‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 29 sur 562 · LECTURES ET DICTÉES · texte numérisé non relu

LECTURES ET DICTÉES

1. IM prenier ballon A gas. — « Le l"* décembre 1781, U moitié de Paris se pressait aux environs du chàteao des Tuileries. Un physicien très-habile, le pnlésaeiir Charles, devait (aire tine ascension, non plus en montgolfière, mais avec un globe de sde gonflé à Taido du plus léger des gaz connus, le gaz hydrogène. Charles avait créé, pour ahiai dire tout d*nne pièce» Tart de Taérostation. C'est, eo effet, à cette occasion, qu'il imagina la soupape, Im naeelle, le filet oui supporte et soutientla nacelle, le lest^ l'enduit ae caoutchouc, le tissu du bailoo, enfin l'usage du baromètre; c'est le talent dont il fit preuve alors qui a préservé sa mémoire âe l'oubli, car on n'a rien changé et on n'a presque rien ^onté depuis cette époque aux combmaisons îQfémeDaes de ce savant physicien.

« Le programme do cette ascension, qui devait sYoir hen dans le Jardin des Tuileries, avait été annoncé par la voie des Journaux, et une souscription de 10000 francs avait été ouverte et presque immédiatement remplie. — A midi, les corps académiques et les souscripteurs, qui avûent payé leur place quatre louis, furent introduits dans nne enceinte particulière construite tout exprès autour du bassin. Les simples souscripteurs à trois ihuics le billet se placèrent où ils purent, dans tout le reste du iardin. A l'extérieur, les fenêtres, les combles et les toits de toutes les maisons voisines étaient garnlB de monde; les quais qui longent les Tuileries, le pont Royal et la place Loues XY étaient également couverts d'une foule immense. Une garde nombreuse environnait la superbe machine, maintenait Tordre et facilitait les Htanœuvres. Lo ballon, gonflé de gaz et déjà prêt à partir, se balançait mollement dsms l'air. C'était un globe de taifetas à bandes alternativement Jannes et rouges. Le char placé au*dessons était bleu et or ; il était suspendu à environ vingt pieds au-dessous du ballon par un filet qui embrassait le globe depuis son pôle supérieur Jusqu'à Téquateur. On avait mis en évidence des pièces d'artillerie sur la principale terrasse, et un grand pavillon arboré sur la coupole du palais des Tuileries devait servir de signal aux savants chargés de faire des observations exactes et d'appliquer le calcul à cette brillante expérience.

« Enfin le premier coup de canon retentit. Tout est prêt pour le voyage, la nacelle est lestée, on U charge des approvisionnements et des instruments nécessaires. Pour connaître la direction da vent, on croit devoir lancer un petit ballon de soie verte, de deux mètres de diamètre. Charles, qui tient ce petit ballon à l'aide d'une corde, s'avance vers Etienne Montgolfier et le prie de vouloir bien le lancer lui-môme. — C'est à vous, monsieur, répondit le modeste inventeur des aéiostats, qu'il appaitient de nous ouvrir la route des deux. Le public saisissant toute la délicatesse de cette allusion s'empressa d'applaudir. Le petit aérostat d'essai, qui ressemblait à une émeraude, s'eavola vers le nord-est, faisant reluire au soleil ses brillantes couleurs. Le canon se fait entendre soe seconde fois ; on brûle do fortes amorces de poudre, et l'on met en évidence les signaux sur le ddme des Tuileries. Les deux braves aeronautes, Charles et son compagnon Robert, prennent place,

la dernière corde est coupée et le ballon s'élève majestueusement dans les ahv. L'admiration et l'enthousiasme éclatent de toutes parts on applaudissements immenses, les soldats rangés autour de l'enceinte présentent les armes, les officiers saluent de leurs épées, et la machine continue de s'élever au milieu des acclamations de trois cent mille spec tateurs.

