RELATION
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comparaison définitive des deux séries de plantes mises en expérience, on constatait que les plantes nourries avec la viande profitaient fort bien du traitement auquel elles étaient soumises : leur couleur voit brillant témoignait que l'azote apporté par la viande avait augmenté les grains de clilorcpliylle. Au contraire, dans les compartiments laissés à la diète, les plantes prosentaient un état visible de dépérissement.
Sur les finguicules même, les petits insectes agglutinés par le mucus s'aplatissent à vue d'œil, et disparaissent en deux ou trois jours de façon à ne laisser aucun vestige.
Arrêtons là cette comparaison des êtres classés dans les prétendus trids règnes, et concluons que si l'admission de ces vignes est indispensable pour la clarté des études, il ne faut jamais perdre de vue qu'ils ne représentent pas une division absolue existant réellement dans la nature.
[Stanislas Meunier.]
REIA'S. — V. Digestion.
RELATION l Fonctions de). — Zoologie, XXXVI. — La vie des végétaux consiste dans l'accomplissement de deux fonctions principales : la nutrition et la reproduction. Chez les animaux, il existe d'autres fonctions par lesquelles ils ont cojiscience de certains phénomènes qui se passent en euxmêmes, ou qui les mettent en rapport avec le milieu dans lequel ils vivent. Ce nouvel ordre de fonctions, appelé ^Oîidî'oHS de relation, s'exerce au moj'cn d'organes spéciaux : ce sont les organes de la sensibilité et de la locomotion.
Chez les animaux des classes inférieures, comme les zoophytes, les vers et la plupart des mollusques, la sensibilité est peu développée. On peut douter qu'une volonté intelligente les fasse agir selon les impressions reçues. Leur vie ressemble assez à la vie des organes internes de la nutrition cliez ks animaux supérieurs. Leurs actes semblent purement automatiques. Cependant ces animaux, à l'exception peut-être des protozoaires, possèdent un système nerveux et par conséquent reçoivent des iwpy-essions qui les mettent en relation avec le monde extérieur.
Les facultés par lesquelles les animaux inférieurs reçoivent des impressions nous semblent distinctes de l'instinct le plus obscur. L'instinri, en efl'et, permet aux céphalopodes, aux crustacés et surtout aux insectes, d'accomplir une foule d'actions très compliquées. L'homme ne pourrait arriver à des résultats analogues que par une suite de raisonnements. Mais chez les insectes, par exemple, l'instinct, fonction de relation par excellence, s'exerce d'une façon à peu près automatique. Ils ignorent les lois qu'ils appliquent avec une merveilleuse précision. Ils ne pourraient pas faire moins bien. Quand les circonstances s'opposent à l'accomplissement automatique de leurs actes instinctifs, ils se trouvent embarrassés, pris au dépourvu, et ne savent guère adapter leurs procédés aux circonstances nouvelles. Lorsque cette adaptation s'accomplit, dans des limites toujours fort restreintes, on est en droit de supposer qu'elle résulte d'une faculté instinctive.
Viritelligence offre aux animaux des ressources bien plus variées pour se mettre en relation avec leur milieu. Ce n'est pas, comme l'instinct, une notion innée de ce qui doit être fait ; elle n'arrive pas du premier coup à la perfection ; il faut que l'éducation la développe pour qu'elle donne tous les résultats dont elle est susceptible. Les parents commencent cette éducation. Ils enseignent à leurs petits les moyens de se procurer leur nourriture, de combattre, d'éviter les ennemis. L'ensemble de cette éducation commence I expérience individuelle, qui accroît le bien-être et assure la conservation. Plus tard l'individu livré à Im-mênie exerce son intelligence pour compléter
l'éducation acquise. L'hérédité fixe en partie les progrès accomplis, et il se forme ainsi dans certaines espèces, principalement parmi les animaux domestiques, des races supérieures dont l'homme utilise les services et perfectionne les aptitudes.
Descartes croyait que même les animaux supérieurs sont dénués d'intelligence. Il attribuait à un simple automatisme l'exercice des fonctions de relation les plus compliquées et l'on peut dire les mieux raisonnées. Condillac, au contraire, niait l'instinct et attribuait à une intelligence plus ou moins obscure même les actes les plus simples des espèces inférieures. L'erreur des deux philosophes provenait surtout d'une étude incomplète de la nature. Aucune des deux hypothèses ne rend compte des faits tels qu'on les a observés depuis un demi-siècle. Les fonctions de relation pariicipent de l'instinct et de l'intelligence, non seulement chez les animaux de ran^; diflérent, mais encore chez le même individu examiné à diverses périodes de son existence.
Parmi les animaux supérieurs, l'individu qui vient de naiire réagit par pur instinct contre les sensations pénibles. Sa sensibilité obtuse constitue une sorte d'aulomatisme, il n'a conscience ni des causes ni des actes qui en sont la conséquence : il sent, mais il n'en a pas conscience. Plus tard l'instinct continuera de diriger un grand nombre de ses actes, mais à cette cause déterminante se joindra l'intelligence. Alors il arrivera souvent que l'observateur se trouvera fort embarrassé pour apprécier dans certains actes la part do l'intelligence et celle de l'instinct. Les effets de l'intelligence paraissent d'ailleurs d'autant plus manifestes que les hémisphères cérébraux sont plus développés. C'est, en effet, cette partie du cerveau qui est .spécialement affectée à l'exercice des fonctions de relation.
La perception des phénomènes qui se passent dans le milieu où vit un animal implique une sensibilité plus ou moins développée. Cette sensibilité est la cause première des actes automatiques, instinctifs et intelligents. Elle s'exerce par l'entremise d'organes en rapport avec les centres nerveux. Ce sont ces organes, nommés organes des sens, qui procurent aux animaux les notions qu'ils possèdent sur leur manière d'être et sur le monde extérieur.
Outre cette sensibilité qui les met en relation avec leur milieu ambiant, les animaux possèdent la faculté de se mouvoir. Cetie faculté s'exerce par l'intermédiaire d'appareils spéciaux, les muscles, qui agissent sous l'influence de l'automatisme, de l'instinct ou de la volonté.
Les fonctions de relation embrassant les mouvements et la perception de certains phénomènes par la sensibilité, leur étude complète comprend celle des organes i/es sewsetde l'appareil locomoteur. — V. Squelette, Muscles, Système nerveux, Sens, Toucher, Odorat, Ouïe, Vue. j D' SaflTray.]
RELIGIONS. — Les religions anciennes et contemporaines sont les formes diverses de la religion en soi, qui est un des attributs dislinctifs de l'esprit humain et qui est tellement inhérente à sa nature qu'il est difficile d'expliquer l'absence totale de religion autrement que par l'hypothèse d'une infirmité congénitale ou volontaire. I! est bien entendu qu'en parlant ainsi, nous limitons notre jugement au sentiment religieux lui-même, indépendamment de toute solidarité avec une ou plusieurs des religions existâmes. 0'autre part, en respectant profondément celles-ci comme autant d'expressions du senliment religieux naturel à l'esprit humain, sans prendre parti pour ou contre aucune d'entre elles, il doit nous ètro permis de dresser le tableau historique et philosophique des religions qui se partagent l'humanité, sans autre ambition que d'en élucider brièvement la genèse
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et d'en mai-iiuor la place logiqun tlaiis le développement, t;oiier.il de noire espèce.
La religion en eiret a une histoire, celle des religions. Aussi loin que la science liistorique nous permet do remonter dans le passé do l'humanité, nous discernons les traces indubitables de coutumes et de croyances religieuses. Il en est do mime quand nous e^aminon3 la totalité des populations actuellement réparties sur notre planète. Il n'en est pas une, si arriérée ou dégradée qu'elle soit, où, moyennant un peu d'attention et d'Iiabilude de ce genre de recherches, on n'ait découvert quelque cliose qui rentre dans la catégorie de religion. La thèse contraire n'a pu Être soutenue que par des voyageurs trop presses de conclure après des observations superficielles, ou par des esprits étroits ne sachant pas reconnaître la religion quand elle se présente sous des formes qui ne leur sont pas familières.
Toujours et partout la religion a procédé du besoin qu'éprouve l'homme do chercher la synthèse, l'harmonie, entre son moi personnel et le monde extérieur à lui, ou plus précisément encore entre ce moi et la puissance à laquelle il fait remonter la direction supérieure des choses, par conséquent de sa propre destinée. L'esprit de l'homme cherche ;\ s'unir harmoniquement à l'esprit souverain qu'il croit discerner au dedans et au-dessus des choses, et il est d'autant plus fortement poussé à tâcher de réaliser cette union désirée qu'il éprouve un sentiment de bien-être particulier, une joie mystérieuse, quand il peut avoir conscience de cette synthèse; et cela, lors même qu'il se représente l'esprit ou les esprits divins sous des traits qui l'épouvantent, lors même qu'il imagine des moyens d'union tragiques et cruels.
Nous disons l'esprit ou les esprits divins. En effet, l'esprit auquel l'homme cherche à. s'unir par la religion peut être conçu comme unique ou comme expression collective d'un nombre plus ou moins élevé d'esprits distincts. C'est la base de la première division des religions, que l'on sépare en deux grandes familles, les religions monvtfiéiites, c'est-à-dire n'adorant qu'un dieu unique (du grec monos, unique, théns, dieu), et les religions polythéistes {poli/s, plusieurs).
Il résulte de ce qui précède que la manière dont l'homme a compris la religion a toujours en grande partie dépendu, et môme dans les premiers temps a dépendu, peut-on dire, uniquement de l'idée qu'il se faisait du monde, révélateur de l'esprit ou des esprits. Et comme l'idée qu'il se faisait du monde fut longtemps très bornée et très incohérente, comme il s'écoula bien des siècles avant qu'il pût s'élever h la notion de l'univers organisé, soumis partout aux mêmes lois et révélant toujours l'unité suprême dans la variété infinie des phénomènes, il n'est pas étonnant que le polythéisme ait partout précédé le monothéisme.
