‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 36 sur 459 · LATINE (LITTÉRATURE) — H · texte numérisé non relu

LATINE (LITTÉRATURE) — H

ment pas toujours suivis lui-mcSme dans sa vie. Après tout, la forme, dans Sénèque, vaut peut-être encore mieux que le fond, bien que ce stylo brillant, chatoyant, i phrases coupées, .'i incessantes oppositions de mots, manque de simplicité et fatigue le lecteur à la longue. Les principaux ouvrages de Sénèque qui nous sont parvenus sont ses Lettres à LucUius et quelques traités de morale sur la Clémence, la Colère, la Tranquillité d'âme. On trouve aussi de réelles beautés dans ses dix tragédies, d'un style trop sontcntieux, trop subtil, trop chargé d'antithèses, composées pour l'école plutôt que pour le théâtre. Les principales sont : Ptièdre, Œdipe, Médée, Agamemnon, et peutêtre aussi une tragédie sur un sujet contemporain, Octavie.

L'histoire sous Caligula et Néron était généralement une sorte de rhétorique déclamatoire. Cependant sous Claude elle produit un ouvrage où l'on trouve des traces d'une réelle critique historique, les dix livres de Quinte-Curce sur l'histoire d'Alexandre le Grand. L'ouvrage de Columelle, compatriote de Sénèque, sur la campagne et les travaux des champs, est une sorte de paraphrase prosaïque des Géorgiques de Virgile. Les principaux orateurs sont les sénateurs Pactus, Thraséas et Helvidius Priscus. Les philosophes de cet âge écrivent en grec, comme Carnutus et Epictète ; mais ces philosophes stoïciens et plusieurs autres encore, avec Sénèque, méritent, à cause de leur caractère, sinon ii, cause de leurs écrits, que la postérité ne les oublie pas. C'est le cas aussi des deux célèbres poètes Perse et Lucain.

Né dans l'opulence, mais élevé à l'austère école des stoïciens, Perso s'attaque h la corruption sans en avoir lui-même connu les souillures ; ses satires sont des espèces de sermons en vers diriges contre ses contemporains en général plutôt que contre telle ou telle individualité particulière. Il emprunte à Horace beaucoup de ses tours de phrase et de ses expressions ; mais on sent qu'il n'a pas vécu dans le commerce des hommes, et l'exagération ampoulée de son style très imagé, mais parfois obscur, fait supposer par moments que son indignation est un pou factice .

Le poète Lucain, neveu de Sénèque, enlevé prématurément à la poésie, est de la même école que Perse et transporte dans le genre épique, comme son ami l'a fait dans le genre satirique, les brillantes doctrines de la philosophie stoïcienne. Sa Pharsale, récit malheureusement inachevé de la guerre civile entre Pompco et César, est toute à, la gloire du parti républicain, que le poète ne sépare pas de la liberté et de la grandeur de Rome. Malgré l'enflure de son style artificiellement pathétique, qui trahit un certain manque de maturité, on sent dans les descriptions, dans les discours, surtout dans les. maximes générales dont le poème pullule, le souffle d'une véritable poésie, c'est-à-dire d'une poésie inspirée par un •cœur généreux.

A côté de cette littérature stoïcienne, quelques disciples de la doctrine épicurienne, esprits superficiels et mondains auxquels appartenait sans doute Néron lui-même, ont laissé plusieurs monuments, entre autres le roman satirique attribué à un courtisan plus tard victime de Néron, Pétrone, contenant des aventures diverses rattachées h un voyage imaginaire. Le fragment le plus important qui nous en est parvenu est le l''estin de Trimalehion, description humoristique mais souvent trop licencieuse des moeurs contemporaines.

Sous la dynastie Flavienne, à l'ombre de la paix, les lettres semblent reprendre vie avec Vespasien et Titus; mais avec Domitien, les mauvais jours do la vanité et de la cruauté impériale recommencent

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