‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 115 sur 562 · ASSYRIE · texte numérisé non relu

ASSYRIE

ronde Ninive, et conquis la Chaldée, rArménie, la Médie, toute les contrées situées entre la Méditerranée et rindos ; que sa femme Sémiramis, fille de la déesse Derkètô d'Ascalon, lui avait succédé et avait trouvé moyen d'a^ndir encore son empire ; enfin, que leur fils Ninyas avait conspiré contre sa mère, Tavait remplacée, et, monté sur le trône, était devenu le premier d'une longue lignée de rois fainéants. (le sont là des fables empruntées à Tépopée babylonienne. Les Assyriens étaient d'origine et de langue sémitique, cousins des Hébreux, des Araméens 'et des Arabes. Ils étaient venus de la Chaldée vers le vingtième siècle avant notre ère, et avaient été gouvernés au début par des rois prêtres, d'abord vassaux des rois de Babylone, bientôt indépendants et hostiles à leurs anciens maîtres. —Vers le milieu du xvii« siècle avant notre ère, les grands conquérants égyptiens Thoutmôs 1 et Thoutmôs III envahirent la Mésopotamie et la soumirent au tribut. Amenhotep II pénétra Jusqu'à Ninive et la prit. Ses successeurs maintinrent près de cinquante ans leur empire sur ces régions lointaines ; puis, les guerres de religion, au milieu desquelles périt la XVIII' dynastie, éclatèrent et l'Assyrie ne revit plus Jamais les Eg3rptien8. Ses rois en profitèrent pour s'agrandirent au détriment de leurs voisins.

2« PÉRIODE. — Premier empire (1270-1020). — Vers 1270, Toukiat-Adar I*' entra dans Babylone en conquérant et soumit tout le pavs. Ce fut désormais entre l'Assyrie suzeraine et la Chaldée vassale une série de guerres, où la Chaldée eut presque toujours le dessous. Vers 1130, un conquérant lieureuXyTouklat-habal-asar fTiglathphalazar) I*', porta ses armes au nord Jusqu au cœur de l'Arménie, à l'ouest dans la Syrie et Jusqu'aux bords de la Méditerranée. Les Assyriens montraient déjà les qualités oui devaient plus tard leur assurer l'empire de 1 Asie. Ils possédaient au plus haut deçré les vertus militaires, la force physique, l'activité, l'adresse, la sang- froid, la bravoure imperturbable : ils cherchaient le taureau sauvage ou le lion qui abondait dans leur contrée et l'abordaient face à face. D'autre part, c'était un peuple de sang, plein de violence et de mensonge , sensuel , orgueilleux à l'excès, fourbe et traître par mépris des ennemis. Peu de nations ont abusé plus insolemment des droits du plus fort. Ils démolissaient, ils brûlaient les villes sur leur passage, ils empalaient ou écorchaient vifs les chefs rebelles : malgré l'éclat et le raffinement de leur civilisation extérieure, ils demeurèrent toujours barbares.

3« PÉRIODE. — Second empire (1020-7 4S). — Leur premier empire dura peu. Assour-rab-amar, petit-fils de Touklat-habal-asar I"*, battu près de Karkémish par les Syriens confédérés, perdit toutes les conquêtes de ses prédécesseurs (vers 1060/, et la vieille dynastie ne survécut pas longtemps à son désastre. Vers 1020 une famille nouvelle monta sur le trône. Il lui fallut près d'un sièclo et demi pour relever la grandeur de la monarchie. Enfin, Touklat-Adar II (889-882) reprit l'œuvre de conquête : désormais, pendant deux cents ans, la vie des rois assyriens ne fut qu'une guerre perpétuelle. Adossés au plateau de Médie, bornés par les massifs de VArménie, ils ne s'étendirent guère vers le nord et vers l'est : ils auraient trouvé dans ces régions beaucoup de peine et peu de profit. S'ils s'y aventurèrent parfois, ce fut pour entreprendre quelques razzias vers la mer Noire et la mer Caspienne, ou pour pousser des pointes hardies vers la Médie et iusque sur l'Indos. Leurs grands champs de bataille se trouvaient au sud à Babylone et dans TElam, à l'ouest et an sud-ouest en Syrie. Le successeur de Touklat-Adar II, Assour-nazir-habal (882-857) commença les expéditions lointaines. En 8â2, guerre contre l'Arménie ; en 881, guerre contre l68 peuples situés dans la région du Zagros ; en

880, nouvelle guerre en Arménie ; en 878, guerre es Mésopotamie; en 877 enfin, guerre contre la Syrie et soumission des princes qui occupaient la partie septentrionale de ce pays. Salmanasar III (gS7-8t3^ alla plus loin vers le sud. De 854 à 843 il ne ces» lutter contre les rois de Damas, Benhadar m et Khazaèl, et réussit à les battre. En 843, Damas fut prise ainsi que plusieurs autres places fortes, et les Assyriens pénétrèrent jusque aans les moo- Ugnesdu Hauran: les rois des Phéniciens et du Hébreux se soumirent au tribut. La suprématie militaire de l'Assyrie se maintint encore sous ses pre- QÛers successeurs ; mais Salmanasar IV usa son Agne (780-770) à lutter sans succès contre l'Arméme et la Médie; après une seule expédition contre Damas (772) 11 fut contraint d'abandonner la Syrie. Après lui, la décadence fut complète. Les traditions classiques plaçaient vers cette époque une première destruction de Ninive, Un Sardanapale, le dernier des rois fainéants descendants de Ninyas, vaincapâr Arbakès le Mède et Belésys de Babylone, a»i('gé dans Ninive pendant trois ans et prêt à succomber, se serait brûlé dans son palais avec ses femmes et ses trésors. Les monuments nous ont pronTé que le récit de cette guerre était on simple romin historique.

4* PÉRIODE. — Les Sargonides (74o-625?j. - Un usurpateur d'origine inconnue, Touklat-babalasar (Tiglath Phalazar, Phoul) If, releva la royauté. La Chaldée était en révolte, il la réduisit (TiS. La Syrie refusait de payer le tribut : il prit Arpad et Haroath et la manière dont il les traita décida les réfractaires à se soumettre (744, 743- 739). Les quatre années qui suivirent (738-73J) furent employées au nord et à Test contre l'Arménie et la Médie: en 730 même, le roi. quitunt les sentiers battus, se dirigea droit vers TOricnt et poussa une pointe hardie jusqu'à l'Indos. appelé en Palestine par le roi de Juda, il ravagea le royaume d'Israôl (734), puis se retourna contre Damas qu'il prit après deux ans de lutte (733-:33j. Toute la Syrie était conquise ou tributaire : la barrière de petite Etate qui avait séparé l'Assyrie de TËgypte était abaissée, et les deux grands empires du monde oriental se trouvaient face à face. La latte n'éclate pas tout d'abord : l'Ethiopien Shabak (Sabacon, Suaj, avant de s'engager dans cette guerre, essaya de se ménager des alhés, IsraQl, Juda, Moab, h Phénicie. Salmanasar V (72U-721) le prévint, bloqua Tyr et Samarie et allait les prendre quand il mourut sans laisser d'enfants. Un général nommé Saryoulin (Sargon) lui succéda et fonda une nouvelle dynastie, la plus active et la plus puissante de colles qui régnèrent sur l'Assyrie. Samarie fut détruite (72i;, l'Elam battu (721), Shabak vaincu à Raphia (720), l'Arménie conquise (719-709). Sin-akhé-irib II (Sennachérib) qui lui succéda (704-631), malgré un échec en Judée, maintint glorieusement et agrandit aui dépens de l'hlam le royaume de son père. Babylone iiit prise et réduite au rang de vassale. Assour-akhé-idm (Esarhaddon) II, après des campagnes heureuses contre les Arabes, pénétra dans le Delte, battit l'éthiopien Taharqa et réduisit \tr gypte en province assyrienne (672). Sous son tili Assour-ban-habal (666-6?) la puissance de Ninive atteignit l'apogée : maître de l'Egypte land-GÙb) et de Babylone, il détruisit le royaume d Elam a^rès vingt ans de lutte, reçut la soumission de la Oilicie et de la Lydie. Presque le dernier de sa race, il fut celui dont la domination s'étendit le pla8,et dépassa ses prédécesseurs en activité, en courage, en énergie, en cruauté, comme si l'Assyrie, b^ sentent près de sa ruine, avait voulu réunir en on seul homme toutes les qualités qui avaient fait sa grandeur et tous les les défauts qui ont souillé sa gloire.

La fondation d'un grand empire Mède, et rùirasion des Kimmériens (634-627) ruina l'Assyrie. U

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inèdeOuvakh8h4trâ(Ky«arè8), allié au gouverneur rérollé de Babylone, Nabou-bal-ous»oup (Nabopolassar) attaquèrent le second successeur d*Âssour-banhabal, Âssour-akbé-idin III (Saracos), et le forcèrent à se tuer pour ne pas tomber vivant entre les mains de l'ennemi (62of). Ninive détruite, l'empire d AssTTie tomba. Au bout de quelques années, il était pkssëà réut de légende; moins de deux siècles après, on ne connaissait plus d'une manière certaine le site de sa capiule. Certes les autres nations de rOrient n'avaient pas aux jours de leur gloire épargné les vaincus : mais du moins, à côté ^cienr œuvre de colère, elles avaient accompli une œu^re de civilisation. L'Assyrie prit ses sciences, «es lettres, ses arts, son écriture, sa religion aux Qttldéens (V. l'article Chaldée) : la seule chose qui loi appartienne en propre, c'est la férocité de ses eénéraux et la bravoure de ses soldats. Du jour qaelie apparut dans l'histoire, elle ne vécut que pour la guerre et pour la conquête; le jour où sa population épuisée ne lui permit plus les succès du champ de bataille, elle n'eut plus sa raison de tiTTc et Sispanit. [G. Maspero.]

