SALPÊTRE
dans nos régions, la différence si marquée des saisons. Pour nous, au point de vue météorologique, l'année peut se diviser en quatre périodes ou saisons assez bien adaptées à la marclie ordinaire delà température. Cliaque période comprend trois mois pleins: l'hiver se compose de décembre, janvier, février, le printemps de mars, avril, mai, et ainsi de suite. Dans l'hémisphère austral, pour des latitudes correspondantes, les saisons météorologiques sont inverses des nôtres, puisque le solstice d'été a lieu le 21 décembre.
l\e perdons pas de vue que la classification des saisons météorologiques telle que nous l'avons établie pour les pays des zones tempérées cesse d'être applicable quand on s'éloigne de ces zones. Près du polo il n'y a guère que deux saisons, l'une plus glacée que l'autre; entre les tropiques, toutes les saisons sont chaudes, et c'est la fréquence des pluies pendant certaines périodes qui constitue les saisons locales.
Envisagées au point de vue météorologique local, les saisons exercent une influence évidente sur les plantes et sur les animaux. L'homme peut par son industrie et ses mœurs se dérober en partie h cette influence, mais il ]ie saurait s'y soustraire complètement. En France, les naissances atteignent leur maximum en janvier, décroissent graduellement jusqu'en juin et juillet, puis augmentent jusqu'à décembre. La mortalité des enfants varie régulièrement suivant les saisons; celle des adultes est plus forte en hiver et au printemps qu'en été et en automne.
On peut considérer que chez l'homme, la combustion plus ou moins considérable de carbone correspond à une plus ou moins grande activité vitale. Or on a démontré que cette quantité varie régulièrement, dans nos climats, suivant les saisons. Elle diminue de juin h septembre, puis augmente pendant trois mois pour rester stationnaire jusqu'à la fin de mars ; le mouvement ascensionnel recommence en avril et mai pour cesser en juin. La plus grande difl'érence observée est de O^'.lti d'acide carbonique par heure.
On travaille depuis quelques années à une statistique médicale qui permettra de reconnaître avec quelque exactitude l'influence des saisons sur les maladies. Les documents recueillis jusqu'à ce jour sont insuffisants pour qu'on en tire des conclusions pratiques. Tout en admettant l'influence saisonnière dans l'apparition et la recrudescence des maladies, il faut d'ailleurs reconnaître que les maladies saisonnières d'une année ne ressemblent pas toujours à celles que l'on constate d'ordinaire, et que les observations n'ont jamais qu'une valeur locale.
La saison froide est chez nous la plus dangereuse. Le froid n'est pas tonique, comme on le dit généralement : il produit indirectement la tonicité chez les sujets robustes et bien portants, en les obligeant à un exercice salutaire, mais il n'en est pas moins, par lui-même, un débilitant. Son action est funeste aux enfants, aux vieillards, aux convalescents, aux personnes affaiblies par les privations, les chagrins. Gardez-vous, si vous n'êtes pas très robuste, de braver le froid pour vous aguerrir, ce serait livrer combat à plus fort que vous. Craignez surtout, lorsque vous êtes obligé d'afi'ronter les intempéries, de chercher dans l'alcool une source de chaleur ou de lorce. Après une excitation passagère, l'alcool vous laisse plus sensible et moins capable de réagir. Une alimentation abondante, riche en matières grasses, est le meilleur préservatif contre le froid.
11 est assez facile de se préserver des accidents causés par la chaleur. Si les ouvriers suspendent leurs travaux au soleil de midi à trois heures, ils n'ont pas à craindre l'insolation. Evitez de boire froid quand vous êtes en sueur, ne vous laissez
pas aller à l'indolence, mangez suffisamment, même si vous n'y êtes pas enclin, et vous n'aurez rien à redouter de la saison chaude. Quelle que soit la température, craignez les courants d'air : la fraîcheur agréable qu'ils produisent constitue un danger sérieux, et sur ce point on ne saurait pousser trop loin les précautions.
Au printemps et à l'automne portez des vêtements un peu trop chauds pour la saison ; mangez un peu plus qu'en été, moins qu'en hiver ; prolongez, s'il se peut, votre sommeil; ne vous exposez pas volontairement à l'humidité, surtout la nuit ; après un refroidissement môme insignifiant en apparence, frottez-vous énergiquement tout le corps et couvrez-vous de flanelle : vous éviterez ainsi les maladies de la gorge et des poumons, les fièvres et les rhumatismes qui vous guettent pendant ces époques de transition. [D' Saffray.]
SALPÊTRE. — Chimie, XVL — Snlpe'li-e, qui veut dire pierre de sel, est le nom ancien et commun du sel que les chimistes appellent, d'après sa composition. Azotate de posasse. Sa formule chimique est Az05,K0. On lui donne aussi les noms de nitre, sel de nitre, nitrate de potasse. Le salpêtre ou azotate de potasse, comme sa formule le rappelle, est formé d'acide azotique et de potasse; c'est un sel incolore ou blanc, cristallisé en prismes à six pans terminés par des pyramides également hexagonales. Ces cristaux ne contiennent point d'eau, et ne s'altèrent point à l'air; leur saveur est fraîche, légèrement piquante etamère. Le salpêtre se dissout dix fois plus dans l'eau bouillante que dans l'eau froide : c'est ce qui permet de le séparer facilement des matières étrangères qui l'accompagnent dans les salpêtres bruts.
Le salpêtre, comme tous les autres azotates, mais avec plus d'intensité, fuse quand on le projette sur des charbons incandescents, c'est-à-dire que, par son oxygène, il provoque une vive combustion qui fait entendre une espèce de sifflement caractéristique, en même temps qu'il produit une vive lumière, rendue un peu violacée par la présence des vapeurs de potassium. Dans une leçon de chimie sur les sels, il est intéressant de répéter cette expérience facile et tout à fait inoffensive. On n'oubliera pas non plus de faire cristalliser du salpêtre par voie humide; l'opération est facile, elle réussit toujours, et on peut pour ainsi dire assister, de vim, à la formation des cristaux. Pour cela on sature à chaud avec de l'azotate de potasse un demi-litre environ d'eau distillée, puis on laisse refroidir en regardant de temps en temps la liqueur.
Si on chauffe de l'azotate de potasse dans ui» creuset, il fond vers .350» ; il est alors liquide comme de l'eau et se prend en masse cristallisée compacte par refroidissement. Ce sel peut donc, comme beaucoup d'autres du reste, subir deux cristallisations : la cristallisation par voie sèche ou par fasion, et la cristallisation par voie humide ou pardissolution. Cliauffé au-dessus de 330°, il se décompose en dégageant de l'oxygène et en laissant un résidu solide d'azotite de potasse, KO.AzO-'. Enfin au rouge, ce dernier sel lui-même se décomposeen perdant son azote et une partie de son oxygène, et en laissant un résidu solide de potasse et de peroxyde de potassium.
Mélangé au charbon pulvérisé et au soufre dansdes proportions convenables, il forme des matières expliisibles dont la principale est la poutre *. Produclioa naturelle du salpêtre. — Comme il a été dit à l'article Azote (p. :i3S), on rencontre le salpêtre à la surface du sol, sous forme d'efflorescence et mélangé à la terre, dans beaucoup depays chauds.
Dans les climats tempérés on le rencontre à la surface des vieilles murailles habituellement humides, dans les vieilles écuries, les caves et les maisons abandonnées, puis à la surface des vieux
SALUBRITE PUBLIQUE
plâtras : parle temps sec, il apparaît sous forme de poussière blanche efflorescente.
Ces formations naturelles du salpêtre ne sont point encore parfaitement expliquées aujourd'hui (V. Azotf).
Co qui est certain, c'est que les conditions les plus favorables à la formation du salpêtre à la surface des murailles ou du sol des écuries et des caves sont : la présence d'un sol calcaire et humide, puis de matières organiques en décomposition. Celles-ci sont-elles absolument indispensables? On ne peut pas l'affirmer, car un courant d'air passant à travers des pierres poreuses peut dans certains cas donner naissance à de l'acide azotique (Cloëz) ; il ne paraît donc pas indispensable de recourir à l'azote des matières organiques en décomposition pour expliquer la formation du salpêtre ; nous ajouterons néanmoins que leur présence la favorise singulièrement, comme on le voit dans le cas des nitrières artificielles.