Le polythéisme à son tour est loin d'avoir toujours présenté ces formes riches, poétiques, cet ensemble complet que nous pouvons admirer dans les mythologies de la Grèce, de l'Egypte et de l'Inde. A l'origine la religion eut pour objet des êtres très humbles, très rapprochés de l'homme, tels que des arbres, des rochers, des sources, des animaux même, quand ils étonnaient l'homme par leur vigueur, leur étrangeté ou leur merveilleux instinct; puis, des phénomènes lumineux, tels que l'aurore, le soleil, la lune. C'est co qu'il faut appeler, non pas lo fétichisme, comme on le fait d'ordinaire, mais le plus bas degré de la religion de la nature ou, d'un seul mot, le premier naturiime.
Pour comprendre comment l'homme primitif a pu so contenter d'une religion aussi enfantine, il ■'"'se rappeler ce que nous avons dit à l'article Mythe de la facilité avec laquelle l'homme encore
prodigieusement ignorant personnifinU, c'est-i\dire regardait comme êtres conscients, pensant, voulant, personnels, des êtres qui pour nous ne sont que des choses ou des brutes. La distinction entre quelqu'im et quelque chose lui était encore étrangère, ou plutôt en toute chose il voyait quelqu'un , et toute chose dont il attendait du bien ou dont il craignait du mal était pour lui un esprit personnel envers lequel il se sentait animé de respect et de crainte, d'amour ou d'antipathie. N'allons pas croire non plus que dans cet âge de l'enfance de l'inimanité la religion fût systématisée, rédigée en dogmes et symbolisée dans des rites comme elle le fut depuis. Elle était encore indécise, incohérente, variant à chaque instant avec les impressions individuelles et la nature des lieux.
Peu à peu, cependant, elle devait so fixer par le pouvoir des habitudes, l'autorité des chefs de tribu, la constitution des traditions héréditaires ; puis, sans qu'il fût encore question de science, le regard de l'homme embrassa un horizon plus vaste. Non seulement l'arbi-e, mais la forêt et, après la forêt, la végétation tout entière ; non seulement la source, mais le fleuve et la mer ; non seulement le rocher, mais la montagne, la chatno de montagnes et la terre; non seulement l'aurore, le soleil ou la lune, mais les astres, les planètes surtout (plus mobiles en apparence que les étoiles fixes), le ciel dans son ensemble, parlèrent à l'imagination et déterimnèrent les adoralions. La monde visible, dans ces phénomènes grands et petits, n'était plus qu'un immense assemblage do personnes ou d'esprits supérieurs à, l'homme et dont l'hommr jdorait la puissance.
Maintenant, sur cotte jase naturiste s'opéra une sorte de bifurcation d'une extrême importance dans l'histoire des religions et qui coïncide avec le plus ou moins d'aptitude des races et des peuples à la civilisation. On put :
Ou bien : 1° considérer l'esprit de chaque chose ou de chaque objet adoré comme tout à fait indépendant de sa forme visible, pouvant la quitter, la reprendre, vivre et agir sans elle, comme nous quittons, reprenons ou abandonnons un vêtement, de telle sorte que l'adoration s'attacha moins désormais aux phénomènes qu'aux esprits dont ils avaient suggéré l'idée et qu'on se représenta comme errants dans l'espace au gré de leurs caprices, à peu près comme les ignorants de nos jours encore se représentent les fées, les lutins ou les korrigans (Bretagne). C'est ce qu'on appelle Vaniiniume, ou religion des esprits. Il est remarquable que telle est la religion prépondérante au sein des populations restées à l'état dit sauvage, noirs de l'Afrique, Hotlentots, Cafres, indigènes des deux Amériques, Océaniens, ïartares. Esquimaux, etc. (pour autant du moins qu'elles n'ont pas été converties par les missions bouddhistes, musulmanes ou chrétiennes). Les recherches de la science moderne permettent aujonrd'hui d'affirmer que cette religion animiste fut aussi la religion essentielle de nos prédécesseurs de l'âge dit de pierre, à l'époque où l'on ne connaissait pas encore l'usage des métaux et où l'on n'avait que des outils et des armes de pierre. Il faut ajouter qu'à cette croyance aux esprits s'associait une foi très ferme à la survivance de l'àme humaine après la mort. C'est dans cette croyance et dans l'idée que la vie future ressemblait il très pou de chose près à la vie actuelle, qu'on enterrait avec le défunt ses armes, ses ornements, ses chevaux, même ses esclaves et ses femmes. L'esprit humain après la mort devenait un esprit analogue îi ces esprits divins qui peuplaient l'espace ; on pouvait espérer ou redouter les apparitions des morts sous une forme diaphane et fantastique (croyance aux revenants); on leur attribuait dos pouvoirs
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supérieurs, et voilà pourquoi dans les religions | une grande mythologie systématisée, tout un animistes le culte des ancêtres ou des morts s'as- code religieux et moral (lois de Manou), qui consocie ordinairement à celui des esprits de la na- sacre le système des castes, fait de Bralima la ture. Une autre conséquence de la religion ani- ; cause suprême ou le générateur des dieux et des miste, c'est la croyance aux sorcin-f:, c'est-à-dire : liommes, et lui subordonne, par conséquent, les au pouvoir surnaturel d'hommes en relation directe dieux-nature des Védas. Plus tard, après sa lutte avec les esprits et pouvant disposer à leur gré de finalement victorieuse contre le bouddhisme, le leurs pouvoirs supérieurs. Enfin, dans bien des brahmanisme devint encore plus compliqué et lieux, mais surtout chez les noirs d'Afrique, l'a- rattacha tout son système religieux à la Trimourti nimiste voulut s'assurer la protection toute spô- (triple forme) de Brahma, source suprême de ciale d'un ou de plusieurs esprits qu'il crut loca- l'être, Vishnou, conservateur, et Siva, destructeur ; lises, renfermés dans des objets portatifs, qui lui 3° le mazdéisme ou religion du Zend Avesta, appartenaient en propre, ordinairement de forme j livre sacré de l'Iran ou des Perses, où toutes les bizarre ou mystérieuse. C'est là le vrai fétichisme \ divinités sont partagées en deux camps hostiles.
(du portugais feitiço , venant lui-même du latin farjitius, fait de main, non naturel, et par déri- Tation surnaturel, enchanté, magique). Un bâton drôlement taillé, une pierre ou un coquillage d'aspect bizarre, un os d'animal, un tesson, une touffe de poils, toute espèce d'objets peuvent être adoptés comme fétiches parle nègre superstitieux, du moment qu'ils frappent] son imagination enfantine. Tel est l'animisme avec se^ principales conséquences. Toutefois, n'oublions pas qu'il ne règne jamais absolument seul. 11 y a toujours plus ou moins de mythologie de la nature chez '«s peuples les plus animistes, de même qu'il y a toujours plus mj moins d'animisme chez les peuples où dominent ,des religions bien supérieures.
Ou bien : 2° tout en distinguant l'esprit personr o' du phénomène visible qui le recelait, tout en lui accordant une liberté de mouvement ou même des formes qui finissaient par différer grandement de la forme de ce phénomène, on maintint une relation étroite, essentielle, entre le phénomène et son esprit, de telle sorte que la nature, les attributs, le caractère, l'histoire supposée, la parenté de cet esprit furent déterminés logiquement par les apparences du phénomène qu'il était censé animer. C'est ainsi que, dans la mythologie grecque, les histoires d'Apollon, d'Hercule, de Persée, etc., dieux solaires, ont toujours pour principe directeur la nature visible du soleil, et que dans tous les mythes concernant Jupiter on retrouve toujours l'idée du ciel brillant dont il est la personnification. De là, de cette relation constante et fixe des esprits et des phénomènes, ces dramatisations de la nature qui ont fait les mythes et les mythologies. Ce point de vue, beaucoup plus philosophique et pour ainsi dire plus organique, fut celui des peuples de l'antiquité qui arrivèrent à la civilisation, tels que les Hindous, les Perses, les Grecs, les Latins, ou qui l'adoptèrent aisément comme les Celtes et les Germains. 11 est bon de noter ici que ces peuples appartiennent à la race àhearynine ou des Aryas, dorit on indique le berceau dans la haute antiquité entre la mer Caspienne et l'Himalaya. Cette race est essentiellement celle de la civilisation.
Toutefois, à l'est de l'Asie, il y eut aussi une civilisation remarquable et très ancienne, celle de la Chine, dont la religion associe une certaine mythologie de la nature (tout provient de l'union du Ciel et de la Terre, l'empereur est fils du Ciel et les lois de l'empire sont aussi immuables que celles du monde) à des croyances animistes (culte des esprits et des ancêtres) très prononcées.
