AUXILIAIRES
On appelle au.riliaires les verbes qui servent k conjuguer les autres verbes, comme être, avoir, dans les exemples suivants : «Je suis venu, j'ai dormi, 'i
Auxiliaire signifie proprement « celui qui aide ». Les verbes auxiliaires aident en effet les autres verbes à parfaire certains temps ou certains modes, qu'ils ne pourraient formera eux seuls parune simple modification du radical.
Plus une langue a de désinences variées pour les temps et les modes, moins elle a d'auxiliaires; aussi les langues anciennes s'en servaient-elles bien moins que la nôtre. L'auxiliaire est surtout l'apanage des langues modernes, et principalement du français ; il s'y est immiscé partout. D'abord, nous n'avons de passif que par lui ; à aucun temps, à aucun mode, notre conjugai.^on passive n'offre une seule forme simple, si ce n'est le participe passé (aimé, fini), et notre passif résulte tout entier de la réunion de ce participe passé avec la conjugaison complète de l'auxiliaire être. A l'actif même, pas un liasse, sauf l'imparfait et le passé défini, qui ne soit composé de ce même participe uni au verbe avoir. Bien plus, nos auxiliaires euxmêmes ne peuvent pas marcher sans aide, et sont obligés de di-niander du secours, soit l'un à l'autre : « J'ai été, » soit à eux-mêmes : " J'ai eu ».
Être et avoir sont les deux verbes auxiliaires dont l'emploi est le plus fréquent en français.
Ces deux verbes ne sont auxiliaires que lorsqu'ils servent à conjuguer un autre verbe, c'est-àdire quand ils sont suivis d'un participe passé : « Je suis aimé, j'ai chanté. » On ne peut leur donner ce nom quand ils sont employés seuls : «J'ai un cheval, je suis pauvre. » /It-iiic est alors un verbe actif, et être est le verbe substantif.
Ji(;'e, dans les différentes formes de sa conjugaison, vient des deux radicaux {suai, fui) du verbe latin rsse, qui avait le même sens, et du radical du verbe stare, qui veut dire se tenir debout, exister.
Avoir vient du latin hahere, qui a le même sens.
Mais, en devenant auxiliaires, ces deux verbes perdent toute signification propre, toute valeur temporelle, et ne marquent plus que les circonstances de mode, de nombre et de personne. Us ne jouent plus que le rôle des désinences dans les temps simples.
Nous avons dit qu'ils no conservaient rien de leur valeur temporelle ; il suffit en effet de comparer « J'ai » et « J'ai aimé >j, ■• Je suis » et « Je suis tombé », pour constater que j'ai et je suis ne désignent pas, comme auxiliaires, le même temps que lorsqu'ils sont employés d'une manière absolue. Dans ces exemples : « J'ai aimé, je suis tombé, ■> l'idée de temps est représentée par le participe. Cette remarque ne s'applique pas à la voix passive, où le vei be être est conjugué en entier, accompagné seulement d'un participe passé qui joue le rôle d'un adjectif
L'auxiliaire avàr est spécialement affecté en français à la conjugaison des temps composés actifs ; l'auxiliaire étr-e, h celle des leinps passifs.
C'est sans doute sous l'influence de ce double rapport que les verbes pronominaux, qui ont en quelque sorte un rôle actif et passif, puisque le même sujet y fait ety subit l'action, forment toujours leurs temps avec l'auxiliaire être tout en gardant la signification active : « Je me suis promené. »
Les verbes neutres subissent en général la loi qui régit les autres ; si leurs temps composés énoncent un acte, ils prennent aî;oi)' : « J'ai couru;» s'ils énoncent un état, ils prennent être : « Je suis
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arrivé ;» s'ils deviennent pronominaux, c'est encore être: u]o nio suis plu i vous l'expliquer. »
11 n'y a que douze verbes neutres conjugués exclusivement avec l'auxiliaire être ; ce sont : A/ter, arriver, choir, di'cédcr, f}i:t<rre, rntrer, mourir, naître, partir, sortir, toin'ier, venir. D'autres, tels que courir, iiormir, Imii/uir, m'ircher, vivre, succomber, etc., no prennent que l'auxiliaire auoi/-. D'autres enfin, tels que ilescendre, passe'-, cesser, accourir, dem-urer, itispariiitre, appuraitre, etc., prennent tantôt avoir et tantôt être, selon que l'on veut exprimer une action ou un état. Exemple : » Il a paFSC en Australie au mois de mai» (c'est-à-dire : c'est au mois de mai qu'il a fait l'action de visiter l'Australie). iUais si l'on dit : « II est passé en Australie depuis vingt ans, i> cela signifie : Il est résident en Australie depuis vingt ans ; il est passé à l'état d'habitant de ce pays. Avoir exprime donc ici l'action au moment où elle s'est faite, et être l'état résultant d'une action accomplie.
Lorsque les verbes neutres peuvent s'employer au sens actif, ils prennent naturellement l'auxiliaire avoir : « Il a monté l'escalier. Nous avons descendu nos livres. Il a passé la rivière. »
Quelques verbes neutres changent d'auxiliaires en changeant de sens : convenir, dans le sens de plaire, prend l'auxiliaire avoir : « Cet hoii/me ne m'a pas convenu ; » mais dans le sens de faire une conveiiti'i7i, il prend l'auxiliaire être : « Nous sonmies cojivenus d'agir ainsi. »
Les verbes d' meurer, rester, expirer, dont le sens peut également varier, suivent la même règle.
On peut considérer comme auxiliaires secondaires certains verbes tels que devoir, aller, venir de, dans ces locutions : ■< Il devait venir ce matin ; je vais sortir ; il vient de parler. » C'est grâce aux deux premiers que nous avons un infinitif et un participe futurs : « devoir sortir, allant sortir, » etc. Ve7iir forme une sorte de passé récent : Il Je viens d'arriver. »