‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 23 sur 562 · I. ADJECTIFS QUAUnCATirS · texte numérisé non relu

I. ADJECTIFS QUAUnCATirS

Du genre dans les adjectifs. — Règle générale. — Pour former le féminin dans les adjectifs, on ajoute un e muet au masculin : méchant, méchante ; saint, sainte.

Quand le masculin est déjà terminé par e, comme dans sage, mnigm, large, l'adjectif ne change pas au féminin : enfant saae, fille sage.

Origine de cette régie. — L'e muet, signe du fémimn en français, vient de Va, signe du féminin en latin pour une classe nombreuse de noms et d'adjectifs: {divinvs, divin; divinx, divin^).Uais les Romains avaient deux classes d'adjectifs, les uns avec une terminaison en us pour le masculin (6onus) et en a pour le féminin (bonA); les autres gardant la même terminaison pour les deux i^enres (ex. : grandie, tôrtis au masculin et au féminin). A l'origine, le français se conforma exactement à cette distinction : il ne donnait la termi'

ADJECTIF

ADJECTIF

rats0Of qa'«vx féminins latins en a (bona, bonne) ; il ïùtsài les antres semblables aux deax genres, Qfl ^rtmi homme, one grand femme, de même qu'a litiD : orandù homo, grand» femina. C'était U U rèfie genéral« an onzième siècle ; on disait ■M Bère grandy une âme immortel, nne roche Vt, pirce qii*en latin grandis, immortalisa for^ lit, eiCt n'avaient qn*ane terminaison pour les 4eQX|eBres.

Le xm* siècle, ne comprenant plus le motif de cette distinction, commença à adjoindre à ces aàjtcûk Ye an féminin et écrivit grande, mor- *eik, /brfe, comme il écrivait ^onne, blanche, etc. L andeQ osage persista cependant dans quelques «xpRflDons usuelles, telles que grande route, trendmire, etc.; les grammairiens du seisième aède, croyant qa*lci grand était une abréviation de p-enHe, introduisirent à tort une apostrophe d'oè rorthographe grand'mère) pour marquer la fQfpnsâùn de cet e, qui en réalité n*avait Jamais eiisté. (Bracheti Nouvelle grammaire).

Oa retronve encore quelques traces de cet usage dass les mots : lettres roùaur, fonts baptismaux /bats poar fontaines était féminin), et dans ces DosH de \ille : Roche fort, Granville (pour Grandfttie), Grandcomàe, etc.

Êndenmient il fiant se conformer à Tusage qui mt ^'on écrive anJourd*hui grand*mère, grand* vuat, gnad*me, grand'cbose, mais il n*est pas mok èe se rendre compte de cette anomalie.

Rbelbs MiTicinjftBBs. — I . Redoublement de la nmmne. — Les adjectifs eiv e/, et/, t'/, en, on, e^ o(et les adjectifs terminés par s doublent en général aa léDmm la consonne finale /. n, t, $, avant de fRBdre Xt mnet : crueU cruelle; — pareil, pet- Ttiik; - gentil^ gentille; — ancien, ancienne; ics, ftsase; — wmet, muette; — sot, sotte; — ptt, $m$e: — épais, épaisse, — prof es, professe.

Ce redoublement des consonnes a été amené, tutôtpir les exigences de la prononciation, tant&parUrimple imitation des féminins en e//eet a etU. Pour les adjectifs en el, en, et, le redou- UcmeDt sert à renforcer la voyelle accentuée (Voir ieceRfuafloii) et à conserver à Ve sa sonorité.

Les féminins de tons les adjectifs en on et de ^Iqves idjectifis en ot a été caloué sur celui des adjectifs en el, en, et* Plusieurs adjectifs, tels que <VR^, idiot, manchot, font leur féminin sans redoubler la consonne : dévote, idiote, manchote,

les adjectifs yrot, ^rot, <[pair, etc., redoublent U consouie finale ; sans cela, le « se trouvant entre ^^Toyelles prendrait le son du x : il le prend, par eiemple, et toujours à TimlUtion du latin, daos le féminin do ras, clos, etc., parce qu*on dit en latin rasa, clausa, d*où ra«e, clo«e, tandis qu'on ait enma, t^issa, d*où graife, épaisse, etc.

