ASSOCIATION DES IDÉES
nuité de cette chaîne qui nous donne l'illusion de l'unilo et de l'identité.
Mais d'abord il n'est pas exact que cette chaîne soit continue : une perception nouvelle ou un acte de volonté suffit pour arrêter et modifier le cours de nos idées. En outre, comment une série, même continue, de pliénomènes très divers, éinotions, idées, volitions, pourrait-elle avoir conscience d'elle-même, se connaître comme tcne et identique? Il faudrait admettre que chaque fait a conscience de lui-même et transmet cette conscience au fait suivant : on imaginerait ainsi un »iOi véritable qui disparaît et reparaît à tout momeiit, qui passe d'émotion en idée ou envolition, s'identifiant avec chaque nouveau phénomène tout en restant identique à lui-même ! Quoi de plus bizarre et de plus contradictoire '?
En réalité les cmpiristes n'enregistrent pas exactement toutes les données de l'expérience. Nous ne trouvons pas seulement en nous des émotions, des idées, des volitions : nous apercevons immédiatement un rapport d'une nature spéciale, un rapport dynamique, qui rattache chacun des phénomènes à'un wiOi réel, un et identique. C'est là le lien qui donne la continuité à la série des faits psychologiques et qui nous permet de les cojisidérer comme nôtres. Mis au pied du mur, les associationnistcs eux-mêmes sont forcés d'en convenir. « Le lien ou la loi inexplicable, accorde Stuart Mill, Vunion organique qui rattache la conscience présente à. la conscience passée qu'elle nous révèle, est la plus grande approximation que nous puissions atteindre d'une conception positive du moi. Je crois d'une manière indubitable qu'il y a quelque chose de réel dans ce lien, réel comme ta sensation elle-même et qui n'est pus un pur produit des lois de la pensée sa7is aucun fuit qui lui corresponde. A ce titre, j'attribue une réalité au moi, à mon propre esprit et c'est en vertu d'une induction fondée
sur mon expérience de ce moi que j'attribue la même réalité aux autres moi ou esprits. » Herbert Spencer, dans ses Premiers principes, laisse échapper un aveu analogue.
Concluons donc que la dialectique subtile des psychologues anglais ne ruine pas plus le spiritualisme' que le rationalisme. On ne peut ramener h l'association des idées ni les principes nécessaires, ni l'esprit qui les affirme, liien au contraire, c'est dans l'esprit lui-même qu il faut chercher l'explication des lois de l'association. Si deux idées, primitivement contiguës, s'appellent et s'évoquent, ce n'est pas qu'elles aient contracté l'une pour l'autre une mystérieuse affinité. C'est que l'esprit un et identique les a tenues simultanément ou successivement fixées sous son regard : ce qui soude les idées l'une à l'autre, c'est l'acte même de l'esprit qui les conçoit ; cette activité spirituelle tend i\ se maintenir, à persévérer, et lorsque les perceptions nouvelles ou d'autres souvenirs n'occupent plus notre attention, elle reparaît telle quelle au grand jour de la conscience. Seul aussi l'esprit identique est capable d'apercevoir entre deux idées des ressemblances ou des dissemblances notables et de les rapprocher l'une de l'autre.
Ces importantes réserves faites, nous reconnaîtrons volontiers, avec les psychologues anglais, le rôle considérable que joue l'association des idées dans la vie psychique. Quelques-uns de nos sens, outre leurs perceptions spéciales, nous donnent, par l'éducation, des perceptions empruntées aux autres sens. Ces ii. perceptions acquises », qui nous épargnent tant de travail et rendent possibles les arts plastiques, se ramènent à des associations primitives. Ainsi la vue. originairement, nous fait seulement connaître les couleurs : si dans la suite l'œil nous fournit la forme et la dis-
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tance, perceptions naturelles du toucher, c'est que, dès la première enfance, les perceptions tactiles se sont intimement associées aux perceptions visuelles. La plupart de nos facultés, la mémoire, l'imagination, spontanée ou créatrice, la volonté même, ne s'exerceraient que très péniblement si nos pensées ne s'appelaient pas les unes les autres. C'est également en invoquant les lois de l'association que l'on peut expliquer psychologiquement les phénomènes si curieux du rêve, du somnambulisme, de l'hallucination et de la folie.
11 suit de là que la pédagogie doit tenir grand compte du f^it d'association et de ses lois. 11 importe de dissiper avec soin les associations superficielles qui tendent à se former dans l'esprit. Que de préjugés, que de principes faux ou incomplets peuvent être ramenés par le psychologue à des associations empiriques sans valeur! Par exemple, nous ne réussissons à attirer un corps un peu éloigné qu'à l'aide d'une corde ou d'un autre instrument matériel : les idées d'attraction et d'intermédiaire matériel se lient dans l'intelligence ; il faudra le génie d'un Newton pour dissiper cette association et pour montrer que les astres s'attirent à travers l'immensité.
