‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 379 sur 459 · TIERS-ETAT · texte numérisé non relu

TIERS-ETAT

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ment la population uibaine s'était peu à peu émancipée de la domination des seigneurs féodaux, et était arrivée à constitupr une puissance sur laquelle la royauté jugea utile de s'appuyer. L'admission de ses députés au\ Etats-gcncraux accrut promplement son influence. Un demi-siècle à peine après Philippe le liel, la bourgeoisie essayait déji de mettre la royauté en tutelle (Etatsgénéraux de 1357), et de faire gouverner la î'rance par les représentants de la nation; mais la tenta' ive d'Etienne Marcel, qui eût transformé la royauté absolue en une sorte de monarcliie constitntionnelle, écliona (V. Gucrede Cent ar^s, p. 9ÎI), et le Tiers Etat fut rejeté pour plusieurs siècles au rang de classe inférieure, admise pour la forme seulement à présenter de loin en loin ses doléances, lorsque le souverain trouvait avantageux à sa politique de convoquer les représentants des trois ordres.

Pendant tout le xiV siècle et la plus grande partie du xV, les députés des honnis viHes furent seuls appelés aux Etats-généraux : le Tiers-Etat n'éiait encore qu'une fraction privilégiée de la bourgeoisie ; les habitants des villes qui n'avaient pas reçu le droit d'envoyer des députés aux Etats, et le peuple des campagnes, restaient privés de représentation. Ce fut en 14S4 seulement, sous la régence d'Anne de Beaujeu, que les députés des campagnes et des petites villes furent admis" à siéger : à partir de ce moment, le TiersEtai comprend réellement tout ce qui, en France, n'est ni prêtre ni noble, c'est-à-dire toute la masse de la nation.

Nous n'avons pas à raconter l'histoire du Tiers- Etat dans les trois siècles qui suivent : ce serait refaire l'histoire de France. Qu'il nous suffise de renvoyer à l'article Fraive, et aux nombreux articles spériaux, parmi lesquels nous indiquerons en particulier: Etnts-Généraux, Parlements, Hewiissance, Héfomie. Henri IV, Hi'helieu, Louis XIV. Les progrès de l'industrie et du commerce, l'accumulation des capitaux entre les mains de la bourgeoisie, finirent par assurer au Tiers-Eiat la force véiitable, en dépit des formes politiques extérieures qui restaient celles de la monarchie absolue ; la pliilosophie da xvui* siècle, les théories de Rousseau vinrent donner conscience à l'opinion publique de l'état réel des choses, et alors une révolution fut inévitable. Un beau jour, Ciiamlort éclaira cette situation d'un mot célèbre : 11 Qu'est-ce qne le Tiers-Etat ? Tout. — Qu'a-t-il été jusqu'ici dans l'ordre politique ? Rien. — Que demande-t-il ?A être quelque chose. » Sieyès fit du mot de Chamfort un pamphlet, qui servit de programme aux élections des Etats-généraux de ns9.

Cependant, la Constituante de 17S0 alla plus loin; elle ne se contenta pas d'assurer au Tiers-Etat une part du pouvoir politique, elle abolit les ordres eux-mêmes, et, au lieu de trois Elats ayant chacun ses privilèges, il n'y eut plus qu'une nation. Mais aussitôt, par une contradiction qu'expliquent le.s doctrines politiques de la majorité des constituants, elle rétablit, sous une autre forme, les distinctions qu'elle venait d'effacer, en partageant la nation en deux classes, celle des citoyens actifs et celle des citoyens passifs, et en attachant la qualité de cilo\en actif au paiement d'un cens. C'était faire une France bourgeoise, non une France démocratique. Aussi le système de la Constituante ne dura-l-il pas. Au lendemaiti de la chute de la royauté, le 11 août I';',r2, l'Assemblée législative complétait lœuvie de la Révolution en abolissant la di.stiiiction entre citoyens actifs et citoyens passifs : la Convention nationale fut élue par le suffrage universel.

I.e" conditions de cens furent rétablies sous les régimes qui suivirent : Directoire, Consulat, Em-

pire, Restauration, Monarcliie de Juillet (V. Constitutions); et il se trouva des théoriciens pour chercher, dans l'histoire du Tiers-Etat, une justification i cet accaparetnent du pouvoir politique par la bourgeoisie. Mais le suffrage universel triompha de nouveau par la révolution de 1848, et, avec lui, le principe de la souveraineté du peuple, seul terme définitif auquel pussent tendre les luttes soutenues dans le passé par ie Tiers- Etat pour la liberté de tous.

TIGE. — Botanique, VI- VII. — Etyra. : du latin tibia. — Définition et nomenclature de la tige. — On désigtie sous le tiom de tige, chez les végétaux phanérogames, le résultat du développement de l'axe de la gemtnuleet de ses ramifications. Cet axe se dirigeant généralement dans l'air alors que la racine s'enfonce dans le sol, on définit souvent la tige en disant que c'est la partie de l'axe de la plante croissant en sens inverse de la racine, c'est-à-dire dans l'air; cette partie pouvant se ramifier un plus ou moins grand nomhre de fois suivant les espèces. Dans toute la pretnière partie de cet article, nous ne parlerons de la tige que chez les végétaux phanérogatnes, c'est-à-dire chez les végétaux à fleurs visibles nu mieux chez les vét/élaux ci lep' O'tuction nérienne.

Si nous dépouillons une graine de melon, en germination, de son enveloppe protectrice, nous reluarquons que l'embryon protégé par cette coque comprend un corps central, cylindriiiue, nommé tiyelle ou axe hijpocutylé. Le nom d'axe liypocotylé, qui ne préjuge rien, est préférable à celui de tigelle; ce dernier semble itidiquer en effet que l'axe hypocotylé représente, dans l'ombryon, la tige de la plante adulte; cette idée est absolument fausse, l'axe hypocotylé est la terminaison inférieure du corps de l'embryon. Il se prolonge très fréc|uemment par un fiiatnent très fin qui servait, lors du développement de l'etnbryon, k fixer ce dernier sur la plante mère, et qui servait en même temps d'organe spécial d'absorption des matières nutritives que la plante mère avait accumulées autoar de son embryon.

Longtemps avant la maturité de la graine, la plupart des suspenseurs, n'ayant plus de raison d'être, s'atropiiient et se dessèchent; aussi dans beaucoup d'embryons arrivés à maturité, ce corps n'existe-t-il que comme une masse minime, tellement atrophiée parfois qu'il est fort difficile de la mettre en évidence. On trouve des suspenseurs bien développés dans des embryons prêts à entrer en germination, chez les pin<, les sapins, les raisins de mer (E/.hedra), l'arbre aux quarante écus {Ginku\ les ifs, les orchidées, les orobanches, le gui. On donne généralement le nom de riidicule à la partie de la tigelle sur laquelle s'insère le suspenscur. On nomme coti/lédons les expansions foliacées nées sur les flancs de la région supérieure de l'axe hypocotylé. Selon le nom- 1 bre des cotylédons, on partage les plantes phané- i rogames en Monuadi/lédonees et Dicotylédonées. Cette subdivision a un grand intérêt, parce que ce caractère, en apparence si simple, du nombre des cotylédons, marche toujours de pair avec des différences considérables de l'organisation générale des êtres qui présentent l'une ou l'autre disposition.

A la partie supérieure de l'axe hypocotylé, abrité par les cotylédons, se trouve un bourgeon qu'on appelle la nemmule. Ce bourgeon comprend une partie centrale axilo insérée inférieurement sur l'axe hypocotylé, teriniiiée supérieurement par un cône mousse, et dont la surface est presque complètement recouverte par des expansions latérales, très régulièrement disposées, d'autant plus jeunes et d'autant moins développées qu'on s'approche davantage du sommet du cône. L'axe du cône, en s'allongeant, deviendra la

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tige principal'' ; les expansions latérales, en se développant, fourniront les feuilles ou appendices primaires de la tign principale. On nomme point de véip'tition la partie de la tige principale par laquelle la tige croit eji longueur et où se forment sans cesse du nouveaux appejidices. Les appendices de la lige sont caractérisés par ce fait qu'ils présentent un seul plan de symétrie qui passe toujours, du moins au moment de leur apparii.ion, par l'axe géométriciue de la tige qui les porte. On nomme aisselle l'angle formé par la tige avec la base do chacune de ses feuilles. Dans cette aisselle et dans le plan de symétrie de la fi'uille, on trouve généralement un point de végétation présentant très sensiblement la même organisation que celui qui termine la tige principale; la seule dilTérence consiste parfois dans un moindre développement des points de végétation nés dans l'aisselle des feuilles, et dans une insertion différente de ces points de végétation axillairfs sur la tige principale qui les porte Chaque point do végétation axillaire peut produire un bourgeon ; il suffit pour cela que ses appendices les plus inférieurs se développent quelque peu et l'enveloppent. En cet état, les points de végétation axillaires peuvent ou bien se développer immédiatement, ou bien se développer à une époque plus tardive, ou bien même s'atrophier.

On nomme b'iurytons donnants ceux des points de végétation de la tige qui ne se développent qu'après un long temps de repos. Aces bourgeons dormants on oppose quelquefois les tiO'u geons adventifs. On désigne sous le nom de bouiyeons adveiilifs des poiiUs de végétation qui apparaissent n'importe où et sans ordre à la surface de la tige. Dans l'aisselle de cha(|ue feuille, il peut apparaître plusieurs bourgeons axillaires. Ces bourgeons sont toujours régulièrement disposés de part et d'autre du plan de symétrie de la feuille à l'aisselle de laquelle ils sont nés. Toutes les dispositions que ces bourgeojis peuvent affecter se ramènent à deux : la première est caractérisée par ce fait que le premier bourgeon axillaire apparu dans l'aisselle de la feuille a son axe géométrique dans le plan médian delà feuille ; tandis que dans la seconde disposition deux bourgeons symétriques l'un de l'autre apparaissent simultanément, des l'origine, de chaque côté du plan médian. Dans un grand nombre de phanérogames, les bourgeons axillaires de la tige principale ne se développent pour ainsi dire pas. En s'accroissant, celte tige ne tarde pas à perdre ses appendices de bas en haut, et quand elle est quelque peu avancée en âge, elle représente souvient une colonne cylindrique terminée supérieurement par un bouquet de feuilles, comme cela se voit chez les palmiers, ou bien terminée par une ramification plus ou moins abondante nommée cime, comme cela se voit chez les arbres dicotylédones de nos pays. Dans le premier cas, celle tige a reçu des botanistes descripteurs le nom de stipe ; dans le second cas, elle porte le nom de tronc. Ainsi on dira le stipe d'un palmier, le troncd'un chône.

On appelle «teii(< le point d'atlache d'une feuille sur la tige ; on appelle entre-nœud l'intervalle qui sépare l'insertion de deux feuilles successives ; on nomme nœud vital le point d'insertion des cotylédons au sommet de l'axe hypocolylé.

Tout ce que nous avons dit des appendices primaires de la tige principale, de son bourgeon terminal, et de ses bourgeons latéraux, nous pourrions le répéter pour les axes provenant du développement de la partie centrale des bourgeons axillaires. Pour distinguer de la tige principale ces axes nés dans l'aisselle des feuilles de cette tige, nous appelons ces derniers axes secondaires ou de second ordre. Ces tiges de second ordre diffèrent toujours de la tige principale qui les porte

par leur insertion. Les tiges provenant du développement des bourgeons axillaires nés dans l'aisselli^ des appendices de second ordre, formeront les liges de troisiènn' ordre. On pnurrait continuer ainsi indéfiniment. L'ensemble de toutes ces tiges : lige principale, tigt'S de second et de iroisiéme ordre, etc., régulièrement développées comme il vient d'être dit, forme ce que l'on nomme la ramifiriiiion homogène nonmile de lu lige. Du degré de développement relatif, tant en longueur qu'en diamètre, des tiges des divers ordres, dépend la physionomie de la charpente de la plante, ce que l'on nomme son /lOi-t. Les principaux types de ports des plantrs SDot : 1" la forme pyramidale, que l'on nbiirni lorsque chaque ordre de rameaux prend un dévelnppemi'nt d'autant moindre que son degré est plus élevé; 2° la forme fas igiiie, qui a pour type le peuplier d'Italie ; c'est une forme pyramidale dont les rameaux se relèvent vers la tige principale ; 3° la forme pli'uretfe, dans laquelle les rameaux de troisième et de quatrième ordre se dirigent vers le sol j le type de cette forme peut être pris dans le Sophorii pleureur; 4» la (orme tombnn'e, qui a pour typele Sa/i-r liabyl"7iica, dont les rameaux grêles, longs et flexibles s'inclinent vers le sol sous leur propre poids.

Nous avons parlé plus haut des stipesdes palmi'TS qui ne se ramifiant pas, sinon peut-être vers leur partie supérieure à l'époque de leur floraison.

On désigne parfois sous le nom de chnume des tiges particulières renflées aux nœuds, peu ramifiées ou ne portant que des tiges de second ordre très grêles. En général, ces tiges sont creuses intérieurement ; leur cavité centrale est cependant interrompue à chaque nœud par des sortes de di.iphi-agmes ou de planchers dont la structure est parfois très compliquée Les plantes à chaume sont généralement herbacées; les bambous seuls en repré-entent la forme arhorescente.

On désigne sous le nom de tionc, de bronches, de i-amenux, de rn'inl es, de ramules les divers ordres de ramification d'une tige principale; les noms de ramilles et de ramules désignant les plus petites ramifications, les mots de branches et de rameaux désignant les ramifications intermédiaires entre le tronc et les ramilles. On désigne par le nom de pousse ou de scion une pousse d'ordre quelconque. On appelle œil ou yeinmi' un bourgeon quelcomiue. Ces dernières expressions sont usitées plus fréquemment en arboriculture qu'en botanique proprement dite. On appelle coulants, stulo7is, ou di ageants des tiges élancées partant d'une souche et rampant à la surface du sol auquel elles se fixent de distance en distance par des racines.

Les nppendires iirimaires de la tige ou feuilles ne sont point dispersés au hasard sur la surface de cet organe. Lorsque les feuilles sont insérées plusieurs ensemble au même niveau, on dit qu'elles sont vertiidllées; chaque région nodale porte alors plusiimrs feuilles, et les feuilles des régions nodalas successives alternent régulièrement, c'est-à-dire que les feuilles de chaque verticille sont dans le p an bissecteur de l'angle formé par deux feuilles consécutives du nœud précé'Ient et du noeud suivant. Les nombres d'appendices réunis en verticille que l'on rencontre le plus Iréquemment sont: deux, trois, cinq, huit, treize, etc., ou des multiples de ces nombres. On remarquera que, dans la série que nous venons de donner, chaque terme, à partir du troisième, est la somme des deux termes qui le précèdent immédiatement.

On désigne généralement sous le nom de feuilles opposées les feuilles verticillées par deux.

On désigne sous le nom de feuilles alternes

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toutes les feuilles qui ne sont ni verticillées, ni

le nombre, sont toutes disposées sur la surface d la tige S'-loii une ligne spirale qui les relie toutes.

Ou désigne par le nom de spiral" génératrice l'hélice qui passe par tous les points d'insertion des appenHices d'une tige, dans l'ordre môme où ces appendices sont nés sur la surface de cette tige.

On appelle spirale secondair'^ des spires qui ne contiennent qu'un certain nombre des appendices de la tige.

