‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 314 sur 459 · I. — Les CUèloniens se distinguent des autres · texte numérisé non relu

I. — Les CUèloniens se distinguent des autres

REPTILES

reptiles par leur corps ramassé et protégé par une carapace ou un plastron, sorte de boîte osseuse dans laquelle ils peuvent retirer plus ou moins complètement leur tête, leurs membres, et leur queue ; enfin par leurs •mâchoires, dépourvues de dénis, et revêtues d'un bec corné analogue à celui des Oiseaux

La boîte osseuse des Chéloniens acquiert son plus grand développement chez les Terrestres. Elle est formée par un certain nombre de plaques distinctes, engrenées les unes aux autres, et dont l'origine est double : le derme du tronc s'est ossifié dans toute son étendue, les diverses plaques osseuses représentant les différents points d'ossification primitifs, et plusieurs os du squelette, les apophyses épineuses des vertèbres, les côtes, le sternum, se rapprochant de la surface et s'étalant, sont venus se confondre avec le derme et s'ossifier avec lui. Il y a des plaques (les viargiiiales par exemple) d'origine exclusivement dermique, tandis qu'il n'existe pas de plaques exclusivement squelettiques, les os du squelette qui ont concouru à former la carapace s'étant toujours annexé une certaine superficie correspondante du derme : dans ce cas l'ossification a marché du squelette vers le derme, et celui-ci n'a pas eu de point d'ossification propre. Cette boîte osseuse est elle-même revêtue d'ordinaire par un épiderme épais et résistant [écaille), disposé aussi en un certain nombre de plaques qui ne correspondent nullement aux pla(|Ues osseuses, et fournissent de bons caractères pour la distinction des genres et des espèces.

Cette adaptation spéciale d'une partie du squelette des Chéloniens a entraîné quelques modifications et déplacements des autres os dont on a peut-être exagéré l'importance : c'est ainsi que l'omoplate, de postérieure devenue latérale, est représentée par un os long à direction antéropostérieure. Quant i l'ossification du derme, elle a lieu également dans plusieurs autres groupes de Reptiles, à peu près complètement chez les Crocodiliens, les Scincoîdiens, les Chalcidicns, les Amphisbéniens ; on l'observe sur le crâne seulement chez la plupart des Sauriens et chez quelques Batraciens (Pélobates), sur le corps de beaucoup de poissons, et même chez certains mammifères comme les Tatous (les écailles des Pangolins sont d'origine exclusivement épidermique).

Les Chéloniens se divisent très naturellement en quatre tribus, d'après la conformation de leurs pattes, laquelle concorde exactement avec leur genre de vie :

1° Les Thalassites ou Marines, dont les pattes sont aplaties en rames, les doigts immobiles les uns par rapport aux autres et largement aplatis;

2" Les PoTAMrrES ou Fluviales, â membres aplatis en rame, mais à doigts mobiles, largement palmés, trois des cinq munis d'ongles;

3° Les Ei.ODiTES ou Palustres, à pieds palmés, à doigts mobiles et tous armés d'ongles;

4" Les Cheiisites ou Terrestres, dont les pattes sont terminées en moignon, les doigts immobiles, et les ongles en sabots.

Les Thalassites vivent surtout de plantes marines, mais mangeraient aussi, dit-on, des mollusques et des crustacés. Elles quitteraient quelquefois, la nuit, l'élément liquide, pour aller paître dans des îles désertes. Mais c'est surtout à l'époque de la ponte qu'on les voit en grand nombre sortir de la mer. Les femelles font de longues routes, accompagnées par les mâles, et vont, quelquefois à cinquanie lieues de distance, pondre leurs œufs sur un îlot désert et sablonneux. De temps imn]émorial elles se rendent aux mêmes lieux et Ji la môme époque. Elles creusent, au-dessus du niveau des plus hautes marées, des fosscsde GO cei>

timètres de diamètre, et y déposent une centaine d'œufs, qu'elles recouvrent ensuite de sable fin. Une même nuit voit le commencement et la fin du travail ; et chaque femelle fait ainsi jusqu'il trois pontes, à deux ou trois semaines d'intervalle. Les œufs, qui sont recherchés comme aliment, sont sphériques ou à peu près, et ont de 6 à U centimètres de diamètre. Ils sont protégés par une coque flexible, un peu calcaire. L'albumine, ou le blanc de ces œufs, a une teinte verdâtre,et ne se coagule pas sous l'action de la chaleur.Du quinzième au vingtième jour après la ponte, ces œ'ufs éclosentpar l'effet de la chaleur solaire, très forte dans les climats équatoriaux habités par ces espèces. Les jeunes tortues, dont les écailles ne sont pas encore durcies, blanches et coiume étiolées, cherchent à gagner la mer; mais elles périssent en grand noiubre, devenant la proie des oiseaux carnassiers, des poissons et des crocodiles. Les Thalassites parviennent à une taille colossale. On a vu des Sphurgis pesant jusqu'à 800 kilogr. : des Chelone qui en pesaietit -i à OUO, et dont la carapace mesurait plus de 5 mètres de circonférence, et près de 2 mètres et demi de longueur.

