‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 27 sur 562 · DB8R&S DB SIOIOFICATION DANS LES ADJECTIFS · texte numérisé non relu

DB8R&S DB SIOIOFICATION DANS LES ADJECTIFS

l*" Ecrire au tableau on dicter le morceau suivant. Les élèves souligneront d^un trait les comparatifs^ de deux traits les superlatifs.

« l'ane. — L*âne n'est point un cheval dégénéré ; il n'est ni étranger, ni intrus ; et quoique sa noblesse soit moins illustre, elle est tout aussi bonne, tout aussi ancienne que celle du cheval : pourquoi donc tant de mépris pour cet animal plus patient, plus sobre et plus utile que bien d'autres ? L'âne abandonné à la erossièrcté du dernier des valets ou à la malice des enfants, bien loin d'acquérir, ne peut que perdre par son éducation ; il est le

^let, le plastron des rustres qui le conduisent le ton à la main, qui le frappent, qui le surchargent, sans ménagement : on ne fait pas attention Que Fine serait le plus beau, le mieux fait, le plus distingué des animaux, si dans le monde il n'y avait point de cheval. Cependant il est de son naturel aussi humble, aussi patient, aussi tranquille, que le cheval est fier, ardent, impétueux ; il souffre avec constance, et peut-être avec courage, les châtiments les plus injustes ; il est très-sobre et sur la quantité et sur la qualité de la nourriture ; il se contente des herbes les plus dures, les plus désagréables. Mais il est très-délicat sur l'eau : il ne veut boire que de la plus claire et aux ruisseaux qui lui sont connus. — Buffon. »

2^ Dicter les phrases suivantes, en indiquant le comparatif de supériorité par l'abréviation ^uj»., d'égalité par ég.^ d'infériorité par inf. Les élèves devront former les divers comparatifs.

La vertu est [sup.) précieuse que l'or.

L'Asie est (ég,) grande que TEarope et l'Afrique réunies.

Le remède est [sup.) mauvais que le mal.

Ce n'est pas être bon que d'être (sup.) bon qu*un méchant.

Le dégât fut {sup.) petit qu'on ne Tavait dit.

La Belgique est {ég.} grande que la Hollande.

ADJECTIF

ADJECTIF

Le naufrage et la mort sont {inf.) fanestes que les plaisirs qui attaquent la vertu.

L'Europe est à peine (ég.) vaste que rAustnlie.

3* Dicter les phrases suivantes, en indiquant le superlatif relatif par l'abréviation re/. Et le superlatif absolu par abs. Les élèves devront former les superlatifs.

La durée du temps pendant lequel les eaux ont couvert nos continents a été {ubs,) longue,

La Russie est (re/.) grande des seize contrées de l'Europe, la Grèce est à peu près {rel.) petite, l'Angleterre est peut-être [reu riche.

La Suisse est certainement (re/.) beau pays de l'Europe; la Russie est {rel.) triste à habiter dans les contrées du nord.

Les Lapons sont les hommes {rel.) petits de l'Europe.

L'homme est (re/.) bon et (re/.) méchant des animaux.

Le département de la Seine est (re/.) petit, mais (re/.) populeux de la France.

La fourmi n'est pas prêteuse : c^est là son (re/.) petit défaut.

Le (re/.) bon maître est celui qui étend ses soins Jusqu'à (re/.)pe/tï de ses domestiques.

▲djeotlls dètermlnatifts,

1* ADJECTIFS NUMÉRAUX.

1* Dicter OU écrire au tableau le morceau suivant, en indiquant les nombres en diifiEres; l'élève les écrira en lettres.

« Ce que COUTE LE SIÈGE d'uNE GRANDE VILLE. —

La ville de Turin était assiégée en nOG par 46 esdbdrons et 100 bataillons commandés par le duc de La Feuillade, qui attendait pour récompense le bâton de maréchal de France. L'imagination. est effrayée du détail des préparatifs de ce siège.

