VAPEURS
souche souterraine seule vivace, qui donne chaque année des tiges herbacées annuelles.
4° Dans les forêts de la Suède croit une herbe toujours verte dédiée à Linné ; c'est !a Luinsa hornalis; sa tige et ses feuilles sont sudorifiques.
Les chèvrefeuilles, les sureaux sont cultivés comme plantes ornementales, à cause do leur port, et à cause de l'odeur agréable que leurs fleurs répandent le soir après le coucher du soleil.
[C.-E. Bertrand.] VAPEURS. — Physique, XVII. — Le nom de vapeur a été employé longtemps pour désigner exclusivement les fluides aériformes provenant de la transformation des liquides, et dans le langage vulgaire il conserve encore cette signification ; c'est ainsi que l'on dit la vapeur d'eau, d'alcool, d'éther. Mais, pour le physicien, vapeur est synonyme de gaz ; l'une ou l'autre de ces deux expressions désigne l'état aériforme de la matière, qu'elle provienne ou non d'un corps habituellement liquide. Tant que l'on n'a pas su amener les gaz à l'état liquide, aussi généralement qu'on pouvait faire passer les liquides à l'état gazeux, on a pu établir quelques différences entre les gaz permanents et les vapeurs provenant des liquides. Mais cette distinction n'a plus de raison d'être : tout liquide placé dans des conditions convenables se transforme en vapeur ou gaz, et il n'y a pas de gaz ou de vapeur qui ne puisse Ji un moment donné redevenir un liquide.
Certains corps solides se transforment directement en vapeurs : tels sont notamment le camphre et l'iode : le premier, abandonné à l'air, perd rapidement de son poids, et le second, léi^èrement chauffé, donne un gaz d'une très belle couleur violette.
Mais le mode le plus ordinaire de la génération des vapeurs, c'est la transformation des liquides. L'eau exposée à l'air sous une grande surface diminue assez rapidement de poids, et peut même disparaître entièrement dans l'air en vapeur invisible. Il en est de même de la plupart des autres liquides ; et si quelques-uns, comme le mercure et l'acide sulfurique, ne donnent pas de vapeurs i la température de zéro, ils peuvent en donner à une température plus élevée. D'une manière générale, un liquide donne d'autant plus de vapeurs qu'il est plus ciiaud et que la pression de l'atmosphère qui est au-dessus de lui est plus faible.
La plupart des liquides se transforment instantanément en vapeurs dans le vide.
Pour prouver cette importante proposition, on se sert du vide barométrique. On fait deux baromètres plongeant dans la même cuvette; le premier restera intact et le second servira à l'élude de la vapeur d'un liquide, l'éther par exemple. On introduit donc dans ce dernier un peu d'éther qui en vertu de sa faible densité monte au-dessus du mercure et arrive dans la chambre barométrique. On voit alors la colonne mercurielle baisser : l'éther, en arrivant dans le vide, s'est instantanément changé en vapeur, et cette vapeur presse sur le mercure comme le ferait un gaz quelconque; elle aune force clristiijue facile à estimer par la différence de hauteur des deux colonnes barométriques.
Cette expérience répétée avec l'alcool et avec l'eau donne des résultats analogues, seulement la dépression du mercure est plus faible pour l'alcool que pour l'éther, plus faible pour l'eau que pour l'alcool ; en d'autres termes, la force élastique de la vapeur d'eau est moindre que celle de la vapeur d'alcool, et celle-ci moindre que celle de la vapeur d'eiher.
La force élastique d'une vapeur suit-ello les mêmes variations que la force élastique d'un gaz, obéit-elle comme cette dernière à la loi de Ma-
riette ? C'est ce que l'expérience seule peut apprendre. On fait deux baromètres. Dans l'un on introduit assez d'éther pour qu'il en reste une couche liquide sur la colonne mercurielle déprimée par la vapeur. Dans l'autre on fait passer assez peu d'éther pour que le tout se vaporise. On constate d'abord que la force élastique est moindre dans le dernier tube que dans le premier. Ajoute-t-on de l'éther dans chacun d'eux, la dépression du mercure reste la même dans le premier tube ; le liquide ajouté est venu se joindre au liquide existant, mais la quantité de vapeur n'a pas augmenté ; l'espace en contenait tout ce qu'il en peut tenir à la température où l'on a opéré; cet espace est satiné. Dans le second, au contraire, le liquide ajouté se change en vapeur et la dépression du mercure augmenie, et cela se produit tant qu'il ne reste pas au contact de la vapeur un peu de son liquide générateur; alors, quand ce tube contient au-dessus de sa colonne mercurielle un pou d'éther non vaporisé, la dépression est la même que dans l'autre.
