‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 340 sur 459 · SIPHON · texte numérisé non relu

SIPHON

un grand nombre que l'on peut voir vivants en Europe : IfS jardins zoologiques acquièrent de temps en temps à grands frais des Antliiopomorplies, Gibbons, Oraiigs, Gonllea et Chimpanzés, qui mallieureusement ne résistent pas longicmps à la rigueur de notre climat; ces mêmes éiablissemenls possèdent presque constamment des séries deCercopitlièques,deSomnopiibèques,deOolobes, et même quelques Cynocéphales, quoique cenx-ci ne se recommandent ni par la beauté de leurs formes ni par l'aménité de leur caractère; enfin les bateleurs choisissent volontiers les Magots pour en faire des animaux savants qui exécutent différents tours devant le public. Les Singes du Nouveau-Monde sont encore plus recherchés, h cause de la douceur de leur naturel; les Ouistius, les Saimiris prennent place dans les ?pparienici ts à côié des chiens biclions et King-Cliarles, tandis que les Sajous ou Sapajous et les Atèles peuplent les ménageries.

En commençant cet article, nous avons rappelé que les Singes avaient été réunis, sous le nom de Quadrumanes, à. certains mammifères qui leur ressemblent beaucoup et qui habitent Madagascar et certaines contrées de l'Afrique et de l'Asie. Ces Mammifères, ce sont les Lémcriens. qu on appelle aussi les Faux-Sivges, pour indiquer que leurs analogies avec les Singes sont purement extérieures. Les recherches de MM. Milue-Edwards et Grandidter ont démontré en effet qu'il existe des dilTérences considérables entre les Singes et les Lémuriens sous le triple rapport du développement, de la structure anatomii|ue et des mœurs, et qu'il convient dès lors de créer pour ces derniers animaux un ordre particulier.

En tète de cet ordre des Lémuriens se placent les Indri^inés qui, à l'état adulte, n'ont à la mâchoire que quai n dents incisifornies, cinq paires de molaires et point de canines, et dont les mains postérieures sont munies d'un pouce énormeet de doigts peu mobiles. Admirablement conformées pour saisir une bianche avec force, ces mains n'offrent à l'animal que des points d'appui très incertains dans la locomotion terrestre. Dans cette tribu des Indrisinés rentrent VAvnhis lanigère ou Moki à bourse de Sonnerai, l'J/idris ù courte giieiie et les Propithéques, tous propres b la grande ile de .Madagascar. C'est li aussi que vivent les Hapaleniurs, les Upilémurs et les ilakis ou Lémuriens proprement dits, dont on connaît plusieurs espèces et qui constituent la tribu des Lémurinés. En revanche les Nycticèbes, qu'on appelle vulgairement les Lnis paresseux à cause de l'extrême lenteur de leurs mouvements, les Pé'odictiques ou l'otlos. et les Arctocel'BS, sont étrangers à Madagascar et habitent soit le Bengale, la Birmanie, les lies de la Sonde et les Moluqucs, soit la côte occidentale d'Afrique. Ce sont des animaux de petite taille, à la tête globuleuse, aux yeux très développés, ce qui dénote immédiatement des habitudes nocturnes. Plus petits encore sont les Galayos. qui se trouvent dans l'ouest, le sud et l'est de l'Afrique, et les Chirogales, qui sont confinés à Madagascar, et qui ont à peu près la taille d'un rat ou d'un écureuil.

Enfin dans l'ordre des Lémuriens doivent encore être rangés deux animaux extrêmement remarquables par la singularité de leurs formes extérieures et les particularités de leur structure anatomique. L'un de ces animaux est le Tarsier spedi'e, l'autre est VAye-Aye. Le Tarsier a les deux os de la jambe, le péroné et le tibia, soudés l'un à l'autre, le tarse démesurément allongé, le deuxième et le troisième orteils plus courts que les autres doigts et termines chacun par un ongle en forme de griffe. La tête de ce petit animal, dont la taille est inférieure èi celle a'un écureuil,

est amincie en avant, éclairée par des yeux largement ouverts et surmontée de grandes oreilles ; le corps est assez svelte, couvert de poils fauves, la queue très longue et très grêle, finissant en houppp. Essentiellement noctambule, le Tarsier se nourrit d'insectes qu il capture avec beaucoup d'adresse. Il se trouve à Java, à Sumatra, à Bornéo, à Célèbes, aux Philippines, etc.