ASTRONOMIE. — L'astroaomie est la première des sciences non seulement par la grandeur de son objet, qui embrasse l'univers tout entier, mais aussi par soo antiquité séculaire, car son origine se confond aTec celle de l'histoire, avec celle de l'humaùté

1. Hiatorli|iie sommaire de l'astronomie. — bes origmes en Orient, — Avant môme d'avoir inventé récritiire et commencé l'histoire, les hommes observaient déjà le ciel ; cherchaient à y surprendre les anses des événements, des saisons, des variations de la nature terrestre ; jetaient les bases d'une mesore élémentaire du temps, d'un calendrier primordial ; s'ingéniaient à fixer par le retour des phénomènes célestes les dates des travaux, des fêtes, des actes principaux de la vie ; suivaient le cours du soleil, de la lune et des étoiles ; remarquaient les planètes brillantes qui se déplacent du» l'armée des fixes ; cherchaient des points de repère parmi les étoiles pour se guider sur mer et dans les voyages d'émigration; traçaient les premières cartes célestes; formaient les constella^ tions, et v inscrivaient comme sur des tablettes impérissables les faits qu'ils voulaient graver dans leur mémoire et conserver aux siècles futurs.

Cest sous le beau ciel de rOrient que l'astronomie a pris naissance, pour se répandre de là en Chine, en Chaldée, en Phénicie, en É^pte, en Grèce, en Italie et dans toutes les parties au monde successivement conquises par l'esprit humain. Los premiers astronomes ont été Ias pasteurs de VHimalaya. La multitude des étoiles, leur cours uniforme et majestueux, l'éclat splendide des plus brillantes, la douce blancheur de la voie lac^e, Vétoile filante qui semble se détacher des cieux, le profond silence de la nature recueillie, puis l'Orient J^ pâlit, l'Aurore qui s'annonce, Vénus, l'étoile du wïger, qui reste la dernière, et la symphonie grandiose da lever du soleil, qui éclate dans sa gloire et dins sa splendeur, formaient un enchaînement de tableaux, une succession de scènes dignes d'entoorer le berceau de la plus belle et de la plus 'aste des sciences.

Il est impossible de fixer, même approximativeiBÇDt, la date des titres de noblesse ae l'astronoinie : leur antiquité se dénombrerait par milliers d années. L'une des plus anciennes reliques de * astronomie primitive qui nous reste encore intacte ^Qjourd'bui est la dénomination des sept jours de ^ semaine par les noms des sept astres principaux ^es anciens : le Soleil, la Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus et Saturne, consécration qui était déjà en usage en Babvlonie il y a quatre ou cinq iQmeaDs,car les fouilles faites à Ninive dans les ^net du palais de Sardanapale ont mis au jour des

tablettes écrites en langue accadienne (antérieure aux Babyloniens) conservant ces dénominations ainsi oue certaines observations astronomiques faites dès cette lointaine époque. Il y avait déjà alors des observatoires nationaux, des cours d astronomie. Il en était de même en Chine à la même époque. Les annales du Céleste Empire nous représentent le législateur F ou-hi établissant l'enseignement de l'astronomie sur la plus large base, 3850 ans avant notre ère, et l'empereur Hoang-fi fondant son magnifique observatoire en 2608, régularisant le calendrier et observant l'étoile polaire, qui était alors l'étoile alpha de la constellation du Dragon ; nous avons une observation d'une éclipse totale de soleil, observée en Chine également, l'an 3169 avant notre ère, sans qu'elle eût été prédite, et qui coûta la vie au directeur de l'Observatoire, parce que l'astrologie était alors intimement liée à la politique.

En Egypte, nous trouvons vers Tan 2887 une première réforme du calendrier, par S jours supplémentaires ajoutés aux 360 ; plusieurs siècles après, l'observation de Sirtits, la plus brillante étoile du ciel, à laquelle nous avons conservé son nom égyptien, montra aux astronomes d'Egypte que Tannée n'est pas exactement de 365 jours, mais de 3h'5 jours un quart, — les inondations du Nil, soigneusement notées, avançant insensiblement sur le lever héliaque de cette étoile et cessant de pouvoir être prédites par elle.

L'étoile polaire, alors alpha du Dragon, parait aussi avoir joué un rêle dans la construction des pyramides, car sur les neuf pyramides d'Egypte, six ont des galeries droites ouvertes au nord et creusées en descendant dans l'intérieur suivant une inclinaison variant de 26 à 28 degrés, dans le plan méridien, de telle sorte qu'un observateur, placé au fond de ces galeries, devait voir précisément rétoile polaire à son passage inférieur au méridien. Nous possédons des observations d'éclipsés faites en Egypte depuis l'an 2720 avant notre ère et des observations de l'étoile alpha de THydre datant de l'an 3306. D'autre part, le zodiaque parait avoir été fixé à Tépoque où l'équinoxe du printemps arri vait dans les derniers degrés de la constellation du Taureac,ver8 Aldébaran, car le Taureau est indiqué dans tous les anciens chants astrognostiques comme A ouvrant l'année avec ses cornes d'or. » Or l'équinoxe n'a pu répondre aux derniers degrés du Tau reau (en vertu du mouvement séculaire de précession) que vers l'an 4000 à 45)00 avant notre ère, et cette date coïncide avec la forme et la position des anciens zodiaques. La formation primitive de la sphère céleste, sans noms, par simples alignements, la reconnaissance de la route de la lune, du soleil et des planètes à travers le ciel et le premier dessin du zodiaque ont été certainement de beaucoup antérieurs aux observations précises des retours planétaires, aux dénominations des astres et aux calculs des éclipses, qui datent déjà de plus de cinq mille ans. La fondation de notre zodiaque actuel, six mille ans au moins avant l'époque contemporaine, nous indique donc en quelque sorte la date la plus modeste que nous puissions décerner à l'antiquité de la science dont nous nous occupons.

Longtemps après, il y a trois mille ans environ, les Phéniciens, alors à l'apogée de leur puissance,* avaient organisé Tastronomie, ou pour mieux dire l'astrologie, en culte. Héliopolis (Balbek) était de toute antiquité célèbre par le culte du Soleil, qui lui avait donné son nom. Le culte de la Lune en était inséparable, et les nouvelles lunes (néoménies) étaient l'occasion de fêtes solennelles. Les Phéniciens se guidaient en mer d'après la petite Ourse, qu'ils appelaient Queue du Chien (en grec Cynosure), tandis que les Grecs se guidaient d'après la grande Ourse, nommée par eux Hélice.

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Les Hébreux nomment dans la Bible : la grande Ourse, Asch (tournant) ; les Pléiades, Kimah (désir [du printemps qu'elles annongalentil y a 3,500 ans] ; Orïou^Keail (la constellation [par excellence]); le Dragon, Nakhasch, dont Tétoile la plus brillante marquait le pôle nord; et les demeures du Soleil dans le zodiaque, les MasarothLes Hébreux avaient tiré leur science élémentaire des Ëgyptiens.

Les anciennes observations astronomiques paraissent avoir été écrites sur des briques que Von cuisait ensuite pour les conserver. Sénèque en parle {Questions naturelles^ IV, 8) et on en a trouvé récemment. Malheureusement les révolutions des empires, les guerres et les émigrations jetèrent des troubles et souvent de longues lacunes dans Tétude pacifique des sciences, et nous trouvons de temps à autre des destructions complètes de monuments, de livres, de bibliothèques, ordonnées par de bar^ bares soldats. Ainsi, lorsque Ptolémée écrivit son Almageste, au commencement de notre ère, il ne trouva d'observations conservées que celles des Chaldéens postérieurs à rétablissement de l'ère de Nabonassar, qui commence le 26 février de l'an 747 avant l'ère actuelle. La plus ancienne observation dont il se servit est une éclipse de lune arrivée la vingt-sixième année de cette ère, le 19 mars 721 avant Jésus Christ. Ils avaient inventé à cette époque le calcul du Saros, période de 18 ans et 1 1 Jours, après laquelle les éclipses de soleil et de lune reviennent dans le même ordre.

La première école scientifique grecque a été fondée par Thaïes, né àMilet vers l'an 640 avant notre ère. Les divisions actuelles de la sphère en cinq zones étaient déjà enseignées dans cette école. Hérodote rapporte que les éclipses y étaient observées et calculées, et que Thaïes avait notamment prédit celle du 30 septembre 61 o, qui arriva juste au moment d'une bataille entre les Mèdes et les Perses, et mit fin à la guerre par la frayeur qu'elle occasionna aux deux armées. Pythagore parait avoir été disciple de Thaïes.

La fameuse école d'Alexandrie a fourni à l'astronomie une précieuse série d'observations, depuis celles d'Aristillus et de Timocharis, en l'an 295 avant notre ère, jusqu'à ceïles d'Hipparque, qui, en l'an 130 avant notre ère, publia le premier catalogue d'étoiles qui nous ait été conservé et fonda Tastronomie mathématique, et jusqu'aux travaux de Ptolémée, qui publia* vers l'an 150 de notre ère, son Almageste, ouvrage important dans lequel il expose l'état de l'astronomie à son époque et les diverses hypothèses émises sur la construction de l'univers, en se rangeant malheureusement du côté du système des apparences (quoiqu'il y discute fort longuement la théorie du mouvement de la terre) ; ~ opinion qui fit donner définitivement son nom à ce système.