Une espèce de Thalassite, la Caouanne (Thnlassochelys coriicata. Rondelet), vit et se reproduit dans la Méditerranée ; d'autres espèces vienneiit parfois s'égarer dans nos parages; telles sont la Sphorgis criacea (Rondelet), la Tortue luth, appelée aussi la Tortue cuir, à cause du moindre développement de sa carapace osseuse, et de sa peau coriace ; la Chelone virilù (Schneider), la Tortue franche, espèce recherchée pour ses œufs et sa chair. La Tortue caret (Chelone imbncata, Linné), dont l'écaillé est utilisée^ dans l'industrie, se voit plus rarement sur nos côtes.

Les PoTAMiTES sont toutes étrangères à 1 Europe. L'une d'elles (Gi/m)io;j (M yEi/y/'^îoeus, Geoffroyj vit dans le Nil- les autres habitent les grands fleuves d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. Elles peuveiit atteindre de grandes dimensions et peser jusqu à 35 kilogr. Elles sont presque toujours à 1 eau, très voraces et très agiles, donnant la chasse aux poissons, et même aux petits mammifères et aux oiseaux qui viennent se désaltérer. La disposition de leurs narines, s'ouvrant à l extrémité dune sorte de trompe molle qui prolonge en avant leur museau, leur permet de respirer sans sortir de l'eau, et de se tenir de longues heures immobiles, cachées au milieu des plantes aquatiques, eu épiant leur proie. La nui; elles vont se reposer sur les petites îles et les troncs d'arbres, s élanç.int i l'eau il la moindre apparence de danger. Leur cuair est estimée. On les prend à la ligne; et, comme leur morsure est à. redouter (leur bec est robuste et tranchant, et le coup part comme un trait), on se hâte de couper la tête à celles que 1 on a prises. Une Elûdite, la CUluito lalaria (Gesner), vit en France, commune encore dans certaiiies régions, les marais du Sud-Ouest par exemple Elle est quelquefois importée en quantité considérable à Paris des lagunes de Venise. Une autre espèce (fmî/v caspica, Gmelin) est européenne habitant presque tout le pourtour de la Méditerranée TEspagne, la liarbarie, la Grèce, et s étendant en Asie jSsqu'i la mer Caspienne. Toutes doux appartiennent h la famille des Crypotoderes. Les Elodites vivent de proie vivante.

Trois espèces de Chersite^, autochtones ou importées, vivent dans plusieurs pays de 'Europe méridionale; toutes trois appartiennent au genre Trstudo. La Teslmlo nemoraiu (Aldrovande) se rencontre en Grèce, en Dalmatie, etc. ; la J. qrœca (Linné), en Grèce, en Italie, dans les îles Baléares; la T. mauritanr:. (Dumenl et Bihro , en Espagne et dans le rai.U de la France. Cet < dernière espèce se voit fréquemment dans nos jardins, et sur nos marchés, importée chaque

REPTILES

année par cargaisons d'Algérie où elle est très abondante. Quelques es|)èces gigantesques de la même tribu vivaient récemment dans les ilos Mascareignes (Maurice et Rodriguez), où une subsiste encore (petite île d'Aldabra) ; cinq autres espèces vivent de nos jours dans l'archipel des Gallapagos. Los Chersites sont phytophages.

II. — Les Crocodiliens, tous de grande taille, à corps allongé, munis d'une longue queue et de quatre membres, dont le faciès en un mol rappelle celui des lézards auxquels ils ont été longtemps réunis, se distinguent de tous les autres Reptiles : par leurs dents, implantées dans des alvéoles, et représentant des cônes creux, à l'iniéricur desquels se développent les dents de remplacement; par leur langue, si intimement fixée sur toute son étendue au plancher buccal, que son existence a pu être longtemps niée; par la présence d'un sternum abdominal, supportant des côtes qui ne vont pas s'articuler à la colonne vertébrale; parleurs narines s'ouvrant postérieurement dans le pharynx et non dans la cavité buccale. Leur cloaque est en fente longitudinale, comme celui des Chéloniens; et, comme chez ces derniers, deux canaux pérUonéaux, débouchant dans le cloaque, mettent la cavité péritonéale en communication avec l'extérieur. Leur derme est plus ou moins complètement ossifié en plaques épaisses, séparées les unes des autres. Leur cœur comprend deux oreillettes et deux ventricules complètement séparés l'un de l'autre par une cloison imperforée à l'âge adulte ; mais le mélange du sang veineux au sang artériel n'en a pas moins lieu; il se fait, d'abord faiblement, à la sortie du cœur, par le fjramen de Panizza, qui fait communiquer l'aorte, entraînant le sang artériel du ventricule gauche, avec la crosse aortique opposée, qui puise du sang veineux dans le ventricule droit, ces deux vaisseaux se trouvant accolés à leur origine ; puis complètement, quand ces deux vaisseaux sont venus se confondre en un seul, dans l'abdomen, pour constituer l'aorte dorsale. L'aorte ayant fourni, avant cette fusion, les vaisseaux qui vont h la tête et aux membres antérieurs, il résulte de cette disposition que les parties antérieures reçoivent du sang plus oxygéné que la queue et les parties postérieures du tronc.