Aujourd'hui en France on fabrique le salpêtre avec l'azotate de soude qui nous arrive abondamment du Chili, en traitant celui-ci par le chlorure de potassium. Par leur mélange dans l'eau bouillante, il se forme du chlorure de sodium ou sel marin et de l'azotate de potasse.
Par le refroidissement, la plus grande partie de l'azotate de potasse se déposera en cristallisant, parce que ce sel est beaucoup moins soluble à froid qu'à chaud. Le chlorure de sodium, dont la solubilité ne change pour ainsi dire point avec la température, restera en grande partie dans la dissolution.
Les usages du salpêtre ont été indiqués à l'article Azoïe (p. 3.38). [Alfred Jacquemart.]
SALUBRITÉ PUBLIQUE. — Hygiène, XVII. — Pour les individus réunis en sociétés, la liberté individuelle se trouve limitée par le droit que possède chaque citoyen de n'éprouver aucun préjudice de la part des autres. En outre l'Etat est intéressé à ce que chaque citoyen soit à même de rendre le plus de services possible et ne devienne pas, par sa faute, une charge pour la communauté.
Or, pour que l'homme soit apte à rendre le plus de services possible et ne devienne qu'accidentellement une charge pour la société, il faut, avant tout, comme l'a dit le philosophe américain Emerson, qu'il soit un « bon animal », c'est-à-dire qu'il jouisse d'une santé robuste et ne la compromette par aucune infraction grave aux lois de l'hygiène. L'Etat a le droit d'exiger cela tout aussi bien qu'il exige un impôt ou le service militaire. l)n citoyen représente dans l'Etat une valeur dont profite la masse ; par conséquent, il importe de ne pas lui permettre de diminuer volontairement cette valeur. A l'Etat de trouver les moyens d'accomplir cette partie de sa tàclie de manière à entraver le moins possible la liberté des individus. L'éducation, en vulgarisant l'hygiène, la ferait entrer dans les mœurs et restreindrait, autant qu'on peut, le souhaiter, l'intervention officielle.
En Angleterre, en Italie, aux Etats-Dnis, on agite la question de créer un ministère de la santé publique, un véritable ministère d'hygiène. En attendant, les attributions de ce ministère sont réparties, comme chez nous, entre diverses autorités chargées de veiller à la salubrité publique, à l'hygiène des populations.
Pour bien .ipprécier le rôle de l'Etat dans cette branche de l'administration, il faut considérer l'hygiène comme l'ensemble des connaissances et des mesures propres à améliorer l'homme au point de vue physique, intellectuel et moral, aie défendre contre les causes de maladie et de dégénérescence. Il est évident que l'hygiène considérée à ce point de vue implique l'intervention de l'autorité.
En France, les questions sanitaires rentrent, d'une part, dans les attributions de plusieurs départements de l'administration centrale ; de l'autre, dans celles des administrations départementale et communale.
C'est spécialement au ministère de l'agriculture et de commerce qu'est confiée la tutelle de la santé publique. Les afl'aires sanitaires y sont réparties de la manière suivante :
DlHECTION DU SECnÉTABIAT GÉNÉRAL. DiVISIOI*
DU PERSONNEL. — 1"^' bureau. — Nominations, promotions et mouvements. — Comité des arts et manufactures; comité consultatif d'hygiène publique ; médecins et agents sanitaires ; médecins inspecteurs des établissements d'eaux minérales.
— Statistique générale rie la France. — Mouvement annuel de la population ; commissions cantonales permanentes de statistique ; publication des documents destinés à la continuation de la statistique générale de France.
Direction de l'agbicultire. — I" bureau. — Enseignement agricole et vétérinaire. — Vacheries, bergeries, colonies : et asiles agricoles ; écoles vétérinaires ; e.xercice de la médecine vétérinaire ; épizooties. — 2* bureau. — Encouragements à C agriculture et secours. — Dessèchements et assainissements, drainage, irrigation; police rurale ; mise en culture des landes, reboisement; secours pour pertes résultant d'épizooties, inondations ; etc. — 3' bureau. — Subiistances. — Législation relative aux subsistances ; recours en matière de règlements sur la boulangerie, les abattuirs et sur la vente des comestibles dans les foires et marchés.
Direction du commerce intérieur. — 2* bureau.
— Industrie. — Travail des enfants dans les manufactures. — 3° bureau. — Police sanitaire et industrielle. — Comité consultatif d'hygiène publique; commissions et agences sanitaires, lazarets, quarantaines, etc. ; correspondance relative à l'état de la santé publii»ae, tani en France qu'à l'étranger ; épidémies ; rapports avec l'Académie de médecine ; encouragement et propagation de la vaccine; règlement sur la police des professions médicales, remèdes secrets; mesures générales relatives à la salubrité ; police et régime des établissements d'eaux minérales ; examen et approbation des règlements relatifs à ces établissements ; subventions ; établissements dangereux, insalubres et incommodes.
Direction des ponts et chaussées. — Divisio7i du service hydraulique. — Curage des cours d'eau; règlements pour l'établissement des usines ; études relatives aux irrigations ; dessèchement des marais et assainissement des terrains insalubres; concession ou exécution des travaux de dessèchement et d'assainissement.
DiiiECTiON DES MINES. — 1" bureau, — Mines. Eaux minérales. Appareils à vapeur. — Surveillance des mines, tourbières, carrières ; recherche, conservation et aménagement des sources miraies.
Les services suivants ressortissent au ministère de l'intérieur :
Division de l'administration, générale et départementale. — 4" bureau. Etablissements généraux de bienfaisance. — Amélioration des logements d'ouvriers ; bains et lavoirs publics ; services de médecins gratuits.
Division de l'administration communale et hospiiALiÈRE. — i' bureau. — Hospices communaux.
— Bureaux de bienfaisance.
Direction des prisons et établissements pénitentiaires. — l" bureau. — Administration générale lies prisons. — État sanitaire ; service médical ; travaux statistiques; institutions de patronage.
Au ministère de la guerre est attaché le Conseil de sajité des armées.
Au ministère de la marine et des colonies est ' des lumières de la science et de s'assurer le conattaclié un inspecteur général du service de santé. ! cours des hommes que leurs connaissances spé- Dans les provinces, les questions relatives à la ! ciales rendent seuls capables de résoudre les prosalubritc et à l'hygiène publiques sont confiées à ' blêmes d'hygiène publique. C'est pour cela qu'un rautoritémunicipaleetenmême temps à l'autorité décret de 1 858 a organisé les conseils d'hygiène départementale. Les co'/sfi/s d'hygiène et de sa/u- publique et de salubrité des départements, comtirité institués dans chaque arrondissement, les posés de médecins, de pharmaciens, de chimistes médecins des épidémies, les commissions canto- \ et do vétérinaires, assistés par des agriculteurs, nales doivent aider les autorités dans tout ce qui ' des commerçants, des industriels, des ingétouche à l'administration de la santé publique, nieurs, etc.