a Arrivé à la hauteur du parc de Monceau, le ballon resta un moment stationnaire ; il vira en quoique sorte de bord, se retourna sur luimême, et suivit ensuite la direction du vent. — Il traversa une première fois la Seine entre Saint- Ouen et Asnières ; la passa une seconde fois non loin d'Ar^nteuil et plana successivement sur Sannois, Franconville, Eau-Bonne, Saint-Leu-Tavemy, Villiers et l'Ile-Adam. Après un trajet d'environ trente-six kilomètres, en s'abaissant ou en s'élevantà volonté au moyen du lest qu'Us Jetaient, les voyageurs s'arrêtèrent à trois heures et demie dans la prairie de Nesle, non loin de la maison d'un gentilhomme anglais qui survint peu de temps après avec le duo de Chartres et le duc de Fitz- James, partis de Paris sur d'excellents chevaux, et qui avaient suivi le ballon sans le perdre de vue. En passant, à Sannois les aéronautes s'étaient abaissés Jusqu'au niveau du sol pour demander aux pa^rsans ouel était le lieu où ils se trouvaient. Plus lom, au-dessus de l'Ile-Adam, ils avaient engagé une conversation, à l'aide de leur porte-voix, avec les gens du prince de Conti, dont lUe-Adam était la propriété. Dans l'air, quand ils se virent hors de la portée des observateurs de Paris, ils avaient mangé et bu avec délices. A leur descente dans la prairie de Nesle, Robert quitta la nacelle, et Charles repartit seul dans l'atmosphère, et parvint, en moins de dix minutes, à une élévation de près de 4000 mètres. Là il se livra à de rapides observations de physique Une demi-heure après, le ballon redescendait doucement, à environ huit kilomètres de son second point de départ, a Je vous confisque, lui cria alors le gentilhomme anglais qui l'avait intrépidement suivi de Paris à Nesle ; vous êtes sur ma terre, vous m'appartenez. » Et, à peine la nacelle avait-elle touché la terre, qu'il s'empara de Charles et le conduisit à son château, où il passa la nuit. Le lendemain, le roi accorda une pension de deux mille livres au savant et intrépide aéronaute. — (Bescherblle, Histoire des ballons,) »

2. Le premier uèronauta. — Le 19 septembre 1 783, un des frères Montgolfier, fabricants de papier d'Annonay (province de Vivarais), était admis à répéter à Versailles, devant le roi Louis XYI, l'expérience aérostatique qu'il avait faite, pour la première fois, trois mois auparavant dans sa ville natale. Une montgolfière fût lancée aux acclamations d'une foule immense.

Les préparatifs de l'ascension avaient pour témoin 'anxieux un Jeune physicien qui, lorsque l'aérostat s'enleva, sauta sur un cheval qu'on lui avait tenu tout prêt, et se lança au galop dans la direction que suivait le globe aérien. Un intérêt trèsgrand s'attachait pour lui à certain détail de l'expérience. On avait suspendu au-dessous de la montgolfièie une grande cage dans laquelle un mouton était enfermé, avec un coq et un canard.

Le Jeune physicien était curieux de savoir comment le mouton supporterait le voyage. Quand il se fut assuré ^ue le séjour dans les hautes régions n'avait pas laissé à cet innocent quadrupède la moindre marque d'incommodité, il n'eut plus ni paix ni repos avant d'avoir accompli lui-même un trajet aérien.

U monta d'abord dans un ballon captif, qui fut un Jour gonflé au faubourg Saint- Antoine.

Un mois plus tard, le 3l avril 1784, s'élevait du ch&teau de la Muette, au bois de Boulogne, une

AÉROSTATS

AÉROSTATS

colossale mongolfière, dans la nacelle de laquelle trait pris place notre enthousiaste ; il s'appelait François Pilatre des Rosiers ; il avait avec lui un de ses amis, le marquis d*Ârlandes.

Le ballon vint passer sur Paris, en émerveillant la population, et alla s'abattre sur la Butte-aux- Cailles.

