VÉGÉTAL
des vinifèros, des légumineuses, des araliac6es, des ombellifères, des laurinécs, des myricacéos, des rayrtacées, des paliniers, des zingibérâcées, des cyprès, des séquoia, dos pnlypodiacées, des Eijiiisetiim semblables à notre Eq. limo- SH»i. La flore de Sczunne indique diSjii une température beaucoup moins chaude que la flore jurassique. De plus, si nous étudions de près les bois de ce gisement, on obsei-vo déjh, des zones d'accroissement semblables aux zones d'accroissement annuelles de nos arbres actuels des régions tempérées. Beaucoup de ces bois présentent des vaisseaux ligneux, ce qui n'existait pas à l'époque jurassi()ue. Si comparativement à la flore de Sézanne on examine celle qui vivait au Groenland vers la même époque, on reconnaît que, bien que la température moyenne fût encore très élevée au Groenland, la végétation qui s'y produisait indique pourtant un climat moins cliaud que celui de Sézanne. Sézanne nous représentait le climat de la Louisiane, alors que le Groenland ne jouissait plus que du climat de Lisbonne. Il ressort de ces faits que pendant le temps écoulé entre la période jurassique et la formation des travertins de Sézanne, les saisons sont devenues sensibles, ce que nous indiquent d'une façon certaine les arrêts de croissance des bois des tiges dicotylédones ligneuses; de plus, l'influence de la latitude, qui jusque-ii 1)0 s'était point fait sentir, devient parfaitement M'usible aussi. A mesure que, des formations ■ ocènes inférieures, nous nous rapprochons de la période actuelle, nous voyons ces deux influences, influence des saisons, influence de la latitude, devenir do plus en plus marquées.
A l'époque du gypse nous observons en France des araliacéos arborescentes, dos chênes verts, des magnolia, des jujubiers, des myrtes, alors qu'au Groenland et i la Nouvelle-Zemble on ne connaît que des forêts de conifères.
Avec le miocène on voit les dernières cycadces quitter l'Europe ; les chèjies, les charmes, les bouleaux, 1(!S saules, les ronces prennent un grand déveluppement, en même temps qu'un puissant tapis de plantes herbacées commence à revêtir le sol là où la forêt ne s'étend pas.
La végétation pliocène rappelle dans nos régions du nord de la France et en Auvergne celle de la Provenct' méridionale et celle de l'Italie actuelle ; les espèces que nous trouvons dans les tufs qui remontent à celte époque sont identiques îi celles qui vivent aujourd'hui dans des contrées un peu plus méridionales. Il n'y a eu pour ces êtres qu'une petite émigration Parfois même, comme dans certaines localités des environs de Nemours, de Fontainebleau et de l'Auvergne, privilégiées sous le rapport de l'abri et de l'exposition, la végétation ancienne a persisté pendant que la population végétale s'est modiflce dans le pays environnant; c'est alors que se sont constituées ces stations méridionales, sortes d'îlots perdus au milieu d'une flore septentrionale.
Epoque quaternaire. — Au début de la période qnaternaiie, la flore du centre de la France était à peu près la mémo que celle qui vit aujourd'hui au sud de l'Auvergne; c'est à ce moment que se produisit la grande extension des glaciers des Alpes, des Pyrénées, des Alpes Scandinaves, des monts Ourals, du Groenland et des montagnes Rocheuses, ainsi que l'émersion du Sahara. Une grande partie de la population végétale éraigra virs le sud, et notre pays prit la flore des coniiVes les plus septentrionales de l'Europe, celle de la Suède et de la Norvège. Après la fonte des glaciers, les grands soulèvements des Andes et des Alpes, après l'extinction des volcans d'Auvergne et de l'Eifel, le climat s' étant radouci, les plantes septentrionales émigrèrent vers le nord, ou se réfugièrent vers les sommets des montagnes éle-
vées, alors que les régions plus basses étaient de nouveau occupées par une végétation plus chaude. Ces émigrations des plantes rendent compte de la similitude des flores des contrées septentrionales et des hautes montagnes de l'Europe centrale, et de la distribution géographique des plantes.