INFLORESCENCE
INONDATIONS
(cliôiio). Lo cliaton lui-mftme est désigne') sous le nom de cône ou slmbilc lorsque ses écailles sont grand(3S et épaisses (pin) ; il est désigné sous le nom de spadice lorsque dans sa ji'unesse le chaton est enveloppé par une grande bractée nommée spnthe (arum pied de veau), ho spudice ruineux des palmiers a reçu le nom de régime.
Le capitule est une inflorescence dans laquelle les fleurs sont agglomérées en tôte sur un réceptacle commun ; c'est un épi aplati dont l'axe primaire s'est refoulé sur lui-môrae de haut en bas (composées). Lo capitule, de même que l'ombelle, est ordinairement muni i sa base de bractées dont l'ensemble forme un involucre. Tantôt chaque fleur du capitule est pourvue de sa braciée, réduite à l'état d'écaillé (camomille) ou de simples poils (bleuet). D'autres fois, toute trace de ces bractées intérieures a complètement disparu (pissenlit). C'est au capitule qu'on doit rapporter l'inflorescence du figuier nommée hypanthodie . C'est un réceptacle très déprimé qui porte des fleurs incomplètes, enchâssées dans des enveloppes à bords déchirés. Les fleurs mâles occupent le haut de la tige, et les petites écailles qui ferment son orifice représentent un involucre de bractées qui dans l'état normal ceindraient la base du réceptacle commun, comme cela a lieu dans les capitules ordinaires.
Dans la grappe, l'épi, le corymbe, l'ombelle simple, le capitule, la floraison se fait soit de bas en haut, soit de la circonférence vers le centre de l'inflorescence.
Inflorescences définies. — Los inflorescences définies sont désignées d'une manière générale sous le nom de lymes; les principales sont les cymes bipares et les cymes uiiiparcs.
Cymes bipares. — Pour former une cyme bipare, la tige se termine par une fleur dont le pédoncule porte à sa base deux bractées ; k l'aisselle de chacune de ces dernières naît un axe secondaire terminé lui aussi par une fleur dont le pédoncule porte inférieurement deux autres bractées, dans l'aisselle desquelles naissent deux axes tertiaires terminés chacun par une fleur. 11 y a donc li une série de bifurcations portant cliacune une fleur dans son aisselle. Si, au lieu do bifurcation, en chaque point naissaient trois branches de second ordre, la cyme serait dite tripnre (cerastium).
Cymes unipares. — La cyme imipnre a pour origine une cyme bipare dont une des branches avorte constamment à chaque nouvelle division. On distingue deux sortes de cymes unipares : les cymes unipares scorpioïdes et les cymes unipares hilicoïdes.
La cime unipare scorpioïde est ainsi nommée parce que l'espèce de grappe unilatérale qu'elle constitue, et dans laquelle la formation des fleurs marche de la base au sommet, se contourne en volute. Son rachis résulte de la superposition d'un grand nombre de petits axes nés les uns des autres. Les fleurs, toutes situées d'un môme côté en deux files longitudinales, sont opposées à'tojit autant de bractées situées de l'autre côté du rachis (myosotis) .
La cyme imipnre hélicoide (hémérocalle) ne diffère de la cyme scorpioïde que parce que les fleurs qu'elle porte, et les bractées qui leur sont opposées, s'élèvent le long du rachis suivant une ligne spirale.
On désigne sous le nom de (jloméndes ou cymes contractées des cymes à pédicelles très courts, quelle qu'en soit d'ailleurs la nature spéciale.
Plusieurs auteurs (MM. Duchartre et Decaisne) appellent inflorescences mixtes celles qui participent à la fois des inflorescences définies et des inflorescences indéfinies (labiées, mauve); et l'on désigne sous le nom à' inflorescences épipkylles -celles de certaines plantes dont les fleurs sem-
blent naître sur des feuilles ou sur des bractées. [C-E. Bertrand."!
IISFUSOIUIÎS. — V. Protozoaires.
INONDATIONS. — Météorologie, XIX; Agriculture, IV. — Les inondations sont produites, soit par des pluies prolongées ou extraordinairement abondantes, soit par la fonte rapide des neiges accumulées sur le sol dans les jours antérieurs.