Us adjectifs beau. Jumeau, nouveau, fou, mou etrtacr font an fémmin belle, jumelle, nouvelle, p^le, molle et vieiUe. Ces adjectifs s'écrivaient autrefois m masculin belfjumel, nouvel, fol, mol, tifl/. Cet formes s'emploient encore aujourd'hui devant les noms qni commencent par une vovelle QQ une A muette : bel homme, nouvel an, foi orgoefl, ml édredon, vtet7 ami.

^ Fémimn marqué par Caccent grave. — Les ujectifs en ier, «r, et les six adjectifs complet, <*'»€re/, discret, inquiet, replet, secret, ne recfiaUem pu la consonne finale, mais prennent un *ccent grave sur Ve qui précède le r eu le < : aliier, *7^i — étranger, étrangère; — complet, corn- P^iAccentZti^). '^ > ^^ •

f Firnihin des adjectifs terminés par x. — Les «ojediCi terminés par x changent x en te au fémi- WQ : heureux, heureuse : —jaloux, jalouse. Faux,

^* d!o«x, font au féminin fausse, rousse, douce,

A à la fin des mots (dix, six) et même au milieu

«e> mou {toixante) & le son de s ; de Ik Tortho-

P*P<waodeime iUms, fous, rous, dont le féminin

était régulièrement fausse, rousse. Dans doux, le double s {ss) a été remplacé par son équivalent c doux qui se trouvait déjà du reste en latin {dukem).

4. Féminin des a^jtctifs terminés par f. — Les adjectifs terminés par /, comme vif, bref, naïf, forment leun fémimn en changeant /en ve : crain* tive, brève, neuve.

Ces adjectifs viennent en général de primitifs latins qui avaient un t; au radiâil : vtvt^m, àrevem, novum ; la finale sourde um, em étant tombée, t; est devenu f en français, aucun mot de notre langue n*étant teiminé par un v. Mais le v reparaît quand on ajoute une voyelle k Tadlectif : neuf, neuve — bref, brève. Il en est de même pour les substantifs : nerf, nerveux — bœuf, bouvier, etc.

5. Féminin aes adjectifs terminés par c. — Blanc, franc, sec, prais font au féminin blanche, franche, sèche, flraiche.

Turc, publiCf caduc changent c en que au féminin : turque, publique, caduque. — Grec fait grecque. — Lona fait longue.

Si le c final donne au féminin les deux terminaisons che et que, c'est que la terminaison latine ca devient en français tantôt c/re, tantôt que. Précédée d*une consonne en latin, comme dans arca, fïirca, elle devient che : arche, fourche; de là le féminin sèche, du latin sicca. Les mots d*origine germanioue, blanch, franco, fresc, latinisés en blanca, fronça, fre^ca, ont suivi la même règle (fi^sca a d*abord donne AeicAe, puis fraîche). Précédée d'une voyelle en latin, comme dans veridica, jundica, la terminaison ca devient que : véridique, juridioue; de là les féminins publique, caduque, de publica^ caduca. Si Ton n*avait ajouté que Te muel kpubiiCt caduc, on aurait eu en français publiée, caduce, qui auraient perdu le son dur du c; pour le conserver, on a remplacé c par son équivalent qu. C*est par la même raison que /o9i^ fait ^ofie et non Umge. Turc et grec ont suivi la même règle, mais grec a gardé le c pour conserver k Te un son ouvert.

6. Féminin des adjectifs terminés par «un. — Les adjectifs en etir forment leur féminin de quatre manières. 1* Les uns suivent la règle générale et ajoutent un e au masculin : majeur, majeure, — antérieur, antérieure; 2* d*autres, et ce sont les plus nombreux, changent etir en euse : voleur, voleuse, — tromjpeur, trompeuse ; 3* d'autres changent eur en eresse : vengeur, vengeresse — chasseur, chasseresse; 4* d*autres enfin changent feta*en frtce.

