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ATTRACTION

forme le phosphore en acide phosphoriqne ; en présence d une base énergique, Il forme de Tacide azotique a?ec l*azote ; il transforme Tammoniaque en azotate, détruit rapidement le caoutchouc, décolore rindiso et le tournesol.

Il dégage l'iode de ses combinaisons et peut par suite lui faire bleuir l'empois d'amidon (V. Fécule), ,

M. Schœnbeln s'est appuyé sur cette réaction pour préparer un papier ozonoraétrique que tout le monde peut faire et peut employer à la constatation de Tozone dans l'atmosphère. Ce papier s'obtient en plongeant des feuilles de papier à lettre dans une dissolution faite à chaud de 100 grammes d'eau distillée , 1 gramme d'iodure de potassium et 10 grammes d'amidon; on laisse sécher ces feuilles et on les découpe en bandelettes pour l'usage.

Une de ces bandes, placée à l'air, bleuit ayec d'autant plus d'intensité que la quantité d'ozone est plus considérable; et si on la compare à une feuille peinte de diverses nuances allant du blanc au bleu et formant une échelle comparative, on peut noter d'un chiffre l'état de l'atmosphère au point de vue de l'ozone qui s'y révèle au moment de l'expérience.

Ces recherchos font aujourd'hui partie des observations météorologiques, c'est à ce titre que nous les avons décrites.

Nous ne pouvons nous étendre davantage sur ce singulier corps dont l'étude est loin d'être complète; tout ce que nous ajouterons, c'est que dans certaines circonstances il prend naissance dans l'air atmosphérique, qu'il y existe très irrégulièrement disséminétmais toujours en petite Quantité.

Peut-être Joue-t-il un rêle très important dans l'action physiologie] ue de l'air où il agirait comme destructeur des miasmes et des gaz méphitiques qui existent en tous pays et plus particulièrement en temps d'épidémie 7 C'est ce qu'ont pensé des savants de la plus grande compétence, mais sans que jusqu'ici 1 expérience ait pu éclairer complètement cette question à laquelle l'hygiène publiaue est si intéressée. fMaraucourt.]

ATTiiACTlcm. — Physique, ÙI ; Cosmographie, XII. — {Ètym. : du latin attrahere, attirer.) On donne le nom général d'attraction à la cause en vertu de laquelle les corps tendent à se porter les uns vers les autres, les molécules de la matière à s'attirer mutuellement. Cette cause, on n'en connaît pas la nature, mais ses effets sont manifestes sur tous les corps : sur les astres qui se meuvent comme attirés les uns par les autres; sur tous les objets qu'on abandonne à eux-mômes et qui tombent vers la surface de la terre ; sur les plus petites particules des corps solides, si fortement soudées qu'il faut un effort pour les séparer ; sur les atomes invisibles des eaz qui se précipitent les uns sur les autres dans leurs combinaisons et dont le choc est souvent assez puissant pour engendrer et de la chaleur et de la lumière. L'attraction est- donc une propriété générale de la matière existant dans les corps en mouvement comme dans les corps en repos.

Quand on la considère s'exerçant entre les corps célestes, on lui donne le nom de gravitation. Elle prend celui de pesanteur dans le cas où elle a lieu entre la terre et les corps voisins de sa surface. On l'appelle a//r<zc/ton moltfcu/atre quand elleagit entre les plus petites particules des corps simples on composés.

L idée d'une action attractive de la matière pour la matière remonte à une époque très reculée. On la trouve dans les doctrines de quelques philosophes grecs, Démocrite et Épicure, mais sous la forme vague d'une action indéterminée retenant tontes les parties les unes aux autres dans les corps sphérftques en mouvement. Il faut venir jusqu'au xvu« tiède, è Kepler, pour trouver la notion de l'attrac-

tion réciproque entre le soleil, la terre et les pU* nètes; encore n'était-ce qu'une coniectur} que ce savant « contemplateur » déduisait des lois simpl'i qu'il venait de formuler sur les mouvements d^s planètes. C'est à Newton que revient l'honneor d'avoir trouvé et défini la cause dont Kepler arait si bien su comprendre les effets, d'avoir formulé le principe de l'attraction universelle comme une vérité scientifique, après en avoir donné une réritable démonstration ; et l'œuvre de ce puissim génie est considérée comme l'une des plus belles que l'esprit humain ait jamais produites.

Newton a formulé la loi de l'attraction de la ma nière suivante : îei corps s'attirent en raison directe de leurs masses et en raison imene de: carrés des distances qui les séparent, émette loi s'applique aux mouvements des antres s'auiranc les uns les autres et gravitant tous autour du soleil leur centre commun ; elle permet de prévit' les perturbations provenant de leurs actions mntuelles et de prédire longtemps à l'avance leu.^ positions respectives.

Elle s'applique également k tontes les ictiom de la pesanteur qui n'en sont que des cas particu liera (V. Pesanteur), Elle rend admirablemtrt compte des variations de la force attractive de L terre mesurée à la surface de Téquateur au pûif. et dont les différences sont dues & l'aplatisseiieiit de notre globe. Elle explique la déviation, obserré» par Bouguer et Maskeline, que le fil à plomb subit au voisinage des grandes montagnes ; en un mot, elle permet de conclure que la chute des corp^ est une des formes sous lesquelles se maoife^uà nous l'attraction universelle. Elle a d'ailleurs et vérifiée à l'aide d'une expérience directe, pir Cavendish et plusieura autres expérimentateur» qui ont montré qu'à la surface de la terre les corps voisins se portent en effet les uns vers H autres quand on atténue suffisamment les résistances qui s'opposent à leura mouvements.

V ai traction moléculaire s'exerçant entre K'> plus petites particules de la matière dont la réunio:< constitue les corps, prend le nom de (x>Aé>/<'n quand elle unit des atomes simples ou complei^^ mais semblables, et celui é' affinité quand elle fiie les uns aux autres des atomes dissemblables. Toutei les réactions chimiques mettent en jeu raffinit**. c'est-à-dire l'attraction particulière de deux corpy simples qui vont former un corps composé. La cohésion peut être mise en évidence entre les portions d'un même soléde dans quelques cas particaliers. Si l'on enlève une portion de deux balles de plomb de manière à obtenir deux surfaces planes bien nettes que l'on appuie fortement lune contr? l'autre, les deux balles adhèrent avec tant de force qu'il faut quelquefois un effort de plusieurs lùlo* grammes pour les séparer. La cohésion des solides pour les liquides n'est pas moins nette : une goutte de liquide suspendue à une baguette de verre ne s'en déuche que lorsqu'elle est devenue suffisamment pesante, et la séparation se fût entre les molécules du liquide, puisque Je reire reste mouillé.

Expériences, — 1. Souder deux morceaux de dre, ou d'argile humide, ou de caoutchouc p^r leurs surfaces fraîchement coupées.

2. Poser deux glaces ou deux plans de marbra bien dressés l'un sur l'autre et constater qu'il Uni un effort pour les séparer.

â. Suspendre à l'un des plateaux d'une balines, une lame circulaire horizontale, lui faire équilibre; apporter au-dessous d'elle un vase d'eau qui li mouille et constater qu'il faut dans l'autre plateau des poids assez forts pour la séparer do liquide.

4. Vérifier qu'une goutte de mercure adhère à une lame de verre, tandis qu'elle roule sur le papier. En approcher deux pointes de verre opP<'*

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lêes, Il goutte reste suspendue entre elles et s*allooge, montrant ainsi que sa cohésion pour le verre remporte sur sa tendance à prendre la fonne sphénque. rHaraucourt.]

ArSTBAUE. — Géographie générale» VI. — [ftym.; terre australe, pava dn sud). — 1. Nortions giiutoalea. — !<• nom d Australie s'applique, en piniealier, à la Nouvelle-Hollande» grande lie mée an sud de Téquateur, entre la mer des Indes à Touest, et le grand océan Pacifique, à l'est; et en général à Tensemble des lies ou terres dont cette grande Ile est le centre.

