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ses inestimables trésors. Cependant le progrès agricole a permis de modifier heureusement la culture des céréales, de créer des variétés précieuses par leur adaptation aux divers climats, d'augmenter le rondement, de substituer en partie au travail manuel celui des machines. A la culture routinière a succédé la culture raisonnée, un peu savante ; le laboureur d'autrefois est devenu le cultivateur d'aujourd'hui ; l'un n'était qu'une force, l'autre est une force et une intelligence. Aussi lo cultivateur smtéresse à tout ce qui concerne ses, travaux; il acquiert des notions de géologie pour apprécier la qualité du sol, de bounique, pour comprendre l'organisation des plantes et comparer celles qui lui sont familières, de chimie et de physiologie végétale, pour se rendre compte de raction des engrais : négliger d'acquérir ces connaissances élémentaires, c'est se priver de ressources fécondes qui augmentent les produits du travail et ennoblissent les travaux des champs.
La culture d'un hectare de blé demande cinq ou six journées de travail réparti à divers intervalles : la récolte, sans le secours d'aucune machine, en exige à peu près autant. Il est donc indispensable do se procurer, pour ce travail, le concours d'ouvriers en dehors du personnel de l'exploitation. Heureusement l'emploi des machines tend à simplifier de plus en plus cette imporunte question. Moisson, — Voici, d'après Mathieu de Dombasle, comment on reconnaît oue le blé est à point pour la moisson : a on peut généralement couper le froment sept ou huit jours avant la complète maturité, c^est-à-dire lorsque la paille commençant à blanchir et k sécher vers le pied commenco aussi à perdre sa teinte verdâtre et que le grain a acquis assez de fermeté pour que, lorsqu'on le presse entre les doigts, l'ongle s'y imprime encore, mais ne le coupe plus aussi facilement que lorsqu'il n'avait u'une consistance laiteuse ou pâteuse. » D'ailleurs i est prouvé que la coupe h&tive donne un grain plus lourd Que la coupe tardive. Ainsi pour le blé rouge coupe environ dix iours avant la maturité parfaite, on a trouvé que 1 hectolitre de grains secs pesait 78 kil. 25 ; que le poids montait à 80 kil. 73 si Ton attendait un peu plus, selon les indications précédentes, mais qu'il tombait à 76 kilogr. si l'on attendait que la maturité s'achevât sur pied. Après la coupe h&tive la maturité s'achève parfaitement aux dépens des matériaux contenus dans les tiges et dans les feuilles : arrivée au point indiqué, la plante ne reçoit plus rien de la terrre. £n moissonnant de bonne heure on échappe à une
{tartie des chances de pertes causées par la grêle, es orages, et Ton évite l'égrenage des épis. De plus, le blé qui a mûri en moyettes offre pour la meunerie des qualités spéciales, reconnaissables à la main, et qui lui font aonner la préférence,
N'oublions pas, toutefois, que pour les grains destinés aux semailles, il semble, jusqu'à nouvelle expérience, qu'il vaut mieux suivre la marche naturelle et récolter le plus tard possible, sans toutefois laisser les épis s'égrener en partie.
La faucille, la sape flamande, la faux simple ou munie d'un râteau, sont les instruments employés encore de nos jours dans les petites fermes pour scier ou couper les blés. Un homme habile et vigoureux, se servant de la faucille, abat facilement 10 à 15 ares par jour; un sapeur fait deux fois autant de besogne; un bon faucheur coupe aisément 45 à 50 ares« suivant l'eut de la récolte, mais il lui faut adjoindre une femme ou un enfant pour former les javelles. Autrefois, dans chaque pays, l'extension que l'on pouvait donner à la culture des céréales dépendait du nombre de bras dont on disposait pour la moisson. Dans ces conditions, de vastes régions peu peuplées demeuraient incultes. Aujourd'hui, l'agriculteur possède des machines à défricher* à labourer, à semer, à
moissonner, à battre, à vanner, à trier, qui permettent de décupler les cultures avec moins de fatigue pour les ouvriers. De plus, pour le» besoini d'approvisionnement exceptionnels, tels que ceux des armées, on a inventé des greniers comertaleurs qui permettent de conserver longtemps les grains à l'abri des rongeurs et des insectes; ce sont des réservoirs en fer dans lesquels le Ué est soumis à une ventilation forcée ou à un mouvement régulier qui le ventile, l'épure et lui donne de la main en polissant les grains par le frottement
Le pain à bon marché. — Tous les perfectionnements de l'agriculture moderne auront-ils pour résultat de répondre aux espérances qui résume ce mot populaire entre tous : le pain à bon marché? Assurément ils y contribuent, mais il ne faudrait pu encourager & cet égard des illusions dangereuses.
Le temps n'est plus où le prix du blé ponvut dépendre des intrigues de quelques spéculateurs. On n'a plus à redouter Taccaparement, cette forme de la spéculation si justement maudite par le peaple au siècle dernier et contre laquelle les gouvernements prévoyants et amis du peuple ont adopté, selon les circonstances, des mesures en rapport avec les connaissances de leur temps en économie politique, mesures le plus souvent inefficaces.
On a cru longtemps qu'un des meilleurs moyens de prévenir les disettes, ou plutôt les chertés factices des céréales ,consistait à établir des réserves, des greniers destinés à approvisionner les marchés sous l'impulsion du gouvernement. Cependant, l'expérience a prouvé que les greniers d'abondance n'atteignaient pas le but que Ton se proposait. La crainte de voir jeter sur le marché de grandes quantités de blé au-dessous du cours paralysait les opérations régulières. On calcula en outre qae la création et l'entretien de ces dépôts coûtaient plus cher que la distribution de secours en nature nécessitée par le haut prix accidentel du blé. Plus tard, le gouvernement crut sage d'obliger les boalangers des grandes villes à conserver une réserre suffisante pour trois mois d*alimentation, mais il ao urda pas à reconnaître que la liberté illimitée ei la libre concurrence, la création de moyens 4e transport, le développement de l'activité commer^ claie, étaient les seuls garants des approvisionnements réguliers. Aussi, en 1861, le commerce des grains fut déclaré libre avec l'extérieur, et cette sage mesure fit tomber toutes les entraves qui l'avaient trop longtemps paralysé à riiitérieur.
Avec la liberté absolue, les flottes de commt;rcc, les chemins de fer et les canaux, la France est désormais à l'abri non-seulement des famines et des disettes, mais encore des chertés excessives. Nous en avons vu une preuve bien remarquable : la première guerre d'Orient nous a prives pendant près de deux ans des blés de la Russie mérioionale, une des sources les plus abondantes de notre approvisionnement, et cependant les prix n'ont pas sensiblement augmenté ; aujourd'hui ces blés de Russie abondent sur le marché, et les prix no baissent pas dans une proportion exagérée.
Toutefois, il reste encore beaucoup à faire ponr obtenir partout do bon pain à bon marché : mise en culture des marais, des landes ; production plus abondante de fumier et d'engrais; irrigations ; vulgarisation des machines agricoles et des greniers conservateurs ; amélioration des procédés de boulangerie. Rendons hommage à ceux qui ont ouvert la voie k tous ces progrès ; profitons des conquêtes déjà nombreuses du passe pour assurer la solution pacifique de cette question qui domine toutes les autres questions sociales, ceUe du pain quotidien. [D' Saffray.j
BLOCS ERRATIQUES. — Géologie* K. — Ce nom lui-même indique déjà quelque chose d'ano^ mal, d'exceptionnel.
Les blocs dont il s'agit, et que Ton désignait dans