« On avait fait venir 140 pièces de canon ; et il est à remarquer que chaque gros canon monté revient à environ 2000 écus. 11 y avait 1 10 000 boulets, 106 000 cartouches d'une façon et 300 000 d'une autre, 21 000 bombes, 27 500 grenades, i5 000 sacs à terre, 30 000 instruments pour la mine, 1 200 000 livres de poudre. Ajoutez à ces munitions le plomb, le fer et le fer-blanc, les cordages, tout ce qtii sert aux mineurs, le soufre, le salpêtre, les outils de toute espèce. Il est certain que les frais de tous ces préparatifs de destruction suffiraient pour fonder et pour faire fleurir la plus nombreuse colonie. 'Tout 4iége de grande ville exige ces frais immenses : et quand il faut reparer un village ruiné, on le néglige. — Voltaire. »

2° Dicter ou écrire au tableau le morceau suivant, en indiquant les nombres en chiffres. L'élève les écrira en toutes lettres.

« Les VAGUES. —La surface de la mer est rarement calme. D'ordinaire, les vents soulèvent l'eau marine en vagues plus ou moins hautes, qui parfois se déroulent régulièrement et souvent aussi se heurtent et se croisent. C'est un spectacle grandiose que ces plissements de Tonde par un temps Eaisible, alors que pas un souffle n'agite les voiles : autes, bleues, sans écume, les masses liquides se succèdent à 200 ou 300 mètres d'intervalle, passent en silence sous le navire, et, pourchassées

{>ar d'autres ondes, vont se perdre au loin dans 'espace. La hauteur des vagues n'est point la même dans toutes les mers ; elle est d'autant plus considérable que le bassin est plus profond et que la surface est plus librement parcourue par les vents. D'après quelques navigateurs, on rencontrerait parfois, à quelques milles au sud du cap de' Bonne-Espérance, des vagues de 30 et 33 mètres de hauteur, au fond desquelles les navires descendent comme dans une vallée. Au milieu de l'Atlantique du nord, les vagues de tempête sont de 6 à 9 mètres, et dans la Méditerranée de 3 à 6 mètres et demi. Mais lorsque le vent souffle avec violence et

marche au taux formidable de 100 milles à Theure, c'est-à-dire quatre fois la marche de nos locomotives, les vagues atteignent une hauteur et une puissance incroyables. On a vu des trombes d'eau s'élever Jusqu à 25 Aètres au-dessus du phare d'Eddystone ; la masse qui se soulève ainsi autour de l'édifice ne 'peut être moindre de 2000 à 3000 mètres cubes, et pèse autant qu'un navire à trois ponts. Avec une pareille force, le déplacement de blocs qui nous semblent énormes n'est qu'un Jeu pour les vagues de tempêtes. A Cherbourg, des canons ont été déplacés; à Biarritz, des blocs de 36 000 kilogrammes ont été rejetés sur la plage. En 1699, lors du tremblement qui agita la Jamaïque et les mers voisines, les vagues se précipitèrent à l'assaut de la ville de Port-Royal, et, dans l'espace de trois minutes, recouvrirent plus de 2 500 maisons d'une couche de 10 mètres d'eau; les navires furent Jetés çà et là dans les campagnes, et la frégate le Cygne vint échouer sur un toit à plusieurs milles du rivage. — D'après E. Reclus. »

2o ADJECTIFS DÉlUmSTRATIFS.

Dicter ou écrire au tableau le morceau suivant; les élèves devront remplacer les tirets par l'adjectif démonstratif,

« La prière du matin. — - Quand nous étions réveillés dans nos petits lits, que le soleil si gai du matin étincelait sur nos fenêtres, que les pas des serviteurs résonnaient depuis longtemps dans la maison et que nous attendions impatiemment notre mère pour nous lever, elle montait, elle entrait, le visage toujours rayonnant de — bonté, de — tendresse qu elle nous a toujours témoignée ; elle nous embrassait dans nos lits ; elle nous aidait à nous habiller; elle écoutait ~ joyeux petit rama^ d'enfants doât l'inugination rafraîchie gazouille au réveil, comme un nid d^hirondelle gazouille sur le toit quand la mère approche, puis elle nous disait : c A (^ui devons-nous — bonuear dont nous allons jouir ensemble? C'est à Dieu, c'est à notre Père céleste. Sans lui, — beau soleil ne serait pas levé ; — arbres auraient perdu leurs feuilles ; — gais oiseaux seraient morts de faim et de froid sur la terre nue, et vous, mes pauvres enfants, vous n'auriez ni lit, ni maison, ni Jardin pour vous abriter et vous nourrir, vous réjouir toute votre saison I II est bien juste de le remercier pour tout ce qu'il nous donne avec — Jour, de le prier de nous donner beaucoup d'autres jours pareils. » Alors elle se mettait à genoux devant notre lit, elle joignait nos petites mains, et souvent, en les baisant dans les siennes, elle faisait lentement et à demi-voix la courte prière du matin, que nous répétions avec ses inflexions et ses paroles. — Lamartine. »

8* adjectifs possessifs.