Histoire de sa découverte. — C'est à juste titre que Ton avait donné le nom de Nouvelîe-HoUande i cette terre, entrevue par les Portugais au in* liède, mais dont la vraie découverte ne fut fiite qa'au siècle suivant par les Hollandais, déjà mutres de Varehipei de la SondCf qui sépare au nord riastralio du continent asiatique.

h» c6tes orientales seules étaient restées en debon de leurs explorations et furent visitées vers U âii da xvui* siècle par le capitaine anglais, Cook. Quelques années plus tard, le gouvernement brluiuiiqae Be mit à y déporter les convicts, ou crimioels condamnés à la transportation. Ce fut là Utmt des colonies anglaises qui couvrent aujoard^hoi cette île assez grande peur être quelquefois appelée le 3* continent.

AmES nss dépendant de l'Austiulib. — La 5)UTeUe-Hollande est séparée au nord de la Nou- KlU'Gumée par le détroit de Torrès, et au sud de U Tosmanie par le détroit de Bass. Dans le sudouest s'étend Tarchipel de la Nouvelle-Zélande, TcQtes les terres que nous venons de nommer et le^UeiBombreuses qui relient la Nouvelle-Zélande à h Xonrelle-Guinée, lies qui portent le nom générai de Mélanésie, à cause des nègres qui les hibitent, appartiennent à la partie de TOcéanie qu'on Qomne Australie. On y rattache même qoeiqnefoiSfà Touest de la Nouvelle-Guinée et au Dordde la Nouvelle-Hollande, les Moluques et les ^eUtes lies de la Sonde, sauf fiali qui touche Java, p^e qae ces lies Malaises possèdent la même ton et la même faune que TAustralie, tandis <)Q'eUes présentent sous ce rapport une différence tréi mazx)aée avec les grandes Iles de la Sonde, Bonéo, les Philippines et le continent asiatique, Vii, tu point de vue de l'histoire naturelle, doivent être réunis en un même groupe.

2. Oéographia physique de la Nou-velle-Holbode. — Situation. — L'Australie proprement dite est comprise entre tV et 39" de latitude sud et 11 1* « 153* de longitude est de Paris.

Dimensiofu. — Elle est plus large de Test à ionest (4000 kilomètres) que du nord au sud .3000 kilomètres).

>uperjicie. — • Elle a 7,600,000 kilomètres carrés, € est-kriure qu'elle couvrirait quatorze fois la France ou les 3/4 de TEurope.

Cotes, caps et golfes principaux. — Côte méri- <^tona/e. — L'Australie présente la forme d'un croissant dont la concavité regarde au sud. Dans ^ putie occidentale, toute cette côte méridionale ^t Uostralie est basse, sans abris pour les navigauon qui la désertent de même que les colons. tctre m* et 116" de longitude est de Paris, elle Hrmtdsax golfes profonds voisins l'un de l'autre, le

rife de Spencer à l'ouest, et le golfe Saint-Vincent l>8t. Près de ce dernier débouche le fleuve ll^my, le seul important de toute l'Australie.

C4<e ùrientale. — Du cêté de l'océan Pacifique, la oÀie estd'abordbordée de près par la chaîne des Alpes unraliennes. C'est la région la plus hospitalière <K toute la Nouvelle-HoUande, sous le rapport du ™t, et des nombreux ports qu'y trouvent les ^%tears. Cest là qu'a été fondée la première coioQie inglaise. Au nord du tropique, au contraire, *< cite est bordée à peu de distance en mer par

une barrière de corail qui offre de dangereux récifs aux navigateurs.

Côte septentrionale. — Du côté du nord, on remarque la péninsule dYorky puis le ffolfe profond de Carpentarie, et enfin le territoh'e de l'Australie septentrionale où vient aboutir le fil télégraphique qui traverse du sud au nord toute rAustralie,

Earce que c'est le point le plus rapprodié des étalissements anglais de l'Asie, où il rejoint les cibles rattachés à l'Europe.

Oeographob et hydrographie. — Alpes (t Australie. Versant oriental. — Une chaîne de montagnes, peu distante de l'Océan, borde la côte sud-est de la Nouvelle-Hollande. On les appelle Alpes d'AuS' tralie et aussi Montagnes bleues. Elles ne versent à l'est que des torrents rapides et de peu d'étendue. Mais ils suffisent pour entretenir sur tout ce littoral une végétation aaive qui devient de plus en plus belle à mesure qu'on se rapproche de l'équateur. Les Alpes d'Australie ne portent point de glaciers comme nos Alpes d'Europe, elles ne sont point aussi élevées (leurs sommets principaux ne dépassent point :2000 mètres d'altitude). Aussi ne sontrelles point de grands réservoirs d humidité.

Versant occidental, — Sur leur versant occidental, beaucoup de rivières ne coulent pomt d'une manière continue. Ce même versant est aussi caractérisé par la faiblesse de la pente, qui fait qu'au moment des pluies les eaux, au lieu de s écouler vers l'océan, se répandent on vastes marais. Le Mwrray est le fleuve le plvfs considérable de cette région. 11 reçoit du nord-est plusieurs affluents venus des mêmes montagnes. Le plus important par la longueur de son cours, et l'abondance de ses eaux, le Darwin^ est seul capable avec le Murray de porter des bateaux à vapeur. Aussi la colonisation se porte-t-elle activement sur leurs rives.

Bassin central. — Au nord-ouest du Darwin, les eaux venues du Qœensland, forment un autrc^ cours d'eau assez long, le Victoria, qui n'est pas assez puissant pour gagner la mer du sud vers laquelle sa pente est dirigée. 11 finit dans un fond marécageux situé au nord du golfe Spencer, où l'on a longtemps figuré sur les cartes un vaste lac allongé de plusieurs degrés du nord au sud. On y distingue maintenant plusieurs lacs voisins dont les lacs Eyre, Torrens et Gairdner sont les principaux. Leur étendue varie suivant l'abondance des pluies qu'ils reçoivent, et leurs bords sont couverts des sels qu'y déposent leurs eaux.

Australie occidentale. — L'exploration de TAus- Iralie est trop peu avancée pour qu'on puisse fixer les limites des versants entre lesquels elle se partage ; les fleuves dont on connaît Teniboucbure sont assez peu considérables. Toute la partie occidenule du continent est caractérisée par une sécheresse plus grande encore que partout ailleurs. On y a trouvé quelques montagnes d'un millier de mètres. L'altitude moyenne du sol y est d'environ 500 ou 600 mètres. Comment des rivières, qui reçoivent du ciel une si petite quantité d'eau, et qui ont à parcourir lentement de si grandes distances avant d'atteindre l'Océan, pourraient-elles être considérables?

Climat. — Du nord au sud, la zone méridionale depuis l'Océan jusqu'au 27* degré de latitude semble apte à la colonisation. On ne peut cultiver de céréales que Jusque vers le 32* de latitude sud. Au nord de cette ligne, le sol se recouvre, à la suite des pluies, de p&turages qui nourrissent d'immenses troupeaux. Vient ensuite une zone large de 10** environ en latitude, où l'on ne rencontre plus de cours d'eau permanents, et où le sol ne produit guère qu'une herbe grossière, dite herbe à porc-épic. L'absence d'humidité y est telle que des voyageurs y ont retouvé la trace de leurs pas inaltérée au bout d'une année. Enfin au nord on entre dans la

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rëffion des plaide tropicales, où, grâce à rbumldité et a la chaleur du soleil, le sol se revêt d'une riche végétation.

