BITUMES
nonient d'organiser séricvisenieiu renseignement dans le pays. La loi du 15 juin 1881 a développé renseignement moyen et organisé les premières écoles moyennes de filles de l'Ktat.
La loi do IS79 provoqua de la part de l'opinion conservatrice une lutte d'une violence inouïe : le clergé prêchait la révolte contre la loi, des administrations communales se refusèrent h organiser l'enseignement laïque ; mais le gouvernement répondit avec énergie à ces actes d'iiostilité. Il supprima le poste du ministre belge auprès du Valicaii, révisa complètoment les programmes d'enseignement en s'inspiraiit des méthodes nouvelles, et put vaincre enfin les résistances. Les élections communales d'octobre 1881 vinrent d'ailleurs prouver que l'agitation violente fomentée par le clergé n'avait pu entamer la majorité libérale dans le pays.
Arts et lettres. — La caractéristique de l'art national belge est d'être robuste, vigoureux et coloré, il se plaît à serrer de près la nature, à s'inspirer de la réalité. Le vieil art flamand avec ses scènes familières, ses paysages amoureusement observés, est la véritable source où l'art national cherche ses inspirations, malgré de passagères influences; art un peu matériel, si l'on veut, mais bien sain, qui ne se laisse pas emporter par les nerfs et que soutient un sang riclie et pur.
David, exilé à Bruxelles, y avait fait des prosélytes h ses doctrines classiques ; on en était là en I8:!0. Ses principaux disciples, Naver et Paelinck, laissèrent des œuvres dignes d'être appréciées. Mais le romantisme vint bientôt battre en brèche l'ancien « classicisme ». L'école d'Anvers, qui comptait parmi les siens Wappers, Leys, De Keyser, eut son heure de gloire ; elle s'inspirait de Bubens et de Van Dyck et cherchait h se dégager des influences étrangères. Leys rcssusciia même les traditions des anciens gothiques et créa une école do peintres qui s'efl'orçaient de recommencer l'art du xvi" siècle. Une réaction se produisit bientôt contre l'école d'Anvers ; elle eut à sa tête Gallait, qui revenait de Paris, plein d'admiration pour Paul Delaroche, et qui est demeuré le peintre le plus marquant de cette époque. Depuis, par un mouvement général dans les arts, la convention a peu à peu été abandonnée, la réalité devient linspiration du peintre, qui l'interprète selon son tempérament. Dcgroux, le peintre des pauvres, des paysans, des misérables, vient détonner au milieu des ors et des velours romantiques. Le paysage absorbe bientôt. presi|ue toutes les forces vives de l'art; l'école belge, sans rivaliser avec l'école française, tient cependant une des places les plus honorables : IJoulenger, Huberti, Claeys, Artan, entre autres, sont très appréciés dans le monde artistique. Dans la peinture d'histoire, li. Wauters, Cluysenaer; dans la peinture de genre, Alfred Stevens, Ch. Hermans, soutiennent brillamment la réputation de l'art belge. Depuis quelques années seulement, la sculpture tend à se créer une originalité, un cachet personnel ; la jeune école compte déjà plusieurs noms honorablement connus : de Vigne, Vinçotte, Vanderstappen. Citons encore, pourl'architeclure. M. Poelaert, auteur des plans du Palais de Justice de Bruxelles, M. Beyaert, dont les Banques nationales de Bruxelles et d'Anvers sont justement remarquées, et M. E. Jaulet, auteur de la façado belge à l'Exposition de Paris en
Les lettres belges ne sont pas sorties d'une sorte de demi-teiute. Des œuvres estimables ont été produites; l'histoire surtout compte quelques auteurs qui sortent do la foule : MM. Moke, Altmeyer, Wouters, Faider, Notliomb et de Gerlache. La littérature d'imagination est plus pauvre ;
la poésie — qui s'inspire beaucoup des œuvres des grands poètes français — compte parmi ses adorateurs pratiquants MM. Ch. l'otvin, Mathieu et Van llasselt. M. Ch. Decoster, dans sa Légende d'Ui/lenpsier/el, est peut-être le seul auteur qui ait allié à une connaissance profonde de la langue française le don de produire une œuvre vraiment nationale et gardant son parfum de terroir. Depuis une dizaine d'années un mouvement très accentué se produit, et tout fait présumer que, sous peu, la Belgique possédera une école littéraire dont elle pourra s'enorgueillir. MM. Emile Leclercq, C. Lemonnier sont déjà connus à l'étranger. L'art dramatique est encore lettre morte, et le théâtre ne vit que des productions françaises.
La littérature flamande est plus riche. A côté de poètes justement réputés comme Willems, Th. Van Kysvvyck, Ledeganck, elle compte des romanciers dont les œuvres sont traduites dans toutes les langues, comme Henri Conscience, Sleeck,- M""" Courtmans.
La musique a plusieurs maîtres en Belgique ; M. Gevaert, auteur de Quentin Dminard et d'un ouvrage de haute érudition musicale : Histoire et théorie dn la musique dans l'auticjiiilé ; M. P. Benoît, M. I^adoux, etc.
Sciences. — L'étude de la géologie a produit des travaux remarquables ; Ch. Dumont est l'auteur d'une carte géologique de la Belgique ; MM. Lehon, Dupont, ont également contribué à l'avancement de la science minérale. MM. Quetelet et Rouzeau sont des astronomes distingués; les sciences mathématiques ont donné lieu à des recherches remarquables par MM.Adan,Liagre,ctc. MH. Stas et Molsens ont fait des travaux importants en chimie. Toutes les branches de l'activité scientifique ont été l'objet des études des savants belges, et nombre de découvertes utiles et curieuses leur sont dues. Un mouvement très sensible pousse en ce moment tout le monde intelligent vers l'étude dos sciences naturelles, et il règn& une émulation des plus louables pour la vulgarisation de ces connaissances. [Alfred Mabille.]
IIITUMES. — Chimie, IV. — Les bitumes sont des combustibles minéraux naturels, liquides ou visqueux, parfois solides, d'aspect goudronneux, répandant naturellement, mais surtout parla combustion, une odcurcaracléristiquedite bitumineuse. Ils brûlent avec une flamme extrêmement fumeuse. Les bitumes solides se ramollissent dans l'eau bouillante et fondent au-dessous du rouge. Les bitumes sont formés par des mélanges intimes et en toutes proportions d'hydro-carbures de diverses espèces avec des composés de carbone, d'hydrogène et d'oxygène. Le bitume-asphalte du Mexique contient 7H,IU pour 100 de carbone ; 9,30 d'iiydrogène; 9,8 d'oxygène et azote. A la calcination on obtient 9,0 de coke, et par la combustion il laisse 2,8 de cendres.
La pesanteur spécifique des bitumes varie entre 0,7 et 1,0; il ne faut point confondre cette densité avec celle beaucoup plus grande des roches bitumineuses, calcaires ou schistes, qu'on désigne souvent dans l'industrie sous le nom de bitume.
Les bitumes distillés produisent des huiles ditea minérales, ou pétroles, OM huiles de schistes {\ . Pétrole], assez liquides, (|u'on épure par des distillations successives, etqui sont aujourd'hui extrêmement employées, principalement pour l'éclairage. Le résidu est un coke brillant, léger, très boursouflé, ou bien une substance bitumineuse fixe oxygénée. Certains bitumes se dissolvent complètement dans l'alcool, dans l'éther ou dans l'essence do térébenthine ; d'autres ne se dissolvent qu'en partie et laissent un résidu charbonneux.
Les principaux bitumes sont : l'asphalte ou Oi-