SYNONYMES
formation dn caillots solides qui s'opposent ensuite à la sortie du liquide. Les noyés qui sont tombés en syncope par frayeur ou par l'action subite du froid revicniieni bien plus facilement à la vie après une immersion prolongée, que ceux chez qui la circulation a continué pendant quelque temps. Le sang ne s'étant pas trouvé vicié excite bien plus efficacement le cerveau et les organes respiratoin's dès que l'on réchauffe le noyé et que l'on établit la respiration artificielle.
Les causes les plus fréquentes de la syncope sont : les maladies du cœur, l'anémie, les pertes de sang, les afl'ections pulmonaires qui entravent la respiration ; la fatigue excessive, l'indigestion, la douleur vive, les violentes émotions.
Chez les sujets prédisposés, les causes les plus insignifiantes suffisent pour produire l'accident. On a vu des personnes tomber en syncope à la vue d'une souris, d'une araignée, d'un crapaud, d'un serpent, d'une plaie; en respirant une odeur désagréable ; en entendant une détonation inattendue, etc., etc. L'impression brusque du froid ou de la chaleur, la viciation de l'air dans les salles de réunion, la faim, les chagrins, une joie soudaine, etc., sont autant de causes de syncope pour les personnes affaiblies par la vie urbaine et par le manque d'exercice régulier au grand air. ■Tout ce qui produit l'anémie prédispose à la syncope. Or toute infraction prolongée des lois de riiygiène amène fatalement l'anémie avec son cortège de maladies et d'accidents contre lesquels on emploie en vain le fer, le quinquina et les drogues annoncées par la réclame. L'exercice régulier au grand air, au soleil, le travail manuel, les repas et le sommeil à heures fixes, l'absence de surexcitations sensuelles, tels sont les remèdes préventifs de l'anémie et des syncopes.
Dans la faiblesse et dans la syncope les soins à donner sont les mômes : enlever tout ce qui peut comprimer le corps et gêner la circulation ; placer le sujet dans la position horizoniale, avec la tète un peu plus basse que le corps afin d'y faire affluer le sang. Cette simple précaution suffit souvent pour faire cesser l'accident. Kn tout cas on procède à des frictions sèches sur les tempes, la poitrine, le long de la colonne vertébrale, puis sur les membres que l'on élève un peu alternativement pour faire refluer le sang vers le cœur. La projection d'eau Iroide sur le visage et la poitrine est utile à la condition d'essuyer rapidement et de frictionner les parties chaque fois qu'elles ont été mouillées. En môme temps, on fait respirer du vinaigre, de l'eau de Cologne ou de la plume brûlée. Enfin, on peut recourir à un lavement d'eau salée avec un peu de vinaigre.
Dès que le malade revient i lui il faut, sans lui permettre de se lever, lui faire prendre une boisson aromatique chaude avec un peu de cognac, ou du vin chaud sucré.
La syncope est assez fréquemment causée par l'imitation et peut dès lors devenir épidémique dans un certain milieu, comme une école, une église, etc. Cette syncope crnivulsive diffère peu de celle dont nous venons de parler. Elle est ordinairement précédée de malaise, d'étourdissements, de vertige. La perte de connaissance est accompagnée d'étoulfement et de spasme de la gorge. L'attaque, qui peut se renouveler plusieurs fois par jour, se termine par quelques instants de stupeur ou de sommeil. Quelquefois la perte de connaissance n'est pas complète et le malade, incapable d'agir, entend ce qui se passe autour de lui.
A Paris et dans d'autres grandes villes, on observe assez fréquemment cette variété de syncope, surtout chez les jeunes filles de dix à quinze ans plus ou moins anémiques. L'attaque de l'une d'elles entraine d'ordinaire celle de dix à quinze autres
quand elles se trouvent réunies dans un local peu ventilé, et spécialement pendant les exercices religieux.
L'enfant sujet à ces attaques doit être isolé pendant quelque temps, soumis à uii bon régime hygiénique, auquel on fera bien de joindre, pour l'effet moral, une potion anodine dont on lui fera attendre une sûre guérison. Quant à l'imitation involonlaire, les moyens moraux ont toujours une grande influence pour la prévenir. Aussi, tout en recourant aux mesures hygiéniques convenables, ventilation, absence de fatigue corporelle et decontention d'esprit, on fera bien d'user d'intimidation et de menacer d'une punition sévère les sujets qui n'auraient pas la force de caractère suffisante pour résister à l'impression nerveuse. Il faudrait, toutefois, expliquer que la volonté suffit pour empêcher ces accidents par imitation et que la punition ne s'adresse qu'à l'apathie qui empêche de réagir. Cela demande par conséquent du tact, de la fermeté et en même temps beaucoup d'indulgence. (D' Saffray.]
SYNONYMES. — Grammaire, XXII. — Synonyme vient de deux mots grecs, sxjn, avec, et Oiiyma, nom, c'est-i-dire mot qui sert à nommer avec d'autres, qui a la même signification qu'un autre. D'après l'élymologie, il semblerait qu'on ne peut qualifier de synonymes que les mots qui ont absolument le môme sens ; mais il n'y a de synonymes parfaits dans aucune langue, et les rapports de, signification qui les unissent sont bien souvent plus apparents que réels.