1* Lire ou dicter le morceau suivant et faire ensuite souligner ou analyser verbalement les adjectifs possessifs.

tt Le paon. — Si l'empire appartenait à la beauté et non à la force, le paon serait, sans contredit, le roi des oiseaux ; il n'en est point sur qui la nature ait versé ses trésors avec plus de profusion : la taille grande, le port imposant, la démarche fière, la figure noble, les proportions du corps élépintes et sveltes, tout ce qui annonce un être de distinction lui a été donné ;une aigrette mobile et légère, Feinte des plus riches couleurs, orne sa tète, et élève sans la charger ; son incomparable plumaee semble réunir tout ce oui flatte nos yeux dans le coloris tendre et frais des plus belles fleurs, tout ce qui les éblouit dans les reflets pétillants des pierreries, tout ce qui les étonne dans l'éclat majestueux de l'arc-en-ciel : non-seulement la nature a réuni sur le plumage du paon toutes les couleurs du ciel et de la terre pour en faire le chef-

ADJBGTIF

ADVERBE

^'cravre de ta magnificence, elle les a encore m^.- \ées^ assorties, nuancées, fondues de son inimitable pinceaa, et en a fait nn tableau unique, où elles tirent de leur mélange avec des nuances plus sombres et de leurs oppositions entre elles nn nouveau lostre et des effets de lumière si suoflmes que notre ait ne peut ni les imiter ni les décrire.

• Tel parait à nos yeux le plumage du paon lorsqn il se promène paisible et seul dans un beau jaor de printemps ; mais si quelque vive passion i a^te, alors toutes ses beautés se multiplient, ses j^cx s'animent et prennent de rexpression, son âigrene s'agite sur sa tète et annonce l'émotion iatérieare; les longues plumes do sa queue déploient, en se relevant, leurs richesses éblouissutes; sa tète et son cou, se renversant noblement en arrière, se dessinent avec çrAce sur ce fond n^eu, où la lumière du soleil se Joue en Qùlle manières, se perd et se reproduit sans cesse, et semble prendre an nouvel éclat plus doux et plu moelleux, de nouvelles couleurs plus variées et pitts harmonieiisos. Buffon. »

r Dicter ou écrire au tableau le morceau suinnt Les élèves devront remplacer chaque tiret par an adjectif possessif.

t Le ratcBAU DU TmEK. Mon père trav«illait k ^frand tableau, et il était au haut de l'échelle <jiB fan servait à peindre, lorsque les hallebardiers, -pique à la main, ouvrirent— porte et se raneèrent contre le mur. Un page entra et cria à haute Toix : ■ César 1 » Quelques minutes après, Tempe- Rsr parât roide dans — pourpoint, et souriant dint — bartie rousse.

• — père, surpris et charmé de cette visite inattendue, descendit aussi vite qu'il pouvait de — êcheUe; il était vieux; en s'appuyant à la rampe, il laissa tsmber — pinceau.

•Tont le monde restait immobile, car la présence de l'eaipereor nous avait changés en statues. — père était confus de — maladresse et de — lenteur ; mats il cndgnait, en se hâtant, de se blesser. Quries- Quint fit quelques pas en avant, se courba lentement et ramassa le pinceau. « Le Titien, ditil, mérite bien d*ètre servi par César. » Et avec une majesté vraiment sans égale, il rendit le pinceau à -jière, qui mit un genou en terre pour le rece- TOir. A. m Musset. »

ADJECTIFS nVDÉFINlS.