Chez les Aryas, nous distinguons : l" la religion védique des premiers envahisseurs de l'Inde, contenue dans les Ftfrfas ou chants sacrés. Là le culte des grands phénomènes de la nature, l'aurore, le ciel, le soleil, les vents, etc., règne encore presque exclusivement dans sa poésie et dans sa naïveté première ; 2» le brahmanisme, qui s'éleva sur la base du védisme par le travail et l'influence de la caste sacerdotale des brahmanes. Il y a là toute
subordonnés l'un à JAoîirn Mazda (Ormuzd), dieu de la lumière et du bien. Vautre itA?igro maïnyous ( Ahriman),dieu des ténèbres et du mal. Les ténèbres physiques et morales ne sont donc pas encore nettement distinguées dans cette religion, qui toutefois est une des plus élevées et des plus morales de l'antiquité ; 4° la religion helKnique ou des Grecs, à laquelle on peut associer théoriquement, comme elle le fut en fait plus tard, celle des Latins. Il en forttt cette mythologie gréco-romaine qui est pour nous la mythologie proprement dite et pour laquelle nous renvoyons aux ouvrages spéciaux. C'est sans contredit le polythéisme le plus poétique et le plus artistique de tous; 5" les religions germanique, Scandinave, slave et celtique, bien plus voisines des précédentes qu'on ne le croyait autrefois^ fondées du moins sur une manière semblable de comprendre la nature, seulement beaucoup plus grossières, et qui ont été arrêtées dans leur développement, soit par leur fusion dans la religion gréco-romaine (religion celtique, druidisme), soit par l'invasion victorieuse du christianisme.
A côté des Aryas, on distingue ordinairement une race qui diffère surtout de ceux-ci par la langue, celle des Sémites (Arabes, Clialdéens, Mésopotamiens, Syriens, Israélites et peuples parents de Moab, d'Ammon, d'Edom, etc.), et celle dite des Chamltes, qui en réalité ne se distingue des Sémites que par le genre de vie et la civilisation plus avancée (Egyptiens, Cananéens, Phéniciens, etc. !. Dans ce conglomérat de nations que leur situation et leur histoire associent étroitement, nous devons signaler surtout la religion de l'ancienne Egypte, si riche par ses monuments grandioses et où le grand drame de l'année (mythe fondamental : Osiris, le soleil d'été, tué par Set, l'hiver, pleuré parisis, la terre, vengé par leur fils Horus, le jeune soleil du printemps) devient le type du drame de la vie humaine, l'îiomme ne disparaissant comme Osiris que pour revi\Te comme lui. Cette idée mère de la religion égyptienne se retrouve sous une foule de noms divers et de variantes locales. — Les religions de la Mésopotamie, de Babylone et de Ninive, encore imparfaitement connues, sont en quelque sorte de la même famille que la religion égyptienne. — Sur la côte orientale de la. Méditerranée nous voyons fleurir aussi, chez les Phéniciens, les Cananéens et les peuples voisinsd'Israël, des religions solaires, mais où la mythologie est beaucoup plus simple, très réduite. Baal, le seigneur, et son épouse Ascliera, Molok ou Molek, le roi, et son épouse Astoreth, en désignent les divinités principales, le premier élarit le soleil radieux et voluptueux; le second, divinité d'un caractère plus sombre et plus austère. Signalons enfin les polythéismes mythologiques Indigènes de l'Amérique, savoir la religion solaire du Mexique et la religion, solaire aussi, des Incas du Pérou. Ces religions, associant des rites fort cruels à des croyances assez élevées, se sont formées, comme la demi-civilisation des peuples qui les professèrent, au milieu de religions encore toutes grossières et dont le caractère sauvage
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allait en grandissant à mesure qu'on s'éloignait de l'Amérique centrale.
Le développement religieux, dû essentiellement à la logique interne de l'esprit humain, fut consolidé par le sacerdoce et hâté par le prophéiisme. Le sacerdoce est l'institution en vertu de laquelle certains hommes sont reconnus en possession d'un rapport intime et direct avec la Divinité, rapport qui les élève à la dignité d'intermédiaires indispensables entre elle et le resto des hommes, seuls qualifiés pour leur communiquer ses arrêts et leur transmettre ses grâces. Le prêtre, (m l'homme revêtu du sacerdoce, seul peut unir l'homme ordinaire à l'Être divin, soit par le sacrifice qui n'est efficace que s'il est célébré par lui, soit par l'absolution qui n'est réelle que si elle est prononcée par sa bouche. Le sacerdoce, tantôt héréditaire, tantôt électif, tantôt ouvert à tous moyennant un noviciat préalable, centralisa les traditions, les conserva, les fixa, et à l'origine des civilisations rendit partout de grands services. Il résulte de là qu'au sein des sociétés qui se développent, il est essentiellement conservateur. C'est surtout comme sacrificateur seul légitime, sans le ministère duquel tout sacrifice était inefficace ou même sacrilège, que le prêtre établit et maintint son caractère sacerdotal et son autorité. Le sacrifice ou l'oft'rande de dons (aliments, parfums, trésors, etc.) faits aux divinhés a qui l'on attribuait les mêmes besoins et les mêmes désirs qu'à l'homme, fut pour ainsi dire partout le rite par excellence, le grand, l'indispensable moyen de l'union entre l'homme et les dieux. — Leprophète, comme le prêtre, se détache du sorcier primitif, mais par le côté individualiste, clairvoyant, extatique et inspiré. Il regarde plutôt l'avenir et, dans les formes encore grossières du prophétisme primitif, il est surtout devin et faiseur de prédictions. Le prophétisme, en se purifiant, s'élève à la prédication chaleureuse, enthousiaste, reformatrice, etdevient le principal moteur du progrès rehgleux.
Le polythéisme, en se développant sous ses formes diverses, avant tout locales et nationales, parallèlement à l'esprit humain lui-même, devait révéler tôt ou tard les insuffisances morales, rationnelles et religieuses qu'il tenait de son principe. 1 adoration de la nature visible. C'est pourquoi Il devait un jour être remplacé par des religions plus morales, plus rationnelles et plus conformes aux besoins de la conscience religieuse. C'est 1ère nouvelle représentée par le bouddhisme et les religions monothéistes.
Le bouddhisme originel est une morale bien plus qu une religion. Il part, contrairement au polythéisme, du principe d'opposition à la nature sensible. 11 regarde cette nature comme une illusion, il repousse donc l'adoration des dieux-nature ou tout au moins la rabaisse, et il y substitue une règle de vie qui doit mener l'homme au souverain bonheur qu'il confond avec la parfaite insensibilité {mrvana). Tel fut l'enseignement fondamental de couadha (1 éclairé) ou Sakyamouni ou Siddhârta, prince hindou qui, au sixième siècle avant Jésus- Uirist, abandonna sa cour et son rang pour prêcher le renoncement, l'égalité des hommes, les devoirs de la charité la plus tendre et la plus dévouée, en y joignant des préceptes d'une austérité toute monacale. Bouddha réunit de nombreux disciples ; sa doctrine lut pendant plusieurs siècles victorieuse du brahmanisme hindou, mais à la fin elle fut proscrite et abandonnée par la plupart des Hindous eux-mêmes (huitième siècle de notre ère). Le bouddhisme subsista cependant à Ceyian et au Nepaul. bon rayonnement dans les autres pays n'en fut pas moins extraordinaire, et aujourd'hui encore Il est la grande religion internationale de l'Asie onentale. On évalue ses adhérents à plus de
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300 millions. Il a eu ses grands conciles, il a ses prêtres, ses couvents et de nombreux moines. Il faut ajouter que, ne répondant pas dans sa teneur première aux besoins religieux de l'àme humaine, il a moins supplanté les religions locales et nationales qu'il ne s'est amalgamé avec elles, contribuant à l'adoucissement des mœurs, mais impuissant contre les superstitions qu'il ne sait pas combattre par la science. Outre Ceyian et le Nepaul, la Chine, l'Indo-Chine, le Thibet, le Japon, et bien d'autres pays asiatiques sont le théâtre de ses immenses conquêtes. Bouddha luimême a été déifié, et le Dalai-Lama, pontife de la religion thibétaine à Lasa, passe pour son incarnation permanente.
Les religioîis monothéistes sont au nombre de trois, le judaïsme, \e christianisme ell'islamisme, si du moins on n'y joint pas le théisme philosophique, religion d'un certain nombre d'esprits distingués, mais à qui semble manquer cette force organique et cohésive qui fait les religions historiques et populaires.
Il y a dans la raison humaine une tendance monothéiste, en ce sens que la raison humaine aime et poursuit l'unité dans toute variété. C'est pour cela qu'au sein du polythéisme développé, dans l'Inde comme en Grèce, il y eut des penseurs qui s'élevèrent par la seule force de leur raison à la notion d'un dieu unique (Anaxagore, Socrate, Platon, etc.). Déjà les polythéismes, en organisant leur panthéon de manière à assigner le rang suprême au dieu considéré comme le plus auguste et le plus puissant de tous (Brahma, Ormuzd, Jupiter, etc.), rendaient hommage à leur manière à ce principe d'unité. Toutefois on peut douter que le polythéisme eût jamais été vaincu sur ce terrain si, intermédiaire entre l'Orient et l'Occident, un petit peuple n'avait eu l'honneur, qui lui a coûté cher, de léguer au monde le principe monothéiste dans des conditions qui permettaient d'en faire celui de la religion de peuples nombreux. Ce fut le peuple d'Isratl.