3. mdlgènas anstralienfl. — Les naturels que rencontrèrent les premiers exploratenrs européens sont des nègres qui peuvent être placés à Tun des derniers échelons de l'espèce humaine. G)uverts de poils sur tout leur corps comme les animaux, ils ne savaient ni construire des maisons, ni se fabriquer des armes autrement qu'en pierre, en boia ou en os. Vivant de chasse et de pêche, ou des racines qu'ils trouvaient, ils ne se donnaient pas la peine de cuire leurs aliments. On rencontre toutefois des indigènes qui, s'ils appartiennent à la même race que les premiers^ sont toutefois moins repoussants. Us forment des espèces de clans cantonnés sur certains terrains, respectant le territoire de leurs voisins et observant une sorte dç morale. Ils sont susceptibles d'être initiés aux travaux des Européens et de se rendre utiles. Ils apprennent et parlent facilement l'anglais. Mais barbares ou civilisables, les indigènes australiens sont appelés à disparaître entièrement comme toutes les races inférieures le font devant la colonisation anglo-saxonne. Leur nombre va toujours en diminuant. En Tasmanie, on n'en compte même plus un seul.

4. ProduotionB de rAustraUe, — Animaux particuliers. — Les Européens virent à leur arrivée en Nouvelle-Hollande des animaux particuliers à ce continent ; des kangourous, mammifères remarquables par leur poche, des ornithorhynques, sorte de grands mammifères à bec de canard, des dingos ou chiens sauvages, de nombreuses espèces de perroquets. Mais il ne s'y trouvait ni ruminants, ni pachydermes, ni quadrumanes.

Troupeaux. —C'est en 177G que l'on introduisit dans la colonie cinq brebis et trois béliers mérinos achetés au Cap, et d'où proviennent les immenses , troupeaux que possèdent anjourd'tiui les éleveurs australiens. En 1873, on ne comptait pas dans la Nouvelle- Hollande et la Tasmanie réunies moins de 51,000,000 de moutons fournissant à l'exportation 182, noO, 000 de livres de laine valant 450,000,000 de francs. Les bœufs, les chevaux, les porcs sont également d'origine étrangère. Leur nombre va en s'accroissant très rapidement, et il serait encore plus considérable si, dans les années de sécheresse, où les pâturages font défaut, on n'était obligé d'en tuer un grand nombre. Il y a en Australie des squatters (on appelle ainsi les propriétaires de troupeaux qui font parquer leurs bestiaux sur des terres qui leur sont concédées) dont les troupeaux s'élèvent à plusieurs centaines de mille têtes. Les laines, le saif, les peaux sont les principaux produits de cet élevage dont la viande ne trouverait pas encore assez de consommateurs sur place. Pour suppléer à ce désavantage on expédie en Europe une assez grande quantité de viandes conservées en boites. FUen de curieux comme les immenses runs^ parcs palissades où les bestiaux sont abandonnés à eux-mêmes. Les bergers à cheval surveillent la palissade ou rassemblent les animaux au moment de la tonte. D'autres fois, le troupeau est partagé par fractions dont chacune est confiée à un berger qui chaque soir fait rentrer ses bêtes dans un parc analogue à ceux de nos fermiers.

Agriculture. — Mais l'Australie n'est pas susceptible de fournir seulement des terrains à pâtures. Dans les terres les plus humides, les produita de l'agriculture sont énormes en raison de la nature presque vierge des terres ensemencées. Le froment y rend 42 hectolitres par hectare, le double de ce que donnent les meilleures terres de France. Aussi les colonies australiennes possèdent une quantité considérable de bétail par rapport à l'étendue exploitée. Pour 1000 hectaréSi on compte 478 che-

vaux, près de 3000 têtes de gros bétûl, et plus i 401) porcs. C'est 4 fois autant de cheTanz, 8 fo autant de gros bétail. 12 fois anUnt de port que lea Étâf-Unis d'Amérique (Vivien de Sain Martin). Cette fertilité séduit natorellemest h colons toujours disposés à empiéter wor le domaii des s(|uatters pour le défrioier. Ceux-ci de lei côté tiennent à garder pour eux les terres où \i pâturages sont les plus abondanta. C*est là l'or gine de la lutte entre l'élément pastoral représeni par les squatters et l'élément agricole représeni par les colons. Au reste dès que ceux-ci sonci de la zone étroite du littoral, dont nous afor parlé, la sécheresse devient telle que leurs fra de semence et de culture ne sont pa« coureru p2 la maigre récolte qu'ils obtiennent. Le froment, I maïs, l'avoine et l'orgp forment les principales c< réaies cultivées, au produit desqueUes s'ajout maintenant une récolte de vins asseï abondante Outre CCS productions analogues à celles de no climats, on cultive maintenant dans TAustrali' septentrionale, la canne à sucre et le coton, â l'ùdi des coolies chinois.

Forêts. — Les forêu comprennent surtout d^ arbres à gomme. On doit à l'Australie Yeucaiyplu dont l'introduction est si bienfaisante sons tous U climats où la gelée ne le fait pas périr durail'hiver. Malgré sa croissance excessivement rapidil atteint des dimensions considérables (Xi y en an Australie de 150 mètres de hauteur, et dans î-^ terres chaudes et fertiles de la Colombie, d^rs l'Amérique méridionale, des eucaljrptus \A^xïUi depuis 3 ans atteignent déjà 15 mètres de hauteu] et fournit un bois très dur excellent pour les cri strucdons. Il donne une essence dont les propné. tés fébrifuges sont utilisées en médecine, ei ]'$ localités désolées par les fièvres sont elles-mêmti purifiées et assainies très rapidement par'des pUrh tations d'eucalyptus. Il rend sous ce rapport d ixmenses services en Algérie, en Italie, dans le miel de la France.

Mines, — Mais ce qui a fait surtout la répuution et la fortune de l'Australie, jusqu'à ce jour,, c'est la richesse de ses mines d'or. Sous le rapport géologique, la Nouvelle-Hollande offre les mêmes terrains que l'Europe ou l'Amérique, et doit renfermer les mêmes métaux divers. Newcastle, dam la Nouvelle -Galles, possède de rtehos mines dd houille, l'Australie méridionale renferme des gisements de cuivre. Entre 1840 et 1850, on découvrit dans les montagnes du sud des gisements aurifères dont la richesse attira, dès que le bruit s'en fat répandu, des bandes considérables dlmmigranu et d'aventuriers de toute espèce. Ce fut là la principale cause d'accroissement rapide de la popalation. Bien que l'importance de cette exploiution ait aujourd'hui diminué, l'exportation des métaux précieux s'élève encore environ à 250 millions par an.

6. Géographie polltiq[ae. — Les convicts. -> Dans le principe ce fut la présence des convicta qui permit à la colonie anglaise de vivre et do se dévelop* per. Plus tard la quantité des immigrante et Tac* croissement local de la population ont suffi pour la faire prospérer.

Formation des colonies actuelles. — La Nouvelle- 1 Galles s'est morcelée à mesure que le développement du nombre des colons et l'exploration da continent permettait de nouveaux établissements. Aujourd'hui la Nouvelle-Hollande est divisée en cinq colonies : la Nouvelle-Galles et Victoria, au S. E.; le Queemland, àl'E.; V Australie méridionale, au &: \ VA.occidentale^k l'O. L'Australie septentrionale est rattachée à l'Australie méridionale, dont le terri* toire traverse ainsi du S. au N. toute l'étendue do continent. La Tasmanie forme une sixième colonie. Gouvernement. — Ces diverses colonies, à lex- i ception de l'Australie occidentale, ont obtenu de

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fADgleteire de se gouTerner elles-mêmes. La métropole se borne à y envoyer un gouverneur oui y joae le rôle de souverain constitutionnel. Il est entouré de deux Chambres, représentant la Chambre haute et la Chambre des communes du gou- Teroement de U Grande-Bretagne. La première est sommée suivant des systèmes différents dans chaotie colonie ; la deuxième tire son origine du suffrage universeL

Ulksprmcipalei* — Melbourne, la métropole de Victoria, la plus ridie des colonies en mines d*or, compte déjà plus 200,000 habiUnts, là où il y a cinquante ans ne s'élevait encore aucune maison. Ballarat et Sandhurstj dans la même colonie, ont de lii à 40,000 habitants attirés aussi par la richesse ifiî placera voisins.

Sydney^ la métropole de la Nouvelle-Galles, qui «t U principale ville industrielle, a plus de j 30,000 bibiuots.