Il est impossible d'établir, par une formule générale, les relations qui existent entre le volume des eaux pluviales qui tombent sur le bassin d'un fleuve et le volume des eaux débitées par le fleuve. Ces dernières sont le résidu de l'évaporation du sol et de la transpiration des plantes, qui changent avec la saison et le climat, avec la nature et l'inclinaison des terrains, avec les cultures de chaque région. L'observation locale pourrait seule renseigner à cet égard, par la mesure du débit de chaque ruisseau, comparée avec la somme des pluies que reçoit son bassin d'alimentation. Cette comparaison, commencée par M. Belgrand pour la Seine et ses affluents, lui a permis de formuler les règles pratiques de l'annonce des crues prochaines aux populations menacées. Ces règles sont appliquées couramment par M. Le Moine, élève et collaborateur de M. îielgrand. Une commission hydfologique fonctionne depuis un grand nombre d'années à, Lyon pour le Rhône et la Saône ; M. Poincarré en a établi une à Bar-le-Duc pour la Meuse. Il est à désirer que de semblables institutions s'étendent à toute la surface de la France.
Les inondations sont rares dans la saison d'été ; celles qui s'y produisent sont dues â de violents orages, à des trombes d'eau, qui peuvent parcourir dos bandes de terrain assez longues, mais généralement étroites. Leur soudaineté produit quelquefois de grands desastres, surtout quand les nuées longeant les flancs d'une grande chaîne de montagnes, leurs eaux se réunissent rapidement dans les thalwegs dos vallées. Le plus généralement ces inondations sont locales et ont peu d'action sur les grands cours d'eau. Dans cette période de l'année, en effet, la végétation dans toute son activité retire du sol de grandes masses d'eau qu'elle verse dans l'atmosplière sous forme de vapeur ; la terre peut donc accepter des pluies copieuses sans en être saturée et sans ruissellements superficiels abondants, surtout quand sa surface est peu inclinée et que le sous-sol est perméable.
Dans la saison froide, au contraire, la végétation est peu active et l'évaporation considérablement réduite. La terre perdant moins d'eau est plus promptement saturée par les pluies dont l'excédant fait gonfler les rivières et les fleuves.
Une différence non moins grande est produite par la nature du sol et du sous-sol.
Il est des terrains perméables par eux-mêmes et qui reposent d'autre part sur des sables, des graviers ou des roches fendillées au travers desquelles l'eau s'infiltre aisément. Ces terrains sont impropres aux prairies sauf dans le voisinage des cours d'eau, à moins que les pluies de la région ne soient fréquentes ou que l'on puisse irriguer en été ; les vallées secondaires y sont ordinairement dépourvues de tout cours di'eau et le ravinement des terres y est exceptionnel.
Il est d'autres terrains, au contraire, qui sont argileux et reposent sur l'argile ou la marne, ou bien qui sont assis sur des roches compactes. Ces terrains sont toujours frais ; les sources y sont nombreuses, et les prairies naturelles faciles à établir.
Les uns et les autres so comportent tout différemment sous l'action des pluies un peu prolongées. Dans les premiers, les eaux du ciel pénétrent profondément dans le sol ; elles échap-
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INONDATIONS
pcnt ainsi, en partie, aux racines dos plantes et se rassemljlent lentement dans les nappes souterraines qui émergent au dehors en sources généralement abondantes et ne subissant dans leur débit que des oscillations graduelles et relativement peu prononcées. Dans les seconds, les eaux du ciel, arrêtées i une faible distance de la surface, restent longtemps disponibles pour la végétation locale ; le surplus suinte du sol en sources nombreuses dont le débit suit de très près la marche des pluies. Dans la saison où ces dernières sont abondantes, et surtout si le terrain présente des décli\ités très accusées, les eaux ruissellent en outre h la surface, et se rendent directement dans les cours d'eau dont le volume augmente avec rapidité et décroît ensuite avec une rapidité presque égale.