Lui-même, ses propres annales en font foi, avait commencé par le polythéisme, mais par un de ces polythéismes sémitiques où la mythologie est très réduite. A la suite d'événements dont la narration serait trop longueet qui se résument dans sa sortie d'Egypte sous la conduite du libérateur Moïse et dans son établissement définitif au pays de Canaan, sous le régime d'une confédération plus ou moins resserrée de douze tribus,, il se forma dans son sein un parti national dont le lien était l'adoration exclusive do Yahveh ou Jehovah, dieu du ciel tonnant, mais dieu invisible et dieu jaloux (c'est-à-dire refusant ses faveurs à ceux qui associaient un autre culte au sien). Ce point de vue ne niait nullement l'existence des autres dieux, mais excluait leur adoration. La monolâlrie est donc le point de départ du monothéisme d'Israël. A travers bien des vicissitudes,, souvent compromise soit par le culte populaire du Veau ou jeune Taureau d'or (symbole solaire), soit par l'influence séductrice des religions cananéennes voisines, soit par les visées politiques des rois, la monolâtrie de Jehovah persista comme religion nationale par excellence et se rapprocha toujours plus du monothéisme pur. Ce fut l'œuvre surtout des célèbres prophètes du vii« au V siècle avant notre ère (Elle, Elisée, les deux Esaïe, Jérémie, Ezéchiel, Joël, Amos, etc.). La captivité de Babylone, suivie de la restauration dont ne profitèrent que les éléments jehovistes du peuple déporté, acheva de faire pour toujours du peuple d'Israël, désormais ]Kup\e juif ou de Juda, le représentant du monothéisme dans l'histoire. C'est dans cette période que se constitua le judaïsme proprement dit, avec sa Loi rituelle et morale, ses rabbins (docteurs, commentateurs,
RELIulONS
RENAISSANCE
iuristps et prédicateurs), son attente d un Messie, de la résurrection et du jugement dernier.
Du principe qu'il n'y avait qu'un dieu adorable, le peuple juif était donc arrivé au sentiment très net qu'il n'y avait en réalité qu'un Dieu. Mais sa religion restait exclusivement nationale, supposant un privilège inexplicable accordé par Dieu i son peuple, qui devait tôt ou tard dominer souverainement toutes les nations. C'est ce côte étroit et exclusif du judaïsme qui fut élimine par 1 islamist)ie el \e christianisme.
L'islamisme, bien que venu six siècles après le christianisme, n'en est pas moins logiquement son aîné. Son fondateur Mahomet, ne à la Mecque en L69 n'ayant guère que de vagues notions du christianisme, est un prophète arabe qui prêcha un monothéisme aussi rigide que celui du judaïsme, Vislamisme fdu mot islam, salut). Mais il invita tous les peuples h entrer dans sa religion, et du reste trouva tout naturel que les vrais croyants dominassent temporellement la terre entière et établissent leur dommation par le glaive. Destruction des païens, tolérance, mais assujettissement des monothéistes juifs et chrétiens, tel est son principe. Le Coran qui contient ses enseignements est pour le musulman (c està-dire l'homme résigné à la volonté divmei ce que la Loi attribuée à Moïse est pour le Juif, le code religieux, rituel et civil. 11 réprouve 1 idolâtrie, admet la polygamie en la restreignant, ordonne de nombreuses pratiques de dévotion, et résume sa doctrine religieuse en cette formule célèbre : u II n'y a d'autre Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète. « L'islamisme fit proraptement d'immenses conquêtes et parvint à travers l'Afrique et l'Espagne jusqu'au delà des Pyrénées. Lentement refoulé de ce côté en Afrique, il arriva avec les Turcs dans l'Europe orientale jusqu'aux portes de Vienne. Depuis lors, de ce côté aussi, il recule et se voit menacé dans Constantinople même par l'ascendant des races chrétiennes. Mais il domine encore dans toute l'Asie occidentale, en Arabie, où il a son principal sanctuaire (la Mecque), dans le nord de l'Afrique, dans la Malaisie, et il tait toujours de nombreux prosélytes au sem des populations noires de l'Afrique, dans l'Inde et en Chine. Nous ne saurions résumer de la même manière l'histoire du christianisme sans risquer de présenter comme avérées des opinions pour nous très certaines, mais encore très controversées. C est à chacun de nous de s'en faire une idée rationnelle ens'entourant de toutes les lumières i sa portée. Disons seulement que le christianisme, qui doit tant de force et d'attrait à la personne admirable de son fondateur, Jésus de Nazareth, salué de bonne heure par ses disciples juifs comme Christ ou Me'ssie, est monothéiste comme le judaïsme et l'islamisme, plus ouvert toutefois aux doctrines cherchant i. établir un lien permanent, continu, entre le Créateur et la création, entre Dieu et l'homme. De plus, et comme le bouddhisme, le christianisme est une religion de rédemption ou de délivrance, c'est-à-dire indiquant b. 1 homme la voie de la réconciliation morale avec Dieu. En se répandant parmi les Juifs d'abord, puis dans 1 enapire romain, le christianisme se constiiua sous la forme d'une grande société organisée sous le nom d'Eglise, qui aspira de bonne heure à s'unitier. Mais l'unité ne put être maintenue entre l'Orient et l'Occident (Eglise grecque. Eglise latine), et, dans l'Occident même, les deux éléments, qui, au fond, depuis l'origine, étaient à l'état plus ou moins latent d'antagonisme, — les deux éléments qu à la condition de ne pas trop presser les termes, on peut ramener à la vieille opposition, mentionnée plus haut, du sacerdoce et du propliétisme, — se scindèrent au SM" siècle ou catholicisme romain et protestantisme.
Quelque opinion que l'on professe, il convient de se rappeler que notre civilisation européenne, la première de toutes, maltresse désormais des deux Amériques, se répandant en Afrique, en Océanie et même en Asie, est essentiellement clirélienne, et que tous ceux qui tiennent à conserver dans leur vie publique et privée le principe de la religion en soi ne peuvent que s'incliner avec respect devant le résumé que le fondateur lui-même du christianisme a donné de son enseignement: Iln'ij a qu'un seul Père céleste, et, pour vous, vous êtes tous frères. [Albert ReviUe.] REMÈDES. — V. Médicaments. RENAISSANCE. — Histoire générale, X\l. — A la fin du xv siècle, une révolution politique avait substitué à la féodalité le gouvernement absolu des rois. Une révolution religieuse allait porter une atteinte grave à la puissance de 1 hglise romaine. Enfin une révolution des intelligences allait remplacer par la science nouvelle les connaissances surannées du moyen âge. La reforme * religieuse sortit du libre examen. La renaissance est née de Vlmmanisme. On designs sous ce nem les grands efforts que, pendant près de deux siècles, tentèrent de puissants esprits, Dour renouer avec l'antiquité classique la chaîne interrompue des traditions intellectuelles et morales. C'est par l'Italie surtout que l'Europe fut initiée à la connaissance, on pourrait dire au culte de l'antiquité. Dans les troubles du xiv" siècle, 1 Italie semblait vouloir se consoler des misères présentes en reclierchant dans le passé les titres glorieux de la puissance romaine. Pétrarque et Boccaco fiirent d'infatigables chercheurs de manuscrits anciens. Grâce aux patients eiïorts d'une pléiade d erudits, parmi lesquels se distinguaient le Pogge, Enoch d'Ascoli, Landino, la littérature latine fut enfin tirée de la poussière où elle était si longtemps restée ensevelie. Le désir de connaître et d admi- i rer gagnait les peuples et les princes. Ludovic le More à Milan, les Gonzague h Ma.itoue, les Bentivogli à Bologne, Alphonse V dans les Deux-Siciles favorisèrent îa renaissance latine. L histoire de R^mê ne marquait-elle pas le début de /' lus toire italienne? La politique des uns, 1 orgue 1 national des antres exagéraient peut-être cette P>éte rétrosnective. On promettait un château à qui découvrirait une décade de Tite-Live. On saluait avec ènthousiasmeTite-Live et Tacite, César et Ciceron, Lucrèce et Virgile, ces grands ancêtres qui semblaient sortir du tombeaS, pleins de gloire et forts d'une nouvelle jeunesse.
L'étude exclusive du latin n'était pas sans danger pour le développement futur de 1 l'»>"'^"'^,'"f: La 1 ttérature latine, faite à l'image d un peuple quiavaitTarlé surtout la .langue des|.fl-res,res- ■ serrée dans le cadre étroit de 1 histon-e, de 1 elonuènce et dune poésie qu'on pourrait appeler prat Sue, n'ouvrait pas i l'esprit dos horizons lumineux La littérature grecque, plus désintéressée, "our ainsi dire, et par-cela mên.e P'us artistique dans les chants de ses poètes, dans les discours de ses ora eurs, dans les dissertations de ses plufo'so'phe: révélait au monde "- ^'f '""f X^ «antp iileine de sève encore, maigre les siecies écoutés faite en un mot de grandes et larges fdees exprimées dans le plus beau langage tjue •tnim^f'ait jamais parlé. Le '""> P~f„«;! à un monde étroit et dogmatique. La langue giec nue avec ses délicatesses exquises auxquelles s^iôutait comme un charme de plus, une admirable uécision, devait séduire les générations du xvi' siècle, éprises avant tout des splendeurs ^t'ë^lTFtencrsTr-tout que -a Grèce trouva des admirateurs passionnés. Cosme "e Medicis 1- 3»- UW j olTrit l'hospitalité aux savants grecs chasses de Constantinople (U53). Il jeta les fondements
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de 1 ccole grecque qui se développa plus lard avec Marsilo Ficin, I>ic de la Mirandole, Politien, Cavalcaiiti. Platon devint bientôt l'objet d'une admiration très vivo. Il eut, comme Dante, ses lecteurs et ses commentateurs enthousiastes. Des études grecques résultèrent en littérature la rhétorique moderne, en philosophie une sorte de néo-platonisme, favorable aux doctrines panthéistes, dangereux pour les croyances du catholicisme romain.
Les manuscrits anciens étaient retrouvés. Il s'agissait de les répandre h bon marché et par nombreux exemplaires. Ce fut l'œuvre de l'imprimerie. De 14-38 aH40,Ga?nsfleischde Sugeloch, dit Gutenberg, développait h Strasbourg les découvertes encore incomplètes de Laurent Coster de Harlem. En H59, le gouvernement de Charles VU installait une imprimerie dans les bâtiments de la Sorbonne. En 1102, l'invention nouvelle était apportée en Italie par Sweynheim et Pannartz. De liGh à U71, on imprima en Italie 12000 volumes. Les livres sortirent en très grand nombre des presses de Lyon {H74), Angers (1477), Poitiers (HÎ8),Caen (1480), Rennes (14s4),Abbeville( 1480), Besançon et Rouen (I487\ Orléans (liOn), Dijon (1491), Nantes (1493), Limoges (1495), etc. Transportée à la même époque dans les autres Etats européens, l'imprimerie devint l'agent le plus actif de la renaissance littéraire et scientifique.