La capitale de F Australie méridionale, Adélaïde ^ h ville des farines comme on rappelle, à cause de HaiDortance de ses exportations en céréales, en renferme plus de 30,000, et Bnsbane, la capitale toQta récente du Queensland, en a déjà à peu prè^ anunt. Hobart-town, la ville la plus importante de laTasmanle, située sur la cOte méridionale, a une TÎojnaine de mille âmes.

Statistique, — Télégraphe transcontinental, — La travaux publics ont atteint un grand développemeni, et un télégraphe relie depuis quelques années àdélaîde à Port-Darwin, sur la côte septentrionale, on face de Tile Melville. Traversant d'immenses scUlndes où ont misérablement péri de soif et de {aim plusieurs des explorateurs qui ont voulu en pénétrer le mystère, le fil relie les stations, où les employés n*ont pas seulement à se défendre contre la tristesse, mais aussi contre les attaques des natnf ds. Cest de ces sutîons que des nouveaux explomeors partent souvent pour chercher dans les déserts de Tonest quelque nouveau territoire propre à la pâture ou à la colonisation.

Accroissement de la population, — Commerce. — L'cicédant des naissances sur les décès et Timportance de Timmigration font accroître rapidement la population de TAustralie. On compte au- Jeard'hui eoO,000 habitants dans la Nouvelle-Galles ; StS,0OOdans Victoria ; 210,000 dans TAustralie méridionale; 180,000 dans le Queensland; 25.000 dans l'Attstralle occidentale, et 140,000 dans la Tasmanie, et en outre on évalue à 55,000 le nombre des indigènes. Cette population est encore excessivement fdible relativement à la superficie de ces colonies. Victoria renferme 4 habitants par kilomètre carré, laTumanie 2 seulement, la Nouvelle-Galles 7 habi- Unts par 10 kilomètres carrés, le Queensland et l'Australie occidentale I seulement, et rAustralie méridionale avec TAustralie septentrionale 2 seulement par 100 kilomètres carrés. Leur commerce d^importation atteint un milliard de francs, et celui d'eiportation n*est guère moins considérable.

6. NouveUe-Zèlande. — lîistoriqîte de la décou-, ^t' — Le Hollandais Tasman est le premier Eoropéen qui vit, au milieu duxvii« siècle, la Nourelle-Zélande, mais il ne s*arrèta que peu de temps sur ces côtes, où la baie du Massacre, au nord de la grande lie du milieu, rappelle encore, ptt un nom, raccueil que lui firent les indigènes. « devait s^éoonler plus d'un siècle avant que le capitaine Cook abordât de nouveau dans ces parages, Qont il rapporta le premier une description préôie.

Géographie générale, — La Nouvelle-Zélande se compose de trois lies, orientées du N. au S., la Bjmdîonale beaucoup plus petite que ses voi-

Situation géographique, — En latitude, l'archi- Pel est compris entrerai* et 47- de latitude S. En '<>&ptade, Ta pointe S. O. de Ttle du (lilieu, at- 1

teint 164* à TE. de Paris, et la pointe N. E. de TUe septentrionale i76*.

Superficie, — Les trois lies réunies ont à peu près la même étendue que la Grande-Bretegne.

Distance de VAutraiie. — Elles sont à àOj lieues environ des côtes de l'Australie.

La Nouvelle-Zélande à l'arrivée des Européens,^ Quand le capitaine Cook parcourut ces rivages, il y rencontra une race indigène d'une intelligence et d'une beauté remarauables, mais d'ime méfiance excessive contre les étrangers, divisée au reste eu plusieurs tribus rivales et pratiquant l'anthropophagie. La nature du pays était séduisante. Partout une riche végétation, un sol accidenté, de Jolies rivières, et au-dessus de tout cela des montagnes gigantesques, surtout sur la côte occidentale de Tile du Milieu, où le mont Cook dépasse 4,000 mètres d'altitude. Pas de hôtes féroces, beaucoup d'oiseaux, des baies poissonneuses sur la côte, où les naturels, adroits pécheurs, formaient leurs filets avec les fibres d'un textile nouveau pour les Européens, qu'on nomme maintenant le phormium tenaXj ou lin de la Nouvelle-Zélande.

Lutte contre les uaturels Maoris. — Malgré la relation et les voyages de Cook, l'Angleterre ne fonda point de colonie à la Nouvelle-Zélande. Ce ne fut çiu'en 1840 que des compagnies particulières vinrent y implanter le drapeau de la Grande- Bretagne. Les Maoris, c*est le nom des indigènes, défendirent leur indépendance avec un courage, une férocité (^u'on vit rarement réunis à un si haut degré. Si leur cannibalisme ne nous faisait horreur, nous dirions en toute justice que c'était une noble race. Quelques-uns ont accueilli les missionnaires chrétiens, et vivent en bonne intelligence avec les Européens. Comme tant d'autres, cette race est appelée à disparaître. Le nombre en diminue tous les jours. Les Maoris ne sont plus que 40 à 5!»,000.

Développement de la colonisation européenne. — Tout, au contraire, favorise le développement des Européens sous cet heureux climat. La Nouvelle- Zélande est un véritable archipel britannique trans porté dans l'hémisphère austral. Si elle est plus rapprochée de l'équateur que sa métrople , la température y est modérée par l'élévation de ses monugnes, les glaciers suspendus à leurs flancs, et la masse d'eau de 1 Océan austral qui maintient les climats plus froids que dans notre hémisphère. Les anciens volcans ont répandu sur le sol des produits d'origine ignée très fertilisants. Les plantes de l'Europe y poussent avec une vigueur surprenante. Le sol y nourrit 1 5 ou 20 fois autant de moutons sur le même espace que celui des districts pastoraux de l'Australie. Les pluies sont abondantes, la sécheresse jamais à craindre. Les montagnes renferment des mines d'or dont la richesse va en s*accroissant, tandis que celles de Victoria et de la Nouvelle-Galles s'appauvrissent. La population de la Nouvelle-Zélande est de 400,000 âmes. Elle possède 12 millions de moutons, 500,000 tôtes de bétail^ 100,000 chevaux et encore plus de porcs.

Comme on Australie, la vie industrielle ne comprend guère dans la Nouvelle-Zélande que des mineurs. La majorité de la population est consacrée à la vie pastorale ou agricole.

Gouvernement. — La Nouvelle-Zélande a obtenu depuis 1852, la première de toutes les colonies australiennes, la faveur de se gouverner elle-môme. C'est à Wellington que siège le gouverneur nommé par la couronne, entouré des deux Chambres du Parlement. Chacune des deux grandes lies est partagée en quatre prorinces qui jouissent d'un gouvernement local analogue à celui des cantons suisses, oo des ÉUts de l'Union américaine.

Villes principales. — Wellington, la ville gouvernementale, située dans l'Ile du N. sur le détroit

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de Gook» qui la sépare de Tlle du Milieu, n*a que 10,nOO habitants. Auckland, dans l*lle du N., sur on isthme étroit qui ratuche à la masse de Tlle rétroite péninsule la terminant au N., a 30,000 habitanU. bunedin, sur la c6te E. de nie du IliUeu, en a 18,000. [G. Meissas.]

Exeroloes géographiques.

D'où vient le nom d'Australie? — Par qui a-t^Ue été découverte? — Par quelles mers est-elle baignée? — Par quel tropique est-elle traversée? — Quel est le climat de TAustralie? — Par qui estr elle habitée? — Quels sont les principaux troupeaux qu'on élève en Australie? — Qui a découvert la Nouvelle Zélande? — A quelle distance se trouve-t-elle de TAustralle? — Que sont les Maoris.? — Quelles sont les productions de la Nouvelle-Zélande? — Ses montagnes sont-elles élevées?

Ouvrages à oonsiiltsr. — Voyage autour du Monde, par le comte de Beauvoir, tolume !•'. Avstralie;

A traven l'Au$tralie, par le colonel Warburton. Tour du Monde» 187S. i« tolume, pages 289-304;

Exploration de r Australie, par de Fontpertuia {La Nature, 4* année, p. 306).