On nomme orttiostiquex des lignes parallèles à l'axe de la tige, tracées sur sa surface, et qui contiennent un certain nombre d'apppndices. Quel que soit le nombre des appendices que rencontre la spire génératrice d'une seule tige, on trouve toujours facilement deux appendices situés sur la mémo oriliostiiioe. Si l'on compte alors le nombre des appendices situés sur la spire génératrice entre l-»s deux appendices d'une môme ortliostique et qu'on compare cm nombre au nombre des tours que la spire génératrice a dii décrire, autour de la tige pour passer du premier appendice au second, on forme une fraction que l'on appelle cyc e d'-dternance ou angle de divergence de la distribution des appendices sur la tige. Le numérateur du cycle iiidii|ue toujours le nombre des tours faits par la spire génératrice dans lintervalle qui sépare les deux feuilles con

force, provenant l'un et l'autre d'une segmentation du cône végétatifde la tige. Cette dernière disposition est très rare ; on la voit pourtant cliez les Pipéracées, les Ampélidées, etc. On désigne parfois sous le nom de ramification dichotomique la disposition que l'on obtieiu lorsque deux bnurgi-ons axillaires opposHs d'une tige à croissance définie et à f uilles verticillées se développent avec une grande force. Très souvent alors, cliac|iie tig' se termine par une fleur ; l'ensemble de cette ramification est souvent désigné sous le nom d'inflorescence en cyme. On désigne sous le nom de tiges volubilfs des tiges capables de s'enrouler autour de certains supports. Entre la tigf élancée verticalement dans l'air et la tige volubile, on trouve les lig'S sarmenteuses, comme celles de la vigne et du jonc à canne (' alamux Rutntig), les tiges i/nmp'intes, comme cilles du lierre, ces dernières s'aiiacliant aux corps sur lesquels elles s'élèvent par des appareils désignés sous le nom de crampons wlhé-

Slfi.

On appelle clndode de tige ou fasciation de tigns un certain nombre de liges reliées entre elles par un tissu commun. On voit des exemples de claJodes chez les Phyllocladus, les Cactus, les Echinocaclus,\es Opuntia ou figuiers de Barbarie, les Epiphyllum, les Euphorbes grasses, les Stapeha. etc.

Structure de la tige. — 1. Tige des Dicoti/lédones. — Au début, le tissu de la tige est constitué par des éléments tous semblables entre eux, ceux de

sécutives d'une même orthostique. On prend , la surface extérieure se laissant seulement distincomme dénominateur du cycle le i.o:iibre des j guer les uns des autres parce qu'ils se cloisonnent

appendices comp.is sur l'arc despire génératrice qui sépare le premier et le second appendice d'une orthostique déterminée.

On définit quelquefois l'angle de divergence ou le cycle d'une tige: l'écart angulaire apparent des plans de symétrie de deux de ces appendices consécutifs dans le temps. L'angle de divergence est généralement exprimé par l'un des termes de la série: i, 4, |, |. etc. On remarque facilement que chacun des termes de cette série, k partir du troisième, s'obtient en formant la somme des numérateurs et la somme des dénominateurs des deux cycles précédant celui que l'on forme.

Exceptionnellement les cycles peuvent appartenir à l'une des séries commençant par | et | ou par I et 1.

Selon l'angle de divergence de deux appendices d'une lige, la plante sera dite d'apparence dextre ou i enroulement sénestre. Dans ce dernier cas, l'enroulement apparent de l'hélice .se dirige veis la gauche. La nécessité de déterminer le sens de l'enroulement de la spire ginératrice d'une lige chargée de feuilles alternes nous conduit à déterminer une fois pour toutes la position qu'il faut assigner à un observateur qui doit juger de l'orientation d une tige.

Pour juger do l'orientation d'une tige, nous supposerons l'observateur placé dans l'axe de cette tige, la tête tournée vers le point de végétation

toujours perpendiciilairement à la surface extérieure de la lige. Ce tissu extérieur a reçu le nom de dermatogène ; en vieillissant, il devient l' épiderme (V. Tissus végétauj:).

Un peu plus tard, le tissu intérieur ou méristème primitif montre une zone d'éléments plus petits à parois très minces que l'on désigne sous le nom de procambium ou de zone génératrice. Cette zone se partage en îlots qui ont reçu le nom de faisceiiux. A ce moment, la tige dicotylédona présente :

Au cent'B, un tissu parenchymateux qu'on appelle la moelle ;

A la périphérie, limitée extérieurement par l'épiderme, un tissu parenchymateux qu'on appelle écorce primordiale ou écorce primaire, l'écorce et la moelle étant réunies par les rayons primaires qui séparent les faisceaux. Dans ces dernières années, M. Van Tieghem a nommé tissu conjoncti/' externe l'écorce primaire ; tis^u conjonctif interne l'ensemble de la moelle et des rayons primaires ; et emlodrine ou assise protectrice la rangée de cellules qui séparent l'écorce primaire des faisceaux.

Un peu plus tard, on voit s'établir dans les faisceaux une zone d'épaississement que l'on nomme zone C'imbia/e ou cambium. Vers le temps où ce travail s'accomplit, les éléments des faisceaux qui bordent la moelle se transforment en trachées. L'ensemble de tous ces amas trachéens forme ce

les pieds à l'opposé, et regardant un appendice | que, l'on a appelé Vélui médalldii'e, dont le nomoue l'on a pris comme point de départ. On assigne , bre des angles égale celui des faisceaux primaires

à cet appendice le numéro 1. L'observateur juge de la droite et de la gauche de la lige par sa droite et sa gauche.

Lorsque le bourgeon placé à l'extrémité d'une

qui ont pris part i sa formation. Clia(|ue zone cambiale engendre du bois vers le centre do la tige et du liber vers la périphérie de cette tige. Le liber est caractérisé par des cellules grillagées

tige s'éteint régulièrement, on dit que l'accroisse- \ dont le développement est centrifuge; le bois est ment île la tige est limité ou défini ; il est indé- | caractérisé par des fibres ligneuses et des vaisfini dans le cas contraire ; et si chaque tige est seaux dont le développement est centripète. Chaplus importante dans la plante développée que les que zone cambiale engendre ainsi une certaine rameaux latéraux qui en partent, on dit i|ue sa ra- , quantité de bois et de liber primaires. Lorsque la mification est monopodique. Par opposition h cette i lige dicotylédonée doit conserver une consistance ramification monopodiqiie, on désigne sous le nom herbacée, sa structure ne présente pas d'auHe de ramification dichotomique le lait du partage , parlii ularite. Lorsque la lige dicotylédonée doit d'une tige eu deux rameaux originairement d'égale I prendre une consistance ligneuse et durer un long

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temps , elle ne garde la structure que nous venons (le décrire que pendant le cours de sa première année; la si'Conde année, cliaque zone cambiale vient ajouter au faisceau dont elle fait partie une zone de bois vers l'intérieur et une zojje de liber vers l'extérieur. Ce bois et ce liber secondaires sont caractérisés, le premier par des fibres ligneuses et des vaisseaux ligneux, le second par des cellules };rillagées compli(|uécs, dos fibres libériennes et du larencliyme libérien.

Chacune des années qni s'ajouteront :\ la seconde année produira dans chacun des faisceaux prini:iircs une zone de bnis secondaire contre le bois déjà formé, et une zone de liber secondaire contre le liber existant. Le bois formé depuis très longtemps a reçu le nom de cœun/K ùuis nu (/urnme'i, tandis que le bois nouvellement formé s'appelle aubier. Dans les essences forestières comme le chêne, l'ébénier, l'acajou, etc., le duramen se dislingue h première vue de l'aubier par une coloration et une consistance très différentes.

L'accroissement des faisceaux d'une tige provoque nécessairement l'accroissement de cette tige en diamètre, et comme l'enveloppe première de cet organe ne peut s'étendie indéfiniment, il se produit des crevasses dans l'écorce primaire superticielle de la tige. Un tissu protecteur nommé liège ou suber se développe à peu de distauce de cette surface par l'activité d'une zone géjiératrice spéciale que l'on appelle ordinairement l'assise pheltogène ; tout ce qui est compris eji dehors du liège s'appelle r/ii/tiiioiiie. Lorsque la masse de rhytidome est très petite, on lui donne le nom de lenticel/e. Jadis, on a attribué aux lenticelles un rôle très important pour la respiration des plantes et pour l'émission des racines. Aujourd bui on se borjie à considérer les lenticelles comme de très petites plaques de rhytidome dans lesquelles la plante accumule les pioduits qu'elle excrète en abondance. La plupart des arbres conservent les couches de rhytidome et acquièrent ainsi un revêtement protecteur extrêmement puissant. Les couches de liège qui engetjdrent ce rhytidome apparaissent dans tous les tissus compris entre la zone cambiale et l'épiderme de la tige. D'autres fois, le rhytidome s'exfolie au fur et à mesure de sa formation, comme cela se voit dans les platanes dont l'écorce conserve par cela même une très grande minceur. Un petit nombre de plantes, comme le chêne, l'orme, l'aristoloche, ont acquis, sous l'influence de la culture ou de conditions spéciales qui nous sont encore peu connues, la faculté d'hypenrophier considérablement leur assise subéreuse. Cette disposition est l'origine du liège que l'on tire du Chêne-liège en Algérie et en Portugal. Cette production exagérée de tissu subéreux de la part du chène-liège peut être considérée pour la plante comme une sorte de maladie tout à fait comparable à celle qui produit le sucre de canne dans la betterave à sucre et le diabète chez les animaux.

En résumé, une tige dicotylédono normale régulièrement constituée nous présente du centre à la périphérie :

1° La moelle ; 2° L'étui médullaire ; 3* Le bois primaire;

4° La puissante assise de bois secondaire partagée en zones concentriques dont chacune indique une période de végétation correspondant très souvent à une année entière ; 5° La zone cambiale ;

0° Une épaisseur très variable de liber secondaire ;

"" Lorsque la décortication s'est déjà produite uti certain nombre de fois, l'assise subéreuse, limitée intérieurement par son assise phellogène. La couche ligneuse est partagée par des rayons

qui vont depuis la moelle jusqu'à l'assise phellogène. Nous avons décrit plus haut l'origine de ces rayons primaires.

Dans l'intérieur de chaque faisceau, on trouve des bandes parenchymateuses qui s'étendent à la fois dans le liber secondaire et dans le bois secondaire, et (|ue l'on appelle rayons srcorul'iires ou rni/ons de faisceauv.. Ces derniers sont d'autant plus étendus (|u'ils se sont formés à une époque moins avancée de la vie du faisceau. L'existence de tous ces. rayons et en particulier des rayons secnndaires a été considérée pendant longtemps (nus à is.iO) comme caractéristique des végétaux dicotylédones.

Depuis 18511 même, des auteurs importants ont encore eu recours à ce caractère, pour juger du degré d'anomalie de certaines tiges dicoiylédojiées. Toute cette structure des tiges types des Dicotylédonées peut se schématiser dans les figures que Hugo von Molli en a données dans son magnifique ouvrage intitulé : De structura p'Uniarum anatomica.

Tige des Dicotylédones anormales. — Dans un certain nombre de Dicotylédones, la structure de la tige, au lieu de conserver la simplicité (jue nous venons de décrire dans la page qui précède, présente certaines complications que nous croyons devoir indiquer brièvement. Nous résumerons ces anomalies sous divers paragraphes :

1° Dans les Gnétacées, nous trouvons un certain nombre de cercles concentriques furmés par des couches alternatives de bois et de liber qui se succèdent en alternant régulièrement du centre à la périphérie. Les cercles ligneux et libériens extérieurs aux premiers sont composés exclusivement d'éléments secondaires. — Cette même disposition se retrouve dans les vieilles tiges de Cgcas, et aussi dans les Cycudoiylons de la période llouillère.

2° Dans les Bauldnia, les Caulolrctns, les Menispernium, on trouve une organisation de la tige qui rappelle celle des Gnetum, mais localisée sur un seul côté de cette tige. De là résultent pour ces tiges des formes en rubans plus ou oioina gondolés.

3° Dans les liryones, nous trouvons, entre l'étui médullaire et la moelle, une couche libérienne très puissante qui est séparée de l'étui médullaire par une zone cambiale plus ou moins épaisse. Ce nouveau genre d'anomalie nous conduit à celle du Tecoma radicans, où la zone cambiale intérieure de la Hryone produit fréquemment une couche puissante de bois secondaire entre le liber intérieur et l'étui médullaire. Nous trouvons dans les Solanées, les Asclépiadées, les Composées, des dispositions analogues à celles du Tecomu radicans, quoique moins accentuées.

4° Dans les Sigillaires et les Poroxylo?i, ainsi que dans la partie libre des faisceaux foliaires des Cycadées actuelles et de beaucoup de Gnétacées houillères , le système ligneux secondaire intérieur du Tecoma est représenté par do grands vaisseaux scalariformes qui rappellent assez bien les éléments ligneux des fougères. Dans ces plantes le système libérien intérieur est fort peu développé; de plus il est écrasé de très bonne heure et transformé en une masse de parenchyme corné.

6° Dans les Ilignonia proprement dits, on voit fréquemment les productions ligneuses secondaires se produire en des points symétriquement disposés du contour de la tige, avec une moindre intensité que sur le reste du contour. Par contre en ces mêmes points le liber secondaire acquiert une très grande puissance, de sorte que dans la tige très avancée eu âge il semble s'enfoncer comme des coins de bois. Fréquemment on a rapporté à cette luônie anomalie des iHgiio/tia celle que

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nous présentent les orties, où l'on trouve régiilièlement disposées sur la section de la tige des alternances d'éléments h parois épaissies (|ue l'on peut regarder, soit comme du bois, soit comme du liber durci, et d'éléments à parois minces.

6° Dans les Nyctaginées les Mélastomacées, les Chénopodées, les Goodoaiacces, on trouve au centre de la tige un certain nombre de petits faisceaux épars très grêles, bien isolés les uns des autres, dont chacun présente, du C' ntre à la péri phérie, des trachées, des éléments ligneux primaires, une zone cambiale et une masse libérienne. Plus extérieurement, on remarque une assise continue, sans interposition de rayons médullaires primaires ou secondaires^ d éléments fibreux à parois épaissies que l'on a considérés comme des éléments ligneux à parois secondaires à cause surtout des gros vaisseaux qu'on y remarque de distance en distance. Au milieu de cette puissante assise ligneuse, on remarque des ilôts plus ou moins volumineux, mais toujours bien circonscrits, d'éléments libériens secondaires fort petits et à parois minces.

't° Dans les Aralia. dans les Bégonia, surtout dans les diverses variétés du B-fioiiia iliscolor, dans bon nombre de Composées, dans les Ricins, les Ombellifères, on trouve à chaque nœud une sorte de plancher orné de faisceaux abondamment ramifiés qui y forment comme un lacis inextricable. Parfois des faisceaux traversent toute l'étendue des entre-Mceuds de ces tiges; mais ils diffèrent complètement des faisceaux médullaires que nous avons signalés chez les Nyctaginées, en ce que ces faisceaux présentent une structure éminemment variable qui consiste ordinairement en une masse libérienne voisine du centre de la tige, une zone cambiale, et une masse de bois primaire, cette dernière étant plus extérieure que la zone cambiale. Mais dans l'étendue d'un entrenœud, la structure de ces faisceaux peut varier du tout au tout; certains d'entre eux perdent en effet, dans l'étendue de ce parcours, leur bois, leur liber et même leur zone cambiale; ils ne sont plus alors représentés que par des amas de cellules cristalligènes (Bégonia) ou par de petites glandes résinifères (Aralin).

8° Dans les Calycanthées, on trouve, i l'extérieur du cercle ordinaire des faisceaux de la tige, un certain nombre de faisceaux qui ont leur bois en dehors et leur liber compris entre ce bois extérieur et le liber extérieur du cercle ordinaire des faisceaux.