Les Crocodiliens sont aquatiques, vivant les uns dans les eaux douces, les autres dans la mer, et ils ont les pieds palmés. Ils se nourrissent de proie vivante, et sont redoutés pour leur force et leur voracité.

Les espèces actuelles, au nombre de vingt et quelques, habitent les zones chaudes de toutes les parties du monde, l'Europe exceptée ; encore, si l'on en croit certaines traditions, le Rhône en aurait-il nourri dans les temps historiques. On les divise en trois genres :

Le genre AHiynlor (les Caïmans), à museau relativement court, et dont quatre dents (la première et la quatrième de chaque côté) percent la voûte palatine et se font jour au dehors. Le caïman à museau de brochet (Alligator missisnpiensis, Daudin) est commun dans le sud des Etats-Unis. Une autre espèce (A. siueiisis, Fauvel), la seule du genre qni ne soit pas américaine, habite en Chine où elle a été récemment découverte par M. Fauvel, qui avait trouvé sa trace dans des manuscrits chinois.

Le genre Crorodtlus, chez qui la première dent ou maxillaire inférieur perfore seule le palais, la quatrième se logeant dans une simple écliancrure de la mâchoire supérieure, est le plus nombreux en espèces. L'une d'elles, le Cr. vulgnris (tuvier), était jadis un objet do culte pour les Egyptiens, et ses momies f-ont entassées par milliers dans ceriaiiies nécropoles d'Egypte; on

no le trouve plus aujourd'hui dans le Nil au-dessous des premières cataractes. Une autre espèce, lo Cr. bifurcalus (Cuvier), la plus grande et la plus redoutable, habite l'océan Pacifique et l'océan Indien, des iles Viti aux îles Mascareignes, et des côtes méridionales de l'Asie aux côtes septentrionales de l'Australie.

Enfin le genre Gavialis, à museau très allongé, et sans aucune dent perforante, ne comprend que deux espèces habitant, l'une Bornéo et Java, l'autre le bassin du Gange.

Sous le nom d'Enaliosauriens, on range à côté des Crocodiliens les Ichthyosaures et les Plésiosaures des terrains jurassique et crétacé ; ces deux ordres forment ensemble la sous-classe des Hydrosauriens.

Les Ptèrosauriens ou Ptérodactyles, aussi de l'époque jurassique, formeraient une autre sousclasse à côté des Hydrosauriens. Ils sont remarquables par le développement extraordinaire des phalanges de leur pot:*, doigt. Sacs doute une large membrane s'étendait de chaque côté entre leurs membres antérieur et postérieur. La pneumacité de leurs os et quelques auires particularités de structure font supposer qu'ils avaient la faculté de voler à la façon de nos chauves-souris; mais on ne saurait voir, dans les Ptérodactyles, les ancêtres directs de nos oiseaux, dont l'aile est formée par l'allongement des os du bras, avec atrophie des phalanges.

Les trois ordres suivants de Reptiles sont réunis par beaucoup d'auteurs en une même souaclasse, sous les noms de Saurophidiens ou Ophidosauriens, Plagiotrèmos, etc. Ils ont en effet plusieurs caractères communs, entre autres le cloaque en fente transversale, la peau revêtue d'écaillés ou d'écussons, etc. Tous les ans, au sortir de l'hiver, et souvent dans le courant de l'année, ils éprouvent le phénomène de la mue : la couche superficielle caduque de lépiderme sale et obscure se détache d'une seule pièce chez les Ophidiens, les Amphisbéniens, et chez les Sauriens apodes, par lambeaux chez les autres, et laisse apparaître de plus fraîches couleurs.

m. — Les Sauriens sont caractérisés par la présence constante de la ceinture scapulaire et du bassin, qui peuvent être très réduits, mais jamais absents, même quand les membres font défaut. Le sternum existe aussi dans tous les cas. Les Sauriens se distinguent ainsi des Ophidiens, qui n'ont jamais de ceinture scapulaire ni de sternum, et des Amphisbéniens, qui n'ont jamais de sternum. Les deux branches de leur maxillaire inférieur sont soudées ensemble, et leur gueule est inextensible. Leur peau est protégée soit par des écailles, comme celle des Ophidiens, soit par des tubercules, ou elle est simplement chagrinée; mais jamais elle ne prend l'apparence de pièces rectangulaires juxtaposées et disposées en anneau, comme chez les Amphisbéniens. Us ont une queue et le plus souvent deux paires de membres ; mais ceux-ci peuvent être réduits à une seule paire, ou faire absolument défaut. Les paupières et le méat auditif externe peuvent manquer aussi.

