IL EXUIIE CRITIQUE DE LA PÉRIODE ROYALE
Cette histoire traditionnelle renferme assurément des fictions, comme les légendes de Tarpeia, des Sabines, d'Egérie, etc. ; les efforts qu'on peut faire pour les interpréter n'aboutissent qu'à des hypothèses pour le moins aussi incertaines. Mais si la science doit rejeter certains faits, elle parvient à distinguer les principaux événements, et à suivre le développement général des institutions.
Fondation de Rome. — Rome peut être regardée comme une colonie latine, fondée au milieu du VIII» siècle ; la fondation d'une ville antique était une cérémonie religieuse, consistant à creuser une fosse sacrée (mundus), et à tracer une enceinte sacrée [pomosrium] ; la date adoptée par les Romains, 21 avril 75'i, est probablement mythique, mais il est certain qu'une ville était fondée en un jour. La plupart des livres français ont conservé la date de 764; les Allemands prêtèrent celle de 753. Ce passé si lointain a laissé dans le sol des traces vivantes : des fouilles récentes ont découvert sur plusieurs point l'enceinte étroite attribuée à Romulus, la Home carrée ; elle entourait le Palatin, colline de 35 mètres de haut, et avait 1800 mètres de tour.
Etat social nvunt Servius. — La population primitive do Rome a été formée non de plusieurs races, mais de deux classes : le patricint, aristocratie établie dans la ville sacrée du Palatin, et la plèbe, population admise seulement dans l'asile, enclos au pied du Capitolin. Le patriciat, exclusivement hcrcditaire, est une caste sociale, militaire et surtout sacerdotale ; une famille patri-
cienne, r/e7is, se compose du chef de famille, pater, de sa famille proprement dite, et de ses clients, hommes libres qui sont liés aux patriciens par des obligations héréditaires réciproques, analogues à la vassalité ; les familles (gentes, pluriel de f/ens] sont groupées en trente curies ; dix curies .forment une tril/u; les trois tribus composent le populus, peuple, ensemble des Quirites, citoyens. La plèbe parait avoir pour origine les populations vaincues transplantées à Rome ; très différents des clients, les plébéiens sont des hommes libres, sans obligation envers personne, mais sans foyer commun et sans droits politiques ; ils ne font pas partie du populus. Au-dessous sont les esclaves.
Etat politique avant Servius. — Trois pouvoirs gouvernent la Rome primitive : le roi, le sénat et les comices. Le roi est nommé à vie; il est le prêtre suprême de la cité ; il a le pouvoir militaire et judiciaire, et un certain pouvoir législatif. Le sénat, composé des chefs de famille, confirme le roi et lui sort de conseil. Les comices sont la réunion des curies, assemblées pour voter des lois, choisir des magistrats, décider la guerre, élire le roi et l'investir de Vimperium (délégation de la souveraineté). La royauté romaine est une monarchie limitée par l'aristocratie; elle est sanscesse en lutte avec celle-ci.
Héformes rie Servius. — Le cinquième roi, Servius, fait des concessions à la plèbe. Il lui donne des terres et un culte ; il établit les trihus, divisions territoriales, où sont inscrits tous les habitants, patriciens, clients, plébéiens (on peut comparer l'inscription dans la tribu à l'inscription sur nos registres de l'état civil). Il établit les classes, divisions à la fois censitaires et militaires, au moyen desquelles le service militaire pèse sur chacun en raison de sa fortune : la première classe, celle des c/ievaliers, composée des patriciens et de l'élite des plébéiens, fournit dix-huit centuries (compagnies) de cavalerie ; la deuxième classe, celle des plébéiens ou des clients riches, quatre-vingts centuries d'infanterie ; les quatre autres classes de plébéiens ou de clients propriétaires ne fournissent ensemble que quatre-vingt-quatorze centuries d'infanterie, moins complètement équipées ; la septième et dernière classe, celle des prolétaires, en fournit une seule employée aux travaux manuels. Mais les droits politiques sont inégaux comme les charges : autant do centuries, autant de suffrages : les patriciens et les plébéiens riches réunis possèdent donc 98 suffrages sur 193, c'est-à-dire la majorité ; la foule des prolétaires, qui ne possède en tout qu'un suffrage, n'a aucun pouvoir politique.
Notions sur la religion romaine. — Les institutions des Romains dérivent de leurs croyances; ce sont leurs idées sur la divinité et sur la nature de l'homme qui expliquent la constitution de leur famille et de leur cité. Le dogme fondamental chez les Romains, comme cliez tous les peuples de la même origine, c'est que l'âme, après la mort, reste près des vivants et veille sur eux : de là la croyance à la providence, le culte des morts, la religion de la famille, le patriotisme; les morts deviennent des dieux [lares, mânes); le chef vivant de la gens est un prêtre : de là sa puissance paternelle, sociale et politique. — A cette religion domestique se joint une religion agricole, mythologie produite par l'impressioa des forces de la nature, telles que le soleil, la végétation, le tonnerre. Mais les divinités romaines, sabines et étrusques, au lieu d'être vivantes et poétiques comme celles des Grecs, sont abstraites et prosaïques : tels sont Janus, Jupiter, Mars, Qnirinus, Saturne, Junon, Vesta ; une épéc représente Mars, une pierre Jupiter.
ROME
PÉRIODE RÉPUBLICAINE (509-30 av. J.-C.)
ÉtablUiteinctit de la Rcpiililiqiie.
ROME
Abolition de la ror/auté. — En 509 la royauté est renversée, et la République établie; mais cette révolution est l'œuvre de l'aristocratie, et non des classes inférieures; elle profite uniquement aux patriciens, qui en sont les auteurs; les plébéiens sont dépouillés de leurs terres. Le gouvernement nouveau se C'"'mpose de trois pouvoirs : deux magistrats patriciens, appelés consuls, remplacent le roi ; les eumices (assemblées) par centuries sont conservés, mais ils n'ont rien de démocratique ; le sénrit exerce une influence prépondérante. Le pouvoir de l'aristocratie est absolu.
Le consulat. — Le consul est une sorte de roi annuel. En apparence il est tout-puissant : prêtre, il est comme le génie tutélairc de la cité; chef de l'Etat, il convoque et préside le sénat et les comices, et peut s'opposer à leurs votes et à leurs clioix ; ses édits ont force de loi; chef de l'armée, il la lève, l'organise, la commande; chef de la justice, il a le droit de condamner ."i mort. Ce pouvoir, qui semble absolu, a en réalité des limites : le consul a un collègue aussi puissant que lui, qui peut lui faire échec {iyilerrcisio) ; il est annuel et responsable ; sorti de charge, il redevient simple citoyen. Le consulat est donc un pouvoir exécutif fort sans être dangereux. Quand le sénat veut en augmenter la puissance, les deux consuls sont remplacés pour six mois par un dictuteui-, mais la dictature est une magistrature exceptionnelle. Les questeurs, au nombre de deux, sont des magistrats fiscaux supérieurs.
Les comices. — Les comices centuriates sont souverains en principe, mais ils restent entourés de formalités nombreuses, qui mettent aux mains des patriciens les votes et les élections. Le caractère militaire y reste nettement marqué ; le lieu de réunion est le Champ de Mars ; les centuries s'y rendent en armes, sous le commandement des centurions et du consul. La religion y tient aussi une grande place : ainsi l'augure peut dissoudre l'assemblée, si les auspices sont contraires. Le vote a lieu par centuries, et dans chaque centurie par tête ; les patriciens votent les premiers, les plébéiens riches votent ensuite ; s'ils sont d'accord, ils ont la majorité, et les autres classes ne votent même pas. — Les comices curiides ont perdu leur importance politique depuis l'institution des centuries : ils n'existent guère que comme vestige respectable du passé.
Le sé?int. — Le sénat est l'institution dominante de la République. Composé des chefs de génies et de cent membres nouveaux [coriscripti], tirés sans doute des branches cadettes des t.entis, il est exclusivement patricien. — En théorie il semble un simple conseil d'État: il ne choisit pas son président, qui est le consul ; il n'a pas de bureaux pour délibérer ; il n'a pas l'initiative des propositions ; il répond seulement aux questions du consul. — En réalité il gouverne : composé en grande partie de prêtres, il dirige la religion de l'État ; investi du pouvoir financier, il établit les impôts et dispose du trésor; il a la haute main sur les travaux publics et administre les domaines de l'État; il dirige la politique étrangère et décide des questions de guerre et de paix. — Lo . gouvernement serait impossible si les consuls et le sénat étaient hostiles; mais ils ne sont pas en conflit, parce qu'ils ont les mêmes intérêts, et les consuls, investis de fonctions annuelles, se laissent diriger par le sénat, dont le pouvoir ne passe pas.
Histoire extérieure de lo népulillqiie.
Conquête de 1 Italie péninsulaire (509-264). — Rome républicaine lutte d'abord contre son roi
Tarquin, que soutiennent les Etrusques; elle est prise et humiliée par l'orsenna en .ïin (légendes d'Horatius Coclès, de Sc;evola, de Clélie, etc.), mais elle prend bientôt sa revanche avec l'aide du Latiiim. — Une sorte de guerre civile éclate entre elle et les Latins : elle les bat au lac Régille (490?), et leur impose de nouveau son liégémonie. — Elle soumet facilement les Sa0i7is ; fortifiée par l'alliance des Hemiqws (486), elle triomphe des Eques, des ['olsques. des Aurunces, après une résistance acharnée; puis elle se tourne contre les Etrusques, que les Gaulois attaquent en mêine temps au nord, et, après de longues guerres, elle détruit Veïes (.195).
Mais les Gaidois, vainqueurs des Etrusques, surviennent tout à coup, culbutent les Romains à V Allia (;i90), entrent dans Rome et l'incendient; ils ne peuvent prendre d'assaut le Capitole, mais les assiégés, en proie à la famine, sont réduits à traiter; les Gaulois, gorgés d'or, se dispersent et sont battus en détail par Camille (légendes de Manlius Torquatus, de Valérius Corvus, etc.).
Les Romains reconstruisent leur ville, réduisent les Volsques, les heni'ques et des peuples latins révoltés; le Latmm est organisé en une ligue de trente cités, et étroitement soumis à l'hégémonie (vers :nO). — En même temps Rome recommence ses conquêtes au Nord : toute YEtrurie du Sud est soumise. — Bientôt elle se heurte au Sud contre un peuple puissant, les Sanindes, à qui elle dispute la riche Campante (343). Aussitôt les Latins et les Volsques se soulèvent, mais ils sont battus et domptés (3'iO); la ligue latine est détruite, et chaque cite est liée h Rome par un pacte particulier; la Cnmpanie et le pays Volsque sont complètement assujettis. 11 reste h vaincre les Samniles et leurs alliés; une guerre terrible éclate en 3?C ; les Romains y éprouvent un désastre honteux aux Fotirches Cnudines en 321, mais ils ressaisissent la victoire avec Papirius Cursor (319), s'emparent de l'Apulie, et écrasent successivement tous les alliés dos Samnites, les Ausones en 314, les Etrusques en 310. au lac Vadimon, les Ombriens, les Morses et autres Sabelliens, les Hemiques. Les Samnites, restés seuls, paraissent réduits (.304). — Ils reprennent les armes en ^98, entraînent les Marses, les Ombriens et les Etrusques, qui ont h leur solde des bandes ç/auloises: un choc terrible a lieu à Sentinum en Ombrie (295) ; le dévouement de Décius donne la victoire aux Romains ; la coalition est dissoute, l'Ombrie est conquise, l'Etrurie traite, et les Samnites, achevés à Aquilonie (293), sont contraints à la paix (290).
Les Lucaniens et les Bruttiens essaient de remplacer les Samnites, et forment une nouvelle ligue avec les Gaulois et les Etrusques, mais Rome bat séparément tous les coalisés (285). — La ville grecque de Tarente, menacée do la suprématie romaine, appelle à son secours le roi d'Epire Pyrrhus, qui rêve de réunir il l'Epire la Grande- Grèce et la Sicile, pour fonder un empire grec. Déliarqué avec 26 000 mercenaires, Pyrrhus enrôle de force les habitants de Tarente, et marche contre l'armée romaine ; il la taille en pièces ^ Héraclée, où sa tactique savante étonne les légionnaires, et où ses éléphants efl'arouchent les chevaux erinemis (280); il soulève le Samnium et les villes ■' grecques, mais il ne remporte h .isculum qu'une victoire sans résultat (279); mollement soutenu par ses alliés, il passe en Sicile et s'en rend maître ; mais rappelé par les défaites des Samnites, il est battu h llénécent (2"5), et retourne en Grèce sans armée. Les Siciliens recouvrent leur indépendance ; les Romains entrent à Tarente ("272), et châtient le Samnium, la Liicanie et le Brultiwn. L'Italie péninsulaire est tout entière réunie sous la domination de Rome.
ROME
HOME
Organisation de l'Italie au III" siècle. — La
poliuquf du Home consiste à s'assimiler peu à peu les vaincus. Elle divise ponr régner; toutes les fédérations italiques sont dissoutes; les cités, isolées les unes des autres, n'ont plus rien de commun entre elles, ni le droit de commerce, ni les mariages ; elles n'ont de liens qu'avec Rome, et ces liens diffèrent selon les cités. Les unes, les cités siijeltes, cessent de former un corps politique, et sont soumises à un préfet romain. Les autres, les cités dites alliées, restent en apparence organisées en cités: elles conservent leur régime municipal, leurs lois, leurs magistrats, mais elles reconnaissent la souveraineté de Rome, lui rendent des comptes, lui paient des impôts, lui fournissent des soldats, obéissent au proconsul; en réalité il ne reste debout qu'une cité, Rome. — Los vaincus ne sont pas seulement soumis, ils sont lentement absorbés : les familles riclies reçoivent une il une le droit complet de cité, qui leur assure richesse, sécurité, honneurs, mais qui les fait entièrement romaines. L'aristocratie, ainsi favorisée, est partout dévouée à Rome ; le reste des Ilaliens ambitionne le droit de cité comme le privilège le plus précieux, et l'art de la politique romaine est d'en conserver la valeur en ne le prodiguant pas.
Chez les peuples qui regrettent leur indépendance, Rome a établi des colonies et des forteresses, garnisons de citoyens ou de soldats, qui contienïient le pays, et y font pénétrer la civilisation romaine: lois sont Antium et Frégelles, chez les 'Voisques, Uénénent, entre le Samiiium et la Campanie, Venoiise, entre l'Apulie et la Lucanie, Lucérie, eji Apulie, Brindes, en Calabro, Ariminum, en Ombrie. — Des vo:es v.ilituires hcXWienl la surveillance, et la répression des révoltes : telle est la voie Appinme, construite pour joindre Rome à Gapoue, et prolongée bientôt jusqu'à. Bénévent, Brindes et Tarente.
h' armée romaine doit ses victoires à sa bravoure, et plus encore à sa discipline et à son organisation. Uniquement composée de citoyens, elle est soutenue par le patriotisme. L'ancienne phalange dorienne de l'époque royale a été remplacée au temps de Camille par la légion n.anipiilaire, petite armée complète, composée d'infanterie, de cavalerie et de machines de guerre ; l'infanterie de la légion, forte de 4'2UO hommes en moyenne, se subdivise en trente manipules d'infanterie de ligne (hastaires, princes et Iriaires), et en nombreuses escouades d'infanterie légère (uélites) ; la cavalerie compte dix turmes, pelotons de trente hommes; les machines sont la lialiste et la catapulte. — La légion, à la fois solide et mobile, est apte k l'offensive et à la défensive, au combat corps à corps avec l'cpi'e et la lance, au combat à distance avec le jnvelol (pilum). Aux 4500 soldats-citoyens est toujours adjointe une troupe égale à.'allié< ou auxiliaires: une légion représente de neuf h dix mille hommes ; le nombre des logions varie. — Le camp romain, forteresse passagère, est un refuge pour la défensive et un appui pour l'offensive. — La marine prend naissance.
Première guerre punique (264-241). — Car- Ihaije, colonie fondée par les Phéniciens, s'est faite la capitale d'un vaste empire africain, aux dépens des Libyens, et d'un empire maritime, composé des autres colonies phéniciennes d'Afrique (Hadrumète, L'tique, Hippone), d'une grande partie du littoral sicilien (Lilybée, Panorme, Ségesle), des îles de la Méditerranée occidentale (Malte, Sardaigne, Corse, Baléares), et de comptoirs en Espagne (Gadès). Exclusivement commerçante, elle est riche, mais elle n'a d'autre but que le gain ; elle n'a ni classe moyenne, ni armée nationale; elle est détestée de ses sujets. Rome a moins d'or.
mais elle a de meilleures institutions, un gouvernement fort, un peuple discipliné, et une armée nationale. — Rome et Cartilage deviennent ennemies quand elles se rencontrent en Sicile : la guerre entre les Mamertins et Hiéron de Syracuse dégénère en une guerre entre leurs alliés, les Romains et les Carthaginois.
La première guerre punique se divise en trois phases. De 264 à iCl, les hostilités ont lieu en Sicile. Les Romains s'établissent à Messine, repoussent l'attaque des Carthaginois, et leur enlèvent la plupart de leurs villes, Calane, Ségeste, Agrigente; mais Cartilage est encore la première puissance maritime du monde. — De 201 à, 255, la guerre a pour théâtre \a.iner et l'Afrique. Décidés à transporter la guerre en Afrique, les Piomains construisent h la hâte des vaisseaux de haut bord, inventent une nouvelle manière de combattra (l'abordage au moyen des ponts mobiles do Duillius), et remportent deux grandes victoires navales, l'une près de il/(/fes ("260), qui leur ouvre la Sardaigne et la Corse, l'autre près d'Ecnome (25G), qui leur ouvre l'Afrique. Les sujets de Carthage n'opposent aux Romains aucune résistance, mais Kégulus, laissé en Afrique avec une armée insuffisante, est battu et pris par Xa7tthippe, Lacédémonien au service de Carthage : Carthage est sauvée, el Rome renonce à l'Afrique. — Do '.'55 à 211, la guerre est reportée en Sicile. Après quatre années d'opérations secondaires, les Romains sont vainqueurs à /'«no/'me (251), mais ils sont vaincus sur terre à Drép'ine, et sur mer près de Cam'irine (249). Hamilcar ravage le Bruttium et le littoral de la Campanie; mais, abandonné par le gouvernement de Carthage, qui ne lui envoie ni argent, ni renforts, il ne peut que tenir en échec pendant six années toutes les forces des Romains près de l'iinorme (2i"-241); une flotte, envoyée enfin pour le ravitailler, est détruite par l.utatius Catuto.saux îles Egales ('Ml), et les Romains deviennent les maîtres de la mer. — Les Carthaginois, las d'une guerre qui entrave leur commerce, achètent la paix au prix de :i'JOO talents et de la SicUf.