1* Lire aux élèves, phrase à phrase, le morceau surant, et faire chercher les adjectifs indéfinis.

t La ptcBB DES PSBLSS. — Les huîtres perlières sont très-abondantes sur toutes les côtes de l'Ile de Ceyian ; on en fait la pèche dans les mois de février, ours et avril. Chaque plongeur, ayant à la main une petite corde, dont l'autre extrémité est ternie par plusieurs rameurs de la baroue à laquelle il appartient, et un sac où il met les huîtres, descend an fond de la mer, grâce à une pierre qui lui iert de lest et qui est attachée k une corde que Uenient aussi les hommes delà barque. Il ramasse lion rapidement les quelques huîtres qui sont à u portée, puis, après être resté trois ou quatre minâtes sous Veau, il agite la petite corde : à ce «içttl on le remonte. Càte opération, oue chaque bomme répète Jusqu'à cinquante et soixante rois pv jonr, est, comme on le conçoit facilement, des phs pénibles, et il n*est pas rare de voir certains plongeors, au moment où ils sortent de Tean, rendre le lang par le nés et les oreilles. On rejette à la mer les noltres qui ne contiennent point ae perles ; les antres sont rassemblées dans des fosses où elles ne tardent pas à mourir; on les ouvre alors «t on en retire les perles.

«On labriqne dans le commerce de fausses perles anc les écailles ae Tablette, que Ton dissout dans lucaU*, on obtient ainsi une p&te nacrée que Ton "Mnle en petites boules. Boutbt de Monvel. »

3* PiBTlB

2" Faire composer des phrases où certain solt adjectif qualificatif et d*autres où il soit adjectif indéfini.

3* Questions comme celles-ci : Lequel est le plus employé aujourd'hui, maint ou plusieurs? — Est-ce que le mot aucun signifie nul ? Quand et comment emploie-t-on autre et autrui? — V. Pronom indéfini et Syntaxe. [J. Dussouchet.]

ADULTES (Certificat d'études primaires des cours d*) . — Sujets donnés aux examens. V. Cer» tificat d'études.

ADVERBE. — Grammsire, XV. — {Stym, du latin adverbium^ qui signifie auprès du verbe, parce que ce mot se place d'ordinaire auprès du verbe).

L'adverbe est un mot qui sert à modifier la signification du verbe, de l'adjectif ou d'un autreadverbe. Ex. : Le cheval court vite; cette rose est trèsbelle; cet enfant marche très- lentement.

On distingue sept espèces d'adverbes : ce sont les adverbes de lieu, de temps, de manière, de quantité, d'affirmation, de négation, de doute.

1* Les principaux aovebbes de lied sont : ta, là, y, oii, en, loin, ailleurs, deçà, delà, partout, çà, dessus, dedans, dehors, etc.

Ex. : Je partirai d'ict pour aller partout oii tu voudras ; restez là ; allons ailleurs.

Les adverbes de lieu sont composés d'un seul mot, comme là, y, où, en, ou de deux mots, comme dedans (de de et de dans), partout (de par et do tout), dessous (de de et de sous).

2* Les principaux anvERBEs de tekps sont : quand, depuis, souvent, totffours, maintenant, jamais, désormais, dorénavant, aujourtfhui, demain, hier, jadis, alors, longtemps^ enfin, plutôt etc.

Ex. : J'irai demain; 11 lit toujours.

Ces adverbes sont composés : ou d'un seul mot, comme hier,lors, quand, puis;— ou de deux roots, comme longtemps (de hng et de temps), aussitôt (de aussi et de tôt), ensuite {de en et de siute).

Les adverbes formés d'un seul mot viennent : V tantôt d'un seul iuot latin, comme hier de hetn

Sier;, quand de quando {quand), puis de post près) ; — 2* tantôt de deux mots latins, comme encore de hanc horam (à cette heure], jadis dejam diu (il y a déjà longtemps), etc.

Remarque. — 1* Jamais et désormais sont formés de mais, venu de magis, <^ui signifiait plus, comme dans la locution populaire nen pouvoir fnais. Jamais veut donc dire d^'à plus. Désormais (mot-à-mot dès cette heure en plus) et dorénavant (mot-à-mot de cette heure en avant) signifient proprement : à dater de cette heure,

2* Dans aujourdhui, Met est le latin hodie {aujourd'hui); ce mot est donc un pléonasme, puisqu'il signifie littéralement au jour (F aujourd'hui. Le vieux français est resté dans le terme de palais : dhui en un an.

