‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 61 sur 459 · LÉGUMINEUSES · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES

LEGUMINEUSES

pnssaicjil les Alpes, rapportèrent en France la nouvollR doctrine des glossaieurs du droit civil ; cl bientôt ce droit fut professé concurremment avec le droit canonique dans plusieurs villes du Midi, et d;ms celles d'Angers et d'Orléans... Les maximes et les règles puisées dans les codes impériaux par des esprits ardents et soucieux du vrai et du juste, descendirent des écoles dans la pratique, et. sous leur influence, toute une classe de jurisconsultes et d'hommes politiques, la tête et l'ànie do la bourgeoisie, s'éleva et commença dans les liantes juridictions la lutte du droit romain et d(! la raison contre la coutume, l'exception, le fait inique ou irrationnel.

1) La cour du roi ou le parlement, tribunal suprême et conseil d'État, devint, par l'admission de ces hommes nouveaux, le foyer le plus actif de l'esprit de renouvellement. C'est là que reparut, proclamée et appliquée chaque jour, la théorie du pouvoir impérial, de l'autorité publique, une et absolue, égaie envers tous, source unique de la justice et de la loi. Remontant, par les texte*, sinon par la tradition, jusqu'aux temps romains, les légistes s'y établirent en idée, et, de cette hauteur, ils considérèrent dans le présent l'ordre politiiiue et civil. A voir l'action qu'ils exercèrent au xiii» siècle et au siècle suivant, on dir.iit qu'ils eussent rapporté de cette étude juridique cette conviction que, dans la société d'alors, rien n'était légitime hors deux choses : la royauté et l'état de bourgeoisie. On dirait même qu'ils pressentaient la destinée historique de ces deux institutions, et qu'on y mettant le sceau du droit, ils marquèrent d'avance les deux termes auxquels tout devait être ramené. Toujours est-il de fait que les légistes du moyen âge, juges, conseillers, officiers royaux, ont frayé, il y a six cents ans, la route des révolutions avenir. Poussés par l'instinct de leur profession, par cet esprit de logique intrépide qui poursuit de conséquence en conséquence l'application d'un principe, ils commencèrent, sans la mesurer, l'immense lâche où, après eux, s'appliqua le travail des siècles : réunir dans une seule main la souveraineté morah', abaisser vers les classes bourgeoises ce c|ui était au-dessus d'elles, et élever jusqu'à elles ce qui était au-dessous. i> ^Désiré Blanchet.]

LÉGUMIXEliSES.— Botanique, XXIV. — Etyni. : La famille des Légumineuses tire son nom du mot légumi', en latin legumen, par lequel on désigne la forme particulière de ses fruits.

Définit" n. — La famille des Légumineuses appartient aux Dicotylédones dialypétales; par l'intermédiaire des iVimosées, elle se rapproche des llosacées et rattache celles-ci aux Térébinihacéea Cette famille est une des plus nombreuses du règne végétal, et la plus importante peut-être par le grand nombre des substances qu'elle fournit à l'industrie, à l'économie domes'tique et à la matière médicale.

Caractères botaniques. — Pour faire connaître les caractères botaniques des légumineuses, nous prendrons, comme type de ces végétaux, les légumineuses papilionO' ées, ain&i nommées à cause de la forme de leur corolle. Brièvement et par comparaison seulement, nous indiquerons ceux des /éguiiiini'iises ccenalpiniées et ceux des légumineuses juimosèes.

La graine des papilionacées présente de dehors en dedans : 1° un tégument épais dont la région superticinlle est formée de petits troncs de pyramide solides exactement appliqués les uns contre les autres et dont la grande base est extérieure. Ce système est parfaitement disposé pour permettre au tégument séminal de résister à toute pression venant du dehors, tandis qu'il cède sous la moindre pression venant de l'intérieur de la graino. Celte couthe solide superficielle du lé^u-

ment séminal recouvre une lame de parenchyme corné susceptible de se gonfler énormément sous l'action de l'eau; et, grâce à cotte propriété, cette lame devient, au moment de la germination, le principal agent provoquant la rupture du tégument séminal; — 2° un embryon volumineux dicotylédoné. très fortement courbé. Le grand développement des cotylédons de cet embryon rend inutile l'existence d'un albumen; aussi cette troisième partie de la graine fait-elle défaut dans la plupart des cas. Quand l'albumen existe dans la graine des légumineuses papilionacées, la réserve nutritive est de nature cellulosique. Les matières alimentaires renfermées dans les cotylédons sont de nature amylacée ou aleurique. Les graines des légumineuses peuvent conserver leur faculté germinative pendant plusieurs années. A la maturité, ces graines sont mises en liberté par suite de la déhiscence du fruit ; les Arnclns et quelques plantes voisines font seules exception; ces plantes ont la faculté d'enterrer directement leurs fruits dans le sol.

La germination des graines des légumineuses se fait très rapidement; lorsque les conditions sont favorables, elle s'accomplit dans l'espace de deux à trois jours; l'usure préalable du tégument séminal, de brusques variations de température, une humidité abondante favorisent beaucoup cette opération.