La queue est quelquefois (Geckotiens, Lacertiens, Scincoîdiens) d'une extrême fragilité, et dans ce cas, le moignon restant reproduit la partie liétachée. La disposition anatomique des parties est telle que la rupture a toujours lieu au milieu d'une vertèbre, suivant un plan cartilagineux qui divise transversalement celle-ci en deux parties. Le cartilage mis à nu bourgeonne et produit une. longue tige cartilagineuse qui se calcifié d'abord irrégulièrement, quand elle a atteint ses dimensions normales, et ne reproduit que beaticou|i plus tard sa constitution vertébrale primitive. Parfois, au lieu d'un, il se produit deux bourgeon^

REPTILES

sur le cartilage rais ;i nu ; d'autres fois l'accident qui a amené la rupture do la queue a lésé aussi un ou deux cartilages du tronçon restant qui se mettent aussi k bourgeonner: c'est ainsi que se produisent ces queues multifides dont les exemples ne sont pas rares. Quoi qu'il en soit, cette fragilité de la queue n'est pas sans utilité pour les lézards, qui souvent sauvenl leur vie en abandonnant aux dents et aux grifl'es do l'ennemi un organe dont la perte est facilement réparable. A l'exception de quelques Iguaniens, qui se nourrissent de matières végétales, les Sauriens vivent tous de proie vivante, d'insectes ou de vertébrés, suivant leur taille et leur force. 1

Sept tribus composent l'ordre des Sauriens. Nous allons les passer rapidement en revue.

1" LesGECKOTiENS ou Asci!aboles sont les seuls Sauriens de l'époque actuelle dont les vertèbres ; soient biconcaves comme celles des Poissons. Ce sont des animaux nocturnes, à pupille verticale, sans paupières mobiles. Leur peau est granuleuse ou tuberculeuse, à épiderme moins résistant que la peau des autres Reptiles. Ils ont une langue épaisse et charnue, comme les Iguaniens. Ils font entendre un léger cri. la nuit, quand ils sont en chasse, ou lorsqu'on les saisit.

La particularité la plus remarquable de cette tribu consiste danslaconl'ormationdes doigts, qui permet aux Geckotiens de grimper aux parois verticales, et même de courir sur nos plafonds. La face palmaire de leurs doigts est dilatée, et d'ordinaire transversalement striée. Vue au microscope, chacune de ces lamelles transversales prend l'apparence d'une brosse à poils nombreux et serrés. Ce sont ces productions cuticulaires en forme de poils qui, pénétrant dans les mille anfractuosités microscopiques des surfaces lisses en apparence, produisent l'adhérence que nous constatons. C'est grâce à une disposition semblable que les mouches peuvent se promener sur nos vitres ; mais c'est par un procédé différent que la rainette arrive au même résultat.

D'après la conformation de leurs doigts, les Geckotiens sont divisés en sept familles: 1° Les Platydactiles, qui ont les doigts élargis dans toute leur longueur; la surface inférieure est divisée transversalement en lamelles simples ou interrompues au milieu. Une espèce européenne : le Platydactylus f'acctunus (Aldrovande), de tout le pourtour méditerranéen, y compris la France ; 2° Les Hémidactyles, h doigts dilatés seulement vers la base, les deux dernières phalanges libres. Une espèce d'Europe et de France, ['Humidactyliis verruculatus (Cuvier) ; 3° Les Ptyodactyles, chez qui les extrémités seules des doigts sont élargies, et striées en éventail ; 4° Les Phyllodactyles,à doigts semblables h ceux des Ptyodactyles, mais lisses en dessous. Une seule espèce européenne et française, des iles de la Méditerranée; ô" Les Spliœriodactyles, dont tous les doigts, sans ongles, se dilatent i 1 extrémité en un disque non écliancré ; U" Les Gymnodactyles, à doigts simples, non dilatés, mais transversalement striés en dessous; ~t° Entin les Sténodactyles, à doigts non dilatés, granuleux en dessous, dentelés sur les bords.

2" Les Cameléo.viens se distinguent par leur langue exsertiie, renflée et creusée en coupe à son exirémiié, supportée par un pédicule très extensible ; ils la lancent k une distance considérable, égale à la longueur de leur corps, sur leur proie qu'ils engluent et ramènent avec elle. L'œil, protégé par une paupière unique, percée il son centre d'une petite ouverture circulaire, se dirige avec vivacité dans tous les sens, indépendamment de la direction prise par son congénère, et contribue à donner une physionomie singulière à ces animaux. Les doigta sont divisés en deux groupes opposables de deux et de trois

