TITRE
millimètres.
/ i 00 francs l 30 - Or ' 20
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Bronze | \ —
(Consulter la notice sur la fabrication dos monnaies et le texte de la convention monétaire, dans l'Annuaire du bureau des longitudes.)
ExiRciCES. — 1° Quel serait, au change des monnaies, la valeur d'un bijou en or pesant bs et au titre de 0,750?
2° Pour payer 1I58',50 en poids égaux de monnaie d'or, d argent et de bronze, combien faudrat-il de pièces de 5' d'argent et d'or et de monnaie de bronze 7
3° Un marchand a acheté 18"%483 de charbon, à 1 ,45 1 hectolitre pesant 8:;''«/jO; il paie en outre
pour le transport 2 % du prix d'achat. Combien le marchand gagne-t-il sur le tout, en revendant ce charbon 2'. 85 le quintal?
IV. INDICATIONS PÉDAGOGIQUES, — La plus modeste de nos écoles est pcjurvue des intrumentS de mesure. Les instituteurs popularisent activement le système métrique, aussi indispensable aux agriculteurs et aux commerçants qu'aux savanls.
Les enfants, dès qu'ils commencent à compter, font connaissance avec le mètre, le kilogramme et le franc, qu'on se garde bien de leur définir : 11
suffit qu'ils Ips voient et qu'ils les manient. Quel ' le cylinilrnxe : il est entoure d'une substance
plaisir pour eux de mesurer, de peser les objets et de compter la monnaie ! Ils apprécient bienlôt les longueurs à simple vue et les poids à la main, et on leur fait vérifier leur dire.
Vers la fin des études primaires, les mesures sont définies et explinuées d'une manière suivie, mais sans détails minutieux et techniques. Les écoliers, frappés par la décomposition (opérée sous leurs yeux) du mèire carré et du mètre cube, ne se trompent plus sur les rapports des unités carrées et cubiques. Ils font à propos des mesures beaucoup de petits problèmes variés et (iratiques. Dans les écoles normales, le système métrique doit être exposé avec précision et raisonné à fond. Il est bon que les élèves-maîtres connaissent riiistoiro sommaire du .système, qu'ils lisent la loi de 1H37 et ses annexes, et qu'ils consultent un traité de la vérification des poids et mesures. L'ordre suivi dans le présent article est l'ordre final, et il suppose déjà acquise lentement la connaissance générale des mesures métriques.
[A. Rehière.]
raisseuse, grenue (myéline), laquelle est elleniômo protégée par une enveloppe extérieure (gaîne do Scbwann) : la myéline et la gaine peuvent manquer, mais le cylindraxe ne manque jamais.
Ces tubes nerveux s'unissant, s'accolant les uns aux autres, s'ent.ourant d'une enveloppe commune, constituent les filets nerveux ou nerfs, visibles à l'œil nu. C'est ainsi, pour user d'une comparaison, que les câbles sous-marins sont formés de plusieurs conducteurs métalliques protégés par une même gaine do gulta-perclia. Le tube nerveux est bien en efl"et un sipiple conducteur, k travers lequcls voyage, comme nous le verrons, soit l'impression (sensibilité), soit l'incitation motrice (mouvement). Prenant son origine dans une cellule nerveuse, il aboutit, soit dans une cellule voisine, soit dans un appareil spécial et terminal (organes des sens, plaques motrices). 11 ne sert qu'à établir la communication entre la cellule et une autre cellule, ou entre la cellule et un organe de sensibilité ou de mouvement. Re-
SYSTEME >'EnVErX. — Zoologie, XXXVII. — présentons-nous, pour continuer la comparaison L'animal, d'après Cuvier, possède, entre autres précédente, la cellule comme une sorte do bureau attributs caractéristiques, la faculté de sentir, et télégraphique, bureau d'arrivée ou d'envoi, et le celle de se mouvoir volontairement. Plongé dans tube nerveux comme le fil qui relie la sUtion aux le monde des objets extérieurs, il en reçoit, par stations voisines ou éloignées. De là cette concluses appareils de sensation, des impressions in- I sion capitale : la cellule est le véritable organe cessantes, et il réagit sur ces objets par ses nerveux, le seul actif; la fibre nerveuse n'a qu'un appareils de mouvement. L'organe commun rôle tout passif de conductibilité. de ces deux facultés est le si/slème nerveitx ; il Telle est, brièvement résumée, la composition se retrouve, complet ou rudinien taire, chez tous intime du système nerveux. Examinons-en la disles animaux, à l'exception toutefois de quelques I position anatomique.
classes de zoophyies placées aux derniers éche Ions du règne, aux confins du monde végétal.
Ce n'est pas tout : à ces deux catégories de phénomènes, il convient d'en ajouter une troisième, dont le système nerveux est le siège, et l'instrument de manifestation : nous voulons parler des pfiénomènes intellectuels (perception, pensée, mémoire, instincts, etc.), qui, à des degrés infiniment variables, depuis la pensée humaine jusqu'à l'obscur instinct des êtres inférieurs, sont, au même titre que la sensibilité et le mouvement, caractéristiques de l'animal.
Nous étudierons d'abord le système nerveux tel qu'il se montra chez l'homme, sous sa forme la plus complexe et la plus parfaite : quelques brèves considérations nous suffiront ensuite à indiquer ses modifications à travers l'échelle animale.
Quand on examine la structure histologique du tissu nerveux, on voit que l'élément fondamental est la cellule nerveuse. C'est un globule irrégulier, petit (quelques centièmes de millimètre de diamètre', possédant un noyau et probjblement une enveloppe : il est, en général, muni d'un ou de plusieurs prolongements, sortes de libres déliées, ténues, souvent fort longues, appelées /îi/es
f'^' 1. — Coupn d'un tube nerveux.
A, gaine de Schwann ; C, cylindraxe; D, myéline.
nerveuses (m tubes. Ces fibres sont constituées par très grèlo, qui est I et que l'on nomme
un axe, ou cordon central, très grèlo, qui est 1 élément essentiel de la fibre,
Envisagé dans son ensemble, le système nerveux apparaît composé de deux parties : l'une centrale, occupant l'axe du corps, logée dans ce long canal osseux que forment, en s'ajoutant les unes aux autres, les cavités vertébrales et la boîte crânienne : c'est Yaxe cérébrn-s/iinal : l'autre partie, périphérique, les nerfs, filets nerveux qui se détachent de cet axe tout le long de son trajet, et vont porter partout la sensibilité et le mouvement. Exaininons ces deux parties l'une après l'autre.
ISuxe cérébro-spinal (encore appelé centres nerveur) compiend la moelle, logée dans les vertèbres, et Vencéiittale (cerveau et cervelet), enfermé dans lo crâne : il est constitué par des cellules et des tubes nerveux, mais ces deux éléments sont répartis de maiiièro à donner lieu à deux substances parfaitement diverses de structure et d'attributions : lune, la sub'tr.nce grise, formée surtout de cellules, l'autre, la substance blanche, de beaucoup la plus abondante, et ne possédant que des tubes. De ces deux substances, la grise, seule active, préside à la sensibilité, au mouvement, à l'inielligence; la blanche, en raison même de sa structure, ne joue qu'un rôle passif. Dans la moelle, c'est la substance blanclie qui entoure et recouvre la seconde : dans l'encéphale, c'est, au contraire, la substance grise qui occupe la surface, à l'exception de certains points centraux, disposés sous forme d'îlots gris, sur lesquels nous reviendrons.
Le cerveau est la portion antérieure et supérieure de l'encéphale, et il occupe toute la partie supérieure du crâne, de l'occiput au front. Une scissure profonde le divise en deux moitiés distinctes, généralement symétriques, appelées liémisplières cér'briiux, compViiemenl séparées l'une de l'autre, sauf en leur milieu, où elles sont réunies par une sorte de large lame de substance blanche [corps C'il'ux). La surface du cerveau, composée de substance grise, n'est pas lisse, mais creusée de sillons, hérissée de saillies cylindroïiles, flexucnses, les circonvnlutions, qui semblent avoir pour objet do multiplier la surl'ace grise, active,
du cerveau, et dont le nombre est, par suite, proportionnel à l'intelligence de l'animal. Nulles chez les poissons, les reptiles, les oiseaux rudimentaires chez beaucoup de mammifères, se iloveloppant et s'accusant à mesure qu'on remonie l'échelle et qu'on approche do l'homme, mieux dessinées chez l'éléphant et le singe, elles atteignent leur plus haut point de complexité chez l'homme adulte. Enfin chacun des deux hémisphères est divise, par deux sillons creusés sur sa face inférieure, en trois lobes, antérieur, moyen, et postérieur.
Le cerveau n'est pas isolé, il se continue avec la moelle et le cervelet. Il tient à la moelle par deux gros faisceaux de substance blanche {les pédoncules ccrébruux), qui s'épanouissent, pour ainsi dire, dans chaque hémisphère, comme les tiges d'une gerbe mal liée, divergent de tous côtés, et constituent la masse môme de ces hémisphères et la lame blanche qui les unit. Mais le trait fondamental de la structure intérieure du cerveau est l'existence d'une grande cavité centrale, divisée par des cloisons en trois cavités plus petites [ventricules cérébraux) ; ces cavités communiquent entre elles, et communiquent avec une cavité analogue creusée dans le cervelet, et avec un canal long et délié qui traverse toute li moelle de haut en bas. Tout le système nerveux central est donc percé d'une cavité unique, étroite dans la moelle, s'élargissant dans l'encéphale.
Le cervelet, placé en arrière et au-dessons du cerveau, n'ayant guère que le tiers du volume de cet organe, est Ini aussi divisé en deux hé nisphères par une profonde rainure verticale. Sa surface, formée de substance grise, présente des sillons circulaires, parallèles, et fort nombreux. Comme le cerveau, il est formé d'une masse blauche centrale, qui l'unit d'une façon remarquable au cerveau et à la moelle : chaque moitié du cervelet envoie en effet trois prolongements divergeants; les deux premiers, pédoncules cérchelteux supérieurs, se portent vers le centre des hémisphères cérébraux; les deux derniers des cendent obliquement vers la moelle (pédoncule, cérébelleux inférieurs). Enfin les deux moyens s'unissent l'nn i l'autre, formant ainsi une sorte de bague blanche (protubérunce annulaire) qui embrasse la moelle et s'unit i elle.
Nous venons de décrire sommairement Vencéphale. Nous allons faire de même pour la moelle. Etendue, comme une longue colonne, du cerveau h la première vertèbre lombaire, la mnrile a la forme d'un cylindre légèrement aplati, diùsé en deux moitiés symétriques par deux sillons verticaux, l'un antérieur, l'autre postérieur. Un long canal est creusé au centre de cette colonne nerveuse, communicant avec les cavités encéphaliques. Un sillon vertical peu profond est situé de chaque côté du grand sillon postérieur, subdivisant ainsi chacune des moitiés de la moelle en deux colonnes plus petites, ou cordons, cordon antérieur, cordon postérieur. Disons tout de suite, quitte h y revenir, que les nerfs naissent de la moelle par deux racines, l'une antérieure, motrice, qui s'enfonce au milieu du cordon antérieur, l'autre postérieure, sensitive, qui pénètre dans le sillon latéral, au point de séparation des deux cordons.
La moelle, à l'inverse de l'encéphale, est formée de substance blanche à la surface, de substance grise au centre. Cette dernière forme, du haut en bas de la moelle, une longue colonne bizarrement cannelée, dont la coupe horizontale représenterait k peu près les deux moitiés d'un X reliées par une barre. Les quatre sommets de l'X se iiomment les cornes de la moelle.
L'extrémité supérieure de la moelle s'engage, ainsi que nous l'avons vu, sous la bague blanche
] dont l'entoure le cervelet. Au voisinage de ce point elle se renfle : les deux cordons antérieurs forment chacun deux masses globuleuses, ovoïdes ipi/raniides antérieures et olives) ; les deux cordons postérieurs portent aussi chacun un renflement semblable (pi/ramides postérieures). Ces quatre renflements, composés, ne l'oublions pas, de substance blanche, vont former la masse blanche de l'encéphale. En efl"et. les fibres des pyramides postérieures se rendent au cervelet; les fibres des quatre renflements antérieurs s'engagent sous l'anneau de la protubérance, qu'elle* contribuent à former, continuent leur trajet, forment les pédoncules cérébraux, et vont s'épanouir dans les hémisphères du cerveau.
Mais la particularité la plus frappante de la disposition de ces parties, celle qui est la plus féconde en conséquences de tout ordre, est ce qu'on nomme Y entrecroisement des pi/ramides antérieures : une partie, en effet, des fibres qui les constituent s'entrecroisent sur la ligne médiane, formant une sorte de natte, les droites allant à gauche et les gauches à droite. De là cette conséquence : le cerveau est relié à la moelle, par elle aux nerfs, par les nerfs au corps, de telle sort" que la moitié droite du corps cor-
Fij;. 2. - Schéma des crntros iienoux.
A, circonvolutions cérébrales ; B, B, couches optiques, corps strié ; F, substance blanche du cerveau ; d, protubérance annulaire ; f, circonvolutions du cervelet ; D, colonne ^ise centrale de la moelle ; b, racines antérieures motrices des nerfs rachidiens;c, leurs racines postérieures munies de leurs ganglions ; a, nerfs crâniens.
respondra à l'hémisphère gauche du cerveau, et réciproquement. Il faut toutefois excepter de cette
alternance les régions que dessort un nerf ayant son origine au-dessus de l'entrocrolsemeut. Point capital de la disposition des centres nerveux, et qui en modifie profondément le fonctionnement.
Il nous reste h voir comment se comporte la colonne grise de la moelle. Uappeloiis-nous que, dans cet organe, elle entoure ce long canal longitudinal dont nous avons parlé, et que ce canal s'élargit pour former successivement les quatre ventricules encéphaliques. Eh bien, l'axe gris l'accompagne jusqu'au bout : il s'élargit et s'étale en lame pour former le plnncher du quatrième ventricule, se rétrécit pour pénétri^r dans le cerveau, et se dilate encore pour tapisser les parois latérales du ventricule moyen. Il se termine là : mais deux îlots considérables de substance grise, les coucltes optiqws et le corps strie, occupent le centre des hémisphères, et un ilôt semblable est situé au centre du cervelet.
Nous pouvons dès i présent embrasser d'un seul regard l'ensemble de la structure, do l'axe cérébro-spinal : nous voyons la substance blanche, passive, simplement conductrice, monter, entourant l'axe gris de la moelle, et se dilater dans l'encéphale ; nous voyons la substance grise, active, occuper le centre du système sous la forme d'une longue tige creuse, qui s'inHécliit et s'élargit dans le cerveau, recouvrir la surface entière de l'encéphale et enfin former en trois points centraux un amas de cellules grises.
Passons maintenant i la description rapide delà seconde partie, partie périphérique, du système, les nerfs. Les nerfs, véritables conducteurs qui se détachent de l'axe central que nous venons de décrire et se ramifient à l'infini dans le corps entier, sont de trois catégories.
Les uns, nerfs scnsitifs ou centripètes, apportent aux centres les sensations perçues par les ort;anes des sens. Les autres, nerfs moteurs ou centrifuges, apportent des centres aux muscles les iiicitations, ou pour ainsi parler, les ordres de mouvement. Le troisième groupe est celui des nerfs mixtes, beaucoup plus nombreux, qui sont à la fois sensitifs et moteurs; ils sont constitués par un inextricable mélange de fibres de l'un et de l'autre ordre, centripètes et centrifuges.
Les nerfs, tous disposes par couples symétriques desservant des régions symétriques, forment quarante-trois paires nerveuses. Douze de ces paires, dites crâniennes, naissent des prolongements de la moelle dans le crâne. Sans les énumérer toutes, citon s, parmi celles-là, les nerfs ni f actifs, optiques, acoustiques, nerfs de sensibilité dite spéciale, et les nerfs pneumogastriques, nerfs mixtos qui président aux fonctions du cœur, des poumons et de l'estomac.
Les trente et une autre paires sont dites rachidiennes. Elles sont toutes mixtes, naissent de la moelle proprement dite et distribuent le mouvement et la sensibilité au tronc et aux membres. Chacun de ces nerfs naît de la moelle par deux racines : l'une antérieure, mince, est motrice ; si on la coupe, on frappe de paralysie la légion desservie par ce nerf; l'autre, postérieure, grosse, munie d'un gros ganglion gris, est sensitive ; sa section frappe d'insensibilité la région innervée. Ces racines, soit antérieures soit postérieures, cheminent dans les cordons blancs de la moelle, qu'elles constituent, puis aboutissent à l'axe gris, les unes aux cornes postérieures, les autres aux cornes antérieures, et sont, par cet axe, en relation avec l'encéphale.