La racine des légumineuses est généralement pivotante ; dans certaines espèces herbacées , comme la luzerne, elle peut acquérir une longueur de plus d'un mètre et une épaisseur relativement considérable; dans les espèces arborescentes, la racine est presque toujours moins volumineuse, eu égard au volume de la tige dont elle dépend, que dans les espèces herbacées; cette racine contient souvent des sucs acres, amers, très employés en médecine et sur lesquels nous reviendrons en parlant des usages des légumineuses.

La tige des légumineuses papilionacées varie beaucoup d'une plante à l'autre : herbacée, grêle, filiforme et rampante dans les lupulines, elle se dresse dans les trèfles; elle acquiert la consistance ligneuse dans le genêt à balais, elle devient tout h fait ligneuse dans le Hohiniii pseudo-'icncia, vulgairement, mais improprement, nommé 4cacia. Les tiges des légumineuses herbacées sont souvent susceptibles de s'élever en s'euroulant autour d'un support; certaines d'entre elles sont en outre munies de vrilles foliaires qui leur permettent de se suspendre aux plantes arborescentes voisines. Quel(|ues espèces ligneuses ont des tiges sarmenteuses; telle est par exemple la glycine, plante originaire de la Chine, qu'on cultive beaucoup aujourd'hui dans les jardins connue plante ornementale; un très petit nombre seulement ont des tiges comparables à celles des lianes de la famille des Ménispermées. Ex.: la Bauhinia.

Le bois des légumineuses offre cette particularité que ses vaisseaux, très gros, sont souvent obstrués par des productions cellulaires spéciales nommés t'ylles, La densité do ce bois varie depuis celle du bois de fer, dont le nom rappelle la grande dureté, jusqu'à celle du lièse. Nous trouvons, en effet, dans les Mschinoniene et les Hr'> mi/i'ern, légumineuses aquatiques de la Cochinchine et de l'Ahyssinie, un bois exclusivement parenchymateux, tellement léger qu'il flotte à la s\irface de l'eau co nme le ferait un bouchon de liège. Dans les pays où croissent ces plantes, leur bois est employé comme allèges pour soutenir les filets à la surface de l'eau.

Les feuilles des légumineuses papilionacées sont toutes composées-pennées et pourvues de stipules; ces feuilles sont terminées tantôt par une foliole impaire, tantôt par deux folioles. Dans

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les gesses, chaque feuille se réduit souvent à ses deux folioles inférieures; toute la partie supérieure de la feuille n'est plus représentée que par des nervures transformées en vrilles. Dans le Lat/uirus Aphacn, chaque feuille n'est plus représentée que par ses deux stipules foliacés; tout le reste de l'organe est changé en vrilles. Les feuilles des papilionacées sont caduques, minces, très sensibles à l'action de la lumière. A l'état de sommeil, le racliis de cliaque feuille est rabattu vers le sol; chaque foliole s incline également vers le sol, et toutes ensemble s'appliquent les unes sur les autres et se rapprochent de l'extrémité du rachis ; exemples : la sensitive [Mimosa pudica) et Vller/i/sin-um \\. Plf.siolcgie végétale). Dans un petit nombre de genres, les stipules de chaque feuille sont transformés en épines ; ce sont là des organes de défense que la plante prépare contre les animaux, en parliculier contre les singes et les animaux grimpeurs.

L'inflorescence des papilionacées est une grappe, plus rarement un épi ou une ombelle; exceptionnellement les fleurs sont solitaires. Chaque fleur présente de dehors en dedans: 1° un calice bilabié, dont la lèvre supérieure est bidentée tandis que la lèvre inférieure est divisée en trois parties; — ï° une corolle formée de cinq pétales qui alternent avec les sépales du calice. Dans l'Amorpha, le nombre des pétales peut se réduire h un seul. Lorsque les cinq pétales existent, ils sont ordinairement libres, inégaux; le pétale postérieur, nommé étendard, embrasse tous les autres ; les deux latéraux ont reçu le nom. d'aile-:; ils sont semblables entre eux et recouvrent les deux pétales antérieurs; ces derniers, semblables entre eux, sont souvent connivents et simulent un pétale unique que l'on appelle carène ou noeelie; — 3° un androcée composé de dix étamines, dont les filets sont tantôt monadelphe', c'est-à-dire tous soudés entre eux ; tantôt dia'le phea, c'est-à-dire soudés en deux masses, l'une de ces masses ne comprenant qu'une seule étamine ; tantôt complètement libres (Sophora) ; — 4° un gynécée composé d'un seul pistil à ovaire unique, sessile, pluri-ovulé; ovules campylotropes; style filiforme, stigmate terminal. A ce pistil, après la fécondation, succède un fruit nommé légume, qui s'ouvre en deux valves à la maturité.

Les légumineuses! cœsnlpini"'es ne diffèrent des légumineuses papilionacées que par leurs tiges souvent flexueuses, aplaties, rubanées, leur corolle presque régulière, leurs étamines libres, leur arille séminale, leur embryon droit, aplati, enveloppé d'un albumen corné de nature cellulosique.