Intervalle entre la première et la deuxième guerre punique 241 219). — Les Romains victorieux comprennent que la paix n'est qu'une trêve, et se fortifient en prévision de nouvelles guerres. — Ils organisent d'abord leur conquête de Sicile. Hiéron, à Syracuse, conserve son petit royaume; le reste de l'île est réduite en proiince romaine, c'est-à-dire qu'elle devient sujette et tributaire, et qu'elle est gouvernée par un préteur, h la fois administrateur, général et souverain juge. — La Sardaigne et la Corse, sortes de lonerosses détachées, tentent les Romains: ils s'en emparent, et les deux îles forment une deuxième prooince romaine (22'i) ; la merTyrrhénienne, entre l'Italie, la Sicile, la Sardaigne et la Corse, semble un lac romain. Dans l'Adriatique, les Romains répriment énergiquement la piraterie, et s'établissent sur la côle d'Illijrie; la Grèce les accueille comme des sauveurs. — Rome étend son empire contiriental comme son empire maritime. Maîtresse de l'Italie péninsulaire, elle n'a pas encore pénétré dans la Gaule Cisalpine, mais elle convoite ce riche pays, qui assurerait son approvisionneiuent, et qui lui donnerait pour rempart lés Alpes, ses frontières naturelles. Braves jusqu'à l'héroïsme, maisdivisés, indisciplinés, à demi barbares, les Cisalpins font trembler l'Italie: ils franchissent l'Apennin, mais Rome ordonne une levée générale ; les Italiens, déjà transformés, mettent en elle leur salut; trois armées sont envoyées au-devant des Gaulois, et les anéantissent près du cap Télamone (22.i) ; puis les légions envahissent la vallée du Pô, et s'en emparent après une lutte terrible; de fartes colonies, Plaisance, Crémone, Modène, sont aussitôt fondées pour garder le pays; la voie Flaminienne,
ROME
ROME
poussée jusqu'à Ariminum, fraie aux légions le passage d'une mer à l'autre à travers l'Apennin. — A la même époque, les Romains soumettent la petite presqu'île de VlslriP, pour relier l'Italie à riUjrie ("221). — L'Italie entière parait conquise, quand éclate la deuxième guerre punique. — Pendant que Rome se fortifie, Cartilage traverse la terrible crise de la querre inexpiable contre ses mercenaires et ses sujets révoltés (V. Giiei-res) ; mais Hamilcar la dédommage de ses pertes par la conquiHeile l'Espagne.
Deuxième guerre ptmique (219 201i- — La deuxième guerre punique est plutOt un duel entre Hannibal et Rome qu'une lutte nationale entre deux peuples; Hannibal, grâce à son génie, remporte les plus éclatantes victoires, mais Rome finit par triompher, grâce à la force de ses institutions.
1" pÉniODE (2I9-21G). Défaites de Rome. — Hannibal, fils aîné d'Hamilcar, met à exécution les projets de son père; il s'attache d'abord son armée et entraîne Carthage à la guerre par la prise et le pillage de la grande ville de Sagonte en Espagne i219i; Rome, alliée de Sagonte, déclare la guerre i Carthage, et Hannibal se met en marche aussitôt avec une formidable armée d'Africains et d'Espagnols; décidé à envahir l'Italie par le nord, pour rallier les Gaulois, il choisit la route de terre, franchit VEbre au printemps de S in, sou met le pays (la Catalogne d'aujourd'hui), traverse les Pyrénées au col de Perthus, passe k Narbonne et à Aimes, franchit le R/uJne près d'Orange, puis, évitant l'armée de Scipion, gagne les Alpes par la vallée de l'Isère, du Drac et de la Romanche, et force enfin le col du mo7it Genèvre. malgré les hommes et la nature (septembre 218). De 59 000 hommes il ne lui reste que 20 000 fantassins et 6000 cavaliers, mais il a pour champ de bataille l'Italie. Descendu des Alpes, il rejette les Romains au délit du Pô par la victoire du Tessin, et au delà des Apennins par celle de la Trébic (218); les Cisalpins, qui voient en lui un vengeur, grossissent son armée de COOOO hommes. Entré en Étrurie, il anéantit au lac Trasimhie l'armée du consul Flaniinius (217); forcé de ménager son armée, il se détourne de Rome, et essaie de soulever l'Italie comme la Cisalpine, mais toutes les villes lui ferment leurs portes : les Italiens, par haine de Carthage, restent fidèles à Rome. Hannibal remporte encore dans la plaine de Cannes, en Apulie, une prodigieuse victoire (216i; il réussit à détacher de Rome la grande ville de Capoue et la linsse-Italie (moins les cités grecques et les colonies romaines) ; mais Rome, oubliant ses querelles du forum, va se relever par une incomparable énergie; Carthage, qui craint de se donner un maître, n'envoie à Hannibal que des secours dérisoires, et les 6000 hommes qu'il a perdus pour vaincre sont moins aisément remplacés que les 70 000 morts romains.
2= PÉRIODE (2IG-201). Revanche de Rome. — Abandonné de sa patrie, Hannibal essaie d'augmenter ses ressources par des alliances, mais les Romains tiennent tète h la coalition : leur liabile politique réduit Philippe de Macédoine à l'impuissance; .l/i')Te//»s s'empare de Syracuse après un siège de deux ans (212); les Gaulois sont devenus indifférents; Cneus et Publius Scipion retiennent en Espagne les frères d'Hannibal, Hasdrubal et llagon; vaincus et tués en 212, ils sont vengés par Publius Scipion, fils de Publius. Hannibal lui-même échoue dans la guerre de sièges à laquelle il est réduit, et Capoue. qu'il ne peut sauver, est prise et détruite (•;il). Hasdrubal, échappé de l'Espagne malgré Scipion, descend en Italie avec 52 OiiO hommes, et y soulève les Ligures : s'il joint son frère, Rome est perdue; mais attaqué par les deux consuls au passage du Miitaure, il est tué et
son armée exterminée (207). Hannibal se renferme dans le Rruttium, réduit i la défensive, mais inexpugnable. Les Romains, pour l'arracher de ce repaire, transportent la guerre en Afrique (201); Carthage, forcée de se défendre, se réveille, mais trop tard ; son allié Si/phnx, roi des Massésyliens, est vaincu par Scipion, et détrôné par Masinissa, Numide allie de Rome. Hannibal, appelé par sa patrie en danger, quitte l'Italie la rage au cœur, débarque à Leptis, et est battu i 'lama par Scipion et Masinissa (202). Carthage, sans armée et sans approvisionnements, obtient la paix à dos conditions désastreuses : elle renonce à l'Espag/ie et à toutes possessions hors d'Afrique : elle ne fera jamais la guerre sans la permission de Rome; elle livre ses vaisseaux et ses éléphants, elle paiera par an 200 talents (201). Descendue au rang de tributaire, Carthage a perdu son indépendance politique.
Conquête du monde (200-50 av. J.-C). — 1" pÉiiioiiE (200-172'. — Victorieuse de Carthage, Rome poursuit les alliés d'Hannibal, et châtie les peuples rebelles. — En Orient ses victoires sont faciles. Le roi de Macédoine, l'hitippe, allié d'Hannibal, est attaqué le premier; vaincu à la bataille de Ci/noscéphales, où la légion triomphe de la phalange (197), il traite à des conditions désastreuses : sa flotte est réduite Ji cinq vaisseaux, son armée h cinq mille hommes; il paie un tribut, et livre son fils comme otage. Le consul siinquPAW, Flamininus, se fait habilement passer pour le libérateur de la Grèce (196). — Le roi de Syrie Antiochus ///, décidé b. la guerre par Hannibal, s'allie aux Etoliens et tente de les joindre à travers la Grèce ; mais il est vaincu aux Thermopytes (191), puis les Romains détruisent ses flottes, le poursuivent eu Asie, et le battent à Magnésie (19U) : ils lui enlèvent ses éléphants, ses vaisseaux, ses trésors, et donnent ses possessions d'Asie Mineure h leur protégé Euméne, roi de Pergame. — Les Galales, peuple d'origine gauloise établi en Asie Mineure, sont punis de l'alliance qu'ils ont prêtée au roi de Syrie : vaincus au mont Olympe, ils sont contraîjits de s'allier au roi de Pergame (1S9). — Les Etolietu, après avoir bravé trois ans la puissance romaine, sont vaincus et achètent la paix (189,. — Enfin /■'/'(• mininits délivre Rome de Phdopœmcn et d'Hannibal (I8;i) : l'Orient est soumis à l'influence romaine.
Rome soutient en Occident des luttes plus difficiles : l'Espagne, menacée d'être réduite en province romaine, se lève en masse pour défendre son indépendance (197) ; héroïque, mais divisée, elle est vaincue h Empories (195), h Tolède (185), et forcée jusque dans ses montagnes; la Celtibérie, réduite par Sempronius Gracchus, est soumise au protectorat de Home, et l'Espagne parait conquise (178). — La Ciudpine, qui a repondu à Zama par la destruction de Plaisance, paie chèrement sa fidélité â Hannibal : elle tient tête pendant dix ans à quinze consuls, mais la discipline des légions l'emporte; Plaisance est repeuplée; des colons s'établissent à lioloirnc, à Parme, ii .Aquilée ; la voie Emilienne, prolongement de la voie Flaminienne, fraie le chemin de ristrie, et la voie Anrétienne celui de la Ligurie. — Vlstrie, la Corse et la Sardnigne, qui se sont soulevées, sont durement ramenées à l'obéissance
T PÉRIODE (173-118). — En Orient la Macédoine, qui n'accepte pas sa déchéance, se prépare en secret à la guerre. Après la mort do Philippe, Persée, brillant de venger sa patrie, tente une entreprise au-dessus de ses forces ; ses projets 1 de coalition échouent ; resté seul en face des Ro- 1 mains (172), il les bat deux fois; mais, attaque! par Paul-Emile, il est écrasé à Pgdnu, où la
ROME
ROME
plialanKo livre son dernior comlial (1G8) ; la Macédoine est morcolce, et Perséo meurt en prison. Les autres rois de l'Orient, rois de liilhi/nii', de Si/rie, de Cnpparioce, A'Ef/ypte, de Perfjamr, tremblent el s'humilient lâclirment. La Macédoine, qui s'agite encon; h la voix il'Aiiih-isros, est réduite par Mctellus en jn-nri/irr romaine (14(!) : la voie Egiwlienne joint Dyrrachium i 'i'hessaloniquB. — La ligue Acliéenne, qui, après avoir aidé les Boraains, ne veut pas d'eux pour maîtres, retrouve quelque courage avec Critotaoa et Diieos, mais elle est écrasée i Leucopélia par Mummius; Corintlie est détruite, et la Grèce entière devient la province d'Achaîe. — Jalonx de la prospérité renaissante do Cm-lhage, le sénat romain, où domine l'influence de Calon, excite contre elle Masinissa; les Carthaginois, exaspérés, se défendent malgré l'ordre de Kome ; aussitôt Scipion Eniilien parait devant leurs murs (149j, leur offre la paix en échange de leur soumission, puis, quand il les a désarmés, il annonce que la ville sera rasée : Carthage, régénérée par le désespoir, improvise un nouvel armement, soutient un siège de trois années, se défend do rue en rue, et succombe avec gloire ; la ville est brûlée, elle territoire carthaginois devient laproumce d'Afrique (146). — L'Espagne, qui s'est soulevée de nouveau en 153, résiste avec acharnement : le roi barbare Virvithe inflige aux Romains défaite sur défaite (148-140), mais il périt assassiné; la petite ville de Numa7ice, sur le Douro, défendue par 8000 hommes, repousse toutes les attaques pendant huit ans, mais Scipioji Emilieu, envoyé contre elle avec fiOOOO hommes, la bloque et la réduit par la famine (133); l'Espagne se sonmet, et la domination romaine s'étend jusqu'à l'Atlantique. — En Orient les Romains réclament le royaume de Pergame comme un héritage qui leur est dû, s'en emparent malgré Aristonic, et en font la province d'Asie {V2'J). — La Gaule transalpine est entamée à son tour. Appelés par Marseille, les Romains soumettent d'abord la côte entre les Alpes et le Rhùne (125), puis étendent leur nouvelle province, la Narbonnaise, jusqu'au lac Léman et jusqu'à la Garonne ; des colons s'établissent à Nurbonne. La conquête de la Gaule est commencée, et l'Espagne est reliée à l'Italie.
3' PÉRIODE (118-63). — Jugurthn , à qui son oncle Micipsa a laissé le tiers de la Numidie (118), ne so contente pas de sa part, et prend celle de ses deux cousins (112). Devenu un voisin dangereux, il détourne quelque temps par son or la colère de Rome, puis il achète plusieurs armées envoyées contre lui. Métellus, incorruptible, le bat au Muthul (lOS), mais ne peut l'atteindre dans le désert. Marins, ennemi de Métellus et de la noblesse, obtient du peuple la conduite de la guerre; Jugurtha et son beau-père liocclms, roi de Maurétanie, sont vaincus et réduits (106); Bocchus s'humilie, livre Jugurtha, et reçoit une partie de ses dépouilles ; la province romaine d'Afrique s'agrandit de la Numidie orientale.
Mais l'Italie est menacée d'une formidable in vasion : 300 000 Cimbrea et Teutons, sortis de la Germanie, ont écrasé six armées romaines (113- 105), et mis la Narbonnaiso à feu et li sang. Marins, réélu consul avant le temps, est envoyé d'Afrique en Gaule; il profite de l'incursion des barbares en Espagne pour aguerrir son armée de recrues, et pour fortifier ses positions le long du Rhône, et quand les Teutons se présentent, il les anéantit k Pourrières, près d'Aix (lO'i). Les Cimbres, qui, après un grand détour, ont pénétré en Italie par le col du Brcnner, font reculer une armée romaine, et ravagent la Transpadane; mais, au lieu des Teutons qu'il» attendent, Marius parait devant eux, et les massacre h Verceil
(loi). Le sauveur de l'Italie rapporte h Rome une renommée immense.
La guerre de Jugurtha et l'invasion des Cimbres, puis les guerres civiles, qui absorbent l'activité do Homo, permettent au roi de Pont, Mil/iridate, de conquérir peu b. peu l'Asie Mineure, y compris la province romaine (l"20-88), d'y massacrer la population romaine, et de soulever en Grèce le parti démocratique (88). — Mais Rome, libre enfin d'agir, donne la conduite delà guerre à Sylla (87): At/tihies, qui s'est alliée h Mithridate, est prise et pillée (86) ; les armées asiatiques débarquées en Grèce sont battues à Cliéronée (86) et à Orcfioméne (85); l'Asie Mineure est déjà lasse do son nouveau maître, et Sylla, passé en Troade, dicte au roi de Pont ses conditions (84). — Mithridate, qui cherche à se venger, s'allie à Sertorius (V. cidessous) et au roi d'Arménie Tigrane, brouillé avec Rome; mais LucuUus le bat, le chasse devant lui de ville en ville, lui enlève sa capitale Sinope. le force Ji fuir en Arménie, l'y poursuit aussitôt et détruit les armées de Tigrane (74-67).
— Pompée, après avoir détruit les pirates (67), remplace en Asie Lucullus (86), et organise habilement la domination de Rome: devant lui Tigrane s'humilie, et Mithridate se tue (63); le Pont, la Cilicie et la Syrie sont organisés en provinces romaines ; le reste de r.\sie Mineure, morcelé, est placé dans la dépendance de Rome, et \'Ar7nénie seule garde assez de force pour arrêter les Parthes.
4'= pÉnioDE. — Conquête de la Gaule (58-51).
— La Gaule, avant César, ne forme pas une nation ; elle est divisée en trois grandes régions ; V Aquitaine, entre les Pyrénées et la Garonne, la Celtique, entre la Garonne et la Seine ; la Belgique, entre la Seine et le Rhin : l'Aquitaine comprend 9 peuples, la Celtique 36, la Belgique 15. Ces 60 Etats ne sont unis entre eux ni par un lien fédéral, ni par une autorité supérieure, ni par l'idée nette d'une patrie commune ; ennemis les uns des autres, ils se font des guerres acharnées. Ils n'ont de commun que la religion ; les Druide', confrérie d'initiés dont le centre est en Bretagne (Angleterre), ont un chef unique. — La Gaule manque d'unité sociale comme d'unité politique : chaque Etat est lui-iuême divisé : dans les champs, des esclaves innombrables, des hommes attachés au sol et des clients ; au-dessus d'eux, sans intermédiaires, les nobles, maîtres des terres, et les Druides, maîtres des âmes. Dans les villes, peu peuplées, dos esclaves, quelque populace et des riches tout-puissants. L'énergie des Gaulois se perd dans les agitations de la guerre civile (V. Gaule).
Envahie par les Suèves, menacée par les Hel vêtes, la Gaule implore le secours de Rome (58). Jtiles César est envoyé pour la sauver. — Dans la 1" campagne (58), il bat les Helvètes au passage de la Saône et près de Bibracte, et les force à rentrer dans leur pays, puis il se tourne contre Arioviste, chef des Suèves, et le rejette au delà du Rhin. — Dans la 2" campagne (57), César marche contre les Belges soulevés, et les bat sur l'Aisne et sur la Sambre, pendant que Crassus soumet une partie de l'Armorique. • — Dans la 3° campagne (56), César réduit VArmorique, pendant que Crassus conquiert V Aquitaine. — Dans la 4« campagne (65), César taille en pièces des envahisseurs germains, et pousse jusqu'au delà du Rhin, puis il fait une expédition dans 1';'/^ de Breingne; la Gaule n'a plus de secours à attendre de ses voisins. — Dans la 5'^ campagne (d4). César passe une seconde fois en Bretagne; à son retour, la Gaule semble soumise, et les légions se dispersent pour vivre, mais une terrible insurrection éclate tout i coup en Belgique : la légion de Sabinus est massacrée par l'Eburon .Ambiorix; celle
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de Q. Cicéron, chpz les Nerviens-, est assiégée par plusieurs peuples, mais elle est délivrée par César, qui bat les Nerviens; Labiénus, attaqué par les Trévèi-es, les met en déroute et tue Indutlomare. — Dans la 6' cnmfjagne (63), César triomphe d'une troisième insurrection belge, mais il ne peut atteindre Ambiorix. — La '' campagne (ôî) décide du sort de la Gaule. Les Gaulois, qui se sentent conquis, s'unissent, mais trop tard. Vercingélorix, roi des Arvernes, groupe autour de lui la plupart des Etats, celtes et belges; la r.'sistance est organisée avec activité. Avaricum (Bourges) ne succombe qu'après une résistance liéroique ; Vercingétorix, assiégé à Cergovia par César, repousse ses assauts et le force à la retraite ; si Labiénus bat une armée gauloise K Lutetia (Paris;, d'un autre côté les Eduens font défection, et Vercingétorix, plus puissant encoie après l'assemblée de bibracte, prépare une attaque contre la Narbonnaise; mais il est battu par César et enfermé dans Alésia (Alise-Sainte-Reine en Bourgogne, et non Alaise en Franche-Comté) : toutes les sorties sont repoussées: l'armée de secours est détruite ; vaincu par la famine, Vercingétorix se rend à César. La chute d'Alésia est le signal de la défaite définitive. — Mais une 8'' campagne (51) est nécessaire pour pacifier la Gaule: au Nord les Bellovuques, les Eburonn, les Tréuères sont réduits; à l'Ouest les bandes de Dunmacus sont taillées en pièces ; au Sud Uxe/lodunum (Puy d'Issolu ?) succombe après la défaite de IJrappès et de Ludévius. — La Gaule pacifiée. César s attache à faire oublier la guerre.
