BLOCS
BOEUI^
rorigine sons le nom de pierres adventives, ne «ont pas en effet à leur place naturelle, comme les amas de rocailles, produit de la désintégration, qu*on lencontre au pied des montaç^nes abruptes ; ce sont des étrangers, qui n*ont d*ordmaire rien de commun irec le sol sur lequel ils reposent.
C'est sur les hauts plateaux et sur les flancs du )ara que ces blocs d' origine étrangère devaient en premier lieu attirer Tattention. Il y a en effet quelque chose de surprenant dans la présence de ces zrands blocs de granit au milieu d*un pays composé de calcaire ou de grès, et il est à présumer oue, bien iraot que les savants s'en occupassent, plus d*un campagnard intelligent B*est demandé en passant d'où pouvaient provenir ces curieuses pierres qu*on ne rencontre dans aucune carrière du pays et que Ton désigne en Suisse et en Franche-Comté sous le nom de ^ris ou de grisons. 11 y en a qui atteignent les dimensions oTune maison mesurant jusqu'à S et GOO mètres cubes. Plusieurs de ces IMerres jouissent d'une véritable célébrité, telle que la Pierre à Bot près de NeuchAtel, la Pierre à Dm et le grand bloc de Monthey en Valais, tous trois composés de protogyne ou granit du mont Blanc (ce dernier dédié à la mémoire de feu H. de Charpentier, le promoteur de la théorie glaciaire).
La première explication qui fut proposée attribuait le transport des blocs erratiques à des counnts. Elle dut cependant ôtre abandonnée après m oo eut reconnu qu'il se trouvait do ces blocs à des altitudes tellement considérables (jusqu'à 1 200 mètres sur le Jura) que l'hypothèse de courants de^eotumt à fidt inadmissible. La forme anguleuse de ces blocs de granit n'est pas non plus compati- Ile arec l'idée d'un transport violent. Ils auraient dû fiécessairemènt être usés et arrondis, comme cpox qu'on rencontre dans les lits de torrents. Au Bea de cela, ils ont en général conservé leurs arêtes vives, absolument comme les blocs qu'on rencontre à la surface des glaciers actuels.
Cela n'empêche pas qu'ils ne soient parfois entassés en grande quantité sur un seul point. Il est telle localité où on les exploite en guise de carneres, par exemple au Kirchet près de Meyrinc^n et sur plasienrs points du bas Valais, entre au* très près de Monthey. Ailleurs ils frappent *par leur position bixarre au sommet d'une arête ou d'un contre-fort étroit et saillant, position qui exclut toate idée d'an transport violent et prouve qu'ils ont dû être posés doucement à la place qu'ils occopent.
11 n'y a dans la nature qu'un seul agent qui soit apable d'effectuer des transports pareils : ce sont les glaciers. Il faut donc adinettre qu'à une certaine époque les glaciers se sont étendus aussi loin et aussi haut qu'on rencontre des blocs erratiques.
Ce qui donne aux blocs erratiques leur intérêt ^ncipal, c'est qu'ils sont devenus, à la suite de longues études, l'un des arguments les plus pé- T^mptoires en faveur de l'ancienne extension des glaciers, non-seulement sur le pourtour des Alpes, mais dans bien des chaînes de montagnes o£i il n'existe plus de glaciers de nos jours.
Aujourd'hui l'on ne se borne plus à enregistrer Kor présence dans les différentes vallées dfes Al-
g:s ou des Pyrénées. La science exige davantage. oTeot savoir d'où ils sont venus, quel contingent les différents massifs d'une chaîne de montagne ont feamiet, si possible, ouel chemin les blocs ont pareouni pour arriver à l'endroit quMls occupent.