A, cordon postériei
F, ganglion de la racine postérieure ; J, canal central de la
postérieure; D, racine antérieure j
Quant à la terminaison des nerfs, nous avons peu de choses à en dire. La description de l'extrémité des nerfs sensitifs est faite aux articles Vue, Ouïe, Odorat, Tact, etc. Le trait commun à la termmaison de ces nerfs, tel qu'il se révèle à travers de profondes différences déforme, est que le filet nerveux sensitif aboutit toujours à une cellule. Quel que soit le sens dont il s'agit, un organe cellulaire est donc toujours le véritable organe du sens, celui qui reçoit l'impression et la transmet au nerf conducteur.
Les nerfs moteurs se terminent dans les muscles striés et dans les muscles lisses. Le mode de terminaison des nerfs dans ces derniers muscles nous est encore inconnu, ou peu s'en faut. Quant aux nerfs des muscles striés, on les voit se ramifier, et abandonner un rameau à chacun des faisceaux du muscle ; ce rameau nerveux pénètre dans le muscle en perdant sa myéline et sa gaine; le cylindraxe seul entre donc dans le faisceau, et se termine par un épanouissement en forme de plaque {plaques motrices). Ces plaques termina-
les représentent donc l'organe par lequel le nerf s'applique directement à la fibre contractile et agit sur elle.
Enfin il est un dernier appareil dont l'étude complétera la description du système nerveux : c'est le grand sympathique.
Ce nom singuliers'appliqueà une double cliaîne de ganglions nerveux, ou amas de cellules, disposes le long de la colonne vertébrale, unis entre eux par des filets nerveux, et unis par d'autres filets à la moelle. De cette double cliainR ganglionnaires partent d'innombrables nerfs sensitifs ou moteurs apportant i tous les viscères (foie, cœur, intestins, etc.) la sensibilité et le mouvement. Mais le point capital des fonctions du grand sympathique, comme nous le verrons plus loin, est qu'il envoie des nerfs moteurs à tous les vaisseaux sanguins : ces nerfs, dits vaso-m"teurs, vont se perdre dans la tunique musculaire des vaisseaux, et en commandent le resserrement ou la dilatation.
Nous voici parvenu au terme de l'étude descriptive du système nerveux. Il nous reste à montrer le mécanisme de son fonctionnement physiologique.
L'ensemble de la physiologie nerveuse a été traité à l'article Physiologie. Nous conseillons au lecteur de s'y reporter, et de bien se pénétrer de la description de certains points particuliers, tels que le mouvement réflexe par exemple : il lui sera ainsi plus aisé de comprendre ce que nous allons ajouter sur la physiologie spéciale des différentes parties.
Le cerveau est le siège des phénomènes de perception, de volonié et de pensée.
Aucune sensation n'est perçue que si elle arrive jusqu'aux cellules cérébrales. Si l'on coupe la moelle, une sensation peut fort bien cheminer par un des nerfs rachidiens situés au-dessous du niveau de la section, et peut même se réflécliir en une incitation motrice : mais elle n'est pas perçue, parce que les communications avec le cerveau sont coupées. Le cerveau est donc l'organe sensitif proprement dit, du moins l'organe des sensations perçues : sensations spéciales, venues des sens spéciaux, odeurs, saveurs, sons, etc., ou générales, douleurs, malaises, faim, etc. C'est le cerveau qui perçoit, entre autres, cette curieuse et indéfinissable impression (ou collection d'impressions), que l'on nomme le sentiment de l'exi'te'ire, inaperçue en général, mais forte et pénible dans les malaises morbides.
Remarquons que le cerveau reporte toujours l'oricino d'une sensation à l'extrémité terminale du nerf qui la lui transmet, alors même que le siège vrai en est sur un point quelconque du trajet du nerf. Chacun sait que les amputes souffrent parfois de la main ou du pied qu'ils n'ont plus. (Pour le dire en passant, c'est dans ce fait, c'est dans Vfûtériorilé des sensations, qu'il faut chercher la clef du phénomène de l'hallucination.)
L'incitation motrice est, avec les phénomènes intellectuels, le grand et admirable mystère de la physiologie cérébrale. Sans doute, dans le mouvement réfiexe, nous avons de la peine à comprendre qu'une sensation puisse u se réfléchir » et provoquer un mouvement ; mais enfin, si le mécanisme de cette transformation nous échappe, ce mouvement a une cause extérieure, et nous le concevons tant bien que mal Au contraire nous admirons, sans pouvoir en concevoir d'explication, ce fait merveilleux d'une incitation libre, indépendante, volontaire, née d'elle-même. Le cerveau est l'organe unique rie ces incitations : la moelle peut provo(|uer des raouvemenis, mais non par ellemême ; elle ne le fait qu'en vertu d'une cause extérieure préalable, d'une sensation. L'animal auquel ou enlève le cerveau est privé de volonté,
devient le jouet du mouvement réflexe, c'est-àdire des sensations ; il se meut, parfois il se nourrit et vit : mais à condition que des sensations appropriées viennent provoquer les mouvements qui le font avancer, respirer, etc.
Ici se place l'observation d'un fait remarquable : la transformation, par l'habitude, d'un mouvement volontaire en un mouvement réflexe, ou, ce qui revient au même, d'un mouvement d'origine cérébrale en un mouvement d'origine médullaire. Citons un exemple entre mille, celui de la marche : l'enfant qui apprend à marcher meut péniblement ses membres et assure son équilibre par une série de mouvements volontaires appropriés. Peu à peu, ces mouvements se régularisent, et l'intervention de la volonté devient de moins en moins active; elle cesse enfin au moment où l'habitude est tout à fait acquise : la marche n'est plus dès lors qu'un mouvement réflexe, dont l'origine est une sensation, celle du sol sous nos pas ; cela est si vrai, que quand certaines lésions nerveuses, frappant le pied d'insensibilité, suppriment la sensntion du sol, la marche devient impossible. L'habitude physique n'est donc que la substitution, à l'inciiation motrice voulue et pénible, d'un mécanisme instantané, sur, fatal pour ainsi dire, celui du réflexe, et l'on pourrait dire qu'en matière de mouvements, l'éducation de l'exécutant n'est que l'éducation de la moelle.
Remarquons cependant que, si invétérée qui soit l'habitude, la volonté reste libre de sortir de son repos et d'intervenir : nous marchons, nous respirons automatiquement : mais nous pouvons instantanén>ent faire, de chacun de ces actes, un acte voulu, le ralentir, ou le presser, ou le cesser Cl à volo7ité ».
(Rappelons ici que, d'une façon générale, le cerveau est relié au reste du corps par des conducteurs croisés, en sorte que c'est l'hémisphère gauche qui commande les mouvements de la moitié droite du corps, et réciproquement.)
Quant à la troisième catégorie de phénomènes dont le cerveau est le siège (intelligence, pensée, mémoire, instincts, etc.), ils échappent à la portée de cet article pour entrer dans le domaine de la psychologie : c'est en ce point en effet que les deux sciences, physiologie et psychologie, viennent en contact et confondent leurs limites. Nous n'avons pas à entrer ici dans le débat des doctrines, à prendre parti pour l'une ni l'autre des hypothèses qui se partagent les esprits. En dehors de ces hypothèses, un fait s impose à tout le monde et il suffit de le constater : c'est le cerveau qui est le théâtre et l'instrument de ces manifestations supérieures de la vie. Elles sont, entre tous les phénomènes cérébraux, les plus nobles et les plus mystérieux, ceux qui font l'ani- mal supérieur au plus merveill-ux organisme \ végétal, et donnent i l'homme, au sein do la nature, sa vrai royauté, intellectuelle et morale.
Il ne suffit pas de savoir que le cerveau est l'organe do ces diverses facultés, perception, mouvement volontaire, etc. : on devait se préoccuper de décomposer, en quelque sorte, ses fonctions, et de recherclier le siège, la localisation, de chacune. On sait que Gall fonda sur cette idée un système entier de phrénologie. dont la science moderne n'a rien laissé subsister. C"pendant la belle et récente découverte de Broca, déterminant le siège de la faculté du langige dans une région très limitée du lobe fronial gauche, est venue réveiller l'ardeur des recherches et ranimer les espérances. Citons, parmi d'innombrables travaux, ceux de Charcot et de Ferrier ; la méthode de recherche est double : d'une part l'expérimentation sur les animaux, d'autre pirt, l'observation clinique des troubles apportés aux fonctions céré-
SYSTÈME NERVEUX — ->127 — SYSTÈxAIE NERVEUX
braies par telle ou tello lésion locale du cerveau malade. De vraies cartes cérébrales ont été dressées, indiiiuaiil la place des centres moteurs des diverses régions, et des centres sensibles de la vue, de l'ouic, etc. Mais il n'est pas une de ces localisations, h part celle de Broca, qui n'ait rencontré des objections, en sorte que sur ce point, rion n'est encore acquis h la science eu fait de résultat précis et incontestable.
Le cervelet ne prend aucune part aux fonctions intellectuelles proprement dites, et ses fonctions propres restent fort obscures : toutefois les expériences de Flourens semblent démontrer qu'il est l'organe coordinateur des mouvements : par exemple, c'est le cervelet qui coordonne, en une locomotion harmonieuse et réglée, les mouvements volontaires des quatre membres, mouvements qui ont d'ailleurs leur origine dans le cerveau.
La moelle joue un double rôle pliysiologique : celui de conducteur, et celui de centre nerveux.
Le premier nous est déjà connu : la nloelle est comme le grand conducteur télégraphique aboutissant d'une part au cerveau, et d'autre part donnant naissance i tous les fils du réseau. A y bien regarder, elle représente la réunion de deux conducteurs distincts : l'un est cetitripète, il reçoit, par les racines seiisitives ou postérieures des nerfs, les sensations et les amène au cerveau ; l'autre, centrifuge, conduit les excitations motrices du cerveau jusqu'aux racines antérieures et motrices des nerfs. Ainsi, tout le long de la colonne médullaire, un double et incessant courant est établi : l'un ascendant, postérieur, celui des sensations ; l'autre descendant, antérieur, celui des ordres de mouvement.
Mais là ne se bornent pas les fonctions de la moelle. Nous avons vu les racines motrices et sensiiives des nerfs aboutir les unes et les autres à la substance grise centrale de la moelle. Des cellules actives établissent donc entre les deux ordres de nerfs une étroite connexion. Dans ces cellules s'opère la mystérieuse transformation de l'impression sensible en mouvement réflexe. Ce genre de mouvement (dout le mécanisme est décrit à l'article P/ii/siologie) est sans contredit de beaucoup le plus nombreux : citons en quelques exemples. Les battements du cœur ont pour origine une sensation, celle du sang au contact des parois de l'organe : privé et vidé de sang, le cœur cessedebattre ; quelques gouttes de sangraniment ses pulsations. Le mouvement rythmique de la respiration naît de l'impression produite par l'air sur les vésiculi's pulmonaires. La rougeur, la pâleur, 1 éternuemcnt, etc., sont autant de réflexes. Enfin, il est toute une classe d'innombrables mouvements de ce genre qui s'opèrent en nous k noire insu ; ce sont les phénomèmes de sécrétion : les glandes salivaires, pur exemple, ou les glandes stomacales, ne sécrètent leurs sucs qu'eu vertu d une sensation appropriée, celle des aliments arrivant au contact de la langue, et de l'estomac. Le jeu intime de la plupart de nos orgaiïes est donc soustrait, par le mécanisme du réflexe, à l'empire de la volonté, et même à la perception ; la moelle et ses dépendances le règlent et le gouvernent à notre insu, enlevant la plupart des fonctions vitales à l'intervention volontaire, et par li aux périls des intermittences do cette volonté, au danger des dis mêlions.
Le système i^rattd 'ij'iij/ntliique avait Imigtemps été considéré comme un système indépendant, présidant à Ini seul aux fonctions de la vie organique. Les recherches modernes, celles de Claude Bernard entre autres, ont montré qu'il n'en est rien, et que le grand sympathique no saurait agir comme centre nerveux; il n'est qu'une annexe de la moelle, et c'est à cet organe qu'il emprunte sa force. Ses filets nerveux ne possè-
dent donc pas de propriétés spéciales ; un seul point les différencie des filets rachidiens : la volonté n'a pas d'action sur eux ; tous les mouvements accomplis dans le domaine de ces nerfs sont involontaires. Ce sont des réflexes. Hemarquuns ici qu'un acte réflexe, avec ces deux phases (sensation, puis mouvement), peut avoir pour théâtre deux nerfs centripète et centrifuge du sympathique, ou bien voyager d'abord le long d'un filet sensitif de ce système et revenir le long d'un filet moteur de la moelle; ou inversement partir d'uii nerf médullaire et revenir par un nerf sympathique : il peut, en d'autres termes, s'opérer tout entier dant l'un ou dans l'autre système, ou i la fois dans tous les doux, liemarquons encore que les mouvements commandés par les nerfs sympathiques sont très lents à .se produire : ce qui tient i la nature des muscles qu'il innerve (muscles lisses) et aussi à la nature de ses fibres nerveuses.
Mais le rùle capital du sympathique est de présider, par sus filets vaso-moteurs, à la dilatation ou au resserrement des vaisseaux sangniiis. Si l'on excite par l'électricité un de ces filets nerveux, on voit les vaisseaux duninuer de calibre, la circulation se ralentir, les tissus pâlir; si on le coupe, les vaisseaux paralysés se laissent dilater, le sang afflue, les tissus sont congestionnés. Comment se fait-il qu'à l'état normal les vaisseaux ne soient ni contractés ni paralysés, et qu'il y ait une demi-contraction constante de leur tunique'? Le sympathique est-il donc en perpétuelle activité nerveuse '? Point obscur sur lequel rien n'est encore démontré. Mais le fait important, c'est que par ses nerfs innombrables, le sympathique préside à la distribution du sang dans le corps entier : or do l'afflux du sang dépend l'activité nutritive et fonctionnelle des tissus. Le sympathique est donc le grand régulateur de la circulation, et par là il règle l'apport nutritif, la production de la chaleur animale, les sécrétions, en d'autres termes le phénomène même de la via des organes en ce qu'il a de plus intime.
Certains agents physiques ou chimiques modifient le pouvoir réflexe des centres nerveux : le froid, la morphine, par exemple, le modèrent et l'endorment ; que cette action modératrice soit poussée trop loin, et, les réflexes indispensables à la vie s'arrètant, la mort survient. D'autres agents, la chaleur, la strychnine, augmentent au contraire les facultés réflexes de la moelle. Les travaux de Claude Bernard ont montré que le curare anéantit les facultés des nerfs moteurs, et là encore la mort survient par l'impossibilité et la disparition des mouvements respiratoires et circulatoires. D'autres substances, telles que le chloroforme et l'éther, partent leur action sur les centres cérébraux eux-mêmes et suppriment la perception et le mouvement volontaire.
On a cherché, pour la moelle comme pour la cerveau, à localiser les divers réflexes dans des. régions spéciales. Les localisations do la partie supérieure de la moelle sont les seules certaines. Nous citerons seulement celles qui appartiennent à une partie du bulbe, au plancher du ventricule cérébelleux ou quatrième ventricule : là sont les contres des mouvements de déglutition, de mastication, etc.; là surtout est le centre des mouvements respiratoires, ou nœud vital, dont la lésion amène une mort foudroyante.
Quant à la physiologie des nerfs, nous n'avons pas à la traiter à part ; elle est comprise tout entière dans l'étude que nous venons de faire des fonctions des centres. Pour plus de détails on se reportera soit aux articles dos sens spéciaux [Tact, Vue. etc.), soit à l'article Sensi/jilité.
Ou s'est demandj avec quelle vitesse chomine, le long des nerfs, l'iaflux nerveux (sensation ou
TABAC
incitation motrice). Nous ne pouvons entrer dans le détail des curieuses expériences qui ont permis de déterminer cette vitesse : nous dirons seulement qu'elle ne dépasse pas trente mètres par seconde ; elle est donc relativement modérée, et hors de toute comparaison avec la vitesse électrique ou lumineuse. " Prompt comme la pensée » est, au sens strict et mathématique, une locutioa fort peu exacte si elle prétend donner l'idée d'ujie très grande rapidité.