Les conseils municipaux sont aussi appelés à | Les attributions de ces conseils sont divisées en intervenir dans les affaires sanitaires, en ce qui douze paragraphes, savoir : 1° L'assainissement concerne la recherche et la réforme des logements ; des localités et des habitations; — 2° Les mesures insalubres. à prendre pour prévenir et combattre les mala-
Pour Paris, la direction spéciale des services ' dies endémiques, épidémiques et transmissibles ; sanitaires est confiée aux administrations sui- 1 — 3° Les épizooties et les maladies des animaux ; vantes : — 4° La propagation de la vaccine ; — 5° L'organi-
Préfecti're ue la Seine. — 1' division. — Ad- sation et les distributions de secours médicaux MiNisTBATioN DÉPARTEMENTALE ET coMMi;NALE. — i aux malades indigents ; — 6° Les moyens d'amé- 1" bureau. — Académie de la Seine; faculté de ; liorer les conditions sanitaires des populations médecine ; visa des diplômes des médecins et des industrielles et agricoles ; — 7° La salubrité des sages-femmes; listes des vétérinaires ; inspection ' ateliers, écoles, hôpitaux, maisons d'aliénés, étade la vérification des décès; pompes funèbres, ! blissements de bienfaisance, casernes, arsenaux, cimetières. — 3' bureau. — Abattoirs, halles et : prisons, dépôts de mendicité, asiles, etc. ; — marchés. — 4« bureau. — AssisUnce publique. | 8° Les questions relatives aux enfants trouves; —
30 Division. Travaux pcblics. — 2' bu- 9" La qualité des aliments, boissons, condiments et
reo!<. — Balayage ; enlèvement des boues, im- médicaments livrés au commerce; — 10» L'améliomondices neiges et glaces; curage d'égouts, ] ration des établissements d'eaux minérales apparfosses d'aisances; éclairage public et privé. —' tenant à l'État, aux départements, aux communes V Aureoi,. — Logements insalubres. ! et aux particuliers, et les moyens d en rendre
Préfecture de police. — Le préfet de police ' l'usage accessible aux malades pauvres; — est chargé d'assurer la salubrité de la ville : en j 1 r Les demandes d'autorisation, translation ou prenant des mesures pour prévenir et arrêter révocation des établissements dangereux, insalules épidémies, les épizooties, les maladies conta- bres ou incommodes ; — 12° Les grands travaux gieuses; en faisant observer les règlements de d'utilité publique, constructions d édifices, écoles, police sur les inhumations; en faisant enfouir ; prisons, casernes, ports, canaux, réservoirs, lonles cadavres d'animaux morts, surveiller les fos- ' taines, halles ; établissement des marches, rouses vétérinaires, la construction, l'entretien et toirs, égouts, cimetières, voirie, etc., sous le rapla vidange des fosses d'aisances; en faisant arrêter, port de lliygiène publique. , .
visiter, les animaux suspects de mal contagieux , Les conseils d'hygiène doivent, en outre, reumr et mettre à mort ceux qui en sont atteints ; en et coordonner les documents relatifs il la mortalité surveillant les échaudoirs, fondoirs, salles de dis- et i ses causes, à la topographie et à la statistisection ; en empêchant d'établir dans l'intérieur que de l'arrondissement, en ce qui touche la santé de Paris des ateliers, manufactures, labora- publique.
toires, etc., qui doivent être hors de l'enceinte des 1 Le conseil qui réside au chef-lieu du départevilles ; en empêchant qu'on ne jette ou dépose 1 ment a pour mission spéciale de centraliser et dans les rues aucune substance malsaine; en : coordonner les travaux des conseils d arrondisfaisant saisir et détruire dans les halles, marchés sèment et d'adresser chaque année au préfet un et boutiques, chez les bouchers, boulangers, mar- \ rapport général qui est immédiateraerii ti|ansrais, chands de vins, bi'asseurs, limonadiers, épiciers, | avec les pièces à l'appui, au ministre de 1 agriculdroguistes, apothicaires ou tous autres, les co- I ture et du commerce.
mestibles ou médicaments gâtés, corrompus ou 1 Le département de la Seine possède, comme nuisibles. Il est chargé de faire administrer des les autres, un conseil d'hygicne publuiue et de secours aux noyés, et détermine le placement des , salubrité, mais en outre il a été établi dans boites de secours, etc. — 2« division. — 2° bu- \ chaque arrondissement de Paris une conimission reau. — Carrières, vidanges, cabinets d'aisances d'hygiène et de salubrité chargée de reunir toutes et urinoirs publics. — 4« bureau. — Travaux du les informations qui peuvent intéresser la santé conseil d'hygiène et de salubrité et des corn- ! publique dans l'étendue de la circonscription, missaires d'hygiène du département de la Seine ; d'appeler l'attention du préfet de police sur les secours publics, établissements dangereux, et i causes d'insalubrité, et de donner son avis sur les tout ce qui concerne la salubrité. — Une partie ' moyens de les faire disparaître
de ces dernières attributions est placée sous' " "" ~..^.,, „'„^-r,^.^v
l'autorité du préfet de la Seine. — A la préfecture de police sont attachés un co7iseil de salu- ^ ,.^..., , -- . , .
brité;des insi,ecteurs des établissements dangereux nistration centrale, ^un comité^ ^^^^f,[ ^of î, ni a et insalubres, des inspecteurs des eaux mi7iérales ; une commission d'inspection du travail de.
juyciio ut; ,co icitio ....^i^..
Comité consultatif d'hïgiène de France. — Four 1 compléter le système d'institutions que nous venons d'énumérer, on a établi, au siège de ladmi-
fants dans les manufactures ; des inspecteurs des maisons de santé, de sevrage et de nourrices, etc.
Administration générale de l'assistance publique. — L'administration des hôpitaux, hospices et secours à domicile de Paris est concentrée en une adminisiration générale de l'assistance publique, placée sous l'autorité du préfet de la Seine.
Conseils d'hygiène publique et de salubrité. — Pour surveiller et protéger la santé publique, l'autorité administrative a besoin de s'entourer
aboutir les travaux des conseils locaux et qui a pour mission d'éclairer l'autorité sur les questions sanitaires. ,■ • •
Telles sont, chez nous, les principales divisions administratives auxquelles sont confiées les questions relatives à l'hygiène publique. Cette énumération suffit pour donner une idée de 1 importance de l'hygiène publique. Il faudrait plusieurs volumes pour traiter les sujets principaux qui s y rattachent. Faute d'espace, nous nous bornerons a des indications sommaires sur ceux qu'il importe le plus de connaître.
Assaviissement. — L'assainissement consiste
SALUBRITE PUBLIQUE
dans la rcclierclie et l'exemple des moyens propres il faire disparailre les causes d'insalubrité qui existent dans une localité d'une manière fixe ou accidentelle : c'est donc la partie essentielle de riiygiène publii|ue. Les méthodes rationnelles d'assainissement tendent il purilier ou ii maintenir dans un état convenable de pureté l'air, le sol et les eaux. Elles s'adressent aux conditions géographiques, géologiques et climatologiques de chaque lieu, et consistent d'abord en travaux de défrichement, de dessèchement, d'irrigation, do culture. Puis il un point de vue plus restreint, l'assainissement, consiste à faire disparaître les causes d'insalubrité à l'extérieur ou à l'ititérieur des habitations, par l'établissement de drainages, d'égouts, de voiries, de conduites d'eau, de plantations, etc. ; il disposer les habitations de manière que chacun jouisse d'un air pur, d'une lumière abondante, et dispose d'une grande quantité d'eau pure.
Marais. — Au point de vue de l'hygiène, on doit comprendre sous le nom de marais toute portion du sol alternativement couverte et abandonnée par les eaux, et donnant lieu, sous l'influence du dessèchement et de la chaleur, à un dégagement de miasmes qui engendrent la fièvre. Les marais, étangs, lacs, fleuves débordés, plages découvertes, embouchures de rivières, canaux, défricliements, déboisements, mares, ruisseaux, réservoirs, peuvent donc devenir des foyers d'émanations miasmatiques. Les moyens de combattre l'influence des marais sont du ressort de l'administration. Elle seule est responsable des maux que leur présence engendre, encore aujourd'hui, dans un grand nombre do localités. Sans doute, il faut du temps et de grandes dépenses pour réaliser les améliorations urgentes ; mais on ne doit pas perdre de vue qu'en outre de la reconstitution des populations étiolées et décimées par les miasmes, des travaux d'assainissement donnent toujours aux terrains oti ils sont exécutés une plus-value qui dépasse de beaucoup la première mise de fonds.
Kgouts. — On appelle égouts les canaux souterrains destinés à recevoir, dans les villes, les eaux impures ou encombrantes, pour les déverser sur un sol cultivé, dans des puisards ou dans un cours d'eau. C'est de leur construction et de leur aménagement ([ue dépend en grande partie la salubrité des villes. Leur construction et leur entretien nécessitent des connaissances spéciales. Quant à l'utilisation des eaux d'égout, divers systèmes sont en présence ; on exécute des expériences sur une vaste échelle, et l'on peut espérer que dans un avenir prochain les cours d'eau ne seront plus empoisonnés et souillés par l'afflux de ces liquides infects, dont l'industrie peut retirer des matières fertilisantes, si on ne trouve pas plus avantageux de les purifier par une Hltration lente à travers des terrains cultivés.
