LATINE (LITTÉRATURE
LATITUDE
D'oiigiiie plébéienne, mais nourri des souvoniis de la République aristoci'atique, l'auteur des Hisloires et des An7tales, vigoureux tableaux embrassant les règnes des empereurs d'Auguste à Domitien. Tacite s'est indigné aussi, mais il s'est résigné pendant les jours mauvais et a attendu ce moment bienheureux où il fut enfin permis, comme il le dit lui-même, de penser ce qu'on voulait et de dire ce qu'on pensait. La forme de son style énergique a gardé la marque d'au temps où le génie devait se contraindre et se cacher; il s est habitué à la concision, à une réserve calculée, aux sous-entendus, aux pointes épigrammatiques. 11 est sans contredit le prince des historiens romains ; il a l'esprit critique, le culte de la vérité et de l'exaciitude; il ne se contente pas de noter les faits, mais en cherche philosophiquement les causes, et fouille eu psychologue les bas-fonds des caractères.
Homme de lettres avant tout, bien qu'il eût suivi la carrière du barreau et des emplois publics, Pline le Jeune, neveu et fils adoptif de Pline l'Ancien, a écrit neuf livres de lettres, soigneusement variées de ton et de sujet, et évidemment composées plutôt pour la postérité que pour ses correspondants. Mais elles ont tant d'intérêt, et souvent tant d'esprit, elles sont écrites d'un style si coulant, qu'on pardonne à l'auteur une vanité qu'il a le bon goût de confesser lui-même.
Sous les Antonins, la littérature latine, malgré la protection que les empereurs lui accordent, s'écarte de plus en plus des traditions du bon goût, et s'achemine rapidement vers la décadence h mesure que les invasions menacent l'empire et que l'extension du droit de cité diminue l'importance de Rome. Les écrivains qui restent fidèles aux meilleures traditions sont peu nombreux. Les principaux sont : Suétone, secrétaire particulier d'Adrien, archéologue, historien ou plutôt biographe ; ses Vies des douze Cesavs abondent en renseignements puisés aux meilleures sources ; le rhéieur Florus, auteur d'un tableau en raccourci de l'histoire romaine abrégée; et Justin, autre abréviateur de talent. La majorité des autres écrivains se perd dans de vains efforts à la recherche de l'originalité. L'Africain Fronton exerçait une suprématie littéraire que ses ouvrages ne confirment pas. L'érudition remplace le génie; on fouille le passé au lieu do créer de nouveaux monuments pour l'avenir. Les grammairiens, les maîtres de rhétorique pullulent ; le nom le plus célèbre est celui de l'auteur des Nuits Atliques, le studieux Aulu-Gelle; une littérature grécisante devient de plus en plus à la modo. Suétone, Adrien luimême, Fronton, Apulée, Tertullien écrivent en grec presque autant qu'en latin. La jurisprudence au contraire grandit avec le déclin des autres branches de la littérature; elle enregistre plusieurs noms illustres : ceux de Pomponius, de Gaius et de Papinien, qui contribuent à la fois au développement de la science du droit par leurs écrits et par leur enseignement. La poésie ne produit rien; la mythologie ancienne a fait place au christianisme, qui à ses débuts inspire h peine quelques hymnes sans valeur. Ce sont surtout les illettrés, les pauvres, les opprimés, les femmes qui se tournent vers la doctrine du péché et de la rémission et vers le dogme qui promet une vie meilleure. Du reste les chrétiens affectent de mépriser les lettres. Ceux qui, comme Minutius Félix et Lactance, essaient de concilier l'.s traditions de l'antiquité avec l'esprit nouveau, font exception. Le plus grand nombre, commeTertullien, maudissent à la fois et la religion et la culture littéraire de la Rome païenne.
Au lit' siècle, le déclin continue et s'étend même jusqu'à la jurisprudence ; le christianisme produit son premier poète, le lourd et incorrect Commo-
dianus. La vieille école ne produit guère qu'un poète qui ne suffit pas à la relever, i\émésien. L'éloquence de l'Eglise s'inspire de Tertullien, que l'évoque de Cartilage, Cyprien, rappelle par la lucidité et le charme de son style, mais sans égaler sa féconde originalité.
Vers la fin du siècle, l'apparition des Barbares et l'élévation au trône d'une série d'empereurs soldats, d'origine thrace et illyrienne, contribue ;i accélérer la décadence. Au iv' siècle, tandis que le polythéisme cesse d'être la religion d'Etat et que la capitale de l'empire est transportée en Orient, les lettres jettent encore quelque éclat passager. L'éloquence appartient surtout aux orateurs ecclésiastiques, aux pères de l'Eglise, Ambroise, Jérôme et Augustin. L'histoire produit quelques abréviateurs de talent, Aurélius Victor et Eutrope, et surtout le boursoufflé mais judicieux Ammien Marcellin. Il faudrait citer encore, parmi les poètes chrétiens, le moins obscur. Prudence ; parmi les grammairiens, Macrobe, Servius et Donat, et deux auteurs épistolaircs, Symmaque et Sidoine Apollinaire, originaire de Gaule. La poésie latine s'éteint avec Clandien, poète emphatique, auteur de panégyriques et de VÈnlèvement de l'roserpiti'! ; Ausone, né à Bordeaux, qui a surtout réussi dans l'épigramme et la poésie descriptive, se perdant dans les minuties puériles ; enfin Fortunat, que l'histoire des Mérovingiens nous montre à la cour de Sigebert et de Chilpéric, célébrant à la fois Brunehaut et Frédégonde. C'est en Gaule, en effet, que les lettres latines ont survécu le plus longtemps, et nous y trouvons encore sur le seuil du vil' siècle un historien qui écrit dans un latin presque correct, l'auteur des Légenden de-< saints et de l'Histoire des Francs, Grégoire de Tours. jB. Buisson.]
LATITUDE, LOJIGITl'DE. — Cosmographie, II. — Etym. : Latitude est dérivé de latitndo, qui vient de latus, large, et longitude dérive de longitudo, qui vient de longtis, long. Ces dénominations, défectueuses aujourd'hui, nous ont été transmises par les anciens, qui ne connaissaient qu'une partie de la terre, laquelle était plus longue dans le sons où nous évaluons les longitudes.
La latitude d'un lieu ou, plus exactement, d'un point pris à la surface de la terre A (fig. l), est l'arc de méridien AB compris entre ce point et l'équateur EOBE'. Ainsi, tous les points situés sur
Fig. t.
le même parallèle ont la même latitude. Cette dé finition suppose la terre rigoureusement sphéri-
La lûngitu<!e d'un point est l'arc de parallèle ou d'équateur OB compris entre le méridien P.VP' qui passe par ce point et un méridien déterminé choisi par convention, PEPE', et nommé premier méridien. Tous les lieux situés sur le même demiméridien compris entre les deux pôles ont la même longitude.
Les divers peuples ne se servent pas tous du même premier méridien. En France, on a fait choix de celui qui passe par Paris et, plus exactement, par l'Observatoire. Le Anglais font passer leur premier méridien par l'Observatoire de Greemvich;
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