On appelle donc synonymes des mots dont le sens a de grands rapports, avec des différences légères, quoique réelles.
Il ne faut pas confondre les synonymes avec les Iwtnonymes * ; ces derniers, semblables pour la forme ou pour le son, diffèrent par le sens ; les premiers, différant pour la forme, ont une grande ressemblance de sens.
On divise ordinairement les synonymes en deux classes :
1» Ceux qui ont des racines identiques.
2° Ceux qui ont des racines différentes.
1° Ceux qui ont des racines identiques ont nécessairement un fond commun de signification ; mais les préfixes et les suffixes, ou quelque autre circonstance grammaticale, établissent entre eux des nuances qu'il est facile de distinguer. Ainsi abuser et mésuser sont synonymes ; mais l'un veut dire user d'une chose avec excès, l'autre en faire un mauvais usage ; différence marquée par les préfixes ab et mes.
Délicieux et délectable sont synonymes ; mais l'un veut dire plein de délices, l'autre qni en peut causer; différence marquée par les suffixes eux et able.
Souvent le même nom ajoute une acception de plus à son sens primitif, grâce à un changement de nombre : la dignité, les dignités ; la boulé, les bontés; ou à un simple déplacement de l'adjectif : un homme brave, un brave homme ; un homme honnête, un honnête homme, etc.
Enfin une foule de verbes présentent de légères différences de sens selon qu'ils sont employés avec la préposition à ou la préposition de. Exemple : commencer à, commencer de ; forcer à, forcer de, etc.
2» Les synonymes qui ont des racines différentes sont naturellement ceux qui présentent les différences de sens les plus tranchées, llaine, aversion, anlipalbie, répugnance sont quatre termes qui renferment l'idée d'un mouvement de l'âme contre ce qui l'affecte désagréablement. Mais la haine est le terme le plus fort; c'est un sentiment qui nous porte non seulement à repousser celui qui en est l'objet, mais encore à lui désirer ou à. lui faire du mal ; Vaversion fait qu'on
SYNTAXE
SYNTAXE
évite les gens, qu'on s'en détourne (arertere, détourner) ; Vaiitif.alhie fait qu'on ne les trouve pas aimables ; la réj'Ugnance empêche qu'on ne fasse les choses de bonne grâce.
Alialtie, démolir, renverser, ruiner, détruire sont sjnonynies, mais, en remontant à leur signification primitive, on voit que chacun de ces mots ajoute une idée paniculière à l'idée générale de luire tomber. Ainsi abidlre, c'est jeter à bas; liéntolir, c'en jeter à bas un' constriictinn ; renverse , c'est maître à l'envers ou sur le côté ; rui"er, c'est faire tomber par morcenux; détruire, c'est faire (lis)tarailre ce qui avait élé agencé, construit. On voit par cette courte élude qu'il n'y a pas à vrai dire de synonymes, car il n'y a jamais identité de signification entre les mois réputés tels. Ils ont entre eux le même rapport que les variétés d'une même couleur. Au premier coup d'œil et à distance, ils semblent tous se confondre, tant sont légères les nuances qui les séparent; mais, en y regardant de près, on aperçoit bien vite quelques traits qui permettent de les disiinguer.
L'étiidfi dos synonymes ne saurait être trop recommandée dans nos écoles. Nous avons vu que pour reconnaître les légères différences qui les distinguent, il fallait remonter à l'origine des mots, e.\aminor la racine, apprécier la valeur des préfixes et des suffixes, passer du sens propre au sens figuré, et réciproquement. Cet exercice ne fera-t-il pas mieux connaître la valeur des mots que le dictionnaire auquel la nécessité seule fait recourir ?
L'influence de cette étude est aussi très grande sur le style; elle nous révèle, pour exprimer nos pensées, di-s moyens dont nous ignorions la valeur; elle nous rend plus délicats sur le choix des termes et augmente la clarté du discours en écartant les à-peu-près, en les remplaçant par des mois propres et précis.
Auteurs à consulter : Girard, Dictionnaire des synanym'-s ; Guizot, l/'Cioiiiiaire des synonymes ; et surtout B. Lafjye, Dictionnaire des synonymjs.
[J. Dussouchet.]
SYNTAXE. — Grammaire, XXlll. — Syntaxe vient du mot gvec syntaxis, qui veut dire arrangement; c'est cette partie de la grammaire qui étudie la manière d'arranger, d'assembler les mots en phrases.
Phrase vient du mot grec phrasis, expression d'une pensée.
Nous ne pouvons exprimer une pensée ou énoncer un jugement sans faire ce qu'on appelle une proposuiûii. Quand nous disons : Dieu est tout-puissant ; l'eiifant aime ses p'irmts, chacune de ces phrases forme une pri'position.
La proposition peut être simple, comme dans DifU aime tes homtnes, ou composéi-, comme dans Dieu, qui est clément, aime les h.ommes. Celte dernière proposition est dite composée, parce qu'à la proposition principale (Dieu aime les homm-'S) vient s'ajouter une proposition secondaire (qui est clément).