AUTEICHE. — Géographie générale, XII. — Etym. : Ce nom est la forme française du nom allemand CEsterreich (ostf est; reich, royaume) dont la signification : royaume de t'est, rappelle

Sue ce pays éuit la partie orientale de l'empire 'Allemagne.

1. Géographie physique. ^ Situation, — L'Autriche proprement dite occupe seulement le bassin moyen du Danube entre les Alpes et le plateau de la Dohôme. Mais comme c'est autour de ce pays etdeyienne, sacapiule, que se sont eroupés les divers Etats dont la réunion constitue 1 empire qui fait l'objet de cet article, on a étendu le nom d'Autriche à l'ensemble de toute la monarchie. Aujourd'hui le nom officiel de celle-ci est monarchie austro hongroise^ depuis l'adoption de la constitution de 18G7 qui a réglé les rapports entre les deux grandes parties de l'empire : l'Autriche et la Hongrie.

Limites. — L'empire austro-hongrois forme le plus vaste Ëtat de l'Europe centrale. La Russie seule, en Europe, est plus étendue. L'Autriche est entourée par 1 Allemagne, la Russie, la Roumanie, la Serbie, la Turouie, l'Italie et la Suisse.

Du côté du Miai, la mer Adriatique, la Save, le Danube et les Carpathes lui forment des limites naturelles. Il en est de môme au nord-ouest où la Bohème est enveloppée par des montagnes, et à l'ouest, où le Vorarlberg touche au lac de Constance, et où le Tyrol est couvert par les Alpes. A Test, au contraire, la Galicie et la Bukovine ne sont guère que la continuation des plaines de la Pologne.

Forme et dimensions, — Le trait le plus singulier de la conformation de l'empire d'Autriche est la bande longue et étroite que la Dalmatie occupe entre la Turquie et la mer Adriatique. En retranchant la Dalmatie et le Tyrol du reste de l'empire, celui-ci offre la forme générale d'un quadrilatère compris entre 10* et 24* de longitude est de Paris, 45* et 51* de latitude nord, et qui a 650 kilomètres de largueur en latitude, sur 1,050 de longueur de l'est à l'ouest.

Superficie, — Entre ses limites extrêmes, avec le lyrol et la Dalmatie, Vempire a 022,000 kilomètres carrés de superficie, près d'un cinquième en sus de ce que couvre la France actuelle.

Population, sa densité, — Sa population est aussi supérieure à celle de notre pavs d'une manière absolue, mais beaucoup moins dense relativement à la surface qu'elle occupe Elle s'élevait, en 1876, à 87,350,000 habiunts, ce qui ne fait que 59 habitants par kilomètre carré, 11 de moins qu'en France. Il n'y a en Europe que la Russie, les divers Etata

Scandinaves , ceux de la Péninsule ibérique et ds la péninsule dos Balkans, qui offrent une moindrs population spécifique.

Orographie et hydrographie. — le» Alpes,— Le lyrol, la Carinthie, la Styrie, la province da Salzbourg et une partie de l'aivhiduche d'Autrichei sont couverts par la grande chaîne des Alpes et ses ramifications. Les glaciers n'y sont pas moins imposants qu'en Suisse, les vallées y sent au^si pittoresques, mais aucune cime n'atteint 4,000 met. Les deux plus hautes, YOrtler, à la source de TAdda, et le Gross'Glockner, à la source de la Drave, ont la première 8,900 et la deuxième 8,800 mètres d'altitude.

Les Carpathes, — Après les Alpes , le système montagneux le plus important est celui des Car* pa hes qui enveloppent la Transylvanie et la Hod* grie d'un vaste demi-cercle. Bien moins élevés que les Alpes, les Carpathes ont leur point culminant dans le massif du TaU^, sur les confins de la Galicie et de la Moravie : il n'atteint pas tout à fait 2,650 mètres.

Im Hohéme, — Autour de la Bohème, la cime U i plus élevée des Sudètes sur les confins de la Siiéi^ii prussienne et do la Silésie autrichienne s'élèTe î ' 1,600 mètres. Les Monts des Géants, qui les relient i à VErtgebirge, sont moins élevés. Dans VErzgebirgCt entre la Bohème et le royaume de Saxe, et dans la Forél de Bohême, entre celle-ci et la luvière, les altitudes les plus grandes se Uennent entre 1,000 et 1,200 mètres.

Plateaux et autres montagnes. — Entre c?^* diverses chaînes, la Bohême forme un plateau de 300 à 400 mètres d'élévation moyenne ; à l cxti-émité opposée do l'empire, la Transylvanie forme un autre plateau encore plus élevée de eOO mètres environ. La partie septentrionale de la Hongrie, située au nord du Danube et de la Theiss, est coaverte de montagnes parmi lesquelles ondistingup, à l'est, les monts Hegyailyn, sur les flancs desquels mûrissent les vignobles de Tokay. La Moravie, les pays compris entre la Drave, la Save et le Danube offrent encore un terrain accidenté.

Plaines, — Sur la rive gauche du Danube , aa contraire, s'étend la plaine hongroise, absolument plate jusqu'au pied du plateau transylvain. Au nord des darpathes, la Galicie forme une autre plaine plus élevée.

Bassins. — L'Autriche appartient presque tout entière au bassin du Danube, La Bohême déverse ses eaux dans VElbe qui y a sa source. La Silésie autrichienne appartient au bassin de VOder, U Galicie se parugo entre celui de la Vistute, tributaire de la Baltique, et celui du Dniester, tributaire de la mer Noire. Bien que située à l'Orient des Carpathes, la Bukovine déverse ses eaux par le Prutn, dans le Danube. Le l^rol méridional,

Sar YAdige et le 1 renta, l'Istrie et la Dalmatie par es cours d'eau moins importants, appartiennent an versant de l'Adriatique.

Le Danube. — Dans Varchiduché, — C'est sur la frontière commune à l'Autriche et à la Bavière que le Danube se grossit à droite de Vlnn, le .plus considérable de ses affluents. A ne considérer que l'abondance des eaux, l'Inn est la vraie tète du fleuve, mais la vallée du Danube en Bavière a une plus grande importance (^ue celle de l'Inn, et c'est la raison de la préémmence du cours d'eau qui l'arrose. Le Danube passe ensuite à Lintz, la capitale de la Haute- Autriche. Le cours du fleuve, resserré par les montagnes qui l'enserrent sur ses deux rives, devient rapide et agité, avant de déboucher dans la campagne ouverte où se trouve Vienne. On l'a canalisé en cet endroit de manière à mettre la ville à l'abri des inondations, et il s'en trouve élolené à présent de quelques kilomètres vers le nord, au heu d'en baigner les murs comme autrefois. Le fl,euve passe ensuite devant Presbourg,

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rindenne capitile de la Hongrie, et reçoit à droite liRaaà grossie elle-même de la Leitha^ petite riùère sans importance comme cours d'eau, si elle se formait la limite entre les deux moitiés autrichienne et hongroise de Tempire : le Cis-Leitkanie au nord-ouest et la Trans-Leithame au nd-est.

Dans ta Hongrie. — Plus loin le fleuve quitte brusquement la direction ouest^est qu'U suivait ^BsqueU et se recourbe au sud. Il sort dès lors du bttsiD de Presbourg, pour entrer dans la grande pliîne de Hongrie. Bientôt on voit s'élever sur sa rite droite les murs de Bude, la capitale historique de Hooerie, eeile où le roi de Hongrie reçoit la coumine & SaiDt-Étienne sur un tertre formé avec la une apportée de tous les oomitals de la Hongrie, antii que sur la rive gauche Pest, la capiule Qoderoe, le siège de la Diète hongroise, s*étend dans la plaine. Le Danube reçoit enauite à droite h ùtitce, un de ses grands affluents, qui sépare la Hongrie de l'Esclavonie, prend la direction de loQcsi à l'est que suivait cette rivière, reçoit, à {:;ucbe, la Theiss, se recourbe du nord au sud mme ccite dernière rivière et arrive devant Belfmkf la capitale au royaume ae Serbie. Là il KCoU la Save, prend pour la troisième fois la direction de son affluent et se dirige à l*est, en formant la frontière commune de l'Autriche et de U Serbie Jusqu'à Orsova, où il sort définitivement de TAntriche pour traverser les CarpaUiea par les tapotants défflés des Portes de fer.