Z* Plutôt n'est pas synonyme déplus tôt. En deux mots il signifie avant, exprime une idée de temps et est l'opposé déplus tard: Il est parti plus tôt que vous. Plutôt en un seul mot exprime une idée do préférence : Plutôt la mort que le déshonneur.

Ces deux mots n'étaient à l'origine qu'un seul mot (plutôt), que l'orthographe a postérieurement sépara en deux locutions.

40 Les ADVERBES DB MANIÈRE so forment à l'aide d'un adjectif féminin auquel on Johit la terminaison ment : il mourut coura^^u^emenf (c'est-à-dire d'une manière courageuse) ; il vécut sagement (c'est^idire d*une manière sage).

Pour créer des adverbes, la langue française a adopté rablatif du mot latin mens, qui signifie esprit, mais qui avait pris chez les écrivains de l'empire le sens de manière, de façon. Cet ablatif mente Joint à un adjectif au féminin donna l'adverbe français en ment : Bona-mente, cara-mente, devot^r-mente, — Bonne-ment, chère- ment, dévote» ment

ADVERBE

ADVERBE

Les adjectifs terminés en ent, ont, font leurs adverbes en enimeni, amment : prudent, prudemment — obligean^ obligeamment.

Le français forme encore des adverbes de manière en employant dans certains cas Va^jectif simple : chanter juste, voir ciair, parler bas, etc.

L>e8 adverbes de manière en ment ont, comme les adjectifs dont ils dérivent, les trois degrés de signification : clairement, plus clairement, trèsclairement.

Les adjectifs employés comme adverbes ont également les trois degrés de signification : chanter juste, plus juste, très-juste.

Les adverbes bien et mal forment leurs degrés de signification irrégulièrement : 6ten fait au comparatif mieua;, au superlatif le mieux ; — mal fait pis, ou plus mal, — îepis, on le plus mal,

6* Les principaux advbrbss de quantité sont : assez, trop, peu, beaucoup^ très, tant, guère, etc. Ex. : Il parle peu ; — il récite trop vite. Beaticoup est composé de beau et de coup et a le sens de radverbe latin multum, qui avait donné moiUt (beaucoup) à notre vieille langue. Guère, qui signifie beaucoup, a servi à former la locution n'a guère (c*e8t-à-dire : il n*y a pas longtemps), qu'on écrit aujourd'hui en un seul mot, naguère.

6* Les principaux advbbbu d'affirmation sont oui, certes, vraiment, etc. Ex. : Vlendrez-vous ? Oui. — Cette pensée est vraiment belle.

Ont était oi/dans le vieux français. On sait que ce mot oil a servi à désigner au moyen âge la langue qui se parlait au nord de la Loire, comme oc désignait celle oui se parlait dans le midi. OU avait pour corresponaant nenni/fnon), devenu en français moderne nenni, comme ou est devenu oui.

7* Les principaux adverbes de négation sont non.ne, pas, point, rien. Ex. : Non, je ne veuxpof.

Jvon vient du latin non (non), qui a donné le vieux français nen, abrégé en ne dans le français moderne.

Nous n'avons réellement que deux adverbes de néçation, non et ne ; les autres mots, tels que pas, point, goutte, etc., ne sont que des substantifs un pas, un point, une goutte, employés adverbialement, comme termes de comparaison.

Chacun sait que, pour donner plus de force à Texpression de nos jugements, nous les accompagnons volontiers d'une comparaison (pauvre comme Job, /bW comme un lion, etc.), ou a'une estimation {cet objet ne vaut pas un sou). De même p<»,pom/,mte, goutte, etc., furent employés à l'origine d'une manière sensible, c'est-à-dire placés dans une comparaison où ils avaient une valeur propre : Je ne marche pas (c est-àdire je ne fais pas un pas), ^ je ne vois point, (je ne vois pas même un pomt),— je ne mange mte, — je ne bois goutte (Je ne bois pas une goutte).

Rien, ou latin rem, était un substantif dans l'ancien français et gardait le sens originaire de chose : une belle riens (res). Il a perdu son sens étymologique par l'habitude quo l'on avait de construire ce substantif avec ne pour former une expression négative.