La syntaxe se divise donc en deux parties : la première apprend à assembler deux ou plusieurs mots pour en former une proposition simple; la seconde à assembler deux ou plusieurs propositions simples pour en former une proposition composée.
Ces deux parties de la syntaxe sont appelées, la première, syntaxe des muls ; la seconde, si/7itaxe des propositio is.
1° SYNTAXE DES MOTS- — Nous avons dit qu'on ne peut exprimer une pensée sans faire ce qu'on appelle une proposition. Toute proposition renferme trois termes : le sujet, le verbe, Vattribut Quand nous disons, par exemple, l'homme est bon, nous attribuons b. l'êlre appelé h :mme la
qualité de bon; nous affirmons que l'homme possède cette qualité. Le mot bon, qui désigne la qualité que nous attribuons à l'homme, est dit pour celte raison attribut; le mot est, qui nous sert à affirmer que cette qualité de bun existe dans l'homme, est dit verbe; enfin l'homme, dont nous avons affirmé qu'il possédait la qualité marquée par l'attribut, est appelé sujet.
Ainsi le sujet de la proposition est ce dont on affirme quelque chose; le verbe est le mot qui marqup cette aftirmation, et l'attribut est ce que l'on affirme exister dans le sujet.
Dans toute proposition, le verbe et l'attribut s'accordent avec le sujet, c'est-à-dire qu'ils prennent le nombre, le geni'e ou la personne du sujet auquel ils se rapportent. Quand nous disons : l'eau est chaude, le verbe est à la troisième personne du singulier et l'adjectifau féminin du même nombre, parce que les deux mots est et chaude se rapportent à un même sujet, l'eau, qui est du genre féminin et du singulier.
Si l'on compare la proposition à une petite troupe de soldats, on peut dire que le sujet en est le chef, et que le verbe et l'atlribut reconnaissent son autorité et portent un costume à ses couleurs. Nous devons donc commencer la syntaxe par l'étude des règles suivant lesquelles a lieu cet a'iord des différents mots entre eux, quand on veut les réunir pour en former une proiosition.
Quand nous disons l'eau est chaude, le mot eau n'indique encore qu'une idée très vague : nous savons que ce qui est chaud, c'est l'eau, non l'air ou la terre, mais nous ne savons pas si c'est l'eau du lac, par exemple, ou l'eau de la carafe. Si, pour rendre plus précise cette idée, nous disons : l'emi de lu baignai' e est ch'iide, le mot baignoire, qui \'\en\, compléter, éclaircir le moieail auquel il se rapporte, est dit pour celte raison son complément. Pour exprimer une idée à l'aide de mots réunis en proposiiion, il faut donc savoir comment on peut rendre cette idée plus ou moins nette en ajoutant à la proposition un ou plusieurs compléments qni l'éclaircissejit ou la précisent.
La syntaxe des mots a donc pour double but de fixer pour chacune des dix parties du discours toutes les règles qui concernent l'accord ou le com/ilémetit.
Nous allons passer en revue les dix parties du discours, en donnant pour chacune d'elles les règles les plus importantes.
1. Nom ou substantif. — 1° Accord. — Quand deux &ub>taniir3 désignent la même personne ou la njème chose, le second s accorde avec le premier en genre et en nombre : La reine-mère. Les >oldars Inbournirs. Turenne est u7i hn-os. Jeanne n'Arij est une liéroine.
2° CoMPLÉME.NT. — Il faut Soigneusement distinguer le cas où le nom et son complén)ent sont unis par l'article .du. de la, des) de celui où ils le soiit par la préposition de: un jin/ais de roi et /f patiiis i)v roi n'expriment point la même idée : la première expression est générale et désigne un palais qui e^l d'aspect vraiment rcyal (cette maison eit un V!-ui palais de toî) ; la seconde phrase au contraire est très précise et détermine à qui appariimt le paln'is (cette maison est le palais do roi).
Lorsque deux noms exigent après eux la même préposition, ils peuvent avoir le même complément, lix. : Son ardeur et son applicidion au travail (parce que ar'ieur et application demandent également la préposition à).
Mais on ne dira pas : Son d'vraiement et son obéissance pouk S'ii mnitre. Il faut donner à chaque mot le complément qui lui convient et dire : Son ilévovement POl'H son muilre et son obdissance envers lui.
SYNTAXE
SYNTAXE
L'emploi d'un iinm au siiiguliiir ou au pluripl après uiiB prcposiuon dopend uni(|uement de la pensée. Il faut donc examiner si le complément du substantif renferme oui ou non l'idén du pluriel. Ainsi l'on dira : marchand de lait (qui vend du lait], mais marchand de pommas (qui vend des poiiim'-sj; — un fruit i 7101/au (qui a tm noyau), mais un fruit h pCfins (qui a despé/ins) ; — un peintre rempli do talent (qui a uti yrand talent), mais une jeune fille remplie de talents (qui possède plusieurs t'ileJits d'agrément, etc.).
II. Article. — Nous avons vu que l'article défini se place devant les noms communs pris dans un sens déterminé. Ex. : « Le chant du rossignol est beau. »
Mais on ne met pas d'article devant les noms pris dans un sens indéterminé. Ex. : Une table de marbre, un homme sa7ts talent, une page d'histoire.