Dès lors, Pilatre des Rosiers (ou de Rosier) devint le héros à la mode : il fut applaudi, fêté, célébré en prose et en vers ; les faiseurs d*anagrammes, à force de remuer les lettres de son nom, et k l'aide de quelques légers suppléments, y trouvèrent cette légende : T. es le pr: roi des ain {tu et h premier roi des atri ).

Or, pendant que Pilatre se bornait à renouveler ses ascensions, il arriva qu'un rival non moins audacieux, Blanchard, fit en ballon la traversée du bras de mer qui sépare la France de l'Angleterre, entre Douvres et Calais. A la première nouvelle de cet événement, Pilatre, comme si sa gloire en eût été diminuée, annonça qu'il ferait, liu, la traversée beaucoup plus longue et par conséquent plus dangereuse de Boulogne k Londres. On eut beau lui démontrer qu'il s'exposait gratuitement k la plus funeste aventure : rien ne put le dissuader. Il prétendait, du reste, avoir inventé un nouveau système d*aérostation qui consistait k accoupler deux ballons, Tun k gaz hydrogène, l'autre k air chaud. La montgolfière avec son réchaud était placée juste au-dessous du ballon k hydrogène. Le physicien Charles lui dit aue c'était placer une mèche allumée sous un baril de poudre.

Les préparatifs furent très-longs; les vents étaient toujours contraires ; l'enveloppe, conservée dans un endroit humide, commençait a s'endommager. Puis les rats se mirent k la dévorer, il fallut toute une armée de cliiens et de chats pour les écarter on dut môme faire venir des hommes qui battaient du taml)our pendant toute la nuit pour écarter les rats. Au dernier moment un ouragan furieux éclate et les magistrats de la ville s'op-

S osent au départ. Enfin le 1 3 juin l^Sâ, k sept heures u matin, Pilatre et un jeune savant de la ville qui s'appelait Romain montent dans la machine. Un officier supérieur, le marquis de la Maisonfort, s'élance vers le ballon, jette un rouleau de 200 louis dans le chapeau de Pilatre, met le pied dans U nacelle en le suppliant de le laisser partir avec eux. L'aéronaute le repousse en lui disant : Nous ne sommes sûrs ni du temps ni de la machine ; Je ne puis vous accepter. Et Yaéromontgolfiért, — e'éuit le nom de ce double ballon, — réleva dans les airs et prit bientét la direction de la mer.

Elle était è peine k quatre ou cinq cents mètres d'altitude que la foule vit avec effroi le ballon k gaz se dégonfler et retomber sar la montgolfière et toute la machine descendre avec une épouvantable rapidité. Les uns prétendirent avoir vu une colonne de flamme, d'autres assurèrent que. le ballon avait éprouvé une violente secousse après s'être approché d'un petit nuage blanchâtre sans doute chargé d'électricité. Ce qui se passa en réalité, nul ne peut le dire. On courut k l'endroit où cette masse d'étoffé venait de s'abattre, et Ton trouva sur la côte, k cinq quarts de lieue de Boulogne, parmi les débris de la nacelle, Pilatre mort, Romain rendant le dernier soupir. — (D'après la Mosaïque.)

3 I^a dernière et la plua hante afloensiofn en ballon. — a Le Jeudi 15 avril 1875, k 11 h. 35 du matin, Taérostat le Zénith s'élevait de terre, k l'usine k gaz de la Villette.

« Crocé-Spinelli, Sivel et moi avions pris place dans la nacelle. Trois ballonnets remplis d'un mélange d'air k 70 p. 100 d'oxygène, d'après les pro- Sortions indiquées par un savant pnysiologiste, [. Paul Bert, étaient attachés au cercle. Cet appareil, dans les hautes régions de l'atmosphère, devait

fournir aux voyageurs l'oxjrgène nécessaire k l'entretien de la vie.... Plusieurs baromètres, plusieurs thermomètres, un spectroscope, des jumelles, des boussoles complétaient le matériel scientifique do l'expédition. Nous avions plnsiears sacs de lest.. ••

« L'ascension s'exécute d'abord avec une vitesse de 2 mètres environ k la seconde ; elle se ralentit léeèrement k 3500 mètres, pour augmenter k 5000 mètres.... A 4300 mètres^ nous commençons à respirer de Toxygène, non pas que nous sentions encore le besoin d'avoir recours au mélange gazeux, mais uniauement pour nous convaincre que nos appareils fonctionnent bien. • . .