Les invasions des Barbares, le bouleversement des peuples et la nuit théologique du moyen Age arrivèrent, interrompant les travaux de l'esprit humain et l'étude de la nature. Cependant dans les gays non chrétiens, notamment chez les Arabes, à agdad et au Caire, l'astronomie continua de fleurir, depuis le calife Haroun-al-Raschid (800) jusqu'à Ulugh Beigh, roi astronome (1400), petit-flls du monstre Tamerlan, mais aussi excellent que son aïeul avait été horrible.

Au milieu du seizième siècle de notre ère, en l'an 1543, Copernic mourant légua à l'humanité la bible de l'astronomie moderne, qui prouve que la terre où nous sommes n'est pas au centre du monde, mais n'est qu'une simple planète tournant comme les autres autour du Soleil. Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis plus de trois cente ans, les travaux progressifs des illustres génies qui consacrèrent leur vie à chercher la vérité, des Galilée, des Kepler, des Newton, les immortels fondateurs de l'astronomie moderne, ceux de Cassini, Rœmer, I

Halley, Flamsteed, Bradley, Lalande, Herschd, Laplace, Bessel, ceux des astronomes modernes de toutes les nations, ont constamment jprouvé, vérifié, démontré la réalité du système de Copernic.

C'estainsi qu'à travers la longue série des siècles, la plus ancienne des sciences est arrivée jusqu'à nous, se développant, se perfectionnant, se corrigeant sans cesse, élevant lentement les assises des plus beaux monuments que l'esprit humain ait édifiés.

2. ZIsquiase générale d'un conra très-Mémentaire d'astronomie. — La première vérité enseignée par l'astronomie et dont il importe d'être absolument convaincu si l'on tient à comprendre la réalité des choses, c'est que la Terre est isolée dans respace, sans soutien ni point d^apçui d'aucun genre, et qu'il n'y a ni haut ni bas, ni gauche ni droite, ni direction d'aucune sorte, dans l'univers. Si Ton ne fait pas l'effort d'esprit nécessaire poor se rendre compte de ce fait et pour savoir une fois pour toutes que notre globe est un astre du del, isolé, mobile, voguant dans le vide des espaces comme les autres astres, ni plus ni moins ; si i*oo garde en soi quelque arrière-pensée du sentiment

{provenant des apparences, il est inutile d'aller pins oin : on n'a pas l'esprit ouvert pour la vérité. 11 nt suffit pas de se dire et de se repéter que la terre est ronde, qu'elle tourne sur elle-même et autoor du soleil : il faut le sentir; j'ai vu mille personnes qui s'ima^naient comprendre ces éléments de l'astronomie, mais qui les concevaient tout de

qui travers parce qu'elles n'avaient pas fait dès le principe l'effort d'esprit dont je viens de parler.

Il y a un moyen très simple d'y parvenir. H suffit pour cela que l'on sache (et chacun peut vérifier ce calcul s'il en a le temps) que la distance d'ici an soleil a été exactement calculée, et qu'elle est de 148 millions de kilomètres, ou de 37 millions de lieues, et que la terre tourne autour du soleil en 365 jours 6 heures. Ce sont là deux vérités anjom«d'hui élémentaires, qui sont si surabondamment démontrées et prouvées, que le premier venu peat lui-même faire facilement dans son esprit l'expérience de la démonstration. (Cf. par exemple les preuves tangibles et élémentaires données dans notre Vie de Copernic et dans nos Merveilles célestes,) Or l'orbite terrestre mesurant 37 millions de lieues de rayon ou 74 millions de lieues de diamètre, mesure par conséquent "iZh millions de lieues de longueur, et comme cette longueur est parcourue en 3G5 jours et G heures, notre globe court dans l'espace avec une vitesse de 643,396 lieues par jour. Tous les ans, il revient à même da^e au môme point de son orbite : elle est toujours entièrement parcourue chaque année. Ces 6 13,395 lieues par jour font 26,808 lieues par heure ou 38,786 mètres par seconde.

Comment concevoir une telle vitesse? Elle est plus de mille fois plus rapide que celle d'un titin express!

Nous ne la sentons pas, parce que notre globe, comme tous ceux ^ui peuplent l'immensité sans bornes des cieux, glisse sans bruit, sans frottement, sans secousse, à travers le vide des espaces. Son mouvement est plus doux que celui de la barqne sur le fleuve limpide, plus doux que celui de U gondole sur les lagunes de Venise, plus doux que celui du ballon dans les plaines azurées de l'ûr silencieux. Dans cette perfection de transport, il est matériellement impossible de sentir le mouvement de la Terre. Nous ne pouvons même pas le voir: tout ce qui nous environne ^t emporté avec noos et immobile par rapport à nous. L'atmosphère, les nuages, tout marche d'un commun accord arec nous. Nous ne pouvons donc avoir aucune sensation du mouvement. L'observation du ciel étoile, qui ne participe pas à notre déplacement, le calcul, la raison, sont les moyens auxquels nous pouvons recourir

ASTRONOMIE

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pour nous rendre compte de la réalité et Texpliqver.

Pour Toir le mouvement de la Terre, pour en MDtir la grandeur, il faudrait nous supposer placés en dehors d'elle, dans l'espace absolu, non loin de l'orfaite sur laquelle elle se meut. Alors nous la verfioi» venir de loin sous la forme d'une étoile grandissante. Bient5t elle wprocberait de nous et pmttrait semblable à la Lune, en augmentant gradnellement de grosseur. Elle arriverait à grande vitesse pour passer devant nous à la façon d'un train lie chemin de fer. Mais à peine aurions-nous eu le tenps de la reconnaître, de distinguer les contioents et les mers autour de cette boule tournante, qve passant devant nos regards stupéfaits avec une npidité impossible à décrire, elle continuerait son emn en s'enfnyant, se rapetissant et se perdant dus Kespace. Sa vitesse est 11 00 fois plus rapide qie cële d'un train express. Comme la vitesse d'un mio express est 1100 fois plus rapide que celle dtiM tortue, si l'on envoyait un train courir après Ji Terre dans l'espace, c'est exactement comme si ToD envoyait une tortue courir après un train opress...

C'est sur ce boulet que nous sommes, boulet de (rois mille lieues de diamètre, dans la même situat»o que les grains de poussière adhérents à un boulet de canon lancé dans l'espace.

Ce globe terrestre tourne sur lui-même en !< heures : cette rotation fait passer successive- Dent tous les pays dans la lumière solaire et produit la saccesèion des jours et des nuits. L'axe idéal tmour duquel s'effectue ce mouvement diurne n'est pas vertical, perpendiculaire sur le plan dans lequel la terre se meut annuellement autour du Solal, mais incliné de V3 degrés. Ainsi la Terre ooirt et tourne non pas droite, mais penchée.

ïiis, pense-t-on certainement, il y a pourtant une différence entre la Terre et les astres. La Terre M en bas (toujours?), les astres sont en haut; la Terre n'est pas brillante, les astres le sont; la Terre est grande, les astres sont petits ; la Terre est l0ude, les astres paraissent légers, etc. Autant d'objections, autant d'erreurs.

La Terre n'est pas en bas, nous l'avons déjà vu. n n'y a ni haut m bas dans l'univers, notre globe est habité tout autour, nos antipodes ont les pieds opposés aux nôtres, le bas, pour nous, c'est l'intérieur du globe, et il en est de môme pour tous les habitants qui marchent autour de ce globe; le haut, mr tous aussi, c'est l'extérieur du globe, c'est Vespace qui nous environne; de plus, la Terre tourne sur elle-môme, et ce qui est Juste au-dessus de DOS tètes, dans le ciel, à une certaine heure, ot juste sous nos pieds, et toujours dans le ciel, doue heures après. Nous tournons avec le globe, piûs(|ue nous avons toujours les pieds à sa surface etqail nous attire comme le ferait une boule d'ainant sur de petits êtres en fer.

La Terre parait obscure, grande et lourde, tandis Jittles astres paraissent brillanU, petits et légers, ^wntlà autant d'apparences. La Terre brille de uMo comme une étoile : elle renvoie dans l'espace toute la lumière qu'elle reçoit du Soleil. Vue de la Lbqo, elle offre une surface quatorze fois plus vaste Joe celle de la pleine lune, et une lumière quatorze m plus intense, dont nous recevons nous-mêmes u reflet pendant la nuit, dans la lumière cendrée <K 1« Lune, laquelle est produite, comme tout le noode le sait ou doit le savoir, par le clair de terre. '»e de Mars, la Terre est une brillante étoile du BttiD et du soir offrant exactement l'elTet que Vénus î|2f présente. Vue de Vénus et de Mercure, elle onue dans le ciel à minuit comme Jupiter le fait ^ nous. Vu à cette distance, le ^obe terrestre P^ dans le ciel etprésente des phases comme la j^. Vénus, Mercure nous en présentent. D'un ■Bve cOté, ces planètes, qui brillent dans notre

ciel comme des étoiles et plus encore, ne sont pourtant, pas plus que la 'Terre, lumineuses par elles-mêmes, et nous ne les voyons que parce que le Soleil les éclaire. La lumière du Soleil traverse l'espace sans l'éclairer, et elle le traverse aussi bien à minuit qu'à midi. Les corps planétaires, tels que la Terré, la Lune, Mars, Vénus, etc., arrêtent cette lumière qui les finappe, et c'est pour cela qu'ils sont brillants. En réalité, ni la Lune, ni Mercure, ni Vénus, ni Mars, ni Jupiter, ni Saturne, ni Uranus, ni Neptune ne sont plus brillants oue la Terre. Le calcul prouve d'autre part que ces globes sont aussi grands que la Tenre et aussi lourids qu'elle. Les uns, comnie la Lune, Mercure, Mars le sont moins ; les autres, comme Uranus, Neptune, Saturne, Jupiter le sont davantage. Jupiter, par exemple, est 1,234 fois plus gros à lui seul que la Terre entière : il faudrait 1,284 globes terrestres réunis en un seul pour former un globe de la grosseur de Jupiter. Il est 310 fois plus lourd que notre monde, de sorte que si l'on pouvait placer Jupiter sur le plateau^ d^une balance assez, gigantesque pour le recevoir, il faudrait placer sur l'autre plateau 310 terres pour lui faire équilibre. Les apparences sont donc bien trompeuses. En réalité, la Terre oue nous habitons n'a pas un seul caractère spécial qui la distingue des autres mondes qui planent de concert avec elle dans l'harmonie des cieux.