Tout cours d'eau dont le bassin est composé en majorité de terrains imperméables, soit par euxmêmes, soit par suite de leur déclivité exagérée, est à régime torrentiel : les crues y sont souvent subites et violentes, mais peu durables. Tout cours d'eau dont l'ensemble du bassin est composé de terrains perméables garde des allures tranquilles. Ses crues sont lentes et aussi ses décrues.
Cette différence de régime se retrouve toujours, que les terrains soient nus ou boisés. Un terrain imperméable, tel que ceux du Morvan, le liuz de la Grenetière, dont le bassin est entièrement boisé, passe par les mêmes alternatives que le Cousin, dont le bassin est aux deux tiers déboisé. D'un débit de 2 "00 mètres cubes par heure en hiver, il peut tomber à sec en été. Les passages du régime d'hiver au régime d'été, et réciproquement, y ont hou en mai et en octobre comme dans les terraius déboisés. Dans les régions de la Champagne pouilleuse, à peu près absolument déboisées, mais à sous-sol très perméable, nous voyons, au contraire, les eaux de l'Ardusson, l'un des principaux affluents de la Seine, ne varier que de 0'°,20 en hauteur dans ses plus fortes crues. En dehors du climat et du mode de répartition des pluies, le régime d'un cours d'eau dépend donc essentiellement du degré de perméabilité et du degré d'inclinaison des diverses parties de son bassin.
Les bassins de la Loire et de l'Allier sont presque entièrement composés, dans leurs parties hautes, de terrains imperméables ; leur lit, presque h sec en été, a besoin d'être endigué, et souvent il déborde en hiver. Dans le bassin de la Seine, au contraire, les terrains perméables sont en majorité ; le régime du fleuve est mixte et ses crues sont complexes. Jusqu'à Montereau, la Seine a des allures tranquilles ; k partir de ce point, l'Yonne lui apporte des eaux torrentielles. Les crues de l'Yonne passent toujours avant les crues de la Haute- Seine qui ne font que soutenir les premières ; mais si plusieurs crues se succèdent de manière, par exemple, qu'une seconde crue de l'Yonne coïncide avec une première de la Haute-Seine, le volume total des eaux charriées par le fleuve peut prendre de grandes proportions. L'annonce des crues de la Seine n'est pas fondée sur le régime des pluies ; il est plus simple de s'appuyer sur les alliires des petites rivières, particulièrement des rivières torrentielles qui résument le mieux les effets de ces pluies sur le sol, et que l'expérience a montré être le plus directement liées aux crues générales qu'il importo de signaler à l'avance.
Le régime de nos cours d'eau n'est pas invariable ; il cliange beaucoup d'une année à l'autre ; et, de plus, il se modilie graduellement avec le temps. L'afi'aiblissement de leur débit a été général en Europe depuis le dernier tiers du siècle dernier, et Berghauss, en partant de cet affaiblissement, prétendait que s'il continuait, il faudrait dès le
bateaux employés sur l'Elbe. On l'attribuait au déboisement; mais il s'est également produit sur le Volga, dont l'immense bassin n'a subi que des déboisements relativement imperceptibles. Il y a là dos oscillations climatcriques à longues périodes qui se sont déjà reproduites plusieurs fois, ei auxquelles se surajoute l'influence du progrès des sociétés humaines. De nos jours encore, on voit, dans des régions depuis longtemps déboisées de la France, des sources anciennes disparaître peu à peu, tandis que les innondations d'hiver persistent et s'aggravent.
Le drainage des terres, le curage des ruisseaux, le dessèchement îles marais, diminuent de plus en plus les eaux dormantes ; les résidus des eaux pluviales s'écoulent plus promptement vers les fleuves dont les crues sont plus rapides et plus hautes, en même temps que les nappes souterraines ont moins de ressources d'approvisionnement. Mais il est une autre cause dont on ne tient pas suffisamment compte on été. Autrefois nos champs ne portaient que de maigres récoltes et les jachères étaient fréquentes. Aujourd'hui une culture plus parfaite a augmenté les rendements ; les plantes fourragères remplacent la jachère, et leurs racines vont profondément puiser l'eau du sol qu'elles rendent i l'atmosphère à l'état de vapeur. Or, si on considère que chaque kilogramme de blé produit enlève à la terre de 1 000 à 1 200 kilog. d'eau, et que le sainfoin, le trèfle, la luzerne, en dépensent deux ou trois fois plus que le blé, on comprendra que plus les rendements s'élèvent, plus la proportion des eaux pluviales consommées par les récoltes augmente, et plus aussi est faible la proportion qui s'en écoule vers les sources. C'est la loi nécessaire du progrès agricole et qui se retourne contre ce progrès même. Le seul moyen d'y pourvoir est d'aménager les eaux d'hiver, toujours surabondantes, rarement utiles et fréquemment désastreuses.
