INFLORESCENCE
sont la sphèro où semblaient enfermées à jamais nos destinées... C'est beaucoup de préserver le peuple des intempéries et de la malpropreté, qui attiraient sur nos ancêtres les fléau.x meurtriers des épidémies; » mais c est davantage de « donner aux populations l'activité du corps et de l'esprit, qui agrandit leurs facultés et les rend capables d'accomplir la mission départie à l'homme sur la terre, celle de gagner sa vie par son labeur... De tous les phénomènes, le plus important pour le moraliste et le philosophe c'est le perfectionnement de l'entendement humain par la diffusion des connaissances utiles. L'industrie moderne a fait naître par les inspirations de ses nécessités plus do dessinateurs, de calculateurs, de mécaniciens, de chimistes, que tous les enseignements n'en avaient pu produire pendant des siècles. Elle a infusé dans des populations nombreuses des habitudes d'ordre, de devoir, de réflexion, de recherche, etc.. Enfin, et pour terminer cette longue et incomplète nomenclature, c'est à l'industrie que le monde moderne doit les notions », très insuffisantes assurément, «d'économie politique qu'il possède. »
Où s'arrêtera ce mouvement? Il serait téméraire de le dire. Le passé, quel qu'il soit, ne donne qu'imparfaitement la mesure do l'avenir. Mais il est, dès maintenant, parmi les conditions du développement industriel et scientifique dont nous sommes témoins, des conséquences qui s'imposent, comme s'est imposée la liberté intérieure, et qui avant peu se réaliseront. Au premier rang est la nécessité, pour tous les peuples, d'étendre leur sphère d'action et de devenir, de plus en plus, par leurs achats et par leurs ventes, les fournisseurs et les clients les uns des autres. L'industrie, le commerce, l'agriculture elle-même, à mesure qu'ils augmentent la puissance de leurs moyens, sont forcés d'augmenter leurs ressources, et de franchir les limites, non seulement de leur territoire propre, mais des continents. Le travail, quoiqu'il en ait, devient international. La fraternité, avant de passer dans les esprits, est déjà dans les faits. Aucun peuple, fùi-il le plus riclie et le plus sobre du monde, ne peut plus se suffire : il est, i toute heure, et sous mille formes, en relations avec les autres; et si, par son fait ou sans son fait, ces relations, comme pendant la guerre de Crimée ou la guerre de la sécession américaine, se trouvent interrompues, il souffre dans sa nourriture, dans son vêtement, dans son travail, aujourd'hui en proie à la disette du blé et demain à la famine du coton, .\insi le veut la solidarité croissante du genre humain, et c'est l'intérêt, c'est l'industrie qui, ici encore, au nom du progrès matériel, commando le progrès moral. C'est elle qui, après avoir rapproché les villages, puis les provinces, et créé les peuples, rapproche les peuples euxmêmes et peu k peu les pousse vers cette société du genre humain que nommait déjà Cicéron, societas f^eneris humani.
L'industrie, on le voit, n'est donc autre chose que l'exploitation, d'abord grossière, puis moins imparfaite, puis savante et puissante du globe par le travail. Elle est l'ascension graduelle de l'iiomme non seulement vers le bien-être, mais vers la liberté, vers l'égalité, vers la justice, vers la paix, grâce à l'expérifnce qui éclaire et à la science qui découvre. OEuvre, non de la main, mais de l'esprit, elle agit sur la matière sans doute, mais pour la dompter et pour s'élever audessus d'elle. Et c'est pourquoi il ne faut pas maudire en elle, a bien dit AL de Fontenay, n le progrès matériel ; » il faut saluer et bénir « le signe matériel du progrès, " lequel est moral. « Nous avons des corps, avait déjà dit Franklin, mais nous sommes des esprits. »
[Frédéric Passy, do l'Institut.]
INDUSTRIES CLASSÉES. — V. Salubrité publique.
I.NFLOnESCENCE. — Botanique, IX. — Le terme A' inflorescence s'emploie dans deux acceptions : il signifie tantôt l'arrangement des fleurs sur la plante, tantôt un ensemble de fleurs non séparées les unes des autres par des feuilles bien développées.
Dans une inflorescence, on appelle pédoncules on pédicelles les axes qui supportent les Heurs, et bractées les feuilles à l'aisselle desquelles naissent les pédoncules; ces bractées manquent dans quelques inflorescences, par exemple dans celles des crucifères. Les bractées varient dans leur forme ; elles sont généralement petites (oseille), membraneuses, vertes, ou diversement colorées.
On nomme axe primaire de l'inflorescence le pédoncule commun d'où naissent tous les autres ; ces derniers prennent les noms à'tixes secondaires, axes tertiaires suivant leur ordre d'apparition.
L'inflorescence est dite définie lorsque son axe primaire et tous ceux auxquels il donne naissance se terminent par une fleur (mouron des oiseaux, ancolie, etc.).
L'inflorescence est indéfinie lorsque l'axe primaire, au lieu de se terminer par une fleur, s'allonge indéfiniment et que les fleurs sont portées sur les branches secondaires nées à l'aisselle des feuilles de l'axe primaire.
Les fleurs sont so/itaires, quel que soit le mode d'inflorescence, lorsque chaque pédoncule est simple, qu'il naît immédiatement de la tige, et se montre isolé des autres par des feuilles peu déformées.
Les fleurs réunies en groupe sont tantôt pourvues de bractées et tantôt nues.
Inflorescences indéfinies. — Les inflorescences indéfinies sont : la grappe, le corymbe, Vombelle, l'épi et le capitule.
La grappe est une inflorescence dont les axes secondaires, à peu près égaux, naissent le long de l'axe primaire. La grappe simple est celle dont les pédicelles naissent immédiatement de l'axe primaire et se terminent par une fleur ^réséda, groseille). La grappe composée oupa'iicule est une inflorescence composée dans laquelle les axes secondaires nés de l'axe primaire se ramifient en axes tertiaires (yucca). Le particule se nomme thijrse quand les pédicelles du milieu sont plus longs que ceux des extrémités, et que l'ensemble de l'inflorescence présente une forme ovoïde.
Le corymbe est une inflorescence voisine de la grappe, danslaquelle les pédicelles inférieurs, beaucoup plus longs que les supérieurs, mettent les fleurs sur un même plan, formant ainsi une sorte ' do parasol à rayons inégaux.
h'ombelle est une inflorescence que l'on peut comparer à une grappe dont l'axe primaire e.xtrêmement raccourci est réduit à une surface étroite, et dont les-axes secondaires, égaux entre eux, partent tous d'un même point. L'ombelle est simple quand les axes secondaires se terminent chacun par une fleur. L'ombelle est composée quand les axes secondaires émettent chacun des axes tertiaires disposés eux-mêmes en ombelles simples que l'on nomme oméeWw/es (carotte). Les bractées des ombelles, ramenées sur un même plan, puisque tous les axes secondaires partent d'un même point, forment un verticelle que l'on appelle invnlucre pour l'ombelle tout entière, et invotucetle i|uand il embrasse la base des rayons de chaque ombellule.
L'e'/yi est une grappe dont les axes secondaires sont nuls, de telle sorte que les fleurs sont sessiles sur l'axe primaire (plantain), h'épi est dit composé lorsque les axes secondaires de l'inflorescence, au lieu de fleurir, produisent chacun un petit épi distique nommé épillet ,(blé). L'épi prend le nom de chaton lorsque ses fleurs sont incomplètes