Si l'on a bien exactement compris ce que nous venons d'exposer sur la rapidité au mouvement de translation annuelle de la Terre autour du Soleil, sur son mouvement de rotation diurne autour de son axe, sur son isolement, sa sphéricité et sa ressemblance complète avec les autres globes qui gravitent en même temps qu'elle autour du Soleil, on {possède dans son esprit l'évidence même de la réaité, on voit et on sent ce qui se passe, on sait désormais, pour ne plus Jamais l'oublier, que la Terre n'est pas autre chose qu'un astre du ciel, que nous habitons en ce moment un astre du ciel aussi réellement que si nous habitions Vénus ou Jupiter, et que nous sommes les passagers d'un céleste navire voguant dans le ciel même.

Ce premier pas fait, le plus difficile et le plus important de tous, nous pouvons maintenant concevoir sans illusion et sans arrière-pensée, la grandeur de l'univers, les distances qui séparent les mondes entre eux, et avant tout nous rendre compte de la situation précise de notre planète dans le système solaire, ainsi oue des principes fondamentaux de la mécanique céleste.

La Terre est la troisième des provinces du domaine solaire. Entre elle et le Soleil, il y a Vénus et Mercure ; au delà d'elle, plus éloignés du Soleil, sont Mars, Jupiter, Sattirne, Uranus et Neptune. Mais formons tout de suite ici le tableau du système solaire.

PlaoftiM.

S*toiL dm téflwÛÊM

Mercure 14 320 000 lieues. 88 jours.

Vénus 20 760000 224

La Terre 87000000 365 1/4

Mars 66 350000 1 an 331 i.

Petites planètei. 81 à 129 000 000 8 à 7 ans.

Jupiter 102000000 llansSISj.

Saturne 358000000 20 181

Uranus 710000000 84 90

Neptune 1110 000 000 164 226

Nous avons là une première esquisse, aussi simple que possible, de la disposition des planètes et de « leurs distances respectives. On peut, pour plus de facilité, remarquer qu'elles se partagent naturellement en deux groupes de quatre, séparés par la région des planètes télescopiques. Les quatre premières sont petites et tournent sur elles-mêmes en 2î heures environ ; les quatre dernières sont grosses et tournent sur elles-mêmes en 10 heures environ* Elles circulent toutes dans le même sens, à ces

ASTRONOMIB

ASTRONOMIE

distances-là, autour du Soleil qui reste relativement fixe au centre de toutes ces orbites; la plus rapprochée. Mercure, n'emploie que 88 jours pour parcourir son orbite, tandis que la plus éloignée, «Neptune, emploie près de 165 de nos années. Les différences entre les durées des révolutions des planètes selon leur éloignement du centre solaire ne viennent pas seulement de ce qu'étant plus éloignées, elles ont plus de chemin à parcourir pour accomplir leur translation, mais encore de ce qu'elles voguent de plus en plus lentement suivant leurs distances, parce que la force solaire est de moins en moins intense à mesure qu'on s'éloigne du corps central ; et c'est là un des principes essentiels de la mécanique céleste.

Pour le bien concevoir, il faut essayer de nous représenter le Soleil dans sa grandeur et dans sa

Suissance. Imaginons, posé dans le vide, un globe norme, colossal, 108 fois ^lus large que la Terre en diamètre 1 Mais nous l'imaginer est véritablement impossible. Cent huit fois plus large que la Terre, c'est un diamètre de 345 000 lieues et une circonférence de plus de un million de lieues : comment la mesurer, même par la pensée? C'est une surface égale à près de douze mille fois la surface de la Terre entière. C'est un volume 1 279 '267 fois plus gros que celui de la Terre ! 11 faudrait plus de un million de Terres comme celle que nous habitons pour former un volume de la dimension du Soleil. En kilomètres cubes, ce volume inimaginable est représenté par le chiffre que voici :

ou 1,890 quatrillions de kilomètres cubes.

Ce corps gigantesque a été pesé par les astronomes de la Terre, aussi bien qu'il a été mesuré, et nous savons aujourd'hui qu'il est 324,^79 fois plus lourd que la Terre. En le plaçant en imagination sur le plateau d'une balance, il faudrait placer de même 324,479 terres sur l'autre plateau pour lui faire équilibre. Ce poids fabuleux représente 1879 octillions de kilogrammes, ci :

L'une des premières lois de la nature est la loi de V attraction universelle*. Tous les corps s'attirent dans la nature, en raison directe de la masse. Le Soleil étant 324 479 fois plus lourd que la Terre, il attire la Terre vers lui avec une énergie 324 479 fois plus puissante que celle avec laquelle la Terre l'attire. Si la Terre avait le poids du Soleil, elle attirerait les objets de sa surface dans cette proportion, c'est-àrdire qu'il serait absolument impossible d'y remuer : 1 kilogramme y pèserait 324479 kilogrammes 1

Cette attraction décroît à mesure que la distance augmente. Ainsi, par exemple, la Terre attire les objets de sa surface avec assez de force pour qu'ils tombent vers elle en raison de 4'° ,90 pendant la première seconde de chute. C'est une vitesse assez grande déjà : elle mesure exactement la force avec laquelle notre globe attire. Mais si nous pouvions nous éloigner davantage du centre de la Terre, par exemple à cent lieues au-dessus de la surface du globe, à mille lieues, à dix mille lieues, nous éprouverions de moins en moins l'attraction do la Terre, nous serions de moins en moins attirés, et nous pèserions de moins en moins. L'attraction diminue non en raison de la simple distance, mais en raison de la distance multipliée par elle-même. A 2 fois la * distance d'ici au centre de la Terre, c'es^à-di^e à 1 600 lieues environ au-dessus de nos tètes, l'attraction est 4 fois moins forte qu'ici; à 3 fois le ravon de la Terre, elle est 9 fois moins forte ; à 4 fois la même distance du centre elle l'est 16 fois moins et ainsi de suite, toujours en raison du carré de la distance. La Lune étant éloignée de nous à 60 fois le rayon de la Terre, elle est attirée par la

Terre 3 600 fois moins que si elle était tout près de la surface, et en Une seconde, au liea de tomber vers la Terre de 4",90, elle ne tombe oue de 1 millimètre un tien. Si l'on se figure la Lune lancée horizontalement comme on boulet de canon, an lieu de suivre une ligne droite et de s'éloigner indéfiniment de la Terre sur la tangente de son orbite, comme une pierre qui s'échappe de la fronde, eUe est ramenée sans cesse vers la Terre par*nstre attraction, et décrit une courbe telle que si l'on mesure au bout d'une seconde récartement qui existe entre la courbe et la tangente, on trouve ce» écartement de J millimètre un tiers: c'est la quantité dont l'attraction de la Terre a forcé la Lune a s'écarter de la ligne droite.

A la surface du Soleil, qui est 108 fois plus éloigné du centre de cet astre que la surface de la Terre n'est éloignée de son propre centre, Tattractioa solaire est diminuée dans la proportion de cette distance multipliée par elle-même, de ce quelle serait si le Soleil n'était pas plus gros que notre globe. Les objets n'y sont donc pas attirés 324,4*9 fois plus fortement qu'ici ; mais ils le sont seulement 27 fois plus : ce qui est encore effrayant. En effet, un kilogramme terrestre transporté sur cet astre y en puerait 27, un homme ordinaire y pèserait 2 000 kilogrammes et non -seulement serait incapable de soutenir son propre poids, mais serait immédiatement aplati en un nombre indéfini de particules, comme s'il était pilé, broyé dans un mortier 1 Un objet qui tombe d'une certaine hauteur y parcourt 13 i mètres dans la première seconde de cnute : quelle violence d'attraction I Quelle effroyable énergie concentrée dans ce colossal foyer ! Le Soleil pèse à lui seul 700 fois plus que toutes les planètes, tous les satellites, toutes les comètes, tous les astres de son système réunis l

C'est cette force prodigieuse qui fait mouvoir tout le système. De môme que la main qui tient U fronde fait tourner la pierre avec une vitesse dédépendante de son énergie, de m Orne la vitesse des planètes sur leurs orbites donne la mesure de l'énergie du soleil. Situé au centre de ces orbites, l'astre radieux est à la fois la main qui soutient et dirige les planètes dans l'espace, le foyer qui les échauffe, le flambeau qui les éclaire, la source inépuisée de leur vie. Il est véritablement le cœur de cet organisme gigantesque.