9" Dans les Crassulacées, on trouve fréquemment, comme dans les Calycanihées, un cercle de faisceaux extérieurs compris entre le cercle ordinaire des faisceaux et la périphérie de la tige. Mais dans la plupart des cas, chacun de ces faisceaux consiste en une masse ligneuse pourvue de trachées, entourée concentriquement par une épaisse couche libérienne.

10° Dans les Sapindacées, on trouve l'organisation que nous avons signalée dans les Calycanthées et dans les Crassulacées; mais chacun des massifs de faisceaux de leur tige peut présenter

quels on ne retrouve plus rien de comparable aux éléments ligneux et libériens des tiges précédemment décrites.

II. Tige ries MnnncotiiJéilones. — Hugo von Mohl, le célèbre botaniste allemand qui le premier a étudié l'anatomie comparée des tiges monucotylédonées, a pris comme type de la structure anatomiquo de ces plantes celle de la tige des palmiers. Cette structure peut se résumer ainsi : Au sein d'une masse volumineuse de tissu médullaire circulent des faisceaux qui, partant de la feuille, s'avancent en descendant jusque vers le cenire'de la tige, puis qui s'inflccliisseiU vers la périphérie de la tige où ils vont bientôt se perdre sur la face extérieure d'autres faisceaux en tout semblables à eux, mais qui se rendent à des feuilles plus anciennes et par conséquent situées plus bas que la feuille à laquelle eux-mêmes se rendent; chemin faisant, la structure de chacun des faisceaux dont nous venons de parler peut présenter de notables variations, surtout au point de vue du développement numérique de leurs éléments ligneux et libériens caractérisés. Dans la région moyenne de sa course, cliaque faisceau de la tige du palmier présente de l'intérieur de la tige à l'extcrieur :

1° Des trachées;

S- Des éléments ligneux primaires dont plusieurs sont à leiat de grands vaisseaux rayes;

3° Une zone cambiale; la durée dactiviie de cette zone cambiale est extrêmement faible en général, et cette particularité a valu aux faisceaux des Monocotylédonées, qui ne présentent guère d'accroissement secondaire sensible, le nom de faisceaux fermés; , .■„ii„

4» Une assise libérienne composée essentiellement de cellules grillagées très simples, que Hugo von Mohl désignait sous le nom de vaisseaux pronre« Plusieurs auteurs ont souvent rattache aux faisceaux des tiges monocotylédonées une gaine formée d'éléments fibreux ii parois épaissies qui^ l'on désigne aujourd hui sous le nom de fibres mécaniques, et qui servent à protéger le laisceau contre les pressions extérieures qui peuvent 1 atteindre, surtout en régularisant et en amoindrissant ce^ pressions. Parfois ces éléments mécaniques ont été assimiles aux véritables fibres libériennes; elles peuvent du reste ent|èremeiu remplacer ces dernières, et c est ainsi que le ,^7ou Tin de la Nouvelle-Hollande est produit iar les fibres mécaniques des faisceaux du Pho,-

""LomiuTles faisceaux d'une tige de palmier sont su'r le point d'entrer dans la feuille à laquelle ils se rendent, leur gaine mécanique est généralement peu caractérisée; en revanche eurs éléments ligneux et libériens primaires sont ex- Uêmement développés. Vers la terminaison inférieure des faisceaux de la tige, la gaine mécanique de chaque faisceau devient très puissante alors que lei éléments ligneux et libériens de ces faisceaux sont extrêmement réduits comme nom. bre et comme intensité de développement, si ta-., est que l'on puisse désigner so"^/".»"". '*,,=;^; „.f»Vi..,.ir,n nlus OU moins grande des trachée^

isolément la structure que nous avons signalée ! ractérisation plus ou 1"°'"^ .8''*", ''. ^^.,^:x.„ i',, comme caractérisant la tige entière des G„tt:m. et des cellules grillagées qui sont, la P™™'ere^^^

11° Dans un grand nombre de tiges aquatiques, ' type des éléments ligneux piimaiie., comme dans celles d'Hippuris, d'Hottonia, deMi/- le type des éléments "aériens prima.ie». riopinjltum, de Caliilrœhe, et dans quelques tiges Pour expliquer cette "^gaïasuion paiticuiier souterraines, comme celles de VAdoxu, on trouve, I de la lige des palmiers, Hugo von «'O"' ^"

3 trachées et qu'au début, lorganisatioi. de la tige de Mono

urement par cotylédones était en tout se.mb'able i celle de 1

iens tiee des Dicotylédones ; mais tandis que la zoni

- • gfi éiatrice était pour ainsi dire absorbée dans a

production des faisceaux ?",'"»'"•««, de U^tige^des

au centre de la tige, un mélange de à'éléments libériens entouré extérie une épaisse couche d'éléments libériens

12° Dans ceriaiiies tiges aquatiques plus dégradées que les précédentes, comme celle de Ceratophyllum, la région centrale des tiges ordinaires n'est plus représentée que par quelques petits éléments allongés à parois très minces, dans les-

bicotylédonées, cette zone ge!''^^?^ '^^ P',[.'^';,'i'„', fournissait aux Monocotylédonées de ouveaux faisceaux qui se rendaient dans les appendices

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au fur et h mesure do leur apparition. Ce modo do développninent, qui no persiste que pendant un temps très Court cliez la grande majorité des palmiers, aurait une durée pour ainsi dire indéflnio chez Ihs Dracœna, les Yucca, les CatoilruCin, nionocotylédonées dont la tige peut croître en épaisseur et atteindre parfois une taille gigantesque, ciimnie celle du célèbre Dragonnier d'Orotava dont il a été question à l'aniclo Man'jcotytédùnées.

Dans un grand nombre de tiges souterraines des Monocotylodonées, M. de Bary a crn reconnaître une organisation sensiblement différente de celle que Hugo von Molli avait trouvée pour les palmiers et que, par une généralisation trop hâtive, ce savant regardait comme caractéristique de toutes les Monocotylédonées. M. de Bary a remarqué que les tiges souterraines de bon nombre de Monocotylédonées présentent deux ordres de faisceaux. Les uns, qu'il appelle colUdeiuiux, présentent la constitution ordinaire des faisceaux que nous avon.s signalée dans les tiges aériennes des palmiers. Ce nom leur vient de ca que leurs masses ligneuse et libérienne sont placées l'une derrière l'autre, sans mélange d'éléments, sur un rayon qui va du centre de la tige au centre de la figure du faisceau. Le bois de ces faisceaux est toujours plus près du centre de la tige que leur liber. Ces faisceaux collatéraux se rendent tous dans les feuilles.

Outre les faisceaux collatéraux, on remarque dans la tige d'autres faisceaux qtie l'on nomme concentriques, parce qu'ils consistent essentiellement en une couronne d'éléments ligneux qui entoure une masse centrale d'éléments libériens.

Très souvent les faisceaux collatéraux viennent se fondre dans ces faisceaux concentriques, et ces derniers s'unissent fréquemment à des faisceaux de même nature qu'eux. Très généralement dans les rhizomes de monocotylédonées, on trouve la structure que nous venons de décrire. Toutefois par dégradation, sous l'influence du parasitisme ou de la vie aquatique, cette structure générale peut être très fortement simplifiée. On voit alors se reproduire des formes comme celles que nous avons signalées dans les Hottonia aijuatiques, les Adoxa, les Ceratopliyllum, parmi les Dicotylédoiiées.

U. de Bary a rangé les Potamogelons et les Zoslères^ dans une catégorie spéciale de ti^es monocotylédonées, qui seraient anormales en ce sens que le système de leurs faisceaux forme une colonne centrale pleine, dont les éléments ligneux sont gélifiés peu de temps après leur apparition. Au niveau de chaque nœud, on voit partir un certain nombre de faisceaux (|ui se rendent dans les feuilles de ce nœud; il n'y a par conséquent Ih. rien de comparable au parcours et h 1 organisalion des faisceaux que nous avons décrits dans la lige ordinaire des palmiers.

Dans un grand nombre de ie»îna, plantes aquatiques flottantes, le système des faisceaux de la tige ne se dillérencie ni en bois, ni en liber. Les faisceaux de ces tiges de Lemna peuvent être regardés comme la limite extrême de la dégradation de la structure des tiges des Monocotylédonées.

M. de Bary range dans cette caiégorie à part les tiges ou chaumes des Graminées et des tiy- .péracées, ipii présentent dans leurs régions nodales des lacis de faisceaux bien caractérisés.

IIL Tige <les Ci-yptogames vascutrnres. — A 1 époque ou Hugo von MohI exposa la structure de ialige telle que nous venons de la f.dre connaître, une étude ■iommaire de cette partie chez les Cryptogames vasculaires y Ht reconnaître divers types cent nous devons dire un mot.

Dans les Lycopodiacées, la tige présente un seul

faisceau fibro-vasculaire composé d'une bande centrale d'éléments ligneux entourée de tontes parts par des éléments lihériens. Ca dispositif est réalisé dans la plupart des Sélaginclles ; chez queli|ues autres Solaginelles, de plus grande taille que lesprécédimtes, on trouve plusieurs faisceaux parallèles entre eux, dont l'organis iiion rappelle celle du faisce.iu uniqu; que nous avons signalé plus haut. Ces divers faisceaux sont isolés les uns des autres au sein d'une niasse de tissu médullaire. La surface di; ces liges e-i presque exclusivement formée do tissu mécanique. Dans les Lycopodes, il semble qne nous ayons au centre de la tige, réunis en une seu e m isse, un certain nombre de faisceaux de Sélaginclles; tel est du moins le cas des Lycopodes rampant*. Dans les Lycopndes dressés, nous trouvons phitùt un massif libro-vasculaire central, composé de bandes rayonnant de la périphérie vers le centre du faisceau ; les éléments les plus extérieurs de ces bandes consistent en très petites trachées, et les éléments les plus internes en vaisseaux scalariformes. Dans le ti^su fondamental qui entoure le système fibro-vasculaire des Lycopodes dressés ou arborescents, on remarque parlois des racines adventives à faisceaux courbés, qui sont absolument caractéristiques de ces plantes.

Les Tniésiptéridées et les P.tilotum ont une tige qui rappelle un peu, mais de bien loin, celle des Lycopucies dressés.

Dans les Isoétées, le système fibro-vasculaire des tigps précédentes est représenté par une masse de trachées courtes bilobées. Cette masse de trachées est entourée de toutes parts par une assise libérienne formée, elle aussi, d'éléments parenchymateux très courts. Le tissu médullaire qui entoure ce système présente vers sa région extérieure une puissante assise aiuylil'ère qui est séparée de la surface libre de cette tige par une assise épaisse de liège qui provoque do très bonne heure la décortication des parties superficielles de cette tige. Seule parmi les Lycopodiacées, la tige des Isoétées est transformée en un tubercule court dont la surface extérieure se dépouille de très bonne heure de son revêtement primitif,

Dans les Marsiiéacées, la tige adulte présente à son centre un ma.ssif de cellules ;i parois fortement épaissies, sclériliées. Autour, une première couche de liber ; puis, plus extérieurement, une couronne d'éléments ligneux dans laquelle les éléments ligneux et libériens sont mêlés comme au hasard ; plus extérieurement encore, nous trouvons une seconde couche libérieiiue qui sépare le buis d'une assise de cellules, à section rectangulaire, à parois fortement épaissies et fortement sclérifioes. Les tissus superliciels de cotte tige sont composés de cellules à parois minces.

Dans les Salviniées, qui sont des plantes aquatiques très grêles, le grand développement du système fibro-vasculaire des Marsiiéacées subit de très grandes réductions. Il ne reste plus au centre de la lige qu'un mélange do quelques trachées très fines et de cellules grillagées. Le tissu fondamental qni enveloppe ce système de faisceaux est creusé de grandes lacunes qui servent à la plante d'organes natatoires.

Dans les Fougères, on trouve un certain nombre de massifs fibro-vasculaires, composés essentiellement d'éléments ligneux qui forment le centre de cliacun d'eux, et d'une assise libérienne enveloppant do toutes parts la masse ligneuse. Presque tous les massifs fibro-vasculairos sont protégés par une gaine mécanique ou par un étui formé de fibres mécaniques i parois très fortement épaissies. Lo reste du tissu des tiges de Fougères consiste on une sono de masse de tissu médullaire gorgé d'amidon. Les faisceaux

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des Fougères contractent entre eux de très nombreuses anastomoses, de teile sorte que leur étude est rendue extrêmement difficile par leur marche sinueuse. Même chez les Fougères arborescentes, les faisceaux de la tige de ces plantes ne semblent prendre aucun accroissement secondaire.

Dans les Equifetum, la tige présente une organisation très spéciale. Dans l'intervalle de deux collerettes, on trouve au c< ntre de la tige une lacune (lacune centrale) entourée par une niasse do tissu médullaiie, à la périphérie de laquelle on remarque un certain nombre de faisceaux. Chaque faisceau présente à sa partie intime une lacune que l'on appelle lacmie essenlielk. Extérieurement cette lacune est bordi^e par une niasse libérienne interposée entre deux massifs ligneux formés exclusivement de trachées et de vaisseaux annelés. Extérieurement au massif central dont nous venons de donner la description, on trouve un tissu fondamental cieusé de glandes lacunes que l'on qualifie de vallécuiaires, parce qu'elles correspondent aux vallécules qni séparent les côtes saillantes de la surface de la tige de ces végétaux. Chacune de ces cotes est renforcée par une masse de tissu collenchymatcux, à parois brillantes. Les espaces sous-épiderniiques laissés libres entre les massifs collenchymateux, c'est-à-dire dans les régions des vallécules, sont tapissés de parenchyme herbacé. Cette description sommaire des principales tiges des Cryptogames vasculaires montre la très grande variété de types de structure que l'on est expose à rencontrer dans la tige de ces végétaux.

Outre cette variété de structure, les tiges des Cryptogames vasculaires sont caractérisées parleur mode de ramification, qui, à l'état normal, est presque toujours dichotomique et extra-uxillaire.

IV. Tige des Cryptogames allulaiies. — Les Mousses et leurs congénères immédiats, les Sphaignes et les Hépatiques, sont les smiles plantes parmi les Cryptogames cellulaires dans lesquelles on puisse trouver un organe qui soit comparable h la tige.

Dans la tige des Mousses les plus élevées en organisation et les plus compliquées, on trouve au centre un faisceau ou plutôt un massif d'éléments îi parois minces, que l'on regarde comme étant l'homologue des faisceaux des tiges que nous avons vues précédemment. Quant au tissu extérieur qui enveloppe ce fjisceau.il rappelle tout à fait ce que nous avons déjà rencontré chez les Sélaginelles et les Lycopodes.

On applique encore parfois le nom do tige h. une sorte de colonne centrale que Ion constate chez les C/mi-a, chez quelques Floridées, chez les Corallines. Ces soi-disant tiges sont composées de grandes cellules très larges et très longues que l'on appelle souvent des si/'/tons. Il n'y a rien dans l'organisation de ces dernières tiges qui puisse lappeler, même de très loin, les faisceaux pourtant si dégradés dont nous avons signalé l'existence chez les Muscinées.

Nouvelle théorie de la tige. — Il y a quelques années, une nouvelle théorie de la tige a été proposée, et jusqu'ici cette théorie a rendu compte de tous les faits connus. Elle est duc à l'auteur du présent article ; comme elle est appelée à jouer un rôle très important dans lanatomie végétale, nous croyons devoir la résumer brièvement comme il suit.