Pendant que César se couvre de gloire en Gaule, les Pai-tfies détruisent l'armée de Crwsus (53).
Administration des provinces. — Dans les derniers temps de la République, Vllalie, qui ne forme plus qu'un seul Etat, est entrée dans la cité romaine (V. ci-dessous) ; les provinces no font encore partie que de l'empire de Rome; elles n'ont plus leurs lois propres et n'ont pas encore les lois romaines ; chaque province est divisée en cercles, ayant chacun une ville comme centre : ces villes conservent une certaine autonomie administrative ; la province est gouvernée par un ancien préteur {propréteur), ou par un ancien consul (/jro'O'is!;/); leur pouvoir, annuel en principe, peut être prorogé jusqu'à six ans; le gouverneur a des licteurs et des troupes, lève des contributions, et juge au civil et au criminel ; il est assisté d'un queUeur (trésorier), et d'un ou plusieurs Uguts. Les provinciaux aspirent à sortir de cette sujétion et à devenir citoyens romains comme les Italiens.
HUtolrc Intérieure de la République.
Lutte entre les deux ordres. — La plèbe. — L'aristocratie, maîtresse du pouvoir, le conserve plusieurs siècles par un mélange de résistance et de concessions, mais elle est attaquée sans relâche par la plèbe, qui grandit sans cesse, et que ne retiennent plus les anciennes croyances. — Le pouvoir des patriciens ne reste pas longtemps absolu : les clients, qui, depuis Servius, sont mêlés aux plébéiens dans les centuries, commencent à j se détacher de la gens, et une partie d'entre eux entrent dans la plèbe pour être libres ; il est vrai qu'en même temps des plébéiens, appauvris et réduits k emprunter, se résignent à devenir les clients des patriciens, et à renforcer malgré eux les génies; mais d'autre part, une partie de la plèbe, enrichie peu à peu par l'industrie et le commerce naissants, s'élève au-dessus des classes inférieures, et devient une seconde aristocatie. La plèbe, longtemps abjecte et méprisée, sans organisation, tenue hors de la société, hors de la loi, hors de la religion, va se fortifier, s'organiser,
et conquérir lentement l'égalité civile, l'égalité politique, l'égalité religieuse.
Ktfiblissetnetit du trih'jnat (493). — Désespérant de vaincre les résistances patriciennes, les plébéiens quittent la ville, et se retirent sur le Mo?it-Sacré (493 ; légende de Ménénius Agrippa). I Le sénat, qui a besoin d'eux comme soldats, les j ramène par une grande concession : la plèbe obtient quatre chefs tirés de son sein, deux tribun-' et deux édiles. Le tribun n'est ni prêtre, ni magistrat, mais il est inviolable {sacro-saint) ; il I n'est d'abord que le juge des différends entre plébéiens, et leur protecteur contre les patrij ciens, mais, grâce à son inviolabilité, il convoque les comices, siège au sénat, propose des lois, brave le patriciat (exil de Coriolan ; loi agraire I de S/iurius Cas>'ius; mort du consul Ménénius). Les édiles, auxiliaires des tribuns, sont chargés I de la police, des jeux publics et de Vannone (service des subsistances). En même temps, la plèbe se réunit en assemblées délibérantes dans les comices par tribus, où elle fait des décrets pour son usage, les plébiscites. Les deux ordres, plèbe et patriciat, forment légalement deux peuples distincts, unis seulement dans les comices centuriates et à l'armée. — Cependant, la société romaine n'a encore rien de démocratique ; les tribuns, loin d'être des démagogues, représentent non les classes inférieures, mais la plèbe riche, qui commence à s'allier au patriciat par des mariages ; les comices par tribus ne sont démocratiques qu'en apparence, parce que les tribus urbaines, formées des pauvres, sont annulées par les tribus rustiques, plus nombreuses, où dominent les propriétaires ; les plébéiens pauvres marchent d'ailleurs à la suite des plébéiens riches ; les prolétaires n'ont pas plus d'influence que par le passé ; la lutte est entre l'aristocratie de naissance et l'aristocratie de richesse, et non pas entre les riches et les pauvres : c'est pourquoi elle est peu sanglante.
Conquête de l'égnlité civile (441). — Les deux ordres mettent deux siècles à se fondre. La plèbe, qui, dans toute cause où figurent des hommes des deux ordres, est jugée par des patriciens, suivant des lois connues d'eux seuls et gardées dans les temples, commence par réclamer un code fondé non plus sur la religion, mais sur l'intérêt général. — Aux efforts du tribun Térentillus Arsa 462), le sénat s'oppose pacifiquement, et une partie des patriciens par la force {Céson) ; le sénat, forcé aux concessions, élève le nombre des tribuns à di.c, deux pour chaque classe de plébéiens propriétaires (457;, et charge dix magistrats patriciens {décemvirs) de rédiger un code (4.il). — Les premiers décemvirs gouvernent avec sagesse et rédigent dix tables de lois ; les deuxièmes décemvirs, dont le principal est Appius Claudius, publient deux tables de lois iniques, et favorisent une réaction violente ; mais une partie des patriciens mêmes les abandonnent; le crime d'Appius amène sa chute et celle de ses collègues (449). — Les deux dernières tables sont corrigées, et la loi des Douze tables, applicable aux deux ordres, sorte de transition entre les traditions saintes et le droit proprement dit, est acceptée par les comices centuriates. La plèbe a conquis l'égalité dans la vie privée. Rome a encore deux classes, mais elle n'a plus qu'un peuple.
Conquête de l'égalité politique {trois dates principales : 443 ; 3GG ; 339). — .\près une série de lois secondaires, qui diminuent déji\ les privilèges politiques des patriciens, les tribuns réclament le partage des magistratures. Les patriciens, forcés il de nouvelles concessions, démembrent le consulat en deux parties, la censure et le tribunal cotisulaire (443) ; la censure, fonction
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religieuse qui cousisie principalement à faire le cens, c'est-:\-dire il répartir les citoyens parmi les classe f, est réservée aux patriciens; le tribunal consulaire, inférieur au consulat, non seulement par l'institution de la censure, mais aussi par le nombre des tribuns consulaires, qui sera porté jusqu'à six, est déclaré accessible aux plébéiens.
Le principe de l'égalité triomphe, mais la nouvelli! cunstitulion ne passe que lentement dans hi pratii|ue ; le patriciat se défond pied à pied, et no ciide qu'à la dernière extrémité. — En i'î\, la questure devient accessible aux plébéiens, et les questeurs, jusque-là nommés par les consuls, sont élus par les comices par tribus, dont l'importance croît de jour on jour ; le nombre des questeurs est porté à quatre. — En 4i)n, les plébéiens réussissent enfin à élever quatre des leurs au tribunat consulaire. — La lutte, interrompue par l'invasion des Gaulois, reprend aussitôt après leur départ ; les patriciens sont abandonnés de leurs derniers clients : il n'y a plus en face les uns des autres que des patriciens, dont le nombre diminue à cliaque guerre, et des pléLéiens renforcés non seulement par les clients, mais encore par les Italiens fixés à Rome. — La décadence du patriciat est désormais rapide ; la plèbe riclie réclame le rétablissement et le partage du consulnt; la plèbe pauvre, indifférente à la politique, demande seulement une distribution de terres, et la réduction des dettes ; les tribuns Licinius Stolon et Se-,tius, qui représentent les riclies, convoitent avant tout le consulat, mais ils proposent les autres réformes pour être soutenus par la plèbe entière : grâce h cette tactique, ils l'emportent après une lutte de dix ans, où cette fois le sang coule ; la plèbe aura désormais un consul sur deux (.3CC). — Mais, en même temps, une magistrature nouvelle et exclusivement patricienne, la préture, est créée, pour deux raisons : 1° parce que l'accroissement de la population et les progrès de la puissance romaine nécessitent de nouveaux magistrats ; 2° parce que les patriciens veulent regagner une partie de ce qu'ils ont perdu. Le préteur est une sorte de vice-consul, et à la fois le juge souverain dans toutes les affaires civiles ; en entrant en fonctions, il publie un édit où il fixe les règles qu'il suivra dans sa juridiction; les édits du préteur constitueront le droit nouveau.
Les patriciens, qui conservent encore la dictature, s'en servent quatorze fois en vingt ans pour influencer les élections, et les plébéiens n'arrivent au consulat que huit fois en vingt-sept ans ; la plèbe et l'armée s'insurgent I3il), et arrachent au sénat d'immenses concessions : les deux consuls pourront être plébéiens; les vléhiscites seront obligatoires pour tous ; le veto législatif du sénat est aboli. — La censure, devenue la première charge municipale, est partagée entre les deux ordres par la loi de Publilius l'hilo (3:i9) ; et deux ans après (33"), la préture est partagée ; le proconsu'at, magistrature nouvelle créée en 32ii pour décharger les consuls, est dès l'origine accessible aux plébéiens. — Enfin le sénat lui-même, ouvert aux anciens magistrats, consuls, censeurs, préteurs, questeurs, édiles curules, et aux tribujis, se remplit de plébéiens, et les patriciens y sont bientôt en minorité (fin du iv= siècle). L'égalité potiiif/'ie est complète entre les deux ordres, ou plutôt le privilège est maintenant du côté des plébéiens, qui ont fermé aux patriciens le tribunat.
Conquête de l'ét/alité religieuse (300). — Les patriciens gardent encore quelque temps la supériorité religieuse, mais la plèbe réclame le partage des sacerdoces politiques, et en 3t)0 elle obtient pour elle la moitié des pontifes et des augures; l'antique religion tombe comme est tombée l'ancienne famille (je/is) et l'ancienne cité; les ins-
titutions sont fondées, non plus sur la religion, mais sur l'intérêt public (cespublicu) ; le patriciat n'est plus qu'un nom.
Formation de la noblesse. — Le nouveau régime n'est pas encore démocratique. Le pdriciat renversé, une nouv<!lle aristocratie s'élève, la noblesse (iiobilitos), composée du peu qu'il reste de familles patriciennes, mais en majeure partie de familles plébéiennes arrivées par l'exercice de magistratures curules : le non-noble (ignubilis) qui devient censeur, consul, préteur, etc., porte le titre à'iiomme nouveau [homo nuvus) ; il n'est plus appelé ignobilis, mais il n'est pas noljle encore ; son fils est noble à une image, parce qu'il place dans son atrium le buste de son père ; une famille est d'autant plus noble qu'elle a plus d'imagos. — Au-dessous de la noblesse se trouve l'ordre équestre, aristocratie de deuxième ordre, constituée par les familles riches qui n'ont pas exercé de magistratures, et qui se livrent à l'agriculture, au commerce, à la banque, etc. — Il n'y a rien de commun que le nom entre cet ordre équestre et les chevaliers de l'époque primitive : autrefois les chevaliers étaient surtout des cavaliers, organisés en centuries (compagnies) ; aujourd'hui ils ne servent plus en corps ; à la guerre ils sont officiers; mais leur caractère militaire s'efface, et l'ordre équestre ne sera bientôt plus qu'une c/asjeWc/ie de commerçants et d'hommes d'alTaires.
Causes de la révolution. — Puissance de la noblesse au lit" siècle. — Maîtresse du sénat et de l'ordre équestre, l'aristocratie de richesse gouverne Rome. Les dangers de la première et de la deuxième guerre punique ne font que la fortifier en donnant au sénat une véritable dictature. — Son pouvoir est cependant moins durable (lue celui du patriciat, parce (|ue la richesse excite l'envie plus que le respect; les pauvres commencent à désirer l'égalité, et les classes moyennes la réclament. — Attaquée par le parti pojtidaire, la nouvelle aristocratie, loin de se fortifier, s'affaiblit de jour en jour : devenue la classe militaire à l'exemple du patriciat qu'elle reiuplace, elle est décimée à chaque guerre.
Mais la démocratie met plus d'un siècle à l'emporter. Si les privilèges ne sont pas autorisés en principe, les avenues du pouvoir sont occupées par les nobles, et les procédés de gouvernement demeurent aristocratiques. La censure, qui a la juridiction des mœurs, et qui classe les citoyens, est devenue entre les mains des nobles un puissant instruiuent. Si la dictature a été supprimée, en fait le sénat en a le pouvoir. Dos règlements compliqués rendent les magistratures inaccessibles aux pauvres. La réforma des comices centuriates, vers 241, est théoriquement une grande victoire de la démocratie : désormais les a/f'rnnchis y voteront comme les hommes libres; il sera établi 373 centuries; chaque classe censitaire aura le même nombre de centuries, et par conséquent dévotes; la majorité étantde IS7,le votedevra être continué au moins jusqu'à la troisième classe, ainsi, au lieu d'avoir la moitié des voix, les riches n'en ont plus guère que la cinquième partie. Mais, en fait, les nobles réussissent à garder la prépondérance, grâce au pouvoir absolu du censeur, qui compose les centuries arbitrairement, grâce aussi à leurs immenses richesses, qui leur permettent d'acheter les suffrages ; les riches viennent aux comices avec une suite nombreuse dj créatures : uni; nouvelle clientèle s'est formée, et la corruption de la populace est érigée en système. — La ruine des petits propriétaires et le nombre croissant des afiranchis liàtent cette décomposition. ^Liiicomices par tribus, C[a\ ont pris une grande extension, ne sont pas non plus aussi démocratiques qu'ils le paraissent : sans douta il
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n'y est pas fait légalement de distinction de richesse, mais les affranchis et les pauvres, en un mot, la populace, restent relégués dans les quatre tribus urb(ii7ies /les 31 tribus rustiques sont formées par la classe moyenne et par la classe riche. — Les ti-ihiins eux-mômes sont souvent des nobles, et toujours des riches qui ambitionnent les hautes magistratures. — En résumé, le peuple n'est souverain qu'en théorie : en réalité la noblesse règne et le sénat gouverne ; la république est oligarchique.
Conséguenees des conquêtes. —Le monde vaincu se venge en corrompant Rome. La double invasion du scepticisme grec et des cultes orientaux ruine les antiques croyances : une infâme association, celle des Bacclmnales, est découverte en 186; les liens de la famille se relâchent; le patriotisme s'affaiblit; l'argent est tout. L'excès de la richesse produit la dépravation des mœurs, l'accroissement de l'esclavage, la vénalité des pauvres. — Pour la littérature, V. Latine [Littérature).
Tentatives de réformes {I" partie du deuxième siècle). — Entre l'aristocratie égoïste et la populace envieuse se forme un partie qui se propose de relever la classe moyenne, et qui lutte à la fois contre les nobles et contre les démagogues : à la tête do ce parti esfCn/o^?, homme nouveau, qui fait de sa vie un long combat, et qui passe pour le type du vieux Romain. A la tète de la noblesse est Scipio?i l'Africain, le vainqueur de Zama. — La lutte s'engage entre ces deux hommes qui représentent des intérêts opposés, et Catoii, u à force d'atinyer », réduit Scipion à l'exil (186); élu censeur en 184, après la découverte des Bacchanales, il use de son pouvoir avec énergie; ennemi de la noblesse, il la rappelle sévèrement au respect des lois; ennemi de l'esprit 7iouveau, il attaque les moeurs grecques, l'élégance, le luxe, l'oisiveté, l'indiscipline, la corruption, et la philosophie qu'il rend responsable de toutes les nouveautés. Mais le mal est trop profond pour être guéri : la classe moyenne, déjà décimée par les guerres, est ruinée par la gnni'/e propriété et par le travail des esclaves; elle fonil de jour en jour au profit de la populace, et bientôt on ne comptera plus à Rome que 20UO propriétaires.
Au milieu de cette décadence générale, quelques hommes, n'empruntant à la Grèce que les meilleurs de ses fruits, savent allier la culture littéraire au patriotisme, l'urbanité aux vertus romaines, l'esprit ancien à l'esprit nouveau : tels sont Paul-Emile, Scipion Nasica, Calpurnius Pison, Senipronius, père des Gracques, l'orateur Scfevola, et par dessus tout Scipi'm E'/iilien, honnête homme sans préjugés ni passions, l'ami de Polybe, de Panétius, de Léliuss Egalement ennemi de l'oligarchie avide et de la populace avilie, il semble avoir voulu, non pas régénérer la plèbe romaine, qu'il méprise, mais faire do 1'/talie une nation, où les petits propriétaires fissent équilibre aux prolétaires, et les travailleurs libres aux esclaves.
Une révolution est inévitable. A Rome une plèbe énorme; dans les champs des esclaves innombrables ; au-dessus, sans intermédiaire, l'aristocratie, maîtresse du gouvernement et de la terre. Rome, devenue un monde, ne peut conserver son antique constitution : les plébticns sont las de leur pauvreté, les Italiens de leur infériorité, les provinciaux de leur sujétion, les esclaves de leurs misères.
La Révolution. — Les terres publiques. — Les lois agraires ne sont pas un accident dans l'histoire de Rome : il y en a eu sous les rois, sous la République, sous l'Empire, l'ne loi agraire est une loi relative k la propriété rurale [aqer). — Rome, qui s'est approprié les terres conquises,
dispose d'immenses territoires : elle laisse aux vaincus un tiers environ de leur sol, à l\lTe précaire, ce qui veut dire qu'ils n'en sont pas propriétaires ; elle garde pour elle tout le reste : de ces terres publiques (ager publicus], les unes, vendues àdes citoyensou données à des colonies, deviennent propriétés privées; d'autres sont affermées par l'Etat au plus offrant ; d'autres enfin, stériles, vagues ou éloignées des centres, restent rscaw^e^,les unes comme les autres sont accaparées par les riches romains ou italiens, parce que les terres affermées le sont par gros lots, et que les terres vacantes exigent pour être mises en culture un gros capital en argent et en esclaves; les plébéiens n'ont pas part au domaine public ; il n'y a plus de place pour eux qu'à Rome, où ils vendent leurs votes.