En faisant tourner ces différents astres autour de lui, il imprime à chacun d'eux un mouvement proportionné à la distance, mouvement nécessaire et suffisant pour les maintenir perpétuellement en équilibre, car le mouvement de chaque planète est juste celui qui convient pour l'empèclier à la fois de tomber vers le Soleil ou de s'éloigner de lui. In peu plus lent, il ne serait pas assez rapide pour créer une force centrifuge égale à l'attraction vers le centre, et la planète se rapprocherait du Soleil pour tomber insensiblement sur lui en décrifaiii des spirales de plus en plus resserrées ; un peu plus rapide, il développerait une force centrifuge trop grande, et les planètes s'en iraient, s' éloignant sans cesse du centre suivant des spirales de piu^ en plus agrandies. Mais cela ne peut être. Les planètes, filles du Soleil, ont été successivement abandonnées par Téquateur de la nébuleuse solaire tournant sur elle-même, et ont conservé la force vive qui leur a donné naissance. Les forces sont invariables ; les lois immuables. L'état du système solaire est nécessairement tel que le Soleil le fait et Tcntretient. Si cet astre était deux fois plus lourd, il serait deux fois plus fort, les planètes tourneraient deux fois plus vite, et nos années seraient moitié plus courtes. S'il était moitié moins lourd, la terre et les autres planètes vogueraient avec me vitesse moindre de moitiés et nos années seraient deux fois plus loneues. Ainsi tout est réglé par U force même du Soleil.

ASTRONOMIE

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Si Ton se représente aussi eiactement que possible cette situation du globe solaire au centre des moQTements planétaires, l'immense masse de cet astre, l'attraction qai en émane et qui soutient les mondes autour de lui comme sur un invisible réseau, et les translations des planètes conforméoeot aux distances, on possède une notion claire et lînote de la réalité, et Ton oublie pour toujours nihasion de la cro3rance à Timmobilité de la terre 18 centre du monde et les craintes enfantines que FoB pouvait ressentir en songeant qu'elle n*est pcTtée sur rien et que peut-être elle pourrait tomber! Oq se sent voguer dans le ciel. On est déjà ^€Té au-dessus des idées vulgaires. On devient difce de comprendre les grandeurs de Tunivers et k3 beautés de la création.

Udiminotion de la force solaire avec la distance, dont Doôs venons de parler, produit une diminution corrélatîTe dans la vitesse des planètes sur leurs orbites, à mesure que nous nous éloignons do centre. Il est intéressant de placer ici le tableau de ces vitesses, et d'essayer d'en concevoir la grandeur, afin de nous former une idée approchée du aonvement harmonique des sphères célestes autour du Soleil illuminateur.

Par Meoaâc

leicure.. 46 811 mètres

Téaas 34 600

U Terre 29 786

%in 23850

Jupiter 12900

Situne 9500

liraiius. 6 700

!(cpUiQe 5400

Por joar.

1 012 000 lieues.

Telles sont les vitesses dont les planètes soni animé^îs dans leur cours autour du Soleil. Nous est-il possible d'en concoToir la grandeur? Un boulet sort de la gueule enflammée du canon avec une vitesse de 400 mètres par seconde : le globe terrestre court 75 fois plus vite, Mercure 117 fois pios rite... Cest une rapidité si prodigieuse que si deax planètes se rencontraient dans leur cours, le choc lerait inimaginable : non-seulement elles i^ent brisées en morceaux, réduites en poudre l'ooe et l'antre, mais encore, leur mouvement se transformant en chaleur, elles seraient subitement ékfées à on tel degré de température qu'elles dispamiraient en vapeur tout entières, terres, pierres, «au, plantes, habitants, et formeraient une immense aébaleose.

En raison de ces vitesses différentes, les planètes duDgent constamment de situation Tune par rapport àrantre. Pour que les huit planètes principales (sans compter la petite république qui flotte entre Slars et Jupiter) arrivent par fa combinaison de ieus mouvements à se trouver toutes ensemble iw me même ligne droite, il faudrait non pas des milliers, ni des centaines de milliers d'années, ^ des miilions. Et d'ailleurs elles n'y demeureraient pas plus d'un instant si par le plus grand des hasards elles pouvaient s'y trouver.

Ces Titesses ont pour cause l'attraction môme du ^leil, qui décroît à mesure oue se développe la ^<n^ du cercle dans l'étendue duquel elle se répand, et qui décroît dans le rapport même de la mesore du cercle, c'est-à-dire en raison du carré ^ rayon. Une planète située au delà de Neptune ■Béerait beaucoup plus lentement. Les comètes. p s'éloignent à d'immenses distances au delà de '^te de Neptune, arrivent à ôtre si faiblemegt *^s que leur marche ralentie n'est plus que de ^oelques mètres par seconde, et pourUnt.à cette *^ce de dix, vingt, trente mitltards de lieues, ^ sentent encore le magnétisme invisible de »u^ QQî 1m attire; quoique, vu de cette formi- ^e distance, ce soleil ne soit plus qu'une étoile, \^^ reconnaissent, au sein de l'immensité omcws et flacée au fond de laquelle elles sont

égarées, elles subissent sa lointaine influence, cessent de s'éloigner, se retournent vers lui, et reviennent avec une vitesse croissante se précipiter dans les splendeurs des régions ensoleillées, splendeurs Qu'elles n'atteignent dans ce voyage de retour qu'après avoir volé sans arrêt ni trêve pendant quarante et cinquante siècles I

Ajoutons que plusieurs planètes sont accompagnées dans leur cours par des satellites tournant autour d'elles comme elles tournent autour du soleil. La Terre est accompagnée de la Lune, qui accomplit sa révolution en 27 jours; Mars a deux petites lunes, Jupiter est accompagne de quatre gros satellites, Saturne de huit, Uranus de quatre et Neptune de un au moins. L'esprit qui veut concevoir le système dn monde dans sa réalité doit donc avoir devant lui : le Soleil, globe colossal, situé au centre, et tournant sur lui-même en 26 jours ; — les planètes, tournant dans le môme sens que la rotation du soleil et situées à peu près dans le prolongement du plan de son équateur ; — les satellites» tournant aussi dans le môme sens autour de leurs planètes respectives ; — et les comètes, décrivant des orbites non pas circulaires, mais très allongées, lancées dans toutes les directions, et courant dans tous les sens entre les .orbites planétaires. Tout cet ensemble, qui forme l'immense famille du Soleil, est, ep môme temps que les révolutions précédentes s'accomplissent, transporté tout d'une pièce par le Soleil môme à travers l'espace, emporté vers la constellation d'Hercule, régions étoilées au sein desquelles nous arriverons dans un certain nombre de siècles.

Les différences de grandeurs et de poids des globes principaux qui composent notre système solaire s'apprécieront par le petit tableau suivant, dans lequel la Terre est prise pour unité. Les astres sont inscrits par ordre décroissant.

OiamètrM.

Le Soleil..... 108

Jupiter II

Saturne 9

Neptune 4

Uranus 4

La Terre 1

Vénus 0,95

Mars 0,54

Mercure 0,38

La Lune 0,27

Yolnmi. MaiMi.

Ainsi, tandis que le diamètre du soleil est 108 fois plus grand que celui de la terre, le diamètre de la lune n'est que les 27 centièmes du nôtre, ou un peu plus du quart seulement ; tandis que le volume du soleil est 1, '279,266 fois plus gros que celui de la terre, le volume de la lune n'équivaut qu'aux 2 centièmes du nôtre, ou an cinquantième; et tandis que le soleil pèse 324,479 fois plus que la terre, le poids de la lune n'est presque, en nombre rond, que le centième du nôtre (en tenant compte des fractions, le 8t'). Cette appréciation sommaire complétera la conception générale exacte qu'il im-

Çortait que nous eussions de la situation de la erre dans la iamille du Soleil.

Plusieurs de ces mondes sont déjà assez bien connus pour ^ue nous puissions deviner l'état probable de la vie à leur surface. J'ai môme pu des* siner récemment la carte géographique de la planète Mars.

Telle est l'esquisse vivante du système planétaire. Nous ne pouvons entrer ici dans aucun détail sur la constitution physique des astres, ni sur l'hypothèse si intéressante de la PlvraHté des Mondes et de l'existence de la vie dans les diverses régions de l'univers

Mais nous n'aurions encore qu'une idée incomplète de la science astronomhiue si nous nous arrêtions ici dans cet exposé général, car notre système planétaire ne remplit pas l'univert à loi

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seul, comme on se rimagin&it encore au temps de Copernic ; il n'en est, au contraire, qa*une très modeste petite province.

Chaque étoile qui brille dans Tinfini est un soleil, aussi grand (^ue celui qui nous éclaire, aussi important, aussi riche, et d'une nature analogue. Il y « mieux : notre soleil est Tune des étoiles les plus petites que nous connaissions. Siriùs, Canopus, Véga, Rigel, Capella sont incomparablement plus magnifiques, plus lumineux que lui. Parmi ces lointains soleils, les uns sont simples, comme le nôtre, entourés simplement d'un svstème planétaire analogue b celui dont notre globe fait partie ; les autres sont doubles, composés de deux soleils égaux ou différents, tournant périodiquement Tun autour de Tautre; d'autres encore sont triples, quadruples, multiples; plusieurs, au lieu dôtre blancs comme le nôtre, sont colorés de nuances Bplendides : on en voit qui sont d'un rouge sang, d'autres d'un rouge écarlate, d'autres orangés, d'autres violets, d'autres verts comme l'émeraude, d'autres bleus comme le saphir, et, parmi ces soleils de couleur, un grand nombre présentent les plus admirables associations de contraste, telles qu'un rubis marié à une émeraude, ou une topaze unie à un saphir. ^

Mais n'anticipons pas sur ces merveilles de l'astronomie sidérale, oue nous allons aussi visiter rapidement. Sachons d'abord que tout autour de notre système solaire, au delà de la frontière neptunienne, règne un immense désert, jusqu'à 8000 fois la distance de Neptune, c'est-à-dire jusqu'à plus de 8 000 milliards de lieues. Dans toute cette inconcevable étendue il n'y a pas un seul soleil. Le plus rapproché de nous est Tétoile alpha de la constellation du Centaure, et sa distance est de 8 a 18 milliards de lieues. C'est ce que nous appelons, en astronomie sidérale, notre voisine. C'est une belle étoile de première grandeur, qui brille dans le voisinage du pôle austral.