Eau. — On peut d'ordinaire apprécier la salubrité d'une ville par la quantité d'eau dont peut disposer chaque habitant, pourvu que le liquide qui a servi à l'entretien de la propreté des personnes et des habitations ait un écoulement facile et disposé suivant les règles de l'arl. L'eau distribuée dans les villes doit avant tout être pure. Le repos et la filtration ne donnent pas à l'eau contaminée des grands fleuves les qualités requises par les hygiénistes. 11 faut, à tout prix, amener les eaux de rivières qui coulent dans des vallées peu habitées.
l oiî'jev. — Au point de vue de l'hygiène publique, la question des voiries peut se ramener aux termes suivants : quels sont les moyens les moins insalubres et les plus pratiques pour évacuer hors des villes et utiliser les débris organiques et les résidus de toute sorte qui résultent
d'une grande agglomération humaine ? Ces débris et résidus peuvent être distribués en trois classes : imniondii:es ; débris des halles et marchés, de l'économie domestique, boues, etc; — excréments tant des hommes que des animaux ; — cadavres, comprenant ceux des hommes et des animaux. D'où la division des voiries en 1° voiries d'immondices; T voiries de matières fécales; S" voiries d'animaux morts. Les cadavres humains forment, bien entendu, un groupe séparé.
Habitations. — L'hygiène ne doit pas seulemen s'occuper des habitations dans l'intérêt de ceux qui les habitent, pour les prémunir contre leur inexpérience, les protéger contre la rapacité ou l'ignorance d'un propriétaire, d'un logeur, etc. ; la police sanitaire surveille la construction des maisons, leur élévation, la largeur des rues, oblige il assainir les logements insalubres, ou en interdit la location. Si le danger résulte de causes extérieures et permanentes, ou lorsque ces causes ne peuvent être détruites que par des travaux d'ensemble, la commune exproprie les immeubles et les revend lorsqu'elle a fait disparaître les causes d'insalubrité.
Fosses et cabinets (faisances, — Malgré les perfectionjiements apportés dans cette partie des habitations, les résultats obtenus ne sont pas satisfaisants. Les intérêts de l'agriculture et ceux de l'hygiène s'accordent pour réclamer qu'aucune partie des résidus humains ne soit perdue par l'écoulement direct dans les cours d'eau. D'autre part il importe que ces résidus ne s'accumulent pas longtemps dans les habitations et que l'on ne soit pas obligé d'en faire de vastes dépôts qui deviennent forcément des foyers d'infection. Tout ce qui concerne ces questions et celle des vidanges est l'objet d'études pratiques dont il faut attendre le résultat. Comme mesures provisoires, l'hygiène conseille et exige d'entretenir dans un état de propreté parfaite les cabinets publics et privés, de ventiler les fosses, et de munir les conduits de soupapes à joint hydraulique qui s'opposent à la sortie des gaz mé|)hitique3.
Hôpitaux et hospices. — On désigne généralement sous le nom d'hôpitaux les établissements destinés au traitement gratuit des indigents atteints de maladies aiguës, tandis qu'on donne le nom d'hospices aux asiles où sont recueillis les enfants abandonnés, les vieillards, les incurables et les infirmes non domiciliés. Ces établissements , ressortissent à l'assistance publique, pour la tutelle administrative, les soins médicaux et l'hygiène. A ce dernier point de vue, la question des hospices et des hôpitaux est depuis quelque temps l'objet de discussions et d'expériences qui semblent appelées il modifier profondément les vieilles coutumes. On tend il éloigner ces établissements de» centres de populatioji, ii multiplier les corps de ' logis, à substituer aux constructions permanentes des chalets, des pavillons destinés à être détruits aux premiers indices d'infection. L'extension des secours li domicile permettra en outre de diminuer beaucoup la population des établissements hospitaliers, sans grever sensiblement le budget, et pour le plus grand profit de l'hygiène.
Vérification des décès. — La législation relative aux décès prescrit : la déclaration à la mairie par deux témoins; la constatation ii domicile par officier cfctut civil. Malheureusement cette dernière formalité n'est pas accomplie comme l'exige la loi. Dans quelques grandes villes, les municipalités ont tenté de faire suppléer l'officier d'état civil par des médecins spéciaux, et des arrêtés, des circulaires préfectorales sont venus sanctionner en quelque sorte cette substitution qui n'est pas prévue par la loi. La vérification des décès est importante au point de vue do l'hygiène publique, pour reconnaître les cas de mort appa-
SALUBRITE PUBLIQUE — 1882 — SALUBRITE PUBLIQUE
Tente et pour appeler l'attention des autorités sur les décès causés par des maladies contagieuses.
Inhumations. — L'Iiygiène publique s'occupe spécialement de ce qui concerne les inhumations, afin d'atténuer, autant que possible, les inconvénients ou les dangers des émanations qui pro- "viennent de la décomposition putride. Sans porter aucunement atteinte au respect religieux dont nous aimons à entourer les morts, on pourrait adopter des systèmes d'inbumation bien différents de celui d'aujourd'hui, qui assureraient une rapide destruction des cadavres et s'opposeraient à la rproduction d'émanations infectes ou de miasmes dangereux. Depuis longtemps il n'est plus permis d'inhumer dans les églises. On cherche à éloigner le plus possible les cimetières des centres de population. L'ancienne coutume de la crémation revient timidement en faveur : peut-être est-ce le mode d'inhumation que l'hygiène fera prévaloir dans les grandes villes,
Etablissements insalubres. — La plupart des grands établissements industriels sont incommodes ou insalubres pour leurs voisins, à cause du bruit, de la fumée, des odeurs, des vapeurs, des poussières.
Les établissements dangereux, insalubres ou incommodes ont été divisés en trois classes, et l'on exige pour leur exploitation des autorisations spéciales. L'autorisation n'est accordée qu'après une enquête suivie d'un rapport du conseil de salubrité. Les établissements de première classe sont ceux qui doivent être éloignés des habitations particulières, mais qu'il n'est pas nécessaire d'exclure de l'enceinte des villes. Les établissements de seconde c/cisse sont ceux dont l'éloignement des habitations n'est pas indispensable, mais dont il importe de ne permettre la formation qu'après avoir acquis la certitude que les opérations qu'on y pratique sont exécutées de manière à, ne causer aucun dommage aux voisins. Les établissements de troisième classe sont ceux qui peuvent rester, sans inconvénient, auprès des habitations, mais <3ui doivent être soumis à la surveillance de la police.
Subsistajices. — On comprend sous ce nom toutes les substances employées à l'alimentation des hommes. Ce sujet touche en même temps aux plus graves questions de l'économie politique €t aux plus diflicilcs problèmes de l'iiygièue. Le développement, la santé, la vie des hommes dépendent, avant tout, d'une alimentation suffisante, convenable et assurée. Les économistes et les hygiénistes ont reconnu l'influence constante qu'exercent sur les naissances et sur la mortalité l'équilibre des subsistances, la cherté des vivres, l'abondance ou la disette.
Les progrès des sciences agricoles, les facilités apportées à l'échange par la création et l'amélioration des moyens de transport, la vulgarisation du crédit, les traités de commerce, favoriseront <ie plus en plus les approvisionnements réguliers et ;\ bon marché. En attendant il importe d'éclairer les populations ouvrières sur la valeur hygiénique des aliments et des boissons. La même somme bien ou mal dépensée, chaque jour, peut, en effet, procurer une nourriture suffisante ou produire graduellement l'inanition.
Le devoir de l'Etat et des autorités locales ne s arrête pas aux mesures propres à rendre impossibles les disettes, les accaparements et même les cours trop élevés des aliments de première nécessité. La qualité des subsistances mises en vente doit être strictement surveillée pour éviter les dangers auxquels exposeraient la cupidité ou l'ignorance des vendeurs, la pauvreté ou l'inexpérience des acheteurs. Voilà pourquoi des règlements spéciaux régissent la vente des aliments et des boissons.
Epidémies. — V. ce mot.