C'est à leur origine même qu'il faut lutter contra les dangers des inondations ; et si nous ne pouvons rien sur les pluies, nous pouvons, du moins, en régulariser les efl'ets.
Dans les pays à pluies fréquentes et généralement modérées, le ravinement des terres est peu à craindre, sauf par le débordement des eaux venues de plus haut. La végétation naturelle y suffît à la défense du sol contre l'exagération des pluies qu'il reçoit. Le reboisement et le déboisement n'y sont qu'une simple question d'exploitation du sol et de rendement maximum. Il n'en est plus ainsi dans les pays à pluies torrentielles et à pentes rapides. Alors même que le sol en serait naturellement perméable, il n'y suffit plus à l'absorption des eaux qu'il reçoit. Une forte partie de ces eaux ruissellent à sa surface ; si cette dernière est nue, les ruisselets forment des ruisseaux dont la rapidité et la puissance d'entraînement augmentent avec leur volume ; ils deviennent bientôt des torrents dont rien ne peut ralentir la vitesse croissante. Les terres sont ravinées et charriées au loin. Leurs parties les plus fines et les plus précieuses sont emportées à la mer où elles sont perdues sans retour; les graviers qui se déposent, d'autant moins loin qu'ils sont plus lourds, encombrent les lits des l'ivières et forcent leurs eaux à se frayer d'autres voies en propageant le fléau et ses ruines. 11 ne s'agit donc plus ici, seulement, d'aménager des eaux nuisibles pour les riverains d'un fleuve, mais de conserver dans la montagne les richesses que le temps y avait accumulées et qui lui appartiennent, tout on les empêchant de devenir une cause de ruine pour les pays situés plus bas.
Là où les longues sécheresses, la déclivité trop prononcée du terrain, les abus de la dépaissance, ont rendu le gazon impuissant à lui seul à défendre
milieu du siècle actuel changer le tonnage des I le sol, le déboisement a été une faute et le reboi-
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INSECTES
scment est devenu une impérieuse nécossitiS. Les crues n'en conserveront pas moins leur caractère torrentiel, mais leurs dévastations seront réprimées. La nioiitagne gardera sa terre et cessera d'oncombrer les lits des torrents; les eaux rencontrant plu< d'obstacles à leur écoulement, auront moins de tendance à se réunir, elles auront moins d'impétuosité dans leur descente; une plus forte proportion pourra rester sur place, dans la terre protégée par sa végétation. Les crues torrentielles en seront donc allongées et réduites dans leur hauteur. En mémo temps les eaux, moins chargées de détritus du sol, rendront possibles les travaux d'aménagement destinés à les répartir sur la saison où elles font défaut.
Mais si le reboisement de certains cantons montagneux est une opération préliminaire indispensable, il faut se garder d'y chercher la solulion complète d'une question encore plus vaste. H l'sl des cantons entièrement boisi'S dont les inondations sont presque aussi redoutables en hiver, et où la sécheresse n'est pas moins nuisible en été. Il faut aménager les eaux d'hiver; rintér:t de l'agri culture, qui est l'intérêt du pays, l'exige impérieusement. Il faut y pourvoir à l'aidé de travaux d'ensemble, mais qui sont variables suivant les conditions spéciales de chaque région et qui appellent le concours simultané de l'ingénieur et du forestier. — V. Irri'iations. [Mari'é-Davy.]
