‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 37 sur 459 · LATINE (LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

LATINE (LITTÉRATURE

pour les lettrés. Parmi les prhicipaux protégés des deux premiers Flavions, nous trouvons Pline l'Ancien et Valérius Flaccus.

Pline l'Ancien, esprit encyclopédique, compilateur infatigable, victime de sa passion pour la science lors de l'éruption du Vésuve, sut concilier avec ses absorbantes occupations officielles d'inspecteur des finances de l'empire, une féconde activité littéraire qui lui a mérité de prendre un rang élevé parmi les historiens, les grammairiens et les naturalistes. Valérius Flaccus, imitateur de Virgile et d'Apollonius de Hhodes, retraça l'expédition des Argonautes dans un poème prolixe, et en vers qui manquent parfois de lucidité à force de rechercher la concision et la hardiesse.

Domitien, bien qu'il affecte lui-même le goût des lettres et de la poésie, ne permet qu'un genre : le panégyrique de son despotisme. Quiconque veut dire la vérité doit dérober ses ouvrages au public ; ce fut le parti que prirent Tacite et Juvénal. Parmi ceux qui eurent la faiblesse ou la servilité de se faire les adulateurs d'un monstre, il faut citer Silius Italiens, Stace, Quintilien et Martial.

Silius Itaiicus emprunte le fond de son monotone et déclamatoire poème des Guerres /iiiniques à Tite-Live, et les développements et les procédés poétiques à Homère et à Virgile, introduisant la mythologie au milieu des événements historiques. Stace, esprit cultivé, poète spirituel, compose une foule de pièces de circonstance, réunies sous le le nom de Silvœ (les Forêts), jolies esquisses de mœurs de l'époque, et un poème en douze chants, la Thébuide, qui ne manque pas d'imagination et d'audace, mais que déparent un stylo maniéré, des traits exagérés et trop de détails mythologiques. L'Espagnol Martial prend Catulle et Ovide pour modèles. C'est un satirique, mais qui enferme sa malice dans le cadre restreint do lëpigramme. On admirerait beaucoup plus son talent s'il ne servait pas souvent à mettre en relief une absence choquante de sens moral et de dignité. Il se complaît à persifler les vices et la corruption de son temps, mais sa médisance n'est souvent qu'une flatterie déguisée à l'adresse du maître et de ses favoris. Quintilien est aussi originaire d'Espagne, quoiqu'il ait été élevé à Rome. Longtemps professeur d'éloquence il Rome, puis chargé par Domitien de l'éducation de ses neveux, il composa dans sa vieillesse un ouvrage sur les Causes du déclin de Céloqueniie et un autre ouvrage sur \ Éducation oratoire, dont la portion la plus précieuse pour nous et la plus admirée est le dixième livre, qui contient une liste critique des auteurs latins les plus utiles pour la formation de l'orateur.

Les règnes de Nerva et de Trajan permettent à la littérature un libre et nouvel essor. Les écrivains qui s'étaient enfermés dans le silence par nécessité sous Domitien déversent contre le despotisme qui vient de finir, avec leur colère, d'autant plus d'amertume qu'ils se sont plus longtemps contenus. C'est le cas de Juvénal, de Tacite, et même en partie de Pline le Jeune.

Parmi les seize satires que nous a laissées Juvénal, les plus caractéristiques décrivent les vices de la société romaine avec une éloquente indignation et une vigoureuse énergie ; il ne se contente plus, comme Perse, d'accuser son époque en général; il nomme les coupables. Les personnages que le poète met au pilori, pour son temps et pour les siècles à venir, appartiennent surtout h. l'époque de Néron et de Domitien. Mais, malgré les explications des commentateurs, on ne reconnaît pas toutes les figures. On ne saisit pas toutes les allusions dans ces vers qui, pour rappeler le jugement de lîoileau,

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