Tentative de Tihérius dracckus (133). — Tibérius Gracchus, tribun de la plèbe, n'est pas un démagogue : son père, Sempronius, est noble, et sa mère, Cornélie, patricienne. Sa loi agraire n'est pas démagogique; il propose principalement que personne ne possède plus de 600 arpents de terres publiques, et que par compensation ces 500 arpents soient donnés en propriété complète et non plus k titre précaire ; Tibérius ne restreint nullement la propriété privée; il ne viole aucun droit, puisque les terres publiques appartiennent à l'Etat; son but est de reconstituer la petite propriété, et par conséquent la cla<ise moyenne. Mais les riches se considèrent comme les propriétaires du sol qu'ils occupent depuis longtemps, qu'ils ont défriché, cultivé, amélioré; les Italiens se plaignent qu'on les dépouille au profit de la populace romaine ; quant aux plébéiens, ils montrent peu d'empressement à quitter Rome pour les champs, et ne veulent pas être régénérés. Tibérius, dans les comices par tribus, réussit par sa popularité à faire déposer son collègue Octavius, qui s'est fait l'nistrument des riches ; la loi passe, mais elle entre difficilement dans la pratique : Tibérius, vivemnent attaqué par l'aristocratie, blâmé de ses violences par Scipion Emilien, abandonné par la plèbe, est tué par ordre du sénat dans une sédition (133). 11 a voulu relever la classe moyenne, mais il est trop tard : elle n'existe plus.
Dans le même temps les esclaves siciliens se soulèvent et ont leur jour de vengeance, mais ils finissent par être vaincus; traqués comme des bêtes, ils périssent dans les supplices (13i-141).
Tentative de Ca'ius Gracchus. — La plèbe regrette bientôt son inertie : elle réclame l'exécution de la loi de Tibérius, en charge trois commissaires (triumvirs), dont Caïus, frère de Tibérius, et leur donne un pouvoir absolu, qui paralyse le sénat et toutes les autorités légales. Scipion Emilien, qui seul tient en échec les triumvirs par sa grande influence, périt sans doute assassiné (129), et les Italiens n'ont plus de protecteur. Gains, nommé tribun (123), entreprend de changer toute la constitution : il n'est pas établi qu'il ait aspiré à la royauté ; ses intentions paraissent bonnes, mais ses réformes sont contradictoires et inapplicables. Ses lois agraires, qui établissent en Italie un grand nombre de colonies, mécontentent les Italiens qu'elles dépouillent; sa loi politique, qui leur donne le droit de suffrage, ne les apaise pas, et d'un autre côté irrite la plèbe, qui ne veut pas partager avec d'autres la vente des votes ; sa loi frumentaire, qui assure aux prolétaires des distributions régulières de blé, épuise le trésor public et nourrit la paresse ; sa loi judiciaire, qui donne le pouvoir judiciaire aux chevaliers au détriment des sénateurs, abaisse une oligarchie pour en élever une autre ; enfin sa loi sur la rééligihilitc des magistrats et particulièrement des tribuns parait la préparation du pouvoir personnel.
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Aussi so heui'te-t-il à des obstacles sans nombre: il indispose contre lui tous les partis, aristocratie, plèbe, Italiens, clievaliers mfime : le peu de popularité qui lui reste lui est facilement enlevé par l'ambitieux tribun Livius Dntsus, que le sénat paie pour flatter la plèbe ; Caîus, qui ne peut se faire renommer, redevient simple citoyen : aussitôt cité en justice par les nobles, menacé d'une arrestation, il tente un coup d'Etat avec ses partisans : un combat s'engage, et Caîus succombe comme Tibérius (121). — Les lois des Gracques sont abolies ou modifiées, et la réaction aristocratique dure jusqu'à la fin du ii" siècle; la noblesse et l'ordre équestre continuent de s'enrichir malhonnêtement, aux dépens des provinces; la populace s'avilit encore; la misère s'accroît, et une seconde révolte des esclaves est noyée dans le sang (10'2-99). — V. Guerres servîtes.
Muriui ; Suturninus ; Dvusus. — Les Gracques ont échoue dans leur tentative pacifique do révolution ; la plèbe a refusé de se relever; le temps des réformes est passé : les réformateurs vont être remplacés par des ambitieux, les émeutes par des guerres. — Marins, déjà aimé des prolétaires, et des Italiens, auxquels il a ouvert les légions, conquiert une popularité immense : né à Arpinum, il semble le défenseur naturel des Italims; homme nouveau, il est l'espoir de la plèbe; vainqueur de Jugurtha et des Cimbres, il impose silence à l'aristocratie. — Mais il n'use de sa gloire que pour satisfaire son ambition et sa haine de parvenu : il s'entoure de ses vétérans tout dévoués, flatte la plèbe, fait donner le tribunal et la préture aux démagogues Saturuinns et Glaucia, ses alliés (10»), obtient pour lui u[i sixième consulat, réduit le sénat h l'impuissance, et Métellus ;i l'exil ; mais, une fois maître du pouvoir, il montre une telle incapacité politique que Saturninus et Glaucia se séparent de lui, et profitent de la déception de la plèbe pour la soulever et pour s'emparer du Capitule. Marins, isolé, se rapproche des nobles, se tourne contre ses anciens complices, et les laisse massacrer (100). Métellus revient en triomphe (OU), et Marius méprisé de tous part pour l'Asie.
Après quelques années de réaction aristocraque, un réformateur mystérieux, un noble, le tiihnn Driisiis, fils de l'antagoniste de Caîus Gracchus, projette de satisfaire les s-nateurs par la restitution des tribunaux, les chevaliers par des places au sénat, les pauvres par des terres, les italiens par le droit de cité. Mais les nobles veulent être les seuls sénateurs, et les chevaliers les seuls juges ; les pauvres se refusent à quitter Rome, et les Italiens à leur céder des terres. Drusus est assassiné par les chevaliers (91).
Gup-re sociale (9o-89). — La moitié des Italiens, las d'être exploités par Rome sans compensation, s'unissent, et réclament le droit de cité, les armes à la main : ils ont d'abord l'avantage; des consuls sont battus; et Marias, rappelé pour rendre îi Rome la victoire, se rappelle que les Italiens ont été ses plus chauds partisans et les ménage. Mais son ancien lieutenant, le patricien Sylla, profite de cette inaction pour prendre le premier rôle et s'élever par l'armée ; il pousse activement la guerre, et fait changer la fortune. — En même temps le sénat se décide à des concessions : la loi Julia accorde le droit de cité à tous les Italiens restés fidèles et à tous ceux qui viendront se soumettre. Restés seuls, les Samnites et les Lucaniens sont écrasés ; le sénat, modéré dans la victoire, accorde à toute; l'Italie le droit de cité par la loi Plauiia- Puiiiriu (89). Inscrits tous ensemble dans les quatre dernières tribus avec les piolétaires, les nouveaux ciioyens n'ont pas de pouvoir politique, mais ils sont protégés par les lois romaines et ont le droit de propriété complète sur leurs terres, 2* l'AniiE,
qui sont assimilées aux terres romaines par le dioit italii/ue. Quelques villes et quelques |ietits peuples repoussent l'offre de Rome ; d'autres, trop lents h so soumettre, sont traités en vaincus, mais la plupart acceptent avec joie les avantages qu'ils Convoitent depuis si longtemps, et l'ensemble de l'Italie forme une nation dont Rome ne sera plus bientôt que la capitale.
Marius et Si/lla (88-78). — Compromis aux yeux dos Italiens comme aux yeux de la plèbe, Marius n'a plus d'alliés contre le parti des nobles et de Sylla ; après une émeute, il est forcé de fuir jusqu'en Afrique (88). Mais le consul Ciiina, son partisan, profite de l'absence de Sylla pour soulever la plèbe et les Italiens contre le sénat. Marius, à la tête d'un ramas d'esclaves, rentre à Rome (87), massacre les partisans de Sylla, prend possession du consulat pour la septième fois, et meurt maître de Rome (86).
Cependant Sylla, vainqueur de Mithridate, revient d'Asie, altéré de vengeance (8^!); Cinna et les autres chefs du parti populaire sont égorgés ou vaincus; une armée de COOdO Italiens est écrasée à. la porte Colline (8.3). Sylla, appuyé sur le sénat et sur ses lOUOOO vétérans exerce la dictature (8'2-"9). Il proscrit les riches de tous les partis, et confisque leurs biens pour satisfaire ses soldats, et établit par les loii cornéliennes une constitution oligarchique : les chevaliers perdent une partie de leurs terres et de leurs fermes, et sont dépouillés dn poiwnir judiciaire, qui est rendu aux sénateurs ; les comices par tribus sont supprimés ; le tribimat de la plèbe est annulé ; la coisure est abolie ; le sénat redevient tout puissant. — Mais une telle constitution n'est pas durable ; les soldats n'y sont pas attachés : ils ne sont dévoués qu'à leur chef. Sylla a seulement montré que l'armée peut changer la forme du gouvernement; le régime républicain n'existe plus que de nom; le règne des armées est venu.
Pompée; Sertoritis; Spartacus. — A 1 époque de la mort de Sylla, il y a dans l'Etat rornain quatre armées : aucune n'est l'armée de la République ; toutes quatre sont levées par des hommes qui ne sont pas magistrats, Lepi'lus, Sertoritis, Crnssus et Pompée. Ces quatre ambitieux se mettent deux contre deux pour se combattre, et s'appuient, les deux premiers sur le parti populaire, les deux autres sur le sénat (77). — Pompée défend Rome contre Lépidus, le bat et le réduit à se tuer (77) ; puis il marche contre Sertorius, qui a soulevé l'Espagne, et, après une lutte longue et sanglante, Sertorius est assassiné et l'Espagne réduite (72i. — De son côté Grassus combat en Italie les esclaves révoltes (73-71), et tue leur chef Spartacus (71). Pompée, revenu d'Espagne, achève do les dompter, et rentre à Rome en triomphe. .
Restés seuls, Crassus et Pompée, qui ne cherchent qu'à fortifier leur pouvoir, s entendent pour se concilier le peuple, et affaiblissent le sénat, qu'ils ont défendu ; la constitution de Sylla est détruite ; la censure et le tribund sont rétablis ; enfin, grâce aux efforts de Cicéron, le pouvoir judiciaire est rendu aux chevaliers, après le procès de Verrh. — Cette révolution, qui montre l'impuissance du sénat, est la préparation de la monarchie (70). — Investi de la dictature en 117 pour combattre les pirates, continué dans ce pouvoir par la loi Mmilia (GG) pour réduire Mithridate, avec le droit de conclure des traités, Pompée est déjà un monarque absolu, excepté à Rome. Crassus, jaloux, s'est séparé de lui,
Ci'éron; Rullus; Catilma (U.3;. — Pendant
l'absence de Pompée, une dernière tentative est
faite pour relever la République. Cicéron, sans
abandonner le parti de Pompée, veut cependant
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n que les armes le cèdent i la toge » ; plein d'idées généreuses, il prèclie l'Iiunianité, l'apaisement, la conciliation, et clierche à créer un parti intermédiaire entre les nobles et les démagogues, le parti des honnêtes gens, dont le noyau sera Yordre équestre. — Elu consul en 63, il a d'abord à lutter contre un tribun, derrière lequel se caclie l'ambition de César, Rullus, qui réclame pour les pauvres des distributions de terres et d'argent, afin d'avoir le pouvoir absolu, que lui donnerait rexccution du partage. Menacés dans leurs intérêts, les clievaliiirs rompent avec la plèbe, et se coalisent avec le sénat ; la loi agraire est repoussée.
CutiHua, ambitieux sans scrupules, qui n'est pas même un chef de parti, et qui n'est peut-être que le prête-nom de Crassus, exploite la déception de la plèbe, et forme une conjuration qui devait avoir pour but de renverser Pompée et de bouleverser les fortunes. — Démasqué par Cicéron, déclaré ennemi public. Catilina est contraint de fuir; ses complices de Rome sont exécutés.malgré les efforts de César, (jui veut se rendre populaire; l'armée que Catilina réunit à la hâte est taillée en pièces, et il périt sur le champ de bataille. Cicéron a sauvé la République, mais seulement de Catilina.
Pompée, Crassus et César. — Revenu en Italie (62), Pompée, confiant dans sa force, se démet de ses pouvoirs militaires, et rentre dans Kome en particulier. Mais le sénat, qui ne le craint plus, relève la tête ; en même temps deux autres ambitions se produisent, l'une déjà ancienne, celle de Crassus, l'autre plus nouvelle, celle de César, en qui Sylla avait pressenti <i plusieurs Marins >'. Pompée aime mieux partager avec eux le pouvoir que de tout perdre (60) : un gouvernement illégal, appelé improprement le jireniier triumvirat, s'établit malgré le? efforts du sénat, et surtout de Caton.qui, faute de comprendre les choses et les hommes de son temps, voit son honnêteté impuissante. Pompée est chargé d'exécuter la loi agraire, proposée par César; César, après son consulat (59;, reçoit le proconsulai des Gaules; Crassus obtient des avantages que l'histoire n'a pu préciser ; la République a trois maîtres.
Resté seul à Rome, Pompée semble encore tout puissant, mais il se laisse dominer et bafouer par un agent de César, le tribun Clodius, devenu maître dans Rome par sa popularité et par son audace : Cicéron est exilé pendant dix-sept mois ; Caton est envoyé à Cypre ; Rome est en proie aux sicaires. — D'un autre côté le sénat, enhardi par l'éloignement des armées, essaye de supprimer la loi agraire.
Réunis encore par le danger, les triumvirs resserrent leur alliance dans Ventrerue de Lucgues (5(1), et décident que chacun d'eux aura une armée; la plèbe ratifie leurs arrangements par un plébiscite; Pompée met une garnison au Capitole, et les sénateurs, réduits à l'impuissance, se divisent eux-mêmes en deux groupes : les uns, comme Caton, défendent une cause désespérée; les autres, comme Cicéron, se soumettent.
Pomjiée el César. — La mort de Crassus chez les Parthes met fin au triumvirat (5-)) ; César et Pompée, restés seuls en présence, deviennent ennemis, et la lutte s'engage non pas entre la monarchie et la république, non pas entre la démocratie et l'aristocratie, mais entre deux ambitieux armés du même pouvoir. — Après quatre ajinées de rivalité sourde, Pompée, forçant la main au sénat, lui fait rendre un décret illégal, qui enlève à César son commandement (4y). Aussitôt César franchit le Huhiœn, c'est-à-dire qu'il sort de sa province avec son armée, pour marcher sur Rome. L'acte illégal de Pompée a entraîné celui de César.
Pompée, qui n'est qu'un chef de faction, s'intitule le défenseur de la République, mais il est
impuissant àladéfendre, et s'enfuit avec le sénat. César le domine de toute sa gloire; accueilli avec enthousiasme par les populations, il prend possession de Rome, et, après avoir réduit l'Espagne, Marseille et Vltade, il poursuit son ennemi cil Epire. Pompée y a réuni une nombreuse armée, mais il est vaincu à Pharsale, en Thessalie (48), s'enfuit en Egypte, et y périt assassiné. — César se détourne un instant pour battre les Egyptien^ et Pliamaci'. fils de Mithridate (47), puis, revenant aux Pompéiens, il les bat à Thapsus, en Afrique (4G), et à Munda, en Espagne (45); tous les chefs pompéiens, Scipion, Caton d'Utique, Labi.'nus, Cnéus Pompée, ont péri.
Dictature de César. — César, rentré à Rome en triomphe, est roi sous le nom de dictateur. Il laisse subsister le sénat et les comices, mais il est le maître au forum par son or et par son armée ; il est le maître dans le sénat, qu'il compose à son gré; il concentre en ses mains les hautes magistratures : dictateur à vie, tribun à vie, imperator, il a le pouvoir exécutif et financier, le pouvoir législatif, le pouvoir militaire. Il est déclaré dieu par le sénat; Cicéron lui-même subit le charme du vainqueur.
Le plus grand acte de la vie publique de César est une loi qu'aucun historien n'a mentionnée, et qui nous est connue par des inscriptions trouvées à Héraclée, en Bruttium (H-^;), et à Osuna en Espagne (IK'O). Cette loi, appelée la loi municipale (Icx Julia municipalis), donne à toute cité, en Italie ou au dehors, des tribunaux particuliers, une assemblée du peuple, un conseil municipal de décurions, sorte do sénat, des censeurs municipaux et des édiles pour administrer la ville et le territoire (45). — Ainsi la vie publique, étouffée à Rome, se développe dans les provinces; César s'appuie sur les cités provinciales pour avoir raison de l'aristocratie à Rome; il sacrifie une oligarchie étroite pour prendre les intérêts de 80 millions d'hommes : il a inauguré la politique impériale.
Après avoir organisé le monde romain, César médite encore de plus grands projets, quand il tombe assassiné dans le sénat par Cassius et Drutus, le jour des ides de mars (44).
Octave et Antoine. — Après la mort de César, le sénat, inspiré par Cicéron, essaye de se concilier les deux partis : les uns obtiennent la confirmation des actes de César, malgré sa tyrannie; les autres, l'amnistie pour les meurtriers, malgré leur crime. — Mais le consul Antoine, qui convoite le pouvoir, soulève la plèbe contre les assassins, les contraint à fuir, et se croit tout puissant ; le tjTan est mort, mais la tyrannie vit toujours.
Tout à coup parait avec une armée un jeune ambitieux, Octave, fils adoptif de César, et héritier de sa fortune : à la plèbe il promet de punir les parricides, au sénat de renverser le nouveau tyran. Cicéron, encore dupe, se lie à lui, lance contre Antoine ses éloquentes ptdlippiques, fait donner à Octave un commandement légal, et applaudit à la défaite d'Antoine dans la guerre de Modéne (43). — Mais Octave, vainqueur, réclame le consulat, et, sur le refus du sénat, il entre à Rome, se fait proclamer consul par les comices ; enfin, au lieu de poursuivre son rival vaincu, il accepte son alliance, et forme avec lui et avec un autre chef, Lépide, un dcu-cicme triumvirat, vraie dictature à trois têtes (42). Le sénat est vaincu, l'amnistie annulée; Cicéron, abandonné par Octave, est mis à mort par Antoine ; chacun des triumvirs proscrit ses ennemis.