Tels sont, en abrégé, la disposition et le rôle, chez l'homme, du système nerveux. Appareil d'une complication merveilleuse, il sert à relier toutes les partiesde l'empire organique à celle en qui réside le gouvernement vital : présent partout par les filets innombrables de son réseau, il avertit à chaque instant le pouvoir central de ce qui se passe sur chaque point du territoire l't porte aus>i partout les ordres émanés du centre. Far lui les vies distinctes de toutes les parties s'unissent, se confédèrent, se confondent en une seule vie : par lui, l'ordre et l'harmonie régnent dans la machine vivante ; par lui enfin cette machine prend conscience de sa propre vie et la dirige à son gré.
Nous n'ajouterons plus que quelques mots, pour passer rapidement en revue les modifications du système nerveux à mesure qu'on descend dans l'échelle animale.
Chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, le type général reste sensiblement celui que nous venons d'étudier, et reproduit les mêmes grandes divisions, cerveau, cervelet, moelle, etc. Mais chez les oiseaux, le cerveau a perdu ses circonvolutions. Sa surface est lisse ; et à mesure qu'on passe des oiseaux aux reptiles et de ceux-ci aux batraciens et aux poissons, la division de l'axe cérébro-spinal en ses trois parties devient moins nette, le cerveau et le cervelet n'ayant plus que des proportions fort exiguës.
A partir des insectes, la simplitication est encore plus marquée : l'axe nerveux est représeuté par une double chaîne de ganglions, reliés entre
eux par des filets longitudinaux : les deux ganglions céphaliques sont les plus grands et fournissent les nerfs de la vue et des antennes (toucher). Chez les crustacés, la disposition est la même, sauf dans quelques groupes supérieurs où tous les ganglions sont réunis en une seule masse centrale.
Dans les annélirtes, la chaîne est souvent simple, fort menue. Enfin, parmi les zoophytes, les uns ne nous offrent plus que des vestiges d'appareil nerveux ; chez les autres cet appareil parait manquer totalement.
A mesure que l'anatoraie du système nerveux se simplifie et devient plus rudimentaire, la physiologie se simplifie aussi, au point de ne plus pouvoir se décomposer en fonctions spéciales. L'intelligence proprement dite, en tant qu'elle se sépare de l'instinct, diminue avec la complication des circonvolutions, et surtout avec le volume de l'encéphale. Bientôt il semble que l'instinct subsiste seul ou presque seul. Mais l'instinct lui-même s'amoindrit et s'efface ; les dernières classes d'animaux ne nous offrent plus qu'une vie presque végétative, d'où le phénomène intellectuel a disparu sans laisser de traces.
La sensibilité et la motricité semblent subsister jusqu'au bout. Remarquons seulement que les organes de ces deux facultés ne sont plus séparables chez les animaux inférieurs. Le long cordon nerveux de l'annélide possède, dans toutes ses parties, les mêmes propriétés : si l'on coupe l'animal en plusieurs tronçons, chaque fragment continue isolément à sentir et à se mouvoir.
Ainsi, à mesure que l'on descend les degrés de l'échelle, on voit le merveilleux appareil par lequel l'animal manifeste ses fonctions caractéristiques perdre peu à pou ses complications, et se restreindre k un type de plus en plus rudimentaire : on le voit enfin, par des transitions insensibles, atteindre ce dernier degré de simplicité au delà ducjuel l'être vivant a perdu ses caractères d'animal et doit se ranger dans le monde des végétaux. [D' E. Pécaut.l
TABAC. — Hygiène, XII. — Le tabac est une plante de la famille des Solanées (V. Solanées, p. 204:1. V. aussi Plnnles industrielles, p. luli)).
En France, le tabac est livré à la consommation par la régie sous dift'érentes formes :
1° Le tabac à priser ou râpé ;
T Le tabac i chiquer, ou rùles ;
3" Le tabac à fumer, qui comprend le scaferlati ou caporal, et les cigares.
La variété dite de cojttine est formée de qualités inférieures. Les fouilles de tabac subissent des préparations différentes pour chaque forme commerciale. Cependant toutes les sortes sont mouillées et entassées de manière à y développer ujie fermentation qui développe l'aronie et donne naissance à divers produits volatiles parmi lesquels domine l'ammoniaque.
La fermentation et les manipulations que l'on fait subir au tabac tendent d'ailleurs h diminuer la proportion de nicotine qu'il renferme. La nicotine est un poison volatil des plus violents : une goutte tue un chien de moyenne taille : l'homme succombe à une dose de ' à 8 gouttes.
Voici quelle est la proportion moyenne de nicotine contenue dans les variétés de tabac les plus usitées :
Tabacs du Lot 8 0/0
— du Lût-.l-UarunnL'.. 7 —
— |de Viiginic 1 —,
Tabacs du Kentucky 6 0/0
— d'ille-et- Vilaine 6 —
— du Nord 6 —
— du Pas-de-Calais S —
— du Brésil.'.'.'.'.'.'.'.'.'.'.'.'..'.".'...'.'... 2 —
— de la Havane 2 —
— de Hongrie, moins de 1 —
— de Grèce — 1 —
— de Turquie — 1 —
Après le sel, le tabac est la substance dont on fuit le plus généralement usage. On estime sa consommation totale à :)(M), 000,001) do kilogrammes. F.n France elle est d'environ 32,000,000 de kilogrammes. Or, 100 kilogrammes de tabac indigène payes aux cultivateurs, par la Direction générale, au prix de 90 à 100 francs, sont revendus par la régie "00 ou 800 francs ; ce qui produit pour le trésor une magnifique source de revenus. Mais la culture du tabac, en France, enlève à l'agriculture 2'.', 000 hectares d'excellentes terres et I7,0ll0 ouvriers.
A Paris la dépense en tabac est d'environ 500,000 francs par jour, c est à-dire qu'elle représente une somme suffisante pour fournir du pain à toute la population. Notons d'ailleurs que l'impôt du tabac pèse surtout sur les classes pauvres. Dans les familles d ouvriers, on prélève au moins 100 francs par an pour se procurer ce poisun onéreux, et l'on diminue d'autant la quantité d'aliments réparateurs.
TABAC
TABAC
On voit par cet aperçu combien los questions économic|ues sont étroitement liées aux questions d'Iiysiène.
Si le tabac a été violemment attaqué, depuis son introduction dans le vieux monde, il a ou aussi, il a encore des défenseurs convaincus.
Interrogez un fumeur sybarite, et voici ce qu'il vous dira : La fnmco du tabac me cause une série de sensations agréables, d'abord assez confuses, mais que l'on pourrait exprimer par une plus grande facilité de vivre, avec prédominance de la vie cérébrale. Le moi sensitif et intellectuel semble moins comprimé dans sa demeure ; les sensations, un peu émoussées il est vrai, deviennent plus pénétrantes : on dirait qu'elles participent de la nature des sentiments ; l'esprit devient plus réceptif, l'imagination se développe, et les mots arrivent comme d'eux-mêmes pour peindre les images qui se succèdent vives et rapides ; la vie terre à terre a disparu, je suis sur une autre scène, je me laisse aller aux rêveries fantaisistes, je me souviens, je combine, je crée, en un mot je vis dans l'idéal. Toutes réserves faites pour ce qui est do ce genre d'idéal, vous pourriez répondre à ce fumeur délicat : L'excitation des centres nerveux dont vous nous avez décrit les symptômes les oblige à une dépense de force, à une usure proportionnelle à leur activité; après un certain temps, il survient une réaction qui se traduit par un peu de langueur, d'apatliie, de lassitude ; l'idéal disparaît, le réel impressionne peu; il y a engourdissement, atonie, paresse, mélancolie ; à l'exaltation des puissances et des facultés succède une déchéance momentanée. Après une période de réparation, votre organisme reprend son état normal, d'où vous pourrez le faire sortir encore par le même moyen. Seulement, en vertu d'une loi très sage et très utile de notre nature, toute impression répétée à un court intervalle srinousse; nous en avons de moins en moins ciiiiscience, de sorte que, pour produire chaque fois une sensation d'intensité égale, l'impression doit augmenter chaque fois d'énergie. Celui qui fume pour penser, pour sentir, pour combiner, pour créer, se condamne à produire chaque jour une quantité croissante de fumée. Là n'est pas le plus grand mal ; le vrai péril, pour ce qui concerne l'intelligence, le voici : toutes nos fonctions sont susceptibles d'habitudes. Si vous accoutumez vot'O cerveau à n'entrer en activité que sous l'influence de stimulants, il refusera de le faire lorsque vous l'en priverez : vous passerez votre existence dans des alternatives d'excitation et de demi-stupeur, et vous ne pourrez secouer la torpeur envahissante des périodes de réaction que par une nouvelle dose de la drogue enivrante. De plus, en vertu de la solidarité des organes et des fonctions, il arrive bientôt que le corps réclame une excitation factice pour l'accomplissement des actes naturellement automatiques. Le fumeur a besoin de fumer pour se donner de l'appélit, puis il fume pour faciliter la digestion : il fume encore pour accomplir les fonctions les moins idéales. L'usage du tabac peut, au premier abord, paraître assez innocent ; il s'est répandu sous des formes qui n'éveillent ni crainte ni grande répugnance : il prend même volontiers des airs comme
■ il faut. Ses efforts sont assez insidieux pour échapper h l'observation ordinaire ; c'est un ennemi intime dont on ne se défie que quand il est trop tard pour remédier au m:il qu'il a causé.
Bon nombre d'hygiénistes conciliants se déclarent prêts k tolérer l'usais"' du tabac, pourvu que
' l'on évite l'abus. Nous avons montré (V. SHmulunts] le danger de cette concession. Une fois l'u.sage admis et permis, comment empèclier l'assuétude qui énifjusse les sensations et conduit fatalement à l'abus?
I 2' Paiitie.
Des travaux aussi sérieux qu'intéressants prouvent que le tabac nuit aux occupations intellectuelles, et les statistiques des aliénistos démontrent qu'on peut lui imputer une part dans l'augmentation des maladies mentales.
Il est bien connu que le tabac altère et contribue indirectement ii propager l'ivrognerie. Mais, comme compensation, on a allégué en sa faveur qu'il diminue le besoin d'alimentation. Cette remarque est fondée sur une observation incomplète des faits. 11 est certain que le fumeur supporte plus facilement la privation de nourriture quand il peut satisfaire son habitude favorite. Pour lui la sensation de la faim s'émonsse sous l'action de la nicotine. Mais il faut bien se garder de confondre la sensation de la faim, le besoin de manger, avec le besoin de réparation produit par la vie et par l'exercice. Aucune substance ne diminue la perte éprouvée par le corps pour maintenir sa chaleur propre et pour produire du travail. Bi on arrive, par un moyen factice, à. diminuer les sensations qui correspondent au besoin de réparation, on évite une souffrance actuelle, mais on s'en prépare de bien plus cruelles causées par la nutrition insuffisante et son cortège de maladies.
Les hygiénistes de tous les pays sont d'accord pour reconnaître les inconvénients sociaux et moraux et les dangers auxquels expose l'usage du tabac. Une société s'est fondée en Franco en 18GS pour prémunir contre ces dangers. Elle a été autorisée sous le nom à' Association française contre l'abus du tabac.
Le texte de la circulaire rédigée par le bureau de cette association expose le but qu'elle veut atteindre, et les moyens d'action qu'elle se propose de mettre en usage :
<i La science et l'expérience ont démontré que l'abus du tabac exerce une funeste influence sur la santé publique. Il est aujourd'hui reconnu que les maladies mentales, les paralysies générales, les affections cancéreuses des lèvres, de la bouche et de l'estomac, les troubles de la digestion, de la vision, etc., augmentejit dans des proportions qui coïncident avec la consommation du tabac.
'i II est également prouvé que l'abus du tabac contribue au relâchement des liens de la famille et porte atteinte aux intérêts moraux de la société.
« Après une sérieuse enquête, M. le docteur Jolly, membre de l'Académie de médecine, résume sa pensée en ces termes :
« Les déplorables effets du tabac, au double point u do vue hygiénique et social, sont tels, que je « voudrais pouvoir me les dissimuler à moite môme, et que j'ose à peine les faire connaître, n tant ils sont affligeants, tant j'en demeure con- II fondu I »
« C'est pour combattre une telle calamité qu'un comité d'organisation, composé de médecins, d'hygiénistes et de philanthropes, s'est constitué en association ayant pour but de prémunir toutes les classes de la société, tous les âges, et principalement la jeunesse, contre les dangers du tabac.
« Tout le monde est intéressé au succès de l'association : le fumeur, qui s'est créé un besoin onéreux et compromettant pour sa santé ; celui qui, s'abstenant de fumer, est incommodé par l'odeur du tabac; le riche, que ses loisirs exposent plus encore aux effets d'une habitude gênante et souvent irrésistible; l'ouvrier qui, pour fumer et boire, prive souvent du nécessaire sa femme et ses enfants ; le pauvre, qui est tourmenté par une passion qu'il ne peut satisfaire; la mère de famille, qui gémit (le voir ses fils s'abandonner h un abus portant à l'intempérance et à l'oisiveté ; la jeune fille qui, après une union, objet do tous ses vœux, verra son mari désortcr le foyer cojijugal
TACT
TACT
pour se retirer dans le fumoir, dans les estaminets ou ailleurs.
t( Est-il besoin d'ajouter que le tabac est cause d'un grand nombre d'incendies, d'explosions, de catastrophes et d'accidents graves ? qu'il occasionne cliaque année, en France, un préjudice matériel de plus de trois cents millions de francs?»
Cette association rend d'importants services par les conférences et les publications qu'elle encourage. Mais ses efforts resteront impuissants tant que le gouvernement ne consentira pas à prendre en main cette question d'iiygiène publique : la suppression du tabac, il faudra sans doute les efforts combinés des hygiénistes et des économistes pour démontrer qu'en somme l'Etat aurait tout à gagner à cette mesure, malgré la perte temporaire que subirait le trésor. Mais même en supposant que la suppression du revenu de la régie constituât une perte sèclie, il n'y aurait pas à hésiter en présence des arguments si concluants des hygiénistes.
En attendant la suppression absolue, le gouvernement pourrait d'ailleurs atténuer dans une large mesure les conséquences fâcheuses de l'usage du tabac en ne livrant à la consommation que des produits à peu près complètement privés de nicotine. [D' Saffray.]
TACT. — Zoologie, XXXVIII. — Le tact^ ou toucher, est un sens mixte qui nous révèle en même temps: 1° la tempcralure des corps ; '2° le degré de pj-ession que ces corps exercent sur nos téguments.
L'organe de ce sens comprend toute l'étendue de la peau, et une partie des muqueuses. Comme il n'a pas été consacré d'article spécial au sens du (joût, nous étudierons successivement le tact proprement dit, et le goût, dont la langue est le siège unique. Nous terminerons par quelques considérations complémentaires sur les fonctions et l'hygiène de la peau *.
On sait que la peau et les muqueuses se composent de deux parties distinctes, l'une profonde, le derme, l'autre superficielle, épiilerine pour la peau, éfiith-liurn pnur les muqueuses. Cette seconde partie semble absolument indispensable pour le toucher. Ses fines saillies, que l'on nomme les papille», sont en quelque sorte le vrai siège de cette f.iculté; plus ces papilles sont nombreuses, développées, finement recouvertes d'épiderme, plus cette faculté est exquise. Certaines productions de la peau, par cela seul qu'elles dérivent de cet organe, jouissent de la même sensibilité tactile; tels sont les poils qui, chez les félins, garnissent l'extrémité du museau; tels sont les tentacules cornés des insectes, etc.
Examinons le détail de cet organe spécial, la papille, en qui réside le toucher. Et tout d'abord disons qu'il y a des papilles nerveuses, contenant des vaisseaux et des nerfs, et des papilles vasculaires qui ne renferment que des vaisseaux; ces dernières, malgré l'analogie de leur conformation extérieure, n'ont rien à faire avec le tact, et nous les laisserons de coté.