« A l'altitude de 1000 mètres, k 1 h. 20, J'ai respiré le mélange, et J'ai senti, en effet, tout mon être, déjk oppressé, se ranimer sous l'action de ce cordial ; J'avais encore la force de Tinscrire sur mon carnet. A cette hauteur, Sivel, qui était d'une force physique peu commune, commençait k fermer les yeux par moments, k s'assoupir même et k devenir pâle. Mais cette âme vaillante ne s'abandonnait pas ; il se redressait avec l'expression de la fermeté, et il Jetait le lest pardessus bord pour atteindre des régions plus élevées. Sivel était monté, l'an dex^ nier, k 7300 mètres. Il voulait, cette année, monter k 8000 mètres. Crocé-Spinelli continuait ses observations au spectroscope avec une grande ardeur; il paraissait rayonnant de Joie.

c J'arrive k l'heure fatale où nous allions être saisis par la terrible influence de la rareté de Tair. A 1000 mètres, nous sonunes tous debout dans li nacelle. Sivel, un moment en^urdi, s'est ranimé. « Vovez, me dit Crocé-Spinelli, comme ces nuages sont beaux! «C'était, en effet, un spectade sublime

3ui s'offrait k nos yeux. En se penchant en dehors e la nacelle, on apercevait, comme au fond d*iin puiu, la surface terrestre qui apparaissait dans les abîmes de l'atmosphère. Le ciel était d'un bleu limpide. Cependant le froid commençait k nous saisir. Nous avions mis nos couvertures sur nos épaules. J'avais les mains glacées ; Je voulus mettre mes gants de fourrure, mais, pour les prendre dans ma poche, il fallait un effort dont Je n'étais déJk plus capable. Sivel, qui était resté un instant comme pensif et immobile, nous demande k tous deux s'il faut Jeter du lest. Je lui réponds : Comme vous voudrez; Crocé lui dit: Oui. Sivel saisit son couteau et coupe successivement trois cordes qui fermaient trois de nos cinq sacs de lest ; les sacs 80 vident, et nous montons rapidement.

a Vers 1500 mètres, l'état d engourdissement où l'on se trouve est extraordinaire. Le corps et l'esprit s'affaiblissent insensiblement sans qu'on en ait conscience. On ne souffre en aucune façon ; au contraire, on éprouve une Joie intérieure, on devient indifférent, on ne pense plus au danger, on monte et on est heureux de monter. Le vertige des hautes régions n'est pas un vain mot ; mais, autant que J'en puis Juger par mes impressions personnelles, ce vertige apparaît au dernier moment; il précède immédiatement Tanéantissement subit, mattendu, irrésistible.

« Appuyé dans l'angle de la nacelle. Je ne tardai pas k me sentir si faible que Je ne pouvais même tourner la tête pour regarder mes compagnons. Bientôt, Je veux saisir le tube k oxygène, mais il m'est impossible de lever le bras. Cependant, je puis ouvrir les veux et regarder le baromètre ; je vois l'aiguille dépasser la pression 280 ; je veux m'écrier: « Nous sommes k 8,000 mètres I » mais ma langue est comme paralysée. Tout k coup, Je ferme les yeux et tombe absolument inerte. Il était environ i h. et demie.