IISSECTES. — Zoologie, XXIIl, XXIV. — Classe de l'embrancliement des Articulés*. Le mot insecle signifie en latin coupé en segments ; il a la même signification que le mot grec enlome, qui est inusité, mais dont on a fait entomolofjie, étude des animaux segmentés. Le nom d'Insectes était donné par Linné à tout l'embranchement des Articulés actuels, animaux dont le corps et les appendices sont formés d'articles plus ou moins nombreux, en série à la suite les uns des autres. On a successivement séparé des Insectes, dans cet embranchement, les classes des Crustacés* et des Arachnides*, enliii celle des Myriapodes*, que Cuvier réunissait encoreaux Insectes.
Caractères généraux. — Les Insectes, tels que les restreignent les auteurs modernes, sont des Articulés dont les anneaux du corps, à l'état parfait ou adulte, capable de reproduire l'espècg, se grou prnt, presque toujours très nettement, autour de trois centres, la tète, le thorax et l'abdomen ; les ganglions de la cliaîne ventrale du système nerveux suivent la même coalescence. Le thorax se divise en trois segments, prothorax, mésothorax, niétathorax, qui portent, à leur arceau ventral, chacun une paire de pattes, de sorte que le second caractère géiiéral des insectes adultes est d'avoir six pattes (Hexapodes de Blainville) ; presque toujours les deux arceaux du dos du mésothorax et du niétathorax portent chacun une paire d'ailes ; il n'y a jamais d'ailes au pruthorax. La tête offre en avant deux antennes, qu'on appelle vulgairement cornes, présentant les loilgueurs et les formes les plus variées, organes certainement de l'odorat et très probablement aussi de l'ouïe (tiges vibrant il l'unisson des sons extérieurs). Au-dessus de la tète sont assez souvent, et surtout chez les insectes industrieux et constructeurs de nids, des yeux simples ou ocelles, ordinairement au nombre do trois, destinés i une vision avec grossissement à très courte distance ; sur les côtés se trouvent deux yeux composés ou à facettes, ne manquant presque jamais, très aisés à voir à la loupe sur une libellule, sur un frelon, sur un faux-bourdon (abeille mâle) ou sur une grosse mouche à viande. Ce sont plusieurs milliers de petits yeux accolés, formant un réseau d'hexagones, chacun avec sa cornée, son cristallin en cône allongé, son fllet nerveux optique ; leur ensemble constitue un appareil sphéroïde ou ovoïde de vision panoramique, en
tous sens, plus développé chez les mâles que chez les femelles, de même que les antennes. En dessous de la tète s'ouvre la bouche, entourée de pièces buccales très diversifiées, servant aux insectes à la préliension de leurs aliments, soit h l'état solide soit h l'état liquide, et qui ont une très grande importance pour la classification des insectes, laquelle est fondée â la fois sur les ailes et sur les appendices qui entourent la bouche.
A l'intérieur, les insectes offrent toujours l'anus à la région opposée à la bouche (caractère de supériorité animale), avec un tube digestif compliqué et plus ou moins flexueux. Un sang incolore circule entre les divers organes internes, qui en sont baignés, sans qu'il y ait de vaisseaux propres ; il reçoit l'impulsion, d'arrière en avant, par une siM'ii' il:' cirurs placés au milieu du dos [unisseau linrsiil . rt ilimt on voit très bien les mouvements ilr Kiiitrartion sur la clieniUe du bombyx du mûrier ou ver à soie. L'air, destiné à l'hématose du sang, pénètre dans toutes les parties du corps des insectes, contenu dans des tubes, ou cylindriques et maintenus béants par l'élasticité d'un fil spirale, ou renflés en ampoules d'autant plus volumineuses que les insectes adultes sont meilleurs voiliers. Ce sont les trachées, qui s'ouvrent sur les côtés du corps par des orifices nommés sliijmates, entourés d'un cercle corné, le péritrème, et si visibles, par une coloration différente^ sur les flancs de beaucoup de chenilles.