Travail des enfants. — C'est en 1841 que la loi s'est occupée pour la première fois, en France, du sort des enfants qui, malgré leur jeune âge, étaient utilisés par l'industrie pour une foule de travaux, bien souvent au-dessus de leurs forces, et toujours pour un temps trop prolongé. Depuis cette époque, l'initiative de quelques grands manufacturiers et l'intervention de l'Etat ont considérablement amélioré la condition des enfants dans les villes manufacturières. Cependant il reste encore beaucoup à faire pour donner satisfaction aux justes réclamations des hygiénistes. La loi actuelle laisse encore la porte ouverte à beaucoup d'abus, et môme dans son observation stricte elle ne préserve pas l'enfance des causes d'étiolement et d'abâtardissement auxquelles l'expose le travail des ateliers.
Vaccination. — Depuis la découverte de la vaccine le gouvernement s'est efforcé de la propager par l'institution du Comité central de vaccine, de la Société centrale de vaccine, puis par l'influence de VAcademie de médecine. 11 s'en faut de beaucoup toutefois que le service des vaccinations décennales soit assuré sur notre territoire. Tout manque pour cela : le vaccin régulièrement cultivé, l'argent pour payer les vaccinateurs. Des mesures fiscales et administratives suffiraient peutêtre pour rendre générale la pratique de la vaccination et des revaccinations, mais il faudrait beaucoup de temps. Aussi la majorité des hygiénistes désirent voir voter une loi actuellement à l'étude, qui rendrait la vaccination obligatoire. A moins que l'on ne prouve, en effet, que la vaccination n'a pas diminué la mortalité, l'État a le droit et le devoir d'intervenir dans cette question comme dans tout ce qui concerne les maladies infectieuses et contagieuses, sans se préoccuper des opinions personnelles de ceux à qui il prescrit les mesures sanitaires en vue de la salubrité publique.
Statistique. — Pour asseoir la science de l'hygiène sur des bases positives, il faut appeler à son aide la statistique, qui seule peut fournir des données précises sur les questions de population, de subsistances, de climatologie, de maladies endémiques et épidémiques, les systèmes pénitenciaires et d'assistance publique, etc. Voili pourquoi on a institué au chef-lieu de chaque canton une commision de statistique chargée de tenir à. jour des tableaux dressés par l'administration centrale.
Population. — Les lois qui régissent les naissances et la mortalité intéressent l'Iiygiène autant que l'économie politique. Cependant il ne faut pas faire rentrer dans le cadre de l'hygiène publique les théories sur le principe de la population ou les calculs abstraits de probabilités. L'hygiène n'emprunte ses chiffres à la démographie que pour en faire une application pratique. A ce point de vue, elle est obligée do rechercher par les meilleures méthodes les causes qui influencent les mouvements de la population, afin de trouver un remède aux anomalies signalées par la statistique. Les travaux récents ont sous ce rapport une valeur bien plus grande que ceux qui ont été exécutés pendant la première moitié du siècle.
Cette énumération rapide et fort incomplète suffit pour donner une idée des questions qui sont du domaine de la salubrité publique.
Si l'on compare l'hygiène de nos jours i celle d'il y a cinquante ans, on est surpris des progrès accomplis et des résultats obtenus. Mais quand on considère ce qui reste i faire, on comprend qu'il faut être modeste pour le passé et ambitieux pour l'avenir. Au fond de toute question sociale on trouve un problème d'hygiène. Pour résoudre ces problèmes, il faut le concours de
SANG
SANG
tous les savoirs, de toutes les bonnes volontés, de toutes les autorités. De leur solution dépend, en grande partie, la grandeur et la prospérité de notre pays. [D' Saffray.J
SA^G. — Zoologie, XXXIV. — Le sang est le milieu intérieur aux dépens duquel se nourrissent les tissus.
Dans cette république dont les éléinents anatomiques sont les innombrables citoyens, le sang a pour fonction de veiller au maintien de la nutrition de chaque individu, en lui apportant les matériaux nécessaires à son entretien, le pabulum vit^, et en se cbargeant des produits devenus impropres à sa vie, qu'il rejettera aussitôt au deliors.
Nous parlerons ici surtout du sang rouge des animaux vertébrés, sans nous appesantir sur ce liquide tran.'sparent et plus ou moins incolore qui constitue le sang des animaux inférieurs et se rapproche davantage de la hjmphe des animaux supérieurs.
Contenu dans des canaux ou vaisseaux à l'intérieur desquels il circule grâce au jeu de cette double pompe foulante qui est le cœur, le sang ne tarde pas à perdre sa fluidité au sortir des vaisseaux ; quelques minutes après, il commence déjà à devenir ferme, il se coagule, devient sang mort. Celui-ci se compose d'une masse compacte, rouge, assez ferme, que l'on nomme caillai. Douze ou quatorze heures après, ce caillot se contracte, la partie liquide se trouve exprimée sous forme de sérum, liquide limpide ou un peu opalin dans lequel flotte le caillot, formé en majeure partie des éléments solides du sang, les glolnilei.
Voilà, ce qui se passe lorsqu'on abandonne le sang à lui-même ; mais cette coagulation si rapide, que l'on voit se produire en moins d'une minute pour le sang du lapin, n'apparaît pas lorsqu'on procède à son battage au sortir du vaisseau. Si l'on vient à agiter le sang avec un balai ou une baguette pendant qu'il jaillit, il s'attache h. l'instrument des filaments blanchâtres, et le sang qui reste ne se coagule plus. C'est donc à cette substance filamenteuse, nommée fibrine, qu'e,«t duo la coagulation du sang.
Considérons maintenant le sang comme un tissu i substance intercellulaire liquide ; nous allons l'étudier au point de vue pour ainsi dire anatomique.
D'une densité variable qui oscille entre 1,045 et 1,075, sa chaleur chez l'homme est comprise entre 36 et -39 degrés centigrades ; sa réaction est alcaline. Il se compose de deux parties bien distinctes : le cruor, qui comprend la partie solide, les globules donnant au sang sa couleur rouge ; le liquor, qui comprend toute la partie liquide à l'état physiologique. Normalement ces deux parties sont en quantité sensibleinent égale, et le sang peut être défini : U7ie certaine masse de cruor en suspension dans une masse égale de liquor. Mais on comprend que cette dernière partie puisse être sujette à de nombreuses causes de variation, et être influencée par exemple par l'état de diète ou de digestion, sans qu'il en résulte néanmoins un état pathologique, une maladie. Cela tient à la facilité avec laquelle peut se reproduire la masse liquide du sang; tout le monde connaît la sensation de soif intense qui suit une grande perte de sang, une hémorrhagie. Quant à la masse du cruor, elle ne se reforme que lentement, et la diminution considérable des globules constitue une maladie i laquelle les médecins ont doiuié le nom d'anémie. Telle est l'importance des globules, que dans une hémorrhagie, lorsque la perte de sang atteint une certaine proportion, la vie ne peut plus être entretenue dans l'organisme qui en est le siège, si on ne procède immédiatement i la transfusion, c'est-à-dire si on ne fait pénétrer dans la circu-
lation de l'individu anémié une certaine quantité de sang retiré à un animal de même espèce.
Dans la partie solide du sang on ne trouve donc qu'une seule sorte d'éléments : les globules, que l'on distingue en globules rouges et globules blancs, auxquels nous ajouterons les granulations libres.
A. Globules rouges. Los globules rouges forment la plus grande partie des éléinents solides du sang, puisqu'il y a en moyenne 300 globules rouges pour 1 globule blanc.
Après avoir fait une légère piqûre i l'extrémité du doigt, nous recueillons sur une lame de verre la guttule de sang qui s'échappe, et nous la recouvrons immédiatement d'une lamelle bien nettoyée qui l'étalé uniformément. C'est là une préparation microscopique de sang. Si nous plaçons maintenant sous le microscope cette préparation en nous servant d'un objectif grossissant 500 ou GOO fois, nous observerons en nombre immense des corpuscules colorés en jaune pâle, qui se présenteront sous différentes formes. Les uns, franchement circulaires, offrent sur leur surface des
s et les globules blancs du i 600 fuis.
Fig. 1. — Les globules
1, globule rou^e, vu de face."'
2, globule rouge, vu de profil.
