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tume de Judée, la mnllhe ou bitume glutineux, que les minéralogistes ont aussi désigné sous lo nom de pissasp/ialte, et le pétrole ; pour ce dernier nous renvoyons à l'article Pétrole.
Asphalte. — D'après Boussingault, le bitume de Judée est presque entièrement composé dune substance qu'on appelle asp/ialtén". Sa densité est 1,1; il est noir, vitreux, fond au-dessus do 100°. Il est insoluble dans l'alcool, mais se dissout dans l'huile do naphte (V. Pétrole). Son odeur est très faible; il est fragile, sa cassure est concboide ; il a une couleur noire luisante ; il brûle comme une résine en donnant de la flamme, de la fumée et beaucoup d'odeur. On le trouve en abondance sur les bords du lac ^i"phaltile ou mer Morte ; il (lotie ;\ la surface des eaux et est poussé par le vent vers les côtes : là il se dépose dans les anses et dans les golfes où on le recueille. Il se trouve aussi un gîte très important d'asphalte à Coxitambo près deCuenca au Pérou, et dans un lac de l'île de la Trinité (Antilles).
Les anciens Égyptiens s'en servaient pour enduire les cadavres et en faire des momies ; de là le nom de baume de wowî'eque l'on donnait aussi autrefois à l'asplialte.
Mallhe ou pissasplialte. — D'après Boussingault, la maltlie serait composée de /etroléne et d'iisphaltène. Elle est ordinairement molle et glutincuse, se durcissant par les temps froids et fondant toujours dans l'eau bouillante. Elle contient à peu près : 73,2 p. 100 de carbone, Il d'hydrogène et 15,8 d'oxygène; elle donne une odeur bitumineuse à la température ordinaire. Elle se dissout dans le pétrole, dans l'alcool et dans la térébenthine en laissant un résidu bitumineux.
La malthe découle souvent des fentes de certains rochers de calcaires ou de grès, et s'étend à leur surface ou sur le terrain environnant où elle se mélange à la terre, au sable qu'elle imprègne et agglutine en formant des mamelons, des pellicules, des stalactites noirâtres dont on l'extrait ensuite par la chaleur. C'est ainsi qu'on la rencontre à Seyssel (.\in), au Val-de-Travers en Suisse, à Lobsann (Alsace), à Bastennes (Landes), à Pont-de- Chàteau (Puy-de-Dôme). D'autres fois elle forme de véritables lacs sans profondeur, comme à la Trinité (Antilles).
Usages du bitume. — L'asphalte pur sert surtout à fabiiquer la couleur noiro appelée momie, puis elle entre dans la composition de presque tous les vernis noirs et de la cire à cacheter jioire. La malthe s'emploie, comme le goudron, pour enduire les cordages et les bois qui doivent être exposés à l'eau ; on s'en sert aussi pour graisser les voitures. On la mélange avec des sables et des calcaires réduits en poudre pour faire des tuyaux de conduite, des dalles, pour enduire des toiles qui servent de toiture ; aujourd'hui on fabrique en grande quantité, à Saint-lJonis près de Paris, des cartons bituminés recouverts de sable qui servent à confectionner des toituies légères et d'une durée suffisante. La malthe entre aussi dans la plupart des vernis noirs dont on recouvre le fer. Mélangée au sable, elle forme uu produit très dur qu'on emploie pour recouvrir les terrasses, pour le dallage des ponts (pont des Arts), des trottoirs. A 1 Paris, en bon nombre d'endroits, la chaussée même est recouverte de bitume ou asphalte. Pour cet usage on emploie beaucoup un calcaire gris noirâtre : c'est une roche dure ne noircissant pas les doigts, et qui contient S à 12 p. 100 de bitume; on la pulvérise, et on la chauffe ensuite dans des cylindres rotateurs où elle se transforme en une pâte granuleuse à 120°. On la prépare en pain, et, quand on veut l'appliquer, il suffit de la ramollir sur les lieux mêmes en la chauffant dans des fours-voitures spéciaux: puis on l'élend sur le sable delà
chaussée sur une épaisseur de 4 centimètres et demi. Ce système résiste plusieurs années, même dans les endroits de la capitale les plus fréquentés par les voitures. Pour les trottoirs, on emploie la mémo pâle naturelle, mais en la fondant dans du bitume et en la mélangeant à peu près avec son poids de sable. Les roches bitumineuses employées à Paris proviennent principalement de Raguse, de r.\bruzze citérieure i Italie), do Maestu (Espagne), de Brazza (Autriche!, et de Fumades (Gard). [Alfred Jacquemart.]