Them. — La Theiss naît dans les Carpatbes, su. ks confins de U Hongrie, de la Galicle et de l; Tnosjlvanie. U est difficile de rencontrer ur coon d'eau plus capricieux dans ses détails. Li peote en est si faible, au milieu de la plaine de Hongrie, qu'il change constamment de direction, et ^s anciens lits deriennent peu à peu des maréogçs. A. l'époque des inondations, tout le pays environnant ne forme plus qu'un immense lac, d'oQ émergent quelques rares habitations. Lesin- ^éniears travaulent constamment à corriger le COQ» de la rivière par des coupures qui en diminrent l'étendue en augmentant la pente, drainent ks terrains inondés pour les rendre à la culture, et assainissent le pays.

Bosfm de rEtbe. — L'Elbe, dont la source se tToave sur le revers méridional des Monts des Géants, coule d'abord du nord au sud et passe dorant les remparts de Kônigorâtz^ au pied desquels s'est livrée la sanglante bataille de Sadamay INdi elle tourne successivement à l'ouest et au nord-ouest. Elle reçoit alors, du sud, son affinent le plus considérable, IkMoldau quia traversé Prague ^ qui, par la longueur de son cours et l'abondance de ses eaux et la direction qu'elle imprime aux d?u cours d'eau réunis, mériterait de aonner son nom au fleuve.

Il Vistuie, — La Vistule, qui naît sur les limites de la Silésie prussienne et de la Silésie au tri ctûeoDe, traverse Cracovie, la dernière ville de ('ologne qui eût gardé, jusqu'en 1846, une ombre dindépendance, puis sert de frontière entre la G^tirio antrichi^nne et la Pologne russe. Vàdigê, — L'Adige prend sa source dans le Jpol, vu les confins de la Suisse ; en Autriche, ii traverse Trente^ célèbre par le grand concile qui l'j réunit au xvi« Siècle, puis entre en lulie.

Lact. -^ Le plus grand lac de l' Autriche-Hongrie mie Balaton en Hongrie, entre Bude et Agram. H utend du snd-sod-ouest au nord-nord-est, sur une ^gneor de 80 kilomètres, avec une largeur de 7 à 1 0. M profondeur, très faible relativement à son éten- Joe, ne dépasse guère 10 à 12 mètres. Le lac Ajwiwfe/, entre Vienne, Presbourg, Raab et ^«nbourg, offre cette curieuse particularité ^>u traTOne des périodes d'inondations et de

dessèchements successifs. H y a quelques années, il avait, à juste titre, disparu des cartes. Actuellement, il se remplit de nouveau.

Dans la Camiole et sur la côte de Dalmatie, le sous-sol calcaire étant rempli de crev^ses intérieures, où les eaux de la surface disparaissent dans des gouffres souterrains, on voit aussi des lacs se former et disparaître, suivant que les eaux débordent des réservoirs insuffisants pour les contenir, ou y retrouvent un nouvel écoulement. On ne peut expliquer l'origine de beaucoup de rivières qui sortent brusquement de terre, en très grande abondance, qu'en leur attribuant un cours mystérieux de cette nature.

Le plus célèbre des lacs intermittents est celui de Zirknitz dans la Carniole, où Ton peut successivement pécher, labourer et moissonner.

Dans le pays de Salzbsurg, et dans toute la région des Alpes, en général, on trouve des lacs gracieux comme ceux de la Suisse et de la Bavière méridionale, mais moins étendus.

Côtes et iles. — L* Austro-Hongrie n'a de rivages maritimes que sur la mer Adriatique. Depuis la perte de la Vénétie, la cète autrichienne commence au nord do l'Adriatique, à quelque distance de la vieille cité romaine d'Aquilée, maintenant ruinée, mais dont la situation, à rintérieur des terres, marque le recul du rivage depuis qu'elle fut élevée. Bientôt on arrive à Trieste, le premier port de l'empire, et celui où se concentre presque tout son commerce maritime. Mais c'est au sud de la péninsule d'Istrie, à Po/a, autre cité romaine, où l'on retrouve encore de beaux monuments rappelant son antique splendeur, que se trouvent concentrés les établissements de la marine militaire. Au fond du golfe de Quarnéro, qui sépare l'Istrie de la Croatie, Fiume est appelé à devenir le principal port pour la Hongrie. Le long de la côte s'étendent les lies Illyriennes, habitées par une population de pécheurs, où l'on recrute aexcellents marins comme sur tout le rivage de la Dalmatie. Autrefois ils firent la puissance des flottes romaines, plus tard de celles de Venise, aujourd'hui ils font celle de la flotte autrichienne. Les montagnes dominent de si près la mer, (|ue toute la vie est concentrée sur le rivage. Les villes sont rapprochées les unes des autres, mais comme aucune d'elles, vu l'absence de routes, ne peut servir de débouché aux pays de l'intérieur, on n'en rencontre pas d'importante. Zara est la capitale militaire de la Dalmatie ; Spalato conserve encore de magnifiques restes au palais où l'empereur romain, Ijioclétien, se retira après son abdication. Une partie des monuments, des maisons, des magasins de la ville y ont été établis. ' iPlus au sud est Baguse, qui fut une république jprospère et commerçante avant d'être asservie

Sar Venise. Enfin, au pied des montagnes du [ontenegro. les Bouches du Caitaro o&ent un des ports intérieurs les plus curieux de la terre. L'entrée en est étroite, le golfe s'élargit et se resserre tour à tour entre les montagnes qui baignent à pic dans ses eaux, de manière à former une série de lacs presque indépendants les uns des autres où le visiteur est charmé par les panoramas ravissants et imprévus qui se déroulent tour à tour devant ses yeux.

Climat. — La Dalmatie, Tlstrie et le Tyrol méridional jouissent du climat méditerranéen. La température moyenne de l'année y est de 12 à 15 degrés centifirades. L'olirier, le mûrier dont la feuille nourrit les vers à soie, le figuier, la vigne, le mais, le riz, le froment forment les principaKs cultures de cette région.

Dans toute la partie du bassin du Danube comprise entre les Alpes et les Carpatbes, les hivers deviennent plus rigoureux, les étés plus courts, la température moyenne n'est plus que de 9 à 12 degrés centigrades. La vigne, le froment et le malf

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rénssisBent encore, les forêts couYrent de grands espacés, sauf dans la plaine de Hongrie.

Enfin, au nord des Garpathes et dans le nord de la Bohême, la température moyenne est encore

{ilus basse, de 7 à 9 degrés seulement. Le mais et a yjgne ont disparu. On trouve à leur place le chanvre et le lin môles à la culture du froment et autres céréales.

Les différences d'altitude modifient naturellement cette classification. Les Alpes portent des glaciers et de vastes espaces incultes, elles agissent aussi comme grands condensateurs d'humidité. C'est sur leurs sommets et au voisinage de TAdriatique que le sol reçoit le plus de pluie. Les montagnes de la Bohême et les Garpathes méridionales exercent la même influence, mais à un degré moindre.

2. Géographie agricole et Industrielle. — Agriculture. — En Jetant les yeux sur une carte géologique de l'Autriche, on voit que la plaine de Hongrie, la Galicie et les environs de Vienne sont formées presque exclusivement d'alluvions. Aussi sont-ce des régions très-fertiles en céréales. La Hongrie passe aujourd'hui pour être l'un des greniers de TEurope. Cependant entre le Danube et la Tlieiss le terrain, marécageux ou sablonneux est improductif. Les pitres y promènent leurs grands troupeaux de bœufs, de moutons, de porcs et de chevaux qui forment la monture indispensable de tout Magyar fidèle aux instincts de sa race. On peut dire de l'agriculture, en général, qu'elle a fait depuis peu d'années de grands progrès dans ce pays, qui ne pouvait auparavant se suffire à lui-même. Les vins de Hongrie, de Styrie et de Dalmatie sont abondants et de bonne qualité. La Hongrie produit beaucoup de tabac, la Bohême, des betteraves, du houblon, du chanvre, du colza; les terres arables couvrent près du tiers du territoire, dont un septième seulement est improductif.