C'est à l'association des idées que revient la plus grande part dans la formation de l'esprit. L'homme s'habitue-t-il à relier ses idées suiv.nt des rapports fortuits, des ressemblances vagues et tout extrinsèques, il pourra passer pour brillant causeur, pour écrivain ingénieux et spirituel, il ne sera jamais un homme de science et de philosophie. Les esprits sérieux, vraiment scientifiques et philosophiques, sont ceux qui remplacent les associations empiriques du vulgaire par des liaisons d'idées, qui cherchent à enchaîner leurs pensées d'après des ressemblances profondes, des rapports invariables, à la fois loi/iques et naturels. Le devoir de l'éducateur est précisément de former de telles intelligences, capables de connaître les lois réelles, « ces rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ", suivant la célèbre définition de Montesquieu. [Jules Legrand.l
AUTRICHE. (Histoire). Histoire générale, XXVH, — |ro PÉRIODE : Epoquk barbare. — Les Romains fondèrent quelques colonies dans la région qui porte aujourd'hui le nom d'Autriche, et qui formait alors les provinces de Norique et de Pannonie. Au V siècle, les Huns ravagèrent ce pays, puis les Avares y créèrent un empire qui fut détruit par Charlemagne. Celui-ci y étaijlit un comte chargé de surveiller la frontière, ou margrave ; cette région prit alors le nom d'Œslerreich ou Etat de l'Est, d'où l'on a fait Autriche.
i' période : Les margraves et les ducs de la MAISON DE Eamuerg. — Le roi de Germanie Henri 1"^' l'Oiseleur donna le margraviat d'.\utriche à Léopold 1"' l'Illustre, comte de Bamberg, dont la maison régna jusqu'en 1246. Le margrave Henri II reçut en llbH le titre de duc. Le plus remarquable des princes de cette famille fut le duc Léopold V (1177-1194), qui prit part à la troisième croisade, et retint prisonnier dans ses terres le roi d'Angleterre Richard Cœur-de-Lion.
A l'extinction de la maison de Bamberg, le roi de Bohême Ottocar s'empara du duché d'Autriche. Mais il fut vaincu par l'empereur Rodolphe de Habsbourg, qui donna l'Autriche à son propre fils Albert.
3' PÉRIODE : La maison de Habsboit.g jisqu'a l'abdication de Charles-Quint. — Albert d'Autriche, devenu empereur (129S), voulut joindre à ses possessions héréditaires les cummunautés libres des Waldstajtten en Helvétie. .Mais les paysans suisses chassèrent ses baillis, et Albert, en marchant contre eux avec une armée.
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fut assassine; au passage cl(> la Reuss (1308). Sou ■second fils Loopold fut vaincu par les Suisses à Morgarton (1315), et un autre Léopold d'Autriclie périt h Sempacli J138G) dans une expédition entreprise pour réduire les Waldstœtten.
Durant le xiv» siècle, en dehors de la lutte avec les Suisses, l'histoire de la maison d'Autriche, divisée en plusieurs branches, n'offre rien de remarquable. La couronne impériale, qui a échappé aux descendants d'Albert, est portée par ■divers princes de Luxembourg et de Bavière.
Mais dans la première moitié du xV siècle, le ■duc d'Autriche Albert V, devenu roi do Bohême «t de Hongrie à la mort de son beau-père Siglsmond do Luxembourg, fut élu empereur d'Allemagne sous le nom d'Albert II (Ii3") ; et à partir de ce moment, la dignité impériale n'est plus sortie de la maison de Habsbourg. Un cousin d'Albert II, Frédéric III, de la branche de Styrie, lui succéda comme empereur, et réunit en outre sous sa domination toutes les possessions autrichiennes. Le fils de Frédéric, Maxiraillen, épousa Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, puis maria son fils Philippe le Beau à Jeanne la Folle, fille de Ferdinand le Catholique, roi d'Espagne. Cette double union, qui fit la fortune de la maison d'Autriche, Justifia ce vers ironique, attribué à Malhias Corvin, roi de Hongrie :
Bella gérant alii; lu, felix Austria. niibe. (Que d'autres s'ugr.^xndissciit par la guerre ; pour toi, heureuse Autriche, tu ne demandes tes conquêtes qu'à J'hyméaée.J
Le fils de Philippe et de Jeanne fut le puissant Charles-Quint, roi d'Espagne en l.il(i, maître des Pays-Bas, élu empereur d'Allemagne en 15Î0, et qui domina sur une grande partie de l'Italie. Son frère cadet Ferdinand avait eu pour sa part le duché d'Autriche et les possessions allemandes qui en dépendaient; le mariage de Ferdinand avec Anne, sœur do Louis 11, roi de Hongrie et de Bohême, fit passer les couronnes de ces deux pays sur la tète du duc d'Autriche à la mort de Louis (1526).
