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IX. Conjonction. — La conjonction ni sert à réunir

V Deux propositions négatives : o II ne boit ni ne mange. »

2° Deux propositions dépendant d'une proposition négative : « Je ne crois pas qu'il vienne, ni même qu'il pense i venir. »

Ki s'emploie aussi îi la place de pas ; par exemple : « II n'est ni bon ni mauvais. »

La conjonction que s'emploie souvent :

1° A la place des locutions conjonctives : afin que, sans que, depuis que. etc. : f Venez que je vous le montre. Je ne puis parler çu'il ne m interrompe. »

'2' Pour éviter la répétition des conjonctions comme, quand et si : « Comme il était tard et qu'on craignait la chute du jour, on battit en retraite. Quand on est jeune et qu'on se porte bien, on doit travailler. Si vous le rencontrez, et çu'il vous aborde, ne dites rien. »

2' SYNTAXE DES PFOPOSITIONS, — La première partie de la syntaxe nous a appris à assembler deux ou plusieurs mots pour en former une proposilion simple; la seconde nous apprendra à réunir deux ou plusieurs propositions simples pour en former une proposition cmposée.

Il n'y a que deux manières de réunir les propositions simples pour en former une proposition composée :

Ou bien les propositions simples restent indépendantes, et l'on se borne, soit à les placer l'une à côté de l'autre {Je suis venu, j'ai vu, fai vaincu), soit à les réunir par une conjonction (Ma mère est juite et sa bonté est extrême).

Ou bien l'une des propositions sia>ples dépend de l'autre, lui est soumise, ou, comme on dit, subordonnée, et on obtient alors une proposition composée de deux propositions simples, l'une principale, l'autre dépendante : « L'homme sait que l'âme est immortelle « est une proposition composée de deux propositions simples, l'homme sait, et l'orne est immortelle ; mais la seconde dépend de la première, qui est dite propositiOD principale.

Nous avons vu que toute proposition renferma trois termes : le sujet, le verbe, l'attrifiut.

Le sujet est dit -. 1" si7nple, quand il n'y en a qu'un {['h'imme est mortel) ; 2° mnl/iple, quand il y en a plusieurs (le loup et le chie7i ont une origine commune) ; 3° complexe, quand il a un complément (l'herbe du jardin est verte) ; y incomplexe, quand il n'a pas de complément (l'herbe est verte).

L'attribut est dit : 1" sit7iple, quand il n'y en a qu'un (l'homme est mortel); 2° 7nult'ple, quand il y en a plusieurs (il est grand et fort) ; 3° cu7nplexe, quand il a un complément (il est i7icapable de marcher) ; 4° incomplexe, quand il n'a pas de complément (il est incapable).

On compte ordinairement dans une phrase autant de propositions qu'il y a de verbes. Dan» cette phrase : « Quand il ui-riva, son fils se jeta dans ses bras, » il y a deux propositions, parce qu'il y a deux verbes.

Mais dans certaines phrases qui ne renferment qu'un verbe au subjonctif : " Que Dieu vous assiste! '> ou à l'impératif : <i Allez! » ou sous forme inierrogaiive. ti Qui a dit cela? » il y a toujours un indicatif sous-entendu : « Je désirr que Dieu vous a-.^isle;je veux que vous alliez; je de/>in/ide qui a iiit cela ». ....

Dans ce cas, la proposition est dite elliptique, c'esl-à-dire présentant une ellipse (suppression d'un ou de plusieurs mots).

Il en est do même quand, pour rendre le discours plus riipide, on supprime l'un des verbes de la proposition composée : « Je l'aime conmie mon fi'ére » (c'est-à-dire comme j'ai7tie mon frère).

Nous avons dit que les propositions sont ou principales ou dépendantes .

Le verbe de la proposition principale est toujours au mode i/idieatif, parce que l'indicatif est le mode qui affirme et que toute proposition principale a pour but d affirmer (juclque chose. Ex. : > J'fspi^re que vous viendrez ; • j'espère, proposition principale, est à l'indicatif.

SYNTAXE

SYNTAXE

Tout verbe à un autre mode que l'indicatif appartlOiit à une proposition dépendante ou subordonnée. Dans cette plirase : u Je doute que vous veinez » , que vus veniez, qui est au modo subjonciif, l'orme la proposition dépendante.

Propositions dépendantes ou subordonnées. — Au point de vue du sens, les propositions subordonnées sont de deux sortes :

1° Les unes sont indispensables à la proposition principale pour en compléter le sens. Ex. : « Il faudra que votis veniez nous voir. » La proposition subordonnée que vous veniez nous voir donne h l'ensemble de la proposition son véritable sens, complète en un mot la proposition, d'où son nom de proposition subordonnée complélive.

2° Les autres se bornent à modifier la proposition principale en énonçant quelque circonstance accessoire, par exemple, le temps, le lieu, la cause : « J'irai quand vous serez^ à Paris. Venez me voir, lorsque vous irez à la campagne. » Quand vaut serez à Paris, lorsque vous irez à la campagne, propositions dépondantes qui modifient la proposition principale par diverses circonstances secondaires de temps ou de lieu, sont dites pour cette raison propositions subordonnées circonstancielles.

Au point de vue de la forme, la langue française crée des propositions dépendantes et les unit à la proposition principale de doux manières différentes.

La proposition dépendante est formée : 1° soit à l'aide d'une conjonction : u Je sais que mon père est bon ; « 2° soit à l'aide d'un pronom relatif: « Aimez la main 7(12 vous protège. >i

On a donc réparti en deux classes les propositions dépendantes ou subordonnées, en leur donnant respectivement les noms de propositions conjonctives et propositions relatives. Nous allons les passer brièvement en revue

Propositions conjonctives. — On appelle proposition conjoncttne toute proposition dépondante unie :\ la proposition principale par une conjonction : « J'espère que vous viendrez. » Que vous viendrez, uni à j'espère par la conjonction que, est une proposition conjonctive.