Alors commença en Italie le siècle inimitable qui a gardé le nom des Médicis (Laurent, 1409- 1492, Léon X, 1514-1521). Alors les lettres brillent d'un éclat incomparable, avec Machiavel et Guichardin, Boiardo, Pulci, Ariosto, etc. Dans les arts, Cimabuë, Giotto, Fra Angelico, Masaccio, Ghiberti, Donatello, ont pour successeurs Leonardo da Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Benvenuto Cellini. Alors se fondent les grandes écoles artistiques de Rome, de Lombardie (Antonio Allegri, ou le Corrège), de Venise (Tiziano Vecelli. ou le Titien) de Bologne (les Carrache), et plus tard de Naples (Salvatôr Rosa).
En France, le génie politique de la nation donna à la littérature nouvelle une singulière originalité. Protégée par des princes intelligents, éclaii os, amis des arts, poètes pour la plupart, la renaissance françai.^e produisit une littérature qui ne fut pas comme celle de l'Italie purement artistique, mais qui toucha aux grands problèmes politiques et religieux que le xvi" siècle a agités. Louis XII protégea le poète Gringoire, qui le servit dans sa lutte contre Rome. François 1" fonda le Collège de France, monument de la tolérance royale, en face de la catholique Sorbonne. Clément Marot et Marguerite de Valois, Budé, Calvin et Rabelais donnaient de beaux titres littéraires à la langue française, que l'édit de Villers-Cotterets déclarait dans le môme temps la langue des affaires.
Dans la seconde moitié du xvi" siècle domine une école grave et sérieuse. C'est le temps des jurisconsultes, avec Cujas et les professeurs de Bourges. Là se forme la grande magistrature française, qui comptera des politiques comme IHospital, des écrivains comme la Boétie.
La réforme pénètre dans l'enseignement avec Ramus. De grands collèges sont fondés à Paris et dans les provinces. Le corps enseignant s'inspire des doctrines nouvelles; il ouvre ses rangs à des protestants et même à des Israélites (Jean de Govea à Bordeaux). Ce développement de l'esprit français est vraiment original. La poé^ie seule subit liiifiuenco de l'Italie. Elle a l'enthousiasme et 1 audace de la jeunesse, avec du Bellay, Ronsard et la Pléiade.
Sous les fils de Henri II, le désordre des temps donne naissance au scepticisme de Montaigne, aux (adcurs de Desportes. Les événements politiques font naître les mémoires (Montluc), l'élo-
quence politique (l'Hospital). La hmgue française trouve de savants et brillants défenseurs dans Estienne et son école.
Autour d'IIenry de Béarn se groupent les écrivains protestants, Duplessis-Mornay, d'Aubigné, Régnier de la Planche ; autour du roi de France. Duperron, d'Ossat et les auteurs de la Satire Ménippée.
Elevés à l'école de l'Italie, protégés par les rois, les artistes français, architectes, sculpteurs, peintres sur vitraux, Pierre Lescot, Philibert Delorme, Germain Pilon, Jean Cousin, donnaient à la France d'admirables chefs-d'œuvre. Bernard Palissy dérobait à l'Italie le secret de l'émail (l'j65). L'art français du xvi'' siècle, né de l'inspiration antique et de l'étude raisonnée des œuvres modernes, savait rester original, même dans l'imitation.
Toute l'Europe, à l'exception des Etats orientaux, a subi T'influence féconde de l'Italie et de la France. L'influence italienne au xvi" siècle paraît s'être exercée surtout sur l'Espagne et l'Angleterre; celle de la France ne s'exerce que plus tard sur l'Allemagne et les pays Scandinaves (xvii' et xviii" siècles). Chaque pays d'ailleurs modifia les influences étrangères suivant la tournure et les ressources de son caractère propre. Le xvi» siècle fut l'âge d'or de la littérature espagnole. Cervantes (1547-lGlC) publia le Don Quichotte. Alonzo de ErciUa donnait à l'Espagne son meilleur poème épique, la Araucana. Lope de Vega (1572-1I..33) composa plus de vingt millions de vers ; Alarcon, mort en 1035, Tirso de Molina (1585-1648), Calderon (1G00-1G81) furent ses émules. Mariana et Herrera écrivirent des ouvrages d'histoire estimables. L'art espagnol s'enrichissait des chefs-d'œuvre de Juanès (1523- 1581), de Ribera (né en 1539), plus tard de Zurbaran, de Murillo et de Velasquez. L'art devait d'ailleurs survivre à la littérature. Avant la fin du xvi' siècle elle tombait en décadence avec Luis de Gongora (1501-1627), créateur d'un style affecté et prétentieux qui a pris le nom de « gongorisme ». Une démarcation très nette s'établit alors entre les trois littératures sœurs de France, d'Italie et d'Espagne. En France, le ton restait grave, les allures sérieuses. Les fadeurs de Desportes, les essais de du Bellay et de Ronsard n'avaient obtenu qu'un médiocre succès. En Italie et en Espagne, le goût se corrompit bientôt. Les concetti, les antithèses forcées, le galimatias, infectèrent tous les ouvrages. L'emphase italienne et espagnole devait réagir plus tard sur la littérature française, comme elle agit d'abord sur la littérature anglaise.
La passion des voyages, s'il faut en croire Shakespeare, poussait déjà un grand nombre d'Anglais à visiter le continent. Ils revenaient le plus souvent épris de la littérature italienne. Fairfax traduisit le Tasse, Harrington l'Arioste. Les modes, les manières, le langage de l'Italie devinrent l'objet d'une imitation passionnée, exagérée. «Les Anglais, disait-on au temps d'Elisabeth, sont plus au courant des histoires de Boccace que des récils de la Bible. » Mais ce furent surtout les défauts de l'Italie que l'Angleterre copia. John Lilly fut le père de Vcuphuhme, style ridicule et prétentieux que Shukespeare railla plus tard, et qui ressemblait au « gongorisme ». Elisabeth fut la plus détestable dos « cuphuistes». La cour s'était engouée de l'euphuisme, comme un siècle plus tard elle s'engoua du français. Philippe Sydney faisait connaître h. ses compatriotes les drames espagnols, les poèmes de Ronsard et les sonnets de l'Italie. Le public s'arrachait les écrits de Greene et de Nash. La littérature anglaise so formait. Elle n'était pas encore vraiment originale; mais après la défaite de 1 Armada espagnole (1588), devenue grâce à ses politiques et à ses
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soldats une grande puissance, l'Angleterre conquit aussi dans les lettres une indépendance glorieuse avec Spenser (the Fairie Qiieene, la Reine des Fées), Shakespeare et Bacon.
L'Allemagne, absorbée dans les luttes religieuses, ne tira pas grand profit de la renaissance littéraire au xvi' siècle. Dans le Nord, les universités, formées sur le modèle de celle de Paris, s'attardaient dans des débats dignes du mnj'en âge. On ne lisait avec faveur, après les livres dogmatiques de la Réforme, que les pamphlets de Ulrich de Hutten, les 0 Lettres des hommes obscurs », ou les spirituels ouvrages du Flamand Erasme. La langue allemande se formait lentement. Luther .-ivait traduit la Bible en langage saxon. Ce dialecte devint pour les Allemands ce qu'avait été l'attique pour les anciens Grecs. Le poète populaire Hans Sachs (1494-1571.) composait des drames, des contes, des pièces comiques. L'Allemagne élevait son premier théâtre à Nuremberg (1550). Mais les événements poliliques retardèrent de deux siècles l'éclosion de sa renaissance littéraire.
Les sciences ne varient pas, comme les lettres et les arts, suivant les aptitudes diverses des différents peuples. Elles constituent dans leur ■ précision et leur universalité le patrimoine commun de l'humanité. Copernic et Tyclio-Brahé, Kepler et Galilée déterminèrent les 'lois physiques qui régissent les mondes. Le Français Viète, l'Italien Tartaglia, l'Ecossais Napier, développaient l'algèbre et créaient pour ainsi dire une arithmétique nouvelle. L'observation devenait la base de toutes les sciences, comme le voulait Bacon le philosophe. La médecine, moins entravée par les préjugés d'un autre âge, allait développer les principes d'Hippocrate et de Galion. Pierre Brissot. Guillaume Cop, Fernel, Gonthier d'.Nndernach, Vesale.Jean de Carpi, Ambroise Paré, créaient les sciences nouvelles de la pathologie, de l'anatomie, de la chirurgie.
La pensée si longtemps prisonnière se voyait enfin délivrée. Le monde physique s'agrandissait aussi. Les grands voyageurs du xvi« siècle faisaient connaître à l'Europe étonnée les civilisations étranges du Mexique, du Pérou, de l'Extrême Orient, des régions polaires. Jamais l'esprit humain n'avait entrevu d'horizons aussi vastes. Jamais l'homme n'avait mieux senti sa propre valeur. Le désir de la liberté, le sentiiiient que cette liberté était juste et nécessaire, se révélaient partout, dans la politique, dans la religion, comme dans la science et la littérature. C'était bien une société nouvelle qui se formait d'après des principes contraires à ceux des sociétés antérieures. Le moyen âge avait eu la foi : le xvi' siècle restait sceptique avec Montaigne, et croyait avec Bacon i la nécessité de l'expérience. Le moyen âge avait été « ecclésiastique » ; l'Eglise alors instruisait les peuples et dominait les rois. Au xvi= siècle, les peuples réclament la libre pensée; la science, la littérature, l'art deviennent laïques. Les rois menacent l'Eglise, la raillent, l'abandonnent ou la soumettent à leurs caprices. La révolution de l'intelligence complète la révolution religieuse.