Forêts et pâturages. — Les forêts sont aussi étendues. Jusqu'à l'altitude de 900 mètres, le chêne en forme l'essence dominante et les bassins de la Save et de la Drave sont un des points de l'Europe d'où l'on tire ce bois en plus grande quantité, en même temps qu'ils fournissent une abondante glandée aux troupeaux de porcs qui les parcourent. La Dalmatie, autrefois couverte de belles forêts, dans lesquelles les Vénitiens se sont longtemps approvisionnés pour leur marine, est aujourd'hui tristement dénudée. La plaine de Hongrie ne renferme pas non plus de bois. Par conire, la Transylvanie rappelle par son nom la parure naturelle dont elle est revêtue. Au-dessus de 1,000 mètres poussent les sapins et autres arbres verts, comme en Suisse. Les prairies naturelles ou artificielles et les jardins se partagent le reste du territoire, qui peut ainsi nourrir de nombreux troupeaux. Les bestiaux y sont de belles races, et les chevaux autrichiens ou hongrois sont renommés pour leur force et leur élégance. Les bêtes sauvages abondent aussi dans les forêts où les chasseurs poursuivent les chevreuils, les cerfs, les renards, les loups ou les cors*

Productions minérales. — C'est autour des roches anciennes de la Bohême, du massif des Alpes et des Garpathes de Transylvanie qu'on trouve la plus grande diversité de couches géologiques et la plus grande abondance de minéraux utiles.

Houille. — La Bohême possède les plus riches bassins houillers. Aussi est-ce la province de tout l'empire où l'hidustrie a atteint le plus grand développement. La Styrie offre aussi quelques bassins houillers utilisés dans les forges et autres établissements métallurgiques très nombreux dans cette région.

Fer. — Le fer est le métal le plus répandu ; on l'exploite surtout en Styrie et en Garinthie, où il

sert à produire un scier d'excellente qualité et I fabriquer un grand nombre d'outils.

Autres métaux. — On exploite l'or en Transylvanie et en Hongrie, autour de Scheninltz ; l'arg sut, dans les mêmes provinces et en Bohème. leiberg, en Corinthie, dit sssex par son nom (montagne de plomb) quelle est sa richesse. Idna, en Garniole, sur les confins de Tlstrie, possède U seule mine d'Europe riche en mercure, arec celle d'Almaden, en Espagne.

Sel. — Le sel marin ne se recueille pas seulement sur le rivage de l'Adriatique. Les mines de Wieliczkat près de Gracovie, sont au premier rang

EDur leur richesse, parmi les mines de sel gemme, e pays de Salzbourg doit son nom aux nombreuses mmes de ce genre qu'il renferme ; et on en trouve d'analogues en Styrie, dans le Tyrol, U Hongrie et la Transylvanie.

Eaux minérales. — C'est dans les mêmes régions que se rencontrent aussi les eaux minérales. En Bohême les plus célèbres sont celles de Carlsbad, de Sedlitz, de Pulna ; dans le pays de SaUboorg, celles de Gastein ont récemment acquis une renommée historique, depuis l'alliance eue l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse y conclurent en 1864, et d'où sortit la guerre contre le Danemark, prélude des grands mnements de 1866 et de 1870.

Manufactures. — C'est en Bohême qu'elles se trouvent surtout concentrées. Sur les limites de la Silésie et de la Saxe^ on voit un grand nombre de filatures de coton et de chanvre, et des fabriques de toiles qui trouvent dans les coura d'eau dcâ moteurs économicjues. Les draps se fabriquent surtout en Moravie et sont recherchés pour leur belle qualité. La Bohême possède encore des manufactures de cristaux renommés pour leur pureté et leur éclat, des papeteries, des fabriques de sucre de betterave et de produits chimiques.

La Styrie et la Garinthie renferment un grand nombre de forges, de fonderies, qui produisent depuis fort longtemps des faux, des instruments aratoires et de la coutellerie très estimés. Les cuirs et les chaussures de Hongrie sont aussi recherchés à l'étranger. La bière de Vienne joait d'une réputation universelle ; et c'est en employant la levure de cette bière à la fabrication du pain viennois qu'on lui donne les qualités de goût et de légèreté qui le rendent si agréable. Vienne, Pesth, Pra^e possèdent des fabriques de machines, des atehers de construction, et ces fabriques diverses qui se groupent autour do toutes les grandes villes. Gomme Paris, Vienne jouit, en outre, d'une grande réputation pour tous les articles de mode et d'art qui exigent du bon goût et de l'élégance.

Distribution de la population. — L'agglomération de la population est en rapport avec le développe ment de l'industrie. C'est en Bohême, dans les districts manufacturiers, autour de Vienne et de Gracovie, que la population est la plus dense. C'est dans la région des Alpes et celle des Garpathes qu'elle est la plus clairsemée.

3. Ethnographie. — Les Slaves. — Cette population est loin d'être homogène. Quatre races diffé* rentes la composent : les Slaves, les Allemands, les Magyares (c'est le nom national des Hongrois) ai les Roumains. Sous le rapport du nombre, les Slaves sont les plus nombreux : 17 millions ; mais à cause de leurs divisions et de leur dispersion, ils n'ont nulle part la prédominance sur les autres racesj et n'exercent pas dans le gouvernement de l'empire l'influence dont jouissent les Allemand? et les Magyars. On distingue parmi les Slaves : 7 millions de Tchèques, de Moraves tt de Slova« ques occupant la Bohême, la Moravie et le nordouest de la Hongrie; 2 millions et demi de Polonais couvrant la partie occidenule de la Galicie, et 8,200,000 Ruthènes répandus dans la partie est de la Galicie et en Hongrie le long des Garpathes.

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08 dÎTen groupes fonnont' ce qu'on nomme les Skves septentrionaux.

Les Slaves du Sud comprennent : 1,250,000 Slorènes qui habitent la Camiole; 8,200,000 Croates et Serbes qui peuplent Tlstrie, la Dalmatie, la Croatie, TEsdaTonie, et le sud de la Hongrie.

les Allemands. — Les Allemands occupent le second rangdans Tempire, parleur nombre. Ils sont près de 10 millions. Les uns forment la population presque tout entière de rarchiduché, de la Styrie« de U CarinUiie, du lyrol, de laSilésie autrichienne *, les autres sont fortement agglomérés dans les districts industriels de la Bohème, sur les limites de la Saxe et de la Silésie ; d'autres enfin sont répaodas sous forme de colonies sur divers points de U Hongrie ou de la Transylvanie. La plupart des fonctionnûes appartiennent aussi à cette nce.

Us Magyars, — Les Magyars sont de 5 à 6 mil- Ik»5, agglomérés dans la grande plaine de Honnie et dans Tangle S.-E. de la Transylvanie, où ils sont connus soua le nom de Steklers.

Par leur origine, les Magyars appartiennent comme les Finnois et les Turcs à la race Jaune, mais leur physionomie et leur caractère se sont bien modifiés depuis un millier d'années qu'ils sont fixés en ^Europe. Â l'origine ils répandirent une telle terreur que c'est du mot hongrois, dit-on, qu est venu m terme fabuleux d'ogre. Leur langue seule n'a pa^varié.

Us Roumains, — Les Roumains, au nombre de } millions, occupent le reste de la Transylvanie et U Bukovine.

Ce sont les restes des colonies romaines établies par Trajan et ses successeurs dans le pays des Daces. Us ont conservé une langue dans laquelle on reconnaît leur descendance latine, et ils lOQt fiers du nom qui rappelle leur illustre origioe.

