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lirmarque. — La résolution des règles de trois par les proportions n'offre aucun avantage sur la méthode de réduction à l'unilé. A la vérité, les raisonnements auxquels conduit cette méthode sont un peu lojigs ; mais la marche est sûre, et les erreurs presque impossibles. On peut d'ailleurs abréger considérablement la résolution des règles de trois, sans employer les proportions; il suffit d'appliquer les deux principes démontrés au commencement de ce paragraphe. Reprenons les deux règles de trois simples précédemment traitées et dont nous ne reproduisons pas les énoncés.

Dans la première, qui est directe, nous raisonnerons ainsi qu'il suit. La durée du second trajet

est les r de la durée du premier ; donc l'espace

parcouru dans le second cas est les - de l'espace parcouru dans le premier, il est donc égal k

g 180'" Xt- ; c'est la valeur de l'inconnue.

Passons à la règle inverse. Le débit de la seconde fontaine est les — du débit de la seconde ;

donc, en vertu du deuxième principe, le temps que la seconde met à remplir le réservoir est

les — du temps que met la première. La valeur

de l'inconnue est donc 58°"° X 5-7-

ExEnr.rcES. — 1. On n pw/i} 350 freines pour fair-e creuser un fossé i/e 410 mètres de longueur ; combien pniern-t-on po'ir un fossé d'' même largeur, de même profondeur et dont la longueur est de hn mètres? (Rép. 450',73.)

7. — On a payé 4.'i0 fanes pour 36 mètres de drap; eombien cotiteront 117 viétres de la même étoffe? (Rép. 13(i5 fr.)

3. — On a tissé 9r> mètres de toile nyani 1".20 de largeur avec une certaine quantilé d-J fil; si la toile n'avait eu que 0".80 de largeur, quelle eût été la longueur de la pièce? (Rép. 144 m.)

4. — Un train de chemin de fer qui fait 45 kilomètres à l'àenre met 7 heures à parcourir une certaine dislance; combien de temps mettra un autre train qui 7ie fait que 38 kilomètres à l'heure ? (Rép. 8''n'°2-2*.;

5. — Les dimensions d'une barre sont : longu'Ur,3'',6; largeur, ni", 06; épaisseur, 0"',02 ; son poids est 67'', 5. Combien pèserait une barre du même métal, longue d- l",50, large de 0'°,048 et qui anrait 0",03i; d'épaisseur ? (Rép. 4(i's,5.)

6. — Une colonne de mercure d'ime hauteur de 56 centimètres exerce nne pression de i'^',^^ sur le fond d'un vnse, fon'< qui a une superficie de 2i^<i,6. Quelle serait la hauteur d'une colonne d'huile qui exercernit une press'wi de l''',5 sur une surface de 3=1,5? La densité du mercure est 13,596 et celle de l huile est 0,915 (Rép. 4'»,683;.

fH. Bos.] RÈG!VES(les trois). — Minéralogie, I ; Botanique. I; Zoologie, I. -^ Le besoin d'une classification s'est fait sentir dès que l'Iiomme a abordé l'étude do la nature. .Vristote le pronier se mit

RÈGNES (LES TROIS

1828 — RÈGNES (LES TROIS

aux prises avec cette œuvre gigantesque, cliimcrique et nécessaire à la fois : distribuer les ôtres crées selon un système rationnel ; et il fît pour tous les corps qui existent deux grandes catégolies, mettant dans l'une les corps viinnts ou organisés; dans l'autre, les corps bruts ou sa)is vie. Bien des siècles après, on revint à cette idée d'une classification naturelle; Linné distingua, parmi les corps vivants, les végétaux et les ayiimanx, et réunit tous les corps bruts sous le nom de minéraux : de là, les Trois régnes.

le nom bien expressif do caméléon organo-minéral.

En second lieu, les rognons de silex naissent et s'accroissent souvent en couches concentriques comme certaines colonies de spongiaires et de polypiers, de façon à englober les substances situées dans leur voisinage, telles que des débris de coquilles fossiles.

Enfin, ils sont susceptibles de mourir : séparés de leur gangue crayeusOj ou soumis à des actions variées, ils perdent leurs éléments organiques

Ces mots paraissent au premier abord expri- et hydratés. Transformés alors en silex nectiques mer une distinction ayant une base réelle dans loin de pouvoir^ comme à l'état normal, faire feu

la nature; car les animaux vivent, se déplacent, sentent et veulent ; les végétaux vivent, sont immobiles, ne sentent pas, ne veulent pas ; les minéraux ne vivent pas.