Lorsque Charles-Quint eut abdiqué, la séparation des branches espagnole (ou ainée) et allemande (ou cadette) de la maison d'Autriche devint définitive. Le fils de Charles, Philippe II, fut roi d'Espagne, et domina sur l'Italie et les Pays-Bas, tandis que le duc d'Autriche Ferdinand devint empereur d'Allemagne.
4" PÉRIODE : De l'avénejient ue la branche
CADETTE DE HABSDOURG A L'eXTI.NCTIO.V DE LA LIGNE
DIRECTE. — Durant les deux siècles qui suivirent, l'histoire de l'Autriche se confond avec celle de l'Allemagne. Les règnes de Ferdinand, de iVIaximilien II, de Rodolphe H, de IMathias, nous conduisent jusqu'à la guerre de Treille ans *, qui remplit les règnes de Ferdinand II et de Ferdinand III. Léopold I" eut à se défendre contre les Turcs (siège de Vienne, 1683), et contre Louis XIV. A l'extinction des Habsbourg de la branche ainée, en nOO, il essaya de faire passer la couronne tl'Espagiie sur la tète de son se. oiid fils, l'archiduc Charles, qui avait pour compétiteur Philippe a Anjou, petit-fils de Louis XIV. La guerre de la succession d'Espagne remplit le règne de Joseph 1", fils de Léopold ; après la mort de celuici, son frère, l'archiduc Charies, étant devenu empereur sous le nom de Charles VI, renonça à 1 Lspagne, et les traités d'Utrecht et de Rastadt assurèrent le triomphe du candidat des Bourbons, qui put régner en paix à Madrid.
Charles VI, qui s'occupa surtout à guerroyer contre les Turcs, mourut en 1740, laissant pour lui succéder une flile unique, Marie-Thérèse. Avo^c lui s éteignit la ligne directe de Habsbourg.
0" PÉRIODE : La maison ue Habsbourg - Loii- 2' Partie.
RAINE, jusqu'à LA FIN DE L'aNCIEN EMPIIIE d'AlLE-
MAGNE. — Marie-Thérèse eut i lutter contre une coalition formée do la Prusse, de la France, de la Bavière, de la Saxe et de la Pologne, qui voulaient donner la couronne impériale à, l'électeur de Bavière. Mais le roi de Prusse ayant consenti à la paix en échange de la cession de la Silésie, Marie-Thérèse put, grâce h. la vaillance des Hongrois et ;\ l'appui de l'Angleterre, triompher de ses auiros adversaires, et faire reconnaître comme empereur d'Allemagne son époux François de Lorraine. Une nouvelle guerre, la guerre de Sept ans*, diminua le prestige de la maison d'Autriche et augmenta celui de la Prusse, mais n'amena pas de changements territoriaux en Allemagne. Marie-Thcrèse participa un peu plus tard, avec Frédéric II et Catherine II, au premier partage de la Pologne (1773).
Son fils Joseph II (1780-1700) introduisit dans ses Etats héréditaires des réformes qui n'eurent qu'une existence éphémère. Léopold II (I790-179J), frère de Joseph et de Marie-Antoinette, prépara contre la France une guerre qui fut soutenue par son successeur François II. L'Autriche y perdit la Belgique et l'Italie. En 180i, François, voulant donner à ses États héréditaires plus de cohésion et d'importance, et mieux assurer sa primauté parmi les princes allemands, prit le titre d'empereur d'Autriche. BiHutèt après, vaincu par Napoléon :\ Austerlilz, il perdit une partie de ses possessions, et fut obligé de renoncer à son ancien titre d'empereur d'Aflcmagne (1806).
Ù" PÉRIODE : L'E.iiriRE d'Autriche et l'Ausïro- HoNGRiE. — L'empire d'Allemagne ayant cesse d'exister,François II s'appela désormais François I"'', empereur d'Autriche. Il essaya en 1808 de s'affranchir de l'alliance française, mais fut vaincu de nouveau à VV'agram, et contraint de donner pour épouse à Napoléon sa fille Marie-Louise. Après la chute du conquérant, il recouvra la plupart des possessions qu'il avait perdues ; mais l'empire d'Allemagne ne fut pas rétabli : les traités de 1815 le remplacèrent par la Confédération germanique, dont l'Autriche fut un simple membre.