Les adjectifs qui forment leur féminin par un e mnet sont au nombre de douze et viennent tous de comparatifs latins : majeur {mafor, plus grandi, mineur (mtfio«*, pins petit), inférieur (inferior, plus an-dessous), etc. Quant au suffixe euse, il est aises récent dans Thistoire de la langue et ne remonte guère qtt*an quatonième siècle ; k Torigine de la l^gue, le véritable féminin des mots en eur était eresse ; pécheur, pécheresse; vengeur, vengeresse; devineresse^ défenderesse^ demanderesse. Plus tard, ce suffixe tvx remplacé par la forme euse, mtôB il a persisté dans cinq ou six mots ; et tandis qu*on dit chanteur, chanteuse, on a gardé la vieille forme dans : encAoït^eio*, enchanteresse.

Quant k la forme euse, elle est calquée sur le latin féminin osa, qni devient régulièrement euse en français, comme or est devenu eur : épineuse {spinosa).

Le latin avait en outre pour marquer le féminin une forme en trix, qui a donné trice en français dans les mots savants : accusatrice {accusatricem), impératrice (inmeratricem), et sur ce modèle notre langue a créé bienfaitrice de bienfaiteur, protectrice de protecteur, etc. (Brachet, Nouvelle grammaire.)

Fémmin des adjectifs en oo. — Les adjectifs

ADJECTIF

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terminés en gu forment leur féminin en gui: aiguy aiguë; ambigu^ ambiguë; c'est-à dire qu'on place un tréma sur 1> muet.

Ce tréma sur Ve indique qu*il faut ici prononcer uê et ne point confondre aigué, ambiguë, etc., avec les mots tels que bague j aigitê-manne, etc., dans lesquels ue est tout à fait muet.

Féminins reprenant la consonne étymologique, *- Les adjectifs bénin, malins favori, coi, font au féminin bénigne, maligne, favorite, coite.

Bénin et malin viennent du latin benignum, malignum, et le gn latin qui, dans ces mots, s'était réduit à la finale n. redevient gn en français dans bénigne, maligne (de benigna, maligna), parce qu'il est suivi dans ce cas d'une voyelle qui occupe la dernière place du mot. Favorite et coite repren- 'ncnt au féminin le t qui est tombé au masculin, et qu'on retrouve dans l'italien favorito et le latin gutetum.

Tiers fait tierce. Le mot latin tertius {troisième) a perdu sa terminaison en français et est devenu tiers; mais le féminin tertia a été remplacé par e muet, et a donné tierce, comme prudentia, gratia, etc., ont donné prudence, grâce, etc.

Du nombre dans lee adjeolite. — Règle oéméniLE. ~ Le pluriel des adJecUfs se forme comme celui des noms, c'est-à-dire en ajoutant un s au singulier : grand, grands; sainte, saintes; prudent, prudents.

Quand l'adjectif est déjà terminé au singulier par s ou X, i\ ne change pas au pluriel : des arbres gros, des hommes heureux.

Exceptions. — 1* Les adjectifs en eau prennent X au pluriel : beau, beaux, — nouveau, nouveaux.

2* Les adjectifs en ou et en eu prennent s au pluriel : fou, fous, — mou, mous, — bUu, bleus. Cependant Hébreu fait Hébreux avec un x.

.)« L'adjectif fotif perd le t au pluriel : tous,

4* Les adjectifs terminés en al ont le pluriel en aux : loyal, loyaux, — légal, légaux, — égal, égaux.

Les adjectifs arbitral, austral, automnal, bancal, boréal, colossal^ conjectural, diamétral, doctoral, ducal, expérimental, fatal, frugal, glacial, immémorial, instrumental, jovial, mat^tstral, naval, pastoral, pénal, sentimental, théâtral, orioinal, et UD petit nombre d'autres d'un usage peu n*équent, forment leur pluriel en ajoutant un s : arbitrais, australs, etc.

(Voir pour U formation du pluriel dans les adjectifs ce que nous avons dit à la formation du pluriel dans les noms*).

Degrés de •ignllioatlon dftns les •diaotifé. — Il y a trois degrés de signification dans les adjectifs : le positif, le comparatif et le superlatif.

Le positif est l'adjectif môme : Mon chtval est noir; noir, qui annonce simplement une qualité, est au positif.

L'adjectif est au comparatif quand il exprime la qualité avec une idée de comparaison. Le comparatif se forme en ajouunt plus à l'adjectif quand on veut marquer la supériorité : Mon cheveu est vins noir aue le vôtre : ~ moins, quand on veut marauer l'mfériorité : ifon cheval est moins noir

?ue le vôtre ; — aussi, quand on veut marquer égalité : Mon cheval est aussi noir que le vôtre.

