I. Ordres broyeurs a l'état d'adulte et de larve
1° Coléoptères, à métamorphoses complètes. — Nous avons consacré à cet ordre un des plus importapts, un article spécial.
2° Orthoptères, à métamorphoses incomplètes. — Tantôt carnassiers, tantôt omnivores, taniôt phytophages (vivant de fruits, de fleurs, de feuilles, de tiges), les Orthoptères sont les gros mangeurs de la création eniomologique ; les moins nombreux des insectes en espèces, ils sont en compensation d'une extrême fécondité, de façon que certaines espèces ont une quantité d'individus excessive.
Deux sous-ordres : 1° Fo;ificuliexs ou Perce- Oreilles. — Ces insectes, toujours de couleurs brunes ou fauves, sont remarquables par la pince courbe qui existe au bout de l'abdomen dans les deux sexes. Cette pince, de faible force pour serrer, rappelle le petit outil dont se servaient autrefois les joailliers pour percer le lobule de l'oreille des enfants. Leurs ailes supérieures sont de courtes élytres ou étuis cornés, ne recouvrant pas l'abdomen, de sorte que les forficules semblent porter une veste. Sous ces ailes de la première paire, si réduites, se trouvent des ailes membraneuses, très amples, plissées en éventail, puis repliées, dont l'insecte se sert très rarement et qu'il étale avec sa pince. Les jardins nourrissent en abondance la Forficule auriculaire, Linn., très nuisible aux fruits et aux fleurs par sa voracité, et dont
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les jeunes larves vivent en société. Elle fuit la lumière ; on on profite pour la recueillir dans des chiffons humides, dos amas de paille, dws pots ii fleurs renverses et pleins de mousse, des sabots de cheval, des cornets de papier, des fouilles de chou plices en quatre, puis on livre les forflcules aux flammes vengeresses.
2° Ohthoptèbes piiOPBKs. — Ce second sous-ordro tire son nom des ailes antérieures ou pseudélytrcs, longues et droites, demi-coriaces, sous
Fig. 1, — Mante religieuse saisissant une mouche,
lesquelles les secondes ailes membraneuses , très larges, sont plissôes en éventail au repos. Cette disposition dos ailes est bien visible sur la grande Sauterelle verte et sur ces Criquets aux ailes bleues ou rouges qui volent en abondance à la fin de l'été sur les coteaux secs. Un premier groupe, celui des mnrchews ou coureurs, a les pattes impropres au saut; ce sont, en outre, des insectes muets. On y range les Blaltes, insectes lucifuges, très plats, bruns ou jaunâtres, à corselet arrondi, cachant la tète. Les femelles traînent leurs œufs dans une capsule qui ressemble à une graine. Les Blattes sont omnivores et deviennent aisément domestiques, dévorant nos jirovisions, nos vêii monts, nos livres.
Nous citerons, parmi les Kakerlacs ou Cancrelats , comme on les nomme aussi, la rjrande lllatle ou lilatte amériraine, d'un roux ferrugineux, infestant les serres, les docks, les vaisseaux, où l'on est forcé d'en- ' fermer en des caisses de fer-blanc soudées h l'étain les
comestibles et mar- ' 't- -~ u^ ijimc
chandises; Xn Blatte
orientale, Linné, ou blatte des cuisines [cafard, tjete noire, ravet), d'un biun noir, ne volant pas par atrophie des ailes, souillant la nuit les aliments dans les cuismes et les armoires, se réfugiant dans les cneminées, sous les marches d'escaliers, dans les gonds des portes, près des machines à vapeur, pour manger les graisses, etc. ; la Mutte rjermanique, plus petite et jaunâtre, vivant libre dans nos bois sous les feuilles sèches et sur les 2« Partie.
grandes herbes, domestique dans les maisons en Allemagne, en Russie, dans le nord de la France, dans certains restaurants de Paris, dévorant jusl qu'à l'encre et au cirage, difficile h détruire parce qu'elle vole bien. Il faut employer contre les blattes les insufflations de poudre Vicat, ou les recueillir entre dos linges mouillés, puis les brûler. )
Les Mantes sont, au contraire, d'utiles carnassiers do proie vivante, verts ou jaunâtres comme les feuilles, toujours ii l'affiit sur les broussailles, les vignes, les grandes herbes, saisissant les insectes entre la jambe et la cuisse de devant, repliées on pinces et munies d'épines acérées, et les portant sous leurs mandibules. Elles semblent dire leurs prières ; aussi les paysans du Midi les nomment prie-Dieu, prega-Diou. L'espèce principale est la Mante reliijieuse, Linné, qui remonte jusqu'à Fontainebleau et plus au nord sur les côtes océaniques. Il faut recommander aux enfants de ne pas luer les mantes, et de respecter les grosses capsules ovoïdes et papyracées , où les œufs sont en série dans des logettes, capsules collées aux rochers et aux arbustes.