L'histoire des soixante dernières années de la monarchie autrichienne, sous François I", Ferdinand I" et l'rançois-Joseph, est celle de sa rivalité avec la Prusse et dos embarras intérieurs que lui ont causés les revendications des diverses nationalités dont l'agglomération constitue son territoire. La lutte contre la Prusse, après avoir longtemps occupe les diplomates de la Diète germanique, a reçu son dénouement sur le champ de bataille de Sadowa (18CB). Quant aux révoltes de ses sujets, l'Autriche, après les avoir durement réprimées en 18 i8 et 18*9, s'est vue forcée enfin d'abandonner ses possessions d'Italie, et a dû concéder h la Hongrie une autonomie presque complète. Le régime dualiste établi en 18S7 a mis fin aux agitations intérieures, et l'Austro-Hongrie, dotée d'institutions représentatives, est désormais entrée dans la voie du progrès et des réformes libérales.
Formation territoriale de l'Autriche. — Sous les margraves de la maison de Bamberg (du LX» au xii° siècle), l'Autriche ne comprenait que le territoire formant aujourd'hui la province de Basse- Autriche, avec Vienne pour capitale. Le margrave Ilonri II reçut de l'empereur Frédéric Barberousse, en 115G, le titre de duc avec la Haute- Autriche enlevée à Henri le Lion, duc de Bavière. Le duché d'Autriche s'accrut de la Styrie en 1102, puis de la Carniole sous Léopold VI. Les ducs de la maison de Habsbourg y ajoutèrent la Carinlhie (1331), le Tyrol (I3C3), le landgraviat do Brisgau (I3(i7),'frieste (1380); mais ils échouèrent dans leurs tentatives pour s'annexer les canliO
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tons suisses. En 1437, les couronnes de Boliûme et de Hongrie échurent à la maison d'Autriche, par le mariage du duc Albert V (depuis empereur sous le nom d'Albert IIj avec la flUe de l'empereur Sigismond ; mais après la mon de Ladislas le Posthume (1457), ces deux pays redevinrent indépendants.
L'n accroissement considérable de possessions pour la famille de Habsbourg fut dû au mariage de Maximilien I" avec Marie de Bourgogne (1477), qui apporta en dot :\ son époux l'Alsace, la FrancheComlé et les Pays-Bas. I.es deux fils de Maximilien, ('barles-Quint et Ferdinand I", se partagèrent ses possessions héréditaires : Charles se réserva la Franche-Comté et les Pays-Bas, qu'il joignit aux vastes domaines de l'Espagne. Ferdinand eut tous les Etats autrichiens d'Allemagne, savoir: l'archiducho d'Autriche, le Tyrol,la Styrie, la Carinthie, la Carniole, l'istrie (enlevée aux Vénitiens), des possessions en Souabe, et l'Alsace ; en outre il obtint en l.^j26 les couronnes de Hongrie et de Bohême (avec la Moravie, la Silésie et la Lusacc).
A partir de ce moment, c'est la branche allemande des Habsbourg qui représente l'Autriche proprement dite. Elle obtient la dignité impériale en 1538, mais sans nouvelles acquisitions territoriales : au contraire, le traité de Westphalie (1648) lui enlève l'Alsace et la Lusace; eu revanche, le traité de Rastadt (1714) lui donne la Belgique, Naples (sans la Sicile), la Sardaigne, le Milanais, et les présides de Toscane. Le traité de la Haye (172(1) amena l'échange de la Sardaigne contre la
Sicile. Au traité de Vienne (1738), l'Autriche perdit Naples, la Sicile, et une partie du Milanais, mais reçut en échange le duché de Parme. La guerre de la succession d'Autriche, qu'eut h soutenir Marie-Thérèse, faillit causer le démembrement des vastes Etats de la maison de Habsbourg; celle-ci n'y perdit toutefois que la Silésie, Parme, et une portion du Milanais, et elle s'indemnisa bientôt aux dépens de la Pologne, à laquelle elle enleva la Russie rouge, une partie de la Galicie, les palatinats de Cracovie, de Sandomir, de Lublin, de Beltz, de Wolhynie et de Podolie (UIS), et de la Turquie, qui lui céda la Bukowine (1777). Le troisième partage de la Pologne (17a5) donna encore à l'Autriche la Galicie occidentale.