De là trois sortes de comparatifs : le comparatif de supériorité, le comparatif d'infériorité et le comparatif dégalité.

L'adjectif est au superlatif quand il exprime la qualité au plus haut degré : Mon cheval est trèsnoir; — voici le plus noir de vos chevaux.

Le premier superlatif {très-noir) est dit superlatif ahsolu, parce qu'il n'y a pas comparaison avec d autres chevaux. Le second {le plus noir) est dit superlatif relatif, parce qu'il y a comparaison, relation avec d'autres chevaux. 1

On forme le superlatif absolu en ajoutant à l'ad- 1

Jectif fr^*,/br/, bien, extrêmement^ et le superlatif relatif en ajoutant le plus ^ le moins.

Les degrés de comparaison sont nn pur latinisme qui ne devrait à aucun titre figurer dans une grammaire de la langue française. Nous n'avons en réalité que trois comparatifs, qui nous sont venus tous formés du latin : meilleur (de melior), qui sert de con^aratif à bon; pire {dep^'or)^ comparatif de mauvais; moindre (de minor), comparatif de />e/t7. Ajoutons encore deux comparatifs latins: major {plus grand) et senior {plus vieux) j qui sont restôs en français comme substantifs dans maire et seigneur, mais ils ont perdu leur sens originaire.

Nous avons encore en français quelques comparatifs latins qui ont à peu près peran chex nous le sens du comparatif, mais qui ne peuvent être précédés de plus; ce sont : majeur^ mineur^ antérieur^ intérieur, citérieur, inférieur^ postérieur^ ultérieur, extérieur^ supérieur. Im langue française a aussi formé quelques superlatifs en issime, à l'imitation des Latins : sérénissime, richissime, rarissime, illustrissime, etc. Telle est Torigine du substantif généralissime. FormaUon des adjectifs. — Arec les adjectifs

2u'il avait reçus du latin, le français en a formé 'autres par les mêmes procédés qu'il emploie pour former les noms, c'est-à-dire par composition et par dérivation.

1* Par covposrnox. — Soit en réunissant deux adjectifs simples, comme aigre-dottx^ soit en plaçant devant les adjectifs simples un préfixe (V. Êtymoloaie) qui leur dortne un sens nouveau ; ainsi bienheureux, malhonnête sont composés des adjectifs heureux, honnête, et des préfixes bien^ mal. Les préfixes les plus usuels sont : archi, anti, bien, demi, in^ mal, sous, sur, ultra. Archifou, fin/t>ellgieux, 6t«nfaisant, demi-noir, «nconsunt, malheureux, «ot»-marin, surhumain, tf/<ra-royaliste.

2* Par oiRivATioir. — En ajoutant un sn/Hxe soit à l'adjectif, soit au subsUntif, soit au rerbe. Ex. : bleuâtre, de bleu, — courageux, de courage, — pensif dépenser. On ajoute surtout aux adjectifs déjà existants les suffixes âtre, asse, et, elet, aud, ot. Ex. : gris, çrisdfre, — bon, honasse, — long, longuef, — maigre, maigreM, -— lourd, ïoordaua. vinl,yie\\lot.

Aux substantifs, les sufSxes eux, ain, in, é, er, u. Ainsi, de courage on forme courageux, de monde mondain, d'en/hn/ enfantin, d'âge Agé. de mensonge mensonger, de fourche fourcht/.

Aux verbes, les suffixes able, ible, ard, if. Ainsi de comparer on forme compara6/e, de corriger corrigti/e, de piller picard, de penser pensif .

u. ADJSCTIFS DiTBRMINATIPS.

On distingue trois sortes d'adjectifs déterminatifs : les adjectifs numéraux, les adjectifs démonstratifs, les adjectifs possessift.

10 Adjectifs numéraux ou noms de nombre.

Les adjectifs numéraux sont ceux qui marquent /e nombre, l'ordre ou le rang. Il v a deux sortes d'adjectifs numéraux : les adjectifo numéraux cardinaux et les adjectifs numéraux ordinaux.

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