Traçons par la pensée une sphère tout autour de nous à cette distance : dans l'intérieur de cette sphère, vers quelque direction que ce soit, il n'y a pas un seul soleil.

Cette étoile « voisine » est située dans l'hémisphère austral. La plus proche après cette première est une petite étoile de notre hémisphère boréal, située dans une direction presque opposée à la précédente : c'est la 61* du Cygne. Sa distance est de 14 948 milliards de lieues.

Les autres étoiles dont la distance a pu être mesurée se trouvent à 30, 40. 50 milliers de milliards de lieues d'ici. On le voit, les distances qui séparent les étoiles les unes des autres se comptent non plus par millions de lieues, ni par milliards, mais par milliers de milliards, c'est-àdire par trillions.

Voici les principales étoiles dont la distance a pu être mesurée. La première colonne du petit tableau suivant donne le nom de l'étoile, la seconde sa distance en rayons de l'orbite terrestre, c'est-à-dire en unités de 37 millions de lieues, la troisième la distance en millions de lieues.

«a n]«aa

r*ri»it« Urrwtra.

s da Centaure (Proxima) i24 700

61» du Cygne 404 000

Mu CeaUure 416000

s du Grand-Chien (6*trit/sj 1 068 000

« de la Lyre fWj^a) 1140 000

i de la Grande-Ourse • i 550 000

« du BouTier {Arcturus) 1 624 000

« de la Petite-Oune (Polaire) . 2 714 000

« du Cocher (Cap«/to) 4484000

Billiont

d« liMM.

Le seul moyen qui nous soit donné de concevoir l'immensité de ces distances, c'est d'essaver d'en mesurer l'espace par le temps qu'un mobile em-

ploierait à le parcourir. Un train express marcfaaai sans s'arrêter, à raison de 15 lieues à l'heure, em-

Sloierait 292 ans pour se rendre de la Terre as oleil. Pour atteindre l'étoile la plus rapprochée de nous, il lui faudrait marcher, également saas s'arrêter, pendant 875 millions d'années I

Mais c'est là une vitesse trop lente. Supposonsnous, par la pensée, à cheTal sur un boulet de canon lancé dans l'espace à raison de 400 mètres par seconde, et parcourant ainsi une lieue en 10 secondes, 6 lieues par minute, 360 lieues à l'heure : malgré cette vitesse vertigineuse, il nous faudrait voguer sans ralentissement pendant douxe années entières avant d'arriver au Soleil, et pour irandiir l'abime qui nous sépare de Tétoile la plus proche, il nous faudrait courir avec cette même vitesse de 400 mètres par seconde pendant plus de deiix millions (Tannées!

C'est encore là un mode de locomotion beaucoup trop lent pour une pareille mesure. Un boulet de canon, c'est une tortue. Choisissons plutôt la vitesse de la lumière. Elle franchit Uespace avec la rapidité inimaginable de 75,000 lieues par seconde, et nVmploie que 8 minutes pour parcourir les 37 mlUiont de lieues qui nous séparent du Soleil. Eh bien! pour venir de l'étoile alpha du Centaure, elle vole, elle court, sans arrêt, sans détour, en ligns droite, pendant des jours et des nuits, pendant des semaines accumulées, pendant des mois entiers, pendant des années mêmes : il ne lui faut pa» moins de trois ans et six mois pour nous yenir ûf là : trois années et demie à raison de 75,000 lieu^-i par chaque seconde ! I Elle emploie presque deux fois plus de temps pour venir de la 61* du C^'g?ie, 14 ans pour venir de Sinus, 21 ans pour yenir dp Véga. Le rayon lumineux envoyé par l'étoile polaire ne nous arrive que 50 ans après son émission, et celui qui vient de Caj^ella marche pendant 72 jîis avant de nous parvenir. Mais ce ne sont encore li que des astres voisins. Pour venir de certaiiu^s étoiles brillantes, lav lumière marche pendant pliu d'un siècle ; elle vole pendant mille ans pour nous apporter des a nouvelles » de certaines étoiles moins proches de nous, pendant 10.000 ans peur arriver d'autres régions de l'espace, pendant cinquante ou cent mille ans, pour franctdr l'ini»ondable abîme qui sépare notre système planétaire des lointains systèmes sidéraux découverts par le télescope.

Ces milliers d'étoiles qui brillent au ciel pendant les nuits limpides ne sont pas, comme on l'a cm pendant si longtemps, à la même distance de nous et ne forment pas une sorte de dôme ou de sphère : elles sont situées les unes derrière les autres à toutes les distances imaginables et inimagiiiables. L'éloignement diminuant la lumière, elles paraissent d'autant plus petites qu'elles sont plus éloignées, et on peut estimer qu'en général les plus brillantes sont les plus proches. Mais ce n'est pas là non plus une règle générale, car il y a des étoiles de première grandeur qui sont beaucoup plus éloignées de nous que des étoîleB de 2*, 8% 4% 5*, 6' grandeur, et même que des étoiles invisibles à l'œil nu. Ainsi, par exemple, la belle étoUe itigel. de première grandeur, qui scintille avec tant d'éclat au pied d'Orion« n'a aucune parallaxe sensible, et se trouve beaucoup plus éloignée de noas que l'étoile 21,185 du Catalogue de Lalande, qui est invisible à l'œil nu, et néanmoins vient immédiatement après la 61* du Cygne, dans Tordre des distances, à 15 trillions de lieues d'id seulement.

Dès les temps anciens, les astronomes ont partagé les étoiles par ordre d'éclat. Us ont formé une première grandeur d'éclat (cette dénominatioD n'a aucun lapport avec la ^ndeur réelle ou le Tolume) des étoiles les plus bnlJantes. Celles qui viennent après ont été nommées de seconde grandeur. Ensuite la 3* grandeur, la 4* et la 5*. Les plus

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\ttàtei êtoOes visibles à l'œil nu ont formé la i* gnodenr. On a compté :

18 éloUef de la !'• grandew.

Les Tues ordinaires ne distinguent pas toutes ••lies de la 6* grandeur, et, dans le ciel entier, 3«Q voient guère que cinq mille. Les Tues excep* lioaneÛes, au contraire, distinguent plus de quatre mille étoiles de la 6* grandeur, et, dans le ciel rr.Uer, en voient près de sept mille. Hais le nombre iTigisente vite aussitôt qu'on emploie des insiranenu optiques même de faible puissance. Une siDple jumelle de théâtre montre les étoiles de la :• ^deur, qui sont au nombre de douxe mille. toe longne-Yue terrestre montre celles de la •(« grandeur, qui sont au nombre de trente-six miHe. Ainsi s'accroît le nombre des étoiles à mesure qa'on pénètre plus loin au delà de la sphère d? Il TisioD naturelle. Une petite lunette astronomk)ae fait découvrir les étoiles de la 9* grandeur. doflt le nombre surpasse cent mille. Et ainsi de nite. Une lunette ou un télescope de moyenne pissance montre les étoiles de la 10* grandeur, eu sont in nombre de Dresde quatre cent mille La prcression continue. On peut estimer à un million It nombre d'étoiles de la il* grandeur, et à trois nuirions celui des astres de 12* grandeur. D'après les jaoses astronomiques faites à travers l'espace, \f. nombre des étoiles de la 13* grandeur ne s'élève pu k moins de dix millions, et celui des étoiles de la 14* grandeur à moins de trente millions. Si nous additionnons tous ces chifiï'es, nous tm^ons, pour le total des étoiles jusou'à la li*gnndeur inclusivement, le nombre déjà dif- Dciie à concevoir de quarante-cinq millions. Mus ce ne sont pas là totites les étoiles. Déjà n^me, les puissants télescopes construits en ces dernières années ont pénétré les profondeurs de Imunensité assez loin pour découvrir les étoiles de la id* crandeur, dont le nombre ne peut être bfeneor à 100 millions. Les chiffres deviennent si •iaormes qu'ils nous écrasent de leur poids sans rien D0Q8 apprendre. Qu'estH^e que cent millions. qoest-ce que mille millions d'ailleurs devant l'in- S:ù? Un grain de sable dans la mer. Mais con-

tiOQOOS.

L'œil géant du télescope a découvert encore des ^gloméntions d*étoiles qui, vues à l'aide de faibles pi'aToiri optioues, semblent de simples taches laiteuses an fond du ciel, mais se résolvent dans les paisunts instruments en une multitude de points briUints dont chacun est nu soleil. Ce sont là des anirers lointains composés de milliers de soleils et di" systèmes Quelle est Timmensité de leur étendue? Quelle est TeHrayante distance qui nous en t^ptfe? Ni le télescope ni le calcul ne peuvent encore répondre, la voie lactée qu'on admire à l'œil nu pendant les nuits transparentes est elle-même formée c étoiles serrées les unes contre les autres en Hipirence, mais en réalité très éloignées entre ^'^% car ntrement leur attraction mutuelle les <*n]t Téanies depuis longtemps en une seule '^'^Mc; 1 équilibre des corps célestes n'est possible <ive par de grands intervalles et par des mouve- 3«ou conrilignes relativement lents. On a compté <^*bttit millions de soleils dans la voie lactée. Cette ^cenble agglomération doit s'étendre en pro- «Odeur dus les directions précisément dessinées FV ^ lueur sldérde, la blancheur provenant du P^bredes étoiles vues, ou seulement entrevues, '^ vies derrière les autres. Comme cette sone î* Piinm.

enveloppe entièrement la Terre et dessine presque un grand cercle de la sphère céleste, notre soleil se trouve vers le centre, et est lui-môme une des étoiles de la Voie lactée. Les amas d'étoiles que nous découvrons dans la profondeur des cieux sont des voies lactées extérieures^ pour ainsi dire.