Le sénat dompté, Octave et Antoine se tournent contre Brutus et Cassius, qui se sont rendus maîtres de la Macédoine et de la Syrie à l'aide d'anciens soldats de Pompée ; les deux meurtriers sont vaincus à Philippe, et se donnent la mort j42). — Les deux vainqueurs excluent Lépide du
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triumvirat, et organisent vm duummrat ; mais Antoine, qui clicrclie du butin pour ses soldats, oublie Uonie en voyant Cléopilti-c, et la suit en Kgypte. — Pendant ce temps Octave, forcé, lui aussi, de s'attaclier ses soldats, leur distribue d''s terres et des villes au détriment des Italiens ; la femme et le frère d'Antoine, qui ont il se venger d'Octave, profitent de leur mécontentement pour exciter un soulèvement [guerre de Pi'rr?use, 41) ; mais Octave rétahlit l'ordre, et reste seul maître de l'Italie. — Antoine renonce .\ la lutte par le Irailé de lirinden, qui lui laisse l'Orient. — Le fils de Pompée, Sp.r/«s, forcé de négocier par ses soldats, signe le traité de Misène, qui lui laisse sa flotte et des îles (.38). — Une ère de paix semble s'ouvrir.
Fin du gouvernement républicain. — Octave n'a voulu que gagner du temps ; il réorganise son armée, construit une flotte et recommence la guerre. Sextiis Pompée, battu sur mer, périt misérablement (35). — Lépide, qui relève la tète, €st contraint de s'humilier aux pieds d'Gctave. Les Alpes sont pacifiées, les pirates domptés, les brigands détruits : la sécurité renaît. La plèbe, reconnaissante, confère à Octave l'inviolahililé tribunitienne. — Pendant ce temps Antoine donne à la reine d'Egypte des provinces romaines, échoue honteusement contre les Parthes, et tombe à l'état de monarque asiatique.
Octave, maître au sénat comme au forum, fait enlever à Antoine le consulat et déclarer la guerre à Cléopâtre (31). Cléopâtre et Antoine, toujours unis, rassemblent toutes les forces de l'Orient, mais ils risquent à la légère une bataille navale près à-'ActnuH (31), et s'enfuient au premier péril. Leurs flottes et leurs armées se rendent à Octave, leurs alliés les abandonnent ; Octave débarque en Egypte; menacé de tomber en son pouvoir, Antoine demande lâchement la vie, retrouve quelque courage pour combattre, mais, trahi par Cléopâtre, il se tue; Cléopâtre, qui n'a pu séduire Oclave^se donne aussi la mort, pour ne pas être prise vivante. L'ï^ypie est réduite en province, et le monde romain n'a plus qu un chef.
PÉRIODE IMPÉRIALE (30 av. J,-C. — 476 ap. 3.-C..).
Organisation du gouvernement nouveau. —
Après tant de guerres, les Romains ne désirent que la paix : le sénat est sans prestige et sans force ; la plèbe ne tient pas Ji se gouverner elle-même ; personne no défend les anciennes institutions; la République est tombée, et la monarchie s'impose. Octave reste quelques années dans une situation mal définie, mais le vainqueur d'Actium est le maître que tout le monde souh.-iite j il ne reste qu'K organiser le gouvernement nouveau.
Le pouvoir impérial. — La loi royale de l'an 27, complétée dans les années suivantes (lex rerjia de imperio), dont les historiens ne parlent pas, mais qu'on peut à peu près reconstituer à l'aide d]inscriptions postérieures , e^t le fondement légal de la toute-puissance des empereurs. Par <;ette loi le peuple et le sénat, rallié lui-même k 11 monarchie, investissent Octave du pouvoir impérial, sous le imm A'AuguHe, mot qui pour les Romaiiis désigne une dignité surhumaine. — ^ Le pouvoir impérial n'est pas pour cela fondé sur j le droit divin ; il n'est que la réujiion, au profit d'un seul homjne, de dignités anciennes, jusquelà partagées entre plusieurs ; un seul maître remplace plusieurs maîtres. L'empereur ne cumule pas toutes les magistratures, mais il est revêtu de celles qui donnent l'autorité eB'octive : Impernlor, c'est-à-dire investi de Viuiperium, il commande les armées, il a lo droit do guerre et ■de paix dans tout l'Empire, et le droit de vie et de mort sur tous les habitants, citoyens, sénateurs
môme ; il fait des édit^ qui durent autant que lui ; il esljiige suprême et sans appel. — Investi de la puissance triltunitienne, il est inviolable (sncrosaint) ; il a les droits de veto et d'initiative. — Proconsul, il dirige ou contrôle le gouvernement des provinces. — Préfet des mœurs, il a le pouvoir des censeurs d'autrefois. — Souverain pontife, il tient toute religion dans sa main.
Enfin il lève les impôts, et il a le maniement des fonds. Il n'y a donc aucun pouvoir qui ne soit aux mains do l'empereur ; en lui réside la majesté, c'est-à-dire l'omnipotence; on ne peut imaginer de despotisme plus complet.
Ni les comices ni le sénat no sont supprimés par Auguste : les aigles continuent de porter S. P. Q. |{ [senatus populusqtie romanus) avec l'image de l'empereur. Mais le rôle des comices se borne à acclamer les candidats officiels. Le sénat reste un corps aristocratique et considéré, où les riches arrivent par l'exercice d'une magistrature. Sans doute il ne paraît plus être qu'une sorte de conseil d'Etat ou de commission consultative, mais il conserve des attributions législatives, administratives, judiciaires, et il a deux droits nouveaux, qui seront souvent illusoires, le droit d'élire les empereurs et celui de les juger après leur mort ; l'empire oscillera entre l'hérédité et l'élection.
Les magistratures de la République subsistent sous l'empire jusqu'à Dioclétien, mais elles sont plus nombreuses, et subordonnées à l'empereur. — Aux anciens magistrats sont ajoutés de nouveaux fonctionnaires, les deux préfets du prétoire, chefs des cohortes prétoriennes, sorte de garde impériale, le préfet de la ville, le préfet dfs vivres, le préfet du trésor, etc. Une sorte de conseil d'État'impéria.1 est constitué sous le nom de conseil du prince. — La carrière administrative est fermée à l'ordre plébéien, qui s'avilit de plus en plus et se rapproche de la classe servile ; elle est ouverte aux riches, c'est-à-dire à l'ordre sénatorial et à l'ordre c</!ies/re; l'ordre sénatorial, composé des sénateurs et de leurs familles, est le premier ordre de l'Empire ; il appartient exclusivement à Rome -, l'ordre équestre est le second dans la capitale, et le premier dans le reste de l'Empire.
Administration des provinces. — Le monde romain, au lieu d'être affermé par lots et livré au pillage, est administré et centralisé ; Rome n'en est plus que la capitale ; toute différence entre le régime de l'Italie et celui des provinces tend à disparaître ; les cités qui n'ont pas le droit italique (\. ci-dessus, p. 1937) ont le droit latin, c'està-dire que leurs habitants peuvent devenir citoyens après une magistrature, selon l'usage établi anciennement dans le Latium ; mais le droit italique et le droit de cité complet s'étendent de plus en plus ; tous les hommes libres sans exception seront citoyens romains sous Caracatla CiVl), et il ne restera plus aucune distinction entre le peuple dominateur et les peuples sujets.
L'Italie est divisée en douze régions : Vénétie, Traiispadane, Ligurie, Emilie, Ombrie, Picénum, Samniam, Apuiie, Calahre, Lucarne, Campante, Elrurie. — Le reste du monde romain est divisé en 22 provinces (27 av. J.-C.) : dix d'entre elles, l'Afrique, l'Asie, la Itilliymc, l'Achaie,l'llhp-ip, la Macédoine, la Cgiéna'ir/ue, la Sicile, la Sardaigne, la Bétique, ont pour gouverneur un magistrat nommé par le sénat; les dix autres, l'Egypte, la Syrie, Chypre, la Cilicie, la Turraconnnise, la Lusitanie, les quatre provinces de Gaule, les deux Germanies, sont gouvernées chacune par deux agents directs de l'empereur, le légat, gouverneur politique et militaire, le procurateur, administrateur du domaine. Les bons empereurs surveillent activement leurs agents (Ex. la correspondance de Trnjan et de fline).
Sénatoriales ou impériales, les provinces jouis-
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sent d'une certaine liberté, qui nous est révélée surtout par les inscriptions : les tables de Mnlof/a et do Sa/pensa nous montrent l'activité do la vie municipale en Espagne : le monumeiit de Tho/ignij nous apprend l'existence d'une assemblée des Gaules. Nous savons par les historiens qu'Auguste supprima l'obligation du service personnel, qu'il créa la profession militaire, et que l'armée, désormais permanente, se recruta par les engagements volontaires et par les contributions d'ijommes imposées aux propriétaires ; mais les expéditions ne sont dirigées que contre les barbares, sur le Damibe et sur le Rhin, et l'épigraphie nous apprend qu'il n'y avait de garnison qu'aux frontières ; la police de la Gaule était faite par des Gaulois.
Historiens et inscriptions sont d'accord pour dépeindre la prospérité du monde, auquel l'empire a donné la paix ; la domination romaine est devenue le ciment de chaque peuple et de tous les peuples entre eux ; les provinces sont romaines d'esprit et de cœur ; leur patriotisme consiste à aimer Rome. — Il ne faut donc pas juger l'Empire d'après les idées d'aujourd'hui. L'Empire, devenu nécessaire, a été accepté de tous ; Tacite et Juvénal flétrissent les vices de quelques empereurs ; ils n'attaquent pas la nature des institutions. Si le régime impérial a duré cinq siècles, c'est qu'il était d'accord avec l'ensemble des intérêts ; après une longue anarchie, il a été considéré comme un bienfait par le peuple de Rome, par l'Italie, et plus encore par les provinces : délivrées du joug d'une aristocratie oppressive, sauvées du despotisme des proconsuls par le despotisme impérial, elles considèrent l'empereur comme le garant de la paix et la source du bonheur; elles l'adorent comme une divinité.
Le siècle d'Aigij'ste. — Auguste a att.tché son nom h un des grands siècles artistiques et littéraires. Aidé de Mécène et à' Agrippa, il favorise la littérntureM .Lutine (Littérature) et les beuui-arts ; il laisse une ville de marbre là où il a trouvé une ville de briques ; de toutes parts s'élèvent des palais, des basiliques, des thermes, des portiques, des cirques, des arcs de triomphe, etc. L'inso-ijition d'Aiicyre, compte rendu par Auguste des actes de son gouvernement, contient, entre autres documents précieux, la liste complète des monuments qu'il fit construire. — L'architecture atteint un immense développement : elle est vraiment romaine ; les autres arts manquent d'originalité.
Auguste meurt en l'an 14.
Empereurs de la famille d'Auguste (14-68). — Titjrie (14-3"). L'avènement de Tibère, fils adoptif d'Auguste, ne rencontre aucune opposition dans le sénat, mais soulève dans les camps des séditions qu'apaisent non sans peine le fils et le neveu de l'empereur, Dcusms et Germaiiictis (Xi). — l'our occuper l'armée, Germaiiicus entre en Germanie et y venge le désastre de Varus ; mais, soupçonné d'aspirer h l'empire, il est rappelé par Tibère, et envoyé en Orient, où il meurt bientôt empoisonné (19) ; sa femme Agrippine et ses enfants disparaissent les uns après les autres, à l'exception de (Jaïiis, que sauve sa jeunesse.
Le favori de l'empereur, Séja?i, qui lui a conseillé tous ces crimes, est convaincu h. son tour d'avoir empoisonné Drusus et de convoiter l'empire : il est étranglé (31). Tibère, défiant, se repaît de cruautés et meurt assassiné (37).
Caligida (;)7-41). — Le troisième empereur, Caïiis ou Caliguta, fils de Germanicus, gouverne sagement pendant huit mois, devient fou furieux, et périt égorgé.
Claude (11-54). — Cl/iude, frère do Germanicus, est proclamé par les soldats. Rome est ensanglantée par les conspirations et souillée par les vices do Messaline; mais au dehors la Maurétanie
et la moitié de la Bretagne sont glorieusement conquises, la Ihvace, la Ljjcie. la Judée, réduites en provinces ; les nobles gaulois reçuivent le droit de posséder des dignités romaines : une table d'airain trouvée à Lijon nous conserve le discours prononcé par l'empereur h cette occasion. — Le commerce est favorisé par de grands travaux publics.
Ncro7i (54-C8). — Claude est empoisonné par sa seconde femme Agrippine, impatiente de placer sur le trône son fils NéroUj au détriment de Britannicus, fils de l'empereur. Mais, après " d'heureuses prémices », Néron met à mort son frère Britannicus (.■)5), sa mère Agrippine (59), sa femme Octavie (6'2), et Corbulon, vainqueur des Parthes. Il multiplie les supplices et persécute les ch-ctiens (V. Christianisme). Plusieurs conspirations échouent et coûtent la vie à Pison, à Sénèque, à Lucain^ à Thraséas ; la révolte de Vindex en Gaule est aussi réprimée, mais Galba, plus heureux, force Néron à fuir deRomeetàse tuer(68).
Galba, Othon, 'Vitellius (69). — Galba est bientôt assassiné par ses soldats, dont il n'a pas satisfait l'avidité. — Othon et Vitellius se disputent 1 empire ; Othon succombe, et Vitellius jouit de l'empire pendant huit mois. Mais Yespasien, vainqueur des Juifs, est proclamé par ses soldats (Ii9).
Les Flaviens (69-96). — Vespasien (U9-19). — Le nouvel empereurest un honnête homme, un général habile, un administrateur actif. Il étouffe la révolte du Batave Civilis (70), que soutiennent des peuples germains et quelques Gaulois ambitieux, comme Sabinus (V. Gaule). En même temps Titus met fin à la révolte des Juifs par la destruction de Jérusalem (70), qui amène la dispersion du peuple hébreu. A l'intérieur Vespasien gouverne avec sagesse : il rend au sénat quelque vitalité en élevant au putriciid mille familles italiennes ou provinciales; parmi les nouveaux patriciens se trouvent Agricola, de la Narbonnaise, etXrajan, d'Espagne. L'enseignement public est organisé; Rome l'st embellie par la restauration du Capitole, la construction du Colisée, etc.
r(7j/s (79-81). — Titus, fils de Vespasien, a laissé le souvenir d'un prince doux et bon. Son règne si court est rempli d'efi'royables calamités, incendie de Rome, peste, éruption du Vésuve, qui engloutit Pompéi (79).
Domitien (8}-d6). — Domitien est l'opposé de son frère Titus. Jl persécute les chrétiens, se porte aux dernières extravagances, et met h mort tous ceux qu'il soupçonne. A l'extérieur, il con tient les Germains par la force, et les Daces par la politique, en pensionnant leurs chefs; la plus grande partie de la Bretagne est conquise par Agricola, et ouverte à la civilisation romaine; une ligne de postes est élevée contre les Calédoniens. Mai de tous, excepté des soldats, Domitien est assassiné, et le sénat condamne sa mémoire.
Les Antonins (96-192). — Les Antonins, qui succèdent aux Flaviens, donnent à l'empire un siècle de prospérité.
Nerva (9G-9(>). — Nervn, un des conjurés f\ui ont renversé Domitien, est proclamé par le sénat (90). Il commence d'utiles réformes, donne des terres aux pauvres, respecte les droits du sénat, rétablit l'ordre dans l'Etat, mais n'ose faire sentii son autorité à l'armée.
Trajan [dS-lVi). —L'Espagnol 7"î'n/aH,fils adoptif de Nerva, est le plus renomme des Antonins Soldat avant tout, il rétablit la discipline. Il si fait aimer de l'armée par son énergie et sa bra voure, du sénat par la déférence qu'il lui témoi gne, du peuple par son humanité. L'inscriptioi connue sous le nom de Table alimentaire nou explique parle détail une très curieuse institutio de Trajan : l'empereur prête sur sa cassette ui million do sesterces à 52 propriétaires, qui e: verseront les intérêts au trésor do la cité d
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Ve,oia,pnur .a nourriture ''«^ «n^-^-v^cs , l^ne.. çonti^^^^^ CHloinsUt«tion,auivientena>deilape c^^F^^ les incendies et par les tremblo-
pnoté et ll»V^«"'^^f j^^ST, le^rt^c aïsls'ance mcnts deï.uTe, tolère le christianisme, ot ne fatt ;î;;^,?;îS::r:|ï a^^ oîl^^nssi le^o,^erce, iV ,, «,
dlitc la circulation des grains et ait creuscid^s J^^^^^^ d'Antonin, est un des modèles de la ports (Anohic et Civiia-ecch,a];û orne ^om^^^^ 4 fois doux et ferme, moraliste
Se l'arc de triomphe du forum et de ^a co lo ne veilu a t n^^^ ^^.^ ^^^^ pédanterie et sans clu-
<iui portent son nom; '«» 'jf^-^''^ '/,^ tiSre âe^ » è^"^' » ':l>«>''^''= '^ perfection morale sans nétmjane nous f»"» connaUre la v e m lua^^^^^ 1 ^^ ses devoirs d'empereur. Ami
Romains, comme Pompéi nous f^>' ^° '\\' „'' ''„"e |c la paix, il est forcé de passer sa vie dans les vie civile. Habilo et économe, T^aJ^" ^'"S'^f"''! r^^p^' . ; arrête les Marcomans. parvenus jusles revenus de l'Etat, tout en dimuniant les impôts ca^^pB.^^^^^^^ ^^ .^^.^ ,^^ Ç,^,„/^^. ^^,,,3 ,eur
il restreint le domaine particuUer «^«i ';3„''fJ ^avs ; pnis il se rend en Sijrie pour apaiser une pour accroître la richesse publique ^ '^"PP"^,; P^v^l e! arrÈte de nouvelles incursions des Séries dons de ioye"\r<^"^"l''"'- i^iT„ 'même Ci"^, et meurt h Vindobona (Vienne). -Dans ferme sans être cruelle; "^«'^ ^^'«"^'l 'H' 'Jit'^fl 70^111^^^^^^ de ses campa,nes, Marc-Aurèle
terme sans eue i-iuo..»- , , — « .„,,<.;
par les préjugés de ses cont^emporains .1 consi dère les chrétiens comme des séditieux, et les
les intervalles de ses campagnes, Marc-Auréle remplit exactement sa charge de grand justicier adoucit les lois, protège le peuple contre les agents du fisc et contre l'arbitraire des gouverneurs développe l'institution utuncntinre, repare "es désastres.'^ Une faute cependant pèse sur sa mémoire, la persécution des chrétiens, quil confond avec les criminels.
