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ïltZZ 1 '^■"erbach et dos Froben de Bâle éditeurs des œuvres d'Erasme. Los beaux-ar s favorises par les richesses et le luxe, Sage de ■
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Grandson et des guerres mercenaires, suivirent le progrè» des sciences et des lettres. Le xv« siècle vit s élever une foule de monuments, églises hôtels de villes, statues, fontaines et odinces publics et privés de tout genre.
La peinture, cultivée à Bâle, à Berne, à Lucerne à Fribourg. avait pour représentant le plus illu.stie llans Holbein de Bàle, le chef de I école allemande.
Au xvi^ siècle les études classiques furent favorisées par Zwingli et Calvin, qui exercèrent, l'un comme l'autre, une grande inlluence sur le développement de leur langoe. De nombreux chroniqueurs, entre autres Bullinger et Tschudi exposaient l'histoire, la géographie et la constitution du pays. Le naturaliste Conrad Gessner, de Zurich le Pline de l'Allemagne, jouissait d'une réputation universelle. L'art le plus noi-issant du siècle, avec I orfèvrerie et la céramique, fut la peinture sur verre, dans laquelle les artistes suisses s'étaient rendus fameux bien au delà de leurs frontières Le xviic et lo wm' siècles produisirent toute une pléiade de Suisses illustres dans les lettres et dans les sciences : les frères Bernouilli do Bâle inventeurs du calcul différentiel et intégral et leur disciple Léonard Eulcr- qui, le premier, 'réduisit en corps de science I architecture navale et la manœuvre dos vaisseaux ; Albert de Haller poète et naturaliste, que son siècle appelait lé grand Halleri les deux critiques zuricois Bodmer et lireitinger, et leurs compatriotes Salomon Gessner. le poète idyllique, Lavater, le créateur de la physiognonoinie, Pestalozzi, le père de l'enfance malheureuse et de l'éducation populaire. Parmi les historiens, il faut citer Jean de Muller, auteur d'une histoire universelle et d'une histoire suisse. La Suisse romande, où naquit J.-J. Rousseau, où l'Anglais Gibbon écrivit son immortel ouvrage sur la décadence de l'empire romain, où Diderot et d'Alembert faisaient imprimer leur Encyclopédie, fournissait aussi plusieurs hommes remarquables : le Neucliâielois Vattel, l'auteur du Droit des gens ; Necker, ministre des finances de Louis XVI, le père de M^^ de Stacl • Clavière et Etienne Dumont, les collaborateurs de Mirabeau; les savants Charles Bonnet et Horace de Saussure, qui le premier fit l'ascension du mont Blanc.
Au xix= siècle, on peut citer les noms des historiens Sismondi et Zscliokke, des romanciers Bitzius (Jeremias Gotthell) et Tœppfer, du littérateur Viiiet, du baron de Jomiiii, écrivain militaire distingué, des peintres Lénpold Robert et Calante, des statuaires Pradier et Vêla, du musicien Niedermeyer, du grand botaniste de CandoUe, etdu naturaliste Agassiz, mori en Amérique. [Eugène Borel. 1 SUPERLATIF. — V. Degré ,1e comparaison.