[L.-G. Gourraigne.]
Lectures et dictées. — Il y avait dix-sept siècles qu'une grande pensée triste avait commencé à peser sur l'esprit de l'homme pour l'accabler, puis l'exalter et l'affaiblir, sans que jamais, dans un si long intervalle, elle eût lâché prise. C'était l'idée de l'impuissanceet de la décadence humaine. La corruption grecque, l'oppression romaine et la dissolution du monde antique l'avaient fait naître; à son tour elle avait fait naître la résignation stoique, l'insouciance épicurienne, le mysticisme alexandrin et l'attente chrétienne du royaume de Dieu. « Le monde est mauvais et
perdu : échappons-lui par l'insensibilité, par l'étourdissement, par l'extase. » Ainsi parlaient les philosophies, et la religion, arrivant par-dessus elles, avait ajouté qu'il allait finir : n Tenez-vous prêts, car le royaume de Dieu est proche. » Mille ans durant, les ruines qui se faisaient de toutes parts vinrent incessamment enfoncer dans les cœurs cette pensée funèbre, et quand du fond de l'imbécillité finale et de la misère universelle l'homme féodal se releva par la force de son cou- i rage et de son bras, il retrouva, pour entraver sa pensée et son œuvre, la conception écrasante qui, proscrivant la vie naturelle et les expérances terrestres, érigeait en modèles l'obéissance du moine et les langueurs de l'illuminé.
Par sa propre force, elle empira. Car le propre d'une pareille conception, comme des misères qui l'engendrent et du découragement qu'elle consacre, c'est de supprimer l'action personnelle et de remplacer l'invention par la soumission. Insensiblement, dès le IV' siècle, on voit la règle morte se substituer à la foi vivante. Le peuple chrétien se remet aux mains du clergé, qui se remet aux mains du pape. Les opinions chrétiennes se soumettent aux théologiens, qui se soumettent aus Pères. La foi chrétienne se réduit'îi l'accomplissement des œuvres, qui se réduit à l'accomplissement des rites. La religion, fluide aux premiers siè clés, se fige en un cristal raide, et le contact gros sier des barbares vient poser par-dessus une couche d'idolâtrie : on voit paraître la théocratie et l'inquisition, le monopole du clergé et Tinter diction des Ecritures, le culte des reliques e l'achat des indulgences. Au lieu du christianisme l'Eglise ; au lieu de la croyance libre, l'ortliodoxii] imposée ; au lieu de la ferveur morale, les prati ques fixes ; au lieu du cœur et de la pensée agisj santé, la discipline extérieure et machinale : C!| sont là les traits propres du moyen âge. Soiil cette contrainte, la société pensante avait cess de penser; la philosophie avait tourné au manut et la poésie au radotage, et l'homme inerie, agc nouille, remettant sa conscience et sa conduit aux mains de son prêtre, ne semblait qu'un mai nequin bon pour réciter un catéchisme et psalim dier un chapelet.
Enfin, l'invention recommence; elle recon mence par l'effort de la société laïque qui a rejet la théocratie, maintenu l'Etat libre, et qui à pn sent retrouve ou trouve une à une les industrie les sciences et les arts. Tout se renouvelle ; l'Am rique et les Indes sont découvertes, la figure de terre est connue, le système du monde est annonc la philosophie moderne est fondée , les scienc expérimentales commencent, les arts et les litt ratures poussent comme une moisson, la religii se transforme ; il n'y a point de province da l'intelligence et dans l'action humaine qui ne si. défrichée et fécondée par cet universel effort, i est si grand, que des novateurs il passe a; retardataires, et redresse un catholicisme i face du protestantisme qu'il a dressé. Il semli que les hommes aient ouvert tout d'un ce» les yeux et voiejit. En effet, ils entrent dîJ une forme d'esprit nouvelle et supérieure. C't le trait propre de cet âge, qu'ils ne saisissit plus les choses par parcelles, isolément, ou j* des classifications scolastiques et mécaniqu, mais d'ensemble, par des vues générales et ceplètes, avec cet embrassement passionné dD esprit sympathique qui, placé devant un V£9 objet, le pénètre dans toutes ses parties, le 1* dans toutes ses attaclies, se l'approprie, se IJ^ simile, s'en imprime l'image vivante et puissaifc si vivante et si puissante qu'il est obligé d(l» traduire au dehors par une œuvre d'art ou i* action. Une chaleur d'âme extraordinaire, le imagination surabondante et magnifique, des 3-
IIENONGULACEES
IIENONGULACEES
mi-visions, dos visions entières, des artistes, des croyants, des fondateurs, des crcnleurs, voili ce qu'une pareille forme d'esprit produit au jour ; car, pour créer, il faut avoir, comme Lutlier et saint Ignace , comme Micliel-Ange et Shakespeare, une idée non plus abstraite, partielle et sèche, mais figurée, achevée et sensible, une vraie créature qui s'agite intérieurement et fait effort pour apparaître à la lumière. C'est ici le grand siècle de l'Europe et le plus admirable moment de la végétation humaine. Nous vivons encore aujourd'hui de sa sève, et nous ne faisons que continuer sa poussée et son effort. (H. Taine.) UE>'Oi\ClILAt;ÉES. — Botanique, XXII-XXIV. — Etym. : Kenonculacées vient de 7-enoncule, nom de l'un des genres do celte famille.
Défiiiilton. — Famille de plantes dicotylédones dialypétales Ji ovaire supère.
Cette famille nous présente quelque intérêt au point de vue do l'histoire de la botanique. C'est en l'étudiant, qu'Antoine-Laurent de Jussieu a été conduit à admettre que tous les caractères d'une plante n'ont pas la même valeur, qu'il y en a de primordiaux et de secondaires, et surtout que cliacun d'eux n'a de valeur que considéré dans ses rapports avec les autres. Se fondant sur ce principe de la valeur relative des caractères de chaque plante, A.-L. de Jussieu donna il l'Académie des sciences, dont il faisait partie, la première classification naturelle des végétaux (ITÎ4).
Caractères botaniques. — La graine des Renonculacées est lisse et brillante ou granuleuse; le raphé y est très proéminent; son tégument séminal est crustaco; il recouvre un petit embryon placé à la base d'un albumen corné; chez les pivoines [P^eonia) cet albumen est charnu.
Les racines sont fasciculées ; la première racine qui naît de l'embryon au moment de la germination, donne très rapidement naissance à des racines secondaires d'égal volume qui se ramifient à leur tour abondamment. Dans certains cas, ces nombreuses racines se renflent de distance en distance pour former des fmlbilles qui servent i la dissémination de la plante. Ce phénomène s'observe surtout chez la ficaire. Dans le midi de la France, où cette plante fleurit très abondamment, où SOS graines arrivent facilement à maturité et assurent ainsi sa reproduction, on ne voit jamais ses racines produire de bulbilles. Au contraire, dans le nord de la Franco, surtout lorsque la saison d'été est pluvieuse, la ficaire produit peu de fleurs, ses graines mûrissent difficilement, et alors ses racines se couvrent de bulbilles. Chaque bulbille est un petit tubercule, gorgé de matières nutritives, qui passe l'hiver dans le sol. Au printemps il émet des racines et des tiges, et reproduit ainsi une plante entière. La tige des Renonculacécs est ordinairement herbacée et dressée, ou transformée en rliizome; chez le Iianu7icului bulbosus elle se renfle à sa base en un bulbe. Dans quelques genres, quoique toujours relativement grêle, elle devient ligneuse ei sarmenteuse (clématite, naravolia). L'anatomie de cette tige offre quelques particularités intéressantes; ses faisceaux primaires, peu nombreux, ont une structure comparable à celle des faisceaux des plantes monocotylédouées. Ils sont môme pourvus d'une lacune, dite lacune antérieure parce qu'elle se trouve entre les plus petites trachées et le liber interne; et, excepté chez les Cléniatidées, ils ne présentent qu'un accroissement secondaire très faible. Leur zone cambiale s'éteint très rapidement; on les désigcie alors sous le nom de faisceaux fermés.
Les feuides sont alternes, sauf chez les Clématidées. où elles sont opposées. Elles se composent d'un limbe et d'un pétiole bien développés. Le limbe est quelquefois entier, mais lu plus souvent
profondément divisé, de sorte que les feuilles peuvent être : entières (mj-oaurus), dentées (ficaire , populage) , pédalées (ellébore fétide, ellébore noir), pinnatifides (adonis, thaliotrum, nigelle), palmilobées ou palmitifides (dauphinelle, aconit, renoncule), composées (cléniatidées), décomposées-ternées (ancolie, etc.). Souvent le pétiole se dilate h sa base de façon h devenir engainant (amplexicaule) ; chez les Ihalietrum et les Kammciilus, il est accompagné d'appendices stipuliformes; chez ]es Naravelia, plantes grimpantes de l'Asie tropicale, le pétiole est contourné en vrille. Les feuilles sont parfois toutes radicales, et, dans ce cas, celles que portent les hampes florales sont plus réduites et passent insensiblement aux bractées, ou bien elles deviennent sessiles et forment un involucre à la fleur (anémone, hépatique).
Les fleurs sont tantôt terminales ou .solitaires (clématite h fleurs bleues, anémone des bois), tantôt disposées en grappes (aconit) ou en panicules (thalietrum). Elles sont régulières ou irrégulières; elles sont hermaphrodites, excepté dans un petit nombre de genres où elles sont dioïques parce que, dans certaines de leurs fleurs, les étamines ne se développent pas, tandis que, dans certaines autres, ce sont les carpelles qui ne se sont pas développés.