Une papille nerveuse est une saillie da derme, que recouvre et coiffe l'épiderme ; ce prolongement, qui a en quelque sorte la forme de l'extrémité d'un doigt, est d'un volume variable, mais toujours très petit. C'est dans lepaisseur du derme qui remplit la papille que le nerf sensitif vient se terminer par un appareil dont la forme et la structure varient suivant les papilles et les régions. D'une façon générale, cet appareil est toujours constiiué par un renflement de la substance du nerf : le renflement est tantôt asiîez régulièrement arrondi (corpuscules de Krause), tantôt conique (corpuscules de Meissner). Que ces corpuscules soient détruits, que les nerfs qui viennent y aboutir soient coupés, et les papilles sont frappées d insensibilité, dégénèrent, et se transforment eji
une petite masse graisseuse. Les malades qui on* été atteints de paralysie de la sensibilité présen" tent la même altération du derme; chez eux les papilles ne fonctionnent plus, subissent la mort graisseu.=e, et, à la place des corpuscules, ne renferment plus que des gouttelettes huileuses. Par là, il est démontré que ces corpuscules sont bien les organes du tact.
Il faut ajouter que dans bien des régions du corps, mais surtout dans l'épaisseur de la trame du derme, et dans le tissu conjonctif sous-cutané, on trouve des organes d'une parfaite analogie, mais d'un volume plus considérable, et qui sont régulièrement appendus aux filets nerveux comme les grains de raisin à une grappe. Ces petites masses nerveuses, très visibles à l'œil nu, senties corpuscidei d-. Pacini. Comme les organes des papilles, ces corpuscules renferment l'extrémité terminale des nerfs sensitifs qui les portent. On a beaucoup discuté sur leurs fonctions. Si on les trouve à la main et aux doigts, il faut avouer qu'on les observe aussi en des régions toutes différentes, notamment dans les articulations, dans le mésentère, etc. : certains physiologistes ont vu dans cette distribution un motif de douter de leurs fonctions tactiles. Aujourd'hui on s'accorde à leur reconnaître ces fonctions ; dans les articulations ils servent à nous faire connaître le degré de pression des os les uns sur les autres, ou des muscles sur les os; dans le mésentère, ils nous renseignent sur la pression subie par les viscères abdominaux; enfin à la peau, ils perçoivent les pressions extérieures.
Le sens du toucher est d'autant plus développé et délicat que la région considérée est plus richement munie de nerfs et de corpuscules nerveux. La pointe de la langue, le bout des doigts, les lèvres, la plante du pied sont les points du corps où le tact s'exerce avec le plus de perfection.
De nombreuses et curionses expériences ont permis de comparer exactement les diverses régions du corps au point de vue de leurs facultés tactiles. L'instrument dont on se sert dans ces recherches est une sorte de compas, dit compas de Weber ; on en applique les pointes sur les régions à étudier et on détermine par tâtonnements successifs quel écartemeni il faut donner à ces pointes pour qu'elles soient perçues séparément. C'est amsi qu'à l'extrémité de la langue, il suffit, poiir provoquer cette double perception, d'un millimètre d'écart; à la paume de la main, il faut 2 millimètres ; il en faut r2 au dos de la main ; la peau des épaules, de la poitrine, du ventre, du dos surtout demande un écart de 4, 5 et même 6 centimètres. ,
En promenant lentement le compas sur la peau, on détermine ce que l'on nomme les cercles de sensation, c'est-i-dire les cercles où la sensation des deux pointes se confond en une seule. Il resuite de ce que nous venons de dire que ces cercles sont de surfaces très variables, très petits à la langue, par exemple, et très larges au dos. On pourrait croire que chacun de ces cercles a pour centre un seul corpuscule du tact, qui transmet et confond en une seule les deux sensations ; il n en est rien. Un seul de ces cercles peut comprendre jusqu'à douze de ces corpuscules, c'est-i-dire au moins douze filets nerveux. La confusion s opère donc, non dans l'extrémité terminale et cutanée des nerfs, mais dans les centres nerveux eux-mêmes. Ainsi s'explique le l'ait que l'habuode et la volonté puissent faire en quelque sorte 1 educatmn de la neau, et en augmenter la délicatesse tactile.
Onant à la peau des membres, de noinbreuses et natientes recherches ont conduit à formuler celte loi générale, que la sensibilité à la pression augmente à mesure qu'on s'éloigne du tronc. En. d'autres termes, plus le segment considère estmo-|
TACT
TACT
bile, plus il est sensible : c'est qu'en effet, plus | la localisation tactile. La fameuse expérience une région jouit do mouvements étendus, plus elle j d'Aristote montre, mieux que nulle description, le doit être à même do tirer de ces mouvements, et i mécanisme de ce genre d'erreurs. Si l'on croise de son contact avec les corps extérieurs, les reii- l'index et le médius dune même main, en les faiscigaoments nécessaires. Les extrémités digitales, I sant passer l'un par dessus l'autre, et que, entre placées à l'extrémité du plus mobile des leviers les bouts des doigts ainsi croisés, on place une
osseux, sont aussi par excellence l'organe du tact, celui dont nous usons le plus souvent.
De la sensation de pression se tirent, pour nous, une foule do renseignements variés et précis, que l'habitude nous conduit à prendre pour des sensations spéciales. Ainsi, selon que la pression est plus ou moins uniforme, nous jugeons que la surface d'un corps est lisse ou rugueuse, plane ou ronde, etc. Le degré d'intensité de la pression nous fait apprécier la dureté ou la mollesse de ce
petite boulette de pain, on a immédiatement la sensation de deux boulettes séparées. L'explication est simple; on caresse cette boulette avec les côtés des deux doigts qui ne se correspondent pas habituellement, qui sont au contraire habituellement éloignés l'une de l'autre; en sorte que l'on est accoutumé à. reporter à deux objets différents les sensations qui frappent à la fois les côtés en question de ces deux doigts.
Et cependant, en dépit de ces confusions fata-
corps, c'est-à-dire sa consistance ; et c'est ainsi i les, en dépit de l'obscurité des notions que nous que, les yeux fermés, nous jugeons si un corps est | donne parfois le tact, et des erreurs auxquelles ce solide ou liquide, grand ou petit, pulvérulent ou ' sflns est sujet, à quel degré d'exquise dolici/.<«sse en fragmenis, etc. Enfin c'est aussi l'intensité de , l'habitude, dirigée par la volonté et l'intelligence, la pression qui nous donne la notion du poids, i ne peut-elle pas l'amener I L'aveugie, qui lit du Mais il faut ajouter que cette notion dérive en bout du doigt, ou qui perçoit dans le silence abmême temps d'un autre genre de sensations, dont solu le voisinage d'un obstacle, offre un exemple de il est parlé à l'article Sensiliilité, les sensations la merveilleuse transformation d'un organe immusculaires, qui nous renseignent sur le degré | parfait, presque grossier, en un instrument admid'énergie des contractions de nos muscles. rablement sensible et comme « clairvoyant ».
Le genre et le degré de pression ne sont pas | L'organe du tact ne perçoit pas seulement la les seuls renseignements que nous tirions du température et la pression. Il perçoit encore la tact. Nous apprécions, outre la forme, la consis- [ douleur. Faut-il voir dans la douleur une sirte de tance, l'étendue et le poids des corps, leur tem- j troisième sensibilité? Ou bien n'est-olle que l'inpêrature. tensité extrême, excessive, des deux autres ordres
Toute la surface du corps est sensible à la ! de sensations'? La question n'est pas encore tranchaleur, mais non également. Les lèvres, les j chée. Toutefois, la plupart des faits observés sem- •doigts, les joues et surtout le dos de la main pos- \ blent donner raison à la première hypothèse. De
sèdejit au plus haut degré cette faculté. C'est à l'aide du dos de la main, et non de la paume, que nous jugeons habituellement do la chaleur d'un corps vivajit, de la pluie qui tombe, etc. Les lieux d'élection de la sensibilité tactile ne sont donc pas les mômes suivant qu'il s'agit de la température ou de la pression.
Pour que cette faculté entre en jeu, il faut que les températures appréciées soient comprises entre 0° et 70» : en deçà ou au delà de ces limites les sensatioiis de froid ou de chaud se
ces faits, le plus important est celui de Vanalijésie, ou insensibilité h. la douleur, qui s'observe alors même que la température et la pression sont encore perçues. Il semblerait donc que, suivant l'opinion de BroHfu-Séquard, les trois genres de sensibilité soient distincts, indépendants, et possèdent chacun ses appareils et ses conducteurs propres, qui peuvent être isolément atteints ou respectés par la maladie.
Telles sont, dans leur ensemble, les particularités les plus remarquables que présentent les
transforment en douleur. Encore est-ce entre 30" fonctions tactiles de la peau.
et 40" que nous pouvons le plus délicatement ap précier les variations de température. Ce qui revient à dire que nous apprécions mieux les degrés de chaleur qui se rapprochent de notre propre limite thermique (37").
Chose curieuse, l'étendue de la région exploratrice n'est pas indifférente à l'exactitude de l'observation. Un doigt plongé dans un liquide à 30" donne l'idée d'une chaleur moins forte que la main entière dans un liquide à 25° seulement (Kuss).
Ajoutons enfin que, dans bien des cas, ces deux genres de sensibilité, l'une à la pi'cssion (poids, forme, consistance, étendue), l'autre à la température, se mêlent et se brouillentpour nous égarer : de deux objets également pesants, le plus froid nous semble le plus lourd : de deux objets d'égale température, le plus lisse nous semble le plus froid, etc.
Beaucoup d'erreurs du tact proviennent de ce phénomène, commun à toutes les sensations, et que nous avons décrit sous le nom à.' extériorité (V. Système nerveux et Senuljihté) : quel que soit le point du nerf impressionné, la sensation est reportée à l'extrémité terminale de ce nerf. Les malades auquels la rhinoplastie a refait un nez à l'aide de la peau du front, reportent au front toutes les sensations, tous les chocs qui viennent frapper leur nouvel appendice nasal. Les amputés souffrent du pied ou de la main qu'ils n'ont plus, etc.
Une autre cause d'erreur est ce qu'on a appelé
Tout autres sont les fonctions de la muqueuse delà langue, dont nous allons parler, et qui constituent un sens spécial, le sens du yoùl.
Le GOUT. — Ce sens n'a pas le caractère de spécialité que présentent l'ouïe, l'œil, l'odorat, etc. Les notions qu'il nous fournit, tout en rentrant malaisément parmi les notions do la sensiijilité générale, se rangent plus malaisément encore parmi les sensations spéciales : la preuve on est que l'on divise généralement les saveurs en agréables et désagréatjles.
La vérité est que la langue jouit à la fois d'une double sensibilité, l'une généralo, l'autre spéciale, et que les saveurs sont les unes des sensations vraiment gustatives, les autres de pures sensations tactiles.
Parmi les nombreuses saveurs que l'on aénumérées, la plupart sont très vagues. Il est évident par exemple que les saveurs dites « alcooliques », « empyreumatiques », « aromati(|ues », etc., relèvent autant de l'odorat que du guùt. Elles sont inaperçues quand, pour une cause ou pour une autre, l'odorat ne fonctionne pas : une personne enrliumée ne peut pas déguster de vin ; oti fait plus aisément avaler aux enfants certains remèdes désagréables en leur bouchant le nez, etc.
Les saveurs farineuses, les saveurs Qomineuses, les saveurs fraîches ne sont très évidemment que des impressions tactiles: les premières sont la sensation toute mécanique d'un corps pulvérulent en contact avec l'épithéliurn ; les seconclos se révèlent par l'impression d'une cansistancc molle.
TACT
TACT
pâteuse; quant aux troisièmes, elles ne sont que la perception d'un simple refioidissement, dû à la dissolution ou à l'évaporiition rapides de certains corps. Les saveurs ocres, taiiniques, etc., sont une véiitable douleur, causée par 1 impression sur la muqueuse d'une substance qui la détruit et la corrode.
Entre ces sensations purement générales, tactiles, et les sensations (justatiee^, peuvent se ranger, à titre d'intermédiaire et de transition, les saveurs dites salées, nicalines et acides. Ces impressions, en eft'et, ne sont pas perçues par la [leau, même excoriée, du moins pas nettement. En outre elles prennent naissance sous l'influence du courant galvanique, ce qui semblerait les ranger plutôt parmi les sensations gusiatives.
Celte élimination graduelle nous conduit à ne reconnaître comme appartenant incontestablement au goût, et au froùt seul, que deux sensations : celle du doux et celle de Vumer. Les .seuls corps véritablement sapvles sont les corps sucrés et les corps amers (sucre, miel, coloquinte). Rien ici ne peut se rapproclier de la sensibilité tactile; il s'agit bien d'une fonction à part, d'un sens particulier, et ces deux saveurs suffi.«ont ù elles seules à rendre légitime la place que le goût occupe parmi les organes des sens spéciaux. Quelles sont les parties de la bouche qui sont le siège de la gustation ? De nombreuses expériences ont permis d'affirmer que la langue en est le siège exclusif. Les locutions populaires qui attribuent ce rôle au palais sont des expressions parfaitement en desaccord avec les faits. La vérité, c'est qu'en général nous triturons les substances afin de les mieux goûter : le palais nous oflrant une surface dure et rigide, nous les écrasons entre la langue et la voûte palatine, multipliant par là les points de contact et de gustation ; mais encore une fois ce rôle du palais est un rôle purement mécanique.
En poussant plus loin la recherche du siège exact du goût, en touchant la langue à l'aide d'un pinceau imbibé de substances sapides, en la recouvrant d'une gaîne de baudruche qui ne laisse k découvert que les points observés, enfin en s'entourant dns précautions les plus minutieuses, en arrive à reconnaître que certaines parties seulement, et non l'organe entier, ont un rôle actif dans la gustation. La partie antérieure du dos de la langue, et toute sa surface inférieure, sont inactives. Les sensations gustatives ont pour siège unique la base de la langue, c'est-à-dire la partie qui correspond à l'isthme du gosier. C'est donc à l'endroit où s'opère le réflexe de la déglutition, sur le seuil même où s'arrête l'empire de la volonté et où ciimmence le domaine de l'acte involontaire, que siège le goût : véritable « portier », suivant la remarquable image de Jean Macé, qui ouvre ou ferme aux substances la porte au delà de laquelle elles cesseraient de nous appartenir, et ne pourraient plus être rejetées.
C'est en effet dans cette région que se trouvent situées des papilles spéciales, les unes semblables à de vérital'les champignons, à court pédicule, à tête arrondie, les autres en forme de larges calices, situées chacune dans une petite excavation de la muqueuse, et qui toutes contiennent les nerfs condurteurs des sensations gustatives. Les papilles caliciformes, régulièrement disposées, forment, sur la base de la langue, la figure connue sous le nom de V lingual.
Pour que les corps sapides soient perçus, il faut qu'ils soient dissous. C'est pour cela que la salivation s'artive dans la gusiation : c'est pour cola encore que la vue ou môme l'idée d'un mets appétis.>^ant lait venir « l'eau à la bouche ». Il faut, en effet, que les molécules sapides pénè-
trent dans la trame de la muqueuse et arrivent au contact des nerfs des papilles. Il n'est même pas besoin que le corps sapide pénètre par la surface linguale, pourvu qu'il soit charrié jusqu'à ces nerfs. Ainsi, quand on injecte du lait dans le torrent sanguin d'un chien, on le voit se passer la langue sur les lèvres; quand on lui injecte de la coloquinte dans les veines, on le voit baver, et essuyer ses mâchoiies. Dans les deux cas, l'animal a perçu les saveurs, l'une sucrée, l'autre amère. Ainsi encore, dans l'ictère ou jaunisse, quand la bile a envahi les tissus et le sang, on éprouve une forte saveur bilieuse, amère, encore que la langue soit souvent fort nette. Peu importe donc la voie par laquelle pénètre le corpssapide, qu'il vienne de l'extérieur ou de l'intérieur. La seule condition nécessaire est qu'il soit dissous. C'est pour cela que la glande maxillaire, très développée chez les carnivores, n'existe pas chez les granivores. Ces animaux qui avalent sans goûter n'ont pas besoin de dissoudre leurs aliments. Les fonctions de cette glande sont si indispensables à la gustation que Claude liernard avait proposé de la regarder comme essentiellement associée aux autres organes du goût.
Nous terminerons cette brève étude par quelques considérations sur l'organe du tact, la peau *.