Les autres Orthoptères propres sont des sauteurs; leurs cuisses postérieures, à muscles énergiques, se débandent comme un ressort pour lancer l'insecte en avant. Ce sont dos insectes bruyants, surtout le soir, les mâles étant munis d'appareils de stridulation propres à appeler les femelles par des bruits variés et qui difl'èrent suivant les espèces.
L'instrument musical n'est pas toujours le même : les Grillons et les Sauterelles sont des cymbaliers, produisant le son d'appel en frottant l'une contre l'autre leurs pseudélytres, munies d'un tympan ou miroir formé par une membrane sèche et vibrante ; les Criquets, au contraire, sont des violonistes, les mâles frottant vivement leurs pattes postérieures crénelées contre de fortes nervures de leurs pseudélytres, formant des tiges sonoi-es , rigides.
Les femelles des groupes des Grillons et des Sauterelles ont l'abdomen terminé par une longue tarière saillan- 10, tantôt droite comme une épée, tantôt recourbée comme un sabre ; c'est un tube formé d- deux gouttières accolées, par lequel passe l'œuf, qui est ainsi déposé dans le sol, et, bien plus rarement, à l'intérieur de végétaux.
Z--:, Le groupe des
Jr^;^"^ Grillons nous pré-
-' '■'"" sente d'abord les
Courtilières (du
cnucivure pou.ia[ii. yieux mot français
courtil, qui veut
dire jardin), dont les pattes de devant ont les
jambes robuîtes, élargies et digitées, fouillant la
terre comme les mains de la taupe, d'où le nom
du genre Taupe-grillon ou Gryllotalpa. La Cour-
tilière est un gros insecte d'aspect hideux, de la
couleur et un peu do l'apparence d'une écrovisse,
ses longues ailes repliées en fourche dépassant
l'abdomen. Elle abonde dans les jardins à terre
meuble et sablonneuse, dévorant les légumes et
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bouleversant aussi les racines pour cliercher les i larves, car sa voracité la rend omnivore. Elle pond des œufs en tas dans le fumier ou le terreau. Tl ' faut verser de l'huile ou du pétrole dans les trous de refuge de la Courtilière, disposer dans les plate-bandes, i ras du sol, des vases pleins d'eau recouverte d'essence de térébenthine, où elle se noie et s'empoisonne ; enfin, lui dresser des ap- \ pâts-piège^, formés de petits tas de fumier chaud; i écraser avec soin. (
Les vrais Grilloiu ont les pattes pareilles, et l'abdomen de la femelle terminé par une tarière droite et saillante pour la ponte des œufs. Ils no ] sont pas nuisibles. Citons le Giillon itomestir/ue, \ d'un jaune enfumé, vivant derrière les plaques de cœur des cheminées et dans les boulangeries, insecte très frileux, le cri-cri du foyer, buvant avidement l'eau et le lait, sortant parfois en été pour se promener au soleil ; et le Gri/lon cliampétre, 1 gros insecte brun, dont les femelles se tiennent à l'entrée de leurs terriers, tournés au midi, tandis que les mâles se promènent le soir aux alentours, appelant les femelles par une stridulation intense. , Les Lnciislcs ou Snuterells vraies sont peu | nuisibles. On reconnaît les femelles à leur longue tarière, tantôt recourbée en sabre, tantôt droite comme une épée, avec laquelle elles déposent leurs œufs en terre ou dans les fentes des arbres. Les antennes des Sauterelles sont très longues, comme des fils, et leurs tarses ont quatre articles. La plus connue est la Grtmde Snuterelle lerte, faisant entendre tout l'après-midi son cri : zic-zic au milieu des chaumes et dans les buissons; elle est appelée Cigale dans le nord de la France et près de Paris, erreur que partageait La Fontaine, car, dans une édition illustrée faite sous les yeux du fabuliste, on voit la cigale de !a fable si connue. In Ciyale et la Fowmi, représentée sous la forme d'une sauterelle. Une autre grande espèce, commune dans les jardins, crise, marquetée do noir, est le Dc' tique verrucivore. Linné. Ces grandes Sauterelles mangent des chenilles, et nous les croyons plus utiles que nuisibles ; leur salive brune ot acre indique des carnassiers. Les paysans suédois se font mordre les verrues des mains par la seconde espèce, afin de les cautériser.