« A 2h. 8, Je me réveille; Je m'aperçois que le ballon descend avec une grande rapidité. J'ai pa couper un sac de lest pour ralentir la descente et écrire sur mon carnet : « Température — 8*; pre<'

AFRIQUE

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^flii, SIS. Nous descendons. Sivel et Croeé encore éf meoii «n fond de U nacelle. Descendons très-

c 1 pefaie ai-je écrit ces li^es, qu'un trembleneot Bie s^stt. Je retombe anéanti. Quelques momnti après. Je me sens secoué par le bras, et Je rtcoonais Cit>cé qui s*est ranimé : « Jetés du lest, mefii-ili nous drâcen^ons. » Mais c'est k peine si ]e pds ooTrir les toux ; Je me rappelle seulement qn Ooeé a Jeté du lest, des couvertures et Taspinmr(^>pareil destiné à des expériences cni- Bîqaes sur Pair; il pesait 17 kilo^mmes) ; mais nsotAt Je retombe dans une inertie plus complète ^D'anparaTant; il me semble que Je m'endors du lOBoieil étemel.

t Que s*e8t-il passé 7 D est certain que le ballon détesté et très-chaud, par conséquent rendu trèsléger, est remonté encore une fois dans les hautes

« A I h. et demie enyiron, Je rouvre les yeux, Je me sens affaissé, mais mon esprit se ranime. Le taOon, cette fois, descend atec une vitesse effripnte ; la nacelle est balancée fortement. Je me traîne sur les cenoux et Je tire Sivel par le bras aiosi que Grocé.

c Sivel, Grocé, réveiUos-vous I » Point de répoBie. Mes deux compagnons étaient accroupis dus U nacelle, la tète cachée sous leurs couvertsres. Je rassemble mes forces et J'essaye de les Rlever. Shrel aTait la figure noire, les yeux ternes; Oocé, la bouche ensanglantée.

• Nous étions encore à 6000 mètres d'altitude, n restait dans la nacelle deux sacs de lest que J'ai Jetés. Bientôt la terre se rapproche ; Je veux saisir mon couteau pour couper la cordelette de l'ancre : ifflpMoble de le trouver. J'étais comme fou; Je coDtiinuis k appeler : • Sivel I Sivel ! »

• EoAa, J'ai pu mettre la main sur un couteau et détjclier l'ancre au moment voulu. Le choc à terre fat d'une Tiolence extrême. Le ballon sembla s'aplatir, mais le vent l'entraîna. L'ancre ne mordait pas, et la nacelle glissait à travers champs. Les corps de mes malheureux amis étaient cahotés çà et là, et Je croyais à tout moment qu'ils allaient tomber ae l'esquif. Enfin, J'ai pu saisir la corde de U soupape ; le ballon se vide et s'accroche à un arbre, il était quatre heures. En mettant pied à terre, Je me suis affaissé ; J'ai cru que J'allais rejoindre mes amis dans l'autre monde.

« La descente du Zénith a eu Heu dans les plaines de Qron (Indre), à 250 kilomètres de Paris, à vol d'oiseau.. ..

« .... J'ai la persuasion que Crocé-Splnelli et Sivel vivraient encore s'ils avaient pu respirer Toxygène. lis auront comme moi perdu subitemem la faculté de se mouvoir. Les tuoes à oxygène auront échappé de leurs mains. Mais ces nobles victimes, ces soldats de la science ont, en mourant, montré les périls de la route, afin qu'on sache, après eux, les prévoir et les éviter. — Gaston Tisaandier. > * (Extrait de la Nature, n* du !•' mai 187S.)

AFB1QUB. —Géographie générale, m.— Cette partie du monde doit son nom à celui d'une peuplade Berbère (les Afin), qui habitait le territoire de Carthage : son nom rat étendu par les Romahis noo-seulement à la partie du littoral qu'ils avaient tonquise, mais à tout le continent. (Les Grecs appelaient l'Afriqae Libye^ du nom d'une autre peuplade Berbère).

1. BltuaUon. XJmitea. Forme. Superfloie et nopolation. — L'Afrique forme une vaste presqu lie triangulaire ratuchée à l'Asie par l'isthme de Sues.

Bornes. — Au nord, la Méditerranée la sépare de l'Europe, qu'elle touche presque en face de Gibraltar; t l'ouest, ses côtes sont baignées par l'océan Atlantique; et à l'est, par la mer des

Indes et la mer Rouge qu*un canal maritime rat* tache depuis 1869 à la Méditerranée, à travers l'isthme de Suez.