L'auteur de cette théorie suppose connu l'ensemble des règles de développement des faisceaux (V. Tissus végétaux). Il délinit la tige :

Un axe dont les faisceaux primaires sont monoccniros; le centre de développement de chacun des faisceaux de la tige est compris entre le cen-

tre de figure de cette tige et le centre du faisceau, et sur la droite qui joint ces deux points. Le plan de symétrie des appendices primaires de la tige passe, à l'origine au moins, par l'axe de cette tige. . , .

Définie comme ci-dessus, la tige n existe que chez les Phanérogames; elle existe chez toutes.

Lorsque la tige se dégrade sous l'influence de la vie aciuatique, ou de la vie humicole, ou de la vie souterraine, les différents faisceaux de la tige se rapprochent de l'axe de cette tige et par là même se rapprochent les uns des autres. Très o-énéralement, en même temps que ces faisceaux se rapprochent, ils diminuent comme nombre et comme quantité de leurs éléments ligneux et libériens. Ce rapprochement des faisceaux d'une tige de son axe de figure rend compte de la structure des tiges A'Hutloiàa, a'Hippiiris, de l-î/no- / hyllutiu de Cullitndie, d'AdoMi. Dans ces dernières plantes, le rapprochement des faisceaux de l'axe de la tige est poussé tellement loin que les centres de développement des divers faisceaux viennent presque coïncider avec le centre de figure de la lige. . ...

Très fréquemment, la vie aquatique entraînant la gélification des éléments ligtieux, ceux-ci sont remplacés par des lacunes; il semble alors que le système des faisceaux de la tige se réduise à une masse libérienne criblée de lacunes dans lesquelles on trouve accidentellement quelques débris de trachées.

Celte nouvelle disposition nous permet de nous rendre comi.te des tiges de Potaraogétons, de Zostères, de Cevaiophyilwn, à'Helodea, de iSajns.

Dans les Lemmi, aucune différenciation en éléments ligneux et libériens ne vient frapper le système des faisceaux de la tige, qui reste loutesa vie à l'état ,,rocambv,l. La structure de la tige des Lemna est la pl.is dégradée que Ion connaisse parmi les Piianérogames actuels.

La tige normale des Phanérogames se montre complètement développée chez les Jecomn, les Solauées, les Bryones, les Siç/illana et les Poroxylons. Ce mode de développement est caractérisé par une formation abondante d éléments ligneux et libériens secondaires aussi bien vers l'extérieur que vers l'intérieur de la tige One simpliticaiion de cette manière delre s observe lorsqu'il y a suppression presque complète du déve oppement secondaire intérieur des faisceaux primaires de la lige; comme cela s'ob.erve dansles faisceaux pres.iue toujours grêles des ligrs de Monocotylédonées et dans les faisceaux à développement secondaire exclusivement extérieur de la

■es grande majorité des tiges de Phanerogamesarboiescentes, lorsque leurs faisceaux sont peu

"Ta'^struaure de toutes les Lianes : Gnétacées, Cycadées, Ménispermécs, Légumineuses, bapindacées, Nyctagénées, et Monocotylédonées a tiges croissant en diamètre, est expliquée par la p.oduction d'une masse extérieure de tissu fondamenul secondaire dans laquelle J« d^;« °PP« "" plus ou moins grand nombre de faisceaux secondaii^s c'est-A-dfre composés exclusivement d'une zone cambiale produisant du bois secondaire et du liber secondaire. , „ ■„ „» /io=

Les tiges comme celles des Begoma et des Irnlu, mil sont caractérisées par l'existence de laisceanx médullaires à bois primaire extérieur «t à liber plus près du centre, sont expliquées parce que ces faisceaux médullaires "•appa''"e>,ent pas à la tige où on les rencontre; ce ne sont nu" des p olongements des faisceaux des bourgeons axilîdres "de la tige qui viennent s insérer lur la face interne des faisceaux de cette tige obéissant ainsi à la règle des anastomoses entre faisceaux d'âges difl'érenls. Ces laisceaux medul-

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iaires so présentent dès lors avec leur orientation d'insertion, et cette remarque suffit à expliquer tontes les orientations et toutes les réductions qu'ils peuvent présenter.

Dans les Calycantliéos, les Légumineuses à feiiillcs fortement stipulées, les faisceaux extérieurs qui se présentent avec une orientation id('ini(|»o il celle des faisceaux médullaires des l'.egcnia et des Aralia ne sont que des faisceaux stipulaires.

Dans ce mode d'exposition de la structure de !a lige, on remarquera combien peu, au point de vue général, on attache d'importance aux pro- i ductiuns secondaires des diflérents faisceaux, et en outre que l'on n'établit aucune différence enire la structure de la tige des Dicotylédonées et celle de la tige des Monocotylédonées.

En ce qui concerne le parcours des faisceaux dans les tiges, cette question n'a été étudiée que pour le cas très simple où tous les faisceaux d'une tige se rendent dans ses appendices, et où chaque appendice ne reçoit qu'un seul faisceau. Deux cas peuvent se prcsenier : ou bien tous les faisceaux jouent le même rôle au môme niveau (disposition verticillée), ou bien les appendices jouent le même rôle, mais à des niveaux différents (disposition spiralée). Lorsque tous les faisceaux d'une tige jouent le même rôle au même niveau, si leurs rapports avec les faisceaux voisins i droite et Ji gauclie sont les mêmes, nous avons la véritable disposition verticillée ; le nombre des faisceaux est alors de 3, 3, 5, 8, l-l, ",'I, etc., et chaque faisceau résulte de la fusion de deux branches de même âge issues l'une et l'autre des flancs droit et gauche de deux faisceaux placés plus bas que celui que nous considérons et à égale distance de lui.

Dans la disposition des faisceaux que nous avons qualifiée de spiralée, Is nombre des faisceaux existants qui sortent dans les appendices, situés entre deux appendices pris sur une même '.irlhostique, est 2, il, 5, S, 1:J....F. Ces différents faisceaux sont reliés entre eux et forment des sortes de lignes spirales qui s'enroulent autour de la lige. Les nombres de ces lignes spirales, qui correspondent aux nombres de faisceaux cités plus haut, sont 1, 2, S, 5, 8, 13.... S. Nous appellerons cycle le rapport de l'excès du nombre des faisceaux sur le nombre des spires, au nombre total des faisceaux. Kn désignant par F le nombre des faisceaux et par S le nombre des spires correspondantes, le cycle, défini comme il vient d'être dit,

F — S a pour expression générale — = — . D'où les cycles

que l'on obtient en formant la série successive des

cycles sont : |, |, |, l ^, ^.... ~ . Si l'on

pratique une section transversale d'une semblable tige, lorsque son enroulement est dextre (c'est-àdire lorsqu'il a lieu vers la droite d'un observateur situé au centre de la tige), on a remarqué que le faisceau situé à la droite d'un faisceau pris pour origine a comme numéro 1 -)- S, le faisceau origine

portant le numéro 1, et le cycle étant — - — .Le

;i™e faisceau à droite de l'origine a comme numéro I + (« — 1) S — 8F, 5 étant un nombre entier et ÔF étant le plus grand multiple de F qu'on puisse retrancher de 1 -H (?( — 1) S. Ce numéro indique, pour le faisceau qui le porte, que ce faisceau sortira dans l'appendice ayant le même numéro, le faisceau 1 sortant dans le premier appendice que l'on rencontre en s'élevant le long de l'axe de la tige.

On remarque en formant le tableau des différents cycles que nous avons énumérés ci-dessus, •que, pour une même plante supposée dextre, selon

que son cycle aura telle ou telle valeur, la spire génératrice qui passe par l'insertion de tout'-s ses feuilles semble s'enrouler tantôt vers la droite et tantôt vers la gauche, de telle sorte que l'apparence extérieure de l'enroulement de la spire génératrice d'une tige ne permet pas toujours de juger de l'enroulement véritable des faisceaux de celle-ci.

Un faisceau quelconque d'une tige spiralée possède toujours une marche en zig-zag qui est

régie par la loi suivante. Si — = — représente le

cycle de la tige que nous étudions, le faisceau x de cette tige supposée dextre qui sort dans l'appendice x naît sur le flanc droit du faisceau qui a pour numéro a; — S, et sitôt né, il se dirige vers la droite juscju'à ce qu'il rencontre le flanc gauche du faisceau qui a pour numéro x — (F — S). Alors ce même faisceau x revient vers la gauche, puis au bout d'un certain temps retourne vers la droite, et les ondulations de cette course en ziij-zag, si différente de la course verticale que l'on supposait naguère aux faisceaux, se répètent un certain nombre de fois. A chai|ue changement de direction, ce faisceau x rencontre un autre faisceau ; et pour déterminer à l'avance le numéro de chacun des faisceaux que peut toucher le faisceau x dans sa course sinueuse, il suffit de retrancher F — S de S, puis d'ôter de x l'excès de F — S sur le reste que l'on vient de calculer; c'est-îi-dire que l'on retranchera chaque fois de x la différence des deux derniers restes obtenus.

Les règles que nous venons d'exposer fournissent d'un seul coup tous les renseignements désirables sur l'anatomie de la tige. On remarque comme conclusion de celte étude que les plantes spiralées sont dextres ou sénestres; elles sont dextres quand leurs faisceaux, sitôt nés, se dirigent vers la droite; elles sont sénestres dans le cas contraire.

Les plantes dextres et les plantes sénestres peuvent se montreravec une apparence extérieure indifféremment dextre ou sonestre Les limites de torsion vers la gauche pour chacune d'elles sont 13"°ôl' et 120"; I3T'ôl' étant un maximum et 120° un minimum. Les limites de torsion vers la droite sont 144°, qui est un maximum, et l'n°5r, qui est un minimum. De la symétrie des plantes dextres et sénestres, surtout dans leurs limites de torsion vers la droite ou vers la gauche, nous arrivons à cette conclusion que la cause déterminante de ces deux sortes de tige, c'est le mouvement de rotation de la terre autour de son axe; car la lumière seule peut provoquer la torsion des plantes en ralentissant l'accroissement sur la lace de la tige qui est la plus éclairée. Si, en effet, on se reporte à une époque géologique ancienne, on voit que toutes les plantes phanérogames sont verticillées (Sigillaires, Calamodendrons, Cordaîtes).

Dans ce qui précède, cette nouvelle théorie de la tige s'est exclusivement occupée de la structure des Phanérogames. Pour rendre compte de la structure des Cryptogames vasculaires, nous remarquons que l'organe qui représente la tige chez ces végétaux doit être défini : Un axe dont les faisceaux primaires sont tous bicentres. Les centres de développement de chacun de ces faisceaux sont symétriquement disposés de part et d'autre de la droite qui joint leur centre de figure au entre de figure de l'organe. Enfin la ramification de ces sortes de tiges est exogène, et extraaxillaire. Les différences que contient cette définition, comparée à la définition de la tige des l'hanérogames, sont telles que l'auteur a cru devoir renoncer à l'emploi du mot ((7c pour désigner ces organes, si différents à tous égards des tiges ordinaires des Phanérogames ; il a choisi le nom de stipes pour les désigner, et a assigné aux stipes

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la définition ci-dessus. Les siipes, définis de ceite manière , existent cliez tous les Cryptogames vasculaires; ils n'existent que chez ces végétaux.

Voici de quelle manière notre tliéorie rend compte de la structure si variée des divers stipes :

1° Dans les Psilolum et les Tmésipléris, le stipe ne présente qu'un seul faisceau bicentre. Les diverses brandies provenant de la ramification successive de ce stipe, au lieu de s'isoler les unes des autres dès leur point d'insertion, demeurent unies entre elles et forment une véritable fiiscialion ; de là, l'aspect de faisceau polycentro affecté par le système des faisceaux dans certaines régions de la partie aérienne du stipe de ces végétaux.

2° Les Sélaginelles n'ont, elles aussi, qu'an seul faisceau bicentre dans leur stipe ; mais ce faisceau bicentre peut se diviser, comme dans la Selagineita denticinatu, ou se compliquer de productions secondaire-^ spéciales dues à l'influence de ce que l'on appelle les /lorte rachies de Cfs végétaux, comme dans \aSelagi)iella arlorca. Exceptionnellement certaines Sélaginelles, comme la Selagini-lla Lijatlii, présentent dans leur partie aérienne des fuscinlions de stipes si'mblablos à ceux de la Selayinella denticulata et dans leur partie souterraine des fasciations de siipea comparables à ceux de la Selnginella arhinea.

3" Dans la nature actuelle, les Lycopodes sont les seuls êtres cliez lesquels le stipe présentant plusieurs faisceaux bicentres, ces divers fai-ceaux aient mêm^ centre de figure, lequel centre de figure commun coïncide nécessairement avec le centre de figure du stipe. Le stipe de nos Lycopodes actuels, quel que soit son degré de complication apparent, ne possèfle que deux faisceaux.

4° Dans les Sphénopliyllees, dont les Salviyiin sont les seuls repi ésentants dans la nature actuelle, représentants du reste absolument dégradés, le stipe pré>ente encore plusieurs faisceaux bicentres, dont les centres de figure ne coïncident plus cette fois avec le centre de figure du stipe, mais sont au contraire symétriquement disposés autour de ui. Dans lesS«/î;î«îa et les S/'ht-nopliy/Ucm. le stipe ne présente que trois faisceaux. Dans les Opliioglosses, le stipe ne présente que d>'ux de ces faisceaux. Dans les Marsiléacées proprement dites, le stipe possède quatre faisceaux.

5" Les stipes des Fougères et des Equisétacées sont dns fasciations de stipes dont chacun possède plusieurs faisceaux bicentres. — Les lecteurs qui désireraient avoir plus de détails sur ce sujet trouveront toutes ces théories exposées iti extenso dans les « Archives botaniques du nord de la France ».

Physiologie de la tige. — D'une manière générale, la tige doit être considérée comme le support des parties vertes de la plante, support qui est en même temps cliargé de disperser et d'écarter CCS parties dans l'espace ; de plus la tige est le réservoir commun qui a pour mission de mettre en communication les diverses parties de la plante ; c'est ainsi que les matières absorbées par les racines se rendent dans la tige et sont distribuées de lîi dans les diverses feuilles, et que, d'autre part, les produits immédiats élaborés dans les feuilles et d'une manière générale dans les parties vertes de la plante rentrent dans la tige, d'où ils sont expédiés Vfrs les points en voie d'accroissement et vers les réservoirs nutritifs. Le transport de l'eau et des matières dissoutes absorbées par la racine se fait à travers les éléments ligneux, en pariiculicr à travers les vaisseaux de la tige. Quant aux principes élaborés, ils circulent dans la tige h travers les cellules grillagées du liber de ces divers laisceaux. Du calibre des vaisseaux ligneux d'une tige, il est donc possible de prendre

une idée de l'intensité du courant liquide qui |

traverse la plante. A l'article Vèqé'nl, où nous devons exposer la physiologie générale des végétau.t, nous montrei'ons à quelles conséquences pratiques conduit l'étude des vaisseaux des différentes tiges. I

La tige peut servir d'organe de réserve; presque toujours alors elle sert en même temps d'organe de dissémination. Les tiges ainsi transformées ont reçu le nom de tubercules ; elles comprennent toutes un tissu gorgé de matières nutritives, tissu amylifère. tissu nutritif, tissu saccharifère, et quelques points de végétation vulgairement nommés les ijeux du iuheixute. La réserve nutritive totale accumulée dans un tubercule est généralement beaucoup plus grande que la somme des quantités de nourriture nécessaire au développement de chacun des yeux du tuberrule. Chaque œil et la portion du tissu nutritif qui l'avoisine peut d'ailleurs être complètement détaché dii reste du tubercule et planté séparément; il fournit un nouveau pied de plante qui est tout aussi précoce et tout aussi vigoureux que si l'oeil quV lui a donné naissance n'avait point été isolé. Très généralement une tige transformée en tubercule comprend une très large moelle centrale, des faisceaux périphériques très peu développés, une couche épaisse de parenchyme fondamental externe et une couche extérieure de tissu subéreux. La pomme de terre est un exemple de tiges transformées en tubercules. Presque toujours la matière de réserve emmagasinée par la plante dans ses tubercules est de l'amidon. Très rarement c'est de Vinulme ou du sucre, et plus rarement encore des malières goynmeuses. Lorsque la. réserve nutritive ecnmagasinée dans un tubercule est de l'amidon, cet amidon est rendu soluble aa moment de la végétation de l'œil du tubercule par un ferment spécial nommé diastase; ce ferment est soluble dans 1 eau, et un gramme d» diastase suffit à transformer en sucre 200 à 300 grammes d'amidon.