3, globule blanc.
différences de réfringence : si on rapproche l'objectif, le centre est brillant, le bord obscur ; si on éloigne l'objectif, le contraire se produit, le bord devient brillant et le centre obscur, ce qui indique un renflement des bords. D'autres corpuscules paraissent plus ou moins ovales ; d'autres enfin, plus colorés, présentent deux renflements arrondis, ils ont une forme en bissac. Mais des courants viennent-ils à s'établir dans la préparation ? — et on peut facilement en faire naître en appuyant légèrement sur un point de la^lamelle — on voit immédiatement qu'un même corpuscule, dans ses mouvements, présente les divers aspects que nous venons de signaler, et qui sont,dus à ses changegements de position par rapport à l'œil de l'observateur. De ces trois aspects nous déduirons donc que le corpuscule est un disque renflé sur ses bords. Tel est le globule rouge du sang de l'homme et de la plupart des mammifères. Continuons à observer la préparation, nous remarquerons que les globules rouges paraissent s'attirer les uns les autres, viennent s'acculer par leurs faces, formant ainsi des piles semblables à des piles d'ccus ;
SANG
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nous assistons à l'arrangement en piles des globules. Si nous continuons l'observation, les globules, en se dessécliant, se déformeront et apparaîtront crénelés sur leurs bords.
Envisagés au point de vue de leurs dimensions, les globules rouges ont, chez l'homme, uniformément une épaisseur de un millième de millimètre (0"™, 001 8), et un diamètre de sept millièmes de millimètre (0°'",007), c'est-à-dire presque supérieure celui des plus fins canaux de la circulation ou capilluires du plus étroit calibre. On conçoit donc que pour cheminer dans leur intérieur, les globules doivent présenter une certaine élasticité, pour pouvoir changer momentanément de forme dans CCS canaux étroits qui ne leur présentent pas une place suftisanie; c'est au reste ce que l'on constate aisément dans le sang en circulation, sur la membrane interdigitale des grenouilles.
Fig. 2. - Vai:
d'une grenou des glubuleâ blaacs.
au capillaire de la meimbi-ane natatoire ;, très grossi, montrant le cornant central uges, et sur les bords quelques globules
Fixons de nouveau notre préparation microscopique de sang; à côté des globules rouges proprement dits, des hématies, nous observerons d'autres globules, en petite quantité, également rouges, mais sphériques, ne changeant ni de forme ni de coloration.
B. Globules blancs. — En même temps que les globules colorés, nous remarquerons des corpuscules incolores, de dimension variable, les uns plus petits, les autres beaucoup plus gros que les globules rouges, présentant sous le verre du microscope une forme sphérique qui devient irrégulière lorsque les hématies commencent à se mettre en piles. Si l'on chauffe légèrement la platine du microscope, ces corpuscules changent de forme, non par altération, mais par mouvements propres ; ils s'allongent, rampent et se moulent sur les corps qui se trouvent sur leur passage. Ce sont les globule' blancs, cellules lymphatiques ou leucocytes, les seuls éléments figurés du sang des animaux inférieurs. Chez les vertébrés à sany froi'l, ces mouvements propres, autrement nommés mouvements amihovies des globules blancs, apparaissent à la température ordinaire. Nous savons déjà que leur nombre est beaucoup moins considérable que celui des globules rouges : ou trouve 1 globule blanc pour .300 rouges au moins.
On distingue à leur intérieur, au lieu d'une masse homogène, comme pour l'hématie, un nojau et des granulations brillantes.
C. Granulations libres. — Avec les globules blancs et les globules rouges, nous rencontrerons encore, dans la préparation, des granulations libres, on quantité considérable, que Zimmennann iiotiimait vésicules élémeyitaires, et qui sont les héinatoblastes (formateurs d'hématies) de M. Hayem. Ce dernier auteur fait jouer à ces corpuscules un rôle déterminant dans la coagulation du sang, la formation du réticulum fibrineux qui emprisonne les globules rouges dans le caillot. Ces mêmes vésicules, qui ne seraient autres que les leucucytes lie Senimer et de M. Pouchet, devraient être considérées comme l'état jeune des hématies.
Nous avons dit au commencement que les seuls éléments figurés du sang sont les globules et les granulations libres ; cependant, dans la préparation que nous avons sous les jeux, outre ces éléments figurés, au bout de quelques minutes nous voyons apparaître des filaments s'étendant en divers sens.
et qui ne sont autres que la fibrine dont nous avons déjà parlé en indiquant le moyen de l'extraire du sang par le battage avec un balai ou une baguette. On est aujourd'hui généralement d'accord pour attribuer la cause do la solidification de la fibrine, la formation du réticulum fibrineux, à la déformation des granulations libres ou à un ferment sécrété par elles.
CosiPosiTiOiN CHiMiûUE DU SANG. — On trouvo dans le sang des substances provenant de trois sources différentes.
Celles qui sont fournies par les aliments, et qui pénètrent dans le sang par deux voies, les canaux lymphaligiies et les canaux veineux;
Celles que lui cèdent les tissus par diffusion ;
Celles qui naissent dans le sang lui-même en vertu d'actions ou processus chimiques intrinsèques.
Ajoutons-y l'eau qui constitue la plus grande partie de la masse sanguine (779 pour 1000) et se trouve répartie entre le cruor et le liquor.
Parmi les substances qui sont fournies par les aliments, en dehors des sels minéraux (sels de soude, de potasse, de chaux, phosphates, carbonates, fer, etc.), nous rencontrons les matières albuminoides (albumen, blanc d'œuf), qui portent aussi le nom de matières plastiques, parce que ce sont elles surtout qui sont susceptibles de s'organiser et de constituer les parties vivantes de l'économie.
La fibrine, que nous avons vu jouer un rôle si important dans la coagulation du sang, appartient à ce groupe, où on la rencontre normalement non pas à l'état de fibrine proprement dite, mais décomposée en ses éléments constituants, le filirinogéne et le fihrino-plastiqne, que les progrès de la physiologie, depuis Denis (de Coinmeri'y), ont pu nous montrer isolément, bien qu'ils soient confondus et dissous à la faveur de l'alcalinité du plasma dans le sang vivant.
A côté du fibrinogène et du fibrino-plastique, nous rencontrerons la caséine dit sérum, des pepiones que l'on peut isoler aujourd'hui, et qui ne sont que des matières plastiques ayaut subi l'action des sucs digestifs, enfin de ra^4u";i«e proprement dite, sans parler de la matière colorante du sang dont nous nous occuperons plus loin.
Après les sels et les substances albuminoides, nous trouvons les ynatières grasses (cholesténne, sels des acides gras, cérébrine), et une substance intermédiaire aux matières albuminoides et aux matières grasses, la lécithine ou graisse phosphorée et azotée, bien définie actuellement.
N'oublions pas les matières sucrées, découvertes par l'illustre Cl. Bernard, qui établit du même coup le rôle prépondérant que jouent ces matières dans le développement et la vie de l'organisme.
Les substances que les tissus cèdent au sang par diffusion ne semblent pas devoir être considérées comme en étant les matériaux essentiels. Ce sont des corps qui se mêlent au sang, le traversent en quelque sorte, et tendent à s'échapper au dehors.
T-eU sont l'urée, qui résulie d'un travail chimique de la nutrition, et doit être considérée comme le dernier terme d'oxydation des matières albuminoides; Vacide unque et ses sels (acide hippurique chez les herbivores), qui forment la base des engrais utilisés sous le nom de guano.
Toutes ces substances sortent du sang et sont éliminées par les rein^, à l'état de solution, en mêtue temps que d'autres produits excrémentitiels du travail nutritif, comme la créatine, la créatinine, l'ihosite, etc.
Des gaz môme sont contenus en dissolution dans le sang. L'ac/rff carbonique et l'oxygène jouent un rôle des plus importants dans le travail
SANG
SANG
physiologique dont cette liumeur est un des principaux agents, tandis que i'azote y reste sans emploi.
Nous avons à nous occuper en dernier lieu des substances qui naissent dans le sang lui-même en vertu d'actions ou processus chimiques intrinsèques.
Parmi ces dernières, peut-être pourrons-nous placer le flbrinogène et le fibrino-plastiquo que nous connaissons déjà.
Mais de toutes ces substances, la plus remarquable sans contredit est cette matière, colorante que nous avons signalée dans les gloljulcs et dont la fonction physiologique est capitale : nous avons nommé l'/iumoylûl/ine.