L'hématose devient considérable chez les insectes adultes , surtout ceux à vol puissant ; ils sont alors de vrais animaux à sang chaud ou à température constante et dégagent une forte chaleur. On sent entre les doigts la cljaleur du corps des gros sphinx (sphinx du liseron et du troène), papillons dont on ne distingue plus les ailes, tant elles vibrent vite, et qui butinent le soir sur les fleurs des jardins. Ce sont surtout les insectes sociaux et vivant en colonies qui offrent une chaleur accumulée considérable, d'un grand nombre de degrés au-dessus de l'air extérieur, de 8° à 12° pour les nids de bourdons, les fourmilières, les guêpiers, bien plus encore pour les ruches d'abeilles, où règne en hiver la chaleur du printemps au milieu des pelotes d'insectes serrés les uns contre les autres; dans ces ruches, lors de l'essaimage, la température peut monter à plus de <0°, au point de décoller des gâteaux de cire. C'est dans le thorax, portant les muscles des ailes et des pattes, que se localise la chaleur ; lors du vol, chez les bons voiliers, la température du thorax peut être de 4° à 8" supérieure à celle de l'abdomen. Cette dernière région du corps, qui est sans pattes chez les adultes, se termine souvent chez les femelles en une Inrière ou oviscnpte, tuyau soit rigide, soit mou et rétractile, destiné à la ponte dos œufs. Une partie des Hyménoptères offre, chez les femelles, la tarière transformée en un aiguillon acéré, organe défensif du couvain ou réunion des petits.
Malgré leur faible taille, les insectes sont, parmi les Articulés, des animaux supérieurs, car ils en possèdent au plus haut degré les apanages, c'osti-dire le mouvement et la sensibilité. Les sphinx du liseron et du laurier-rose arrivent au vol dit centre de l'Afrique jusqu'en Angleterre; les légions désastreuses des criquets passent au-dessus des navires en plein Atlantique ; diverses mouches suivent les trains de chemin de fer et pénètrent dans les voitures. Certains sens des insectes, l'odorat surtout, ont une perfection incroyable; dès qu'une taupe ou un inulot sont gisants sur le sol, arrive à la ronde la troupe funèbre des nécrophores (Coléoptères) ; les mouches stercoraires et celles des viandes viennent d'une grande distance, attirées par l'odeur et non par la vue, car on peut recouvrir la viande gâtée d'un linge sans mettre fin 4
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leur odieuse poursuite. Il y a des papillons, les Bombyciens, dont les mâles interrogent l'atmosphère avec leurs larges antennes plumeuses et, d'un vol à continuelles saccades, se rendent de riutérieur des bois et des jardins i plusieurs kilomètres auprès des femelles, même dans l'intérieur des villes; ainsi le Bombyx tau, le Bombyx disparate, VOrygie antujue, etc. Les insectes industrieux qui construisent des nids savent, par une paresseuse sagacité, approprier à leur usa^je les vieux nids et crus d'autres espèces, de manière à n'avoir à exécuter qu'un minimum de travail; bien plus, placés par le fait de l'homme dans des conditions insolites, ils exécutent des actes qu'il est impossible d'attribuer à l'instinct seul, de sorte qu'on est obligé d'accorder le raisonnement et des lueurs d'intelligence à ces chétives créatures.