Commode (180-11)2). - Commode, .fils de Marc- Aurèle, prend le pouvoir sans "PPO^'^'""' "^f' |^ l'intérêt public, se jette dans le desordre, fait de
^ e ^'séc^t^ 1 r;;:i;irieur il lait la conquête de laDa <^; (101-IOG), larattache à la msie par un pont sur le Danube, et la romanise paù de nom-
" P^lfil^ttorrne contre les PaHke., qtii ont envahi l'Arménie, franchit l'Euphrate et '« /'g^S; entre à Babylone, h Ctésiphon, à. Suse \i>y'Y et une partie de la Mésopotamie et àc\ Arabie
sont réduites en P™""'=«^n"V','Traia^'meurt 1 liombrruseTVictimes; et périt assassiné Juifs se soulèvent de tous cotés, etTrajan meurt ""^ militaire (192-268). -; Perttnax (193),
avant de les avoir réduits (17).. „^^^„„ . i„iLréfet du prétoire, est proclame empereur par Hadrien (117-138). - lladrim, Espagnol Im preiet Q P ^^^^^^ j ^^^^j^ ^1^ ^.^^^^^^J.
aussi, cousin de Trajan et adopte par ni est re- ?s »euuue . , ^^^^ ^^^^
^ro^i;i:^e^n^:^nd^"^^î^'£M^
è don:ifn'tp;^^^^^;;î:;u:;^pôu/^^n: = e. ^^^^^^^^ ,^
^ère, mais il renonce aux provinces conquises ,^f'; f ^j^/^ol^i^ ; Vend sa place, casse les sur l'es Vartiœs; en Bretagne il se eo-uente d é- d l y le fie u ^, 1.^^,^ ^^^ ^^^ compétiteurs lever une grande muraille cou re les ^J^ff^lPiZlseth Lyon, rétablit la discipime, fait la jiieiis; il for lifio le Rhin contre les Gei-mnifU, et à issus ei d, t.j , r„h:rln7,ims. con-
se tient partout sur la défensive; la paix n est troublée que par une révolte suprême des JuUs, qui est noyée dans le sang (135). ..
Hadrien porte tous ses soins vers 1 administration intérieure. Il perfectionne le gouvernement, et le rend plus monarchique, 1" par la création des bureaux (scrini.a],rou!iiie esseniiel de la centralisation ; î" par l'établissement d un nombreux personnel de fonctionnaires : il ne les prend m narmi les affranchis' ni parmi les sénateurs, qu U
*^ , ;i — I.,,. „i,(t.,io tvnn ni tar. hnS
tu r aux iV^-^èreT aux Ca/«/ôn,en. con- ^llt^niésopotamie, et «'ftache surtout à contenter les soldats. A sa mort, ses deux ùls se dis
^""caraïSmUlV, poignarde son frère G«a, et''rtrlit\ous iere,!nemis 20 000 à Rome dont le iurisconsulie P,!pimai. Il est assassine. cCt sois son règne que '« d.'oH de cae est accordé à tous les hommes libres de lE.npe Macrin (217-21S) est tue avant dentier a
narmi les anrancms m ijai.w. .^.a o^..»~.. — , -i-, „
juge les uns trop serviles, les autres trop attaches uome. ^ ,^^. ^^^^ de Syrie, imite .les
iîeurs privilèges; aux sénateurs il réserve les J^^^^^^^ l„„ge dans le vice,
hautes magistratures, aux aftranchis les emplois "^''"^^^'J'^'^J'^g les prétoriens le massacrent, domestiques de la cour, mai.s c'est la noblesse et se fat aaoïCTc P ^^^^^ ^ l'Empire
italienne et provinciale, Vordre équestre, qaû\ ^^f^'f'^j'" de Ta me : il gouverne avec la di isH pour en faire une '"'i^loa^Uie admmutra-U^^^^^^ d|,3,u, plus dan-
t,ve; les chevaliers remplissent le '>°"f,«'' d^'^ hena^Utte contre ^^^.^ .^ ^^^^^^^ ^^ ^^^^
et toutes les fonctions; la réiorme de 1 Espagnol gcreux qne ics^^ ,.„,^,V, ,.^„nv„a,it.
aux Germains; ses soldats l'égoi-gf»'- , ^e
,ért;îr1.^.-i^^t;:(l^9^'-pa3^ ltàf?^st-L^s^-'^u^--^s
et Œr, sont massacrés k leur tour par les soldats (238).- Gordien procl^.'"^ Pm 1 - Le riens, est tué par l'Arabe P/'^W^Jf.:^')- ^^
Hadrien est donc une réaction en faveur de 1 Italie et des provinces. 30 Le pouvoir législatif est retiré au sénat, et donné au conseil (consistorium) composé par l'empereur; en outre, les constitutions impériales, édits, décrets, jugements, lettres ot réponses aux fonctionnaires, ont désormais force
de loi. 4" L-Edit perpétuel, où Salvius Julianus r,,».^;'- v
coordonne les édits prétoriens, hxe 1^ J""spru- "«"f -Jf .j'^^!^^, P'^^t et tue Philippe (249), prend dence (131); en même temps les .sctoes son senateu, J,c^^^^^^ l'ordre et de con-
rendusjustici,-iblesdestribunanx,etsoustraitsau sa place essaye ,g ^^ de ba-
caprice do leurs maîtres. L'armée, qui n'a plus à ten r les »jOtn^ ',..-,? Au bout de deux ans combattre que les masses barbares, est reorga- ta'Ue, e» wtsie ^-. ^^^^.^..^^^ s'empare de l'emiiiséo en ,j/m/anffes. Enfin Hadrien assure la regu- de guerre civ ^ g^ les barbares, mais
larité des travaux publics par l'organisation mili- pire et ^^^"^«.,^^8 g^^par les Perses (2G0). taire des corporations ouvrières, d ou dériveront .1 est fa t pi 01 ^^^ , ^e de nom :
les corporations du moyen âge; Rome voit s ele- Son il» '^f''""' nroclame un empereur, et une ver de nombreux monuments, entre autres le «^l'^^^ ? P'° '"''1^ em's connus sius le nom des mausolée d'Hadrien, aujourd'hui château Saint- vingta.ne^dusurpateu.s.w,^ ^,^^^.^^^ repoussent ^"S«,e^<^- , , . , ,, „,, les barbares ou les appellent i leur secours; la
A7ituHiii (138-101). - Antomn, adopté par I les baroarcs ou i-i
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Gaule forme l'empire de Tètricus; la Thrace et la Grùce sont dévastées par les Gotlis et par les Hérules.
Restauration de l'Empire dans la seconde moi- Ué du I1I« siècle (268-2841. — Claude II (2(iS-270). — L'Empire se relève avec le Dalmate Claude II : l'invasion des Alumans est arrêtée au lac de Garde, et celle des GoOis en Macédoine.
Aurelien (270-275). — Aurélien, originaire de Pannonie, gouverne avec énergie. 11 sauve l'Italie, envahie par les Alamans, et entoure Rome d'une nouvelle muraille ; il abandonne aux Gollis la Dacie pour garder la ilésie, puis il attaque Zénobie, reine de l'almyre, lui enlève ses provinces, détruit sa capitale, et pacifie l'Orient (273). — Télficus, effrayé, se rend (274). — Aurélien ramène l'ordre dans l'Etat, l'économie dans les finances, la discipline dans l'armée ; il se prépare à châtier les Perses, quand il est assassiné (275).
Tacite ; Probus; Carus; Carin et Numérie/i (275- 284). — Après un intervalle de huit mois, le sénat proclame un vieillard, Tacite, qui meurt six mois après (270). — Son successeur, choisi par les soldats, Probus, chasse de Gaule les Alamans, jette la terreur en Germanie, et repousse partout l'invasion, en Asie, en Egypte, en Ihrace, en Jllyrie ; sévère pour les soldats, il est tué par des mutins (282). — Carus marche contre les Perses, leur prend leur capitale, et meurt dans l'expédition (283). — Ses fils, Carin et Numérien, ne deviennent empereurs que pour périr assassinés, et le Dalmate Dioclétien est proclamé (284).
Dioclétien (284-305). — Dioclétien se propose de repousser les barbares et de rétablir l'ordre intérieur. Pour s'assurer des lieutenants dévoués, il associe h l'empire Mnjimien sous le nom d'Auguste (286), Galère et Constimce Chlore sous le nom de Césars (292) ; il les désigne pour ses héritiers, afin de donner de la stabilité au pouvoir, mais il reste le chef de ce gouvernement à quatre, appelé la têtrardde. — Maximien bat les Alamans, les Francs, les Burgondes, et soumet dans la Gaule les Bugaudes, paysans soulevés contre les gouverneurs. La Bretagne, agitée par un usurpateur, est soumise par Constance Chlore. En Orient les Perses, vaincus une première fois par Dioclétien lui-même, sont chassés de Mésopotamie par Galère, et contraints à traiter.
A l'intérieur, Dioclétien achève l'œuvre de centralisation et d'uniformité commencée par Hadrien, et continuée insensiblement au milieu des guerres civiles : les dernières formes de la République disparaissent, et le Bas-Empire commence. Le cérémonial asiatique est introduit à la cour. Tous les hauts emplois sont donnés i des agents directs de l'empereur ; les sénateurs, déjà écartés de l'armée par Gallien, sont exclus de l'administration; toutes les provinces deviennent impériales, c'est-à-dire qu'elles ont pour gouverneur non plus un magistrat nommé par le sénat, mais un légat de l'Empereur. — L'administration de chaque province est en outre divisée, pour que les fonctionnaires, moins puissants à mesure qu'ils sont plus nombreux, soient entièrement dans la main du pouvoir central. Les vicaires sont institués pour les surveiller. — La justice est rendue par des juges impériaux, la procédure devient autocratique, et le droit, changeant de caractère, s'éloigne du vieux droit romain pour se rapprocher du droit naturel et s'appuyer en même temps sur l'autorité des grands jurisconsultes, Gaius, Papinicn, Ulpien, etc. ; les grands travaux do compilation et de codification commencent. — Les i7iipijts sont rejidus aussi plus uniformes : l'Italie y contribue comme les
provinces ; les membres des sénats municipaux, déclinons ou curiides, sont chargés dans chaque cité de faire rentrer les contributions, et sont responsables du paiement intégral de l'impôt. — Le recrutement de l'armée devient de plus en plus difficile. — Enfin, la mémoire de Dioclétien est souillée par une horrible persécution contre les chrétiens (303).
Constantin (306-337). — Après l'abdication de Dioclétien et de Maximie7i (305), et la mort de Constance Chlore (3UG), l'empire a cinq maîtres à la fois : Galère, Séoére, Maximin, son f[\s,Maxence, et Constantin, fils de Constance Chlore. Ces cinq empereurs en viennent aux mains : Maximin tue Sévère (307), mais est tué par Coiutantin (310); Galère disparaît l'année suivante ; Constantin bat et tue Maxence au pont Mihiiis (312) ; un nouveau prétendant, Licinius, tue Maximin (3l3), et partage pendant quelques années l'empire avec Constantin, mais il finit par succomber (324), et Constantin reste seul empereur.
L'œuvre de Constantin est capitale : il favorise le triomphe du christianisme et réforme l'administration.
Triomphe du christianisme. — Malgré les efforts à.' Auguste, secondé par Virgile, la religion romaine a disparu; les cultes orientaux, fondés sur les superstitions les plus grossières, la remplacent d'abord, mais les honnêtes gens s'en détournent avec dégoût, et le christianisme, fondé sur les sentiments les plus purs et les plus nobles du cœur humain, oriental et sémitique par son origine, mais aryen et hellénique par l'esprit, grandit rapidement malgré les persécutions. Constantin, par intérêt plus que par conviction, se déclare le défenseur de la foi chrétienne : dès 313, Ycdit de Milan permet aux chrétiens l'exercice de leur culte; bientôt l'Église reçoit des dons, et les prêtres des privilèges; aux provinces politiques et aux cités correspondent des provinces ecclésiastiques et des diocèses, administrés par des primais, des métropolitains et des évéques, à la fois maîtres du culte et dont l'influence s'exerce sur le gouvernement de la cité. — Le concile de Nicée (325) rend la paix à l'Église, troublée par les J)ie?is, et rédige le Symbole catholique. L'heureuse influence du christianisme se fait aussitôt sentir ; des idées et des sentiments nouveaux se propagent; la servitude personnelle se transforme peu à peu en servitude territoriale ; les esclaves font place aux colo7is, sortes de serfs.
Hé forme admiiiistralive. — Constantin réagitcontre la domination des armées. L'Empire est partagé en quatre grandes préfectures : l'Orient, l'Illyrie, l'Italie, la Gaide, sous des préfets du prétoire ; les préfectures sont divisées en quatorze diocèses sous des ricaires et les diocèses en cent-vingt provinces, divisées en cités. — Une seconde capitale est fondée, Constantinoplc, qui devient le siège principal de l'Empire. De nouvelles charges de cour sont créées. Les pouvoirs civils et militaires deviennent distincts : le gouverneur civil porte en général le nom de juge ; le gouverneur militaire est appelé duc oa comte; les uns comme les autres sont nobles (illustres, spectnbiles, clarissimi, etc.) ; mais les chefs militaires sont placés au dernier rang; la garde prétorienne est détruite ; et les préfets du prétoire sont réduits à des fonctions administratives. — Grâce à cette division et à cette hiérarchie, les fonctionnaires civils font équilibre aux chefs militaires, et les révoltes sont rendues plus difficiles ; mais l'armée, tenue comme en disgrâce, achève de se désorganiser; les pauvres l'abandonnent à leur tour : rien ne peut les y retenir, ni les faveurs ni les supplices, et l'empereur est réduit à prendre à sa solde des barbares. — En même temps le grand nombre des fonctionnaires accroît les dépenses publiques ;
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l'impôt écrase les petits propriétaires et surtout les curiati's, principalement à cause du mode de perception ; les libertés municipales ne sont plus que des cliargos; pressuré et ruiné, l'homme libre aliène sa liberté pour vivre, et se fait le colon d'un riclie; l'impôt n'en est que plus lourd pour les curialos, forcés de rester libres et magistrats.
Tentative de Julien. Valentinien et Valens (337-3781. — Après la mort de Constantin (337), l'empire est longtemps disputé par ses trois lils et d'autres prétendants. Constance linit par rester seul empereur (353); mais Julien, vainqueur des Atnmnns h, Strasbourg (35") et des Francs dans plusieurs rencontres, est proclamé à Paris par ses soldats (3(Jii), et reconnu bientôt dans tout l'Empire, après la mort de Constance (361). — Attaché au pjissé, il essaye de rendre la vie au pni)a)iismp ; mais il meurt dans une campagne contre les Perses (363), avant d'avoir pu ébranler le christianisme.
Après le règne insignifiant de Jovien (303), Valentinien /'■' et son frère Valens se partaient l'Empire ; Valentinien, en Occident, tient tête aux Germains, et règle l'élection des magistrats municipaux appelés défenseurs. — Valens, en Orient, se déclare pour Varianisme contre l'Église orthodoxe ; il force les Perses à une trêve, mais laisse les Wisirjoths passer le Danube (aTti), et s'établir en Tlirace ; et, quand il veut les en chasser, il est vaincu et tué à Andrinople (3"8) : tout le pays jusqu'aux murs de Constantinople est ravagé par les barbares.
Théodose (379-395). — En Occident, Valentinien 1" laisse le trône à ses deux û\!,,Gratien et Valentinien 11 (375). En Orient, Valens a pour successeur Théodose, illustré par ses victoires sur les barbares. — Théodose refait une armée, relève les courages, et, par séduction plus que par force, décide les Wisigoths à cesser leurs ravages, et à traiter; mais il est forcé de leur abandonner la Mésie et la Thrace, et d'admettre 40 000 d'entre eux dans les troupes impériales. Tliéodose paraît sauver l'empire ; en réalité il le livre ."i ses ennemis : les auxiliaires barbares ont rendu des services tant qu'ils ont été disséminés et mêlés à des troupes romaines ; aujourd'hui l'élément romain est entièrement submergé, les petits corps barbares sont transformés en grandes armées, commandées par leurs chefs nationaux, et l'Empire n'est défendu contre eux que par le respect que leur inspirent encore sa savante organisation et son glorieux passé.
En Occident, A/oïi'me abandonne aux barbares la Bretagne, qu'il est chargé de défendre, passe en Gaule &yec son armée, et renverse Gratien (383); après s'être contenté de la Gaule pendant cinq ans, il enlève l'Italie à Valentinien II; mais Théodose, accouru d'Orient, le bat et le tue en Pannonie ;3S8), rétablit Valentinien, et demeure trois ans en Occident pour y extirper Varianisme. Aussitôt après son départ, le Franc Arbogasl assassine Valentinien, et rallie une dernière fois les païens ; Théodose le réduit (3U4), et demeure seul empereur.
Pendant tout son règne. Théodose a essayé d'arrêter la ruine de l'Empire par une ferme administration, et a été le défenseur de l'orthodoxie; il se soumet à la pénitence publique que lui impose saint Ambroise, archevêque de Milan. Etat de l'empire romain à la mort de Théodose. Après la mort de Théodose, le monde romain est dofiniiivement partagé en Empire d'Occident et en Empire d'Orient.
L'état géographique et politique des deux Empires à la fin du iv= siècle nous est connu surtout par la Nolice des dignités, le plus précieux document que nous ayons sur cette époque. — Le gou-
vernement de chaque Empire est une autocratie pure ; le gouvernement contrat est formé des officiers de la cour, le grnnl chnmbellnn, le maître des offices, sorte de chancelier et de ministre de l'intérieur, le questeur, chef de l'ordre judiciaire, le comte des largesses, ministre du trésor et du commerce, la comte du domaine privé, le comle des gardes du corps, etc. — Le monde romain reste h pou près divisé comme au temps de Constantin, et la séparation est complète entre l'ordre militaire et l'ordre civil; les préfectures sont gouvernées par des préfets du prétoire, les diocèses par des vicaires, les provinces par des consulaires, des présides, des correcteurs ; les cités par des défenseurs. L'armée a pour chefs le maître des fantassins et le maître des cavaliers, tous les deux sortes de ministres de la guerre et de la marine ; au-dessous viennent les comtes, puis 1rs ducs.
En dépit de cette organisation savante, qui marque une civilisation raffinée, l'Empire romain n'est plus qu'une ruine. Les causes de cette décadence sont :
1" La disparition de la classe moyenne, écrasée par les impôts et appauvrie par la ruine du commerce ;
'i° Lxd''popnlation, causée par plusieurs pestes, par les guerres civiles, par les guerres contre les barbares ;
3° Le mnuvnis recrutement de l'armée, envahie par les barbares.
Une seule puissaiice est debout, l'Église, fortement constituée ; mais elle est indifférente aux destinées de l'Empire; elle renonce à le régénérer, et sait qu'elle lui survivra, parce que le christianisme n'est ni une religion domestique, ni une religion nationale ; il appelle à lui l'humanité entière.