Le verbe de la proposition dépendante se met ordinairement à l'indicatif après une conjonction simple : „ Je viendrai quand il vous p/aira. Je le ferai si vous voulez. J'agirai comme il vous plaira; « taudis qu'il se met au subjonctif après une locution conjonctive : u Je me lève >,vant qui\ fasse jour. U marche bien quoique soit boueux. Retenez-le de peur qu il ne s'eu aille. 1) '

Mais cette règle n'est point absolue, et elle comporte un certain nombre d'exceptions que nous devons indiquer.

Les locutions conjonctives qui suivent veulent toujours après elles l'indicatif : A mt-sure que 'iin,i que, attendu que, ansn bi^n que, aussitôt que, autant que, de même que, ,lepuis que, dès que, da,a„tque. non ,dus 'que ouïe qui, paice que, pendant que, tandis que, tan: que, ou que. Kx. : « 11 avance a mesure que vous reculez. Il partira aussitôt que vous serez parti. Je l'ai reconnu dès que je l'ai aperçu, » etc.

«„^''rf/l'J,./'r""''"' conjonctives : de manière sinon que te ement que, se construisent taiitô avec 1 indicatif, tantôt avec le subjonctif

1 biles se construisent avec l'indicatif quand la pbrase exprime un fait positif, certain : ,. Cet enfant s est conduit de telle sorte que tous ses parents sont contents. • ^ nnînH'"!!''^!'" «construisent avec le subjonctif nmM h"^ "'' "P""""" "" f^i' douteux il qui pourrait bien ne pas avoir lieu. Ex. : « faites e/i

sorte qu'il vienne. Conduisez-vous de telle sorte que tout le monde soit content do vous. »

Les locutions conjonctives qui suivent veulent toujours après elles le subjonctif : afin que, à moins que, tivnnt que, en cas que, bien que, de peur que, de crainte que, jusqu'à ce que, loin que, non que, pour que, pourvu que, sans que, pour peu que, S'iit que, supposé que, quoique. Ex. : « J'irai le voir avaiit qu'il parte. La terre ue s'épuise jamais, pourvu qu'on siche la cultiver. Je lirai jusqu'à ce que vous veniez. »

On se sert encore du subjonctif après la conjonction que employée pour si ou pour l'une des locutions conjonctives mentionnées ci-dessus. Ex : Il Venez, que je vous i/iss la chose » (c'est-àdire : pour que je vous dise), a Si Charles venait en France et quil passât par Paris, je serais bien heureux » (c'est-à-dire : et s'il passait par Paris).

Lorsque deux propositions sont unies par la conjonction que, le second verbe se met tantôt au subjonctif, tantôt à l'indicatif, selon l'idée exprimée par le premier verbe.

On emploie le subjonctif : 1» Après les verbes qui expriment le doute, le désir, la crainte, la surprise, la supposition, la volonté. Ex. : u Je doute qic'il sache sa leçon. Je désire qu"il vienne. Je craiiis qu"il ne parte. Je suis surpris que vous xoi/ez arrivé. Je suppose qu'il lise ce livre. Je veux qu'il sorte. »

2" Après les verbes employés interrogativement ou accompagnés dune négation. Ex.: Croyez-vous qu'il parte ? Pensez-vous qu'il vienne ? Je ne prétends pas qu"il sorte. Je ne présume pas qu'il soit arrivé. «

3" Après les verbes impersonnels il faut, il importe, il convient, il est possible, etc., et en général après tous ceux qui expriment la volonté, la supposition, le doute. Ex. : « Il faut (//'il vienne. U tyyiporte qu'il soit ici. Il convient qu''il sorte. Il est possible qu'il dorme, » etc.

Mais on emploie l'indicatif même après les verbes qui expriment la supposition, la volonté, lorsqu'on considère la chose dont il s'agit comme très probable. Ex. : '< Je suppose q'i"\l lit le livre que vous lui avez prêté. Je préteuds qu'il est là. »

La règle est la même après un verbe conjugué interrogativement ou accompagné d'une négation, lorsqu'on considère la chose dont il s'agit comme certaine ou très probable. Ainsi l'on dira: « Croyezvous que l'âme est immortelle? » parce que celui qui parle regarde comme certaine l'immortalité de l'àme. Si l'on disait : " Croyez-vous que l'âme soit imniorti'lle '! » la phrase exprimerait un doute de la part de celui qui parle.

On emploie encore l'indicatif après les verbes impersonnels, tels que il est clair, qui expriment la certitude, la probabilité. Ex.: « Il est certain que la terre se meut dans l'espace. Il est clair que deux et deux font quatre. Il est probable que le ciel Béctaircira. »

La négaiiiin détruisant la certitude ou la probabilité, les mêmes verbes conjugués négativement veulent après eux le subjonctif. Ex. : « Il n'est pas certain que la terre se meuve dans l'espace. Il n'est pas proliable que le ciel s'éc/aircisse. »

En résumé, si l'on considère comme certain et positif ce qui est exprimé dans la proposition subordonnée, lo verbe de cette proposition se met à lindicatif. Si l'on considère comme douteux ou simplement possible ce qui est exprimé dans la propiisitiun suburdonnoe, le verbe de cette proposition se mot au subjonctif.

emploi de. temps du suhjonctif- — ^0U3 avons vu dans «(uel cas le verbe de la proposition dépendante se mot au subjonctif; il nous reste à indi- (pier à quel temps du mode subjonctif on doit mettre ce verbe.

L'emploi des temps du subjonctif dépend uni-

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