celui du commerce des Indes orientales ; elle avait fait de nouvelles émissions d'actions, et la valeur nominale de celles-ci avait atteint vingt fois leur valeur réelle, à la suite d'un agiotage effréné. Mais quelques spéculateurs ayant réalisé leuis actions, la panique s'empara de tout le monde ; les actions baissèrent rapidement; en vain Law, nommé contrôleur général, essaya d'arrêter ce mouve-
ent de réaction : la compagnie des Indes entraîna la banque dans sa ruine (1720J, et Law quitta la France chargé de malédictions. Il avait cepenJant rendu un réel service en enseignant le premier la puissance du crédit ; et si ses combinaisons échouèrent, ce fut la faute de ses ennemis et d'avides spéculateurs plus que la sienne.
Los trois dernières années de la régence sont le règne exclusif de l'intrigant Dubois. Il contraint le Parlement, alors exilé à Pontoise, à enregistrer la bulle Ûnigeiiitus (1720), puis s'autoise de ce service rendu au Saint-Siège pour exiger le chapeau de cardinal, qui lui est accordé par Innocent XIII (1721). Il entre alors au conseil de régence, puis est nommé ministre principal (1722) : le régent lui abandonne tout le gouvernement. Pour acliever le scandale de la fortune de celui que Philippe d'Orléans appelait luimême un « drôle », l'Académie française l'appela dans son sein, et l'assemblée du clergé de France l'élut son président.
En février 172.3, Louis XV fut déclaré majeur: il confirma Dubois dans les fonctions de premier ministre ; mais ce triste personnage mourut six mois après ; et le duc d'Orléans, qui reprit alors la direction des affaires, fut lui-même emporté par une attaque d'apoplexie en décembre 1723. — V. Louis XV.
KËGIONS AGRICOLES. — Agriculture, I; Météorologie, XIX. — On appelle rrgiun açjrivolel'étendue de pays dans laquelle on suit à peu près les mêmes systèmes de culture, c'est-à-dire où l'on cultive les mêmes plantes suivant les mêmes procédés. Ses limites dépendent à la fois du climat, du sol, et des conditions économiques.
1» Cliinal. — En se fondant sur les quantités diverses de chaleur et de lumière nécessaires au développement des diverses plantes, le comte de Gasparin {Cours d'agriciUnire, vol. II. p. 3.38) a tracé sur une carte do l'Europe les limites des régions où la culture de quel<|ues-unes des plantes les plus importantes est possible, au sud la région des oliviers, et, en s'avançant vers le nord, successivement celle des vignes, celle des céréales, celle des herbngi's et celle des forêts.
A hauteur égale au-dessus du niveau de la mer les limites de ces régions dépendent de la latitude, mais elles atteignent des latitudes d'autant moins hantes qu'elles s'élèvent davantage au-des- ■us du niveau de la mer.