Quand l'article se rapporte à. deux noms au singulier, il doit être répété devant chacun d'eux : ie père et la mère. Cependant il ne se répète pas dans quelques locutions telles que: les arts et métiers, les ponis et chaussées, etc.
Quand plusieurs adjectifs unis par et se rapportent à un seul et même nom, il faut répéter l'article, si les adjectifs servent à qualifier des personnes ou des choses différentes : « /'histoire ancienne et la moderne, a non « ^histoire ancienne et moderne. »
Mais l'on dira correctement : u le brave et illustre Turenne, » pjrce que les deux adjectifs qualifient la même personne.
Du, de la, rfe» s'emploient avant les noms pris dans un sens partitif, c'est à-dire désignant une partie d'un tout : « Donnez-cuoi du pain. J'ai mangé des pommes. »
Quand le nom est précédé d'un adjectif, l'article se remplace par la préposiiiun île: n Je majjge de bon pain. » Excepté quand l'adjectif forme avec le substajuif une sorte de nom composé: des jeunes gens, des bons mois, etc.
Quand l'adjectif suit le nom, l'article persiste. Ex. : « Je mange du pain excellent. »
Devant les adverbes p'us, moini et mieux, on emploie te, la. les, quand il y a comparaison. Ex. : « La rose est a plus belle des fleurs. — Les gazelles sont tes plus agiles des quadrupèdes, u
Mais le reste invariable, lorsqu'on veut exprimer une qualiié portée au plus haut degré, sans aucune idée de comparaison : « C tte rivière n'a pas débordé, même quand elle a été le plus haute. »
Le est encore invariable devant; plw), minux, mo!«s, lorsque ces mots sont suivis d'un autre adverbe ou employés seuls: m C'est elle qui a répondu le plus adroitement. C'est la rose que j'aime le mieur. »
III. Adjectif — Nous avons vu que l'adjectif qui se rapporte à deux ou plusieurs noms de différents genres se met au masculin pluriel ; cette règle souffre quelques exceptions.
1° Après deux noms séparés par la conjonction ou, l'adjectif s'accorde avec le dernier nom quand il ne qualifie réellement que ce dernier. Ex. : u Les colonnes se construisent en bois ou en pierre très dure. >;
2° Quand deux ou plusieurs noms marquent une gradation et qu'on veut spécialement fixer l'attention sur le dernier, un doinie à l'adjectif le genre et le nombre de ce dernier nom . « i:ondé montra à Rocioy un courage, un sang-froid, une audace etojiiioide. u
Lorsqu'un adjectif est composé de deux adjectifs (ou d un ailjeciif et d'un participe) réunis par un trait d'union, les deux parties s'accordent avec le nom : des poires ai'/res-douces.
Il faut excepter mort, qui reste toujours inva-
riable dans les adjectifs composés : une brebis ï)(oc<-née.
Mais si le premier de ces adjectifs est employé adverbialement, il ne varie point, étant dès lors un véritable adverbe : « L'herbe est très clairsemée (c'est-à-dire très clairement semée) ; ces personnages étaient court-yèiw» (c'est-à-dire courtement vêtus) ; une fille nouveau-i\às (c'est-à-dire nourellement née). »
Les adjectifs employés adverbialement no peuvent point s'accorder avec le nom: « Elles chantent juste; cette fleur sent bon, n etc.
lÎEMAllQUES suit L'ACCOnO DE Ql ELQUES ADJKCTIFS.
— L'adjectif nu, dans les locutions telles que : nu-pieds, ?i!;-tête, etc., est invariable et s'unit au nom par un trait d'union. Dans tout autre cas il s'accorde avec lui en genre et en nombre: Les pieds nus ; la tête nne ; la îzwe-propriété.
L'adjectif demi, placé devant le nnm, est invariable et s'unit avec lui par un trait d'union : Une rfemi-livre, une rfemi-heure. Placé après le nom, il s'accorde en genre, mais garde toujours le singulier: Une livre et demie; àeux heures et ilernie.
— Demi employé comme nom est du masculin : « Deux demis' valent un entier; .1 mais quand-ce mot signifie la muiiié de l'Iieure, il est du féminin: « Cette horloge sonne les demies. «
L'adjectif /■!?« (défunt), placé avant l'.irtide, est invariable : Feu la reine. l'Iacé après l'article ou un adjectif déterminatif, il s'accorde en genre et en nombre avec le nom : la feue reine ; votre feue mère.
Les deux participes ci-joint, ci-inclw! peuvent être considérés comme adjectifs : ils restent invariables :
1° Au commencement de la phrase : « Ci-joint la lettre de notre père ; ci-inclus les pièces du contrat. >i
T Au milieu de la phrase, quand le nom qui suit est employé sans article ou sans adjectif déterminatif: u Vous trouverez ci-jomt copie de sa lettre. »
Dans tout autre cas, il y a accord : « Les pièces ci jointes sont précieuses. Vous trouverez ci-jointe notre copie, d
Franc, dans franc de port, est invariable lorsqu'il précède le substantif: « Vous recevrez franc lie port la lettre que je vous envoie.» Placé après le substantif, il s'accorde: « Cette lettre est, franche lie part. »
Possible, précédé de le plus, le moins, le mii-iix, etc., forme une locution adverbiale et reste invariable : « 11 a rassemblé le plus de Vivras possible. »
Les substantifs employés accidentellement comme adjectifs pour désigner la couleur restent invariables : Des étoffes noisette ; des robes olive.