SUI'KIISTITIONS. — Connaissances usuelles, X. — Le mot superstition (de radicaux latios dont le sens est se tenir au-dessus-, /iroiéf/er; d'où l'idée de crainte des dieux, du respect de leur protection, pt;ise en mauvaise part) est ainsi défini par l'Académie : La superstition est une o fausse idée que l'on a de certaines pratiques de religion auxquelles on s'attache avec trop de crainte oti trop du confiince » ; il se dit aussi « des pratiques superstitieuses », et encore « du vain présage qu'on tire de certains accidents qui sont purement fortuits. »
La superstition, d'après ces définitions, tient de très près à la religion; elle est à la religion comme l'a dit Voltaire, n ce que l'astrologie est k l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage. » Elle naît, en effet, comme la religion, de ce sentiment de l'au d-la, de cette préocc°upation de nos destinées soit antérieures, soit ultiirieures à la vie présente, des liens qui unissent notre
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individu tant à l'ensemble des êtres qu'à leurs causes dernières et suprêmes, qui constitue sans contredit un des éléments de la nature humaine. Mais au lieu de s'adresser, pour savoir ce qu'il est possible de savoir sur ces grands mystères, soit h la raison et à l'expérience, soit à l'ensemble des dogmes reconnus par les églises, c'est aux fantaisies de l'imagination que la superstition demande ses révélations, quand sa croyance ne •'appuie pas sur des traditions que les générations se transmettent, plus ou moins déformées et défigurées, à travers les âges. La religion, représentée par les églises orthodoxes et par leurs apologistes les plus autorisés, s'est toujours défendue de la superstition. L'Église catholique, par exemple, peut montrer un grand nombre de canons de ses conciles anatliématisant les croyances et les pratiques qu'elle reconnaît comme superstitieuses. II y a de curieux écrits émanant des évêques, qui montrent qu'en plein moyen âge, c'est-à-dire en pleine floraison des idées superstitieuses, l'Eglise réprouvait ces aberrations, où elle ne pouvait voir, fort justement d'ailleurs, que des restes encore vivants du paganisme populaire. C'est ainsi que M. Chéruel, dans son Dictionnaire liislorique des institutions, mœurs et coutumes de la Frarn-e, cite un passage très sensé contre les superstitions, extrait d'une vie de saint Éloi, écrite au vu' siècle par saint Ouen, archevêque de Rouen : <i Je vous conjure, dit le saint aux fidèles, de fuir les usages sacrilèges des païens. ,\e consultez ni les devins, ni les sorciers, ni les magiciens, ni les enchanteurs ; ne les interrogez jamais, ni dans vos maladies, ni dans aucune circonstance Celui qui commet ce péché perd aussitôt la grâce du baptême. N'observez ni les augures ni les éternuments ; ne vous arrêtez pas pour écouter le chant des oiseaux ; mais, soit que vous entrepreniez un voyage ou toute autre chose, signez-vous au nom du Christ; récitez, avec fol et dévotion, le symbole et l'oraison donilnlcalej et rien ne pourra vous nuire. Que nul chrétien ne remarque le jour où il sort ni celui où il rentre ; car Dieu a fait tous les jours égaux. Que personne ne fasse attention au jour ou à la lune pour commencer une entreprise. 11 est interdit de se livrer, aux calendes de janvier fl" janvier), h des pratiques ridicules et criminelles, de prolonger les festiiis pendant la nuit et de boire avec excès ; fuyez, à îa fêle de sahu Jean et des antres saints, les danses, les sortilèges et les cérémonies diaboliques. Que personne n'invoque les démons, Neptune, Diane, Minerve, ou les génies. Évitez les temples, les pierres, les sources ou les arbres coiisacrés aux démons. N'allumez pas de lampes dans les carrefours; n'y faites pas de vœux. Que personne ne suspende des amulettes au cou des hommes ou des animaux ; lors même que les clercs les béniraient, évitez ces objets, qui ne sont pas un remède du Chiist, mais un poison du diable. Ne faites ni lustrations ni enchantements; ne faites point passer vos troupeaux par un arbre creux ou par une fosse ; ce serait, en quelque sorte, les consacrer au démon. Qu'aucune femme ne suspende à son cou des sachets d'ambre ; qu'elle n'Invoque point Minerve avant de travailler la toile, mais qu'elle implore la grâce du Christ, et qu'elle se confie de tout son cœur en la vertu de son nom. SI la lune vient à s'obscurcir, ne poussez point de cris; c'est par la volonté de Dieu qu'elle subit des éclipses à certaines époques. Que personne ne craigne d'entreprendre un travail à la nouvelle lune; Dieu a fait la lune pour marquer les temps, pour éclairer l'obscurité des nuits, et non pour mettre obstacle aux travaux ou pour frapper l'homme, ainsi que le pensent les insensés, qui regardent comme tourmentés par la lune ceux qu'agite le démon. » Au point de