La prodigieuse richesse nerveuse de la peau, l'énorme étendue de cet organe, donnent à la moindre altération de ses fonctions un dangereux retentissement sur l'équilibre organique tout entier. C'est en effet par la peau que le système nerveux, cet appareil du a si délicat mécanisme en qui réside le gouvernement et la régulation suprême de la vie, vient s'exposer directement, et sur une très large surface, aux agents et aux influences extérieures. Dès lors on conçoit aisément que des lésions de la peau puissent entraîner des troubles nerveux plus ou moins graves, depuis l'insomnie et les névralgies, jusqu'au délire, aux convulsions, à l'épilepsie, etc. (fièvres éniplives, brûlures graves, etc.). On conçoit également comment tel agent physique, l'eau, par exemple, froide ou chaude, peut, en n'atteignant que la peau, avoir une action calmante ou tonique sur tout le système nerveux, et par là sur l'organisme entier.
Rappelons-nous, d'ailleurs, qu'en dehors de ses fonctions d'organe tactile, la peau remplit dans la physiologie de l'animal deux rôles d'égale importance.
Le premier est celui du régulateur de la chaleur animale. Des millions de glandes, cachées dans la trame du derme, versent à la surface du corps un litre environ de sueur par 24 heures. L'évaporation incessante de cette couche d'humidité^ amène un refroidissement qui vient contrebalancer dans une mesure variable la chaleur produite par les combustions des tissus, ^lai^ telle est l'admirable graduation de celte production liquide, qu'elle maintient, comme on sait, en tout état de cause, la chaleur humaine au chilTre invariable de SI". Quelles que soient les variations du climat, ou do 1 alimentation, ou de l'e^iercice, au pôle comme à l'équateur, chez le gros mangeur du nord, comme chez le sobre habitant de l'Inde, après une course rapide, comme au réveil matinal, la peau gradue l'intensité de sa fonction et du refroidissement épiderinique, de façon à maintenir constant ce chiffre seul compatible avec la santé. Cette fonction capitale cesse-t-elle de s'accomplir, ce mécanisme délicat n'a-t-il plus sa précision habituelle, la chaleur s'élève, et la fièvre éclate. La peau est donc par excellence le régulateur de la combustion, c'est-à-dire de la vie en son plus intime phénomène.
En second lieu, la ju-au est le siège de phénomènes respiratoires d'une intensité considérable :.
TARTRE
TARTRE
elle respire comme le poumon, c'est-à-dire qu'il y a absorption d'eau et exhalation d'acide carbonique ; ccttH exhalation varie entre les chiffres de 10 et de 12 litres par 24 heures. Le tégument externe a d'ailleurs d'étroites relations avec le centre respiratoire : il est le point de départ du ri'/lexe (V. l'/iysiologie) de la respiration. C'est la peau qu i nous permet de respirer dans le sommeil , dans la distraction, en général dans tout le cours de notre vie, à part les occasions exceptionnelles où nous faisons de la respiration un acte volontaire. Un animal dont la peau est enduite de goudron se refroidit et meurt d'asphyxie, encore bien que ses voies respiratoires soient libres et ouvertes. Il est arrivé parfois qu'un homme tombé dans une cuve d'eau bouillante, et retiré aussitôt, présentait une brûlure superficielle de toute la surface do son corps, brûlure peu grave en elle-même. Dans ces cas, on a vu la mort se produire par un étrange mécanisme : la. peau, superficiellement détruite, ne fournissait plus au réflexe respiratoire le point de départ indispensable, et le malheureux ne respirait plus que par saccades, et par un acte de volonté ; nul sommeil, nul instant de distraction possibles ; bientôt la lassitude survenait, augmentait, devenait toute-puissante, et l'asphyxie amenait la mort.
Il suffit de ce rapide résumé des fonctions de la peau pour montrer quel intérêt capital s'attache à la santé parfaite de cet organe.
H faut d'abord que la peau soit maintenue dans un état de propreté parfaite, et qu'elle soit constamment débarrassée de l'accumulation des débris épithéliaux, des résidus de la sueur, et des poussières accumulées ; cette propreté est une condition mécanique indispensable au libre écoulement de la sueur. Des ablutions fréquentes doivent assurercette condition. Un bain touslesqninze jours, même s'il est possible toutes les semaines, est nécessaire. Encore faut-il multiplier ces ablutions pour les parties du corps où les glandes sudoripares sont plus nombreuses, pour les pieds, par exemple.
Il ne suffit pas de nettoyer la peau, il faut la tonifier, et par elle, agir d'une façon à la fois fortifiante et calmante sur le système nerveux. On y réussit par l'emploi prolongé de l'eau frnide. L'hydrothérapie, lorsqu'il n'y a pas de contreindication dans une faiblesse particulière de la poitrine ou de tout autre organe, est l'un des plus sûrs et des plus puissants moyens de fonder et d'entretenir la santé générale. Elle est trop rarement employée dans notre pays. Elle devrait, sous la forme d'ablutions quotidiennes de tout le corps, entrer dans nos mœurs nationales, et dans l'hygiène de la famille, comme elle est entrée, par exemple, dans les habitudes anglaises. Elle doit, en tout cas, entrer largement dans l'hygiène scolaire, où elle sera particulièrement utile pour réagir contre l'excès de fatigue nerveuse et de tension cérébrale. [D' E. Pécaut.]
TARTRE ET ACIDE TARTRIQUE. — Chimie, XMII. — Le tartre est une substance saline, impure, plus ou moins colorée en rouge, et qui se dépose en croûtes sur les parois des cuves où fermente le vin ou encore dans les tonneaux où il séjourne. Le tartre colore des vins rouges ne diffère du tartre incolore des vins blancs que par la matière colorante qu'il contient en plus.
Comi.osition. — En mil, le célèbre chimiste suédois Scheele découvrit dans le tartre un acide particulier, qu'on a appelé acide tartriqne, et qui s'y trouve combiné à la potasse, à l'alumine, à, l'oxyde de for et à la chaux. Le tartre est un mélange en proportions un peu variables de bitarirate de potasse, de tartrale d'alumine, de tartrate de fer et de tartrate de chaux. Le bitartrate de
potasse, appelé encore tartrate acide de potasse, on constitue la plus grande partie.
Le tartre purifié par une série de cristallisations s'appelle crème de tarife; c'est alors du bitartrate de potasse pur, qui a pour formule GSH^KO'^.
Propriété!!. — Ce sel se présente en beaux cristaux durs qui croquent sous la dent. Ils ont une saveur acidulée, rougissent fortement le tournesol, se dissolvent même dans l'eau froide, mais sont insolubles dans l'alcool. Le bitartrate de potasse en dissolution dans l'eau peut dissoudre certains oxydes métalliques en formant des tartrates doubles, c'est-à-dire à deux bases différentes, h'éinétiqu", appelé encore tartre stibié, est un tartrate double de potasse et d'antimoine. Le sel de Seignette, appelé ainsi du nom du pharmacien qui l'a décomert en 1G72, est un tartrate double de potasse et de soude.
Les cristaux de la cfême de tartre sont des prismes obliques dont les angles et les arêtes longitudinales sont tronqués. Ils se décomposent par la calcination en donnant une vapeur acide et en laissant pour résidu un mélange noir de carbonate de potasse et de charbon, appelé /lux nnir et qui sert à la préparation du potassium ; si avant la calcination on l'a mélangé à un peu d'azotate de potasse, le résidu sera blanc, on l'appelle alors flux blimc.
Acide tartriqne. — L'acide tartrique a pour formule C'H°0'2; comme nous l'avons dit, il a d'abord été découvert par Scheele dans le tartre, mais il existe aussi libre ou combiné à la potasse dans un grand nombre de végétaux, par exemple dans les cornichons, les raùres, les ananas, les baies de sorbier, les pommes de terre, les topinambours, le poivre noir, etc.
Préparation et propriétés. — Pour préparer l'acide tartrique, on met de la craie dans une dissolution de crème de tartre dans l'eau bouillante; il y a effervescence, il se forme du tartrate de chaux insoluble qui se dépose, et du tartrate neutre de potasse qui reste dissous. Le tartrate de chaux délayé dans l'eau après la filtration est traiié par l'acide sulfurique étendu. Il se forme du sulfate de chaux insoluble, et la liqueur renferme l'acide tartrique qui, après filtration, se dépose en gros cristaux prismatiques obliques, quand la liqueur a été amenée à la consistance sirupeuse. Ces cristaux se conservent à l'air, mais la dissolution aqueuse d'acide tartrique se recouvre à la longue de moisissures. L'acide tartrique se dissout dans la moitié de son poids d'eau froide; il est encore plus soluble dans l'eau bouillante; il se dissout aussi dans l'alcool.
L'acide tartrique fond vers 180°; cliauffé sur une lame de platine, il se boursoufle, brûle et donne une odeur do caramel. L'acide sulfurique concentré et à chaud le détruit en donnant de l'oxyde de carbone et de l'acide sulfureux. L'acide azotique l'oxyde et le transforme en acide oxalique.
La chaux, la baryte, la stroniiane sont précipités par l'acide tartrique en donnant des tartrates insolubles. Dans les solutions très concentrées des sels de potasse, l'acide tartrique donne un précipité blanc caractéristique qui ne devient visible que par l'agitation.
Action de l'acide tartrique sur In lumière polarisée. — L'acide tartrique dont nous venons de parlera la propriété, découverte par Biot, de dévier à droite le plan de polarisation de la lumière.
En 1S22, M. Kestner, industriel àTliann, décou vrit dans le tartre des raisins des Vosges un acide tartrique ayant des propriétés différentes do l'acide tartrique connu, quoique ayant la même composition ; il l'appela paratartrique ou racémique. Cet acide n'exerce aucune action sur la lumière polarisée, ne dévie le plan de polarisation ni à droite ni à gauche. M. Pasteur ayant préparé
TARTRE
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avec l'acide paratratrique un sel à deux bases, la ' grammes cliez les enfants. Les malades cmpoisoude (H l'ammoniaque, put examiner au micros- sonnés sentent un goût métallique, ont des vomiscope les cristaux de ce sel, et il reconnut que les sements, des coliques, des selles copieuses. La uns présentaient !a dissjmétrie qu'on a appelée face est altérée, la peau froide, la respiration difhémiédrie droite, et \ps 3iUlres\'hémiéd>-ie gauc/ic ; ficile ; bientôt surviennent des vertiges, des il put les séparer mécaniquement et constata que crampes, des convulsions, des syncopes, puis la conformément Ji la loi d Herschell, les premiers mort.
dévient à droite le plan de polarisation, tandis Usages df l'acide taririque et des fartiates. — que les derniers le dévient à gauclie. Des uns il On consomme une grande quantité d'acide tartriput extraire un acide analogue à l'acide ordinaire, que dans l'indiennerie comme rongeant (V. Teinl'acide lirait, des autres un acide qui fut appelé tiire). On l'emploie aussi dans la fabrication de acide gauclie parce qu'il dévie à gauche le plan de l'eau de selz qu'on fabrique soi-même avec les appolarisation. En mélangeant ces deux acides à poids ' pareils gazogènes des ménages. On introduit dans égaux, M. Pasteur put, conformément h sa pré- ^ la partie inléi'ieure du sipbon un mélange d'acide vision, constater que le produit n'avait aucune tartrique et de bicarbonate de soude; l'acide caraction slii la lumière polarisée et présentait toutes bonique déplacé par l'acide tartrique se dissout les propriétés de l'acide paratartrique. ! sous sa propre pression dans l'eau qui occupe la
M. Pasteur a pu préparer l'ncide (artrir/ve gau- \ partie supérieure de l'appareil. L'acide tartrique che de la manière suivante : il soumet l'acide pa- sert aussi à la préparation de la limonade tartriratartrique à l'action des spores d'un végétal mi- ' que et du sirop tartrique employés comme temlioscopique appelé le Pénicillium glauciim. Ce ! pérants.
ferment détruit l'acide droit, et au fur et à me- j Le tartre purifié sert à la préparation de l'acide sure qu'il agit, on voit apparaître dans la liqueur ' tartrique et des tarifâtes ; il est aussi employé convenablement disposée pour cela le pouvoir comme mordant en teinture ; on l'emploie encore rotatoire gauche. i comme laxatif, en l'introduisant à la dose de 15 à
M. Pasteur est arrivé à transformer Vncide 20 grammes dans une limonade quelconque ou droit et X'wide gauche en acide paratartrique; bien dans du bouillon aux lierbes. Le lartrate de pour cela il prépare un tartrale de ciiichonitie potasse et de fer e.st une préparation ferrugiqu'il cbaufTe pendant 5 ou 6 heures à 170°. Il neuse excellente i la dose de 25 centigrammes. On traite ensuite la masse par l'eau bouillante et- peut le prendre dans du vin. [A. Jacquemart.] précipite la solution par le chlorure de calcium j TKIINTl'RE. — Chimie, XXVI. — La teinture qui doune du paratarlrate de ch:iux insoluble. est l'ensemble des procédés par lesquels l'indus- La distillation sèche de l'acide tartrique donne trie fixe les couleurs sur les tissus ou sur les manaissance à deux zc\àe^ py7-ogénes : l'acide pî/ioî'fl- ' lières textiles avec lesquelles on fera ces tissus. cémiqve et l'acide pyrotartrigne, qui sont accom- L'art de la teinture exige des connaissances nompognés de nombreux produits secondaires (W'urtz). ' breuses et variées. Nous n'en pouvons donner ici 'liirtrates. — L'acide tartrique peut former avec qu'une très courte et très incomplète descriples bases deux séries de tartrates ; les tnrtrates tion.
neutres et les ta> trates acides. Les pn miers ren- Historique. — Les petiples primitifs aiment les ferment deux équivalents de métal pour un d'à- couleurs les plus vives, comme le rouge, l'écarcide, tandis que les seconds n'en contiennent [ late. Dans les écrits de l'antiquité on parle souqu'uii.ll peut se faire que les deux équivalents de vent d'étoffes teintes en pourpre; l'art de teindre Dictai soient formés par deux métaux différents, ! était fort répandu à Tjt et à Sidon. Du temps des comme dans les émêtigiies; dans ce cas-là les; Romains, Karbonue avait des ateliers de teinture sels s'api ellent des larlrates douilles. en pourpre d'origine phénicienne ou carthagi-
lai tiate double de potasse et d'antimoine noise, et il y avait des pêcheries de pourpre sur (cniétique, tartre stitié.) —Ce médicament, dont les côtes de la Méditerranée et môme de l'Atlanti- 11 est pour la première fois fait mention à la : que en difl'érents endroits. La pourpre est tirée fin du xv« siècle, par Basile Valentin, a pour j d'une espèce de mollusque, le /'(«■//«ca /a//i//«s, qui formule C'H*;Sb02 K0i2-f HO. Pour le préparer, ' vit surtout dans la Méditerranée. On préparait
on fait bouillir, dans 100 parties d'eau, JO parties d'oxyde d'antimoine avec 12 de crème de tartre, en renouvelant leau à mesure qu'elle s'évapore. Au bout d'une heure on filtre, l'émétique se dépose par refroidissement.
L'émétique peut être obtenu en cristaux octaédriques, à base rhombe, transparents, mais devenant opaques en perdant de l'eau. Chauffes à 280", les cristaux se déshydratent de nouveau et se détruisent. Au rouge en vase clos, l'émétique détruit laisse pour résidu un alliage d'antimoine et de potassium mélangé à du charbon. Cette masse noire prend ftu, détone et lance des étincelles quand on y projette un peu d'eau.
Lémétique se dissout dans 14 fois son poids d'eau froide et 2 fois son poids d'eau bouillante.
L'ne infusion de noix de galle précipite l'cmc-
quetn flocons blancs.
Une lame d'étain qu'on y plonge se recouvre d'un dépôt noir d'antimoine.
A petite dose, l'émétique agit comme vomitif. Si les doses sont répétées, l'organisme s'y habitue et peut en supporter de plus fortes. On l'emploie en pastilles pour faire expectorer et pour calmer la toux; il constitue aussi la base de certains lOchs.
A forte dose, l'émétique est un poison qui peut amener la mort, même à la dose de 10 et 5 ccnti-
aussi une pourpre dite végétale avec la garance et le bleu de pastel et qui était le violet pourpre. D'après Pline, non seulement les Egyptiens se servaient de couleurs, mais ils savaient les fixer et connaissaient l'usage des mordants.
Matières (olo>-antes. — Nous avons donné à l'article Coloriantes {Matières) des indications sur les principales substances qui servent i la teinture, telles que la cochenille, la garance, le carthame, l'indigo, l'aniline et ses dérivés, etc. Nous y renvoyons le lecteur.