Les Acridiens ou Criqurts, nommés très souvent et à tort Sauterelles, ont les anteinies courtes et fortes, les tarses de trois articles, l'abdomen des femelles dépourvu de tarière de ponte.
Certaines espèces, les unes de l'ancien monde, les autres du nouveau, méritent véritablement le nom de fléau que leur donne la Bible. A certains moments, chassées des déserts par la faim, elles s'envolent, aidées par le vent, en nuages épais qui cachent le soleil et la ' d'A- imip pendant des journées
*v-.,.™.o=ij'^ssi. entières, font table rase de
toutes les cultures sur lesquelles elles s'abattent, rongeant à la fin jusqu'au bois des arbres et aux portes des maisons. L'espèce la plus funeste est le Cnquel pèlerin, Olivier, qui se rencontre des rivages de la Chine à l'extrémiic occidentale du Maroc, envoy. nt quelques sujets égarés en Andal nsie. Selon les races il est jaunâtre ou rougeàtre, marqueté de noir. Il exerce ses ravages en .41gérie à peu près tous les vingt-cinq ans, et ses larves, sorties des œufs, continuent la dévastation. C'est par corvées de milliers d'hommes qu'on requiert l'armée ; on cherche k empocher la descente des Cri(|ucts sur les champs cultivés par des bruits divers même par
le canon, à les pousser au-dessus de tranchées creusées à l'avance où on les enterre, ou sur des broussailles arrosées de pétrole, auxquelles on met le feu. L'invasion de 1806 a causé la mort, par la famine et les épidémies, de plus d'un million d'Arabes, et l'histoire est pleine des récits lamentables de ces famines suivies de peste, dues au Criquet pèlerin. Ce sont d'autres espèces, de l'Europe orientale et méridionale, qui dévastent la Provence par intervalles, imposant aux villes des sacrifices pécuniaires considérables en primes de destruction. L'une des espèces est le Pachytyle miyratew, Linné, grisâtre, à ailes membraneuses incolores; l'autre, le Caloptène italique, Charpentier, à ailes rosées. Les enfants des écoles peuvent rendre de grands services en ramassant ces Criquets, et surtout en recueillant les amas d'œufs, collés par un enduit glutineux et pondus sur le sol môme par les femelles, dépourvues d'instrument pour creuser la terre. Les prairies nous présentent en abondance de petits Acridiens, généralement verts, du genre Stenofjoifuus, que les enfants des villages nomment Sautriaux ou Saulériaux. Un Criquet très commun en certaines années dans les vignes, sur les collines et les falaises, est l'OEdipode à bandes. Siebold, remarquable par ses ailes d'un beau bleu, ou d'un rouge vif dans une race plus méridionale, avec bande noire. Ces derniers Criquets ne sont pas nuisibles d'ordinaire.
3° Névroptères. — Cet ordre esi caractérisé par ses quatre ailes membraneuses et finement réticulées, sans plissement, avec tous les rapports de grandeur d'une paire à l'autre. Il se divise en deux sous-ordres bien nets.
Le premier, celui des NÉvr.oi>TÈi<FS pseudor- THOPTÈRES, que les entomologistes allemands et anglais réunissent aux Orthoptères vrais, n'offre que des métamorphoses incomplètes.