doigts, et agissent comme les piuces d'une tenaille. La peau est chagrinée. L'os carré est solidement soudé au crâne, lequel est orné d'ordinaire de crêtes très saillantes. Mais la particularité, sinon la plus remarquable, du moins la plus connue, que présentent les Caméléons, est leur faculté de changer de couleur. De gros chromatophores brun-noir et brun-rougeàtre , placés dans les couches profondes du derme, peuvent pousser des prolongements mobiles vers les couches supérieures, qui contiennent des cellules bourrées, les unes de granulations pigmentaires jaunes, et d'autres de granulations i reflet bleuâtre. La couche plus profonde du derme, dans laquelle sont plongés les chromatophores bruns, est elle-même remplie de granulations opaques à reflet blanc qui lui ont valu le nom à'écran. On conçoit combien peut varier la coloration de l'animal, suivant que les chromatophores bruns se contractent et se dissimulent sous l'écran, ou s'étalent plus ou moins loin vers la surface de la peau, masqiiant les granulations jaunes ou bleues, ou se mariant à elles. Du reste ce changement de couleur n'est pas sans limites, dépejidant de la constitution anatomique de la peau, variable aux différents points du corps et même d'un individu à l'autre ; il n'est pas non plus spécial aux Caméléons, plusieurs Sauriens, notamment les Anolis de la tribu des Iguaniens, et quelques Batraciens, la rainette par exemple, jouissant à des degrés divers de la même faculté. Chez les uns comme chez les autres, les causes déterminantes du phénomène sont multiples, et par li même difticiles à démêler : l'action directe de la lumière solaire, de la chaleur, de l'état hygrométrique de l'atmosphère, est incontestable; on ne peut mer davantage le mimétisme, c'est-i-dire l'adaptation de la coloration de l'animal à celle du milieu dans lequel il se trouve plongé ; et dans ce cas, l'impression qui détermine les réflexes et amène les mouvements coordonnés des chromatophores parait arriver exclusivement par l'œil; enfin 1 animal lui-même, d'après des impressions morales, comme la frayeur, se montre susceptible do reagir, involontairement sans doute, sur les couleurs de sa peau, et de les modifier.

Une seule espèce, répandue dans le nord de l'Afrique et l'ouest de l'Asie, vit en Europe dans l'extrême sud de la péninsule ibérique. C est le Caméléon commun, Chcmxteo vulgann (Daudin). , 3- Les Varaniens sont les plus grands des Sauriens ; langue profondément bifide, très longue, rétractile dans un fourreau; peau revêtue de tubercules enchâssés. Citons le Varan du désert, Psnmmomwu^ areuarius, à queue arrondie, commun dans le Sahara; et le Varan du ^ll, Varanus ndoticus (Hasselquitz), à queue comprimée et crêtée, vivant en troupes sur le Nil.

Il faut rapprocher de nos Varans le gigantesque genre fossile ilusasauius, des terrains

"fo'^Les'lGtiArJiENS ont la langue épaisse et charnue comme les Geckotiens, la peau écailleuse et tuberculeuse, souvent ornée <l^PP^"''"='^\f 'J,^!': C'est le groupe le plus riclie en formes bizarres i et vivement colorées. Quelques auteurs les réunissent aux Geckotiens sous le nom de Crassilingues. On les divise en deux sections d après le mode d'implantation de leurs dents : les Pleurodontes, dont les dents sont fixées le long de la paroi interne du maxillaire, tous «■"«"'^^''f ' «' les Acrodontes, dont les dents sont al'g"<=<=^ sur la crête même des maxillai.-os, «"^ d,'' ' ^""«" Monde. Citons, parmi les l*leurondotes le bel Iguane [lijuana tubcrculata, Laurenti) de 1 A mérique méridionale ; et, parmi 'c? Acrodontes, les Dragons, dont les premières cotes, très allongées, supportent un repli de peau servant de

REPTILES

REPTILES

paracliute h ces petits Sauriens arboricoles, (|uanil ils s'olaiicent d'une brandie à l'autre. (Mtons encore les genres l'rijuocephaliis jKaup), Af/atrui (Dau(lin) , Slellio (Ùaudin), Uromasli.c (Merrem), dont quelques espèces s'avancent jusque dans l'orient de l'Europe.

5" Les LACEaTTENS, réunis quelquefois aux Varaniens sous le nom de Fissilingues, ont comme ceux-ci la langue mince, longue, protractile et fourchue, mais non rétractile dans un fourreau ; comme eux aussi ils sont pleurodontes. Ils s'en distinguent par leur peau écailleuse, de larges plaques polygones recouvrant leurs tûtes, de petites écailles granuleuses, hexagonales ou rhombiques, leur dos, de plus larges scutelles, rhorabiques et imbriquées, transversalement et longitudinalement alignées, leur ventre; les écailles do leur queue, grandes et souvent carénées, sont disposées en verticilles. Le méat auditif existe toujours.