Le traité de Carapo-Formio (n!)7) amena un remaniement important dans les possessions de l'Autriche : elle dut céder la Belgique et le Milanais, et reçut en échange le territoire de la république de Venise. Les conquêtes de Napoléon la privèrent successivement des États vénitiens, de l'istrie, de la Dalniatie, du Tyrol, de Salzbourg, de ses possessions en Souabe, d'une partie de la Galicie. Mais les traités de islô lui restituèrent la presque totalité des territoires perdu'*, et donnèrent à l'empire d'Autriclie sa configuration géographique actuelle. Les seules modifications territoriales survenues depuis lors sont la reprise de Cracovie (1S4G), et la cession à l'Italie de la Lombardie (1S59) et de la Vonétie (I8C6). Le traité de Berlin a autorisé l'Autriche à occuper la Bosnie et l'Herzégovine, tout en en laissant au sultan la possession nominale.
BELGIQUE (Géogbaphie), — Géographie générale, XV. — Le nom des Belges, déjà connu de César, est une forme de l'allemand Vvtk, peuple, mot qui se retrouve dans toutes les langues germanir|ues avec un sens analogue.
I. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — SitualiûH, limites, forme. — Touchant la France au S.-O., la Belgique est bornée h l'O. par la mer du Nord, au N. par les Pays-Bas hollandais, à l'E. par l'Allemagne et le grand-duché de Luxembourg. Sauf du cùté de la mer, elle n'a nulle part de limites naturelles. En latitude elle est comprise entre 49°30' et 51°30', et en longitude entre 0°12' et 'i°b{>' h l'est du méridien de Paris. Sa forme générale est celle d'un triangle, dont la base, dirigée du S.-E. au N.-O., est formée par !a frontière de France sur une longueur de :2Su kilom. (en ligne droite), et dont le sommet est situé au point où la Meuse entre définitivement en Hollande.
Comprise entre ces limites, la Belgique a une superficie de ",9,455 kilom. carr. Sous le rapport de l'étendue, c'est le plus petit des Etats de l'Europe (en laissant de côté le grand-duché de Luxembourg et les Etats minuscules comme Saint- Marin). Mais sous le rapport de la population, elle n'est dépassée que par les grands Etats : Russie, Autriclie, Allemagne, France, lies Britanniques, Italie, Espagne et Turquie. On y compte 5,G00,OUU habitants, 199 habitants par kilom. carré en moyenne, plus de deux fois et demie autant qu'en France, près de six fois autant que dans l'ensemble de l'Europe. Nul pays au monde ne saurait lui être comparé sous ce rapport.
Hydrographie. — La Belgique se partage à peu près également entre les bassins de l'Ëscaul et de la Meuse. Les petits bassins côtiers sont sans importance.
L'Escaut, qui prend sa source en France, passe
à Gand, puis à Anvers, où il a 600 mètres de large et forme un port spacieux et profond. Il reçoit par sa gauche, à Gand, la Lys, qui est son affluent le plus considérable, et à quelques kilom. en amont d'Anvers, par sa droite, le Rupel. formé par la réunion de plusieurs rivières, dont l'une, la Senne, passe à Bruxelles.
La Meuse prend aussi sa source en France, passe à Namur. où elle se grossit à gauche de la Snrnbre, son affluent le plus considérable. A partir de ce confluent, elle coule au N.-E. comme la Sarnhre, et arrive à Liège, où elle reçoit par sa droite VOurthe.
L'Escaut et la Meuse finissent tous deux, en Hollande, dans la mer du Nord, où leurs bouches forment un réseau assez compliqué.
lielief du sot. — On ne trouve pas en Belgique de chaînes de montagnes proprement dites, mais deux régions bien distinctes, dont la Sambre et la Meuse forment la limite commune : au sud, les plateaux de l'Ardenne, dont le point culminant, sur la frontière de la Prusse Rhénane, atteint 080 mètres ; au nord, au contraire, la plaine des Pays-Bas, où l'on trouve des régions plus basses que le niveau de la mer, qui ne peuvent être préservées des inondations qu'à l'aide do digues.
Climat. — Cette région des Pays-Bas jouit d'un climat marin, plutôt humide et brumeux en hiver que très froid. Ce n'est que dans les hivers exceptionnels que les rivières y gèlent assez fortement pour pouvoir porter des voitures.
Du côté des Ardennes, au contraire, les neiges sont aljondantes et de longue durée, et la température vraiment rigoureuse. C'est sur ces plateaux que le .sol reçoit sous forme de pluies ou de neiges les plus grandes quantités d'humidité, quoique le ciel y soit moins souvent couvert et qu'on y compte moins de jours pluvieux qu'au bord de la mer.
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