Fin de l'Empire d'Occident. — L'Empire d'Orient subsiste jusqu'au xV siècle, grâce k la forte position de Constantinople (V. Grèce, p. 909). L'agonie de l'Empire d'Occid-nt ne dure pas un siècle. Les Germains, poussés hors de leur pays par la ruine de leurs institutions primitives, par leurs divisions et par leur misère, sont entrés d'abord dans l'Empire en fuyards et non en conquérants, comme laboureurs, ouvriers ou soldats ; mais le jour vient où les auxiliaires barbares deviennent les troupes principales, prennent conscience de leur force, et n'obéissent plus ; leurs chefs, qui sont des rois de leur nation, prennent peu il pou la place des fonctionnaires romains, se font gouverneurs de provinces, lèvent des impôts pour leur compte, rendent la justice ; leur ambition grandit de jour en jour : le lien qui les rattache à Rome ou à Constantinople se relâche et finira par se rompre ; l'Empire se désagrège, et les empereurs d'Occident, jouets des nouveaux maîtres de la milice, dépouillés de toute puissance, sont réduits à l'état de fantômes, qui finissent par s'évanouir (47G). — V. Barbares.
Pour l'histoire de l'Italie après la chute de l'empire d'Occident, V. Italie. [Paul Lehugeur.]
nONGEUllS. — Zoologie, VIII. — Les Rongeurs sont des mammifères onguiculés, c'est-àdire des mammifères dont les doigts se terminent chacun par un ongle distinct (V. Mammifères). Leurs mâchoires sont armées de dents molaires fortes et rugueuses et d'incisives bien développées, mais sont dépourvues de canines, l'espace occupé d'ordinaire par ces dents restant vide et formant une barre. Ainsi disposé, leur système dentaire est admirablement approprié à un régime essentiellement, sinon exclusivement végétal. C'est en effut de feuilles, de fruits, de racines que se nourrissent principalement les Rongeurs, qui avec leurs grandes incisives peuvent entamer les écorces et les graines les plus résistantes. Le
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faible degré de complication du cerveau et l'absence presque complète de circonvolutions à la surface des hémisphères dénote chez ces animaux une intelligence des plus médiocres; cependant il y a des Rongeurs, les Castors, par exemple, qui exécutent de véritables travaux d'art pour loger leurs provisions ou pour élever leur jeune famille; d'autres qui, comme les Écureuils, amassent des provisions pour la saison froide; d'autres enfin qui, comme les Lemmings, exécutent des migrations lointaines.
Les Uongeurs sont presque tous de petite taille; mais, en dépit de leurs faibles dimensions, ils jouent dans la nature un rôle des plus importants; car ils pullulent sur la majeure partie de la surface du globeet se répartissent en un grand nombre d'espèces dont chacune est douée d'une déplorable fécondité. Toutes ces espèces se ressemblent par la structure Intérieure, mais diffèrent souvent beaucoup les unes des autres par le port, les allures et le genre de vie. Ainsi les Lièvres sont organisés pour courir sur le sol, les Gerboises progressent par bonds successifs à la manière des Kanguroos, les Écureuils et les Loirs grimpent aux arbres avec facilité, les Ptcromys et les Sciuroptères, ou Écureuils volants, grâce aux parachutes dont la nature les a dotes, s'élancent d'une branche à l'autre et franchissent dans l'espace une distance considérable, les Bathyergues ou Rats-Taupes et les Spalax mènent comme les Taupes une existence souterraine, tandis que les Castors et les Ondatras vivent surtout dans l'eau et nagent avec beaucoup d'aisance. D'un autre côté, si les Gerboises dont nous parlions tout à l'heure ont le corps svelte, les pattes antérieures très courtes, les pattes postérieures très développées et la queue démesurément allongée, les Pacas et les Cochons d'Inde ont des formes lourdes, les pattes médiocres, la queue très réduite et rappellent un peu les Porcins, tandis que les Agoutis, plus légers et plus hauts sur pattes, ressemblent à des Chevrotains. Enfin si la plupart des Rongeurs sont couverts d'une fourrure douce, égale et bien fournie, quelques-uns d'entre eux ont le corps hérissé de piquants. Parmi ces derniers les plus remarquables sont les Porrs-Epics, qu'un examen superficiel ferait rapprocher des Hérissons, qui appartiennent cependant à l'ordre des Insectivores'. On rencontre dn reste, dans ce dernier groupe, un si grand nombre d'espèces qui offrent avec certains Rongeurs des analogies extérieures, qu'on peut, comme l'a proposé Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, établir pour ces deux catégories de mammifères un système de classification paralléliqne.
Les Rongeurs forment donc parmi les mammifères un ordre extrêmement riche en espèces, si riche qu'il a été nécessaire de le subdiviser, pour la commodité de l'étude, en plusieurs groupes secondaires, sous-ordres, familles et genres. En tenant compte de quelques particularités du système dentaire, deux grandes coupes peuvent être immédiatement pratiquées. En effet, si cliez la majorité des Rongeurs on ne compte qu'une seule paire d'incisives à chaque mâchoire, cliez quelques-uns de ces animaux on trouve, à la mâchoire supérieure, une paire de petites incisives supplémentaires qui doublent, pour ainsi dire, les incisives normales. Les Rongeurs qui ofl'rent cetie disposition ont reçu le nom de Duiilicidenté^. Ils ne forment, dans la nature actuelle, qu'une seule famille, la famille des Léporidés, qui est répandue sur une grande partie de la surface du globe, en Europe, en Afrique, en .\sie et en Amérique, mais qui manque en Australie et dans l'île de Madagascar. Dans cette famille ne rentrent que trois genres, les Lièvres [Lepus), les Lapins {Cuiiiculus) et les Laijomys,
Les Lièvres proprement dits ont le corps allongé, les oreilles grandes, les pattes de derrière longues, la queue petite, mais distincte. Ils ne creusent pas de galeries et produisent des petits qui naissent couverts de poils et les yeux ouverts. Dans notre pay- vit le Lièvre timide [Lepus limirtus), dont Aristote a déjà fait mention et dont Buffon a donné une excellente description. Tout le monde connaît cet animal qui se rencontre à la fois dans les plaines fertiles, au voisinage des forêts et sur les versants boisés des montagnes, et qui présente, suivant les localités, certaines variétés de pelage. Ordinairement il est d'un gris fauve jaspé de brun sur les parties supérieures et passant au blanc plus ou moins pur sur les parties inférieures du corps; mais parfois il présente des teintes soit plus foncées, soit beaucoup plus claires, ou devient même complètement blanc. Sa nourriture consiste en racines, en jeunes pousses, en herbes diverses, et particulièrement en plantes aromatiques, telles que le thym et le serpolet. Grâce à ce régime, la chair du Lièvre, qui rentre dans la catégorie des viandes noires, acquiert des qualités particulières et se place, dans l'estime des gourmets, bien au-dessus de la chair du Lapin. Aussi depuis les temps les plus reculés, le Lièvre est-il, dans l'Europe occidentale, l'objet d'une chasse des plus actives. Peut-être même aurait-il déjà, complètement disparu de nos contrées si des lois particulières n'assuraient la conservation ou, pour mieux dire, ne prévenaient la destruction trop rapide de l'espèce.
En Russie et sur quelques points de l'Europe centrale et occidentale, en Ecosse, dans les Pyrénées, ainsi que dans une partie de l'Asie septentrionale, on trouve un autre Lièvre qui est encore plus sujet que le Lièvre ordinaire i des changements de couleur et qui a reçu, pour ce motif, le nom de Lièvre variable {Lepus variabilis). Sa chair est un peu moins savoureuse que celle du Lièvre de France, mais sa fourrure, qui devient en hiver d'un blanc immaculé, sert à faire des palatines et des épitoges.
A Java, au Bengale, en Sibérie, aux États-Dnis, au Brésil, en Syrie, en Arabie et dans les grandes plainesde l'Afrique australe vivent plusieurs autres espèces de Lièvres, tels que le Lièvre mossel (Lepus nigricnllis), le Lièvre à queue rousse (Lepus ruficaudatus), le Lièvre de Virginie {Lepits lirijiniatius), le Lièvre Tapéti {Lepus l/rasiticnsis), le Lièvre de Syrie (Lepus syriacus), le Lièvre du Cap (Lepus capensis), sur lesquels nous n'avons pas Ji insister ici.
Les Lapins se rapprochent beaucoup des Lièvres parleurs caractères anatomiques; mais ils ont les oreilles et les pattes moins longues ; ils vivent en société, se creusent des terriers et produisent des petits qui naissent presque nus et les yeux fermés. Us se répartissent en un petit nombre d'espèces, dont une est tellement connue qu'il est tout k fait inutile de la décrire. Nous rappellerons seulement que l'élevage des Lapins ne remonte pas à une très haute antiquité, et paraît n'avoir été pratiqué ni par les Grecs ni par les Romains; mais que depuis un siècle, cette industrie a pris non seulement en Europe, mais dans d'autres parties du monde, un développement considérable. L'homme a transporté des Lapinsjusque dans les contrées lointaines et, peu à peu, il est arrivé à modifier profondément l'espèce primitive, et h créer une foule do races différant les unes des autres par les proportions du corps, par la couleur et la qualité du pelage. Ainsi ont été formés les Lapins de clapier^ dont certains individus arrivent à peser 1".; ou même 15 livres, les Lapins riches, b. la fourrure argentée, les Lapins angoras aux poils longs et frisés, etc. A l'état sauvage le Lapin de garenne se rencontre dans
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une grande partie de l'Eiirope ; il préfère les lieux élèves et rocailleux, les landes, les garrigues, et creuse dans le sol des trous et des galeries où il élève sa jeune famille et se retire en cas de danger.
Plus petits que les Lapins, les Lagomys sont aussi moins liants sur pattes; ils ont les oreilles courtes et arrondies, et sont privés de queue. On ne les trouve plus à l'époque actuelle que sur les confins de l'Europe et de l'Asie, en Tartarie, en Sibérie, au Tibet, dans l'Himalaya et, en Amérique, dans les montagnes Rocheuses; mais on a des preuves certaines qu'ils ont vécu jadis sur le sol de la France, en même temps que les Hamsters et les Spermopliiles.
En tûte des Kongeurs ordinaires, pourvus d'une seule paire d'incisives à chaque mâchoire, se placent les Ecureuils [Sciurus), qui constituent le principal genre de la famille des Sciuritl.es. Ce sont des animaux essentiellement arboricoles, qui sautent adroitement de branche en branche en étalant leur queue comme un parachute et qui, à l'aide de leurs ongles crochus, grimpent avec la plus grande facilité le long des troncs les plus lisses : ils sont d'une timidité extrême et prennent la fuite ou se cachent à la première apparence de danger. Pendant la plus grande partie du jour ils se tiennent tapis dans une sorte de bauge, faite de mousse et de bois flexibles, et c'est seulement vers le soir qu'ils prennent leurs ébats. En hiver ils' ne s'engourdissent pas et se nourrissent des grains, des noisettes, des glands, des amandes qu'ils ont en la précaution d'amasser dans quelque trou. L'Écureuil commun (Sciurus vulgaris) est répandu dans les forêts de l'Europe septentrionale et centrale et présente, suivant les localités, des ditïéronces de coloration très sensibles. Dans certaines contrées son pelage reste constamment d'un roux vit en dessus et d'un blanc pur ou jaunâtre sur les parties inférieures du corps, tandis que, dans le Nord, il prend en hiver une coloration grise ou bleuâtre et constitue alors une fourrure très estimée qui s'emploie, sous le nom de petit-ijris, pour garnir des manteaux ou doubler des vêtements.
L'Asie, l'Afrique et le Nouveau Monde nourrissent plusieurs espèces d'Ecureuils qui diffèrent de l'espèce européenne par les proportions et le système de coloration ; quelques-unes ont le corps mi-parti noir et jaune; d'autres sont d'un noir uniforme; d'autres, enfin, portent sur le dos et sur les flancs des bandes longitudinales du plus gracieux efTet.
Les Tamias, qui se trouvent en Asie et en Amérique, et qui ont pour type l'Ecureuil suisse (T. stviatiis) de la Caroline, diffèrent des Sciuridés ordinaires par le genre de vie et par une particularité de conformation ; ils se tiennent, en effet, dans des trous creusés sou'i le sol, et ils ont les parois de la bouche creusées de vastes poches, à'ubajoues dans lesquelles ils transportent leurs provisions.
Les Sciuroptères {Sciuroptcrus) ou Polalouches ont de cha(|uecoté du corps un prolongement de la peau qui s'étend du membre antérieur au membre postérieur, et remplit le rôle d'un parachute quand l'animal bondit d'un arbre à l'autre. Ce sont des animaux crépusculaires ou nocturnes qui, à, part leurs membranes, sont conformés à peu près comme les Ecureuils, et mangent comme ces derniers des grains et des fruits. Dans l'Europe orientale et septentrionale et dans le nord de l'Asie vit le Sciuroptôre polatouche (Sciuroptcrus volrnis), qui ne mesure pas plus de 15 centimètres de long, queue non comprise, et qui porte une livrée grise en dessus et blanche on dessous.
Les iSpermophiles (Spermophilm) , dont le
nom signifie amateurs de grains, sont dos animaux fouisseurs qui liabitent les régions froides de l'Ancien et du ^'ouveau Monde et qui atteignent à peu près la taille du Cochon d'Inde. Ils sont pourvus d'abajoues et se nourrissent principalement de graines et de céréales. Aussi, lorsc|u'ils sont abondants, ils peuvent causer de grands dégâts dans les terres cultivées. Le type de ce petit groupe est le Spermophile souslik (Sp. citillus) de Pologne et do Silésie.
Notablement plus grosses que les Spermophiles, les Marmottes [Arctomys) ont des formes plus lourdes, le corps plus épais et moins haut sur pattes. Leur pelage est bien fourni, mais assez rude, d'un gris brunâtre, varié de brun ou de blanc jaunâtre ; leur queue est courte et touffue, et leurs pattes de derrière n'ont qu'un pouce tout à fait rudiraentaire. Ces animaux vivent dans les régions montagneuses do l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique septentrionale, et se creusent, sur les terrains inclinés, des habitations souterraines. Pendant l'été ils vivent de graines et de plantes herbacées, et pendant l'hiver ils restent plongés dans un sommeil léthargique très profond. Les Marmottes des Alpes (Arctomys alpinusj sont souvent promenées dans les rues de nos villes et de nos villages par de petits Savoyards (|ui leur font exécuter différents tours, au sou d'une musique naïve.
Enfin, les Ptéromys (Pteromys), que l'on confond souvent avec les Sciuroptères sous le nom A' Ecureuils volants, et qui font encore partie de la famille des Sciuritlés, sont pour ainsi dire des Marmottes organisées, non plus pour une vie terrestre et sédentaire, mais pour une existence active et arboricole. Comme les Sciuroptères, ils ont sur les flancs des sortes de parachutes et bondissent d'arbre en arbre et de branche en branche. On les trouve dans l'Asie méridionale, aux Moluques, aux Philippines, etc. Les deux espèces de Ptéromys les plus connues sont le Pétauriste (Pt. petaurista) et le Ptéromys éclatant (Pt. nitidus), ainsi nommé à cause de son pelage d'un brun foncé sur le dos, d'un roux brillant sur la poitrine et sur le ventre. Les Castors (Cas/o)-), qui constituent Ji eux seuls une petite famille, celle des Custoridés, habitent exclusivement l'hémisphère boréal, et principalement les régions des grands lacs de l'Amérique du Nord. Jadis, ils étaient communs en France, sur le Rhône, la Durance, l'Isère, la Saune, la Somme, et môme sur la Seine, aux i-nviriins de Paris ; si l'on en croit la tradition , ils ont donné i la rivière de Bièvre le nom qu'elle porte actuellement, bièvre (du latin filjer) étant encore le nom vulgaire du Castor dans diverses contrées. Mais aujourd'hui, c'est à peine si l'on tne de rare en rare quelques-uns de ces animaux dans les environs d'Arles, de Beaucaire et d'Avignon.
Les Castors passent la plus grande partie de leur vie dans l'eau et nagent avec facilité, grâce aux palmures qui relient les doigts de leurs pattes postérieures et leur queue largement aplatie, en l'orme do rame, et couverte de sortes d'écaillés. Doués d'une certaine intelligence, ils se réunissent en petites troupes pour construire des barrages à travers les cours d'eau et au bord des lacs et pour élever des huttes dont l'intérieur est divisé en plusieurs compartiments et dont le fond est percé d'un trou s'ouvrant immédiatement au-dessus de l'eau. Ces demeures sont habitées, pendant la mauvaise saison, par plusieurs individus.
Pour la plupart des naturalistes modernes la famille des Hystricidés comprend non seulement les Porcs-épics (Hystrix), mais les Ilydrochères (Hyi/rochœrus) ou Câblais, les Cobayes (Cavia) ou Cochons d'Inde , les Pacas (Cœlogenys), les
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Agoutis (Dasi/procla), les Chinchillas [ChinclnlUi), les Viscaches yLagostonius), etc.
Les Porcs-épics {HijsMx) se reconnaissent facilement à leur tête grosse, plus ou moins bombée sur le front, i leur corps volumineux, terminé en arrière par un rudiment de queue et couvert, principalement dans la région postérieure et sur la nuque, de piquants longs et acérés. Ces piquants, en se redressant comme des chevaux île frise, protègent l'animal contre les attaques des carnivores, mais ne sauraient, comme on l'a prétendu, se détacher de la peau et être projetés comme des flèches. Dans le midi de l'Europe et en Algérie habite le Porc-épic à crête (Hi/sirix cvistatu), qui est do la grosseur d'un chat et qui a le corps noir et les piquants annelcs de blanc et de noir. Comme tous ses congénères, ce Rongeur se nourrit de fruits et passe l'hiver plongé dans un sommeil léthargique.
Les Hydroclières [Hydrochœrus), dont le nom signifie Porcs aquatiques, ont été en effet réunis primitivement aux Porcins par les naturalistes voyageurs, mais, d'après l'ensemble de leur organisation, se rapportent décidément à l'ordre des Rongeurs. Le Cabiai ou Hydrochère capybara (Hydrochœrus capybara) est répandu sur une grande partie de l'Amérique méridionale, depuis le fleuve des Amazones jusqu'à la Plata. Il atteint presque la taille d'une brebis; sa tête est très volumineuse relativement au corps, qui est revêtu de poils bruns et roussàtres, peu fournis, et qui en arrière ne porte pas même un rudiment de queue. Le Cabiai se nourrit de fruits, principalement do melons et de citrouilles ; il vit dans le voisinage des eaux et nage avec facilité.