On les divise en deux sections, d'après la structure de leurs dents : les Pléodontes, à dents pleines, du Nouveau Monde : mentionnons seulement les Sauvegardes (Sn^!)'(<o)'), de l'Amérique méridionale, grand lézard que l'on chasse pour sa chair ; et les Cœlodontes, à dents creuses, de l'Ancien Monde. Ces derniers se subdivisent eux-mêmes en deux groupes : les Leiodactyles, à doigts lisses, et les Pristidactyles, à doigts carénés en dessous. Le midi de la France nourrit trois espèces de ce dernier groupe, l'Acanthodactyle commun {Acanthod/ictytus vulgaris) , et les deux espèces du genre Psaramodrome, le Psnmmodromtis hispanicus (Fitziiiger) et le Ps. c»!e/-e«v (Bonaparte), toutes truis habitant aussi l'Espagne. Nos Leiodactyles sont au nombre de six: un du genre Tropidosaure, le Tropi losawa algira (Linné), qui vit dans le midi de la France, et aussi en Espagne, en Barbarie, etc. ; et cinq du genre Lézard, qui sont : le Lacerta muralis (Laurenti), le L. ncellata (Daudin), le L. vifidis (Gesner), lei. agilis (VVolf), et le L. viviparu (Jacquin).

(;o Les ScixcoîDiENS sont quelquefois confondus avec les suivants sous le nom de Brévilingues. Ces deux tribus ont pour caractère commun de présenter des formes de plus en plus dégradées, à membres imparfaits ou absents, qui établissent un passage vers les Ophidiens. Toujours néanmoins, même en l'absence do membres, les ceintures scapulaire et pelvienne et le sternum subsistent, plus ou moins développés. La langue, assez semblable à celle des lézards, est plus courte et plus épaisse. Les paupières font quelquefois défaut, comme cela d'ailleurs s'observe déjà chez quelques Lacertiens (genre Ophiops, Ménétriès). La membrane du tympan n'est pas toujours apparente, Latête est, comme celle des lézards, revêtue de grandes plaques polygonales, mais le ventre ne présente plus, au lieu de larges dentelles, que des écailles semblables, par leur forme et leur dimension, à celles du dos. Ces écailles sont ossifiées, ou du moins cartilagineuses en leur centre. Elles sont disposées tout autour du corps on quinconce chez les Scincoidiens, en verticilles chez les Chalcidiens.

Les Scincoidiens se partagent en deux sections, les Sauropluhalmes et les Ophiophthalmes, suivant qu'ils sont munis de paupières comme la plupart des Sauriens, ou en sont dépourvus comme tous les Ophidiens. Une seule espèce du dernier groupe, /14;ep/iac(/.ç ;)a)înoïi(Cz«(Fitzinger), à membres relativement bien développés, est européenne, des régions orientales. Parmi les Saurophtlialmes, nous ne citerons que les deux espèces françaises: le SepscA«/cirfes (Laurenti), à corps allongé, à membres rudimentaires pourvus de trois doigts seulement; oaY Aiiguia fragilis (Linné) l'Orvet, dépourvu de toute trace de membres ii l'exlérieur, et con- I

fondu par le vulgaire avec les serpents dont il a jusqu'il un certain point l'apparence.

7" Enhn les Chalcidiens ou Ptychophnires. Nous avons indiqué plus haut la plupart de leurs caractères. Ajoutons qu'un sillon, revêtu d'une peau plus molle divisée en écailles beaucou]) plus petites que les autres, s'étend chez eux de l'oreille à l'anus, marquant la limite du dos et de l'abdomen. L'ossification très avancée et la rigidité consécutive du derme paraît avoir exigé une telle particularité de structure, que nous retrouverons, avec 1ns mêmes causes, chez les Amphisbéniens. \ine seule espèce européenne, le Pseudopus npiis (Pallas), des régions orientales jusqu'en Dalmatie.

IV. — Les Amphisbéniens, ou Doublos-Marcheurs, ou Annelés, réunis parfois aux Opliidiens, plus souvent aux Sauriens, nous paraissent devoir former un ordre k part. Ils se distinguent h la fois des Sauriens et des Ophidiens par la disposition de leur tégument, que des sillons transversaux et longitudinaux divisent en compartiments à la façon d'une mosaïque. La tête et la gorge seule présentent quelques grands écussons. L'absence constante du sternum les éloigne des Sauriens, leur langue dépourvue de fourreau des Ophidiens. Ils ont toujours des rudiments de bassin, mais manquent le plus souvent de ceinture scapulaire et de membres antérieurs, toujours de membres postérieurs. Leur bouche n'est nullement dilatable, et les os de la face sont plus intimement soudés même que chez les Sauriens. Jamais d'os columellaire, ni de cloison interorbitaire ; jamais de méat auditif externe. Les yeux sontcachés sous la peau. Ils sont, comme les Sauriens, divisibles en plourodoutos et acrodontes.

Ces animaux sont de petite taille; ils vivent à la façon des lombrics, dont ils ont grossièrement l'apparence. Une seule espèce est européenne, le Blimus cinereus (Vandelli), d'Espagne et de Maroc. Citons encore le Trogonopkis IV7ejwian«i(Kaup), de Barbarie et d'Egypte.