BRÉ.SIL. —Histoire générale, XXXVI. — I. Le Brésil sauvage. — L'histoire du Brésil avant le xvi« siècle de notre ère est absolument inconnue, quoi qu'on en ait dit dans ces derniers temps. La prétendue colonisation de ce pays par la race fabuleuse des Atlantes, neuf mille ans avant Jésus- Christ, ou à des époques moins reculées par les Phéniciens, les Égyptiens, les Carions, est une hypothèse plus que téméraire. Il en est de même des découvertes de saint Brandan, qui, d'après certains auteurs, l'aurait exploré au vi" siècle. Ce qu'il y a de certain, c'est que le Brésil ne porte nulles traces d'une civilisation antérieure aux grands voyages modernes des Portugais et des Espagnols. La population primitive de cette contrée, originaire peut-être de l'Asie, avait atteint dans son développement intellectuel ce qu'on appelle Vùijn de pierre lorsqu'elle pénétra dans le bassin de l'Amazone. Mais elle ne l'avait pas dépassé lorsque les Européens y arrivèrent pour la première fois. Cette population, que l'on retrouve encore sans altération dans les parties les plus reculées du pays, parait être le résultat du croisement de deux races distinctes : l'une rouge et massive, réfractaire aux idées générales et à la poésie, mais apte aux arts mécaniques; l'autre plus claire, plus fine, plus intelligente. L'union de ces deux groupes forma la grande nation des Tupis, qui, bien que subdivisée de bonne Heure en un très grand nombre de tribus indépendantes (Tupinambas, Tupiniquins, Tamoyos, Botocudos, etc., etc.), n'en conservait pas moins dans les mœurs et surtout dans la lingua gérai ou langue générale, à peu près comprise partout, une marque de son homogénéité primitive. Au commencement du xvi" siècle, les Tupis ne connaissaient pas encore l'usage des métaux. Leurs outils et leurs armes étaient de pierre, d'os ou de bois. Leur seule industrie consistait dans la fabrication d'une poterie très grossière. Ils ne cultivaient guère que le manioc, dont la racine râpée formait et forme encore leur principale nourriture ; ils fabriquaient aussi avec cotte plante des liqueurs fermentées. Le poisson et la viande boucanés contribuaient également à leur alimentation. Le sel leur était inconnu. Ils habitaient sur le bord des rivières des huttes informes, oùilscouchaient dans des hamacs. Ils allaient généralement nus, le corps bizarrement tatoué, parfois ornés de colliers et d'anneaux faits de graines ou de dents ; de hideuses botoques alourdissaient souvent leur lèvre inférieure. Leurs fêtes étaient ordinairement accompagnées de danses monotones et de longues et dégoûtantes orgies. Chez les Tupis, l'homme épousait (et presque toujours sans la moindre cérémonie) autant de femmes qu'il en pouvait nourrir. La compagne infidèle était briilée ou chassée. Tous les travaux pénibles, dans la vie commune, incombaient à la mère de famille. Les enfants, élevés sans soin, étaient abandonnés à eux-mêmes dès qu'ils étaient adultes. Parfois, pour les préserver d'une sépulture indigne ou de trop longues soufl'rances, des mères mangeaient leurs enfants malades, des fils leurs pères infirmes. Chaque village avait un chef, obéi seulement à la guerre. La justice n'était autre chose que la vengeance personnelle. Les revendications entre
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tribus u'avaiciil pns de tcnmc ; raiitliropopliagio était cliez ces sauvages la forme la plus solennelle do la vengeance. Ils admiraient, comme leurs légendes, le prouvent, la ruse et la finesse, beaucoup plus que le courage et la loyauté. Leurs dieux n'étaient que des puissances malfaisantes qu'ils s'etforçaient de conjurer, comme Tupana (le tonnerre), Jurupnri (le cauchemar) ou tout au moins des forces chargées de protéger la nature contre riiommo, comme Guaracy (le soleil), mère des animaux, Jacy (la lune), mère des végétaux, Curupira, dieu des oiseaux, i?«rf", dieu de l'amour, etc. Ils les invoquaient quelquefois directement, en les priant ou en agitant suivant certains rites des grelots nommés iammarukas. Mais le plus souvent ils avaient recours, pour obtenir les faveurs divines, aux piayes, prêtres sorciers et médecins, dont les jongleries, chèrement payées, inspiraient à la fois respect et terreur. Ils n'avaient enfin qu'une idée très confuse de l'imrnortalité de l'àme, bien qu'ils eussent soin de déposer auprès des morts, en les ensevelissant, des armes et des aliments. C'était en somme une race que la désunion, la mollesse, la misère, l'ignorance et la timidité rendaient incapable de résister aux Européens.