Un physiologiste nommé RoUett a pu, par l'application d'un froid intense, séparer l'hémoglobine du stroma ou squelette du globule rouge, et ■a donné à ce stroma le nom de gloàutiiie. Ainsi
Fig. 3. — La matière colorante du sang de l'homme, ci-istallisée (tlémogtobine).
a, Hémoglobine en i-hombes allongés.
0, Hémoglobine en prismes à quatre paas.
isolée et obtenue en dissolution d'un beau rouge,
l'hémoglobine ne tarde pas à, laisser déposer des
cristaux de forme variable selon les espèces animales.
Au^point de vue de sa constitution chimique,
riiémoglobino est une substance albuminoide qui se distingue par trois propriétés :
Sa proportion de fer (0".42 p. 100);
Son aptitude h cristalliser;
Sa grande capacité d'oxydation.
En présence des alcalis, l'hémoglobine se dédouble en une substance albuminoide et en héinatine (colorée en rouge foncé ou bleu noir), qui entraîne avec elle le fer de l'hémoglobine, dont elle se distingue encore par ses caractères spectroscopiques.
L'hématine elle-même, combinée h l'acide chlorliydrique, donne des cristaux d'hémme, d'un brun noirâtre, faciles à obtenir et ayant pour cela une grande importance en médecine légale pour reconnaître les taches de sang.
Telle qu'on l'obtient au moyen d'agents quelconques, l'hémoglobine retient de l'oxygène, à l'état de faible combinaison, puisqu'il peut lui être enlevé par les agents réducteurs, qui modifient par cela même les caractères optiques de notre milieu intérieur.
C'est à une branche nouvelle de la science, la spectroscopie, que nous devons la connaissance complète des propriétés optiques du sang, et l'influence de différents gaz ou de difl'érents composés chimiques sur ces propriétés que nous allons maintenant étudier.
La spectroscopie du sang repose sur la propriété que possèdent les corps colorés d'absorber certaines parties du spectre que l'on obtient par la décomposition et la dispersion de la lumière blanche au moyen du prisme. Un corps rouge, par exemple, interposé sur le trajet de la lumière soumise à la dispersion, absorbe tous les rayons colorés sauf les rouges, et c'est précisément pour cela qu'il nous paraît rouge. Lorsque le corps interposé ne présente pas une coloration simple, il arrête seulement quelques-uns des rayons colorés, et, en examinant avec une lunette le spectre reçu sur un écran, on y remarque les bandes obscures, non colorées, que l'on nomme bandes d'absorption.
Plaçons entre le foyer lumineux et le prisme une solution de sang artériel ou d'hémoglobine oxygénée, et observons le spectre en appliquant notre œil à l'oculaire du spectroscope : nous ne verrons pas le spectre lumineux ordinaire, mais un spectre présentant deux larges baiules obscures entre les raiis D et E de Fraunliofer, en même temps qu'une teinte sombre s'étend sur toute la partie droite du spectre à partir du bleu.
il il
Fig. i. — Spectres du sang artériel et du sang veineux.
A, Raies dites de Fraunhofer.
B, Sang artériel ojygéuc (deux bandes d'absorption entre les raies D et E de Frauniiofer, c'esi-à-dii'e dans jaune du spectre;.
C, Saog veiueui, sang réduit : raie de réduction près de la raie D de Fraunliofcr.
C'est là le spectre du sang oxygéné, de l'oxyhémorjtobine, du sang artériel.
Dans la solution, faisons pénétrer un corps réducteur quelconque, du sulfhydrate d'arnrnoniaque, par extimple, ou un courant d'acide carbonisa Pakïib.
que; les deux raies obscures se fondent en une seule, dite bnnd.e de réduction de Stukes, du nom du savant qui l'a découverte.
C'est là le spectre du sang désoxygéné, de l'/iimoglobine réduite, du sang veineux.
SANG
SANG
Dans cette solution d'iiémoglobine ainsi réduite faisons passer un courant d'oxygène, et nous verrons apparaître de nouveau les deux bandes d'absorption de i'oxyliémoglobine.
Chose étonnante, si, comme l'a trouvé Cl. Bernard, on a fait passer dans la solution d'oxyliémoglobine un cour^mt d'oxyde de carbone, gaz asphyxiant qui se dégage des corps en ignition, ce gaz a chassé l'oxygène sans apporter de grands changements aux deux bandes d'absorpiion que les agents réducteurs ne peuvent plus cependantaltérer.
Il est facile de comprendre l'intéroi de celte découverte qui permet de reconnaître si un empoisonnement a eu pour cause les vapeurs de charbon ou un autre élément toxique.
Disons enfin que les caractères spectroscopiques du sang sont précieux en raison même de leur fixité, car le spectre du sang ne se confond avec aucun autre et peut être retrouvé avec du sang desséché, putréfié.
Complétons ce résumé des propriétés et de la composition de l'hémoglobine en ajoutant qu'elle contient encore de Vozum: ou oxygène modifié.
Sang artériel. Sang vEiNEix. Gaz du sang. — Nous venons de nommer spectre du sang artériel le spectre de l'hémoglobine oxygénée, et spectre du sang veineux celui de l'hémogloliine réduite. C'est qu'en effet, le sang, au contact des éléments anatoniiques, a laissé réduire son hémoglobine, dans l'économie, et ne se montre jilus dans les veines que comme saiig noir, en partie désoxygcné.
Comment s'opère cette oxydation, cette réduction de l'hémoglobine ? Quel est son but '?
Considérons de nouveau un instant les éléments anatoniiques comme les innombrables citoyens d'une république. Chaque individu, enchaîné à son labeur, remplissant à chaque instant sa fonction, ne peut aller chercher l'oxygène, cet excitant de la vie dont la physiologie générale nous apprend l'absolue nécessité. Aussi existe-t-il touie une classe de citoyens (les ylobules suiuiuins) qui ont pour fonction d'apporter à chaque individu son pabulum vilœ.
L'étude de la circulation enseigne que la totalité du sang, à chaque révolution, traverse h'S poumons. C'est ici que le globule rouge vient s'approvisionner, c'est ici qu'il vient charger son hémoglobine qui lui sert de véhicule pour l'oxygène qu'il distribuera dans sa marche à travers ces rues élroites et tortueuses qui ont reçu le nom de vaisseaux capillaires. Mais à mesure que ce déchargement s'effectue, le sang prend un nouveau chargement. Il ne doit pas circuler sans utilité dans les veines, ces boulevards extérieurs de la cité : l'in'activité n'est pas tolérée dans celle république laborieuse. Le sang, en passant des capillaires dans les veines, va se charger d'acide carbonique; ce chargement sera conduit aux poumons, où le sang s'en débarrassera pour prendre une nouvelle quantilé d'oxygène.
Telle est la fonction respiratoire du sang, qui s'opère par mutation des gaz à l'intérieur de l'organisme. Le perfeciionnement des procédés de dosage et d'extraction des gaz du sang permet aujourd'hui de constater, à chaque instant de soji parcours, la richesse du sang en oxygène ou en acide carbonique, le rapport de ces deux gaz, et leur répartition entre les globules et le liquor.
On a pu voir ainsi que le sang artériel est plus riche en oxygène que le sang veineux, plus pauvre en acide carbonique ; luO c. c. de sang artériel contiennent 15 à 20 c c. d'o.xygène, 25 à 85 c. c. d'acide carbonique; 100 c. c. de sang veineux contiennent X à 12 c. c. d'oxygène, as à 47 c. c. d'acide carbonique. Quant à la proportion de l'azote, elle ne chajige pas, il est inerte. Sous l'influence de conditions étrangères ou propres h l'individu, la richesse en gaz du liquide sanguin peut varier.
C'est ainsi que M. P. Berta montré que la quant'té des gaz du sang est plus considérable si on augmente la pression barométrique. L'oxygène peut même devenir un poison mortel, lorsque sa tension correspond à 5 ou (i atmosphères d'air, lorsqu'il arrive dans le sang aux proportions de 30 i 35 p. lUO, et que, l'hémoglobine en étant saturée, ce gaz entre en dissolution dans le plasma et dans les tissus.