Les rhizomes ou tiges souterraines rampantes de certaines plantes ne sont qu'une forme spéciale des tubercules. Leur physiologie est absolument celle de ces derniers.

Dans quelques plantes, certaines tiges demeurent courtes, globuleuses, presque tuberculeuses; mais leur point de végétaiion terminal est généralement entouré de gi'osses écailles charnues qui sont pour la plupart transformées en organes de réserve. Ces sortes de tubercules ;\ écailles charnues forment ce que l'on appelle des bulbes; ces bulbes sont dits tuniques quand leurs écailles embrassent tout le pourtour de la tige, à laquelle on donne alors le nom de plateau. Les bulbes sont dits écailleux quand leur insertion sur le plateau est peu étendue.

La tige peut servir d'organe de natation. Pour remplir ce rôle, elle produit dans son tissu fondamental un grand nombre de lacunes, qui tantôt communiquent largement entre elles dans toute retendue de la plante, et qui d'autres fois sont séparées les unes des autres par des cloisons de parenchyme étoile. La tige peut encore servir d'appareil préhenseur (tiges volubilessurlesquelles nous aurons occasion de revenir h l'article Véijétal). Plus rarement, comme dans les Corallorliiza, les Psilolum, elle joue le rôle d'appareil absorbant, c'est-à-dire de racine.

En s'aplatissant et en se fasciant, la tige peut jouer le rôle de feuilles et plus généralement d'une surface verte.

Par l'atrophie de son point de végétation et lo

durcissement général de tous ses cléments, elle

se trouve fréquemment fansformée en épines, et

sert alors d'organe de défense 'Prunus spinosa)^

[C.-E. Bertrand.]

TISSAGE

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TISSAGE. — Connaissances usuelles, II-V. — Los tochnologistos qui chepclionl il remonter \ l'origine djs inventions s'accordent généralement pour faire lionneur des principi's du tissage h l'araignée, qui aurait montré Ji l'iionime par ses travaux ingénieux et patients l'art do produire avec cette clioso si tenue, si déliée, si fragile, qui s'appelle un fil, cette clmsc souple et résistante en étendue qui s'appellf, une toile. Fort bien ! mais l'araignée portait en elle son fil tout fait, tandis que l'homme dut le faire, et nous chercherions on vain, cioyons-nous, l'animal qui fut le maître de l'homme en l'art du filage proprement dit.

D'ailleurs, si les résultats du travail de l'araignée ont pu donner h l'hmînni' l'iil/i' ili^ la toile, du tissu, nous savons (|in' n'ii' |i"iiii' niivrière, si habile qu'elle soit par riNsiiiiri, nVinpluii'. aucun des procédés que rijoinnu' a il'-|]uis mis en usage pour arriver au même but, et dont il f.iut bel et bien faire honneur h son propre génie industrieux. L'araignée, filandière nca. et inconsciente dans l'acte de cette pro Inction, dispose d'un fil englué qui adhère par le seul fait du contact. Il en est de même d'ailleurs do tous les fils dont un certain nombre d'insectes se servent soit pour former le nid où ils déposent leurs oeufs, soit pour s'enveloppt'r eux-mêmes, quand vient l'époque de la métcimo-phose. Le tissage de raraigii.ée et des insectes dont nous venons de parler se fait, quelle qu'en soit l'ordoniKuico, par simple contact et superposition des fil.s, aussitôt soudés l'un il l'autre [lar la glu dont ils sont imprégnés, tandis que le tissage humain se fait esseniiellement par entre-croisement et interposition des fils : ce qui dill'érencie du tout au tout le principe du travail. Mieux vaut donc, pensons-nous, si tant est que 1 on tienne ii chercher le point de départ de l'industrie textile de 1 hmiime, croire que l'idéo première du tissu résulta pour lui du tressement des branchages, des joncs ou des roseaux d'Oit il forma presque tout naturellement la première natte ou la première claie.

Il y a, techniquement parlant, deux familles do tissus qui sont bien distinctes par la diversité dn procédé fondamental de fjbricatinn, cl qui, autant que nous pouvons croire, datent d'aussi loin l'une que l'autre, car nous les trouvons simultanément indiquées dans les pins anciens documents hisioriques : l'un de ces groupes a pour type ce quo nous appelons le tricot, produit le plus souvent par l'entrelacement d'un seul fil se déroulant à mesure du travail pour se rattacher ou se renouer avec lui-même. L'autre groupe est celui des éiQlps eji général, produites par un ensemble de fils tendus parallèlement, qui reçoivent le nom de chaîne, et avec lesquels s'entre-croisent d une façon plus ou moins régulière un ou plusieurs fils flottants ([ui, eux aussi, se déroulent à mesure du travail, et reçoivent le nom de tram-'. iVous ne nous occuperons ici que des ouvrages appartenant au second groupe, qui semblent avoir accaparé pour eux seuls d'une matiière exclusive le nom de tissus, auquel, il tout prendre, ont droit aussi les produits du feutrarje. Nous nous en tenons donc aux travaux de tissage proprement <lits, tels que les comprend le langage usuel.

Deux sortes de fils sont employés pour le tis- ■'ige : ceux qu'on obtient en tordant ensemble ncc plus ou moins d'art les brins d'une matière végétale ou animale il la fois souple et résistant"^, comme le coton, le chanvre, le Un et divers poils d'animaux ; et ceux qu'ont filés, par agglutination d'une substance qui sort fluide de leur corps, certains insectes que nous dépouillons il notre profit des travaux auxquels ils s'étaient livrés dans un tout autre but que celui de fournir des matériaux à l'industrie humaine : la soie du

bombyx du mûrier est le plus connu, le plus employé do ces fils naturels

Étant donnés ces fils de provenance diverse, c'est en les entre-croisantdans un ordre régulier, méthodique, quo l'on produit ce tissu élémentaire, nommé toile, qui est le type par excellence de tous les tissus dits unis. Si nous prônons un morceau de grosse toile et l'examinons minutieusement, en armant au besoin notre œil d'une loupe, quelle disposition générale remarquonsnous? Que chacun des fils do la tramo passe par dessus un fil de la ch.aîne qu'il croise il angle droit, puis par dessous le fil suivant, pour ren;onter par d 'Ssns, puis se glisser encore par dessous, et ainsi de suite ; cetto inarche étant réciproquement suivie par tous les HIs, il en résulte que l'entrelacement des fils qui prorlnit la toile est réglé selon un ordre unique et constant. Si maintenant nous faisons porter notre examen sur un morceau de cette grosse .seri/e qui sert il faire les houppelandes des rnuliers. ou de ce trinl'is dont on fait les pantalons d'écurie des militaires, nous verrons que, au lieu de se chevaucher un par un. les fils, dans tel ou tel sens, se chevauchent deux par denx ; nousremar(iuerons d'ailleurs quo l'aspect général du tissu est modifié par ce changement de disposition: car pendant que le grain du premier échantillon nous a oITert l'aspfct d'un damier à cases régulières, symétriques dans toutes les directions, l'aspect du second, au contraire, nous rappelle celui d'un cai'relage obtenu avec des briques ayant une longueur double de leur largeur, et qui seraient posées l'une dans un sens, l'autre dans l'autre. C'est le type de toutes les étulfes dites coi ées ou fuçon-iiei, par opposition au premier type qui, répetons le, est celui des étoiles dites U'iies. Tout l'art du tissage consiste donc il faire ou que les fils s'entrelacent généralem"iit un il un, ce qui donne une étoffe d'un aspect .absolument symétrique dans ses moindres détails, ou bien il faire que cet ordre primitif soit interverti sur toute l'étendue ou sur quelques points particuliers du travail, ce qui donne une élotTe dont l'a~pect est plm ou moins diversifié Or, si simple qu'il l'énoncé puisse paraîtie cette théorie, elle na o,is moins, depuis que lo monde est monde, nus bien des cerveaux de praticiens il la torture. Il est olémentairement facile en effet de produire ces divers entre-croisements, comme simple opération uénionstrative. C'e-t ce que font tous les jours les ravaudeuses de linge : quand elles reprennent de.i e/airs, comme elles disent, c'est de la tuile il l'aiguille qu'elles lissent dans les lacunes do la toile au métier ; mais autre chose est d'obtenir en grand, et rlans des conditions relativement économiques, les divers lissus qui peuvent résulter dos diverses combinaisons de fils. Voyons donc, tout d'abord, comment opère, de toute antiiiuité sans doute, l'anisan connu sou le nom de tisserand, qui fabrique la toile unie.

Son métier est un solide bâtis de bois ayant forme d'un carré long. A .-haque extrémité est un rouleau horizontalement fixé à pivots aux mon- .tants du métier. Les fils qui doivent former ce que nous avons déjà, appelé la chaîne, et qui sont eu nombre suffisant pour que, rangés parallèlement, leur ensemble ait la largeur qu'on veut donner au tissu, ces Ris vont de lun ii l'autre des deux rouleaux : ainsi se trouve disposé l'élément longitudinal do l'étoffe, c'est-à-dire que la chaîne est tendue. Reste il faire quo les fils ou plutôt le fil du sens do largeur enire-croise les premiers, dans l'ordre voulu. C'est ce que lo tisserand obtiendra, non pas à l'aide d'une aiguille commo la ravau leiise, mais on se servant d'un petit instrua ment qui a la forme d'un baCelet pointu des deua bouts, et qu'on nomme navette (du latin nauis^ bateauj. La navette, qui a un espace creux dans

TISSAGE

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son milieu, porte une petite bobine, sur laquelle est enroule le fil de trame, qui devra se dévider à mesure qu'on fera passer la navette entre les fils de la chaîne.

Tout le mécanisme, fort simple d'ailleurs, du métier detisscrand a pour butdassurer un passage convenable au fll de trame que déroule la navette. Les montants du métier portent suspendus à une corde, qui est à cheval sur une poulie, deux larges peiyni's dont les dents, au lieu d'être ouvertes d un Coté comme dans un peigne à cheveux, sont fermées des deux bouts. Ces peignes on plutôt ces i^ses, pnnr les appeler de leur nnra technique, sont delà largeur de l'étoffe h fabriquer, peuvent monter ou descendre alternativement selon que l'on tire l'un ou l'autre par le bas: la descente de l'un motivant l'ascension de l'autre par un mouvement de bascule analogue :'i ce qui se passe quand on remonte une horloge à poids. Chaque dent des lisses porte au centre un petit anneau; et entre les dents reste un petit espace libre dans toute la hauteur du peigne. A travers ces lisses passent les fils qui panetit d'un des rouleaux pour aller sur l'autre ; mais de façon à ce que alternativement un fil sur deux entre da'is l'anneau tandis que son voisin reste dans l'espace intermédiaire, et que celui qui passe dans l'espace intermédiaire du premier peigne soit ensuite engagé dans l'anneau du second peigne. Les choses étant disposées ainsi, on comprend sans peine que quand les lisses s'élèveront ou s'abaisseront, chacune d'elles élèvera ou abaissera avec elle la moitié des fils composant l'ensemble de la chaîne. Séparées, divisées de la sorte, les denx nappes de fils devront par conséquent furmer entre elles un angle aigu, comme feraient les deux branches d'une longue charnière ou d'une paire de ciseaux. Pour imprimer aux lisses leur mouvement alternatif et contraire, le tisserand se sert de ses pieds, qu'il pose l'un aprè^ lauire sur deux marches commandant resptciivenient l'une des deux lisses par une corde correspondante.

L'angle étant ouvert, le tisserand lance vive. ment sa navette, de droite à gauche par exemple, dans l'espace ménagé entre les deux nappes de fils. En courant, la navette laisse un hl. Puis l'ouvrier appuie du pied sur celle des deux marches qui commande à la lisse alors relevée ; celleci s'abaisse pendant que l'autre se relève. Les fils qui formaient la nappe supérieure tout l'i l'heure forment maintenant la nappe inl'crieure; dans ce mouvement de bascule, le fil laissé par la navette s'est trouvé pris par l'entreeroisB'nent des fils de la chaîne. Alors la navette est lancée de nouveau, retournant sur elle-même, c'est-à-dire allant de gauche à droite ; nouveau fi! laissé. Puis les lisses basculent encore, puis la navette recommence son parcours. Et conlinuellement ainsi... Ajoutons que le tisserand a devant lui un troisième peigne à dents régulières et sans anneaux, engagé dans un cadre lourd. Ce peigne, qui est également suspendu aux bâtis du métier, de façon à pouvoir osciller sur lui-même, reçoit le nom de buttant. Ce nom s'explic|ue par la fonction môme de cet organe, avec lequel l'ouvrier bat ou frappe pour serrer le travail du tissu. Nous connaissons maintenant le procédé de fabrication de toutes les étoffes dites unies, depuis la grosse toile à bâche ou à voile jusqu'à la plus fine mousseline, depuis le plus riche taffetas de soie jusqu'au vulgaire pudou à deux centimes le mètre.

Notons cependant que beaucoup de tissus d'aspect varié peuvent être dus au tissage à entrecroisement régulier et parfaitement symétrique. Ce sont ceux dans la fabrication dos(|uels on a fait intervenir des fils teints de diverses couleurs, combinés de manière à produire ce que les in-

dustriels appellent des dispositions, comme par exemple dans les étoffes diies écosse^ifes. Tout d'abord, pour la fabrication de ces étoffes, il y a un travail préparatoire dit d'ow'/issage, qui consiste à placer sur le rouleau de chaîne les fils colorés dans un ordre voulu et indiqué. Au tissage, ensuite, le tisserand emploie snccessivement plusieurs navettes portant chacune un fil de couleur diflerente. 11 doHue tant de coups avec l'une, tant de coups avec l'autre ; et sans qu'il soit rien changé à la marche du métier quant aux mouvements des lisses dirigeant les fils tle chaîne, ni aux allées et venues des navettes déposant le fil de trame, l'étoffe obtenue n'offre pas moins aux yeux un d'Sam qui la différencie de l'étoffe unie, pour laquelle on n'a employé que des fils teints d'une seule nuance.