II. Le Brésil découvert et conquis. — Il est possible que le Français Jean Cousin ait abordé au Brésil en 148S. Mais le fait n'est pas prouvé. L'histoire ne peut jusqu'à, présent attribuer avec certitude la découverte de ce pays qu'à l'Espagnol Yafiez Pinson qui, le premier, en 1499 etlâiiO, vit les caps Saint-Augustin et Rostro-Hermoso. Son compatriote Diego de Lepe le suivit de près dans les mêmes parages. Le Portugais Cabrai ne toucha que par hasard, en 1501, aux rivages dePorto-Seguro. Mais la cour de Lisbonne, mise on goîit do conquêtes, envoya aussitùt, et coup sur coup, Nuno Manocl, Amerigo Vespucci, Gonzalo Coelho, qui, de 1.'jOI à 1500, relevèrent tout le littoral qui s'étend de Baliia au Rio de la Plata. A la même époque, les Français Paulmier de Gonneville(I50'î- K05), Jean Denis (1504j, etc., parcouraient cette région et entamaient avec les indigènes des relations très cordiales qui, entretenues après eux par les négociants de Dieppe, Honfleur, Saint-Malo (les Ango et d'autres), eussent peut-être procuré h la France l'empire du Brésil, si François l" n'eiit à diverses reprises (1518, 1525, 1532, 153S) retiié tout appui à nos marins pour complaire au Portugal, dont il recherchait rallianco contre l'Espagne. Cette dernière puissance, avec les Solis (1508-151(0. les AleixoGarcia (1524-25), les Loaysa (1525), les Cabote et les Diego Garcia (1526-1527) dans le bassin de la Plata, les Orellana dans le bassin de l'Amazone (1541), côtoya quelque temps le Brésil propremi-nt dit. Mais elle s'en éloigna bientôt pour se porter vers les Andes et vers le Pérou. Les Portugais, mis en possession du pays par une bulle du pape (1524), multiplièrent leurs expéditions. Les villes deBahia, Saint-Paul, Pertiamîjouc furent fondées; des nègres furent amenés d'Afrique et employés aux premières plantations et aux premières sucreries. En 1531, la colonie fut partagée en 15 capitaine) ies générales, espèces de fiefs héréditaires dont la propriété fut concédée à quelques grands seigneurs. Mais elle ne lit que languir sous un pareil régime, et, à partir de I54S, le gouvernement lusitanien racheta ces concessions, reprit le droit de nommer les capitainesgénéraux et institua le gouvernement général de Bahia. Sous les Souza (1549) et les Mem-de-Si (1557), malgré la résistance opposée au gouvernement central 'par les Jésuites et par les Paulistes (ou colons de Saint-Paul), la domination portugaise en Amérique commença k prendre de la consistance. Mais un siècle devait encore s'écouler avant qu'elle fût établie sans conteste au Bré-
sil. Les Franç.iis, découragés par François I". revinrent à la charge, appuyés par Hejiri 11. Le chevalier de Villegagnon, envoyé par l'amiral do Coligny, conduisit dans la baie de Rio-de-Janeiro (1555) une colonie composée en grande partie de calvinistes. Mais il se fit haïr de ses soldats comme des indigènes et quitta son établissement dès 1658. Ses successeurs, secondés par les sauvages Tamiiyos, inais abandonnés par la mère-patrie, que déchiraient alors les guerres de religion, luttèrent péniblement contre Mem-de-Sàjusqu'en 150G et finirent par succomber. La colonisation portugaise n'en devint pas beaucoup plus facile. Los Français reparurent sur divers points, au cap Frio, au Parahyba, etc. Le Dieppois Riffault tenta un établissement à Maranhara en 1594. Le Poitevin La Bavardière, qui y descendit aussi en 1G04, fît approuver par Henri IV en 1G05 le projet de créer dans ces parages une France érjuinoxiale. Mais sa grande expédition n'eut lieu qu'en IG12. Malgré ses brillants succès et la fondation de Saint-Louisde-Maranham, Marie de Médicis ne le soutint pas. Les Français furent expulsés (IG15-1(>16); et s'ils revinrent plus tard dans l'Amérique du