On appelle lagues en teinture des combinaisons de matières colorantes avec des oxydes métalliques comme l'alumine, l'oxyde d'étain; le ton des laques est plus vif que celui de la matière colorante, et c'est ordinairement à l'état de loques qu'on la fixe sur les tissus. D'après M. Chevreul, la teinture résulte non d'une combinaison chimique avec le tissu, mais d'une adhérence plus ou moins profonde résultant de l'absorption de la matière colorante par le tissu : ce serait une espèce d'nffinilé capillaire, n'offrant pas les caractères des combinaisons définies [\ . Combinaison). C'est une action semblable qui doit se passer dans l'action décolorante du noir animal, puisqu'on peut lui reprendre la matière colorante par des lavages alcalins.
Le chlore, l'acide sulfureux ont un pouvoir dé-
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colorant qui fait employer le chlore pour le blancliinieiit lies cliifTons, l'acide sulfureux pour blanchir la laine, la soie, les chapeaux de paille.
La rosée agit sur certaines matières colorantes en les détruisant plus ou moins rapidement. Le blanchiment de la toile que l'on étend dans la prairie est dû à cette action, dont la véritable cause est probablement dans l'ozone dissous dans la rosée (V. O.tygéni').
Comme dernier exemple de décoloration, citons cette expérience de M. Pcrsoz : dans unedissohiiion de matières colorantes on plonge les racines d'une balsamine; le liquide absorbé est décoloré parles racines et on le voit circuler incolore dans les vaisseaux ; mais lorsqu'il arrive dans les pétales, en contact avec l'air, il reprend sa couleur primitive.
Purification et préparation des matières textiles. — Il n'y a guère que les poils végétaux, comme le coton, qu'on puisse teindre sans une préparation préalable. Le lin, le chanvre, la laine, l'a soie portent à leur surface des matières diverses qu'il faut enlever pour que l'adhérence puisse avoir lieu entre la libre textile et la matière colorante.
On enlève les matières grasses du lin et du chanvre par le rouissage, espèce de putréfaction de la matière grasse.
La laine contient une matière organique azotée et des matières grasses dont le mélange constitue le suint et qui peuvent représenter jusqu'à 52 0/0 de son poids.
Le désuintage des laines se fait en les traitant par une lessive alcaline qui enlève les corps gras en les saponifiant.
La soie est surtout recouverte d'une matière résineuse et d'une matière gommeuse dont on la débarrasse par le décreusage.
On la fait bouillir dans l'eau, qui enlève la matière gommeuse, puis l'action des alcalis et un lavage dans une eau savonneuse enlève la matière résineuse et ce qui peut rester de matière étrangère quelconque. Après h'S opérations dont nous venons de parler, il est encore nécessaire de blanchir les étofl'es, soit par le chlore, soit par l'acide sulfureux, soit par l'action de la rosée sur le pré.
Mordants. — Rarement la teinture se fait sans l'intervention d'une substance chimique quelconque. Cela peut avoir lieu quand la matière colorante peut se déposer en naissant, comme dans la teinture de la soie par le carthame, la teinture à la cuve d'indigo. Mais généralement le tissu no fixe pas la matiè"e colorante dissoute sans l'intermédiaire d'une substance, appelée mordant, qui se combine avec la matière colorante en même temps qu'elle se lixe par adhérence avec le tissu. Les mordants les plus employés sont : l'alun de potasse, l'alun ammoniacal, le sulfate et l'acétate d'alumine. Ils sont appliqués à des températures qui varient avec les tissus. La laine est alunée h. chaud et pendant 24 heures.
L'acétate d'alumine est surtout employé dans les fabriques d'indienne. Pour les teintures foncées, on emploie comme mordant l'acétate de fer.
Le mordant d'étain ou protochlorure d'étain sert pour teindre en rouge avec la cochenille.
Impression sur tissus. — L'impression sur tissu est une véritable peinture. L'étoffe est d'abord soumise au rasage, qui a pour but d'enlever tous les petits filaments qui la recouvrent. Cela se fait avec une tondeuse, machine composée d'un cylindre armé de couteaux disposés en hélice; le grillage, qui pour la laine doit précéder le rasai/e, consiste à faire passer les étoffes sur des rouleaux suffisamment chauffés. Dans l'impression, la matière colorante doit être épaissie, ainsi que les mordants, avec de l'argile ou des gommes ;
on les applique ensuite sur le viann, par places, sin moyen de planches ou cylindres gravés. Cela se fait de doux manières : par l'impression genre teinture et par l'impression genre application.
L'impression genre tiinture se fait en déposant sur l'étoffe les mordants épaissis sur <les points déterminés et en trempant ensuite l'étoffe dans le bain colorant ; la teinture ne prend qu'aux places où le mordant a été déposé.
Dans l'impri'ssion genre application, le rouleau dépose on même tejupsle mordant et la couleur; le fixage se fait en soumettant l'étoffe h une température de 100° avec des rouleaux chauffés b. la vapeur. A Rouen et en Alsace, et maintenant dans les Vosges où se sont transportées plusieurs usines du Haut-Rhin, on imprime avec des matières insolubles qu'on fixe sur l'étoffe au moyen de l'albumine extraite pour cet usage du sang provenant des abattoirs. On emploie aussi le gluten : c'est cette substance qui la première, il y a une vingtaine d'années, a été substituée au blanc d'ceuf. C'est ainsi qu'on fixe le bleu dit d'outre-mer, puis l'oxyde vert de chrome, et enfin le charbon que les teinturiers emploient pour teindre en noir ou en gris.
L'impression sur tissus constitue une industrie do premier ordre en France et en Europe. Ses principaux centres sont Rouen, Mulhouse, Thann, Paris, Manchester, Londres, Glasgow, Bàle , Barcelone, Vienne. Quelques usines alsaciennes ont émigré depuis dix ans et se sont établies .'i Epinal et dans divers points des Vosges ; elles semblent, en ce moment, devoir prendre une très grande extension, et rendre ainsi à notre pays la primauté de l'indiennerie que la perte du Haut-Rhin paraissait lui avoir enlevée pour longtemps. Autrefois l'impression ne se faisait que sur l'indieime, mais aujourd'hui elle se fait sur toute espèce d'étoffe et de tissus.
L'impression sur étoffe est fort ancienne ; elle nous vient de l'Inde, de \h le nom d'indienne donné aux tissus de coton sur lesquels on l'a d'abord exclusivement appliquée. Les indiennes ont été introduites en Europe par les Portugais vers la fin du XV* siècle.
Les premières manufactures s'élevèrent en Angleterre, en Hollande et en Suisse; en 1746, Kcechlin et Dolfuss élevèrent les premières usines à Mulhouse, qui devait être le centre de l'industrie alsacienne. En 1759, Oberkampf fonda la première fabrique en France, celle de Jouy (Seine-et- OiseJ. [Alfred Jacquemart.]
TÉLÉGRAPIIli:. —Connaissances usuelles, VII.
— Etym. : du grec télé, de loin, et 'jraphein, écrire.
— Nous trouverions certainement le principe, l'élément de la télégraphie chez les peuples les plus primitifs, s'il existait des documents rappelant les mœurs et coutumes de ces peuples. Nul doute en effet que du jour où il exista des relations familiales ou sociales entre les hommes, l'idée dut venir à tels ou tels d'entre eux d'attacher un sens à des signaux perçus i distance et formulant un avis convenu, annonçant une nouvelle prévue ou espérée. Chaque jour encore nous avons l'exemple de ce que put être cette correspondance; cachaque jour il arrive que toiles ou telles personnes, qui doivent à un moment donné se trouver les unes par rapport aux autres hors do la portée de la parole, conviennent qu'un geste fait, qu'un objet montré ou placé de quelque manière ait telle ou telle signification pour ceux qui l'apercevront. A la vérité, c'est li beaucoup plus encore une simple prolongation de l'effet de la parole, qu'une télégraphie proprement dite. La première mention signiticative d'une correspondance télégraphique se trouve dans une tragédie d'Eschyle, .igamem- 71011. Au début de la pièce, un garde est en vedette
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sur la terrasse du palais d'Agamomnon, et il se plaint, non sans raison, nous senible-t-il, d'attendre depuis dix ans, c'est-à-dire depuis que l'illustre roi d'Argos son maître est parti pour le siège de Troie, le signal qui doit annoncer la prise de cette ville. Ce signal, qui n'est autre qu'un feu allumé sur une montagne bornant l'horizon, le garde l'aperçoit, et il court en avertir la reine. Celle-ci annonce la grande nouvelle au peuple, qui lui demande à quel n:oment l'événement s'est accompli. Il Cette nuit même, » répond la reine. Grande surprise des citoyens, carTroie est distante d'au moins cent lieues, et il n'est pas dans l'ordre des choses possibles qu'un message ait pu franchir en aussi peu de temps une pareille distance. Alors la reine explique comme quoi, lors du départ de son époux, il avait été convenu entre lui et elle qu'il l'instruirait de la prise de Troie aussiiôt qu'elle aurait lieu, à l'aide de feux que des soldats, apostés d'avance à cet effet, allumeraient de montagne en montagne, à partir du mont Ida, voisin de la ville assiégée, jusqu'au mont Arachné. dont le sommet peut être vu de la terrasse du palais d'Argos.
L'idée d'Eschyle ne tomba pas, paraît-il, dans l'oubli, car environ deux cents ans plus tard, les ingénieurs d'un des successeurs d'Alexandre reprirent son système pour le perfectionner. Ils imaginèrent de diviser les lettres de l'alphabet en groupes correspondant Ji des fanaux plus ou moins nombreux, que des sentinelles, placées de distance en distance, élevaient ou abaissaient dans un ordre convenu.
Les Carthaginois avaient construit sur le littoral de l'Afrique, puis sur celui de l'Espagne quand ils eurent conquis ce pays, des suites de tours desti nées à transmettre des signaux h combinaisons modifiables, qui constituaient par conséquent un véritable langage. Les Romains ne manquèrent pas d'emprunter aux Carthaginois ce système de communication. On peut voir un des postes télégraphiques qu'iis établirent successivement sur toute l'étendue de l'empire figuré sur les bas-reliefs de la colonne Trajane, et l'on voit encore dans l'ancienne Gaule, devenue province romaine, notamment à Bellcgarde, Arles, Uzès, dans la vallée de Luchon, plusieurs des tours ayant servi à la transmission des signaux en temps de guerre. Nous savons d'autre part que les Gaulois, nos ancêtres, avaient eux aussi un mode de correspondance fort expéditif, auquel ils employaient, pense-t-on, ou des feux, ou des crieurs; car l'histoire rapporte que lors de la prise d'une de leurs principales villes par les Romains, ils en firent savoir la nouvelle à plus de quatre-vingts lieues en moins de trois heures.
Bien loin des Gaulois et des Romains, dans ce grand empire de l'exlrême Asie, dont les peuples d'Occident ignoraient alors l'état de civilisation avancée, en Chine, il y a quelque deux mille ans, sur cette fameuse gtande muraille que les fils du Ciel avaient fait constiuire comme obstacle ."i l'invasion des Tartares, on avait placé par intervalle des tours qui étaient dites o fumec, parce qu'on y faisait des signaux à l'aide de fourneaux il plusieurs issues où l'on brûlait la fiente dune espèce do loup, qui donne pendant la combustion une fumée très noire. Des tours semblables étaient aussi placées le long des côtes pour l'appel des troupes en cas de débarquement des pirates japonais ; ces divers postes télégraphiques existent encore, mais ils ne méritent plus leur premier nom, car on a cessé d'y faire du feu, et (lartaut delà fumée, depuis que certaine impératrice, voyageant avec son époux et voulant s'amuser à transmettre des signaux, répandit sans s'en douter la nouvelle de la mort de l'enipereur. Les signaux ont été faits de- 1 puis à l'aide de fanaux pendant la nuit, et de drapeaux pendant le jour. 1
Ainsi, aux deux extrémités des continents connus des anciens, fonctionnaient il y a une vingtaine de siècles de véritables lignes télégraphiques: il semblerait donc normal que chez nous, comme au sein du ( éleste Empire, l'usage .s'en fût continué ; mais en Europe nul peuple de l'ère moderne ne se trouva pour faire valoir cet ingénieux, cet utile héritage de l'antiquité. Ce n'est qu'il la fin du xvii' siècle qu'ont lieu de nouveaux essais de télégraphie, qui tous laissent supposer de la part de leurs auteurs ou l'ignorance ou le dédain absolu de ce qu'avaient fait les anciens. A deux Français qui furent contemporains revient l'honneur de cette tentative. C'est d'abord le physicien Amontons, dont l'invention se trouve mentionnée dans l'éloge que Fontonclle fit de lui après sa mort. Le système imaginé par Amontons fut expérimenté une fois devant le Dauphin, fils de Louis XIV, une autre fuis devant la Daupliine, mais on ne passa pas à l'application. C'était, paraît-il, à l'aide de guetteurs munis de lunettes d'apiiroche et placés les uns par rapport aux autres i une distance relative il la portée de ces lunettes, qu'.^montons pensait faire circuler des signaux, qui étaient autant de lettres de l'alphabet, et qui devaient être transmis de Paris à Rome, par exemple, presque en aussi peu de temps qu'il en fallait pour les faire. Nous ne savons rien du mode de production des signaux. On a aussi gardé le souvenir d'une invention qu'avait faite cenain commissaire de la marine à Arles, nommé Guillaume Marcel, qui se faisait fort de transmettre aussi bien de nuit que de jour un message à de grandes distances aussi rapidement qu'on pouvait l'écrire. Des expériences furent faites, dont un procès-verbal constata les heureux résultats sans donner toutefois aucun détail des appareils ni du système. Et il n'en est rien venu jusqu'à nous, car l'inventeur ayant il maintes reprises sollicité la faveur de renouveler ses expériences devant le roi ou devant les ministres, et ne recevant aucune réponse, fut pris d'un accès de désespoir dans lequel il brisa ses machines et brûla les descriptions qu'il en avait faites.
En 1684, le célèbre géomètre et physicien anglais Robert Hooke imagina un mode de transmission de signaux à l'aide de planches noires prenant diverses positions au bout d'un mât : et c'est là qu'il faut voir l'origine des services dits sémophoriques généralement établis aujnurd'hui le long des côtes et à l'entrée dos ports, pour communiquer avec les navires venant du large.
Entre temps l'on avait, non pas découvert, mais étudié attentivement les phénomènes électriques que les anciens n'avaient fait qu'entrevoir, et comme l'on avait constaté 1 extrême rapidité avec laquelle le fluide électrique se propageait, l'idée dut tout naturellement venir à plusieurs physiciens d'utiliser cette faculté pour la transmission des messages. Mais l'on ne connaissait que l'électricité dite bien improprement statique, obtenue par frottement, et quelque ingénieuses que fussent les dispositions imaginées à l'effet de la rendre messagère de la pensée humaine, on fut surtout arrêté dans les applications usuelles par la difficulté d'isoler convenablement les fils conducteurs.