Revenons maintenant à notre second type de tissus, où, comme nous l'avons ohservé, les fils ne s'entrelacpnt plus dans un ordre aussi absolument symétrique, et où nous avons vu par exemple que des fils clievauchaieut deux par doux. Imaginons, pour commencer, un métier de tisserand qui, au lieu d'avoir deux lisses seulement, en aura trois : chacune de ces trois lisses Commandera au tiers des fils. Qii'arrivera-t-il, si à chaque coup de navetie nous ne faisons monter qu'une seule des trois lisses? que l'angle où s'engage la navette sera formé d'une nappe supérieure comprenant nn tiers des flis de la chaîne, et d'une nappe inférieure en comprenant les deux autres tiers. Et si, la navette passée, nous rabaissons cette lisse pour en faire monter une autre, le fil laissé par la navette ne seraemprisonné que par un sur trois des fils qui forment la chaîne au lieu de l'être par un sur deux II passera donc par-dessus deux fils avant qu'un fil le recouvre. De là cet aspect non régulier que nous remarquons dans la serge et dans le treillis. Et si au lieu de donner au métier trois lisses commandant par tiers les fils de la chaiiie, nous en mettons quatre, cinq, dix, douze, les commandant par quart, par cinquième, par dixième, par douzième, en les faisant successivement s'abaisser ou se relever d'après un ordre éiudié, il est évident que nous pourrons obtenir dans l'entre-croisement des fils de chaîne et di-s fils de trame un certain nombre de combinaisons qui donneront à l'ctofîe un aspect particulier. C'est exclusivement ainsi, d'ailleurs, (|ue furent longtemps obtenui'S certaines étoffes mivragées, dont nous citerons pour exemple le linge de table dit à petits damiers, à œil de per'/rix. et des Idinàge^dils k grains.

On voit que tout l'art du façonnement des étofl'es consiste à cacher plus on moins de fils longitudinaux avec les fils latiiudinaux, et vice versa, selon le dessin que l'on veut former ; en d'autres termes, il s'agit simplement de taire que lors du passage de la navette tels ou tels des fils de Ict chaîne soient levés ou abaisses, pour que le fll que laisse la navette qui va et vient les couvre ou en soit couvert. Ni plus ni moins.

Il semblerait donc qu'en multipli^mt à l'infini la nombre des lisses, et en combinant, en réglant le mouvement des pédales qui Ks commandent, il doit être possible d'obtenir des étoffes de tous les aspects et de toutes les contextures, reproduisant tous les dessins qui sont traduisibles par l'entre-croisement de fils de même nuance ou teints de diverses couleurs. En théorie, rien de plus rationnel; mais il n'en est pas de même dans la pratique. N'oublions pas que le tisseur doit faire manoeuvrer les tisses en appuyant successivement le pied sur les diverses pédales qui les commandent. A grand renfort d'attention il arrivera peut-être à manoeuvrer ainsi jusqu'à douze, quinze ou vingt de ces pédales dans l'ordre voulu; mais rem^irquons d'abord que chaque coup

TISSAGE

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do navotto et de lisse n'avance le travail que de l'épaissiMir d'un (il; il nous sera ensuite facile de reconnaître, par l'examen de quelques étofl'es ouvrac;(5es, qu'il y a des dessins dont le sujet, la disposition exacte ne se répète qu'à une distance de trente, ciTiiiuante, cent, mille, deux mille fils. Il faudrait donc adapter au métier trente, cinquante, cent, mille, deux mille lisses, et autant de pédales pour les commander Outre que ce serait là une proini6ro impossibilité matérielle, il tombe sous le sens que le pied, ou môme l'œil de l'ouvrier, ne saurait,ne pourrait se reconnaiire dans cette forêt de leviers. On n'a doncjamais pu songer à multiplier beaucoup le nombre des lisses et des pédales ; et l(mgicmps, bien longtemps il s'en est suivi que la fabrication courante des étoffes ouvragées a dû restreindre le champ de ses prétentions en limitant l'étendue du dessin à reproduire, do telle sorte qu'il ne comportât qu'un nombre borné. de coups de navette entre deux retours à la môme disposition ou combinaison des flis.

Toatefois,à dos époques de beaucoup antérieures à la merveilleuse invention qui, au commencement de notre siècle, est venue changer du tout au tout l'art du tissage façonné, nous trouvons des étoffes ouvragées qui, portant des dessins lonqs, semblent n'avoir pu être fabriquées qu'à l'aide d'un nombre considérable de lisses et de pédales. Ces tissus qui, vu la délicatesse et la lenteur de leur production, restaient toujours d'un prix fort élevé, étaient fabriqués sur des métiers dits à la tire. Ce métier était ainsi nornmé parce que, à chaque coup de navette que donnait le tisseur, un ou même plusieurs servants du métier, enfants, femmes, vieillaÊ'ds, étaient chargés de tirer des cordes ou lacs disposes de façon à commander tels ou tels fils de la chaîne qui devaient être levés. Les tireurs de lacs avaient devant eux un indicateur qu'ils lisaient en quelque sorte à chaque coup de navette, et ils tiraient des lacs en conséquence des indications. Outre que les fonctions de tireur de lacs exigeaient de la part de celui qui les remplissait une attention soutenue, car il devait observer à la fois son indicateur et les mouvements de l'ouvrier tisseur, cet utile auxiliaire devait encore, par suite d'une disposition malheureuse, nous serions tenté de dire inhumaine du métier, opérer les efforts qu'exigeait le tirage des cordes en gardant les plus gônantes ou fatigan ■ tes postures : aussi dans les centres industriels qui, comme Lyon par exemple, produisaient les riches, les magnifiques étoffes façonnées, comptaiton une majorité de personnes contrefaites parmi les tireurs de lacs qui étaient presque tous au moins d'une santé chétive.

Enfin Jacquard vint, qui, reprenant et perfectionnant, dit-on, une idée d'abord émise par Vaucanson, ouvrit pour le tissage d^s étoffes ouvragées une ère de progrès inouïs; car non-seulement son invention réduisit à la plus grande simplicité le mécanisme de inouveiueiit des fils de chaîne, mais encore permit de réaliser toutes sortes de combinaisons qui restaient impossibles môme par la plus grande complication du métier à la tire; tout cela, bien entendu, en rendant le travail beaucoup plus rapide et plus économique, puisque du même coup la suppression des tireurs de lacs réduisait le personnel employé à la manœuvre du métier et débarrassait l'opération de cette le'twe incessante de l'indicateur qui en ralentissait singulièrement la marche.

A bien prendre, l'invention de Jacquard est, comme la plupart dos grandes inventioiis, d'une simplicité en quelque sorte élémentaire ; mais elle est beaucoup moins facile à déciire qu'à comprendre avec un appareil sous les yeux. Nous essaierons tnutelois d'en exposer aussi clairement que possible les dispositions, et peut-être réussirons-

nous à en faire concevoir le mécanisme à ceux de nos lecteurs qui voudront bien lire attentivement les lignes suivantes.

Jac<|nard a imaginé de placer au-dessus des métiers nm' boîte sans fond, ni couvercle, ou plutôt nu large cadre à l'intérieur duquel sont rangées verticalement par lignes, comme dos l'usées dans une caisse d'artilice, autant do baguettes de métal, recourbées en crochet par le haut, qu'il y a de fils à la chaîne de l'étoffe ; chacune de ces baguettes correspond à l'un de ces fils par une cordelette qui porte un anneau où s'engage le til, et qu'un petit contre-poids maintient tendue. Dans la caisse, devant les lignes de baguettes, un peu Cil contrebas des crochets qui les terminent, sont placées des lames reliées par un bout, qui s'élèvent toutes ensemble par le fait d'un levier que commande l'unique marche ou pédale du métier. Ces lames, en s'elevant, peuvent s'engager dans les crochets et par conséquent soulever les bagtettes qui, par suite, souièveront les fils de la chaîne auxcpiels elles correspondent. Mais tous les fils ne devant pas être soulevés à la fois, il fallait faire en sorte que les lames en s'elevant ne s'engageassent pas dans tous les crochets.

Mais tous les crochets sont susceptibles d'être dérangés, repoussés pour échapper au soulèvement des lames, et voici comment : à chaque baguette verticale est attachée, dans la caisse même, une tige de fer verticale dont le bout sort un pou de la partie supérieure de la caisse. A l'endroit où les bouts de ces tiges se présentent en bataillon serré, vient, à chaque pulsation du métier, battre un bloc de bois quadrangulaire» percé sur ses quatre faces d'autant de trous, correspondant exactement, aux tiges, qui peuvent y pénétrer. A chaque coup do navette donc, toutes les tiges pénétreraient dans les trous du bloc si rien ne s'interposait. Mais à chaque coup de navette vient s'interposer sur le bloc une feuille de carton qui a été percée de plus ou moins de trous correspondant en même temps aux trous du bloc et h telles ou telles des tiges de fer. Alors, partout où les tiges rencontrent un vide elles pénètrent dans le bloc, et les baguettes verticales aiixquelles elles correspondent n'étant pas dérangées de leur position normale, sont enlevées par la lame, et les fils de chaîne que ces baguettes commandent sont soulevés ; tandis que si les bouts de tiges portent sur un endroit plein du carton, j ils font dévier, reculer la baguette verticale, dont le crochet échappe la lame qui monte : et ce sont autant de fils dL chaîne qui ne so trouvent pas ' soulevés.

A chaque coup de navette la feuille de carton change, parle fait d'un quart d'évolution du bloc qui la présente, ce qui permet d'en augmenter le nombre à volonté, et par conséquent de produire toutes les combinaisons d'entre-croisement imaginables sans s'inquiéter trop de la limgwiif du dessin, l'ourcertainos étolTes richement ornementées, on emploie quelquefois jusqu'à plusieurs milliers de cartons : mais eu moyenne c'est par centaines qu'on les compte.

Une fois l'appareil Jacquard installé sur un métier, tout se réduit donc à percer convenablement, selon le dessiii qu'on veut produire, autant de feuilles de carton que l'ouvrier doit donner de coups de navette avant que la même combinaison de fils so représente dans le tissu qu'il exécute.

L'artisan chargé de percer les cartons s'appelle le liseur : il opère guidé par une mise en ca7-ie, c'esl-à dire par une traduction du dessin à reproduire, faite sur un papier quadrillé qui est analogue, k celui où se peignent les modèles de broderie, et dont chaque ligne correspond à un fil du futur tissu.

Si nous avons su faire comprendre le système

TISSUS

TISSUS

de Jacquard, on doit voir quelles immenses ressources il a fournies aux arts textiles, qui. depuis que cette invention est connue, ont d'ailleurs réalisé tout un monde de merveilles. Simple et sûr, facile et expéditif.le sytcmo Jaci|uard a Été peu à peu appliquée tous les genres de tissage qui n'ont pas pour but de produire une étoffe absolument unie. Pendant que sur le bloc de tel métier donnant l'étoffe à dessins magnifiques, les cartons percés se succéderont en nombre infini, sur tel autre métier donnant le simple tissu croisé ou légèrement ouvragé on n'en verra que quelques-uns, dispensant le tisseur de toute manœuvre des pédales, qui, si simple ou régulière fût-elle, ne laissait pas de compliquer et de retarder singulièrement le travail.

Avons-nous besoin de faire remarquer que quelque magnifiques résultats que puisse donner par lui-même le système Jacquard en tant que favorisant les combinaisons que nous serions tentés d'appeler matérielles du tissage, c'est généralement en y adjoignant la puissante ressource des combinaisons de nuances qu'on obtient les plus somptueux tissus de grand luxe, aussi bien que les innombrables et très économiques étoffes de pure fantaisie qui sont aujourd'liui accessibles à toutes les bourses.

Aujourd'hui d'ailleurs presque partout, au moins pour les tissus de grande consommation, au tissage à la main s'e-t substitué le tissage automatique, qui accélère beaucoup la production, mais qui n'a rien changé aux principes normaux de l'opération. Pour ôtre mû par la vapeur au lieu de l'être par le tisserand, le métier n'a perdu aucun de ses organes primitifs et essentiels. C'est toujours une chaîne dont les fils sont soulevés dans l'ordre voulu, toujours une navette qui passe en déroulant la trame, toujours un battant qui frappe pour Eerrer l'entre-croisement des fils.

Nous ne saurions énumérer ici les diverses sortes de produits qui sont dus à l'industrie textile en général, et qui tons peuvent être ramenés à l'un des deux groupes que nous avons d'abord signalés; nous devons cependant mentionner à part certains tissus qui, sur un premier examen, sembleraient n'appartenir à aucune de ces catégories: nous voulonsparler du velours, pelucheset autres étoffes poilues. Pour la production du velours le métier reçoit deux chaines que les lisses manœuvrent simultanément. L'une de ces chaînes sert au tissage proprement dit et forme le corps de l'étoffe en s'entrc-croisant avec la trame ; l'autre se replie en boucles, autour d'une petite tige de métal qu'à cliaque coup de navette l'ouvrier glisse sou* les fils soulevés. Si, la tige retirée, on laisse la boucle formée, on a ce qu'on appelle de l'épingle; on la fend dans toute sa largeur à l'aide d'un petit rasoir qu'on fait courir sur la lige restée dans la boucle, quand on veut avoir du velours ordinaire, dont le ),oil se trouve ainsi formé d'une multitude de petits pinceaux rapprocliés et de même longueur. Notons que dans le velours de coton, si employé pour les vêtements populaires, c'est non une chaîne, mais une trame spéciale qui produit les boucles ou cannelures, que l'on fend ensuite en longueur à l'aide d'une sorte d'épée, pour avoir le poil. L'étoffe pelucheuse qui sert à fabriquer les chapeaux dits de soie est un satin i double chaîne, La seconde chaîne, tissée en/Zo/lage, est aussi coupée par un procédé particulier, et ainsi des autres tissus analogues.

[Eugène Muller."]

TISSUS. —Zoologie, XXXI. — Les phénomènes de la vie apparaissent tout d'abord à l'observateur comme se divisant en deux catégories: les uns, superficiels, pour ainsi dire, et qui frappent d'abord le regard, appartiennent à la physique et à la cliimie, c'est-à-dire en dernière analyse à la mé-

canique, et ne diffèrent en rien de ceux que présentent les corps bruts. Par exemple la respiration et la production de la chaleur organique sont identiques aux combustions de nos foyers. Les autres, au contraire, plus intimes, plus caractéristiques de la vie, semblent ressortir \ un ordre spécial, étranger aux lois physico-chimiques. Cette distinction n'est qu'apparente; une observation plus attentive et une vue plus profonde de la vie nous révèlent que l'empire de ces lois est aussi absolu dans le domaine de la physiologie que dans le monde inorganique : pas de phénomène qui ne soit un phénomène de mécanique. Mais un trait distingue pourtant le monde de la vie : c'est que ces phénomènes, identiques à ceux que présentent les corps inorganisés, sont ici piovoqués et dirigés par un principe et par une direction spéciales. i< Le corps, a dit excellemment M. Paul Bert. esl le verre du chimiste ; mais la vin est le chimiste même qui pré/^are la conditions des phé'iomé?ies . » Et sans entrer ici dans le débat des doctrines et des hypothèses, nous tenons simplement, au début de cette étude, à bien marquer que cette direction cachée est le propre de la vie, encore bien qu'elle ne se révèle qu'à travers les lois de la mécanique générale.

Cette propriété caractéristique appartient à la matière organisée et n'appartient qu'à elle, sous quelque forme qu'elle se présente. '

Ces formes sont nombreuses. En procédant du simple au composé, le premier degré d'organisation, la forme la plus rudimentaire do la matière vivante est celle que l'on nomme la su''Stance no>i fiijurée : ici pas de forme, pas de granulations, rien, pour ainsi dire, que le suOstratum élémentaire de la vie. Au second degré, cette substance, d'informe et d'amorphe, est devenue figurée ; elle présente quelques stries, ou qu'-lques granulations dune prodigieuse finesse. Mais ce n'est encore là qu'un état passager, une forme transitoire. La vie réelle, avec la complexité de ses phénomènes, ne commence qu'à la cel u'e. La cellule est la base de toute organisation, l'élément primordial de tous les corps vivants ; c'est en quelque sorte la véritable unité anatomique. Tout organisme vivant n'e t qu'tine agglomération de cellules.

Ainsi l'élément anatomique proprement dit est un élément cellulaire. Le groupeutent, la juxtaposition de cellules, d'une seule espèce ou de plusieurs espèces diverses, forme un tissu. Pour étudier chaque tissu séparément, dans sa structure et dans sa physiologie, nous sommes donc conduits à étudier la ou les cellules qui le constituent.