Sud, ce ne fut que pour s'établir en Guyane (1642) et rançonner en passant la ville de Rio-de-Janeiro (1711). — D'autre part, le roi d'Espagne Philippe II s'étant emparé du Portugal en 1582, les ennemis de l'Espagne en avaient pris prétexte pour attaquer les colonies portugaises. Les Anglais Witingtoti (158G), Cavendish (I;i91), Lancaster (1590) inquiétèrent quelque temps les côtes du Brésil. Mais ce pays fut menacé surtout, au xvii' siècle, par les Hollandais, Dès 1 G24, les Etats-Généraux de la Haye concédèrent ;\ une compagnie des Indes occidentales la conquête et l'exploitation de cette grande contrée. Bahia, pris en 1625, fut enlevé peu après aux troupes batavcs. Mais en IGiO les Hollandais s'emparèrent do Pernambouc, et, faisant de cette ville leur base d'opérations, étendirent rapidement leurs conquêtes dans l'intérieur. Maurice de Nassau, gouverneur général (1637-1644), établit dans les nouvelles possessions néerlandaises un ordre admirable. Mais, après son départ, le Portugal, qui venait (1040) de s'afl'ranchir de la domination espagnole, regagna du terrain. Les colons brésiliens commandés par Vieira, soutenus par les nègres esclaves (Henriquez Diaz) et par une partie des indigènes (Camaram), fortifiés en outre par la haine qui armait à cette époque le catholicisme contre la Réforme, se soulevèrent et luttèrent avec tant d'énergie que les Hollandais, battus deux fois à Guararapès (1647 et I64!i), demandèrent à traiter. La guerre languit ; et finalcmcnt(l601) le Portugal deineura maître du Brésil, qu'aucune puissance européenne ne devait plus lui disputer. III. Le Brésil portugais. — La cour de Lisbonne s'enhardit même jusqu'à vouloir étendre un empire déjà trop vaste, eti disputant à la France la Guyane et à I Espagne la rive gauche du Rio de la Plata. Louis XIV, après de longs démêlés sur la limite de l'Oyapock (IG85-170O), finit par laisser en suspens une querelle qui, reprise depuis par Napoléon, n'a jamais été terminée. Quant à, l'Espagne, après avoir longtemps lutté pour écarter les Portugais de la Plata et de l'Uruguay (l(i79-l 750), elle dut, au milieu du xviii» siècle, céder une partie des territoires contestés. Il est vrai que les Jésuites, qui s'y étaient établis, les défendirent vigoureusement, avec l'aide des Indiens disciplinés par eux (1750-1756). Pombal n'eut raison do cet ordre puissant qu'en le supprimant (1759). Pendant toutes ces guerres, la colonisation faisait de grands progrès dans l'intérieur du Brésil. Des bandes de Paulistes, courant à la chasse des Indiens, pénétraient jusque dans les pays vierges de Goyazet Matto-Grosso. LesTexeiraet les Costa- Favellu remontaient l'Aniazone, le fer et le feti
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h la main (1C37-IGG8). Le Brésil septentrional était raitaclié au gouvernement général de Maranliam (ICôl). Les gisements d'or et de diamants découverts, à la fin du xvii° siècle, sur les plateaux qui dominent le bassin du San-Francisco, donnaient naissance en 1711 i la ville d'Ouro-Preto. La province de Minas-Geraes devenait en peu d'années la plus riche du Brésil. L'exploitation des mines prenait aussi beaucoup d'importance dans les provinces, nouvellement organisées, de Matto-Grosso (1726) et de Goyaz (173U). Enfin la colonie était érigée en vice-royauté (17C3), avec Rio-do-Janeiro pour capitale. Cotte ville, admirablement située, prenait en peu d'années un énorme développement. Pombal s'efforçait d'établir dans l'administration du Brésil un ordre rigoureux, introduisait en ce pays la culture du café (I7G31, favorisait etétcmlait celle delà canne à sucre, du coton, du tabac. Malheureusement ce ministre perdit bientôt lo pouvoir. Il faut ajouter qu'en somme, du xvi" au xix' siècle, le