A l'époque où ces essais infructueux étaient tentés, le hasard avait fait que trois enfants, trois frères du nom de Chappe, étaient placés en pension, l'un au séminaire d'Angers, les deux autres dans une institution dont les fenêtres, à la distance de trois ou quatre kilomètres, faisaient face à celles du séminaire. Le jeune séminariste aimait beaucoup ses frères dont il n'avait jamais été séparé ; il imagina, pour rester en correspondance fréquente avec eux, d'établir à une fenêtre du séminaire certain appareil composé d'une grande règle de bois blanc pouvant tourner sur un pivot
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central et portant h chaque bout une ri'gle également pivotante, dont les divers mouvements constitueraient autant de signaux que les autres enfants observeraient h l'aide d'une petite lunette d'approclie et traduiraient d'après un vocabulaire convenu. 1,'ossai réussit îi merveille. Une machine semblable fut placée h la fenêtre du pensionnat, et, tant que dura leur séparation, les trois frères purent converser avec la plus grande facilité. Cela se passait vers \1V>. Dix-neuf ans plus tard, au temps où les armées de la République étaient occupées à reprendre les places frontières dont les coalisés s'étaient emparés, le 1" septembre 1794, comme la Convention venait d'entrer en séance, le représentant Carnot monta à la tribune pour lire une dépêche qui, remarqua-t-il, était partie de Lille quekjiœ^ yninutes auparavant et faisait savoir ;\ l'assemblée que le matin même la ville de Condé avait été restituée à la République. De longs applaudissements saluèrent non seulement l'annonce de cet événement, mais encore les éclatants débuts d'un nouveau système de communication rapide, qui, récemment établi par ordre do la Convention entre Paris et Lille, inaugurait ses services par l'annonce d'une victoire. Or, ce système n'était autre que l'application à un service public du moyen dont le cidevant séminariste d'Angers s'était jadis servi pour correspondre avec ses frères ; mais avec cette différence qu'au lieu d'une transmission immédiate des signaux entre les deux points extrêmes, un certain nombre de stations intermédiaires, placées au sommet d'autant de pavillons à, portée de vue d'une lunette, les répétaient successivement. De Paris Ji Lille, pour une distance d'environ CO lieues, ces pavillons étaient au nombre de vingt-deux et il ne fallait pas plus de deux minutes pour que le signal partant de l'une des extrémités de la ligne parvînt à l'autre extrémité. A la pointe de ces pavillons, dans la paroi desquels étaient fixées des lunettes braquées dans les deux sens sur le pavillon le plus voisin, se dressait l'appareil à signaux qui, analogue Ji celui du séminaire, était formé d'une grande planche longue, pivotante,appeléere3'i/a/eM;',et do deux petites nommées ailes pouvant évoluer k chaque bout delapremière. L'appareil extérieur était commandé par un appareil intérieur, prenant tout d'abord les positions voulues et agissan sur d'autres par un système de chaînettes et de poulies. L'employé, toujours guettant chaque pavillon à l'aide de ses deux lunettes, jû-enaii d'une part le signal qu'il répétait aussitôt, et il n'en prenait et répétait un nouveau qu'après s'être assuré que le précédent avait été vu et répété par le pavillon suivant. Parla combinaison des diverses positions que pouvaient prendre les trois planches, on obtenait environ deux cents (19G) signes différents, dont la moitié avait été réservée pour traduire conventionnelloment les ordres ou avertissements nécessaires au service de la ligne. Les autres signaux étaient affectés aux dépèches, mais on ne les employait pas alphabétiquement, car chaque signe exigeait un temps relativement trop long pour qu'on eût pu songer h procéder par lettre successive. Claude Chappe avait imaginé de dresser un vocabulaire contenant autant de pages qu'il y avait de signaux disponibles pour la correspondance, chacune de ces pages avait à son tour autant de mots ou de phrases toutes faites, ce qui faisait un total d'environ neuf ou dix mille mots ou phrases les plus usuels. Chaque mot ou phrase h transmettre n'exigeait que deux signaux, l'un indiquant la page, l'autre celui des mots ou celle des phrases dont on avait voulu se servir : ce qui n'empêchait pas que pour la traduction d'une locution ou d'un nom imprévu l'on ne put indiquer par un signal réservé que la
traduction devenait accidentellement alphabétique.
Tel était en principe le mode de correspondance du télégraphe Chappe ou télégraphe aérien qui, adopté chez nous en 1793, puis successivement par la plupart des nations européennes, a été le seul appareil télégraphique usité en France pendant près de soixante années. Quelque ingénieux que fût ce système, quelques services qu'il pût rendre, on pouvait h bon droit lui reprocher les nombreuses interruptions de fonctionnement inhérentes à son principe même, car outre qu'il suffisait de la moindre brume pour faire obstacle à toute transmission des signaux aériens, encore fallait-il admettre le repos normal et obligé qu'amenait cliaque retour des heures nocturnes. D'une expérience d'un demi-siècle, il résultait, d'après les rapports officiels, que le télégraphe aérien, une saison compensant l'autre, ne pouvait fournir qu'une moyenne de six heures de travail par jour. Et si nous disons moyenne, il s'en suit que nous opposons aux belles périodes atmosphériques des mois d'été, les périodes automnales et hivernales durant lesquelles des semaines se passaient sans qu'il fût possible de transmettre le moindre signal. Donc le télégraphe Chappe. fort applaudi h ses débuts, laissait h désirer, et très évidemment il n'avait pas dit le dernier mot de la télégraphie.
Kn iSOO, une grande découverte avait été faite qui allait ouvrir une nouvelle et féconde voie aux chercheurs. Le physicien Volta avait imaginé \a.pi.le éleclriquf. (V. Electricitc, p. 6.ii8) qui, au lieu du fluide à, extrême tension émanant de la machine 'a frottement,et dont il était presque impossible d'isoler parfaitement les omdmleurs, fit connaître ce qu'on appela le courant électrique ou l'électricité dynamique qui, ayant beaucoup moins de tendance à la déperdition, peut être aisément conduite \ de grandes distances à l'aide de fils métalliques dont il est relativement facile d'obtenir l'isolement. Encore qu'on pût pressentir qu'il y avait li un agent utilisable pour la transmission des messages, ridée pratique d'un mode d'application devait se faire attendre jusqu'au jour où deux illustres physiciens, OErstedt d'une part, Arago de l'autre, eurent, en étudiant attentivement les effets de lappareil inventé par Volta, signalé deux remarquables phénomènes jusque-l.<i restés inaperçus. OErstedt constata que lorsqu'un fil conduisant le courant est présenté Si une boussole, l'aiguille aimantée, cessant d'obéir à la force mystérieuse qui la place en croix avec la ligne équatoriale, se trouve aussitôt influencée par le courant électrique et se place de manière à croiser le fil conducteur. On ne tarda pas à reconnaître en outre que dans son mouvement de déviation l'aiguille aimantée sait reconnaître un certain sens au courant, et placer, par exemple, sa pointe nord tantôt à droite, tantôt à gauche du fil conductenr, selon qu'il amènera l'un ou l'autre des deux fluides émanant des pôles de la pile. Sur ce premier principe fut presque aussitôt proposé l'établissement d'un système de correspondance i l'aide d'autant de fils qu'il y a de lettres de l'alphabet, dans lesquels on ferait successivement passer le courant qui s'en irait \ l'autre extrémité de la ligne dévier autant d'aiguilles portant les lettres. C'était, en vérité, compliquer singulièrement les choses, mais l'idée simple est rarement celle qui s'offre la première; et nous en avons ici la preuve très manifeste, car après la remartiuable observation d'OErstedt, il nous faut attendre dix-huit ans avant de voir le grand physicien anglais Wheatstone proposer et faire adopter d'enthousiamc, pour le service des chemins de fer, son télégraphe h cinq aiguilles, donnant dix positions différentes qui, représentant les dix chifl'res, permettent de cor-
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respondre en se servant du numéro d'ordre alpliabptique de chaqui' lettre. Un jour, mais après un long usage du télégraplie à cinq aiguilles et par conséquent icinq fils conducteurs, l'inventeur s'aperçoit qu'il peut réduire à deux le nombre des aiguilles et des fils. Deux aiguilles ne donnent plus, à la vérité, que quatre positions différentes, mais en combinant les coups de l'aiguille droite avec ceux de l'aiguille gauclie, on arrive cependant h traduire toutes les lettres sans employer pour aucune plus de quatre coups d'aiguille. Il y a progrès, et l'adoption de ce système (1844) semble d'autant plus conven-.ible qu'il va permettre de faire répéter à l'électricité une grande partie des signaux du système Cliappe. On installe donc chez nous le télégraphe h deux aiguilles. Quelque temps après, Wheatstone reconnaît et démontre qu'on peut obtenir des résultats tout aussi rapides et aussi pratiques en n'employant qu'une seule aiguille et par conséquent un seul fil. l'Ius que deux positions : coup à droite et coup à gauche, mais, encore par combinaison des coups, il n'en faut jamais plus de quatre pour traduire une lettre. Voilà comment l'on finit par où l'on aurait dû ou pu commencer. Trop tard d'ailleurs arriva cette dernière simplification : le télégraphe à une seule aiguille ne fit que naître et disparaître. Dans l'intervalle un tout autre système s'était imposé, ayant pour principe une observation d'Arago qui, en répétant l'expérience d'OErsiedt, avait constaté que le courant électrique passant près d'un objet de fer doux communique à celui-ci une aimantation qu'il perd aussitôt que le courant ne passe plus. Ainsi fut découvert ce qu'on appela l'clectro-aimnnl. c'est-à-dire une pièce de fer doux — et non d'acier — recourbée en fer Ji cheval, autour des branches de laquelle le fil conducteur recouvert de .soie, substance isolante, s'enroule un grand nombre de fois à l'effet de multiplier les effets du courant. Quand le courant circule dans ces spires, le fer doux acquiert une puissance magnétique énergique, qui disparait, s'annihile dès que le courant est interrompu. Soit donc un fil métallique partant d'une pile électrique, tendu par exemple de Paris à Lyon, où il va se rattacher aux spires d'un électro-aimant. Etant à Paris, nous savons que tant que nous laisserons le courant engendré par la pile passer dans un fil, l'électroaimant do Lyon aura la vertu magnétique, laquelle a pour effet d'attirer un morceau de fer placé à sa portée, etprêtàêtre ramené en arrière par un ressort dès que le courant est interrompu. Les choses étant disposées ainsi, il est évident que nous qui opérons à Paris, nous sommes en état de produire à volonté, là-bas, à Lyon, un mouvement de va-etvient. Et quand un mécanicien dispose d'un mouvement de ce genre, n'a-t-il pas le principe de tous les mouvements imaginables?
Quoi qu'il en soit, l'importante découverte d'Arago ayant été faite peu après celle d'OErstedt, c'est-à-dire vers 1821, un certain nombre d'années devaient encore s'écouler avant que germât l'idée pratique qui allait en permettre l'application. Ce ne fut qu'en 1837 qu'un professeur de peinture américain, Samuel Morse, — qui cependant affirme on avoir conçu le plan dès 1832 — fit fonctionner aux Etats-lli}is un système de télégraphe ayant l'électro-aimant pour organe agissant. Cette fois, du reste, il est à remarquer que l'idée première fut d'une telle simplicité qu'à l'heure actuelle l'appareil Morse est devenu d'usage presque universel sans qu'il ait été presque rien changé à sa disposition originale. Imaginons à l'une et à l'autre extrémité de la ligne un dévidoir garni d'une longue bande de papier i\\i\ se déroule, ici et là, avec la môme vitesse, par l'effet d'un poids tirant sur le dévidoir. Au-dessus de cette bande de papier est placé un poinçon,
ou un porte-craj-on monté à pivot, qui peut ou s'abaisser de façon à traîner en laissant sa trace sur le papier, ou se relever pour le laisser passer sans y rien marquer. Ce stylo traçant est commandé par l'armature ou plaque de f r qui peut être attirée par l'électro-aimant. Et c'est tout. Si maintenant nous plaçons sur le passage du courant ce que nous appellerons le manipulateur, c'est-à-dire une petite poignée à l'aide de laquelle, en y appuyant la main, nous fermerons le circuit qui sera interrompu dès que nous n'appuierons plus, il est évident que quand nous appuierons sur la poignée, le courant passant dans le fil conducteur, et animant l'électro-aimant, aux deux extrémités de la ligne, les 'tyles, poinçons ou crayons, traîneront sur la bande de |iapier et y marqueront soit de simples points si nous n'avons fait qu'abaisser rapidement la poignée, soit des traits prolongés si nous avons maintenu la poignée abaissée plus longtemps. Et voilà la correspondance établie ; bien entendu en donnant, comme d'ailleurs pour toutes les écritures, une valeur alphabétique conventionnelle aux divers groupes de points et de traits que nous aurons produits, et qui, par la possibilité des combinaisons, ne comporteront jamais plus de quatre marques pour une lettre.
Voici l'alphabet télégraphique du système Morse usité en France: k-im B»— » = «C^««— • D ..E> F..-i.Gi.-.. II ••-• !••
Il va de soi que tout se réduisant à une simple question alphabétique, les employés chargés de manœuvrer les appareils Morse arrivent en très peu de temps à se servir de cette écriture aussi facilement que des caractères usuels. Cela n'empêcha pas de songer à établir une correspondance en lettres connues, et le problème en lut très heureusement résolu par l'inventeur môme des télégraphes à ai;;uille, Wheatstone, qui n'eut pour cela qu'à transformer, comme fit Watt pour la machine à vapeur, le mouvement de va-et-vient en mouvement de rotation.
L'armature de l'électro-aimant commande un levier crochu qui, à chacun de ses mouvements, frappe sur une roue dentée qu'il fait tourner, et au pivot de laquelle est adaptée une aiguille marchant devant un cadran où sont marquées les lettres de l'alphabet. Chaque passage ou interruption du courant fait, en conséquence, avancer l'aiguille d'une lettre. Pour correspondre, il siiffit de convenir qu'on ne lira que les lettres sur lesquelles l'aiguille s'arrêtera un instant, après avoir passé rapidement devant les au'res lettres. C est ce qu'on appelle le télégraphe à cadran, généralement employé aujourd'hui pour le service de nos li''nes de chemins de fer, où il importe que sans apprentissage préalable le premier agent venu puisse manœuvrer les appareils et transmettre ou recevoir un avis. Enfin, voici le système Hughes, ou télégraphe imprimant, qui, au départ comme à l'arrivée, donne la dépêche traduite en caractères typographiques. Là encore l'électro-aimant est l'agent principal de transmission, mais avec adjonction de mouvements a horlogerie en parfaite concordance de rapidité, qui, à chaque bout do la ligne, commandent une roue portant les caractères en relief, laquelle se trouve arrêtée lorsque la lettre à imprimer passe devant le papier qui se déroule : système trùs compliqué en somme, mais fort apprécie pour la uromplitude avec laquelle il opère.
' Ou le voit, tous les effets désirables pour la
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TEMPÉRAMENT
correspondance peuvent ôlre obtenus aujourd'hui par la vi'rtu ihi conranl électrique qui se meut avec la vilesse d'environ quatye-viiHjt mille kilomètres fi la seconde ; ce qui rend absolument inappréciable pour nous le temps nécessaire i la transmission proprement dite d'un signal électrique, quelle quo soit la distance à laquelle il s'agit de la faire parvenir. Nons pouvons dire qu'il y a réellement instantanéité, les retards ne résultant, pour les grands parcours, que de la nécessité de traduction ou de transfert des dépêches d'une ligne à l'antre.
Chacun sait qu'aujourd'hui tous les principaux lieux habites du globe sont reliés entre eux par des conducteurs métalliques, tout simplement formés de lils soutenus le long des routes, des voies ferrées, par des poteaux garnis de godets de porcelaine établissant l'isolement aux points de support; pcuir la traversée des tunnels ou le passage intôrieur des villes, les fils, recouverts de gutta-percha, substance isolante, sont attacliés aux voûtes ou pl.icés dans des tranchées souterraines; enfin, quand il s'agit de faire communiquer deux terres séparées par la mer, on immerge un câble au cœur duquel sont réunis un certain nombre de fils conducteurs recouverts de gutta-percha, dont l'ensemble est protégé par des épaisseurs de fils goudronnés, enveloppés à leur tour par des torsades de fils de fer. La première tentative de ce genre, qui présenta de grandes difficultés, fut la pose du câble réunissant Douvres .'i Calais. On dut s'y reprendre à plusieurs fois avant d'avoir établi la communication qui, datant do 1851, n'a plus été interrompue. Mêmes échecs quand on songea k réunir l'Europe et l'Amérique. En 180fi, cette prodigieuse opération fut enfin menée à bien ; aujourd'hui plusieurs câbles relient les deux continents, et il n'est plus maintenant de distance transocéanienne qui ne semble possible ii franchir. [Eugène MuUer.]
Voici quelques renseignements statistiques sur le développement actuel de la télégraphie élec trique dans les divers pays du globe :
Belgique i .S37
Grande-Brel agne 1 ,
Allemagne i.
Luxembourg i.
Pavs-Bas 1.
France ).
Turquie l
Dan
Italie
Autriche-Honj;!-
Bulsaric.
Es|)afcne.
Seibie...
NorvèL-e .
Algéri,;..
Elats-Uni!
Guatémali Russie...
Indes ang Costa Kic:
Tunis
Egypte...
Japon . . . .
Mexique.
Australie.
Orange.
Canada...
Brésil....
Yen*^zuéla.
Paraguay.