La distinction est évidente quand on choisit bien ses exemples; et le cheval, le chêne, le granit s'en arrangent fort bien.

Mais en demandant à chacun des mots de ces définitions ce qu'ils signifient, et comment ils s'appliquent il quelques animaux, à quelques végétaux, et même à quelques minéraux, on verra qu'il est bon de ne pas les admettre sans restriction.

Les animaux et les végétaux vivent, les minéraux ne vivent pas : ia vie, voilà donc le fait qui réunit les deux premiers règnes, en les séparant du dernier. Mais cette expression, la vie, n'a pas ici le sens étendu qu'on lui accorde généralement.

au briquet, ils tombent en poudre sous une pression modérée.

A l'invurse, des êtres vivants peuvent momentanément perdre les caractères que leur attribue Linné, leur vie se trouvant suspendue, au point que, pendant de longues durées, ils revêti'nt exactement l'apparence de corps inertes.

L'exemple le plus frappant sans doute est fourni par des animaux inférieurs, les anguiUules et les rotifères, qui, vivant normalement dans la mousse humide des toits, passent sous l'action de la dessiccation à l'état de grains de poussière, impossibles à distinguer, quant à leur allure, des mêmes débris provenant des pierres. Vient-on, même après un temps très long de cette déchéance organique, à fournir un peu d'eau à celte poudre inerte, on en voit bientôt chaque grain se gonfler, reprendre sa forme propre et

Vivre, pour le naturaliste, veut dire 7iailre, se | reconquérir l'existence caractéristique do I anidévelopper (ou entretenir tant bien que mal les 1 malité. • i •

forces acquises), se reproduire et mourir. Ani- Pour les végétaux, la durée de la léthargie peut maux et végétaux vivent ; en effet : être beaucoup plus longue encore.

Ils naissent; ils commencent en se détachant Dans des sarcophages contenant des momies d'un parent semblable à eux, soit déjà formés, j égyptiennes vieilles de plusieurs milliers d années, soit dans un œuf, soit par un bourgeon, soit dans | on a trouvé quelques pois desséches qu on eut une graine, etc.; l'idée de semer à Guernesey. Un an après, trois

Ils se développent, en s'accroissant au moyen ! de ces pois avaient produit deux petits plants, au de la nourriture qu'ils tirent des corps qui les j moyen desquels il fut possible l'année suivante environnent; , d'ensemencer un champ tout entier.

Ils se reproduisent, en donnant naissance à des Si, en divers points, la division entre les êtres individus de leur espèce ; ' bruts et les ôires organisés ne semble pas certai-

ns meurent, cessant d'entretenir leurs forces ' ne, on peut dire de même qu'entre le règne vequi n'existent même plus pour retenir les élé- I gétal et le règne animal une délimitation nette ments dont ils sont formés. i est presque impossible à établir.

L'histoire des minéraux ne peut pas invoquer D'après Cuvier, l'animal doit présenter les cala même succession de phénomènes. On a bien ractères suivants : la sensibilité et le mouvement i'ait parmi eux des espèces, puisqu'on y distin- ' volontaire; une cavité digestive, un appareil cirgue le fer, l'or, le mica, etc. ; mais on n'y rncon- ' culatoire ; une composition chimique plus complinait pas d'individus : des morceaux, tout simple- quée que celle des végétaux et marquée par 'a ment. Si, d'un morceau d'or, on détache un présence de l'azote comme élément essentiel; Qes fragment, le fragment n'est pas le fils du morceau, ' échanges gazeux (respiration) consistant en aDil n'est besoin d'expliquer cela à personne, et lai sorption d'oxygène et exhalation d acide carDOmultiplication des parties se fait là par i'amoin- ', nique ; les végétaux fixant,^ au contraire, le cardrissement du bloc.

De plus, si le morceau s'accroit, c'est extérieurement, par Juxtaposition ; tandis que l'accroissement de l'animal ou de la plante se fait de dedans en deliors, par intnssusceptioti.