Deux adjectifs réunis pour désigner la couleur restent invariables : Des cheveux châtain clair, des yeux bleu foncé.
Adjectifs POSSESSIFS. — Les adjectifs possessifs se répètent devant tous les noms qu'ils déterminent : « i\lo7i repos, mon bonheur semblait être affermi. »
Les adjectifs possessifs mon, ton, son, etc., se remplacent par l'article quand il s'agit d'une chose inséparable de la personne, et quand le sons de la phrase indique clairement le possesseur. Ex. : « J'ai la jambe enflée, j'ai mal à la tête » {et non pas mil jambe, ma tête).
Mais il faut dire : « Il a perdu sa fortune, » parce que foriune n'exprime point une chose inséparable de la personne.
Quand le possesseur est indiqué par le pronom réfléchi .%«>, l'article est do rigueur à la place de l'adjectif posses-.if. Ainsi l'on peut dire également : « 11 arrache ses cheveux, » ou « Il s'arrache les cheveux. » La seconde forme est préférable.
Quand l'objet possédé appartient à une per-
SYNTAXE
SYNTAXE
sonne, et même à un être inanimé, on emploie son, sa, ses : « J'aime Henri, mais je connais ses défauts. » — Dans tous les autres cas, en emploie ordinairement en suivi de l'article défini : « Si je vous parle de ces fruits, c'est que j'en connais la saveur. »
Le nom de l'objet possédé précédé de leur se met tantôt au singulier, tantôt au pluriel, selon que le nom contient l'idée de singulier ou de pluriel. Exemple : n Ces deux jeunes gens ont perdu leur père >> (ils sont frères, autrement on écrirait leurs fiéres). « Les villageois sortent de leurs maisons ï [les ?iiaiso?is d'eux). « Mon père et ma mère sortent de leur maison « [h muUoii d'eux).
Adjectifs indéfinis. — Choque étant un adjectif et chacun étant un pronom, on ne doit point employer chaque sans le faire suivre d'un nom : « Chaque pays a ses usages. « Il ne faut donc pas dire : « Ces fruits valent un franc chaque, n mais ce un franc chacun. »
Même est adjectif ou adverbe. Il est adjectif et par conséquent variable, lorsqu'il se rapporte à un nom ou à un pronom : Les mêmes hommes, les hommes enx-thémes. — Même est adverbe et par conséquent invariable quand il modifie un verbe ou un adjectif : et Les mères aiment même les défauts de leurs enfants. Le citoyen doit obéir aux lois me'we injustes. » — Même est encore adverbe quand il est placé après plusieurs substantifs : « Les vieillards, les femmes, les enfants tnême furent égorgés. »
On distinguait autrefois même adjectif de même adverbe en mettant un s i ce dernier. Corneille a écrit :
Ici dispensez-moi du récit des blaspàrmes Qu'ils ODt vomis tous deux contre Jupiter mentes.
Quelque est adjectif ou adverbe. Il est adjectif et par conséquent variable quand il se rapporte à un nom : quelques hommes, quelques bonnes mères. — Quelque est adverbe et par conséquent invariable quand il moditie un adjectif, un participe ou un adverbe. Il a, dans ces cas, le sens de si : « Quelque puissants que soient vos ennemis ; quelque grands que vous soyez » (c'est-à-dire si puissants que,... si grands que...). — Quelque est encore adverbe, et par conséquent invariable, quand il est suivi d'un nom de nombre. Il a, dans ce cas, le sens d'environ, à peu prés : « J'ai rencontré quelque vingt personnes. Il vivait quelque cent ans avant J.-C. » (c'est-à-dire environ vingt personnes, à peu près cent ans). — H ne faut pas confondre quelque avec la locution quel que, qui s'écrit en deux mots et est toujours suivie d'un verbe au subjonctif:» Çue/ çîie soit votre bonheur ; quelles (yu'aient été vos infortunes. » Quel s'accorde, dans ce cas, avec le nom auquel il se rapporte.