Les Cobayes (Cavia) ne méritent en aucune façon le nom de Cochons d'Inde par lequel on les désigne vulgairement ; en effet ils ne ressemblent aux Cochons ni par les dimensions, ni par la forme générale, et ils ne sont point originaires de l'Asie méridionale. Ce sont de petits rongeurs à la tête arrondie, au corps renflé, aux pattes courtes, à la queue rudimentaire, qui ont pour patrie la Guyane, le Brésil, le Pérou, la Patagonie, etc. Les Cochons d'Inde qui vivent à l'éiat sauvage dans ces difl'érentes contrées, tels que le Cobaye austral et le Cobaye apérea {Cavia australis et C. nperea), ont une livrée grise, variée de jaune et de noir; mais ceux que l'on voit communément en Europe ont été profondément modifiés par l'influence de l'homme et se font remarquer par leur pelage blanc ou jaunâtre marqué de larges plaques irrégulières noires et jaunes.
Les Pacas [Cœlogenys), plus gros et plus hauts sur pattes que les Cochons d'Inde, se distinguent par une particularité anatomique fort curieuse; ils ont de chaque coté de la tête une grande expansion osseuse sous laquelle s'enfonce un repli de la peau. Le Paca brun (Cœtogeni/s subniger) de Cayenne est d'un brun chocolat avec des taches blanclics arrondies sur les flancs.
Les Agoutis (Dasyproctn) sont de fort jolis animaux, au pelage lisse et brillant, qui habitent aussi les contrées chaudes du Nouveau Monde et qui se nourrissent de substances végétales. Leurs pattes assez fines sont bien conformées pour la course, et celles de devant peuvent aussi servir jusqu'à un certain point à la préhension des aliments. La plupart des espèces de ce genre, l'Acouchi (Dnsyprorta acuschy), l'Agouti proprement dit(D. aculi), l'Agouti huppé (D. cristala), ont un pelage brun ou noirâtre, plus ou moins tiqueté de blanc ou de fauve.
Les Cliinchillas(C/ti«c/ii//n), dont la fourrure est si estimée, se trouvent principalement au Chili, dans la région des Andes. Ils ont à peu près la taille de nos Ecureuils et rappellent un peu ces derniers animaux par leur tête surmontée de
grandes oreilles et ornée de grandes moustaches ; mais ils ont la queue beaucoup moins longue et moins touffue que les Ecureuils, les yeux beaucoup moins vifs, les oreilles plus arrondies vers le haut et presque dénudées, enfin ils sont essentiellement terrestres. Le pelage du CliincliiUa lanigère (C/i. laniger) est d'un gris perlé, un peu ondulé, soyeux et doux au toucher.
Les 'Viscaches [Lagostomns), qui vivent dans les Pampas, ressemblent un peu aux Chincliillas par leurs caractères généraux, mais ne fournissent qu'une fourrure de très médiocre valeur.
Enfin les Anomalures (Anomal urus) présentent la particularité, unique parmi les Rongeurs, d'avoir en dessus de la queue, dans la portion basilaire de cet organe, de larges écailles imbriquées comme les tuiles d'un toit. Ce caractère, joint à la disposition des omoplates et des doigts antérieurs, permet de distinguer facilement ces animaux des Ecureuils volants avec lesquels ils ont une lointaine analogie, ayant comme ces derniers les membres antérieurs rattachés aux membres postérieurs par de larges expansions cutanées.
La petite famille des Dipodidés ne comprend que les Gerboises [Dipus), qui, comme nous l'avons dit plus liant, ont, avec des formes extrêmement réduites, la piiysionomie générale des Kanguroos, et qui semblent aussi avoir emprunté le mode de locomotion de ces mammifères australiens (V. Marsupiaux). Pourvus d'une très longue queue qui se termine par un bouquet de poils et qui peut tour à, tour remplir le rùle d'un balancier ou fournir au corps un point d'appui d'une certaine résistance, ayant les pattes antérieures extrêmement courtes, et les pattes postérieures au contraire très développées, les Gerboises progressent avec une rapidité extraordinaire, par bonds successifs, et ne se servent guère de leurs membres antérieurs que pour fouir le sol. Leur tète est surmontée de larges oreilles et animée par de gros yeux k fleur de tète qui indiquent immédiatement des habitudes nocturnes. En effet, les Gerboises ne sortent guère de leurs terriers qu'à la tombée de la nuit. Le pelage de ces petits animaux oiîre constamment des teintes assez claires, fauves ou brunes sur les parties supérieures, et blanches ou jaunâtres sur les parties inférieures du corps. Une espèce de Gerboise [Dipus m'iurilanicus) se trouve en Algérie; d'autres habitent l'Arabie, l'Inde et la Russie méridionale.
Les Loirs {Myoxus), qui composent avec un ou deux autres petits genres la famille iss, MyoxiiUs, tiennent à la fois des Rats et des Ecureuils. Ils passent leur vie sur les arbres, ou se cachent dans les trous des rochers, des vieux murs, et s'engourdissent pendant la mauvaise saison. Le Lérot (Myoxus mlila), qui n'a pas plus de 15 centimètres de long, queue non comprise, est d'un brun fauve sur le dos, d'un blanc pur en dessous, et a les cotés de la tète et une partie de la queue fortement tachés de noir. Il est commun dans toute l'Europe, surtout dans les endroits cultivés. D'autres espèces de Loirs sont spéciales à l'Afrique ou à l'Asie orientale.
La très nombreuse famille des Muridés a pour principaux représentants les Rats-taupes, les Campagnols, les Ondatras, les Hamsters et les Rats.
Les Rats-taupes [Spnlax, Bathyergns, etc.) sont des Rongeurs fouisseurs, ayant la tête grosse, le corps plus ou moins cylindrique, la queue courte ou nulle, les ongles robustes, les yeux presque atrophiés, comme c'est l'ordinaire chez les êtres qui mènent une vie souterraine. Le Zemmi [Spaliix ti/i'h'iis), qui se rencontre en Crimée et dans l'Asie Mineure, peut être considéré comme le type de ce groupe.
Les Campagnols ne dépassent pas en grandeur
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les Souris du nos inaisous, avec lesf|UC'llcs ils ont parfois ijtt' confondus, quoiqu'ils aiout les oreilles plus longues, les yeux plus gros et plus saillants, le pelage en général plus fortement teinté de jaune, etc. Ils sont représentes en Europe i)ar plusieurs espèces, dont une, le Campagnol des champs {Arvicola arvalis), établit sa demeure dans les plaines cultivées et cause souvent de gramis ravages en coupant les tiges des céréales, en rongeant les racines des plantes potagères et en dévorant les semences.
Aux Campagnols se rattachent les Lemmings {Lcmiiius), si célèbres par leurs migrations. Ces Lemmings (t. nurvegicus) sont originaires de Laponie et de Norvège et, poussés par la famine ou par quelque autre cause, quittent à certaines époques leur pays natal, en troupes innombrables, et prennent deux directions opposées, certains d'entre eux gagnant les rivages de la mer du Nord et d'autres descendant vers le golfe de Botnie. Sur leur passage ils dévorent les récoltes, les herbes et les racines ; mais heureusement ils sont bientôt décimés parles intempéries ou deviennent la proie des Kapaces, des oiseaux de mer ou des mammifères carnivores.
Los Ondatras habitent le nord du continent américain ; ils sont aquatiques comme certains Campagnols et sont encore mieux organisés que ceux-ci pour la natation, ayant la queue écailleuse et comprimée latéralement et les pattes de derrière palmées. L'Ondatra musqué {Omlatra ziliethica), qui vit dans les lacs du Canada, doit son nom à l'odeur particulière qu'exhale sa fourrure. Il coiistruit des huttes semblables il celles qu'élèvent les Castors, mais de dimensions plus restreintes.
V< Les Hamsters {Cricetu>i\ qui sont à peu près de la grosseur d'un Rat, sont parfois appelés Marmottes d'Allemagne ou Marmottes de Strasbourg, parce qu'ils se trouvent principalement en Alsace et dans les pays d'Outre-lîhin. Le Hamster vulgaire jC'r. frumentarius) entasse dans l'une des chambres dont se compose son terrier des quantités considérables de froment, de seigle, de légumes secs, et se nourrit pendant l'hiver avec ces provisions.
L'un des genres les plus nombreux en espèces de tout l'ordre des Rongeurs est assurément le genre Uu.i, qui renferme les animaux désignés vulgairement par les noms de Rais, de Souris et de Mulots. La Souris vulgaire est irop connue pour que nous ayons besoin d'en donner une description détaillée. Chacun sait que ce petit Rongeur est ordinairement d'un gris cendré, mais que parfois il passe au blanc pur. Les individus ainsi moditiés ont les yeux rouges, comme c'est la règle chez les albinos.
Buffon a dit de la Souris : « Timide par sa nature, familière par nécessité, la peur ou le besoin font tous ses mouvements ; elle ne sort de son trou que pour chercher h vivre ; elle ne s'en écarte guère, y rentre à la première alerte, ne va pas, comme le Rat, de maisons en maisons, à. moins qu'elle n'y soit forcée, fait aussi beaucoup moins de dégâts', a les moeurs plus douces et s'apprivoise jusqu'à un certain point, mais sans s'attacher. » Dans les catalogues scientifiques, la Souris est appelée Mus nnisculus.
Le Mulot vulgaire {Mus sylvatinus) est un peu plus fort que la Souris et porte une livrée d'un brun fauve sur le dos, d'un blanc pur sur la poitrine et sur le ventre. Répandue dans toute l'Europe et sur une partie de l'Asie, cette espèce ne pénètre guère dans les habitations qu'M'approche de l'hiver, et se tient durant la belle saison dans les bois et dans les champs.
Le Rai nain ou Rat des moissons {Mus arenarius ou Mus parvulus) est le plus petit de nos
Rongeurs indigènes et se distingue entre tous par son industrie. Pour loger ses petits, il construit en effet un nid il peu près sphérique qu'il suspend dans un champ de blé à quelques tiges encore sur pied et qu'il abrite sous des chaumes artistemont tressés, (^ette petite construciion rappelle beaucoup par sa forme les nids de certaines Fauvettes, et, comme ceux-ci. peut se balancer au soufllo du vent, avec les tiges qui le supportent. Le Rat surmulot {Mus decumunus) est, comme son nom môme l'indique, beaucoup plus giand et plus robuste que le Mulot. C'est un animal destructeur par excellence, qui, dans les localités où il se multiplie, occasionne des dégâts considérables et compromet même la sécurité des habitations en rongeant les poutres de soutènement et en se frayant un passage à travers les murs de fondation. Aujourd'hui cette espèce est extrêmement répandue dans les grandes villes et pullule parliculièreraent dans les égouts de Paris, ei cependant c'est seulement depuis le milieu du XVIIII-' siècle que l'on a constaté sa présence en Europe. Les premiers Surmulots furent sans doute amenés do la Perse ou do l'Inde à bord de quelques vaisseaux, et en 1727 un grand nombre de ces animaux arrivèrent à Astrakhan, venant des déserts de l'ouest, et ayant traversé les flots du Volga.
En France, le Surmulot a presque complètement détrôné et anéanti une autre espèce, de taille un peu plus faible, et revêtue d'une livrée plus foncée, le Rat noir {Mus ratus], qui lui-même était déj^, selon toute probabilité, originaire de l'Asie. Suivant une opinion généralement aixréditée, cet animal nuisible a été introduit en Europe par les navires qui ramenaient dans leurs foyers les guerriers ayant pris part aux croisades; cependant il ne se trouve mentionné d'une manière parfaitement nette que par les auteurs du xvi" et du xvii° siècle.
Il parait même qu'une troisième espèce, le Rat d'Alexandrie (il/i(s alexandrinus), (\\\\ a l'Egypte pour patrie d'origine, s'est établie depuis une soixantaine d'années dans nos départements méridionaux; aussi craignait-on jusqu'à ces derniers temps de voir pénétrer en France un Rongeur encore plus redoutable, un véritable géant dans son genre, le Rat pilori {Mus piloridcs) des Antilles; mais des observations récentes ont heureusement démontré que cette espèce dift'érait par ses mœurs autant que par son organisation du Rat noir, du Kat surmulot et duRat d'Alexandrie, et que, par suite, son introduction et son acclimatation en Europe ne sont probablement pas à redouter. [E. Oustalet.]
ROSACÉES. — Botanique, XXIV. — Etym.: de rosfi, nom latin de la rose. — Oe/î«J(iU'(. — Famdle de plantes phanérogames, angiospermes, dicotylédonées, dont les fleurs sont dialypétales et il étamines périgynes, et dont les graines, arrivées à maturité, sont dépourvues d'albumen.
Caractères botaniques. — La graine des Rosacées, toujours protégée par les parois du fruit, ne possède qu'un tégument extrêmement mince, entièrement transformé en une lame de parenchyme corné. L'albumen faisant défaut, la réserve nutritive destinée ii nourrir l'embryon pendant les premières phases de la germination, est emmagasinée dans les cotylédons de cet embryon.
La racine est pivntante ou fasciculée. Les plantes de cette famille sont des herbes, des arbustes, ou des arbres; leur tir/e varie donc de hauteur et de dimension, depuis celle des fraisiers jusqu'il celle des pommiers et des cerisiers. Elle porte des feuilles alternes, presque toujours stipulées ; les stipules sont adnéos au pétiole chez les rosiers, les fraisiers, les ronces, la sanguisorbe, etc. ; elles sont caduques chez les pommiers, les
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amandiers ; elles manquent complètement dans quelques genres. Le limbe de la feuille varie de forme ; il est simple et denté cliez les Pomacces et les Amygdalées; il est compose, penné chez les rosiers, les fraisiers ; il est quelquefois palmatilobé (alcbimille) ; il manque chez VHutthemaia, où la feuille se trouve réduite à deux stipules. Chez les Amygdalées, les feuilles présentent des glandes analogues à celles des Papilionacées.
Les fleurs sont parfois solitaires et terminales ; le plus souvent, elles sont disposées en ombelles (cerisier) ou en oorymbos et aussi en panicules ou en grappes. Elles sont liermaphrodites, excepté dans un petit nombre de genres où elles sont diclines {Potermm, Cliff'ortia). Le caractère des fleurs de cette famille, c'est de présenter un réceptacle fort développé, le plus ordinairement concave, ovoïde ou cyatliiforme, à la surface intérieure duquel sont insérés les carpelles, tous les autres verticilles de la fleur étant portés par les bords de ce môme réceptacle. Ces verticilles sont par cela même insérés h un niveau plus élevé que les carpelles. Ce fait s'exprime en disant que les ovaires de ces plantes sont infères ou que leurs étamines sont épigynes. Dans plusieurs genres, cependant, la cupule réceptaculaire fort élargie devient conique vers son centre et porte les carpelles à la surface de ce cùne (fraisiers, framboisiers), qui dépasse de beaucoup les bords réceptaculaires ; le qualificatif d'ài/'ères ne peut alors plus être attribué aux ovaires de ces plantes. Dans ce cas, on considère les étamines comme périgynes. Une fleur de rosacée présente donc un réceptacle concave ou conique sur les bords duquel on voit, de l'iutcrieur à l'extérieur :
1° L'n calice ordinairement à cinq pétales ou à quatre seulement. Chez les fraisiers, au-dessous du calice, on remarque une enveloppe comparable au calice et nommée cahcule ;
1° Une corolle h. cinq pétales ou i quatre alternant avec les sépales. Dans un petit nombre de genres la corolle fait défaut;
3° Des étamines ordinairement très nombreuses (rosiers) o\i au nombre de vingt (fraisiers, pruniers) ; quelquefois quatre seulement (alcbimille, sanguisorbe);
■4° On trouve au centre de la fleur des carpelles insérés soit dans l'intérieur de la cupule ' réceptaculaire, .soit à la surface du cône que forme j celle cupule. Ces carpelles sont on nombre va- ' riable ; quelquefois un seul i,Amygdalces), souvent | cinq (Pomacées), ou très nombreux (Rosées). Ils sont libres lorsque le réceptacle est conique, et aussi chez les Amygdalées et les rosiers où le réceptacle est concave. Chez les Pomacées, ils sont soudés entre eux et avec le réceptacle ; dans ce cas, on a un ovaire tout à fait infère et h plusieurs loges renfermant chacune deux ou plusieurs ovules. Lorsque les carpelles sont libres, ils sont uni-ovulés, bi-ovulés ou pluri-ovulés. Les styles sont toujours libres, même chez les Pomacées, et toujours en même nombre que les carpelles. Le plus souvent, chaque style est inséré sur le bord interne du carpelle, au-dessous du sommet de l'ovaire.
Le fniit est variable : chez les Pomacées, c'est une pomme. Les parois de l'ovaire sont soudées avec celles du réceptacle ; ce dernier s'accroît et devient charnu et comestible à la maturité.
Chez les Spiréacées, le fruit est un assemblage de follicule::; les carpelles, libres de toute adhérence, contiennent chacun plusieurs graines et sont déhiscents à la maturité.
Chez les Rosées, le fruit est un assemblage d'aA-ràe«, ou un assemblage de drupes: V un assemblage à'akhies, c'est-ii-dire que chaque carpelle ne renferme qu'une graine et devient à la
maturité sec et indéhiscent ; tantôt ces akènes sont enfermés dans la cupule réceptaculaire dont les parois deviennent charnues à la maturité (rosiers) ; tantôt ces akènes sont portés sur un réceptacle conique qui devient charnu et comestible (fraises) ; tantôt enfin le réceptacle demeure sec (potentille, benoîte) ; 2° un assemblage de drupes. C'est le cas des ronces (mûre des haies, framboisiers). Les parois de chaque ovaire deviennent charnues et comestibles ; les ovaires se soudent latéralement entre eux ; le réceptacle conique se développe peu.
Enfin chez les Amygdalées le fruit est une drupe. Le réceptacle concave se détruit après la floraison. Les parois de l'ovaire s'accroissent et se divisent nettement en trois zones : à l'extérieur une mince pellicule [ipicarpe\; à l'intérieur une enveloppe fort dure (endocarpe), et entre les deux le méSKCcrpe. La mince pellicule, c'est la peau de la pèche par exemple ; l'enveloppe dure (endocarpe), c'est le r.oijau (pêche, abricot, cerise, prune). Le mésocarpe devient charnu ; il est comestible, excepté chez les amandiers; à l'intérieur du noyau se trouve la graine avec son tégument mince. La graine est la seule partie comestible dans la drupe des amandiers.
Classification des Rosacées. — Les Rosacées se divisent en quatre tribus; nous nous contenterons de If'S nommer avec les principaux genres qu'elles comprennent :
1. Pomacées [Coynassier, Poirier, Pommier, Sorbier, Néflier).
]I. Rosées [Rosiers, Aigre'moine. Alcliimille, Ronce arbrisseau, Honce framboisier. Fraisier, Tormentilli-, Benoîte).