Il y a des nébuleuses qui ne se résolvent pas en étoiles, quel que soit le pouvoir optique employé à les examiner, et qui^ étudiées d'ailleurs par les procédés de l'analyse spectrale, se montrent formées de gaz. Ce sont sans doute là des univers en voie de création.

Là s'arrêtent les dernières découvertes de llnvesti galion humaine. Ces nébuleuses, ces lointains univers différents du nôtre, gisent à de tels éloignements de nous, que leur lumière ne peut se transmettre Jusqu'à nous en moins de plusieurs millions d'années I II est probable, pour ne pas dire certain^ que plusieurs des nébuleuses gazeuses qu6> nous analysons actuellement au télescope et dans lesquelles nous croyons reconnaître les indices de systèmes de mondes en formation, ne sont plus depuis longtemps dans cet état primitif, et sont devenues actuellement des mondes tout formés ; mais ne recevant leur lumière qu'avec un pareil retard, nous les voyons non ce ou elles sont, mais ce qu'elles étaient à la date reculée où sont partis les rayons lumineux qui nous en arrivent seulement aujourd'hui. De même, il est probable, pour ne pas dire certain, que telles et telles étoiles que nous observons en ce moment et dont nous prenons tant de peine à déterminer la nature, n'existent plus depuis des siècles et des siècles. Nous ne voyons pas l'univers tel qu'il est, mai) tel qu'il a été, et non pas même tel qu'il a été à un certain moment simultané pour toutes ses parties, mais tel qu'il a été à différentes dates, puisque la lumière de telle étoile nous arrive après 3 ans, celle de telle autre après 6 ans, celle-ci après 10 ans, ceUe-là après 50 ans, cette autre après 100 ans, cette autre après 1,000 ans, et ainsi de suite... Sur la Terre même nous sommes dans l'infini et dans l'éternité.

Tel est, en un résumé très succinct, le panorama d'ensemble de l'astronomie sidérale.

De telles contemplations n'agrandissent-elles pas l'esprit? Ne devraientrolles pas former la base de toute instruction qui a l'ambition d'être sérieuse ? N'est il pas surprenant de voir Timmense majorité des humains vivre et mourir sans se douter de ces vérités sublimes?

Tout esprit sérieux reconnaîtra l'importance d'une science qui a de tels horizons à nous ouvrir et conviendra qu'il nous est indispensable à tous d'en avoir au moins une idée élémentaire, ne fût-ce que pour nous représenter la place de notre globe aans l'univers et notre propre place au sein de la création, ii^nie comme son Auteur.

[Camille Flammarion.]

ATMOSPJRÊIIE. • Physique, IX et XXI.;— Chimie, I. — (Étym. : du grec ;httéralement, sphère de vapeur). C est le nom donné, d'une manière générale, à la couche gazeuse qui enveloppe un certain nombre de corps célestes et plus particulièrement à l'idr qui entoure la terre.

Nous avons exposé au mot air* les propriétés essentielles et la composition de l'air atmosphérique. Nous n'avons à parler ici que de l'atmosphère considérée comme l^nveloppe du globe terrestre.

I. Son étendue, ^ La hauteur de l'atmosphère n*est pas exactement connue. Si l'air gardait à toute distance de la terre la même densité, son épaisseur serait d'environ 8 kilomètres. On sait, en effet, que la pression atmosphérique fait équilibre à une hauteur d'eau de 10» ,33 (V. Baromèlre); et comme l'air est à peu près 770 fois plus légeque l'eau, la hauteur de la colonne d'tSr équivar lente devrait être 770 fols 10>,33 ou 79&4 mètres. Mais la densité de l'air diminue à mesure qu'on

IS

ATMOSPHÈRE

s'élève ; elle est plus faible sur les montagnes

sphère est donc plus grande que ne Tindi^oe le calcul précèdent. On pourrait la déterminer si Ton connaissait exactement la loi du décroissement de la densité do Tair avec la hauteur ; mais on n*a sur cette loi que des données qui manquent de certitude. On comprend d'ailleurs que la densité de Tair change non seulement avec la hauteur, mais ausssi avec rabaissement de la température et

au'il soit difficile de bien fixer la part de chacune e ces deux causes. Si Ton admet que la densité de Tair décroît progressivement, on est conduit à supposer une hauteur illimitée à Tatmosphère. Mais le mouvement de rotation de la terre détruit cette hypothèse et force au contraire à conclure que la couche d*air qui tourne avec la terre en 24 heures est nécessairement limitée. La considération de Tattraetion du globe d'une part et de la force centrifuee que le mouvement fait naître d'autre part, a fait fixer, comme limite théorique extrême, à l'atmosphère une épaisseur de 6 rayons terrestres. Les savants s'accordent à lui attribuer une épaisseur réelle bien moindre ; elle ne dépasserait pas 50 à 60 kilomètres, c'est-à-dire douze à quinze lieues selon les uns ; et elle serait de 180 kilomètres ou 45 lieues, suivant ceux qui attribuent Tillumination des étoiles filantes, au choc de ces météores déviés de leur orbite contre les couches atmosphériques. A cette distance du sol, Tair serait plus rare que le vide le plus parfidt qu'on puisse obtenir dans les machines pneumatiques.

D'ailleurs, la hauteur de la couche atmosphérique n'est pas partout la même. Elle est vraisemblablement plus grande à l'équateur qu'an pôle, parce que l'air y est moins dense et que la force centrifuge y produit un renflement plus marqué ; et la forme de l'enveloppe de notre globe est celle d'un sphéroïde plus aplati encore que ne l'est la terre.

II. Son action sur la lumière. — Le soleil est pour nous la source de la lumière ; ses rayons, après avoir franchi des millions de lieues, traversent l'atmosphère pour arriver à la surface de la terre. C'est une bien mince enveloppe dans leur long trajet ; et cependant elle a sur eux une influence profonde ; elle les modifie dans leurs caractères, leur composition et leur marche ; et c'est dans cette action que nous pouvons trouver la cause des apparences multiples que prennent sous nos yeux la plupart des grands phénomènes lumineux.

L'air est de tous les corps le plus transparent ; il laisse voir les objets à une très grande distance, surtout quand la pluie l'a purifié ; mais de même que le verre et tous les autres corps qui laissent passer la lumière (V. Lumière), il retient une partie des rayons qui le traversent. Il résulte de là que les astres apparaissent plus lumineux au zénith ou'à l'horizon, où leurs rayons ont une couche plus épaisse à traverser.

L'air réfléchit la lumière, puisque nous voyons la clarté des astres autour des ravons directs qu'ils nous envoient ; sans cela, le soleil nous apparaîtrait comme un disque incandescent, les étoiles comme des points brillants fixés sur un fond noir ; tandis que la lumière solaire diffusée par l'atmosphère est assez forte pour rendre les étoiles invisibles le Jour. La lumière réfléchie est bleue, c'est elle qui produit la couleur azurée du ciel, très sensible quand l'air est en grande masse et passant au noir lorsque l'épaisseur de la couche d'air réfléchissante diminue, comme on l'a constaté dans les ascensions en ballons.

Si à la lumière blanche de soleil on enlève les rayons bleus, ce qui reste présente une teinte

ATMOSPHÈRE

orangée : c'est la nuance de Taimosphère, au lerer et au coucher du soleil, quand les rayons de l'astre traversent l'air sous une grande épaisseur.

Les éléments de l'air n interviennent pas tous de la même manière dans les phénomènes lumineu; la vapeur d'eau paraît y avoir une action prépondérante ; elle y existe en effet toujours, non-seulement à l'état de gaz invi^ble comme l'air lui-même, mais aussi sous forme de petites vésicules dont l'ensemble constitue les brouillards et les nuages et <iui deviennent lo siège de nombreuses réflexions et la cause de teintes brillantes et variées. De plus l'atmosphère est toujours remplie de fines poussières qui so comportent comme les vésicules de vapeur condensée ; on les voit illuminer le trajet du ravon lumineux qui pénètre dans nne chambre obscure. Dans l'air, elles agissent comme autant de réflecteurs microscopiques qui renvovem dans toutes les directions les rayons qui les frappent.

Ainsi, l'apparence de l'atmosphère est modifiée à chaque instant par des causes multiples et changeantes; elle est comme un voile éclairé diffusant la lumière et modifiant ses teintes suivant la nature des corps qui l'ont transmisn.

L'atmosphère effectue une véritable décomposition des rayons lumineux, réfléchit les bleus, se laisse traverser par le rouge-orangé, absorbe dans ses couches inférieures les rayons diimiques et les rayons calorifiques visibles et invisibles qui y maintiennent une température supérieure à celle des espaces interplanétaires et favorable à l'eiiâtence et an développement des êtres organisés.