gouvernement portugais fut loin de prendre les dispositions les plus avantageuses pour sa colonie. Rien de plus vexatoire et de moins raisonnable que le régime qu'il faisait encore subir il y a quatre-vingts ans à ce grand pays. Le Brésil était divisé en dix-sept capitaineries générales, dont les chefs, nommés seulement pour quatre ans, ne venaient dans le pays que pour le piller, exerçaient une autorité à peu près illimitée, et ne réalisaient presque jamais la moindre amélioration. Sous leurs ordres, les capitnes-môres étaient autant de tyrans locaux, contre lesquels presque aucun recours n'était possible. Le clergé, fort puissant, avait une influence déplorable. Les moines ne songeaient qu'à enrichir leurs établissements et réduisaient les Indiens en servitude. Les curés, ignorants et avides, trafiquaient honteusement de la religion et ne faisaient rien pour moraliser les populations. Les tribunaux ecclésiastiques, souverains en matière de mariage, ruinaient les justiciables. La justice civile, presque inaccessible en appel {Supplicaçâo de Lisbonne, Helaçùes de Rio et de Uahia), était rendue par les Ouvidores et, en première instance, par les Jitizes oi-'Jinarios ou de fora, fonctionnaires besogneux, passionnés ou peu instruits, qui rendaient les procès interminables. La plupart des héritages restaient en grande partie entre les mains du fisc. Les impôts (dîmes, douanes, quint de l'or extrait des mines) étaient sans cesse et arbitrairement augmentés. Le gouvernement monopolisait à son profit les diamants et divers produits du pays. L'armée n'était qu'un ramassis de pauvres gens généralement enrôlés par force, exclusivement commandés par des officiers nobles, oisifs et sans instruction. Les libertés publiques n'existaient pas. Les Cuirai as, ou conseils municipaux des grandes villes, se recrutaient parmi les grands propriétaires, dépendaient de l'administration et u'avaientqu'nne compétence insignifiatite.
La masse de la population était misérable. L'Inquisition étendait partout la terreur. Les Indiens non sauvages étaient parqués dans les aidées comme des troupeaux; les nègres étaient vendus et traités en bètes de somme. L'immigration et l'émigration étaient soumises à des formalités qui les rendaient presque impossibles. Le passage libre d'une capitainerie-générale à une autre était lui-même interdit. L'extraction du fer n'était pas permise ; il en était de même de la culture de la vigne, du cliâtaignier. Les bois étaient monopolisés par l'Etat, ou gaspillés. Point do commerce, si ce n'est avec la métropole. Point d'industrie : le Portugal accaparait les produits bruts du Brésil et se chargeait de les lui rendre manufacturés. Les arts étaient généralement, proscrits. Point de journaux, point d'imprimeries. L'enseignement
supérieur n'existait pas ; les enseignements secondaire et primaire étaient à peu près nuls. Les fils des lazeiidciros ou propriétaires étaient obligés d'aller étudier en Portugal, i Coimbre, sous la surveillance de l'Inquisition. On comprend qu'un pareil régime devait exaspérer à la longue un peuple qui, à la fin du xviii' siècle, comptait déjà plusieurs millions d'individus, et qui se sentait lort et vivace, parce qu'il était le résultat du croisement de plusieurs races puissantes, Les aspirations nationales se manifestaient déjà à cette époiiue par l'histoire, par la poésie (Santa-Rita- Durâo, Basilio da Gama, Alvarenga Peixoto, etc.). La conspiration de Tiradentos (en 178!)) en était aussi nn indice menaçant pour le Portugal. Excité pai- l'exemple des Etats-Unis et de la France, le Brésil n'attendait qu'une occasion favorable pour s'atïrancliir. Les révolutions européennes du commencement du xi.\« siècle ne tardèrent pas à la lui fournir.