Le caractère général de la fleur des Rononculacées, c'est que tous ses organes sont disposés suivant une spirale continue qui commence au premier sépale et se termine au dernier carpelle, comprenant successivement tous les sépales, tous les pétales, toutes les étamines et tous les carpelles.
Chez ces plantes, les glandes à nectar semblent être d'une grande importance pour assurer leur reproduction, car elles ne font jamais défaut; elles sont toujours portées par les pétales, à moins que ceux-ci n'existent pas, ainsi que cela arrive chez un certain nombre de genres; dans ce cas, les étamines les plus extérieures se changent en appareils nectarifères.
En général, la fleur présente de l'extérieur à l'intérieur :
1" Un calice composé ordinairement de cinq sépales (renoncule, ancolie, nigelle, pivoine, dauphinelle, aconit), ou de trois (ficaire), ou de huit (adonis), ou d'un plus grand nombre. Ce calice est ordinairement pétaloido et vivement coloré, même chez les plantes pourvues de corolle ; ce n'est que chez les renonculées et les péoniées qu'il a l'aspect ordinaire d'un calice. Il est régulier, ou rarement irrégulier chez les dauphinelles, où le sépale postérieur est prolongé en éperon, et chez les aconits, où les deux sépales antérieurs sont soudés en casque.
2" Une corolle, composée ordinairement de cinq pétales (renoncule, ancolie), ou de huit (pivoine, acoiiit, nigelle, ficaire), ou de deux ou de quatre (actée, dauphinelle), ou de dix à quinze (ellébore, adonis, etc.). Dans quelques genres cette corolle fait complètement défaut (populage, anémone, thalietrum, clématite). Les pétales sont non moins variables dans leur forme que dans leur nombre ; comme ils n'ont d'autre rôle que de porter les glandes h nectar, ils sont souvent fort petits, presque invisibles, tandis que les sépales devenus pétaloides constituent alors à eux seuls l'enveloppe éclatante de la fleur. Les pétales sont très développés chez les renonculées et les pivoines, où ils sont plans et étalés, et chez les ancolies, où ils ont la forme de cornets; ils sont petits, exclusivement nectarifères, chez les ellébores, les nigelles, les garidelles, etc., où ils ont les formes les plus diverses. Les pétales sont inégaux et forment une corolle irrégulière chez les dauphinelles, où les deux postérieurs sont soudés et prolongés en un éperon, et chez les aconits, où les doux antérieurs sont pédicules on
RENONCULACEES
RENTES
forme de capuchon, et cacliés sous le casque fornu; par le calice, tandis que les autres sont ordinairement filiformes.
3" Un am/rocéf composé de nombreuses étamines liypogynes à filets filiformes et à anthères h deux loges extrorses ou latérales.
i" Dn gynécée composé de carpelles en nombre variable, ordinairement très nombreux. Il y en a un seul chez l'actée, deux à cinq chez la pivoine, cinq chez l'ancolie, huit chez la nigelle; un nombre h peu près indéfini chez les ellébores, renoncules, anémones, clématites, etc. Ces carpelles sont libres, excepté chez la nigelle où ils sont soudés au centre de la fleur. Le stigmate assez développé est quelquefois sessile. Les ovules sont anairopes, unitégumentés ou bitégumentés. Souvent chaque carpelle n'en contient qu'un seul (renoncule, clématite, myosurus, etc.), ou bien dans chaque carpelle il y a deux rangées d'ovules placés horizontalement (ellébore, nigelle, ancolie, pivoine, etc.).
Le fruit est sec, déhiscent ou indéhiscent; dans le cas où les carpelles sont uniovulés, chacun d'eux devient un akène; dans le cas où les carpelles renferment deux séries d'ovules, chacun d'eux devient un follicule Chez la nigelle, où les carpelles sont soudés, le fruit, sec et déhiscent, prend le nom de capsule; chez l'actée, le fruit est charnu : l'unique carpelle de la fleur devient une haie à la maturité.
Dans le cas où le fruit est un follicule, la déhiscence se fuit par la rupture de la ligne de suture ventrale de chaque carpelle; chez les nigelles, cette ligne de suture ne se fend que dans sa partie supérieure.
CUassifi cation. — La famille des Renonculacées comprend entre autres les grouiies suivants : les Clématidées. plantes grimpantes (genres Clématite et Naravelia) ; les Anémonées (genres Anémone, Adonis, Myosoius); les Renonculées (genres Renoncule et Ficaire); les Elléborées (genres Populage. Ellébore, Nigelle, Ancolie, Dauphinelle, Aconit); les Péoniées (gpnre Pivoine).
Usages des Renonculacées. — Toutes les Renonculacées soni acres et vénéneuses ; mais le principe vénéneux qu'elles renferment est volatil et disparaît par la dessiccation ou la cuisson, de sorte que certaines d'entre elles sont comestibles.
1. Renonculacées comestibl-s. —La Renoncule scélérate, ainsi nommée parce qu'elle est des plus vénéneuses, perd ses propriétés toxiques par une cuisson prolongée et est mangée comme légume. Il en est de même des jeunes pousses de la Clématite fl'imiiièle. La Ficaire cesse d'être vénéneuse après sa floraison, et devient ainsi comestible. Dans le midi de l'Europe et en Orient, on cultive la higelle pour récolter ses graines, dont on se sert pour assaisonner le pain.
2. Rciiniicuiacées médicinales. — Presque toutes les Renonculacées ont été utilisées en médecine, quoique beaucoup d'entre elles soient toxiques quand elles sont employées à haute dose. La plupart sont aujourd'hui tombées en désuétude.
A cause de leur àcreté même, il en est qui sont vésicantes et servent à remplacer les cantliarides, dans les pays où elles croissent; ce sont les Clemati^ erecla. Cl. vilalha. Cl. flatnmubi. Avec les feuilles de la Clématite des haies ' Clematis vitalha) les mendiants simulent des ulcères, ce qui a valu à cette plante le nom i'herbe aux gtieux.
L'Anémone pulsatile est employée, à l'étal frais, pour combaitr.^ la paralysie de la rétine et aussi les rhumatismes.
Le Pigamon jaune (Thnlietnim flavum) est employé pour couper les fièvres intermittentes;
on le désigne souvent sous le nom de Rhubarbe des pauvres.
La Dauphinelle ries champs ou Pied- d'alouette est vermifuge, et en même temps très apéritive.
Les graines de la Slaphijsaigre (Delphinium staphf/sogria) réduites en poudre sont usitées pour détruire la vermine de la tête; et, d'une façon générale, c'est un excellent insecticide. Elles sont quelquefois employées comme vomitif.
Les Ellébores sont extrêmement vénéneuses; dans l'antiquité elles étaient fort recherchées parce qu'on croyait qu'elles guérissaient de la folie ; on leur attribuait aussi des propriétés purgatives.
VAconit Napel est non moins vénéneux que les ellébores ; cependant il est encore aujourd'hui usité en médecine, mais toujours k fort petite dose; ses feuilles et ses graines seules sont employées.
Le Cimifu^/a serpeiitiirio est em\Aoyé en Amérique contre la morsure du Crotale.
La Pivoine officinale a joui d'une grande célébrité ; au moyen âge, elle jouait un grand rôle dans la sorcellerie; aujourd'hui encore, dans certains pays, on croit que les colliers qui sont faits avec ses graines préservent les jeunes enfants des convulsions. Elle n'a plus aucun usage. Eu Sibérie, il croit une autre espèce de Pivoine, la Pivoine anormale, dont la racine est employée par les habitants pour combattre les fièvres intermittentes.
:3. Renonculacées tinctoriales. — Quelques Renonculacées fournissent un principe colorant jaune; ce sont;
Le Coptis trifoliatu.
VHg'lrostis catiadensis (Amérique).
Le Xmithiirhiza apiifoha (Amérique).
4. Renonculacées oryiemeyitales. — Les Renonculacées sont recherchées comme plantes ornementales à cause de la beauté de leurs fleurs. Comme elles ont des étamines très nombreuses, les fleurs deviennent facilement doubles par la culture, ce qui ajoute encore à leur éclat. Nous citerons les principales :
Les Clématites,
Les Anémones,
Les Renoncules,
L'Ellébore noir ou Rose de Noël,
Les Ancolics,
Les Dauphinelles {Pied-' l'alouette à fleurs doubles ; Dauphinelle d'AJa.r, ainsi nommée parce que sa corolle forme des dessins que l'on a comparés au.x lettres AIA qui sont les trois premières du mot Ajax),
L'Aconit Napel,
Les Pivoines. (C.-E. Bertrand.]
UEiVTES. — Arithmétique, XLVl. — On appelle rentes une suite de sommes qui sont payées à des époques déterminées. Ces sommes ne sont autre chose que l'intérêt d'un capital appartenant au cenlier, c'est-à-dire au possesseur de la rente, soit qu'il ait réellement prêté ce capital, soit qu'il en ait acquis la possession par suite de transactions particulières. Au point de vue de l'enseignement, la question des reiites ne diffère en rien de celle des intérêts, et nous n'aurions qu'à renvoyer le lecteur à cette dernière, s'il n'était pas nécessaire d'entrer dans quehiuc-s détails au sujet des tentes payées par l'État, h cause de la grande place qu'elles occupent dans la fortune publique. Nous y ajouterons quelques indications sur les rentes viagères.
1. Rentes si'r l'Etat. — L'Etat peut se trouver en face de besoins extraordinaires pour lesquels le produit des impùts annuels serait insufflsanl, par exemple, une guerre à entreprendre, des travaux h exécuter, etc. Dans ce cas, il cherche.