Cependant, malgré ces différences qui semblent ! de quelques exemples, si tranchées, on a pu prendre des êtres vivants | Assurément il n'est pas aisé de conslatei si la pour des minéraux, et semblable erreur se corn- I sensibilité existe chez certains polypiers et aans met encore très probablement. Jusqu'au com- ' les éponges. Par leurs formes d ailleurs, par leur mencement de ce siècle, on a cru que le corail fixation au sol, ces animaux inférieurs semDieni a était une pierre, et personne ne se fait faute au- 1 première vue appartenirau règne végétai, un i a iourd'hui d'en classer le squelette parmi les 1 cru pour le corail jusqu'à Peyssonnel. 11 se prepierres fines. sente comme un branchage capricieusementramine

Pour se prononcer, il est d'ailleurs des points 1 et tout enduit dune matière grisâtre et gelatifort délicats. Les rognons de silex de la craie, que ! neuse qui, à de certains moments, se met a "eurir tout le monde classe sans hésiter dans le règne ' donnant naissance de distance en distance a oe minéral, ofl'rent un certain nombre de caractères 1 jolies étoiles aux rayons crénelés. Les mouvemenis qui ne se trouvent pas d'ordinaire réunis chez que ces étoiles opèrent lorsqu ou les touciie ou les pierres. lorsqu'elles saisissent la proie dont elles se nour-

IIs renferment une proportion notable d'un rissent ne sont pas plus nets que ceux qui loni principe organique ciui se dégage par la distilla-' croire h la sensibilité des Drosera ou ao 'î'. -"'" lion et que le géologue Fournet avait étudié sous I >,iosa piidica, si bien appelée sensUwL: La utoiiee

bone et dégageant de l'oxygène.

Mais tous ces caractères existent-ils ou sont-ils bien appréciables au bas de l'échelle animale, et ne saurait-on jamais les rencontrer chez les végétaux' C'est ce que nous allons examiner au moyen

RÈGNES (LES TROIS

RÈGNES (LES TROIS

attrape-mouches, originaire do la Caroline du Sud, est une petite plante i feuilles disposées en rosettes, et dont l'extrémité est formée d'un limbe découpé en deux loljes ou valvules garnies et bordées de longs cils ; ces deux lobes, réunis par leur milieu comme par une cliarnière, sont doués d'une irritabilité telle qu'ils se referment brusquement sur l'inseclo ou le corps étrangerqui les a touchés. La sensitive éprouve toutes les influences des animaux à sang-froid. La chaleur augmente en elle l'activité des fonctions et porte l'irritabilité au plus haut point. Exposée peiidaTit longtemps à l'obscurité ou au froid, elle devient h peu près insensible au contact, et il faut que la lumière et la chaleur la raniment; l'eau tiède dont on l'arrose lui rend très vile son activité suspendue. On la narcotise comme les animaux; seulement l'effet est plus lent à se produire. Claude Bernard plaçait, séparément, sous différentes cloches de verre renfermant chacune une éponge imbibée d'éther, un oiseau, une souris, une grenouille et une sensitive : « C'est l'oiseau, disait-il; qui est le premier atteint ; il chancelle et il tombe insensible au bout de quatre à cinq minutes; c'est ensuite le tour de la souris ; la grenouille est paralysée plus tard. Enfin la sensitive reste la dernière; ce n'est qu'au bout de vingt h vingt-cinq minutes que l'insensibiUté commence àsc manifester. Après une

comme autant de petites nacelles (d'où le nom qu'on leur a donné), dans un sens différent; ce qui prouve que le mouvement n'est pas dû à un courant étiibli dans le liquide. Le mouvement peut se prolonger assez longtemps, et il se fait toujours dans le sens de la frustule. On appelle ainsi la cellule dont est formée la Diatomée et qui est renfermée dans une enveloppe siliceuse rigide et incombustible. Les Diatomées qui vivent associées en groupes sous forme de filaments, d'arborisations ou d'éventails, peuvent aussi exécuter ces mouvements, si pour une cause quelconque leurs frustulos deviennent libres. Des espèces filamenteuses se meuvent même partiellement sans se séparer, c'est-à-dire que certaines frustules se déplacent dans l'intérieur du tube gélatineux qui les réunit et sans le rompre. 11 en est dont les mouvements sont lort bizarres ; tel est par exemple le Bacillo.ria paradoxa, qui est composé de plusieurs frustules en bâtonnets, associés parallèlement les uns aux autres, de manière à former une sorte de tablette quadrangulaire. Bientôt le premier de ces bâtonnets glisse sous le second, parallèlement h. sa direction, de manière à ne plus toucher la tablette que par une de ses extrémités. Puis le second bâtonnet, imitant le mouvement du premier, glisse à son tour et va se ranger sous le premier ; puis le troisième sous le second, et ainsi de suite

demi-heure environ, la sensitive est anesthésiée, jusqu'à ce que toutes les frustules soient déplacées

l'attouchement des folioles ne détermine plus leur abaissement, tandis que la même excitation produit une contraction immédiate des folioles sur une sensitive normale. »

Los étamines du Spunnaimia afncana s'éloignent du style quand on les touche. Ces mouvements rentrent dans ceux que les botanistes appellent provoqués. Ils constituent une sorte d'exception, et leur présence correspond à une supériorité d'organisation, dépendant en dernière analyse d'une véritable sensibilité du protoplasma, c'est-à-dire de la substance primitive contenue dans la cellule. Ces mouvements ne s'observent que dans les organes foliaires plus ou moins modifiés.