Dépêches télégraphiques par cent habitants:
Australie 153
Suisse 93
Grande-Bretagne 67
Pays-Bas 67
Belgique 59
Danemark 48
France 3'}
Norvège 37
Allemagne 37
Canada 31
Luxembourg 29
Autriche-Hongrie 22
Italie..
Suède.
Grèce. Turquii
Portugal 15
République Arj;entiiic 12
Algérie ut Tunisie 12
Espagne 12
Serbie 10
Uruguay 9
Perse 3
Russie 8
Chili 7
Indes néeilanda
TEMPÉRAMENT. — Hygiène, I. — 11^ est im-
poriant de ne pas confondre la constitution avec le tempi-rament. Ce sont deux facteurs importants de l'organisation individuelle, qui s'empruntent certains caractères sans cesser d'être bien distincts.
On entend par constitution l'ensemble des circonstances et le mode de fonctionnement des organes qui déterminent l'énergie des forces physiques ; tandis que le tempérament affecte plus spécialement les forces vitales. De plus, la constitution est fondée sur des caractères antérieurs à, ceux qui déterminent et modifient le tempérament.
On juge et l'on classe simplement la constitution d'après le résultat général au point de vue de la force ou de la faiblesse. Souvent il existe un accord remarquable entre la constitution et le tempérament. Ainsi, chez beaucoup de personnes sanguines, les formes sont développées, les organes robustes, les muscles éner-gi(iues.^ Mais ce n'est pas toujours le cas, et alors l'iiygiène intervient très utilement pour rétablir l'harmonie ou pour pallier par le tempérament les désavantages de la constitution.
L'hygiène intervient d'ailleurs très utilement pour modifier, sinon la constitution dans son ensemble, du moins colle de certains organes. Ainsi la gymnastique des poumons suffit pour faire disparaître une faiblesse constitutionnelle de ces organes.
M. Littrô définit le tempérament : « le résultat général, pour l'organisme, de la prédominance d'action d'un organe ou d'un systè:iie. » Il ne faut pas séparer du tempérament i'idiosyncrnsie, c'est-idire la disposition spéciale pour chaque individu à être impressionné par les agents extérieurs.
Les divisions adoptées pour les tempéraments sont évidemment arbitraires, car la nature différencie les êtres par une série de nuances insensibles. Aussi ne faut-il pas attacher une trop grande importance au nombre de tempéraments adopté pour la facilité des oxpliculions.
TEMPÉRAMENT
TEMPERAMENT
Les physiologistes et les hygiénistes prennent pour terme de comparaison un tempérament idéal, ou plutôt une constitution si bien équilibrée qu'elle ne permet pas de distinguer un tempérament spécial. Chez l'homme répondant à ce type aucun organe ou système d'organes ne prédomine. Le mécanisme animal est réglé et équilibré de telle forte qu'aucune partie n'appelle spécialement l'attention ; la santé parfaite résulte de cet état.
On admet quatre tempéraments types : le sanguin, le nerveux, le bilieux, le b/niphatique. Les autres n'en sont que desi dérivés.
Tempérament snnyuin. — Les individus doués de ce tempérament offrent une physionomie animée, un regard vif, des mouvements ngiles, un pouls rapide mais régulier. Les fonctions digestives sont faciles ; la transpiration abondante rend l'urine un peu rare. La poitrine est très développée, convexe à la partie antérieure, tandis que l'abdomen est court et effacé. Au moral les gens sanguins sont généralement francs, courageux ; ils jouissent d'une bonne mémoire, d'une riche imagination, et se montrent enclins aux plaisirs. Chez eux la quantité de sang est considérable, le coeur et les gros vaisseaux présentent un volume et une force en rapport avec l'énergie de la circulation. L'excitation nerveuse agit rapidement sur la circulation, qui varie au gré des impressions reçues.
Ce tempérament sanguin est peut-être le plus compatible avec la perfection de la beauté et de la santé. L'hygiène des lymphatiques consistera naturellement à acquérir autant que possible les qualités de ce tempérament, par l'augmentation des globules sanguins, l'exercice, etc. ; tandis que les personnes chez qui le tempérament sanguin arrive aux limites de la pléthore obtiendront une modification avantageuse en se soumettant aux conditions qui produisent ou entretiennent le tempérament lymphatique : vie sédentaire, alimentation végétale, boissons aqueuses abondantes, vie régulière et calme.
Les personnes sanguines qui ne se prémunissent pas par l'hygiène contre la pléthore qui les menace au moindre écart, s'exposent aux congestions et à l'apoplexie. Dans l'état normal, le sang contient 0,V11 de globules; ce chiffre peut s'élever sans danger jusqu'à 0,13.ï : au-delà commence la pléthore. Dans l'anémie il peut tomber parfois à 0,OSO. Chez les individus sanguins, les maladies prennent la forme franclienient aiguë tendant à la guérison spontanée, et la convalescence dure peu.
Tempérnmeiit nerveux. — Voici ce qui distingue d'ordinaire les personnes douées de ce tempérament : taille un peu élevée, corps maigre, teint peu coloré, souvent blafard ou jaunâtre, peau sèche qui communique à la main une chaleur acre et mordicante ; mouvements brusques, physionomie expressive et mobile, sensations vives mais fugaces, sommeil léger et agité. L'appétit est médiocre, la digestion lente, les goûts, en fait d'aliments, varient d'une façon capricieuse. Le faible développement des muscles rend les gens nerveux incapables d'un effort prolongé. Chez eux il y a désaccord constant entre l'excitabilité qui pousse au mouvement et la contractilité musculaire qui exige des fibres robustes. Les habitudes sédentaires, le travail intellectuel, lexcitation des sens, augmentent d'ailleurs ce contraste. Il y a souvent une constipation opiniâtre accompagnée de flatuosités.
C'est parmi les sujets nerveux que l'on rencontre d'ordinaire l'esprit le plus vif, les conceptions les plus élevées; mais aussi leurs pensées et leurs productions offrent trop souvent un caractère emporté, saccadé, incompatible avec l'exercice continu du raisonnement scientifique. Ils s'émeu-
vent et se passionnent aisément. Leur sensibilité exagérée devient une source d'ébranlements continuels sous l'impression du plaisir ou de la peine. Il en résulte fréquemment des désordres intellectuels et moraux, auxquels se joignent des maladies dites nerveuses, aussi complexes dans leur nature «leurs manifestations que difficiles à guérir après leur complet développement. Mais, par contre, les sujetsnerveux jouissent d'une résistance organique remarquable dans les épidémies, les fatigues, les épreuves qui s'adressent à l'homme physique et moral.
Pour prévenir les maux trop nombreux auxquels prédispose le tempérament nerveux, l'hygiène prescritdes aliments reconstituants mais peu excitants; le régime lacté; l'usage très modéré du vin, l'abstention des boissons alcooliques ou excitantes comme le thé, le café; le sommeil prolongé, l'exercice régulier, les travaux manuels. L'hygiène morale a le plus souvent une part prépondérante dans cette médecine préventive. Il faut soustraire l'esprit et les sens aux excitations de toute sorte, par des occupations bien réglées, des lectures sérieuses, des distractions exemptes de danger. Notons que pour les jeunes filles les travaux à l'aiguille ne constituent pas une occupation favorable, parce qu'ils laissent le champ libre à l'imagination.
Tempérament bilieux. — Les personnes douées de ce tempérament ont la peau sèche, foncée, les cheveux crépus, bruns ou noirs. Les muscles sont peu développés, mais robustes. L'appétit est vif, la digestion facile et rapide, mais une prédisposition à la constipation nécessite un régime spécial. Les sécrétions sont ordinairement acres et l'haleine partici|ie de ce défaut.
Ce tempérament, qui se développe à partir de la puberté, est plus commun chez l'homme que chez la femme. Il prédispose aux travaux de longue haleine, aux grandes entreprises. Chez les sujets bilieux, l'imagination vive est accompagnée d'une volonté ferme et d'une forte intelligence. Ce tempérament serait des plus enviables, s'il n'était exposé à subir des modifications fâcheuses par suite des circonstances où se trouvent entraînés ceux qui le possèdent. L'exagération du tempérament bilieux produit en effet le tempérament coferique. qui semble résulter d'une vive sensibilité unie à une grande énergie, tandis que le tempérament h;istérique proviendrait d'une sensibilité égale accompagnée de faiblesse. Chez les colériques, les passions sont fortes, tenaces, souvent terribles.
Quelquefois le tempérament bilieux devient atrabilaire, ce qui entraîne d'ordinaire une dépravation morale d'où résultent des excès et des crimes. Les hommes de ce tempérament font d'ordinaire plus de mal que de bien. Ils sont ambitieux, égoïstes, et sacrifient tout à leurs passions. César avait raison de dire en parlant de ses futurs assassins : " Je ne crains rien des hommes à embonpoint et à belle chevelure ; je redoute bien plus ces hommes au teint jaunâtre et à la face maigre. » C'est parmi les atrabilaires que se recrutent le plus grand nombre de scélérats.
Ces considérations montrent que les tempéraments bilieux exigent, de bonne heure, des précautions spéciales, une éducation et une hygiène appropriée. Au lieu d'encourager, comme on le fait trop souvent, les prédispositions hasardeuses de ce tempérament, il faudrait que l'éducation eût pour but constant de modérer l'impétuosité des aspirations, la fougue des passions naissantes. Pour cela, un régime hygiénique modérateur est indispensable.
Tempérament lymphatique. — Il est caractérisé par des chairs molles, des tissus làclies infiltrés de graisse, des gangUons très développés, un sang
TEMPERAMENT
— ai/il —
TEMPERATUUE
peu riche en (Ibriiio et en globules, difficilement organisalilc et très apte à produire des infiltrations. L'organisme semble élaborer moins facilement le sang que les liquides blancs : mucus, sérum, lymplie, etc. C'est le tempérament ordinaire de l'enfance et du sexe féminin, surtout dans les villes. 11 est toujours accompagné d'un peu d'anémie et prédispose à la diminution maladive du nombre des globules de sang.
Les lymphatiques offrent une taille trop élevée ou trop petite, peu d'harmonie dans les formes, des os volumineux, des extrémités très développées, une peau lisse, mince, incolore, sillonnée de veines dilatées, des cheveux rouges, blonds ou châtain clair, qui tombent de bonne heure ; des lèvres, des paupières pâles, des dents mauvaises ou bleuâtres. Tous ces signes indiquent une infériorité de l'individu ou de la race.
Les sujets doués de ce tempérament sont particulièrement sujets aux maladies chroniques. Même lorsque leur santé parait normale, on peut les considérer comme des malades au profit desquels doit s'exercer la médecine préventive. Les résultats que l'on obtient chez eux sont d'ailleurs des plus remarquables. Leur nature se plie aisément aux modifications qui sont du domaine de l'hygiène.
Les lymphatiques doivent écarter, autant que possible, de leur régime alimentaire le laitage, les farineux, les mucilagineux. Ils ont besoin d'une nourriture très réparatrice et stimulante : pain de blé dur, viande, épices et liqueurs fermentées. 11 leur faut une occupation active de l'esprit et du corps qui tienne tontes les puissances en éveil, le grand air, la lumière du soleil. Ainsi l'on combattra la prédisposition aux scrofules et à la fiolysarcie ou obésité. Contre celle-ci l'hygiène est toute puissante, à part quelques cas chez lesquels l'accumulation de la graisse est aussi inexplicable qu'elle semble irrémédiable. Pour faire disparaître cette infirmité, source d'afl'aiblissement, d'apatliie physique et morale, et cause de plusieurs maladies incurables, il sufHt de se soumettre à un régime alimentaire très strict et à un entraînement régulier. Le régime consiste à réduire au minimum les aliments gras, féculents et sucrés, ainsi que les boissons, et surtout les alcooliques. L'entraînement comprend la réduction des heures de sommeil, l'exercice régulier, les travaux manuels qui mt-ttent en jeu tous les muscles, les frictions et le massage. Ces moyens combinés suffisent pour réduire sans aucun danger le poids des sujets d'environ 500 grammes par semaine.
Les grandes divisions établies par les médecins et les hygiénistes pour classer les tempéraments sont certainement utiles. Mais le mélange continuel des races, les variations introduites dans l'espèce humaine par la vie civilisée, les maladies, etc., produisent nécessairement une fusion des tempéraments; de sorte qu'en étudiant un individu, dans les villes surtout, on trouve rarement chez lui les caractères d'un type bien tranché. En réalité, on rencontre le plus souvent, chez l'homme civilisé, des tempéraments mixtes, ce qui complique leur étude et l'application des règles hygiéniques. Nous savons en outre (|ue l'individualité médicale ou idiosyncrasie vient encore, pour chacun, ajouter de nouvelles difficultés.
Quelques auteurs ont voulu augmenter le nombre des grandes divisions généralement adoptées. Ainsi Ion a proposé de former un type spécial du tempérament miltincnliqiie, qui semble résulter d'une combinaison des types bilieux et nerveux. On pourrait toutefois le considérer comme une sorte de disposition maladive, ordinairement hérédiiaire. Les sujets chez lesquels on lo trouve bien
développé sont de haute taille, avec les muscles grêles mais bien dessinés; la démarche est lente; la peau lisse ; la physionomie triste et inquiète ne manque pas d'énergie passagère ; le regard est timide ou fixe. Ces malades souHrent d'une sensibilité exagérée qui les rend rêveurs, taciturnes, méfiants. Leurs afl'ections et leurs antipathies se développent vivement, mais restent concentrées. Cependant une extrême mobilité d'impression en fait souvent changer l'objet. Les mélancoliques sont alternativement les pins heureux et les plus malheureux des hommes : ils voient tout en rose ou tout en noir. Ce tempérament est cplui d'un grand nombre de savants, de poètes et d'artistes. Souvent il se reflète dans leurs œuvres, mais il arrive fréquemment qu'elles offrent un type tout opposé. 11 conduit à 1 liypocondrie, i la lypémanie et au suicide.
Le mélancolique doit mener une vie active, au grand air, s'entourer de compagnons aimables, éviter la solitude, les lectures romanesques, et chercher dans la vie de famille les joies et les devoirs qui seront son salut.
Même dans les cas les moins favorables, l'hygiène peut beaucoup pour modifier les constitutions et les tempéraments. 11 est peu d'individus qu'elle no puisse amener à un état do santé compatible avec une vie longue et heureuse. Chacun apporte en naissant une constitution et un tempérament héréditaires, mais il appartient ,\ l'hygiène de les transformer en une constitution, en un tempérament acquis. Elle travaille ainsi efficacement à l'amélinration des individus et au perfectionnement de l'espèce. [D' Saffray.j
TEiMi'ÉRATUltE. — Météorologie, 1-lV, et XIV-XIX. — La température d'un corps est exprimée par le degré de chaleur ou de froid auquel ce corps est parvenu ; elle est mesurée par le thermomètre.
Température <le Pair. — La température de l'air est difficile à évaluer d'une manière précise à cause de la faiblH densité des gaz et de la facilité avec laquelle ils se laissent Iraverser par des rayons de chaleur de toute origine. Un même thermomètre placé à l'air libre marquera des degrés très différents suivant qu'il recevra directement les rayons solaires ou qu'il en sera abrité par un écran même étroit. La température propre de l'air est cependant à pou près exactement la même dans les deux cas; mais les rayons solaires qui traversent l'air presque sans l'échautler, surtout dans un trajet aussi court, sont au contraire arrêtés par le thermomètre qu'ils échauffent. Le même effet est produit sur un objet quelconque et sur notre corps en particulier. Un effet analogue, bien que moins marqué, se produit encore à l'ombre même, quand on y est exposé aux rayons qui émanent des divers objets terrestres directement éclairés par le soleil.
Pour soustraire un thermomètre à ces rayons, il faut d'une part l'écarter des objets fortement éclairés, ou ayant une température notablement différente de celle de l'air qu'on veut évaluer; il faut de plus augmenter, artificiellement au besoin, la vitesse de l'air qui entoure le thermomètre. C'est ce dernier but que Arago se proposait d'atteindre en prescrivant de tourner son thermomètre en fronde, et c'est ce que font avec soin parmi les météorologistes modernes ceux qui se préoccupent exclusivement de la température propre de l'air.
Cette dernière donnée offre un réel intérêt au point de vue de la météorologie pure ; au point de vue de la météorologie appliquée elle en offre un moins grand, parce que l'homme, les animaux et les plaiites sont impressionnés par l'air avec toutes les radiations qui le traversent et non par la seule température propre de ce gaz.