IV. Le Brésil indépendant. — Chassée du Portugal par les Français à la fin de 1807, la cour de Lisbonne dut se réfugier au Brésil. Réduite à la possession de ce pays, il lui fallut bien l'ouvrir au commerce extérieur et lui accorder quelques libertés. Erigée en royaume (ISIS), la colonie vit sa population s'accroître rapidement, sa richesse augmetiter, son territoire même s'étendre par suite de la conquête de la Banda Orientai. (1817- IS20). Le roi Jean IV semblait s'y être fixé pour toujours, bien que tous ses Etats lui eussent été restitués et que son emiemi Napoléon fût renversé. Mais le Portugal s'étant soulevé en 18J0 contre le pouvoir absolu, ce prince, après de longues hésitations, partit pour Lisbonne (avril IS'.'l), laissant à Rio son fils aîné D. Pedro pour gouverner l'Amérique lusitanienne. Bientôt, la nation brésilienjie, exaspérée contre les Certes portugaises, qui refusaient de reconnaître ses droits, ma nifesta hautement son désir de se constituer en Etat autonome. D. Pedro, proclamé défenseur perpétuel du pays (mai 1822), céda au vœu général, et au cri de : Independencia on morte, fut salué empereur du Brésil (.septembre-octobre 1S22). Les provinces du Nord, qui ne voulaient pas dépendre de Rio et qui tenaient en partie pour la République, résistèrent quelque temps à son autorité naissante. L'amiral anglais Cochrane l'aida à les soumettre (1823-I82Ô). Le Portugal, après de vains efforts pour rétablir son autorité sur ses anciens colons, finit par reconnaître le nouvel empire (1825). Le gouvernement parlementaire fut établi au Brésil par la constitution de 1824. Mais D. Pedro ne tarda pas à perdre sa popularité. Une guerre malheureuse contre la banda Oriental, qui s'était insurgée et qui finit par demeurer libre sous le nom d'Uruguay (182G-1H2S), des prodigalités, des procédés et des allures inconstitutionnels, et enfin la prédilection que l'empereur manifestait pour le Portugal et les Portugais, lo rendirent odieux et amenèrent des troubles à la suite desquels il abdiqua et quitta le pays (avril 1831). La minorité de son fils D. Pedro II ne fut, de 1831 à 1840, qu'une longue anarchie. Le parti fédéraliste, après avoir renversé Andrada, tuteur du jeune prince (déc. 1833), attribua, par VActe additionnel à la constitution de 1834, des droits très étendus aux assemblées représentatives de chaque province. Cette conquête ne fut pas jugée partout suffisante. Beaucoup do villes se soulevèrent, et la province de Rio-Grande-do-Sul s'érigea même en république indépendante (1S35). Proclamé majeur (1840), D. Pedro II eut encore à comprimer les insurrections fédéralistes de Saint- Paul et de Minas-Geraes (1842). Il y réussit et finit même par obtenir la soumission du Rio- Grande (184.'>), que Garibaldi avait quolciue temps défendu. A partir de cotte époque, la paix inté-
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I rieure du Brosil ne futplus séi-if'uscmont ti-oublce. t Mais l'empire eut ^ protéger l'Uruguay contre la » République argentine, que gouvernait alors le ' dictateur Uosas. Ce dernier fut battu et renverse ;' (1853), et, après de longues luttes, le Brésil finit par exercer k Montevideo une inlluence prépon- "Sérante (1864). Attaqué par Lopez, dictateur du l Paraguay, il dut s'unir contre lui non seulement avec l'Uruguay, mais avec la Uopublique argen- !■ tino (18G5). Le Paraguay, après une résistance mémorable (l«05-IS70), fut contraint de subir les conditions militaires et commerciales de ses vainqueurs. Depuis ce moment, le Brésil, sous le gouvernement actif et libéral de D. Pedro II, n'a fait que prospérer. Ce prince, qui avait supprimé la traite en lS5U,a obtenu des Chambres, non sans peine, l'abolition progressive de l'esclavage des nègres (1871). Le commerce, favorisé p:ir l'ouverture des voies fluviales intérieures à ton;es les nations, l'a été aussi par la construction de noni-
breiises routes et d'un réseau ferré qui prend cliaquo jour plus d'extension. L'agriculture, l'industrie, l'instruction publique ont reçu de puissants encouragements. Des voyages célèbres (notamment ceux de Neuwied, de Castelnau, de Cliandlers, de Crevaux), ont fait connaître et apprécii'.r les ressources d'uno grande partie du pays, ignorées avant le xix* siècle. Sans doute, des portions considérables du Brésil restent encore inconnues; la catéchèse des Indiens n'a pas fait beaucoup de progrès ; l'immigration européenne n'est pas assez active. Mais il ne faut pas oublier que le Brésil n'est indépendant que depuis un peu plus d'un demi-siècle. Dans ce court espace do temps, il a plus que doublé sa population, il a décuplé ses ressources et ses moyens d'action. Il est devenu le premier dos Etats de second ordre, et il -s'élèvera peut-être bientôt au rang des grandes puissances. [A. ijebidour.]