On tire de cette expérience les conséquences suivantes : c'est qu'une vapeur, suivant sa quantité, peut saturer ou non un espace donné; que dans le cas do non-saturation, la force élastique est moindre ; que cette force élastique prend sa plus grande valeur pour la température à laquelle on opère, quand la vapeur sature l'espace et qu'elle est en contact avec son liquide générateur. Une vapeur non saturante est de tous points un gaz; elle obéit àlaloi de Mariette; mais, une fois qu'elle atteint son point de saturation, elle cesse de ressembler aux gaz, elle prend une force élastique ou, comme on dit. une tension maximum^ que rien ne lui fera dépasser; la moindre compression, en diminuant son volume, lui fait alors prendre l'état liquide.
Pour un même liquide, la tension maximum de la vapeur est toujours la même à la même température ; mais elle croit très rapidement à mesure que la température s'élève.
La connaissance des tensions maxima de la vapeur d'rau aux diverses températures a une grande importance dans les applications : aussi a-t-elle donné lieu à de nombreuses recherches commencées par Dalton et continuées par Kegnault.
Voici les principaux résultats trouvés :
On voit par ce tableau que la force élastique de la vapeur d'eau croit très rapidement avec la température ; qu'elle est égale à la pression normale de TCO millimètres à 10U°, à deux atmosphères vers \ÏV, à trois atmosphères vors 131°, à dix atmosphères vers 180°.
Les physiciens ont aussi déterminé les tensions maxima des vapeurs d'un certain nombre d'autres liquides, tels que l'alcool et l'éther, l'acide
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sulfureux fit l'amnioniaque ; nous ii'on reproduisons pas ici les nombres qu'on trouvera dans les traités spc'^ciaux.
Mélanges de.i i/az cl des vapeur.'!. — Lorsqu'on introduit un liquide dans un espace contenant lin gaz, le liquide se transforme en vapeur ; sa vaporisation n'est pas instantanée comme dans le vide; elle est plus lente, mais linalemonl l'es- |iace se sature de vapeur, absolument comme s'il avait été vide; et la vapeur prend sa tension maximum pour la température à laquelle on opère. H résulte de ce fait, démontré d'abord par Gay-Lussac, que la pression d'un mélange de gaz et de vapeur est égale à la somme des pressions du gaz et de la vapeur considérés isolément. Si donc la vapeur sature l'espace, que par suite on connaisse sa force élastique, on peut obtenir celle du gaz en relrancliant, de la pression du mélange, la pression de la vapeur.
C'est le cas de l'air ou d'un gaz plus ou moins mélangé d'humidilé ou do vapeur d eau, et dont il importe de connaître la pression si l'on a besoin de calculer exactement son poids.
Le mélange d'air et de vapeur d'eau existe constamment dans l'atmosphère; l'étude de ses variations, de ses changements, des phénomènes qui y prennent naissance, est une des parties importantes de la météorologie.
Liquéfacli'ju îles vapeurs ou des gaz. — Avant de pouvoir amener une vapeur h l'état liquide, il faut faire en sorte que cette vapeur arrive d'abord à son point de saturation; on obtient ce résultat, soit en diminuant le volume qu'elle occupe, soit en la refroidissant sans changement de volume. Dans le premier cas, on augmente peu à peu la force élastique et on l'amène àôlrc égale h la tension maximum de la vapeur pour la température à laquelle on opère. Dans le second, en diminuant la température, on diminue la tension que doit avoir la vapeur pour saturer l'espace et on finit par rendre la saturation possible, si faible qu'ait été d'abord la foice élastique primitive de la vapeur. Une fois la saturation obtenue, si l'on diminue le volume ou la température, une partie de plus en plus grande de vapeur passera à l'état liquide.
Si donc un gaz n'est autre chose qu'une vapeur plus ou moins éloignée de son point de saturation, on devra pouvoir l'amener à l'état liquide, en lui faisant subir une forte compression, ou un refroidissement intense, ou en employant les deux moyens simultanément. C'est h l'aide de ces trois procodés, du dernier surtout, que l'on est parvenu à liquéfier tous les gaz ; et les cinq qui avaient longtemps résisté, et que l'on considérait comme des gaz permanents, ont satisfait à la règle aussitôt qu'on a su produire, en même temps qu'une très forte pression, un refroidissement très grand et très brusque emprunté à la dépense de chaleur dont a besoin un gaz très comprimé qu'on laisse brusquement se dilater. [Haraucourt.l
VÉGÉTAL. — Botanique, I. — Caractères lies végétaux. — Les végétaux sont des êtres vivants pourvus de pigments colorés, à la faveur desquels ils décomposent l'acide carbonique dont il.s fixent le carbone. Ils ne possèdent qu'une sensibilité très vague, diffuse. Fixés par un point de leur surface, ils ne se déplacent que très peu tians le milieu où ils vivent, et ne semblent subir que les actions lentes, graduées, qui ne sont pas trop intenses, mais dont la durée, en revanche, est assez grande. Les végétaux puisent tous leurs aliments, à l'exception du carbone, dans le sol ou dans le milieu qui les baigne. Tous ces aliments sont dissous dans l'eau que ces êtres absorbent en très grande quantité. La durée de l'existence de l'individu est extrêmement longue chez presque tous les végétaux.