Si le nombre des respirations s'accroît, l'acide carbonique diminue tandis que la richesse du sang en oxygène augmente.
Lorsque la température de l'animal diminue, les deux gaz diminuent simultanément.
Dans Vasph/xie, la proportion des gaz n'est pas 1.1 même, suivant que l'asphyxie est due à une raréfaction de l'air (aspfii/xie des aéronautes, mal des montagnes), o\x au séjour dans un espace clos.
Dans le premier cas, l'acide carbonique diminue dans le sang, tout aussi bien que l'oxygène, mais dans une proportion moindre; la mort arrive par insuffisance d oxygène.
Dans le second cas, l'oxygène diminue jusqu'au, mais la quantité d'acide carbonique augmente et la mort arrive, mêine en présence de l'oxygène, au moment où les alcalis du sang, ainsi que l'a démontré M, P. Bert, étant complètement saturés d'acide carbonique, les tissus se saturent à leur tour.
Cl. Bernard a trouvé que l'activité musculaire augmentait la quantité d'acide carbonique dans le sang qui sortait du muscle en contraction. Dans ces conditions, le muscle rend plus d'acide carbonique qu'il n'a reçu d'oxygène au même moment ; le contraire se passe pendant l'état de repos du muscle qui emmagasine alors de l'oxygène pour l'utiliser plus tard.
C'est encore à Cl. Bernard qne nous devons de connaître le mécanisme de la toxicité de l'oxyde de carbone. Ce gaz chasse l'oxygène de ses combinaisons avec l'hémoglobine et le remplace volume pour volume.
Quant à la répartition des gaz que nous venons d'éiudier dans les globules et le liquor, on a déjà compris par ce qui précède que tout ou presque tout l'oxygène se trouve combiné à l'hémoglobine des globules.
L'acide carbonique, au contraire, réparti entre les globules et le liquor, est en plus grande quantité combiné aux alcalis faibles de la partie liquide du sang icarbonates, phosphates bibasiques de soude).
Mais l'acide carbonique n'est pas le seul élément important du liquor.
.Nous placerons encore au premier rang le sucre, dont la découverte, ainsi que nous l'avons dit, est due à Cl. Bernard qui en a démontré 1 origine et l'importance physiologique.
Formé par le foie qui, dans l'organisme adulte, en est comme l'atelier, et atelier tellement actif qu'on le considère comme le foyer principal de la chaleur, il passe dans les artères où il n'est que charrié, pour être utilisé au sein des tissus. On le trouve en moins grande quantité dans les veines, et son importance est telle que sa dispaiition du sang est un signe fatal.
D un autre côté, son accumulation ou mieux sa production exagérée donne lieu à une maladie très grave, le diabète ou glycosurie.
En effet, lorsqu'il est produit en trop grande quantité, le sucre passe au rang des substances nuisibles, et, comme les produits excromentitiels du travail nutritif (urée, acideurique, cholestérine,etc.) il est éliminé par les reins, éinonctoirs naturels.
Nous terminons ici ce court résumé des notions absolument exactes que nous possédions dans 1 état actuel de la science.
On remarquera qu'il n'a pas été question jusqu'ici de snng froiii et de sangchaud, bien que li5S auteurs aient cependant voulu tirer de la tempo-
SANG
SANG
rature du sang un caractère distinctif de certaines classes d'animaux.
C'est qu'en effet, au point do vue physiologique, il n'y a aucune différence entre le sang d'une grenouille, par exemple, et celui d'un oiseau. S'il est vrai que le sang de la grenouille puisse être conservé !x 0 degré sans perdre ses propriétés physiologiques, il peut aussi acquérir la température du milieu ambiant en été, et devenir sang chaud. Cependant, pour tous les animauxsans exception, il existe certaines limites de calorification du sang qui ne peuvent être dépassées sans que mort s'en suive.
C'est ainsi qu'à 45 degrés centigrades, le sang perd subitement sa propriété de fixer l'oxygène, et l'animal meurt asphyxié.
Quant à la quantité totale du sang, nous avons vu que, pour ce qui regarde le liquor, elle est soumise à des causes multiples de grande variation. Cl. Bernard a môme vu, chez l'animal que l'on fait passer de l'état de jeûne prolongé à l'état d'alimentation abondante , cette quantité varier pendant la digestion du simple au double.
A l'état physiologique, un animal a en moyenne une quantité de sang égale au dixième du poids de son corps.
Une autre question importante est encore en litige : Quelle est la vie du globule"? où nait-il? que devient-il? On connaît bien son origine chez le foetus : c'est une origine purement cellulaire, bien étudiée par M. Ranvier. Jusqu'à la moitié de la vie fœtale, le globule du sang d'un mammifère conserve son apparence cellulaire, il est pourvu d'un no'jaii. Mais à partir de ce moment, quelle est sa vie'? se forniK-t-il partout ou existe-t-il des organes ateliers de globules'? Le l'oie, la rate ont été tour à tour nocsidorés comme les destructeurs et comme les formateurs des globules rouges. Les uns pensent que les globules rouges ne sont que des globules blancs, des cellules lym;dia-
tiques modifiées. Les globules rouges, d'après cette théorie, proviendraient de leucoci/tes d'une certaine espace ; tel est l'avis de M. Ponchet. Pour M. Hayem. les hématoblastes seraient l'état jeune dos hématies.
Ceci dit, sans trancher la question, examinons comparativement les caractères du sang dans la série animale.
.\.a point de vue physiologique, nous remarquerons que, chez certains animaux, la coagulation est plus lente que chez d'autres.
Ainsi, tandis que chez le lapin elle est très prompte, elle est très lente chez le cheval, à tel point que les globules ont le temps d'être entraînés à la partie inférieure, en raison de leur poids spécifique, et le sérum se coagule seul.
Chez les poissons, la fibrine se redissout après la formation du caillot, et le sang redevient liquide. Chez les mollusques acépliales (huUreJ,le sang ne se coagule pas.
Chez les céphalopodes fpoulpe), le caillot formé est très peu considérable.
Chez certains crustacés (crabe), le sang se prend en une gelée tremblotante.
Au point de vue chimique, M. P. Bert a découvert que, dans la matière colorante du sang des céphalopodes, le fer était remplacé par le cuivre.
C'est encore M. P. Bert qui nous a appris que l'albumine dans le sang des mollusques existait en des proportions très variables (.3U à ô millièmes du poids total du sang).
La comparaison des corpuscules sanguins au point de vue anatomique est encore bien plus intéressante.
Nous distinguerons les globules rouges des mammifères. Us sont tous dépourvus île noi/aiix .
Pour l'immense majorité des animaux de cette classe, ils sont circulaires, et leur dimension n'est pas en rapport avec la taille. S'il est vrai que le
Fig. 5. — Globules saDguias grossis,
a, globules circulaires du saog de l'homme, vus sous diflérents aspects. 6. globules elli[jtiqu c et rf, —
ng de chameau, des oiâeaux.
de la grenouille, vus par la tranche, du protée.
de la salamandre, donl un a déchiré la membrane i de la lamproie.
— du homard.
— de la limace.
, deux leucocytes ou globules blancs du sang humain.
globule rouge de l'éléphant ait 10 millièmes de millimètre (0">,iilO), que celui de l'homme ait U",II07, celui du cochon d'Inde 0'°,001 ; celui de la baleine, qui est cependant le plus gros des animaux, a les mêmes dimensions que le globule rouge de l'homme.
Seuls, parmi les mammifères, les caméliens (chameau) ont des globules rouges elliptiques. Le globule rouge du chameau à 0™,0U8 de longueur et 0°,UOi de largeur.
En second lieu viennent les globules rouges munis de wyaux; ils sont presque tous ellipti-
ques; ceux des lamproies cependant sont circulai res.
Los globules rouges elliptiques appartiennent aux oiseaux, aux reptiles, aux batraciens, aux poissons.
Les plus volumineux sont ceux àa. protée , batracien qui vit dans des lacs souterrains.
Ses globules ont 0'°,05i de longueur et 0",035 de largeur.
Chez les invertébrés, imus ne trouvons plus de corpuscules cilorés analogues aux globules rougus du sang; ce sont des cellules lymphatir/ues. douées de mouvements propres, nageant dans un