Les mouvements spontanés sont beaucoup plus fréquents. L'exemple du Tournesol présentant sa corolle au soleil, de quelque coté de l'horizon (lu'il se trouve, est peut-être le plus connu; mais il est d'autres plantes qui effectuent des mouvements encore plus compliqués. Les Népenthès, plantes très voisines des Droséracées, et indigènes de l'Asie tropicale et de Madagascar, ont des feuilles singulières qui imitent un vase surmonté de son couvercle et dans lequel se trouve de l'eau. Le couvercle tombe pendant la nuit, et c'est alors que la feuille s'emplit de liquide ; il se relève lorsque le jour parait, et la feuille se vide en tout ou en partie

On a lieu de penser que ces mouvements des grands végétaux sont automatiques, et n'ont rien dans leur production qui rappelle les mouvements des animaux supérieurs. Ce seraient plutôt les organismes des végétaux dits inférieurs qui nous offriraient des phénomènes de motilité semblant dé'

La tablette s'est ainsi avancée latéralenjent de toute sa largeur. Alors le premier bâtonnet recommence soii mouvement en sens contraire et reprend la position qu'il occupait d'abord, le second le suit bientôt, puis le troisième, et le phénomène se reproduit peut-être indéfiniment.

Si nous passons enfin à la digestion, nous devons rappeler tout d'abord que beaucoup de plantes, telles que la vesce, le chanvre, le lin, l'orge, contiennent un ferment qui transforme les alburainoîdes végétaux, comme le gluten et la légumine, et même les albuminoîdes animaux, en peptones assimilables. Dans ces derniers temps même on a signalé, dans le Carica papaija, un suc extraordinairement actif à cet égard. En effet, mis en contact avec de la viande crue, de la fibrine, du blanc d'œuf ou du gluten, il les ramollit en quelques instants et les dissout en quelques heures. Quand on ajoute ce suc au lait, celui-ci comraeiice par se coaguler, mais la caséine (le fromage) précipitée se dissout ensuite.

On voit combien M. Morren a pu dire justement : « 'foutes les plantes digèrent, et leur digestion, dans ses phénomènes essentiels, est la même que chez les animaux. »

Nul exemple n'en est plus frappant que celui auxquels les plantes carnivores font assister. Déjà, du temps de Linné, l'Américain Curtis avait annoncé non seulement que les feuilles de ces plantes saisissent les insectes, comme on l'a vu plus haut, mais que les insectes se fondent et disparaissent sous l'action corrosive d'un liquide mucilagineux exsudé par les feuilles. Darwin vérifia ce fait, et voici par exemple une de ses expériences. Deux cents pieds de Drosera furent transplantés

pendre d'une volonté propre. Les zoospores, corps | et cultivés dans des assiettes remplies de mousse, reproducteurs des algues, se meuvent, se déploient, j Une cloison en bois très basse séparait chaque se dirigent en nageant, semblent contourner ou évi- assiette en deux moitiés : dans l'une de ces moiter les obstacles, comme le feraient de petits ani- tiés étaient placés les pieds destinés à recevoir maux aquatiques. Les mouvements des Diatomées, la nourriture animale, dans l'autre les pieds mis qui forment la dernière division du groupe des à la diète. On recouvrait le petit parterre d'un algues, et sont au règne végétal ce que les Infu- châssis en toile métallique, pour einpêcher la soires sont au règne animal, ces mouvements visite des insectes. Depuis le commencement de avaient semblé si parfaits aux micrographes, qu'ils I juillet jusqu'au commencement de septembre, avaient d'abord classé ces êtres singuliers parmi une ou deux parcelles de viandes rôties furent les animaux. Si l'on dépose sur le porte-objet du 1 distribuées, à quelques jours d'intervalle, à chamicroscope une goutte d'eau tenant en suspension j que feuille des plantes alimentées; ces parcelles plusieurs Navicules vivantes, on les voit aussitôt i de viande pesaient un quinzième de grain. ,\vant se mettre en mouvement et se diriger toutes, ' le commencement de septembre, époque de la

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