Pris en soi, aucun dos caractères ci-dessus n'est absolu et ne peut s'appliquer exactement h tous les végétaux. Chacun d'eux comporte des exceptions qui restreignent sa généralité et qui établissent entre les végétaux et les animaux, c'est-i dire entre les deux grandes divisions des êtres vivants, des transitions plus ou moins ménagées. Ceci tient à ce que les végétaux ont été constitués originairement par un groupe d'êtres vivants qui n'étaient autres qu'une classe d'animaux qui s'est peu Ji peu habituée aux conditions particulières de la vie végétale. Cette descendance des végétaux, qui les fait résulter de la transformation d'un groupe d'animaux placé dans des conditions de vie spéciales, permet de comprendre très facilement comment ceux de ces êtres qui ont subi dans dos temps modernes des dégradations importantes, ont repris plus ou moins les caractères généraux de la vie des animaux les plus inférieurs. Il y a \h un fait d'atavisme ou, si l'on préfère, un retour à l'état ancestral. C'est ainsi que le pigment, qui caractérise les végétaux, fait souvent défaut dans ceux de ces êtres qui vivent en parasites. Ces végétaux parasites trouvent dans l'être qui les nourrit le carbone dont ils ont besoin pour leur développement; dès lors ils cessent de décomposer l'acide carbonique de l'air sous l'inlluenco de la lumière solaire ; leur fonction chlorophyllienne a donc disparu ; jour et nuit leur respiration se traduit par une absorption d'oxygène et une exhalation d'acide carbonique. Ces plantes vivent donc à la manière des animaux. Beaucoup d'entre elles, en effet, produisent directement des matières analogues k l'urée, ou même du carbonate d'ammoniaque, qui n'est autre chose que do l'urée ammoniacale oxydée.
Plusieurs végétaux très inférieurs possèdent une motilité au moins aussi grande que celle de plusieurs animaux inférieurs. Ainsi un très grand nombre de petites algues nommées diatomées nagent dans l'eau et s'y déplacent en tous sens. D'autres petites algues, appelées volvocinées, possèdent toute leur vie une très grande agilité, et on les voit courir dans l'eau aussi vite qu'une paramécie ou qu'un rotifère. Beaucoup de bactéries sont mobilrs, témoin la bactérie du charbon, celle de la fièvre récurrente, et le spiro-monas qui vit dans l'eau de mer de la baie de Copenhague.
Les plus singuliers peut-être de ces végétaux doués de mouvements propres, ce sont les champignons muqueux nommés myxomycètes, dont le type le plus commun est l'.Ellinliiim septicum ou fleur de tan, qui se développe à la surface delà tannée du mois de mai au mois de septembre.
Ces champignons muqueux forment de grandes plaques glaireuses à la surface des corps dont ils se nourrissent ou dans l'intérieur des(juels ils sont enfermés, et ils s'y déplacent en émettant dans la direction où ils veulent aller des prolongements contractiles nommés pseudopodes. Ces champignons muqueux se nourrissent comme les animaux inférieurs en englobant dans leur sein les matières alimentaires solides dont ils se nourrissent. Cet exemple des champignons muqueux nous montre, en môme temps que des végétaux doués do mouvements propres, des végétaux qui englobent les corps solides dont ils veulent se nourrir, qui digèrent ces corps et qui en rejettent les résidus, tout comme le font des animaux déjîi fort élevés en organisation.
A l'article Classifications, on a fait connaître les principales divisions que les naturalistes ont établies dans les végétaux; ces êtres étant considérés comme formant un groupe équivalent aux animaux, bien qu'en réalité ils n'en soient qu'une subdivision. A l'article P/tijsiologie, il n'a été
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traité que de la pliysinlogie animale. L'importance si grande du nmde de vie des végétaux nous engage à donner ici un résumé succinct de la physiidorjie véffrtnle Nous le ferons suivre de quelques notions Ap paléontologie végétale, elA'yin tableau de la di'Irilivtion géographique des végétaux à l'époque actuelle.