RENTES
RENTES
comme les particuliers, des ressources dans un emprunt; mais il ne rembourse jamais le capital ; il s'engage seulement Ji payer l'intérêt : c'est, cet int6r6t qui est désigné par le nom de rentes sur l'Etat. En échange de son argent le prêteur reçoit un titre nommé inicription de retite, dont il détache, à dos époques déterminées, un petit carré nommé coupon, portant le montant de la rente avec le jour de l'écliéance. En remettant lo coupon aux bureaux do l'Etat, le rentier touche la rente qui lui est due.
Il y a trois espèces de rentes sur l'Etat : 1° les rentes 4 1/2 et 4 p. 100, payables par semestres, le 22 mars et le 'JS septembre ; T les rentes 3 p. 100, payables par trimestres, le 1" des mois de janvier, avril, juillet et octobre ; 3° les rentes 5 p. 100, payables aussi par trimestres, le IK des mois de février, mai, août et novembre.
Ce sont ces deux dernières qui sont les plus considérables. Au \" janvier 18"9, le montant des rentes payées par l'Etat était :
En rentes 5 p. 100 34G 001 60i fr.
— 4 1/2 p. ICO... 37 450 476
Il faudrait y ajouter une quatrième rente, le
3 p. 100 amortissable, qui résulte d'un emprunt autorisé par une loi du 11 juin 1878. Au contraire d3s autres rentes, celle-ci doit être remboursée par voie de tirage au sort, dans un espace de soixante-quinze ans.
Ces expressions rentes 5 p. 100, 3 p. 100,
4 1/2 p. lOOj 4 p. 100 signifie qne pour une rente de 5 fr., de 3 fr., de 4",.iO, de 4 fi., l'Etat donnerait un capital de 100 fr., au cas où il jugerait à propos d'effectuer un remboursement. — V. Dette puhlir/ue.
Il peut arriver que le propriétaire d'une inscription de rente ait besoin de son capital. Il vend alors son titre à un acheteur qui se substitue à lui et reçoit la rente h sa place Si l'Etat est dans une situation prospère, on a l'assurance que la rente sera régulièrement payée ; en raison de cette sécurité la valeur du titre augmente plus ou moins. Si, au contraire, l'Etat se trouve en face d'embarras financiers ou autres, on peut craindre qu'il ne soit pas en mesure de payer exactement la rente, le titre perd alors de sa valeur et se vend à un prix plus ou moins bas. Ce prix variable est ce qu'on appelle cours de la rente. La vente et l'achat de ces titres se font à Paris, et dans quelques autres grandes villes, dans un local particulier nommé la Bowse, et par l'intermédiaire des agents de change, qui ont seuls le droit d'opérer ces transactions. Ils perçoivent pour leurs honoraires, comme frais de commission, 1/8 p. 10(1 sur lo capital employé, c'est-àdire 12 centimes et demi par 100 fr. Quand le cours de la rente est égal h sa valeur nominale, on dit qu'elle est au pair.
On dislingue les rentes en renies nominatives et rentes au porteur. Les premières sont inscrites au Grand-Livre avec le nom de leur propriétaire. Quant aux autres, le nom de celui qui les possède ne figure nulle part; l'Etat paie la rente à celui qui lui présente le coupon. Ces derniers titres ont l'avantage de pouvoir passer de mains en mains, en quelque sorte, aussi facilement que les pièces de monnaie ou les billets de banque ; cette cession est soumise, au contraire, à quelques formalités pour les titres nominatifs. Au reste, il est toujours facultatif de faire convertir un titre nominatif en un titre au porteur et réciproquement.
Nous allons maintenant traiter quelques problèmes relatifs aux négociations des rentes sur lEtat.
PiiOBLÈME 1. — On arhèle 840 /;■. de renies 5 /). 100 le 27 décem/jre 1880. Quel est le capital di'/)Oursé, le cours de la renie étant ce jour-là 119,25?
Une rente de 5 fr. coûte 110'', 25.
Uiie rente de 1 fr. coûte 5 fois moins, ou 1I9,V5 Une rente de 840 fr. coûtera
23,85 X 840 = 20034 fr.
Au capital il faudra ajouter :
Courtage de 1/8 p. 100 sur 20 034 fr., c'est-à-dire 25',04
Timbre sur le bordereau de l'agent de change I ,80
Timbre sur le reçu 0 ,10
Total des frais à ajouter au capital 2G',94
Nota. — Le droit de timbre sur le bordereau est de 1",80 pour tout achat dont le montant est de lOOOOfr. et au-dessus, et seulement de Of'',60, quand le montant est au-dessous de cette somme.
PnoBi.ÈME 2. — Au cours de 84,95, la rente de 3 p. 100 coiUe-t-elle p/u< ou moins cher que la rente 5 p. 100 au cours de 119,25 ?
En 3 p. 100 une rente de 3 fr coûte 8if'',95;
84 95 une rente de 1 fr. coûterait — r — =28''',316.
En 5 p. 100 une rente de 5 fr. coûte 1 19",25 ;
1 19 2.i une rente de 1 fr. coûterait — -^ = 2-3'', 85.
C'est la rente 3 p. luO qui coûte le plus cher ; la différence du prix de l'achat de 1 fr. de rente est :
PnoBLÈME 3. — Le cours du 5 p. 100 étant 119,10, guel devrait élre ce j'>ur-là le cows du 3 jD. 100, ]iour que le taux de l'intérêt fût le même dans les deux rentes.
Une rente de 5 fr. coûte 119",10, abstraction faite des frais de négociation.
Une rente de 1 fr. coûterait — ^2.1'', 83.
Une rente de 3 fr. devrait coûter :
Problème 4. — Quel capital représente tme rente de m> fr. en 4 1/2 p 100 au cours de 9;'%7â .' Quelle sent t'migmeidation que recevra le capital, si le cours de la rente s'élève à 95 fr.
Une rente de 4", 50 correspond à un capital de 92",75.
Le capital correspondant à 1 fr. de rente serait 92,75 4,5 '
Le capital demandé sera 105 fois celui-ci, c'està-dire :
0V^X195=HLi^ = 4019M7.
Lorsque le cours de la rente s'élève de 92'',75 à 95 fr., le rentier gagne 2",25 sur chaque titre. Or le nombre do ses titres est :
RENTES Lg bénéfice total est donc :
1840 — RENTES
Table de mortalité dressée par Déparcieux.
L'augmentation qu'a prise le capital est de 7"",50.
Observation. — Les problèmes qui précèdent suffisent pour indiquer la marche à suivre dans les questions élémentaires relatives aux rentes sur l'Elat. Des développements plus étendus sur des opérations plus compliquées sortiraient du cadre de l'enseignement primaire ; c'est dans les ouvrages spéciaux qu'il faut les étudier.
II. Rentes viagères. — Une personne cède la propriété d'un capital, en numéraire ou en immeubles, à un particulier ou à une compagnie, à condition d'en recevoir en écliange pendant le reste de sa vie une rente déterminée : cette rente est ce qu'on appelle une rente viagère. On dit dans ce cas que le capital est placé b. fonds perdu.
La rente viagère est toujours supérieure à l'intérêt que produirait un capital dans les conditions ordinaires de placement, et elle est d'autant plus grande que la personne à qui elle doit être payée est plus âgée. Si cette personne meurt bientôt après, l'autre se trouve à peu de frais propriétaire du capital. Si la vie de la première Tient à se prolonger au delà des prévisions possibles, la seconde subit les cliarges d'un contrat plus onéreux qu'elle n'avait pensé. Pour éviter de tels mécomptes, il faudrait pouvoir déterminer la quotité de la rente à payer pour un capital donné et pour un âge désigné ; ce qui n'est guère possible à cause de l'incertitude sur l'époque de la mort du rentier. On a cependant cherché à diminuer cette indétermination, en combinant deux éléments : la valeur actuelle d'un capital payable à une époque déterminée, et la probabilité qu'une personne d'un âge connu atteindra cette époque.
Probabilité. — Qu'on prenne au hasard une bille dans un sac qui en contient par exemple 'JO, numérotées 1, '2, :)..., etc. Quelle chance a-t-on d'en tirer un numéro déterminé ? Chacun des 90 numéros pouvant également sortir, il n'y a sur HO manières différentes de choisir une bille qu'une seule qui puisse amener le numéro attendu ; le nombre des chances heureuses n'est donc que la 90= partie du nombre total des chances favorables eu contraires.
Si, au lieu d'un seul numéro, on en tirait cinq, il est évident que les chances de voir sortir le numéro désigné seraient cinq fois plus nombreuses que dans le cas précédent ; ce nombre serait
— du nombre total des chances favorables ou
MO
contraires. Cotte fraction est ce qu'on appelle
probabilité dans le langage mathématique.
La probabilité mathématique d'un événement est donc le rapport qu'il y a entre le nombre des chances par lesquelles l'évéuemeut peut se produire et le nombre total des chances favorables et contraires.
Tables de mortalité. — Supposons qu'à l'aide des registres dos naissances et des décès d'une ville on ait noté, par exemple, 1000 individas nos le même jour ou à peu près, et que d'année en année on ail compté le nombre do ceux d'entre eux qui sont morts. En inscrivant vis-i-vis de chaque âge les nombres de ceux qui sont vivants à cet à^o. on aura ce qu'on appelle une table de mortalité.
Nous n'avons pas à expliquer ici comment de pareilles tables peuvent être établies ; nous nous bornerons à rapi-oduire, pour fournir un exemple, l'une des plus connues, en l'empruntant à l'Annuaire du bureau des longitudes :