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Grande-Bretagne au vi« siècle avaient apporté avec eux les légendes liéroiques des Germains et dos Scandinaves (poème de Heoioutf); Alfred le Grand et ses successeurs essayèrent d'introduire la culture latine et chrétienne, qui ne pénétra pas jusqu'au peuple; et lorsque les Normands francisés de Guillaume se furent à leur tour imposés par la conquête (xi" siècle), un troisième élément vint s'ajouter aux précédents, par l'imitation des œuvres des trouvères français. De la fusion de ces éléments divers se forma la langue anglaise, dont le fojid resta saxon, mais qui emprunta au français une partie de ses formes et de son vocabulaire. C'est au xiv siècle que paraissetit le premiiT prosateur anglais, sir John Mandeville, qui écrit le récit de son voyage aux pays d'Orient, et le premier poète, Chaucer (mort en 1400), qui traduit le Homan de la Hose et imite Boccace dans ses célèbres Contes de Cantoi-lién/.Le xv" siècle, troublé par la guerre des Deux-Roses, ne produit pas d'oeuvres remarquables. Mais avec la Renaissance s'ouvre une grande époque littéraire.
Le règne de Henri VIII voit paraître le comte de Surroy, imitateur de Pétrarque, qui inaugure une poésie nouvelle, et l'humaniste Thomas Morus, l'auteur de \'Ut"/jie, qui mourut sur l'échafaud pour avoir osé tenir un ferme langage h son roi. Sous Elisabeth écrivent Philippe Sidney (l'^/raJ/e, poème pastoral, lôHI), EdmondSpenser, l'un des plus remarquables génies poétiques de son temps {The Fairie Queene on la Heine des fées, 151)0-l.i')6), et une foule d'autres poètes. Le genre maniéré, abusant de la méiaphore, de l'antiilièse, de ces jeux d'esprit que les Italiens appelaient concetli, genre qui fut ii la nu. de presque en même temps en Italie, en Espagne et en France, est représenté en Angleterre par John Lily, l'auteur d'Eiiphues (1080) ; Lily et ses imitateurs obtinrent un succès prodigieux; la cour et la ville lurent inlectés d'euiihunme.ct le grand Shakespeare luimême n'échappa pas à la contagion.
C'est le théâtre qui nous oH're, il cette époque, les plus grandes œuvres. Des poètes dramatii|ues remarquables par leur puissance et leur originalité occupent la scène : aptes Greene et Jlarlowo, dont l'art est informe encore, viennent Bon-Jonson, Massinger, Fletcher et Beaumont, et au milieu d'eux brille d'un souverain éclat l'itumortel Shakespeare (V. Sli(ike^peare),c<i\u\ que Colcridge a appelé o l'homme aux mille âmes. » L'article spécial qui lui a été consacre nous dispense d'insister ici sur les créations si variées, et toujours si vivantes et si humaines, de cet incomparable génie, qui est resté le premier dans son art, et que l'Angleterre révère comme le poète par excellence.
L'éveil de l'esprit scientitique, au siècle des Copernic, des Kepler, des Galilée, se manifeste chezlesAnglaispar les écrits de lord Bacon (15(>1- 1626), qui datis son Novum orgatium pose les règles de la méthode expérimentale, et dans son Atla?itis nova pronostique les applications futures des sciences, réalisées par l'âge contemporain.
IVlais, d'autre part, les doctrines de la réforme calviniste, précitées par des adeptes qui n'hésitaient pas à sceller leur foi par le martyre, avaientpeu i peu gagné la grande masse de la nation. A l'Angleterre joyeuse et païenne d'Elisabeth succédait l'Angleterre puritaine; et bietitùt une formidable révolution politique et religieuse emportait le trône des Stuarts. Cette révolution eut dans John Milton (1608-1074; il la fois son polémiste ardent et sévère, et le chantre de ses croyances bibliciues : la mêine plume écrivit les pages hautaines de la Défense du peuple anglais (Defensiopopuli (in;/ticuni) et les vers souvent sublimes du Paradis perdu, la seule épopée que possède l'Augleterre. Le Paradis perdu, que Milton composa dans sa vieillesse, après la chute de la république et la
de Saint-Gall, de Lorch, ou d'Einsiodeln. L'architecture civile fut représentée avec non nioitis d'éclat par les hôtels de ville d'Ulm, de Dresde, de Brètuo, de Nuremberg, de Cologne, de Mayenco, ou des châteaux célèbres, comme celui de lleidelberg.