8* Les principaux aovbrbxs de doute sont peutêtre, probablement. Ex. : Il sera probablement ici demain*

Peut-être est une ellipse pour cela peut-être, ce qui nous explique pourquoi Ton peut mettre que après cet adverbe. (Peut-être que je viendrai, c'estù-dire cela peut être que je..., etc).

9* On appelle locution adverbiale une réunion de mots équivalant à un adverbe ;tels sont : à fenvi, au delà, en deçà, tout à fait, point du toutf etc.

A l'envi signifie proprement à qui mieux mieux, dn latin tnvtïum, qui s'oppose à, d'où le sens de concurrence, de rivaliti. On voit que ce mot a perdu un t et non un e et ne doit point être rat- Uché au substantif envie.

K odUM d'c

10 Dicter le morceau suivant et faire ensuite dresser la liste des adverbes avec Tindication : adv. de temps, de lieu, etc. Ex. : guère, adv. de quantité ; jamais, adv. de temps, etc.

« PoMPÉi. — A Rome, l'on ne trouve guère que les débris des monuments publics ; mais à Pompéi c'est la vie privée des anciens <)ui s'offre à vous telle Qu'elle était; le volcan qui a couvert cette ville de cendres, l'a préservée des outrages du temps ; jamais des édifices exposés à l'air ne se seraient ainsi maintenus, et ce souvenir enfin s'est retrouvé tout entier. Les peintures, les bronzes, étaient encore dans leur beauté première, et tout ce qui peut servir aux usages domestiques est conservé d une manière effrayante. Les amphores sont encore préparées pour le festin du jour suivant, la farine qui allait être pétrie est encore là. Les restes d'une femme sont encore ornés de parures qu'elle portait dans le jour de fête que le volcan a troublé, et ses bras desséchés ne remplissent plus le bracelet de pierreries qui les entoure encore.

« On ne peut voir nulle part une image aussi frappante de 1 interruption subite de la vie. Le sillon des roues est visiblement marqué sur les pavés dans les rues, et les pierres qui bordent les puits portent la trace des cordes qui los ont creusées peu à peu. On voit encore sur les murs d'un corps de garde les caractères mai formés, les figures grossièrement esquissées oue les soldats traçaient pour passer le temps, tanais que ce temps avançait pour les engloutir. Quand on se place au milieu du carrefour des rues, d'où Ton voit de tous les côtés la ville qui subsiste encore presque en entier, il semble qu'on attende quelqu'un, que le maître soit prêt à venir ; et l'apparence même de vie qu'oinre ce séjour fait sentir plus tristement son éternel silence. M"* db Staël. »

2* Dicter ou écrire au tableau les phrases suivantes, en Taisant souligner aux élèves les adjectifs employés adverbialement.

Depuis tantôt deux ans ie vis en cet endroit,

Bfal couché, mal vêtu, buvant chaud, mangeantfroid.

Je veux qu'on me distinguo, et, pour le trancher net.

L'ami du genre humain n'est point dn tout mon fait.

L'arbre tient bon, le roseau plie.

On paye bien cher le soir les folies du matin.

Légère et court vêtue, elle allait à grands pas.

Rire trop haut est un ridicule et une sottise.

L'empereur romain Vitellius a dit cette odieuse parole : le cadavre d'un ennemi sent toujours bon.

Qui pense et raisonne toujours juste devrait agir toujours bien.

Vous vous récriez bien fort, si Ton vous accuse d'ingratitude envers les hommes, et vous ne vous souciez nullement d'être ingrats envers Dieu.

Oui, vous m'ouvrez les yeux.

Je commence à voir clair dans cet avis descieux.

3* Dans les phrases suivantes, fairo remplacer les mots en italique par un adverbe.

Saint Louis a gouverné avec sagesse.

Juçez avec prudence si vous voulez juger avec justice.

Si vous voulez vivre longtemps, vivez de la ma^ nière la plus sobre que vous pourrez.

La tortue qui marche avec lenteur arrive parfoisplus vite que le lièvre.

Cette jeune fille répondit at;ec finesse.

La pluie est tombée avec abondance, i

Le vent soufflait avec violence.

Les Français soutinrent d'une manière inlrépide le choc des ennemis.

ADVERBE

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