Chez les insectes, les sexes sont toujours séparés, et les femelles pondent des œufs, à part quelques cas exceptionnels (les pucerons, certaines mouches à viande, etc.) où elles mettent au jour des petits vivants. 1! y a des insectes sans inétamorptwses, dans lesquels l'évolution s'est accomplie tout entière il l'intérieur de l'œuf. Dans ces insectes, toujours sans ailes ou nptéres, les petits sortent de l'œuf pareils aux adultes, sauf la taille, ont la même nourriture, sans autre phase que des mues ou changements de peau et l'accroissement général; ainsi les Poux et les Ricins, parasites des mammifères et des oiseaux, et les Thysanoures .lépismes, podures, etc.). D'autres insectes, à métamorphoses incomplètes, n'ont jamais de phase d'inactivité. D'abord la7-ves sans ailes, ils deviennent, après plusieurs mues, nymjjlies, offrant des ailes renfermées dans des fourreaux et impropres à la fonction du vol, puis adultes, aptes à la reproduction , ayant des ailes servant au vol ; dans ces divers états, ces animaux ont la même nourriture, ce qui rend très funestes leurs espèces nuisibles, dont les dégâts ne cessent à aucune phase de l'existence. Tels sont les Perce-oreilles, les Blattes, les Courtilières, les Grillons, les Sauterelles et les Criquets, les Termites, les Libellules, les Punaises des bois et des jardins, les Cigales, les Pucerons, les Cochenilles, etc. Enfin les insectes réputés les plus parfaits passent par trois états bien différents après leur sortie de l'œuf; d'abord larves sans ailes, en particulier clienilles chez les Papillons, sans pattes ou avec des pattes en autre nombre que l'adulte, ils prennent ensuite un état d'immobilité presque complète, sans avoir besoin de nourriture, ayant les organes de l'adulte, en particulier les ailes, envL-loppés sous une peau plus ou moins dure; ce sont les tiym/jhes, chrysalides ou fèves, etpupes. Puis paraissent les adultes, b. ailes bien développées et fonctionnelles, prenant souvent une alimentation tout à fait distincte de celle de leurs larves. Dans ces insectes à métamorphoses complètes se rangent les Coléoptères, les Fourmilions, Chrysopes et Phryganes, les Hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis, ichneumons, cynips, tenthrèdes, etc.), les Lépidoptères ou Papillons, enfin cet ordre immense d'insectes qu'on nomme Diptères, parce qu'ils semblent, au premier aspect, n'avoir que deux ailes (cousins, moustiques , taons, mouches, etc.).
La classification des insectes repose sur l'examen de certains appendices, sur lesquels nous devons donner des notions sommaires. En France, d'après Linné, les noms des ordres sont tirés des ailes (appendices dorsaux, qui sont toujours en réalité au nombre de quatre. Elle sont formées d'une membrane plus ou moins épaissie , tendue par des 7iervurcs qui déterminent un réseau de cellules, d'un grand secours dans la classification de détail, pourvue de poils plus ou moins abondants, parfois élargis en écailles (ailes farineuses des
Papillons). Les pattes (appendices ventraux), aprèç un court article d'attache, la hanche, suivi d'articles plus longs, la cuisse et la jambe, se terminent par le tarse, dont les articulations successives sont d'un continuel secours pour les classificateurs. Le tarse présente, le plus fréquemment, 5 ou 4 articles, 3 plus rarement, 2 et 1 très rarement; le dernier article se termine par un ou deux ongles ou crochets, parfois avec une pelote molle entre eux, servant au tact. Les pièces qui entourent la bouche ont aussi une importance capitale pour subdiviser les insectes. D'abord vient, au-dessus de la bouche, une pièce impaire, le labre ou lèvre supérieure ; puis la Ijouche est entourée de pièces paires, jouant latéralement, c'est-à-dire dans un sens perpendiculaire à celui dos mâchoires de l'homme et des vertébrés. Ce sont les mandibules, élargies en meules pour broyer, ou tranchantes et coupant les aliments comme des cisailles (ces mandibules mordent notre doigt chez le carabe, la sauterelle, la guêpe) ; puis les mâchoire^', h un ou deux lobes, achevant la division des aliments; enfin, au-dessous de la bouche, la lèvre inférieure, à deux pièces plus ou moins soudées sur la ligne médiane. Sur les côtés externes, les mâchoires et la lèvre inférieure portent des palpes articulés, presque toujours grêles, ramenant vers la bouche les parcelles échappées aux pièces buccales, servant surtout d'organes de tact pour apprécier la nature et la consistance des aliments. Telles sont les pièces de la bouche dans les insectes, soit adultes, soit larves, qui sont broyeurs. Quand les aliments, visqueux ou fluides, sont léchés ou sucés par les insectes, ces mêmes pièces se modifient. Certaines disparaissent, d'autres s'allongent, soit en languette molle, que l'insecte applique pour lécher, soit en tube flexible et spirale au repos, lui servant à aspirer les jus sucrés, soit en lancettes perforantes, formant en outre une gaine de succion qu'il enfonce dans les divers organes des plantes ou sous la peau des animaux, dont il aspire le sang pour se nourrir.