Quant à l'Aye-Aye, qu'on désigne scientifiquement sous le nom de C/nromys, il est de la grosseur dun Maki ordinaire, mais parait plus robuste à cause de la longueur et de la rudesse de son pelage et du volume de sa queue relevée en panache. Sa tête est arrondie, surmontée de larges oreille-:, et animée par de grands yeux, et ses extrémités antérieures présentent une conformation tout à fait anormale, le pouce n'étant pas opposable aux autres doigts et portant comme ceux-ci une véritable griffe, le doigt médian étant comme desséché, le quatrième doigt un peu moins grêle mais encore plus long que le précédent, et le cinquième doigt relativement très développé. L'Aye-Aye habite les grandes forêts de la côte snd-est de Madagascar et doit se nourrir principalement du suc mucilagineux de certaines plantes, de miel, d'œufs, et peut-être aussi de larves d'insectes. Tout récemment, le Muséum d'histoire naturelle a reçu de M. Humblot plusieurs individus vivants de cette espèce étrange, découverte il y a un siècle environ par le célèbre naturaliste Sonnerat. [K- Oustalet.J

SIPHON. — Physique, XIII. — Le siphon est un tube recourbé, à deux branches ordinairement inégales, employé à transvaser les liquides. Quand le tube est d'abord rempli, que sa plus courte branche plonge dans le liquide à transvaser et que l'on débouche la grande, l'écoulement a lieu d'une manière continue. Si on se contente de le remplir d'eau et de le tenir verticalement en bouchant la grande branche avrc le doigt, sitôt que cette branche sera ouverte, tout le Iniuide du tube s'écoulera comme poussé de la petite branche vers la grande. . , . j. ,.x

C'est à la pression atmosphérique qu est du 1 écoulement. Cette pression est capable de soulever l'eau à 10 mètres dans un tube vide à la partie supérieure. Si l'on suppose une cloison au point e plus élevé du siphon, i. la coudure du tube, a colonne comprise entre celte cloison et 1 extrémité de la petite branche sera non seulement soutenue mais pressée contre la cloison avec une force représentée par une colonne d'eau dont la hauteur sera la différence entre 10 mètres et la hauteur verticale de la petite branche. Il en sera de même de la colonne contenue dans la grande branche i lexlrémité inférieure de laquelle s exerce aussi la pression de l'air. Si donc la cloison est mobile ou si à sa pla. e est une tranche liquide, celle-ci, sollicitée par deux forces, se trouvera poussée par la plus grande. Pour préciser l'explication, admettons que la petite branche ait 1 mètre de long, la grande 3 mètres, la force agissante de la petite branche vers la grande sera le poids d une colonne d'eau ayant pour surface la section du tube et pour hiuteur verticale 10»,33--1 ou 9°'.33 la force agissant de la grande branche vers la pet te n'aura pour valeur que 10,33-3 ou -"^^SS. Entre ces deux poussées inégales e ''q"'de ,?"/'P^?" ne peut rester en repos ; il s'écoule par 1 extrémité de la grande branche. .

Pour qu'un liquide chemine à travers un siphon, il faut donc deux conditions : 1" le siphon doit être rempli du liquide, ou, cotnme «"^it ordinairement, amorcé; 2° l'oriHco de sortie doit être plus bas que le niveau du liquide à transvaser. Cela suffit dans la plupart des cas; cependant lorsnue le tube du siphon a une secuon un peu considérable, il faut aussi immerger 1 orihce de la

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