Un premier groupe de ces Névroptères est constitué par les Termile.i. les grands balayeurs de la nnture des auteurs anglais, rongeant toutes les matières ligneuses, faisant disparaître les végétaux morts. Ce sont des insectes sociaux, comprenant des mâles et des femelles ailés, qui sortent au dehors par essaims et perdent leurs ailes après l'accouplement ; et des neutres sans ailes, se distinguant en ouvriers, en nombre immense, allant butiner au dehors, construisant les nids ou termitières, nourrissant les larves, et en soldats, â grosse tète, armés de fortes mandibules saillantes, défenseurs de la demeure commune, dirigeant les colonnes d'ouvriers. En France, l'espèce la plus nuisible, à l'état sauvage dans les souches de pins des Landes, est le Termite lucifiiqe, Rossi, détruisant les tiges des plantes, les poutres et planchers des maisons, les meubles, le linge, les fruits secs, inf stant les maisons de plusieurs villes et villages des (.harentes, du nord du Bordelais et d'Algérie, où elle est en quelque sorte en domestication. Les essaims paraissent au printemps, puis en été; on ne rencontre d'ordinaire que les ouvriers et les soldats, de la taille d'une fourmi, dun blanc jaunâtre {fhunnis bUmches), sans yeux composés, n'ayant que deux très petats ocelles, cheminant toujours à l'abri de la lumière dans des tubes de parcelles de bots disposes le Ions des murs de cave et des puits. Si on racle cestubes. on ramasse, moles aux débris ligneux, une multitude d'ouvriers et quelques «oldats; ces insectes répandent une forte odeur de rhum. II faut silicatiser les bois de charpente ou les remplacer par des solives de fer, enfermer les hnges et les registres dans des boîtes de fer- blanc.
Une autre série de ces Névroptères est celle des Ampiiib'Oiiques, comprenant les Libellules. les Ephémères et les Verirs, passant les états de larve et de nymphe au fond des eaux douces où elles vivent d'insectes d'eau et de mollusques. Les
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Libellules sont appelées vulgairement Demoiselles chez nous, et Mauches-Driif/oiis par les Anglais, nom bien plus exact, car ces insectes sont do continuels chasseurs de proie vivante, mettant en pièces papillons et raouclies. Les enl'unts ne doivent pas les détruire, sauf dans le voisinage immédiat des ruches d'abeilles. Les couleurs de tous ces insectes sont fort vives, bleues, vertes, jaunas, avec taches noires; leurs yeux énormes interrogent l'horizon en tous sens, et leurs antennes ne sont que de très courtes soies. Les Libellules propres ont un vol rapide, et tiennent leurs quatre grandes ailes à plat au repos; par les beaux jours on voit attachées aux roseaux les dépouilles des nymphes
Fig. 4. — Libellule adulte sortant de sa nymphe.
d'où sortent les adultes, ayant d'abord les ailes courtes, ramassées, qni se sèchent et s'étalent peu à peu au soleil. Les Cnloptén/x, qui ne quittent pas le bord des eaux courantes, ont le vol plus faible, les ailes h, demi relevées au repos, ornées chez les mâles de magnifiques bandes d'un bleu chatoyant. Les Agrions ont le corps grêle, comme un gros (il, les yeux très proéminetits sur des pédoncules, le vol faible, les ailes le plus souvent relevées au repos.
Les Ephi'mères sont des Libellules dégradées, à ailes inférieures réduites et même nulles dans certains genres, ne mangeant pas à l'état adulte, ne durant guère qu'une journée, à moins qu'on ne les empêche de s'accoupler, auquel cas elles peuvent vivre plus d'une semaine. En larve et en nympheaquatiques,leurvieestde près d'une année. On voit les Épliémères voler, en montant et descendant continuellement au-dessus de l'eau, leurs longues pattes de devant dressées au delà de la tète. On les attire le soir avec des lumières et on s'en sert comme exc-llentos amorces de pôclie {manne des poissons); il y a des pays où leurs cadavres couvrent le sul en nombre tel, qu'on les ramasse par charretées pour fumer la terre.
Le sous-ordre des Néviioptéhes vrais présente des métamorphoses complètes, une nymphe inactive venant s'intercaler entre la larve et l'adulte. Us ne nous offrent que des espèces utiles ou indifférentes.
Les Panorpes volent sur les broussailles et dans les prairies, surtout dans les lieux ombragés et humides. Leurs pièces buccales sont prolongées en une sorte de bec et perforent les insectes vivants, auxquels Its panoipes, très courageuses, font une chassj acliarnée. Nous avons deux espèces de ces Névropières, la Pwiorpe i-onimune, Uimi, et la Panovpe gannanique, Brauer, toutes deux à ailes
variées de taches noires. Les mâles ont l'abdomen redressé et muni d'une grosse pince rougeàire. d'une ressemblance grossière avec le dard caudal du scorpion, ce qui a fait nommer les Panorpes Mouches- Scorpions. La femelle ofl're l'abdomen prolongé en tarière effilée et rétractile, et pond ses œufs dans la terre humide, où les larves vivent de racines et de détritus.