vue scientifique moderne, il y aurait encore bien à reprendre dans ces paroles du pieux archevêque; mais il n'en défend pas moins le bon sens, au nom de la religion elle-même, et sa doctrine ne dilTère pas de celle de Pascal, lorsqu'au xvii' siècle 11 écrivait dans ses Pensées : « La piété est différente de la superstition; soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire. » Mais il est des époques où, par suite de raisons et de circonstances qui ne rentrent pas dans notre sujet, l'opinion de Pascal ne semble pas partagée, au moins en fait, par la masse des pratiquants, et où l'on dotme trop de raison à cette singulière doctrine que formulait Joseph de Maistre en disant : " Je crois que la superstition est un ouvrage avancé de la religion, qu'il ne faut pas détruire, car il n'est pas bon qu'on puisse sans obstacle venir jusqu'au pied du mur, en mesurer la hauteur et planter les échelles. »
Quoi qu'on puisse penser de ces théories, que notre époque contemporaine ne voit que trop souvent mettre en pratique, on peut remarquer qu'historiquement elles sont à tout le moins nouvelles, l'Église voyant dans les superstitions, qu'elle-même ne patronnait pas, une atteinte à son autorité, et, au temps où le bras séculier se faisait l'exécuteur de ses liautes œuvres, confondant traditionnellement les superstitieux avec ses pires ennemis et les condamnant comme les hérétiques. Pendant de longs siècles, on a questionné, emprisonné et biûlé les sorciers ou prétendus tels, par centaines quelquefois ; il y a des procès de sorciers qui sont restés célèbres, ceux de Gauifrédy, par exemple, et d'Urbain Grandier, au xvii"' siècle; en 1750, le jésuite Girard faillit encore être brùié vif par arrêt du parlement de Provence pour avoir ensorcelé, disait-on, la belle La Cadière, sa pénitente ; et, cette même année, à Wurtzbourg, on brûla en grande cérémonie une religieuse de famille noble, pour avoir, de son propre aveu, pratic|ué diverses sorcelleries à l'effet de donner la mort à plusieurs personnes, lesquelles, d'ailleurs, avaient résisté à la puissance de son art. On ne brûle plus aujourd'hui les sorciers, ni autres prùneurs de superstition ; l'article 479 du Code pénal se contenta d'infliger une amende légère aux gens qui font métier de deviner, de pronostiquer ou d'expliquer les songes; encore est-il rare qu'on inflige ces peines, sauf dans le cas d'escroquerie.
La sorcellerie et les autres superstitions sont rentrées dans le domaine de la science ; elle en explique l'origine et, ce qui est plus dilficile, elleessaie d'en préserver ou d en guérir les gens. C'est une tâche qui peut et qui doit souvent revenir aux instituteurs; nous y insisterons particulièrement à ce point de vue.
L'article Légendes de ce Dictionnaire montre comment les croyances superstitieuses naissent, prennent corps, se transmettent, remontant bien souvent à une haute antiquité, ayant quelquefois traversé, satis s'y perdre, l'orthodoxie de plusieurs cultes, sans cesse vivifiées et renouvelées par l'Imagination populaire. A ce titre, comme le remarque l'auteur de l'article, elles sont extrêmement curieuses pour l'histoire; elles sont aussi extrêmement Intéressantes pour le poète ; étranges parfois jusqu'à la bizarrerie, parfois aussi charmantes ou terribles sous leur forme spontanée, elles ont servi de fond aux plus beaux chefs-d'œuvre littéraires, ne fût-ce que Fuust ou Don Juan. Elles n'en sont pas moins dangereuses pour ceux qui y volent la seule chose qu'elles ne puissent avoir, c'est-à-dire une véiitablc réalité. Superstition vient d'ignorance, et toute ignorance est mauvaise. C'est faute de connaître les faits que le superstitieux en explique surnaturellement lescirconstances et les causes. 11 ne faut pas que