Israélites j Italiens et autres races. — 1,500,000 Uraélites sont répandus sur divers points, dans les pindes villes, dans la Galîcic et la Hongrie. Les Italiens revendiquent comme leurs frères par la Un:^e et le sang 000,000 snjcts de l'empereur d'Autriche, qui habitent le Tyrol méridional et les ciiTirons de Trieste où leur langue est parlée counmment. Il y a encore dans l'empire 150,000 Tziganes ou fiiohémiens et quelques milliers d'Arméniens, de Bulgares, de Grecs, et autres races diverses.

Religion. — La religion catholique est dominante en Austro-Hongrie. On y compte près de 21 millions do catholiques romains. Les protestants ne sont que 3 millions et demi, habitant presque tons la Hongrie. Les Roumains suivent la religion recque orientale, qui compte plus de 3 millions aadbérents.

4. Géographie politique. — Dualisme autrehongrois. « Depuis l'adoption de la constitution à(i 1867, TAustro -Hongrie forme deux Éuts disliocts comprenant chacun un certain nombre de poys de Cempire.

Payt cisleithans ou auincntens. — La Gisleithame comprend la partie occidentale de l'empire, c'est-à-dire la Bohème, la Moravie, la Silésie autrichienne, l'archiduché d'Autriche, la Styrie, le Ty- T^l, U Garinthie, la Carniole et l'Istrie qui faisaient

rrtie de la Confédération germanique, et en outre Galicie avec la Bukovine, et la Dalmatie.

Pay» transleithans ou hongrois, — La Transleitbanie comprend la Hongrie, la Transylvanie, la CroaUe et l'Esclavonie.

U Gisleithanie renferme une population estimée ^21, 700,000 habitants sur une superficie de 30(), IMkil. carrés; la Transleiihanie 1 6 millions sur Iî2,î50kil. carrés. La première forme donc la partie y plus peuplée de 1 empire; c'est aussi la plus fiche et la plus prospère.

Gouvernement. — Chacune des deux parties da la monarchie a un gouvernement distinct. Mais pour les intérêts communs aux deux parties de l'empire, il y a troii ministres, ceux des affaires étrangères, de la lierre et des finances, qui se réunissent sous fa présidence du chancelier de Tempire et qui répondent de leurs actes devant une commission nommée par chacune des deux Chambres autrichienne et hongroise, dans des réunions qui ont lieu alternativement à Vienne et à Pesth.

Divisions politiques. — C'est comme empereur d'Autriche oue le souverain règne à Vienne, c'est comme roi ae Hongrie, qu'il exerce son autorité à Pesth, et les Hongrois sont très Jaloux de n'obéir qu'à un prince solennellement revêtu de la couronne historique de Saint-Étienne.

Cette constitution de 1867 est loin de satisfaire les désirs de toutes les nationalités diverses de l'empire. Les Slaves du Sud sont faloux des Magyars, dont ils prétendent ne point relever. En 1849, Tempereur a utilisé cette antipathie de races en se servant des Croates qm ont vaincu l'insurrection hon^ise, attaquée d'autre part par les Russes . Aussi la Croatie se refuse-trolle jus-

2u'à présent à envoyer des députés au Parlement e Pesth.

£n Bohème, les Tchèques revendiquent une autonomie analogue à celle des Magyars. En droit historique, la couronne de Bohème n'a pas plus de raisons d'être tributaire que celle de Saint-Étienne. Les Polonais, de leur côté, élèvent des prétention» analogues.

État économique actuel, — Dn grand revirement s'est du reste fait dans le gouvernement autrichien depuis une quinzaine d'années. C'était en opposant les races ennemies les unes aux autres, en mettant en pratique la maxime diviser pour régner, que l'emperenr maintenait son autorité, lïais depuia quelques années, des réformes politiques ou économiques ont rattaché à l'empereur par des liens de dévouement et d'affection des races restées jalouses les unes des autres.

Armée, — Les soldats autrichiens, justement renommés de tout temps pour leur courage et leur soliditéfforment aujourd'hui une des quatre grandes armées de l'Europe . (Les trois autres sont celles de TAUemagne, de la France et do la Russie.)

Marine. — La marine militaire n'occupe pas vis-à-vis de celles des autres puissances un rang aussi élevé que l'armée de terre. Mais grâce aux qualités maritimes des marins dalmates, elle a montré à la bataille de Lissa (1866), oui a assuré à l'Autriche la prépondérance dans la mer Adriatique, ce qu'on peut attendre d'elle quand elle est conduite par un chef habile.

Commerce. -* Le commerce maritime se fait presque exclusivement par le port de Trieste, qui est un des plus importants du bassin de la Méditerranée et qui est le siège du Lloyd autrichien, grande compagnie maritime analogue à nos compagnies des Messageries maritimes ou transatlantique. Quant au commerce continental et à celui de l'intérieur, le Danube est la grande artère qu'il suiu Et c*est pour cette raison que l'Autriche attache tant d'importance au libre passage des bouches de ce fleuve. Sur toute l'étendue de l'empire austrohongrois, la navigation du Danube a été améliorée par des travaux utiles, notamment au défilé des Portes de fer, par lesquels il traverse les Carpathes méridionales. En même temps la Hongrie se sillonne de canaux qui drainent les marais de cette région, et qui fournissent d'économiques moyens de transport pour les blés du pays, notamment dans le Banat (on nomme ainsi la partie méridionale de la Hongrie au nord du Danube, entre la Theiss et le plateau de Transylvanie).

Bien que son trafic extérieur ait quintuplé depuia 30 ans, malgré la perte de la Lombardie et de la

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Venétie» rAutriche n'occupe encore qu'un rang > econdaire comme nUton commerçante. L^Angleterre, l'Allemagne, la France» la Russie et la Belgique vieunent avant elle.

Chemins de fer. — Quant aux chemins de fer, on a donné une vive impulsion à leur construction non seulejaent dans les pays de plaines comme la Hongrie, où la chaussée se poursuit sans difficulté en ligne droite, mais dans les régions les plus difficiles. Le raiiway du Semmertng, entre vienne et Trieste, a été une des plus belles œuvres de l'art de ringénleur pour Tépoque où cette ligne a été «lécutee. C'est, en outre,.dans le Tyrol, entre Trente et Innsbruck, que la grande chidne des Alpes a été pour la première fois franchie par une voie ferrée, au col du B* enner.

A la fin de 1H7h, il y avait 10,707 kil. de chemins de fer en exploitation . dans les pays autrichiens et 6,656 dans les pays hongrois.

Grandes villes, — Vienne est une des grandes capitales de l'Europe et une des plus belles villes du monde. Elle renferme plus de 600,000 habitants et Tagglomération des communes limitrophes qui lui servent de faubourgs fait monter ce nombre à 1 million. Pest^ avec Bude à laquelle elle est reliée par un pont, renferme 270,000 habitants. Prague^ qui jouit d'une grande célébrité historique, et qui est la capitale nationale de Tchèques, atteindra bientôt le chiffre de 300,000. Trieste, bien bâtie en amphithéâtre au fond de l'Adriatique, en a plus de 100,000. Lemhergt la capiule de la Galicie, et Gvsgiz, la capitale de la Styrie, sont des villes de 80,000 habiunts. On en compte 70,000 à Brunn, à SzegediUf en Hongrie, qui comme beaucoup de fortes agglomérations de cette province est plutôt un grand village qu'une véritable cité. A travers leurs progrès dans la civilisation, les Magyars ont gardé de leur origine les goûts des peuples nomades. Ils n'élèvent pas de beaux monuments. Leurs villes sont tracées comme des camps. C'est dans la richesse et l'éclat de leurs habits qu'ils déploient ieur luxe plutôt que dans une installation somptueuse et raffinée de leurs demeurei, Agram^ en Croatie, qui joue pour les Slaves du midi le même rôle que Prague pour les Slaves du nord^ n'atteint pas le chiffre de 50,000 habitants.

[G. Meissas.]

Pour l'histoire, V. Autriche au Supplément,

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