Un autre groupe de Névroptères offre une singulière conformation de la bouche des larves, toutes carnassières d'insectes vivants. Les mandibules et les mâchoires soudées constituent une pince courbe et creuse, communiciuant à la bouche et servant à sucer le sang des insectes dans lesquels s'enfoncent ces crochets. Les larves de Fourmilions creusent dans les talus sableux des entonnoirs de sable, au fond desquels elles se tiennent cachées.
Fig. 3. — Eutoniioii du fourmilion.
la pince et les yeux sortant seuls. Elles sont trapues et poilues, d'un gris rosé, et lancent, avec leur large tête, une pluie de sable sur l'insecte imprudent qui roule au fond du précipice, dont les parois s'éboulent sous lui. Son cadavre, sucé au fond de l'entonnoir, estrejeté au dehors, d'un vigourouxcoup de tête. Ces larves se filent des cocons sphériques, d'une douce soie blanche au dedans, mêlée à l'extérieur de grains de sable. De la nymphe roulée dan..
Fig. ti. — Larve, nymphe et cocon du Fou
ces berceaux soyeux, sortent d'élégants insectes, répandant une odeur de rose, munis de longues ailes de gaze, à antennes grenues, ressemblant un peu i des Libellules, mais bien différentes pourquiconque les voit voler le soir, d'un vol frémissant, faible et comme moelleux. Des espèces de genres voisins ont des larves qui ne creusent pas de pièges de chasse, mais se cachent dans le sable et s'élancent sur tous les insectes qui passent à leur portée.
Plus utiles encore sont les 6'/irî/«ope.s, qu'on appelle souvent hemoisetles terrestres ou Demoiselles à yeux d'or, àcanse de la couleur éclatante de leurs yeux. On les voit voler le soir, mais d'un vol lent et laHjle, sur les buissons et dans les jardins, piissant la journée sous les feuilles, fermant leurs ailes, h nervures vertes ou jaunâtres. Si on saisit ces insectes, ils laissent aux doigts une odeur d excréments. Le^ femelles pondent sur les feuilles des œufs portés sur de longs filets blancs et dont l'am.is e.st souvent pris pour des champignons, mais qu'il faut bien rn-
INSECTES
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commander aux jardiniers de ne pas détruire. En effet il en sort des larves, que Réaumur appelle lioTudes pucerons, et qui parcourent sans cesse les plantes chargées de coclicnilles et de pucerons, dans les sociétés desquels elles portent le carnage. La larve saisit un puceron entre ses pattes de devant, le suce avec sa pince buccale, puis rejette la peau vide, ou, dans certaines espèces, la place sur son dos, de sorte qu'elle porte une couverture des dépouilles de ses victimes. Ces larves deviennent nymphes dans de petites boules de soie blanche, fixées aux feuilles. Les instituteurs recommanderont aux enfants d'apporter des Chrysopes dans les serres et sous les châssis, où ils verront les plantes infestées de pucerons, et de ne pas détruire les Chrysopes qui se réfugient en hiver dans les maisons champêtres.
Les Névroptères vrais se terminent par une tribu d'insectes aquatiques dans leurs premiers états, les Trichnpléres (ailes poilues), ressemblant un peu à des papillons nocturnes, ne prenant pas de nourriture à cause de l'imperfection de leur bouche, et s'écartant très peu des eaux, où les femelles laissent tomber leurs œufs en paquets gélatineux. On les appelle encore Pliryganes (fagots), parce que leurs larves, véritables chenilles d'eau, rampent au fond des eaux, entourées de fourreaux de soie qui retiennent des morceaux de feuilles, de mousse, de branchettes, des grains de sable, des débris de co-
Fig. 1. — Fourreaux de la larve de la Phrygane rhombique 1,^ et de la Phrygane flavicorne, ce dernier construit avec des coquilles.
quilles, même des coquilles encore habitées ; aussi les paysans les nomment charrées, porte-bois, po>-te-safjle<. La tête et les pattes du thorax de la larve sortent du fourreau ; elles se cramponnent au fond par une paire de crochets, ce que savent bien les pêcheurs à la ligne, qui ont soin de pousser la larve hors du fourreau, à partir du fond, pour l'obtenir entière; ces larves constituent d'excellentes amorces de pêche.