Disons d'abord un mot de la cellule en général. Une cellule parfaite est formée de plusieurs parties distinctes, au nombre de trois: 1° une membrane limitante, ou membrane d'enveloppe, très mince et parfois difficile à apercevoir ; 1° un contenu protoplasmiquc, granuleux, 3° une petite masse centrale ou noi/au.

Ainsi formé, cet élément anatomique manifeste sa vie par divers phénomènes : d'abord par la nutrition. 11 se nourrit par endosmose, mais une endosmose qui n'a rien de fatal, dirigée par un certain choix, acceptant telle substance et en repoussant d'autres. Ensuite, par la reproduction ; des cellules nouvelles naissent de la segmeniation successive du contenu de la cellule more. Enlin par ses fonctions; c'est ainsi que la cellule nerveuse sert à la fonction do sentir ou de penser, que la cellule musculaire se contracte, que la cellule glandulaire sécrète, etc. Ajoutons que la cellule ne fonctionne qu'un temps variable, puisqu'elle se transforme, meurt et disparaît, remplacée par uue cellule plus jeune.

Ces considérations générales étaient nécessaires pour établir au début de cette étude les propriétés

TISSUS

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communos h tous les cléments anatomiques, communes |iai' conséquent à tous les tissus.

Entriin^ maintenant dans l'étude particulièro de chaque tissu. .Nous en compterons si\ : le tissu nerreu.r, le lissit osseux, le tissu musculuire, le tissu l'fiillirliat, le tissu conjonctif. et le sayit/.

1° Tissu nerviîi x. — Nous renvoyons le lecteur à l'article Si/sirme uerveur, où il trouvera suffisamment détaillées la structure anatomique et les propriétés de ce tissu.

2» Tissu o.sseu.x. — Nous avons dit, àl'ariicleSf/îjelette, que le squelette csseux est la transformation calcaire du squelette cartilagineux du fœtus. Ceci nous amène à considérer d'abord le cartilage.

Le cartilage se compose de deux clémenis: 1° une cellule, la cellule i-artitnginense ou cliondroplaste, spliérique ou polyédrique, très volumineuse (1/10 de mm.', et possédant un noyau; 3" une substance intercellulaire firisâtrc, tantôt amorphe, tantôt fibreuse, toujours dure, élastique et résistante. Particularité inqjortante, le cartilaue ne possède ni vaisseaux ni nerfs, et se. nourrit par imbibition. Traitée par l'eau bouillante, la substance intercellulaire se dissout, et se transforme en cliondrine et en gélatine, tandis que les cellules résistent, manifestant ainsi une nature chimique différente.

Comment s'opère la transformation du cartilage en os'? On voit d'abord les cellules cartilagineuses ou chondroplastes se ranger en séries régulières aux environs du point où va naître l'os. Bientôt, en co point, apparaît la substance fondamentale, calcaire, de l'os, qui s'avance par traînées entre les chondroplastes, envahissant la substance du cartilage. A ce moment, les chondroplastes, noyés dans la masse calcaire, se rétrécissent, se rident, se munissent do prolongements déliés qui vont se ramifier et s'anastomoser avec les prolongements des cellules voisines: cette transformation crée la cellule osseuse, ou oHéobluste. Dès lors l'os est formé. Il possède ses deux éléments fondamentaux, l'ostooblaste. ou cellule osseuse, petite, irrégnlière, munie de libres ténues et creuses, et la substance osseuse, intercellulaire. Bientôt, en certains points, cette substance se résorbe, disparaît, créant de longs trajets sinueux, où se logent les vaisseaux nourriciers de l'os.

Lorsqu'on examine au microscope une coupe enlevée à un os encore frais, on est frappé de l'ordre dans lequel sont rangés les ostéoblastes : ils sont disposés en lignes concentriques autour d'une sorte de trou noir, qui n'est autre chose que la coupe d'un canalicule sanguin (canaux de Havers).

On verra, en se reportant h l'article Squelette, quelle est la composition chimique du tissu osseux. On trouvera IJi .lussi la description des trois variétés do structure osseuse : compacte, spongieuse et réUculiiire : nous n'avons donc pas il revenir sur ces points déjà traités, non plus que sur le rôle du périoste, suffisamment décrit dans le mémo article. Disons seulement que la moelle. contenue dans le corps des os longs, est constituée par deux éléments bien distincts, mais dont les proportions sont dans un rapport variable d'abord des cellules propres, nommées les médullocales, grandes, sphériques, munies d'un noyau; ensuite des vésicules remplies de graisse liquide.

;)° Tissu MUSCULAIRE. — Le tissu musculaire se présente sous deux formes bien différentes, et qui doivent être étudiées à part. Les muscles en effet sont de deux ordres : les muscles lisses, ou muscles de la vie organique, et les muscles striés, ou muscles de la vie de relation.

A. Musrli-s lisses. — Ces muscles sont placés dans les parois des viscères (vessie, intestins, utérus, poumons, etc.) ou dans les canaux qui y

aboutissent (bronches, vaisseaux sanguins, uretères, urètlire, canal cholédoque, etc.). Ils contribuent à former les appareils de la digestion, de la sécrétion urinaire, de la circulation, et enlin les conduits excréteurs des glandes. Leur physiologie est toute spéciale. Ils forment en effet un ensemble d'organes contractiles, dont la contraction n'est point soumise à l'empire de la volonté ; ils fonctionnent automatiquement, en vertu d'un mécanisme unique, celui du mouvement réflexe. Ils constituent dans l'organisme animal un domaine soustrait au gouvernement du moi, étranger à la vie volontaire et, dans une large mesure, k la conscience, dont les (onctions ne peuvent être ni provoquées, ni enrayées par la volition, mais sont réglées par un mécanisme spécial. La bouchée de pain qui a franchi l'isihme du gosier écliappe désormais à notre empire, et, de ce moment jusqu'à celui où elle sera éliminée de notre tube digestif, elle exécute un long voyage dont chaque étape est déterminée en deliors de notre vouloir, et sur le trajet ou la rapidité duquel nous ne pouvons influer en rien.

Les muscles lisses sont uniquement constitués par des fibres contractiles. Ces fibres se présentent sous la forme de cellules ovales extrêmement allongées, aplaties, d'une longueur qui varie entre 0""",0.> et l)min,'20, et d'une largeur cinq fois moindre. Ces cellules, p<âles et munies d'un noyau ovnide, se juxtaposent pour former les faisceaux du muscle.

Chacune de ces fibres, prise isolément, possède kl propriété de se contracter, c'est-à-aire de passer de sa forme allongée et mince h la forme renflée et courte. La limace (|ui se gonfle et se raccourcit, puis s'allonge en s'amincissant, représent ■ assez bien le mécanisme de la contraction do la fihre-cellule.

Mais ce qui est à noter c'est que, dans la fibre lisse, le passage de la forme n" I à la forme n° 2 n'est pas subit, comme dans la fibre striée, niais au contraire extrêmement lent. La contraction d'un muscle lisse demande donc toujours un certain temps pour s'opérer.

B. Muscles striés. — Ces muscles, situés pour la plupart à la surface de l'organisme, sont les organes actifs de la Irjcomation. Ils sont en général groupes et disposés autour des leviers osseux, s'attachent à ces leviers, et les meuvent en sens divers en se contractant tour à tour. Us entrent en mouvement sous l'influence de la volonté, aux ordres de laquelle ils obéissent avec une rapidité instantanée.

Un muscle strié se présente sous la forme de faisceaux de fibres. Chacune de ces fibres, habituellement prismatique, est contenue dans une gaine transparente (sarcolomme). IWais ce qui frappe tout d'abin-d, c'est l'apparence s^-iVf de la fibre : elle est comme composée de disques alternativement sombres et clairs empiles l'un sur l'autre. tUe possède la propriété de se contracter, c'est-à-dire de se raccourcir en se renflant, et communi(|ue cette contractilité aux faisceaux et au muscle tout entier.

Le muscle s'use, comme tout organe, lorsqu'il fonctionne, c'est-à-dire lorsqu'il se contracte : mais il s'alimente, il se nourrit pendant qu'il ne se contracte pas. C'est ainsi, par exemple, que le cœur se repose et se nourrit 1"2 heures sur ;24, dans l'intervalle de chaque contraction.

Dans l'atrophie des muscles, dans la paralysie, etc., la fibre constitutive se résorbe, subit la dégénération graisseuse, et il ne reste plus que l'enveloppe, le sarcolomme. vide et chitTonné.

L'étude de la physiologie musculaire est dominée par ce fait capital que le muscle peut changer de forme et se prése^nter sous doux états

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difforents, le premier appelé généralement état <le repos, où le muscle est détendu et mince, le second, état actif, oùil est renflé, raccourci, con- Iradé.

Examinons d'abord les phénomènes physiques et chimiques qui s'opèrent dans le muscle au repos, pendant l'état que nous nommerons l'état n° 1.

Que l'on ne se représente pas cet état comme absolument inerte et passif. Loin de K\ : le muscle jouit alors d'une grande tonicité, ou mieux d'un" grande élasticité En d'aulres termes un muscle soi-disant nu repos, si détendu qu'il semble, est encore éiiré au delà de sa longui'ur naturelle, et si l'on conpait l'un de ses tindons, on le verrait subir une rétraction légère. Celte tonicité ressemble exactement à celle d'une bande élastique légèrement tendue, et ne doit pas être confondu", avec la contractilité, dont nous parlerons plus bas.

Sous cette forme n" 1, le muscle vit et s'alimente; sa composition chimique e^t dans un état de perpétuel changement. Il absorbe de l'oxygène et dégage de l'acide carbonique, en un mot il respire. Détaché de l'os et placé sous une cloclie, il continue à manifester ce phénomène respiratoire par l'altération graduelle de l'atiuosphèi-e de la cloche qui s'appauvrit et se vicie. Cette nutrition et cette desassimilation du muscle au repos e^t attestée, sur l'animal vivant, par la différence de couleur et de coinposition entre le sang artériel qui entre dans le muscle, et le sang veineux qui en sort : ce dernier est moins rouge, plus pauvre en oxygène, et contient un peu d'acide carbonique.

Nous allons voir ces divers phénomènes se modifier quand le muscle passe à l'état de contraction.

Le muscle, dans cet état n" î, a perdu les 5/6

noir. Au contraire, quand aucune contraction musculaire n'a lieu (syncope, sommeil, etc.), le sang veineux revient presque rouge.

On voit l'importance du travail musculaire sur les phénomènes intimes de la respiration. C'est surtout le muscle qui est le théâtre de la transformation de l'oxygène et du carbone en acide carbonique, et de l'élimination de ce dernier. En ce sens, on peut dire que pour « respirer » il ne suffit pas d'aspirer de l'air mais qu'il faut utiliser cet air, et, pour cela, faire travailler la masse muscjlaire. De là l'utilité de l'exercice et de la gymnastique, naturelle ou artificielle, pour entretenir ce mouvement de régénération et de destruction perpétuelles qui n'est autre chose que la vie. Parla encore s'explique ce qu'on a appelé la « douleur de l'immobilité » et le besoin absolu (mêine pendant le sommeil ou la distraction) de changer de position ou de place, sous peine de donner aux muscles, qui ne respirent plus suffisamment, un commencement d'asphyxie.

Quels sont les matériaux dans lesquels le muscle puise le carbone nécessaire à sa combustion ? On avait cru longtemps qu'il les puisait dans les aliments que Liebig a qualifiés de /j/as'îi/î'es, e'est-àdire dans les aliments a/izimtnoidfs (viandes), et nullement dans les hydrocarbures (sucres, graisses, alcools), dont la combustion paraissait spécialement destinée à fournir la chaleur animale.

Les travaux de Tyndall, de Rumford , de Mayer, etc., sur les équivalents mécaniques de la chaleur, inspirèrent des doutes sur la théorie de Liebig. Ces travaux en efl'et montrèrent que chaleur et travail sent une même chose, ou du moins deux choses équivalentes, et qui peuvent se transformer l'une en l'autre. Or le muscle n'est qu'une machine, mais une machine plus parfaite que les autres, qui transforme en travail la cha-

de sa longueur primitive: en revanche, il est gros, ! letir produite. Le travail musculaire n'éiant que renflé, globuleux. C'est là ce que l'on constate de la chaleur transformée, il était natiirel de penur un muscle dont l'une des extrémités est déta- ser que pour le produire, le muscle dépense, non

chée de l'os, et qui est libre, par suite, de se rétracter au maximum. Si l'on palpe ce muscle, on est surpris de le trouver très mou, et pnrf'aitement élnstiq-e, c'est-à-dire facile à étirer, mais revenant exactement à sa dimension première

sa propre substance, mais bien les aliments hydrocarbonés, véritables sources de la chaleur, et qu'il n'est, en somme, que le théâtre où ces aliments viennent se brûler pour produire chaleur et travail : exactement comme la locomotive brûle

Pourtant nous observons sur nous-mêmes qu'un j son charbon pour produire du mouvement.

muscle contracté (le biceps par exemple) est très

^ Des expériences directes etcélobres confirmèrent

dur, et résiste à la tractiôn.'^C'est que sur l'ani- ] de point en point cette vue remarquablement mal vivant, le muscle n'est pas libre d'atteindre profonde de la physiologie animale. Il est aujourson maximum de rétraction (les 5/6 de sa Ion- d'hui acquis à la science que la masse musculaire gueur) ; ses attaches osseuses lui permettent tout consomme, non de la viande, mais des sucres et au plus un raccourcissement de 1/6 ou 2/6; en un ; des graisses : les herbivores, qui ne s'alimentent mol. pendant la vie, l'état n° 2 n'est jamais par- ' que d'hydrocarbures, possèdent une musculature faitement réalisé, et le muscle est violenté, étiré, \ plus puissante que celle des carnivores. L oiseau tomme nous avons vu qu'il l'est aussi dans l'état , granivore est relativement plus agile et plus fort n" 1 : il est semblable à un câble do caoutchouc ! que l'oiseau de proie; enfin parmi les insectes, fortement tendu. — En d'autres termes, dans ' dans une même famille, ceux qui vivent d aliments i l'état n" 1 parfait, comme dans l'état n» 2 parfait, j sucrés jouissent d'une incroyable rapidité de le muscle serait vraiment inerte, passif : mais il mouvements, comparés à ceux qui vivent en pane peut jamais réaliser parfaitement ces formes rasites. Un Anglais. Harting, sétant mis au régime

.... de lidO grammes de viande par jour, presque sans

hydrocarbures, était arrivé a un point extrême de faiblesse musculaire.

Ces intéressantes recherches mènent à une conclusion pratique qui se révèle d'elle-même : il

sur l'animal vivant; il faudrait pour qu'il le pût que l'une de ses extrémités fût détachée de l'os. Sur le vivant au contraire, il est actif par sa résistance même à la violence exercée sur lui. Dans l'un des cas, cette résistance est facile et constante

puissante et intermittente et se nomme contractilité.