L'action réfléchissante de l'air produit eocore d'autres effets : elle nous éclaire avant le lerer an soleil et après son coucher. Sans elle, le jour succéderait brusouement à la nuit, il n'y aurait ni aurore, ni crépuscule. Ces derniers pnénomèues sont si bien dus à la diffusion atmosphérique que tontes les causes qui troublent la transparence de l'air les favorisent. Ahasi dans les réâons ^ laires où l'air contient en suspension oe petiu cristaux de neige et de glace, le crépuscule éclaire d'un demi-jour les longues nuits, et entre les tropiques, au contraire, où l'air est pur, le crépuscule est si court qu'on est surpris par la chute subite du tour.

L aurore et le crépuscule ont une autre cause différente de la diffusion par l'atmosphère, c'est it réfraction *, qui dévie les rayons lumineux à leur entrée dans un milieu plus dense que celui d'où il* tiennent. La réfraction nous fait jouir plus longtemps de la présence des astres ; elle les rend visibles avant qu'ils ne soient à l'horizon et encore après qu'ils l'ont dépassé à leur coucher. Elle change les distances apparentes des étoiles et par suite U forme des constellations ; c'est elle qui fait paraître aplatis le soleil et la lune à leur lever ou à leur coucher. j

Il est d'antres effets du même genre, où elle ne | loue aucun rôle, mais qui sont dûs à la présence de l'atmosphère et qui ne sont pour nous, à proprement parler, que des illusions. Ainsi la lune ou le soleil paraissent bien plus gros près de l'boriioa qu'au zénith et cependant ils ont le même diamètre dans les deux positions, comme on peut d'ailleurs s'en assurer par des mesures directes. Il en est de même des étoiles, leurs disunces paraisseot plus considérables et les constellations plus éteodues quand elles sont moins élevées; la grands ourse en particulier parait bien plus grande l'hiver . où elle est très bas dans l'espace que l'été où eue approche du zénith.

On donne deux raisons de ces apparences, u première, c'est que nous jugeons de la grandeur des objets par leur diamètre apparent et par la distance à laquelle nous les supposons, celle-ci esomée par les corps qui se trouvent sur la môme ot

ATMOSPHÈRE

ATMOSPHÈRE

;çction. Or rien ne se tronre interposé entre rœil et l'astre quand celai-d est an lénith ; tandis qti*à lliorixon, mille objets, maisons, arbres, monUpies, etc., font Taloîr la disUnce et font jnger inslinciiTement pins grand. , .^ ^, j

U seconde, c'est la forme de rideau surbaissé m prend pour nous Tatmosphère, et où les astres unissent se peindre et se mouvoir, d'autant plus ^dsqn ils semblent plus éloignés. Nous ne pounos pas distinguer toutes les couches de Tatmosrtitére; mais les rayons de Thorizon qu'elle nous «Toie, venant d'une plus grande profondeur que çgoi du lénith, nous devons juger ce que nous appe:on8 II tfoûie eéleUe plus étendue vers ses bords ; uforme apparente est un effet de perspective que i?Bs les observateurs ne jugent pas de la môme Tcimère, mais qui entraîne pour chacun une ;2Qi$e interprétation des formes et des distances. IIL Soa action sur les agents physiques. — L*atr oosphère est le siège de nombreux et importanu phénomènes physiques qui ont pour causes preoières la (Valeur, la vapeur d'eau et l'électricité. Oc les nomme plus particulièrement météores et kor étnde constitue la météorolooie (V. ce mot). U production constante de fluide électrique, sa présence continue dans l'air, ses puissants effets loas forme de brillanU éclairs, sont traités aux articles Foudre, Orages et Paratonnerre, Toutes les manifesUtions de la vapeur d'eau sous forme <}« nuages*, de pluie*,de neige*, sont exposées à {^divers mots. La distribution de la chaleur, son ibwTption par l'atmosphère, sa répartition à la surface da globe suivant les latitudes et suivant 1m heues du Jour trouvent leur place aux articles ha^omment et Température. Les actions combinées de ces différentes causes, la corrélation de leon effets, les phénomènes journaliers qui en résultent, les mouvements incessants des couches â*iir qoi, sous le nom de ventjf^ en sont les conséquences, sont étudiés dans les articles spéciaux qu'indique le programme du cours de météore- ^p9 (V. Météorologie), et en particulier aux œow Courant*, Vents, Tempêtes, Baromètre^ Climats.

IV. L'atmosphère et ses aaents chimiques. — Lanaly^e de l'air a démontré la présence constante d^ l'oxygène et de l'azote (V. Air) ; mais ces deux ^or^ ne constituent pas seuls toute la masse at- BMMphérique, et on peut supposer à priori, comme Vivait fait Lavoisier, que Tatmosphère doit être le mélange de toutes les substances susceptibles de r^ter gazeuses ou de se dissoudre dans les gaz d'jàeustants. On y constate en effet un assez grand B!)mbre de corps: les uns ne font jamais défaut, comme Y acide carbonique et la vapeur <teau; les iQtres, comme les poussières organiques, sont des Céments accidentels qui éprouvent de grandes variadons dans leur proportion et même dans leur origine.

Àdde carbonique. — Les sources de ce gaz sont nombrenaes et puissantes; les combustions, les ^impositions organiques de toutes sortes, la respiration des animaux, et celle des plantes dans i'obscQrité, les émanations des volcans et de cer- ^^ sources en jettent constamment dans Tati&t'sphère de très grandes quantités. Mais la pro- Mn n'en augmente pis sensiblement. C'est que '^, la rosée, les pluies d'orage en dissolvent une Fvtie qu'elles enlèvent à l'atmosphère: l'eau des ^ en prend à son tour une grande portion qui ^niaéraiise en formant les coquilles ou les édi- Ita calcaires de ces myriades de polypiers, si ^breux qu'ils élèvent des récifs en Iles comme ^ portions de continents. Les végétaux qui, la i"Qt, jettent, conmie les animaux, de l'acide carbo- ^Qe dans l'air où ils respirent, ont la propriété ^s'emparer de cet acide le jour, de le décomposer iHsrinfhience de la lumière ; et en s'assimilant le

carbone comme leur principal aliment, ils resU tuent l'oxygène. Toutos ces causes expliquent suffisamment que la proportion de gaz carbonique n'augmente pas dans l'air, et elles peuvent rassurer pleinement ceux qui,comparant l'atmosphère à une enceinte confinée, craindraient <|u^à une époque ultérieure l'air n'y devint irrespirable, comme le devient celui d'une chambre close longtemps habitée,

Élémenis accidentels. — Les gaz que l'on trouve accidentellement dans l'atmosphère sont nombreux et variés. Autour des volcans, l'acide sulfureux et l'acide chlorhydrique ; près des marais, l'hydroeène sulfuré et le proto-carbure d'hydrogène ; dans les houillières,le pernicieux grisou, dont l'inflammation a déjà causé tant de désastres ; un peu partout l'ammoniaque, qui joue pour les plantes le réle d'un puissant engrais et dont la formation dans l'air est attribuée à l'électricité ; aux abords des grandes usines industrielles, des vapeurs, des poussières métalliques ou des corpuscules organiques qui contribuent à vicier l'air.

Mais une cause d'altération plus générale, plus pernicieuse, et contre laquelle on ne peut pas facilement se garantir, c'est cette production immense de miasmes (V. Ferments), qui a lieu partout où des matières organiques animales ou végétales s'altèrent, se putréfient sous la double influence de la chaleur et de l'humidité.

C'est surtout dans les réglons tropicales qu'elle agit sur la plus grande échelle, là où les débris d une puissante végétation se trouvent continuellement dans des conditions d'humidité et de chaleur favorables à leurs transformations. D'après les travaux de M. Pasteur, il est difficile de trouver un litre d'air qui ne contienne pas des milliers de ces microscopiques parcelles ae matières organiques qu'on a apiielées des microbes, des germes, des ferments, et qui paraissent être la cause directe d'un grand nombre de phénomènes jusqu'alors inexpliqués.

C'est ainsi que, d'après ce savant, les fermentations de toutes sortes, les altérations ou transformations des vins, et peut-être un grand nombre de maladies des hommes ou des animaux sont dues aux actions énergiques qu'exercent ces infiniment petits sur les milieux où ils se trouvent. Quand on refléchit qu'ils sont répandus à profusion partout, on est moins étonné que la vie de l'homme soit précaire dans le voisinage des endroits où ils prennent spécialement naissance, près des marécages où leur action pernicieuse s'ajoute à celle des gaz délétères pour produire ces fièvres bien connues des pays marécageux dont on prend le germe dans l'air malsain qu'on respire.

Ozone de l'air, — En 1840, M. Schœnbein a découvert que quand de l'air est électrisé par un très grand nombre d'étincelles électriques, il se forme un corps dont la présence se révèle par cette odeur connue qui se répand autour des machines électriques fonctionnant bien. Il a appelé ce corps ozone, ce qui veut diro « odorant». L'ozone a été l'objet de nombi^euses études de la part de plusieurs savants d'un grand mérite ; on le considère comme un état particulier de l'oxygène, mais on n'est pas encore parfaitement fixé sur sa nature.

On a pu l'obtenir autrement que par l'électrisa- Uon de l'oxygène de l'air.

Ainsi, il se développe de l'ozone quand on fait passer un courant d'air très lent sur des bâtons de phosphore humide.

Lorsqu*on expose au soljeil un flacon rempli en partie seulement d'essence de térébenthine et qu'on agite ensuite le flacon, il se produit de l'ozone dan» l'air qui est au-dessus du liquide.

La propriété saillante de l'ozone, outre son odeur particulière et forte, c'est une activité chimique bien plus grande que celle de l'oxygène. Ainsi il trans-

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