La décadence de l'architecture commença en Alleiuagne dès le xv" siècle, avec la Renaissance, sous l'influence do l'art italique, moins siiuple et moins grandiose que l'art gothique. Ce n'est que vers la fin du xviii' siècle, grâce aux théories et h l'exemple de Weinbrenner, que l'on revint à l'imitation vraie de l'antiquité, dont les meilleurs artistes allemands s'inspirent aujourd'hui, bien que plusieurs d'entre eux soient surtout éclectiques, c'est-à-dire imitent volontiers les maîtres les plus divers.
La sculpture, longtemps inséparable de l'architecture, fut d'abord religieuse et anonyme comme elle; au xv» siècle se fonde l'école de Nuremberg, avec Jean Decker, et, au siècle suivant, avec Adam Krafît et surtout Peter Vischer, l'auteur du célèbre tombeau de saint Sebald. Le protestantisme arrêta bientôt l'élan de la sculpture ; les théories de Winckelmann la relevèrent en poussant à étudier l'antiquité ; notre siècle, cntin, a vu se produire une nouvelle floraison de cet art, avec Danneker, à Francfort, et Rauch, à Berlin. Rauch est l'auteur du gigantesque monument de Frédéric II, qui fait l'orgueil des Berlinois.
Musique. — Religieuse à l'origine, comme les autres arts, la musique, cet art si faïuilier aux Allemands, devint laïque avec les Minnesinger, pour redevenir religieuse avec Jean Huss et la Réfortne. On sait combien Luther l'encouragea et la répandit autour de lui ; ses cantiques sont encore populaires aujourd'hui.
Mais elle perdit bientôt ce caractère exclusivement religieux, et la musique italientie prédomina en AUemagjie dès la fin du xvii" siècle, à Vienne, d'abord, avec les opéras italiens, puis à Munich et dans d'autres capitales. Un art allemand original fut créé au xviii" siècle par Sébastien Bach (f nôO),le grand harmoniste ; par IIa:indel(f 115".)), qui passa la seconde moitié de sa vie en Angleterre où il écrivit ses oratorios du Messie et de Judas Ma' chabée ; par Haydn (f ISny), l'auteur de la Création et des Saisoîis. lÙozan (n.'i6-l'i91), génie incoinparable, le Raphaël de la musique, se rattache aux Italiens, tout en detueurant créateur : ses principaux cliefs-d'œuvre sont des opéras, les iVoces de fiyaro, Don Juan, la Flûte enchantée. Gluck (nr2-n87) se fixa en France et y devint chef d'école.
Après eux, Beethoven (n70-l8i7) et Weber (1786-18'20, représentent avec éclat l'école romantique.
Parmi les innotubrables maîtres de la musique allemande moderne, on doit citer entre autres : Mendelssohn, Kreutzer, Schubert, Schumann, et le créateur de la musique de l'avenir, Richard Wagner, l'auteur de Tunnh;eiiser, de Lohengrin, des Maîtres chnnti.urs de Suieinherg et de la tétralogie des NV.elungen. [E. Uallberg.]
Ai>GLUTERIiE (Littéhatube). — Littératures étrangères, XIV-XVI.— L'histoire de la littérature anglaise peut se diviser d'une manière naturelle en irois périodes : la première comprenant les origines, le moyen âge, la Renaissance et le xvii' siècle, jusqu'à la révolution de 1688; la seconde allant de la révolution do 1688 jusque vers la fin du xviii* siècle; la troisième enfin comprenant l'âge moderne.
l, — Des oniGiNEs jusqu'à la nÉvot.uTioN de 1688.
Nous ne nous arrêterons pas sur les origines de la littérature anglaise antérieurement au xiV siècle. Les Anglo-Saxons païens qui envahirent la
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défaite du parti dans les rangs duquel il avait combattu, est le récit, en douze cliants, de la révolte des anges rebelles, de la création du monde, et de la cliutc de l'bomme; mais l'autour, tliéologien autant que poète, a donné trop de place aux dissertations et aux disputes scolastifjues, et sauf quelques épisodes où l'imagination poétique reprend ses droits, l'ensemble de l'ouvrage est froid et ennuyeux. Parmi les œuvres de la jeunesse de Milton, il faut citer Cornus, V Allegro, et le Penseroso, où l'on sent encore l'inspiration de la Renaissance.
Un autre puritain, John Bunyan, ancien soldat de Cromwell, a composé sous le titre du Voyage tlu clirétien (Pilgrhn's l'rogrefs) une allégorie religieuse qui est restée populaire en Angleterre.
Avec la restauration des Stuarts, la littérature change brusquement de caractère: l'austérité puritaine est remplacée par la licence, et une licence généralement sans esprit et sans talent.