La différence chimique n'est pas moins grande entre l'éiat n" 1 et l'état n° "J. Nous avons vu que

et se nomnîe tonicité, dans le second, elle est faut augmenter, dans le régime, la proportion de

graisses, de sucres et d'alcools, à mesure que le travail musculaire augmente : au contraire, il faut la diminuer quand les muscles sont peu actifs,

^. ., ... .j__ sous peine de voir ces aliments .s'accumuler dans

dans le prëmier.l'a conïbùstïon "s'effectue, quele ^ lorganismeel produire de graves désordres (goutte, muscle brûle son oxygène et dégage de l'acide j diabète). ^^

carbonique. Cette respiration s'opère également à La propriété de passer de l'état n° 1 à 1 état iv '^ l'état de contraction, mais avec une énorme inten- \ constitue la vraie caractéristique du muscle, sa hiié. Le muscle « (iin travaille » consomme une \ véritable activité fonctionnelle. Elle se manileste grande quantité d'oxygène, et le sang veineux qui sous l'influence d'irritants de diverses natures : vient de le traverser est presque entièrement ] l'excitant physiologique représenté par linllux

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1101 veux ost (iviiiiiinmeiit le plus froc|iient do tons. I.rs .■\('ii,Mil> i-Zi'inii/iirs sont très noiiibruux (aminiiiii i'iu , M i(l.',, lii^cs, etc.). lînfin parmi lus r^fiii.ii. lu/fii/iif.i, il l'.iut citer en premier lieu IViIcciriciiu ; puis lu clioc, la piqûre, le piiiceuinit, etc.

Si l'un quelconque do ces excitants agit brusc|\ioinont, on voit le iiiuscle se contracter brusiinuniont aussi, puis revenir à sa forme première. Jlais si l'excitant agit par secousses répétées et rapides, le muscle n'a pas le temps de revenir à cette forme entre cliaque secousse ; au moment 'lù il y revient, une nouvelle secous-iO le frappe rt le remet en contraction, en sorte que le iimsi 11' ainsi excité resti' ou du moins a l'air de rester iiiiuracté. Pour obtenii' ce résultat, il faut au iiinins 30 oxcilations par seconde. Il est doncproiiable que cliez l'animal vivant le muscle ne se in.iintient en contraction que par une série de secousses fusionnées. Et en effet, si l'on ausculte le muscle on cet état, on entend un bruit, le fjruit ou Ion musculaire, dont la hauteur correspond h, peu près à :J0 vibrations par seconde. Si l'on rend plus énergique encore la contraction du muscle, en rendant plus rapides les excitations, le bruitmusculaires'élève, devientplus aigu. C'est ce qu'on peut vérifier aisément eu écoutant sur soi-même, dans le silence de la nuit, le ton du masséter^muscle masticateur); si l'on seri'e de plus en plus les mâchoires, ce bruit peut s'élever d'une quinte.

Le muscle au repos possède une forte réaction alcaline. Quand il travaille, il se charge d'acides. Cette acidité, trop longtemps prolongée. Unirait par coaguler la Hbrine du muscle ei en détruire les propriétés; un sentiment de fatigue, des crampes, révèlent, pendant la vie, ce danger et l'écartent. Mais après la mort, les acides accumulés déterminent cette coagulation et provoquent ainsi le phénomène de la rigidité ciiduvériijue.

Quelle est la nature intime^du phénomène de la contraction ? De quelle façon s'o|ière t-il dans l'élément analomique, dans la fibre-cellule du muscle? La lumière est loin d'être faite sur ce point. Deux théories sont en présence. L'une est celle du professeur Rouget, qui a expérimenté sur le pédicule contractile des vorticeiles : d'après lui la fibre musculaire est un vrai ressort en spirale Il qui, iictiveinent distendu pendant l'état d»? repos, revient passivement sur lui-même au moment delà contraction. » La contraciilité n'est donc pour lui qu'une élasticité toute passive ; l'activité du muscle consiste h la combattre et i étendre ses fibres à l'état faussement appelé « de repos. » — Cette théorie, briUammeul soutenue, nous paraît en contradiction avec les phénomènes chimiques dont il a été question plus haut, et qui montrent bien que le muscle deptinse et respire (c'es'.-à-dire travaille) quand il se contracte et uon caand il est étendu. — La seconde théorie, à. laquelle nous donnons la préférence, est celle de Marey; d'après l'éniinent expéiimentateur, le contenu semi-liquide de la fibre serait le siège d'une série d'ondes qui la gonflent en la raccourcissant. Cette « oiule musculaire n marcherait à la vitesse, fort peu considérable, de 1 mètre par seconde.

On trouvera, à l'article Squelette, quelques détails sur les mécanismes divers à l'aide desquels les muscles meuvent les pièces osseuses auxquelles ils s'attachent.

4" Tissu ÉPiTuÉLiAi.. — Les épithéliums sont des membranes très minces, et constiluées uniquement par des éléments globulaires (peau, séreuses et muqueuses) ; ou bleu ils forment des amas de cellules, comme ceux qui constituent le parencliyme des glandes. — Pour parler plus exactement, les épithéliums forment t'jus les

organes de sécréliou, suit que ces organes s'étalent en membranes, comme les téguments externe et interne, soit qu'ils forment un tissu épais, comme les glandes. En outre on trouve de l'épiihélium dans les vaisseaux, soit sanguins, soit lymphatiques.

L'éléineiu anatomique qui constitue ce tissu, la cellule épiUicliale, apparaît dès les premiers temps de la vie intra-utérine dans le feuillet externe et dans le feuillet interne du blastoderme. Il naît alors et se multiplie par un mécanisme fréquent dans la physiologie Cellulaire, celui de la scissiparité : une prii'mière cellule se sesmento, et chacun de ces segments devient une cellule complète, puis chacune des nouvelles cellules subit à son tour le môme cliangement et donne naissance à de nouveaux éléments, et ainsi de suite i\ l'inlini.

Cepen.iant, remarquons qu'il y a un autre modede reproduction de» cellules épithéli.iles : c'est celui qui se produit pour remplacer les cellules mortes qui tombent sans cesse, aussi bien pendant la vie intra-utérine que dans la vie adulte, ù la surface du derme ou de la muqueuse intestinale. C'est en efl'et le propre de ces élémenis de tomber lorsque, arrivés à leur état de complet développement, ils cessent de se nourrir; et ils sont aussitôt remplacés par des cellules nouvelles. Ce mode de reproduction est dit par prolifération nucléaire; on voit se former une couche de petits noyaux qui peu à peu s'entourent de blastème, et finissent par se munir d'une membrane d enveloppe, constituant ainsi des cellules complètes.

La cellule épithéliale varie de forme suivant l'organe que l'on considère.

Les séreuseï (péritoine, plèvre, etc.) sont formées de cellules polyédriques, plates, munies d'un noyau, et formant par leur juxtaposition une véritable mosaïque.

L'épitliélium de la peau est aussi formé de cellules plates, mais ces cellules n'occupent que la. couche superficielle, et elles sont mnrtes, dures, cornées, imperméables. Au fur et à mesure qu'elles tombent, elles sont remplacées par des cellules de la couche profonde. Ces dernières sont globulaires, molles et vivantes; elles forment ce (|u'on appelle le réseau de Malpic/hi. Ce sont elles qui contiennent ces granulations colorées de pigment, qui varient avec les races, et donnent à la peau sa couleur caractéristique, blanche, jaune, noire ou rouge.

Dans les muqueuses, l'épitliélium des premières voies digestives et respiratoires (bouche, larynx,, œsophage) présente les mômes caracières qu'à la peau : cellules plates il la surface, arrondies dans les couches profondes ; mais la couche plate superficielle n'est, jamais cornée ; elle est toujours molle, humide, perméable. Si l'on pénétra plus loin dans l'appareil respiratoire ou dans le tube digestif, et que l'on considère, soit les bronches, soit l'intestin et ses annexes, on trouve un épithélium tout différent, formé de longues cellules prismatiques h cinq ou six pans, dont le caractère le plus frappant est d'être munies de Ci/i vibratiles. Ces cils, qui garnissent la surface iibre de la muqueuse, sont agités d'onduiatiuns perpétuelles et très rapides (260 à la seconde) qui se prolongent niénie quelque temps après la mort. Ces mouvements s'opèrent de façon à chasser toujours dans le môme sens les mucosités qui baignent la surface de la membrane. Chose remarquable, les anesthésiques, élher, chloroforme, endorment, arrêtent les vibrations des cils.

Enfin, dans le système glandulaire, les cellules appartiennent presque toujours à. l'espèce spliéiique qui forme les couches profondes de la peau.

Telles sont, esquissées à, grands traits, les va-

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ri et es de structure du tissu épitliélial. Quel est maiiitt'iiant son rôle physiologi(|ue ? Ce rôle, dans sa généraliié, peut se résumer d'un mot. Les épithéiitims iirèsiiient aux éclunujeu entre le niilitu vionnt et lemili'-u extérieur.

Tantôt cet échange a lieu de dehors en dedans et se ncmme Vubsorpiion ; tantôt au contraire il a lieu de dedans en dehors, et il constitue, suivant qu'il s'iigii de liquides ou de gaz, la secréfinn et Vexhal tio7i Et ici encore, nous rappelons l'idée que nous avons exposée au début de cet article, et qui nous guide à travers l'étude des propriétés phy-inlogiqiies des tissus. Ces échanges s'opèrent en vertu des lois de l'endosmose et de l'exosraose, qui gouvernent les réactions des substances vivantes comme celles des corps bruts : mais ils ne sont nullement fntiils, comme ils le sont dans le monde incii'ganisé ; ils s'opèrent en vertu d'un choix déterminé, et ce choix varie avec l'organe que l'on considère. C'est cette liberté d'action, cette détermination spéciale, qui constitue la spécialité fonctionnelle, et donne à chaque organe son rôle propre, oitat, encore bien que ce rôle ne soit que l'application rigoureuse d'une loi purement physico-chimique.

5° Tissu coNjONCTiF. — Ce qui caractérise ce tissu, c'est que, ne possédant presque pas d'activité physiologique, il ne joue dans l'organisme qu'un rôle tout mécanique, un rôle de soutènement, de remplissage. 11 se rencontre à peu près sur tous les points du corps, sous forme de membrane mince, ou massé en faisceaux plus ou moins épais. C'est lui qui unit ensemble les diverses parties d'un organe, ou cet organe à l'organe voisin. On pourrait considérer le corps comme une vaste masse de tissu conjonciif au sein de laquelle sont nichés, noyés tous les-autres tissus animaux. A lui seul il constitue les aponévroses, les tendons, les ligaments, le péiioste, la duremère, la pie-mèie, la coque de l'œil, etc. Revêtu de couches épithéliales plus ou moins nombreuses, il forme la trame solide de la peau, des mui|ueuses, des séreuses, des glandes, de leurs canaux, et de tous les vaisseaux du corps, soit anguiiis, soit lymphatiques.

L'examen microscopique montre que l'élément aiiatomiquc du tissu conjonctif, est, à l'origine de ce tissu, une cellule particulière, que l'on nomme le ?iO(/«« eiubri.oplaslique : ce noyau est sphérique, et large de 4 à 6 millièmes de millimètre. On les trouve en cet état dans les bourgeons charnus des plaies. Ces éléments sont de la plus grande importance en ce qu'ils peuvent, en se modiiiant, donner lieu à des formes nouvelles fort différentes du tissu conjonctif. C'est leur hypergenèse qui constitue la granulation grise ou tuhercule du poumon, et les diverses tumeurs cancéreuses. C'est à l'état de noyaux embryoplastiques qu'apparaissent chez le fœtus les moignons des membres.

Voici comment ces éléments donnent naissance aux libres du tissu conjonctif : il se forme autour ilu noyau embryoplastique un amas de substance hyaline (c'est-à-dire vitrée) qui Huit par le circonscrire et lui former comme un corps de cellule ; bientôt cette substance, s'accumulant davantage en certains points, forme deux, ou trois, ou quatre prolongements. Quand il n'y en a que deux, la cellule est dite fusiforme ; quand il y en a davantage, elle se nomme cellule étoilée. De chaque angle de ces étoiles partent des fibres qui vont s'anastomoser avec les fibres des cellules voisines, et celte intrication constitue le réseau du tissu conjonciif Ces fibres, extrêmement ténues, n'ont que 1 à 2 millièmes de millimètre de diamètre : elles sont parfaitement inextensibles, de sorte que le tissu conjonctif ne l'est pas non plus.

Ces cellules sont susceptibles de se remplir

d'huile, et d'augmenter ainsi do dimensions : c'est ce qui se produit cliaque fois que l'animal engraisse. Une cellule ainsi devenue huileuse est morte, inaciive, ne produit plus de fibres Dans l'amaigrissement au contraire, l'huile se résorbe, la paroi cellulaire se ride, et il ne reste plus que le cadavre de la ceilule.

Au milieu de la trame du tissu conjonctif, les phénomènes de nutrition sont à peine marqués. Nul autre tissu n'est aussi pauvre en vaisseaux et en nerfs. La simple diffusion du liquide nutritif, échappé de vaisseaux plus ou moins éloignés, suffit à l'entretien des fibres conjonctives : elles se nourrissent par imbibition.

6" Tissu SANGDiN (V. Sanfj]. [D' E. Pécaut.]

TISSL'S VIÔGÉTAUX. — Botanique, U. — Définitiiiii. — On appelle lissu en botanique un assemblage de cellules nées les unes des autres par voie de division et ayant une règle commune d'accroissement. Par opposition à ces véritables tissus, on désigne sous le nom de faux tissus ou de pseudo-lis 'US des assemblages de cellules qui n'ont aucun rapport entre elles. Comme exemple de ces pseudo-tissus, nous devons citer le thalle des algues nommét'S Rési-attx d'eau ou Hydrodiclions et les plasmodies des Myxomycètes. Dans les Hydrodiciiées en effet, le contenu d'une première cellule se partage en un grand nombre d'éléments dont cliarun consiste en une cellule pourvue de deux cils viliraliles antérieurs et n'a aucun rapport appréciable avec les cellules voisines. A cet état, la cellule d'Hydrodiction que nous avons considérée ressemble complètement à une glande dissérainatrice ordinaire; chacun des éléments de cette glande y parait indépendant de ses voisins; et comme plus tard toutes les cellules ciliées se rassemblent en masse pour former un nouveau Réseau d'eau, on ne peut dire que les cellules qui se mettent en rapport entre elles forment quelque chose de comparable au tissu que nous voyons se produire par la division répétée d'une cellule mère.

Dans les Myxomycètes, la formation du pseudotissu qi 'on appelle plasmodie est encore plus nette, s'il se peut, que dans les Hydrodiciiées. Dans les Myxomycètes, en effet, un certain nombre de cellules isolées, sans aucun lien de parenté, se rencontrant par hasard, se fusionnent en une seule masse que l'on appelle plasmodie. Dans une plasmodie, les diverses cellules constituantes ne se laissent plus distinguer les unes des autres, de sorte que l'on a affaire dans ce cas il un pseudo-tissu dont les divers éléments ne peuvent être distingués les uns des autres.

Caractères des tissus. — L Hypha. — On désigne sous le nom d'hi/pha le tissu formé par une cellule qui se cloisonne toujours parallèlement à une direction déterminée. Nous trouvons cette nature particulière de tissu dans les végétaux les moins élevés en organisation, c'est-;\-dire dans les Algues, les Champignons, les Lichens, les Characées. Fréquemment les hyplias se désarticulent, et chacun des éléments de chapelet qui en résultent croit pour son propre compte, sans souci du son des articles voisins. Dans la grande majorité des liyplias, le procédé de dissémination que nous venons d'indiquer est remplacé par une ramificalion de l'hypha. Tantôt cette ramification s'opère par un partage en deux segments longitudinaux égaux de la cellule terminale de l'hypha; tantôt, au contraire, cette ramification se proilnit par dos expansions latérales de chacun des éléments de l'hypha. On désigne sous le nom de dicliotomie le premier mode de ramification ; on désigne sous le nom de monopodie le second mode de ramification. Dans les ramifications dichotomiques d'un hypha, aussi bien que dans ses ramifications monopodiques, il arrive souvent que

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