Les principaux caractères qui séparent les léguminruses mimo^ées des papilionacées sont tirés : 1° des feuilles qui soni le plus souvent réduites à des phylloiles ; 2° des fleurs qui sont polygames régulières et groupées en épis. Le calice de ces fleurs est quadri-partit, à préfloraison valvaire ; les pétales, en même nombre que les pièces du calice, sont égaux entre eux, et tantôt libres, tantôt cohérents. Les grains de pollen sont souvent agglomérés par quatre ou par six; la graine rappelle beaucoup celle des cœsalpiniées. Dans le petit groupe des M^ringn, cette graine triangulaire présente trois ailes (noix de ben.)

Usages des légumineuses. — L — Huis. — Les léguniini;uses dont le bois est employé dans l'industrie sont toutes originaires des pays tropicaux, toutes sont arborescentes, et la plupart atteignent des dimensions considérables ; leur bois, très dense, généralement plus lourd que l'eau, toujours coloré de teintes vives, duo grain très fin et par suite susceptible d'un beau poli, est surtout employé dans l'ébénisteric pour la fabrication des meubles de prix. Les matières colorantes que beaucoup d'entre eux renferment les font aussi

rechercher comme bois de teinture. Un petit nombre fournit des matières résineuses. Les principaux de ces bois sont :

Le bois d'a/oés, qui est gris à l'état frais et qui noircit sous l'action de l'air. Il est résineux, aromatique, il brûle en répandant une odeur suave. Il est originaire de la Cochinchine ; son nom botanique est Aloexylun Agallochum.

Le bois de Ctimpêche (Hemntoxylon Cnmpechiatiuni) est originaire des Antilles et de Campêche ; on l'appelle aussi bois d'Inde ; il est odorant ; son parfum rappelle celui de l'iris de Florence frais; à l'état frais, sa couleur est rouge- brun pâle. La teinture extrait du bois de Campêche de belles couleurs noires et violettes.

Le bo'S de Brésd ou bois de Fernuinboiu: [Cœsalpijua echinata) est originaire du Brésil ; on l'emploie dans la teinture à cause de son principe colorant rouge ; une de ses variétés a reçu le nom do bois de Sainte-Marthe.

Le bois de Santal muge [Pterocaipus riraco) croît aux Antilles ; il est brun noirâtre à l'extérieur, rouge-sang à l'intérieur. En pratiquant des incisions à la surface de la tige du Pterocarpus Drnco, on voit s'écouler une résine rouge très astringente nommée Sang-Dragon. Son bois est aussi appelé bois de corad.

Le Pierocnrpus Sant(dinuî donne le bois de Caliatour, fort recherché à cause de sa couleur rouge foncé et de son grain fin ; cette espèce est dé| ourvue de résine.

Le bois a'amaraide violet ICopaïfera bractenta^ est gris à l'état frais; il offre alors une odeur poivrée très forte ; sous l'action de l'air il prend une teinte violet foncé; de même que son congénère le bois d'amarante rouge, il est très recherche dans l'ébénisterie.

Le Ijois de palissandre ou Jacnranda (Dnlbergia latifnliii) nous est expédié du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique. Le plus estimé provient de Rio-Janeiro. Exposé à l'air, il passe au pourpre foncé, et au noir.

Deux autres espèces de Dnlbergia fournissent, l'une le bois de rose, originaire du Brésil et de Cayenne, et l'autre le bois violet, très recherché à cause du mélange de ses deux teintes violet-clair et violet foncé. Le bois violet ne peut être employé qu'en placage, parce que la plupart de ses biiches sont cariées au centre.

Le bois d'Angico, que l'on substitue quelquefois à l'acajou, est fourni par un acacia brésilien.

Le 6- !S néphrétiqw ou bois du Mexique (Moriaga pterigosperma) est employé en infusion conire les coliques néphrétiques.

Le bois de iirenadille est originaire de Cuba; il est surtout recherché pour les objets tourrtés.

Le bois de boco est le bois de /er du commerce [Do'oa prouasensis) ; sa couleur est brun noirâtre ; il est recherché à cause de sa grande résistance.

On donne quelquefois le nom de bois de fer au bois du Hobinia pan coco; cependant ce dernier e^t plus spécialement désigné soi:s le nom de bois de perdrix, qui lui vient des dessins formés par ses zones alternativement claires et foncées et dont les figures rappellent une aile de perdrix.

Le bois du Vou'icapou [Andira racem S'i, A. inermis) croit dans la Guyane. Une de ses variétés est nommée bois pnlmiste ; elle est remarquable par ses dessins clairs qui se détachent sur un fond rouge.

l,e bois de Coumarou [Dipterix odornta) rappelle le bois de perdrix, mais il est rejeté à cause de la facilité avec laquelle il est attaqué par les insectes.

Le bo'is de Courbaril [Hymenœa C-ixtr'^arit) croit à Mad.igascar ; Il est extrêmement solide, d une couleur rouge-foncé, et malgré ses qualités il est assez peu recherché, parce que sa couleur est

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