Samuel Butler tourne en ridicule les puritains dans son Hudibras (1GC3), mauvaise imitation de Don Quichotte, qui eut un succès immense, bien que les plaisanteries en soient plates et grossières. Des poètes dramatiques, Wycherley, Congrevc, Farquhar, mettent sur la scène les mœurs disso-
créa le Tat/er (le Babillard) ; un an après, le Tiiller fut rempl.icé par le S/ieciator (le Spectateur), dont Addison fut un des rédacteurs principaux, et qui vécut trois ans : enfin après le Spertntetir parut le GuairJian (le Tuteur), qui ne se soutint qu'une année malgré la collaboration de Pope. Steele fut le plus marquant des publicistes du parti whig.
Joseph Addison (1672-17191 a composé une tragédie, Ciitoji, et un poème sur la victoire de Blenheim, qui sont d'une versification élégante. Mais il est surtout connu coniine es^nyist : les Anglais appellent essnys les articles de littérature et de morale tels que ceux qu' Addison écrivit pour le Spr.ctatoi- et les autres journaux de Steele. Addison occupa un moment, en 1717, les fonctions de secrétaire d Etat dans le ministère whig.
Jonathan Swift (1007-1745) est une figure singulière qui rajjpelle par certains côtés celle de Habclais. Irlandais do naissance, et destiné à la carrière ecclésiastique, il débuta comme écrivain par une satire irréligieuse, le Conle du Toiineau. Lié avec Holingbroke, le chef des torii's, il rédigea un journal mordant, l'Examiner, dirigé contre Mariborough, et exerça une grande influence sur le ministère tory de Bolingbrokc et d'Oxford (1710- 1714). A l'avènement des whigs, il se relira en Ir
lues de leurs contemporains dans des pièces où lande dans son doyenné de Saint-Patrick. C'est l'obscénité la plus vulgaire tient lieu de comique., là qu'il écrivit son plus célèbre ouvrage, les
Seul, le poète Dryden, bien qu'il n'échappe pa; l'abaissement général des caractères, montre un certain talent dans ses compositions lyriques; mais sa traduction de Virgile ne reproduit point le caractère de l'original, et son théâtre est médiocre. Le philosophe Hobbes, le théoricien du gouvernement despotique, qui a publié dès IG42 son livre latin dic Citoyen, voit ses doctrines accueillies avec faveur par une société qui n'a plus de croyances, et qui s'incline humblement devant le pouvoir absolu.
Mais un grand changement politique va s'accomplir, et avec l'établissement du gouvernement constitutionnel une ère nouvelle commencera pour les lettres anglaises.
De la RÉvoLiTiox r.E 1G88 a la fin on
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Les règnes de Guillaume III, d'Anne, et dos deux premiers Georges nous offrent tout d'abord un groupe d'écrivains illustres, (|ui ont passé longtemps pour les classiques de l'Anglaterre. Ce sont le philosophe Locke, des publicistes, des esînyists, des romanciers comme De Foë, Steele, Addison, Swift, des poètes comme Pope, Thompson et Young.
John Locke (1632-1704) avait été exilé sous Charles II et s'était réfugié en Hollande ; il revint en Angleterre en lOSS avec Guillaume 111. Dans son Traité sur le Gouvernement civil (1090), il établit la théorie du gouvernement parlementaire en repoussant la doctrine du droit divin. Son Eisai sur t'Enteudemeyit humain (1690) a fait de lui le chef d'une école philosophique opposée ."i celle do Descartes : pour Locke, il n'y a pas d'idées innées, et toutes nos connaissances viennent de l'expérience. Enfin, dans son Traite sur l'Education (1093), il a ouvert la voie à Rousseau et aux réformateurs pédagogiques du xviii" siècle.
Daniel De Foë (1003-n:il) dut sa célébrité parmi ses contemporains à des pamphlets politiques et religieux contre les Stuarts et le parti tory ; pour la postérité, il est surtout l'auteur d'uu roman unique en son genre, lloljinson Crusoé (1719), qui a été traduit dans toutes les langues.