Tout est adjectif ou adverbe. Il est adjectif et par conï-équent variable quand il se rapporte à un nom ou à un pronom : « Toute femme ; je les ai tous vus ; toute honnête personne. » — Tout est adverbe et par conséquent invariable quand il modifie un adjectif, un participe ou un adverbe. Il a, dans ce cas, le sens do quelque, tout à fuit : « Tout utile qu'elle est, la richesse ne fait pas lu bonheur u (C'est-à-dire quelque utile que, etc.). « Ces mères sont tout heureuses des succès do leurs fils )i (c'est-à-dire tout à fait heureuses). Cependant, devant un adjectif ou un participe commençant par une consonne ou une h aspirée, tout prend l'accord : « Elle est toute surprise ; elles éiaient toutes honteuses. » — Tout, suivi de l'adjectif autre, varie quand il se rapporte à un substantif exprimé ou sous-entendu : <t Demandezmoi toute «H^/'e chose ;^ouiea«(;'e eût été effrayée »
(c'est-à-dire toute chose autre toute femme
autre). Mais il reste invariable quand il se rap-
porte à l'adjectif auti-e et qu'il est précédé ou suivi de un, une : « Londres est tout autre chose que Paris » (c'est-à-dire une chose tout à fait autre), u Donnez-moi une tout autre réponse. Vous méritez tout une autre fortune. » Dans ces trois cas, tout signifie tout à fait, — Tout est encore invariable dans les locations; a Tout Rome, (oî(M ienne»; il y a ici accord par syllepse : « Tout le peuple de Rome. »
Complément de l'adjectif. — ■ Quand deux adjectifs veulent après eux la môme préposition, ils peuvent avoir le môme complément; ainsi l'on peut dire : « Ce fils est utile et cher à sa mère, » parce qu'on dit : être utile à quoiqu'un, être cher à quelqu'un. Mais on ne pourrait dire : « Ce fils est uttle et chéri de sa mère, » parce qu'on ne dit pas être utile de quelqu'un. Il faut dans ce cas développer la proposition et dire : « Ce fils est utile à sa mère et il en est chéri. »
IV. Pronom. — Pronoms personnels. — Quand le pronom remplace deux ou plusieurs noms de personnes grammaticalement différentes, il se met à la première personne, s'il y en a une, sinon il se met à la deuxième ; Vous, lui el moi, nous sommes fort âgés, toi et lui, r'ous êtes malheureux. »
OnsEUVATioNS SUR l'emploi de certains pronoms. — Quand le pronom le représente un nom, il s'accorde toujours avec ce nom : « Êtes-vous la malade? Je la suis. Êtes-vous les soldats qui ont battu l'ennemi? Nous les sommes. »
Le pronom le reste invariable quand il représente un adjectif ou un nom pris adjectivement. Ex. : « Êtes-vous malade? Je le suis. Êtes-vous reine? Je le suis. Êtes-vous mères? Nous le sommes. >> Dans ce dernier cas, le signifie cela : Êtes-vous malade? Je le suis (c'est-à-dire je suis cela, maladie).
L'explication de cette règle réside dans le sens du mot employé et peut se résumer de la manière suivante : quand le représente une qualité (comme mère), ou un état (comme malade), il est invariable : « Êtes-vous mère ? Je le suis ; » mais il est variable quand il représente la personne qui possède cet état ou cette qualité : « Êtes-vous la mère de cet enfant ? Je la suis. «
Lorsqu'on parle des animaux ou des choses, il faut se servir de préférence des pronoms en, y et non des pronoms de lui, d'elle, d'eux, à lui, à elle : Cet arbre est grand, on en ferait un màt. Cette chaise est cassée, j'y ferai remettre un pied (et non je lui ferai remettre un pied).
On appelle se, soi, pronom refléctii, parce qu'il rappelle toujours le sujet de la proposition. Soi s'emploie au lieu de lui, elle :
r Après un pronom indéfini [on, chacun, personne, etc.). Ex. : « On ne doit jamais parler de soi. Chacun vit pour soi. >■ .
2° Après un verbe impersonnel ou un infinitif. Ex. « : 11 faut penser à soi. Etre toujours content de soi est une sottise. »
3° Après un nom de chose au singulier : « Cette faute entraîne après soi des regrets. » Si le nom est au pluriel, on ne peut employer soi : « Ces fautes entraînent après elles des regrets » (et non entraînent après soi'i. . ,
Soi s'emploie même après un sujet détermine, lorsqu'on veut éviter une équivoque. Ex. : «L'avare qui a un fils prodigue n'amasse ni pour soi, ni pour lui. » (Le pronom lui répété rendrait le sens très obscur.)