ÈRE REPUBLICAINE. — Connaissances usuelles, VIII. — Comme il a été dit aux articles Calendrier, Ere, et Mnis, la Convention nationale avait, par son décret du 5 octobre 1793, créé un calendrier qui non seulement introduisaitune nouvelle division de l'année, mais remplaçait l'ère chrétienne par une ère républicaine commençant Ie22 septembre n9'2. L'ère républicaine dura quatorze ans, et ne fut abolie qu'à la fin de iSO.S par un décret impérial. Pendant ces douze ans tous les actes officiels, ainsi que tous les événements de l'histoire de France, sont datés
conformément au calendrier républicain. Il est assez difficile d'établir à première vue la concordance exacte entre les dates de 'mois et de qtiantièmes du calendrier grégorien et celles du calendrier républicain ; aussi avons-nous pensé qu'il pouvait être utile d'offrir à. nos lecteurs le tableau de concordance ci-joint, qui permet de déterminer instantanément, au moyen d'un calcul très facile, à quel jour du calendrier grégorien correspoud une date quelconque de l'ère républicaine. (Voyez le tableau à la page suivante).
n.VCES HUMAINES. — Histoire générale, I. — On a pendant longtemps divisé l'humanité en quatre races ([Ue l'on supposait séparées par des caractères nettement tranchés, et qui étaient: la race blanche ou caucasique, \ainôlre; la race Jaune ou mongotic/iie, dont les Chinois représentent le type ; la race rouge ou américaine ; et la race noire ou éthiupique. La race blanche était considérée comme dominant en Europe, la race jaune en Asie, la race rouge en Amérique, la race noire en Afrique, l'Océanie participant à. la fois de r.\sie et de r.\frique. Ce système, auquel sa simplicité a longtemps valu une grande faveur, ne donne malheureusement qu'une idée fort incomplète de l'extrême variété de l'espèce humaine. Quand on tient compte de caractères autres que la couleur, lorsqu'on fait intervenir pour la détermination des races liumaines, outre les caractères anatomiques, les caractères tirés du langage, des traditions, des moeurs, des croyances.on rocoimaît que les hommes ne sauraient être rattachés à un aussi petit nombre de types. Mais de très grandes difficultés se présentent lorsqu'il s'agit de déterminer quels sont les types primitifs, les races fondamentales dans lesquelles l'humanité se décompose. En effet, l'étude des caractères actuels des dilTérenls peuples ne saurait le plus souvent être prise qu'avec les plus grandes précautions comme base d'une division en races. Si nous considérons les nations européennes, nous savons de la manière la plus positive, par leur histoire, qu'elles résultent du mélange de nations
antérieures qui se sont ordinairement disputé diverses reprises le territoire qu'elles occupaient et ont fini par se fusionner d'une façon plus ou moins complète : elles constituent par conséquent des types mixtes, parfois profondément modifiés et chez qui l'on trouve combinés de toutes les façons possibles les caractères des peuples à qui elles doivent leur origine ? Mais ces peuples eux-mêmes quels étaient-ils ? D'où venaient-ils ? Alors môme qu'on aurait pu les déterminer exactement, la question d'origine, résolue pour leurs descendants, se pose pour eux, et l'anthropologiste qui cherche à résoudre le problème se trouve rapidement conduit en face d'un problème autrement redoutable, le problème de l'origine même de l'espèce humaine. Laissant de côté la question de la parenté de l'homme et des animaux, il est évident que ce problème ne comporte que deux solutions : ou bien l'homme ne s'est montré d'abord ([u'en un seul point du globe d'où il a rayonné ensuite sur toute la terre ■. ou bien des hommes ont apparu indépendamment les uns des autres en dilférentes régions du monde qu'ils ont peuplées d'abord avant d'arriver en contact et de se livrer bataille. Ces deux théories, dites du monogmisme et dapotygénisme, ont compté et comptent encore chacune d'illustres partisans ; rien ne permet de décider entre elles d'une façon absolument positive ; d'ailleurs, s'il n'est pas indifférent au point de vue philosophique que l'homme soit parti d'un seul centre ou de plusieurs, la chose au point do vue du na-
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