Richard Steele (1671-1729) conçut le premier l'idée de ces écrits périodiques qui curent un si grand succès et qui comptent aujourd'hui parmi les livres classiques de l'.iiigleterre. En 1709, il
Viii/agts de Gulliver aux pays de Lilliput, de Brobdingnag, etc. (1728 , allégorie satirique remplie d'allusions aux hommes politiques de l'époque. Alexandre Pope (I(i8-i-1744) passa de son temps pour le plus parfait des poètes anglais. Enfant précoce, lié de bonne heure avec les célébrités littéraires d'alors, protégé par les grands seigneurs du parti tory, il vit ses premières œuvres exciter une vive admiration : c'étaient V Essai siir la Critique, imitation de l'Art poétique de Boileau ; la Boucle de Cheveux enlevée, imitation du Lutrin; l'E/jiire d'Héloïse à Abélard, héroide dans le genre de celles d'Ovide. Sa traduction en vers de l'Iliade (17 '.S), élégante et correcte, aussi éloignée que possible de la naïveté sublime de l'original, mit le comble ;i sa réputation ; son Odyssée eut moins de succès. L'œuvre la plus remarquable de Pope est le poème philosophique intitulé l'Essai sur l'homme : il y expose en beaux vers, ainsi que dans ses Epitres morales et dans sa Prière univci selle, les doctrines du déisme.
James Thompson (1081-1705), fils d'un ministre écossais, vint à Londres en 1720 avec le premier chant de son poème descriptif des Saisons, et y lutta toute sa vie contre la misère. L'originalité de Thompson, dans un genre qui semble n'en pas comporter beaucoup, consiste dans sa manière grave et religieuse de sentir la nature, et dans la couleur septentrionale de ses tableaux.
Les Nuits du docteur Young (IGSl-1705), qui forment une série do méditations sur la mort, ont eu leur moment de célébrité ; la poésie en est forte et élevée, mais trop pompeuse et monotone.
Vers le milieu du siècle, on voit paraître des genres nouveaux. La poésie, après Pope, dépérit de plus en plus dans le cercle étroit où l'enferme un pédantisme vulgaire, dont le docteur Johnson est le représentant resté fameux ; limaginalion et le sentiment se réfugient dans le roman, qui produit quelques œuvres remarquables avec Ricliardson, Fielding, Sterne, Goldsiuith. L'histoire, la philosophie, l'éloquence occupent le premier rang c'est li qu'il faut chercher les noms les plus illu'-tres, ceux de Hume, do Smollett, de Gibbon, d'Adam Smith, des deux Pitt, de Burkc, de Fox, de Sheridan.
Samuel Johnson (1709-1784\ que ses contemporains appelaient le docteur, fut d'abord maître d'école, puis traducteur et journaliste. Il entreprit ensuite la publication d'un Dictionnaire de la langue
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amjlaisc {n47-n55), et créa deux journaux littéraires et critiques, le Rambler (le Rôdeur) et Yldler (le Fainéant). On a encore de lui une espèce do Télémaque anglais, /iffSse/ns,/))mc?rfM4i/siinîe, et les Vies îles poètes nni/lais. Le docteur Jolinson avait acquis un grand renom comme philologue et comme critique, et l'ut longtemps l'oracle littéraire de l'Angleterre.
Les romans de l'imprimeur Ricliardson, qui se fit auteur il l'âge de cinquante-trois ans, eurent une vogue immense dans toute l'Europe, et mirent ^ la mode le genre sentimental : ce sont Paméla (1741), Clarisse Harlowe (I"48\ et ^'o- Charles Grandisson (n5;i). Fielding, l'auteur de Tom Jones (n.SO), est un peintre plus réaliste, qui possède un talent d'observation fort remarquable. Lawrence Sterne, Irlandais comme Swift, est un humoriste mélancolique; il a écrit un roman bizarre, Tri'tram Sliwidy (nC0-nG7); son ouvrage le plus connu sur le continent est le Vnjwie sentimental en France et en Italie (I7fi8). Goldsimitli enfin, Irlandais aussi, est l'auteur du \'icaire de Wakefietd, roman honnête et id3'llique qui est resté populaire.
Le plus éminent des historiens anglais au XVIII' siècle est l'Ecossais David Hume (l"ll-n7(ii, <|ui publia de Kô8 i 1761 une bonne Histoire d'Atigleterre : c'est la première œuvre importante où la méthode critique soit appliquée à la narration des événemenis. Comme philosophe. Hume est un des représentants les pins marquants de l'école sceptique, dont il a repris les arguments en les présentant d'une manière neuve et originale.
Smollett, publiciste et romancier écossais, a écrit aussi une histoire d'Angleterre, inférieure à celle de Hume : touiefois, comme celle-ci s'arrête à la révolution de 16S8, on la complète ordinairement en empruntant i l'ouvrage de Smollett la partie postérieure à cette date. On lui doit en outre «luelques romans dans le genre de ceux de Lesage.