On est ainsi parvenu dans les Alpes à faire la pvt des différents tributaires de l'ancienne mer de ^ce qui occupait la Suisse et qui s'étendait en f«nce jusqu'à Lyon. Ce sont les régions ou bas- «w erratioues. On en a distingué sept sur le verynt nord des Alpes, savoir : les bassins de l'Isère, flelArre, du Rhône, de l'Aar, de la Reuss, de la
Llmmat, du Rhin. Ces résultats, fruits de longs travaux de M. Guyot et de H. A. Escher de la Linth, ont été consignés par ce dernier géologue sur une carte spéciale, qui est la carte erratique de la Suisse.
Les blocs erratiques ne sont cependant pas limités au pourtour des Alpes et des Pyrénées, comme on a pu le croire un instant. Il en existe aussi ao centre de la France, qui se rattachent au Morvan. La Scandinavie en est couverte, et le nord de l'Ecosse en contient un grand nombre qui proviennent des montagnes de la Norvège. Les Vosges et la Forêt- Noire en ont aussi fourni leur contingent. Les Etats du nord de T Amérique en sont largement pourvus. Enfin il nV a pas jusqu'à TAmériqu» méridionale (détroit de Magellan) et à la Nouvelle- Hollande où l'on n'ait signalé leur présence, ainsi quo sur les flancs du Liban et en Kabylie.
Cette universalité du phénomène est une preuve que la cause, quelle au'elle soit, qui a transporté ces blocs loin de leur lieu d'origine a été une cause générale. Si donc il est dômonM que ce sont des glaciers qui en ont effectué le transport, il s'ensuit que le climat a dû, à une certaine époque, être sensiblement plus froid que de nos jours, probablement parce que notre système planctaû-e traversait dans ce moment des régions plus froides de l'espace.
Ces refroidissements se sont peut-être répétés à différentes époques. Il existe en effet des blocs étrangers dans des formations plus anciennes (les blocs de la Superga dans le miocène, les granits de Habkeren dans l'éocène de la Suisse), ce qui semblerait indiquer que la terre a subi à différentes reprises des périodes de froid, qui ont permis aux glaciers de so développer et de porter au loin les débris des montagnes ou ils se formaient. Telle est, entre autres, l'opinion de M. Ramsay, Téminent directeur de la carte géologique d'Angleterre.
[E. Desor.]
IfOCtures et dlotèas.— Ziucher et Marsollé, Les al^ cMTf, p. 91, US, 131.
BŒUF ET RACES BOVIPTES. — Agriculture, XIV. — De tous les animaux domestiques élevés par l'agriculture, le bœuf est celui qui occupe le premier rang, à la fois par les produits qu'il oonne et par les proportions dans lesouelles on le retrouve partout. C'est le principal des animaux de trait dans un grand nombre d'exploitations ; c'est la vache qui donne partout la plus grande quantité de lait; enfin, tous les animaux des races bovines, qu'ils soient abattus dans le bas âge ou qu'ils ne soient sacrifiés qu'après de longs services, ont pour destination finale la boucherie. En outre, les animaux de l'espèce borine donnent dans toutes les fermes la production la plus abondante de fumier pour reconstituer la fertilité des terres épuisée» par la culture. En dehors de la production du fumier qui demande une étude spéciale (V. Engrais) l'espèce bovine a donc trois grandes utilités agricoles : production du travail, production du lait, production de la viande.
C'est surtout dans la petite culture que le bœuf est un animal de travail ; il paie ainsi la nourriture qu'il absorbe, et son accroissement de poids est tout bénéfice pour le cultivateur. Pendant longtemps, les animaux de trait étaient conservés le plus longtemps possible, et on ne les envoyait à la boucherie que lorsqu'ils ne pouvaient plus rendre les services qu'on leur demandait. Aujourd'hui que la viande augmente tous les jours de valeur, les cultivateurs ont été amenés à la produire en plus grande abondance, et ils ont cherché les moyens d'accélérer le développement de leurs animaux et leur rendement en viande, tout en leur conservant leurs anciennes qualités. Autrefois la principale destination du bœuf était le travail*^ aujourd'liui c'est la production de la viande. L'idéal pour 1'»-