Pronoms indéfinis. — Le pronom on est ordinairement du masculin singulier ; mais lorsqu il désigne une femme, l'adjectif qui s'y rapporte se met au féminin. Ex. : « A votre âge, ma fille, on est bien curieuse. »
Le pronom chacun veut après lui tantôt son, sa, ses, tantôt leur, leurs. C'/iacdîi s'emploie avoc son, sa, ses :
SYNTAXE
SYNTAXE
1" F^oi-squ'il est sujet du verbe. Ex. : « Cluicun •doit parler à son tour. »
2° Lorsqu'il est placé après le complément du ■verbe ou lorsqu'il n'y a point de complément. Ex. : « Remettez ces livres-là chw:un h sa place. ■Les animaux sont vêtus chacun selon ses besoins. » — Cliaciin s'emploie avec leur, leurs, quand il est placé avant lo complément direct. Ex. : Il Les abeilles bâtissent chacune leur cellule. Les langues ont chacune leurs bizarreries. Les juges ont donné chacun leur avis. <>
La locution l'un l'autre exprime la réciprocité et prend les deux genres et les deux nombres. Ex. : Il Ils s'aimaient les uns les autres. Elles se nuisent let unes aux autrt's. »
L'tm et l'autre n'expriment point la réciprocité, mais simplement l'idée de deux ou de plusieurs personnes, de deux ou de plusieurs cboses. 'Placés devant un nom, ils sont adjectifs et s'accordent avec le nom : « J'ai parcouru l'une et l'autre ïégion. 11
Tel employé comme pronom a le sens de celui. Ex. : Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera, u V. Verbe. — 1° Accord. — Tout verbe s'accorde en nombre et en personne avec son sujet : « Les liommes sont mortels. Les enfants sont ignorants. Le courage est une venu, n
Il en est de môme quand le sujet vient après : Il Alors parlent lesliirondelles. »
Quand le sujet est un nom collectif, le verbe se met au singulier si l'on adopte pour sujet le nom collectif, par exemple nuée, dans : « Une nuée de sauterelles obscurcit l'air, u II se met au contraire au pluriel si l'on adopte pour sujet le complément du nom collectif, par exemple barbare-/, dans : « Une nuée de barbares désolèrent le pays. »
Après la plupart, 1-' plus r/raiid nombre, une infinité de, etc., le verbe s'accurde toujours avec le Complément de ces collectifs, que ce complément soii exprimé ou sous-eniendu. Ex. : « La plupart des gens ne /b«< réflexion sur rien. La plupart écriwnt ce nom de telle manière. »
Après les adverbes de quantité beaucoup, peu, moins, assez, trop, etc., suivis d'un pluriel, le verbe ne s'accorde jamais avec l'adverbe, mais toujours avec le nom : « Beaucoup de persunnes ignorenl la gravité de cette affaire. Peu de gens supportent la coiuradiction. »
Plus d'un veut le verbe au singulier, bien que •ce mot éveille l'idée du pluriel. Ex. : « Plus d'un brave monlit la poussière. •
Le verbe se met au singulier après plusieurs sujets :
1° Lorsque les sujets forment une énumération ou une gradation : a Un regard, une parole, un serrement île main suffit pour relever le courage du mallienreux. »
2° Lorsque rénumération est résumée par un mot, tel que chacun, rien, tout, etc. Ex. : « Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre. 11
3° Lorsque Ikb sujets sont unis par comme, ainsi ■que, de même que, etc. Ex. : « La vérité, comme la lumière, est inaltérable. »
Le verbe se met ordinairement au pluriel après •deux sujets unis par ni ou par ou. Ex : « Ni lor ni la grandeur ne nous rendent heureux. Le courage ou le bonlieur ont pu faire des liéros. » Mais si l'idée qu'exprime le verbe ne peut être attribuée quà l'un des deux sujets, le verbe se met au singulier. Ex.: ■..Ni Pierre ni l'aulne sera premier dans cette composition. Cornuille ou liacine est 1 auteur de ces vers. »
Le verbe étr" précédé de ce [c'est, c'était, etc.) reste au singulier quand il e>t suivi d'un ou de plusieurs noms au singulier, ou bien d'un pronom <le la première ou de la seconde personne du plu-
riel : « C est la pluie ei le brouillard qui attristent l'Angleterre. C'est nous qui sommes les vrais coupable-». C'est vous qui auriez dû venir, u
Quand ces noms sont au pluriel, ou quand ces pronoms sont îi la troisième personne du pluriel, le verbe être se met au pluriel : « Ce sont les Romains qui ont conquis le monde. Ce sont eux qui ont construit ces aqueducs. »
Cependant le verbe cire, quoique suivi d'un pronom de la troisième personne du pluriel, se met au singulier : 1" Lorsqu'on veut éviter certaines formes désagréables, telles que sont-ce, seront-ce, furent-ce : ainsi l'on dira : n Sera-ce nos amis qui nous tireront d'affaire 'I • 2' Dans la lo cution si ce n'est : « .Si ce ?i'est eux, quels hom mes eussent osé l'entreprendre? »
Les verbes impersonnels (ou employés comme tels) restent invariables, lors même qu'ils sont suivis d'un nom au pluriel : « H tomba des milliers de grêlons ; il vint plusieurs personnes. » Les verbes impersonnels peuvent s'employer à la troisième persoime du pluriel dans un sens figuré : « Les traits pleuvent ; les canons tonnent. 11
L'un et l'auh-e, employé comme sujet, veut le verbe au pluriel : a L'un et l'autre sont morts. » Mais l'un ou l'autre, ni l'un ni l'autre veulent le verbe au singulier : « L'un ou l'autre a raison ; ni l'un ni l'autre ne remportera la victoire. »
Lorsqu'un verbe a pour sujet le pronom qui, il s'accorde en nombre et en personne avec ce pronom, qui prend lui-même le nombre et la personne de son antécédent : « C'est moi qui vous le dis, qui suis votre grand'mère. »
2° CoMPi.iiMENT DU VERBE. — Deux OU plusicuFS verbes peuvent avoir un complément commun, si ces verbes n'exigent pas des compléments de nature différente : « L'enfant doit cliérlr et respecter ses parents. »
Dans cette phrase, parents peut servir de complément h la fois aux deux verbes chérir et respecter, parce qu'on dit chérir quelqu'un, respecter quelqu'un.