Edouard Gibbon (l737-n94),après avoir séjourné longtemps en Suisse, en Italie et en France, et avoir siégé quelques années au Parlement, entreprit d'éci-ire VHistoire de la décadence et de la chute de l'empire romain. H acheva ce vaste ouvrage à Lausanne (1"87), où il s'était retiré. Le livre de Gibbon, dont les tendances sont les mêmes que celles do YEssai sur les Mœurs de Voltaire, est resté l'un des monuments les plus considérables de l'esprit philosophique du xviii" siècle.
11 faut mentionner encore Robcrtson, ministre presbytérien écossais, écrivain correct, auteur d'une HiUoire d'Ecosse, à'UBC Histoire de Cliartes- Quint et d'une Histoire de l'Amérique.
Adam Smith, qui fut professeur de philosophie à Glasgow, est connu surtout comme l'un des principaux fondateurs d'une science nouvelle, l'économie politique, dont il jeta les bases dans son traité de la Itichesse des Nations, publié en 177C.
Les grands orateurs politiques anglais du xviii' siècle occupent dans l'histoire littéraire de leur pays une place analogue à celle que tiennent Déinosthène, Eschine et Isocrato dans l'histoire des lettres attiques. Leurs harangues sont restées les modèles classiques do l'éloquence parlementaire.
Le premier Pitt, plus connu sous le nom de lord Chatham (1708-1778), membre des Communes depuis na."), combattit le ministère VValpole et contribua i le renverser ; entra dans l'administration en 1746, en sortit en 1755 par suite de dissentiments avec le gouvernement, y rentra bientôt, et dirigea le ministère de 1756 à 1701 avec une supériorité qui a fait de lui le premier des hommes d'Etat anglais. H se retira à l'avènement de Georges 111, qui favorisait les tories, revint un moment aux affaires (1766-1768), puis rentra dans
l'opposition jusqu'à sa mort. Parmi ses discours d'un style véliéiuentet passionné, les plus connus sont ceux dans lesquels il flétrit la conduite du ministère North à l'égard des colonies d'Amérique.
William Pitt (175'J-1806), second fils de lord Chatham, devint membre des Communes en 1781, et entra en I78"2 au ministère où il remplaça Fox. Mais celui-ci, allié à lord North, revint au pouvoir en 178.3. Pitt, renversé, réussit à faire échouer le bill indien de Fox, ce qui entraîna la chute du ministère, et Pitt remplaça définitivement son rival (178^-1806). Devenu le chef du parti tory, il dirigea avec une indomptable énergie la lutte de l'Angleterre contre la Révolution française. L'éloquence du second Pitt, moins solennelle que celle de son père, sobre, forte et serrée, a été comparée à celle de Démosthène.
Charles Fox 1 1749-1806), fils de lord HoUand, ministre sous Walpole. fut le chef du parti whig, arriva deux fois au ministère en 1782 et 178.'!, mais ne put s'y maintenir ; combattit l'administration de Pitt, et défendit avec chaleur les principes de la Révolution française. Après la mort de Pitt, il revint au pouvoir (1806), mais ne survécut que quelques mois il son adversaire.
L'IrlandaisBurke (1730-1797), d'abord avocat, se fit connaître par un Traité sur le beau et le Sublime (1757), obtint un siège à la Chambre des communes, et fut longtemps un des orateurs les plus éloquents du parti whig. Mais il se brouilla avec Fox lorsqu'eut éclaté la Hévolution française, qu'il attaqua dans un pamphlet célèbre (1790).
Sheridan (1751-1816), Irlandais coiume Burke, fils d'un acteur, écrivit d'abord pour le théâtre : il est l'auteur d'une comédie célèbre, l'Ecole de la Médisance (the School for Scandnl, 1777). Entré aux Communes en 1780, et lié avec Fox, il prononça dans le fameux procès de Warren Hastings (17S5-1795) des discours qui l'ont placéan premier rang des orateurs anglais, défendit la Révolution française, et entra au ministère avec Fox en 1806. Mais ses habitudes de dissipation lui furent fatales, et il mourut dans la misère.
Cependant une nouvelle école poétique allait paraître. Tandis que l'école descriptive classique s'éteignait avec Campbell et Crabbe, Macpherson publiait en 1760 les Poésies d'Ossian; liobert Burns, le chansonnier populaire écossais, frondait gaîment l'Eglise et la société officielle; Cowper, talejit frêle et maladif, disait ses joies et ses terreurs mystiques dans des poèmes d'un accent intime et personnel. Ces auteurs forment comme la transition entre l'époque où règne la poétique de Pope et de Jolinson, et l'âge moderne qui va s'ouvrir.