V. — Les Ophidiens, vulgairement les Serpents, sont caractérisés par leur forme allongée, cylindrique, apode. Ils n'ont jamais de ceinture scapulaire ni de sternum; mais les Typhlops ont des rudiments de bassin, et d'autres Ophidiens, désignés parfois sous le nom de Poropodes, présentent, de chaque côté de l'anus, un ergot, et quelques os que l'on considère comme des vestiges du membre postérieur. Les différents os des mâchoires, les intermaxillaires et maxillaires inférieurs et supérieurs, ainsi que les tympaniques, suspendus au crâne et reliés entre eux à l'aide de ligaments élastiques, forment un anneau susceptible de se distendre énormément. Les Ophidiens peuvent ainsi avaler une proie très volumineuse par rapport au diamètre de leur corps. Celle-ci, généralement saisie par la tête, de façon à couclier sur le corps les plumes ou les poils, s'engage peu à, peu dans le tube digestif, à l'aide d'un mouvement alternatif des mâchoires supérieure et inférieure qui agissent comme des cardes, entraînée en avant quand une mâchoire recule, retenue par l'autre quand elle avance. Pendant la déglutition, l'ouverture trachéale est ramenée en avant, au-delà de l'extrémité des mâchoires, de façon à permettre le libre accès de l'air dans la poumon. Les Typhlops, qui établissent le passage des Ophidiens vers les Sauriens, comme les Scincoidiens et les Chalcidiens l'établissent des Sauriens vers les Ophidiens, ont la bouche beaucoup moins dilatable. Les Ophidiens sont dépourvus de paupières : la peau passe, transparente en ce point, sur le globe de l'œil, mobile en dessous. Leur langue est profondément bifide, mince et longue, réli-actile dans un fourreau. Ils n'ont ni cavité du tympan, ni vessie urinaire. Le poumon

REPTILES

droit est seul d'ordinaire bien développé, le gau- 1 elle deraenrant nidimentaire.

C'est surtout à l'aide de mouvements latéraux du tronc et de la queue, la lête se maintenant élevée et horizontale, que ces animaux progressent, s'aidant des inégalités du terrain, des herbes, et de tous les obstacles qu'ils peuvent rencontrer. Aussi avancent-ils difficilement sur un sol uni ; mais, dans un champ rocailleux ou labouré, ils fuient avec une rapidité extrême. Ils nagent comme ils rampent. Ils peuvent à volonté se maintenir à la surface de l'eau en gonflant leur énorme poumon, ou plonger et ramper entre les pierres du fond, où on les prendrait pour des anguilles. Us sont, quoi qu'on en ait dit, incapables de sauter; mais ils peuvent dresser une partie plus ou moins grande de leur corps, et la maintenir verticale, en s'appuyant sur la queue et le reste du tronc. Les Naja, ces terribles serpents ve nimeux qu'exhibent les bateleurs de l'Inde, de l'Fgypte et même de l'Algérie, jouissent à un haut degré de cette faculté.

Les Ophidiens peuvent être divisés en trois sous-ordres : les Scolécophides, les Azémiophioes, et les Thanatophides.

Les ScoLÉcoPHiDES, ou Typhlopiens, nommés aussi Opntérodontes, parce qu'ils n'ont de dents qu'à l'une ou l'autre des mâchoires inférieure et supérieure, sont de petite taille, vermiforme, à queue nulle ou très courte et souvent moins effilée que la tête. Les os de la face ne sont pas mobiles, et la bouche est inextensible. L'écaillure de leur corps, reproduction exacte de celle des Scincoidiens parmi les Sauriens, suffirait à les faire distinguer des autres Ophidiens. Leurs yenx sont très petits, et cachés sous la peau peu modifiée à leur niveau. Ils mènent une vie souterraine à la façon des lombrics, comme les Amphisbéniens.

Ce sous-ordre forme une seule tribu, que l'on divise en deux familles : celle des Catodontes, qui n'ont de dents qu'à la mâchoire inférieure, et celle des Epanadontes, qui n'ont de dents qu'à la mâchoire supérieure. Une seule espèce européenne de cette dernière famille, le Typhlops verm'cularis (Linné), de Grèce.

Le sous-ordre des Azèmiophides, ou Colubriformes, comprend tous les vrais serpents non venimeux. Les maxillaires supérieur et inférieur, et presque toujours' aussi les palatins, sont armés de dents aiguës, recourbées en arrière ; lisses, sauf la dernière du maxillaire supérieur, dont le bord antérieur ou convexe peut être parcouru par un sillon (les espèces présentant cette particularité sont quelquefois retirées des autres groupes et considérées comme formant une tribu que l'on désigne sous le nom d'Opisthoglyphes). Le dos est revêtu d'écaillés imbriquées, l'abdomen de larges scutelles transversales, la tête de plaques polygonales le plus souvent au nombre de neuf : les Acrocliordides seuls présentent des tubercules au lieu d'écaillés. La queue est bien développée, sauf chez les Uropeltides. Sauf dans les deux premières familles, la bouche est extensible, et le squammosal distinct de la paroi du crâne.