Mais avec un verbe tel qu'oéeV»-, par exemple, qui veut un complément indirect (nbéir à quelqu'un),on ne pourrait em|iloyer parents sans préposition comme complément commun. Ainsi l'on ne dira pas : « L'enfant doit obéir et respecti^r ses parents ; » il est alors nécessaire d'exprimer les deux compléments en disant : « L'enfant doit réspecti-r ses parents et leur obéir, u
Quand un verbe a deux ou plusieurs compléments, ces compléments doivent être de môme nature ; on dira correctement: u II aime à chanter et à di'ssiner, « ou « il aime le chant et le deisin ; » mais on ne peut dire : « 11 aime le chant etàdessiner. » ,, ^ .
Un verbe ne peut avoir deux compléments indirects, quand le second ne fait que répéter le premier. Il ne faut donc pas dire : « C'est à vous à qui je parle, c'est de vous dont il s'agit, •> mais bien : « C'est à vous que je parle, c'est de vous qu'il s'agit, » ou « c'est vous à qui je parle, c'est vous d<mt il s'agit. » ...
Môme remarque pour l'adverbe de lieu ou ; on ne dit pas : « C'est ici oit il demeure, c'est là où je vais, » mais : u C'est ici çu'il demeure, c'est là. que je vais. « , ,. «
Remarijue sur l'emploi de l infinitif. — Linhnitif peut se rapporter, soit au sujet : « Le désir de vaincre le poussait aux combats;» soit au régime : Il II travaillait par désir (/e c^ff^ee. 11
Le sujet du verbe i l'infinitif doit être le même que celui du verbe de la proposition principale : I. Cet enfant s'accoutume à dormir pendant le jour ; 11 accoutume et dormir ont le même sujet. Mais on ne peut pas dire : « On les renvoya sans avoir mungé ; » car celui qui renvoie et ceux (fui I :!■!
SYNTAXE
SYNTAXE
n'ont pas mfngé sont des personnes distinctes ; il faut donc exprimer clairement ces deux sujets, et dire : i On les renvoya sans qu'i7i- eusseytt manç/c, •> ou donner à la proposition composée un seul sujet par l'emploi du passif; « lis furent renvoyés sans ai'OîV mange. »
(Pour l'emploi des temps et des modes, voyez la Syntaxe des pbopositions.)
\I. Participe. — Le participe peut occuper trois places différentes dans la proposition : 1" Il peut se rapporter au sujet : u L'honum-, poussé par la faim, devient criminel ; » 2» Il peut se rapporter au complément : « Plaignons Vliomme tombé dans le vice ; » 3° Il peut, en apparence, ne se rapporter ni au sujet, ni au régime : « Tout étant fini, nous nous séparâmes, u On l'appelle dans ce dernier cas participe absolu. Ou.ind le participe se rapporte au sujet et que celui-ci précède, on ne doit pas répéter le sujet devant le verbe. Il r:î faut donc pas dire : « L'enfant, ayant mangé des mets empoisonnés, il mourut sur-lechamp ; " mais : " L'enfant, aynnt mangé des mets empoisonnés, mourut sur-le-cliamp. »
Le participe doit toujours se rapporter clairement à un mot exprimé dans la phrase. Ainsi Von ne dira pas : " En vi^vs accordant cette faveur, c'est me procurer un véritable plaisir ; » mais : « En vous accoriiant cette faveur, je me procure un véritable plaisir. »
VII. Adverbe. — On supprime pas et point, quand la plirase renferme une expression telle que nul, pcrs'inne, jainais, etc., dont le sens est négatif : n Je ne yois personne ; il ne y'ient jamais ; nul ne l'écoute. »
Lorsque l'idée exprimée par deux verbes qui se suivent est négative, l'emploi de ne est soumis à la règle suivante : 1° Quand }ie se trouve dans le premier membre de phrase, on le supprime dans le second. Il faut donc dire : « Il n'agit pas autrement qu'il parle, » et non : « Il n'agit pas autrement qu'il ne parle ; » 2° Quand ue manque au premier membre de phrase, on le met dans le second : « J'î crains qu'il ;ie vienne. »
On emploie ne devant le second verbe : 1° Après les mots qui marquent l'appréhension ou la crainte, tels que les verbes appréhender, avoir peur, prendre garde, craindre, emijérher, etc. Ex. : « Craignez qu'on ne lui parle. Prends garde qu'il ne sorte ; " ou après les locutions cunjonctives de trainte que, de peur que, etc. : « Taisez-vous, de peur qu'on ne vous entende. »
2° Apres un comparatif d'infériorité ou de supériorité : n II est plus savant que vous ne pensez. Il est moins riche qu'on ne croit. »
On euppiime ne devant le second verbe : 1" Après un verbe accompagné d'une négation. Ex. : « Je 7ie crains pas qu'il vienne. »
2° Après défendre : « Il défendit qu'aucun étranger entrât dans la ville. »
V Après les locutions avant que, sans que : « J'irai le voir nrant qu''i\ parte; je ne puis parler fans qu'on m'interrompe, u
Après e- pcci^er, douter, nier, disconveiir, contester, pris négativement, on peut employer ne. Ex. : Il On ne peut douter que les pôles 7ie soient couverts de glace, o
VIU. Préposition. — Nous n'avons pas d'observation nouvelle à faire sur l'emploi des prépositions (V. Préposition).