Ce sous-ordre comprend quatorze familles que nous allons énumérer rapidement :

1. Uropeltides. Queue tronquée, offrant un bouclier terminal. — 2. Tortricides, Rouleaux. Tête - à peine distincte, queue courte et conique. Des ergots près de l'anus comme chez les suivants. — :i. Boasides. Subdivisés en trois sous-familles : les Erycines, de taille médiocre, à bouche étroite, à tête peu distincte : Eryxjaculus (Linné), d'Egypte, d'Asie-Mineure, et de l'Europe orientale ; les Booeiiies, et les Pythonines, remarquables par leur grande taille, leur queue préhensile, les premiers

sans dents sur les intermaxillaires, d'Amérique; les derniers ."i infermaxillaires dentés, de l'Ancien Monde. Genres Boa, Pyihon, etc. — 4. Calamarides. — S.Coronellides. Deux espèces françaises, toutes deux du genre Coronelle, la Coronella nnstnaca (Laurenti) et la C ^/run'/icn (Dnudin).

— 6. Colubrides ou couleuvres proprement dites. Trois espèces françaises : VElaphis .Ksculapii (Aldrovande), le Zamenis viridiflavus (Latreille) et la Rhinerhis scalrais (Seba). — 7. Tropidonotides. Deux espèces françaises du genre Tropidonote, le Tropi'/onotus tiairix (Linné), et le T. viperinus (Latreille). — 8. Dryophilides. — 9. Psammophides. Une espèce française, le Calopeltis tacertina (Wagler), à crochets postérieurs cannelés, quoique parfaitement inoffensive, comme toutes les espèces de la tribu. — 10. Scytalides. — 11. Lycodontides.

— 12. Dipsadides.— 13, Rachiodontides Un genre unique et une seule espèce, le Rnchiodon scaher (Linné), d'Afrique, remarquable par ses dents vertébrales. Les dents maxillaires sont très faibles et peu nombreuses, mais des apophyses vertébralesencroûtées d'émail font saillie dans l'œsophage. Ce reptile se nourrit surtout d'œufs d'oiseaux, paraît-il : les œufs sont cassés par les dents vertébrales et aucune goutte de liquide ne se trouve perdiie. — 14. Acrochordides. Aquatiques, des grandes îles de la Sonde.

Les Thanatophides ou Serpents venimeuï, caractérisés par la présence de dents creuses oa cannelées implantées sur la partie antérieure du maxillaire supérieur, qui est très réduit en longueur et ne porte pas d'ordinaire d'autres crochets que les venimeux. Ceux-ci, taillés en biseau à leur pointe, sont en communication par leur base avec le conduit de la glande à venin. Quand la bouche est fermée, le crochet venimeux est couché horizontalement, la pointe dirigée en arrière, et presque entièrement enveloppé dans un repli de la muqueuse buccale ; mais, quand le serpent ouvre sa gueule, le maxillaire est disposé de telle sorte qu'il doit nécessairement basculer ; il entraîne avec lui le crochet qui devient normal au plan du palais ; l'animal, la tète haute, présente alors sa pointe menaçante en avant. Il frappe, et se retire, attendant les effets de sa morsure. Pendant le choc, le maxillaire a pressé sur la glande à venin, déjà comprimée par la compression des muscles temporaux qui la recouvrent, et une goutte du liquide toxique s'est écoulée dans la blessure et s'est mêlée au sang de la victime qui ne tarde pas à en éprouver les terribles effets.

L'intensité des phénomènes consécutifs à la morsure d'un serpent venimeux dépend évidemment de la quantité de venin inoculé, et aussi de la masse de la victime. S il s'agit de l'homme, l'enfant résiste moins que l'adulte, la femme moins que l'homme, l'homme faible moins que l'homme robuste et vigoureux. Il faut évidemment tenir compte aussi de la qualité elle-même du venin qui doit varier avec l'espèce d'ophidien, et môme avec l'état physiologique de l'individu, soumis à l'influence de la nourriture, du climat, de la saison, etc. Mais ces actions sont d'une analyse bien difficile, à cause de leur complexité.

Quoi qu'il en soit, ces accidents sont toujours graves. Ils produisent des altérations profondes dans la partie blessée et dans l'organisme entier (différant en cela du venin ries arachnides qui n'amène pas d'altérations organiques et paraît agir exclusivement sur le système nerveux), et laissent des traces parfois très durables; ils peuvent d'ailleurs, même chez des sujets vigoureux, amener une mort rapide, parfois immédiate. La preiuière précaution à prendre, qu:ind on a été piqué par une vipère, ou tout autre serpent venimeux, c'est de débrider immédiatement la plaie, et d'en

REPTILES

Page 1