Situation, -.- Le cap Blanc, au nord-est de la Tunisie, est situé par 37" 20^ de lat. nord, et le cap des Aiguilles, au sud de la colonie du Cap, est voisin du 35" de lat. Sud. A l'ouest, le cap Vert s'avance au milieu de l'Atlantique Jusque près du 20* de long. Ouest, tandis qu'à l'est le cap Gardafui, au nord-est du pays des Somauiis, atteint presque le 49* de long. Est.

Distances extrêmes. — Il v a 8000 kilom. pour traverser le continent africain du nord au sud et un peu moins, 7800 environ, pour le parcourir de 1 ouest à l'est entre ses limites extrêmes.

Superficie et population. — La superficie du continent africain est de 80000000 de kilom. carrés, trois fois celle de l'Europe, 56 fois celle do la France, et sa population est vaguement estimée à 200 millions d'individus.

Forme du continent, — 11 suffit de Jeter un coup d'œil sur la carte d'Afrique pour remarquer combien sa masse est compacte, au lieu d'être découpée comme l'Europe par des golfes qui viennent faire pénétrer partout Theureuse influence du voisinage de la mer.

Côtes, ~ Le golfe de Guinée sur l'océan Atlantique et les deux Syrtes sur la Méditerranée sont les seuls golfes remarquables de l'Afrique. Aussi le développement des côtes de l'Afrique tout entière ne dépasse pas 27000 kilom., tandis que l'Europe, oui est trois fois plus petite, a 28000 kilom. de limites maritimes, sans compter les Uet Britanniques.

2. Climat. Orographie, htdrogsapiiib. — L'équateur traversant par le milieu le continent africain, l'hiver règne au cap do Bonne-Espérance pendant l'été de l'Algérie, ot réciproquement.

Zone des pluies, — Au centre, une bande largo d'une quinzaine de degrés en latitude reçoit pci.dant dix mois de l'année des pluies très-abondantes qui y versent une masse énorme d'eau.

Zones tropicales, — De part et d'autre de cette bande régnent les zones tropicales, où il pleuc pendant six mois d'été, et qui s'étendent jusque vers le 17* degré de latitude. En dehors des tropiques, au contraire, c'est pendant l'hiver que la terre reçoit un peu de pluie.

Les deux grands déserts, — Mais entre les zones tropicales et les pays à pluies hivernales, le Sahara, dans l'hémisphère septentrional, et le Kalahan, dans l'hémisphère austral, ne reçoivent oue des vents qui ont perdu toute leur humidité avant d'arriver Jusqu'à eux et ces deux pays sont vouéâ par leur sécheresse à une irréparable stérilité.

Mais ce n'est pas seulement d'après sa latitude et les pluies ou les venu qu'il reçoit qu'on peut juger au climat d'un pays. Il faut encore tenir compte de l'altitude.

Montagnes, — Au nord, V Atlas forme un puis; sant massif de monUgnes dont les chaînes courei' parallèlement à la Méditerranée depuis le Maroc jusqu'à la Tunisie. Quelques-unes de leurs cimes atteignent, dit-on, 4000 mètres dans le Bfaroc; mais la plupart ne dépassent pas 2000 mètres.

A l'ouest, les montagnes de Kong se dressent entre la Guinée et le Soudan dans des régions à peu près inconnues. A l'est, les monts dAbyssinie ressemblent à nos Alpes d'Europe et renferment en outre de nombreux volcans, dont les cratères éteints forment aujourd'hui de charmants lacs.

C'est presque sous l'équateur que les monts Lupata (on nomme ainsi la chaîne qui borde la mer des Indes) dressent les cimes les plus gigantesques de l'Afrique (le Kénia et le /Tt/tmonif/aro), voisines de 6000 mètres. De l'autre côté du continent, à l'ouest, les monts Caméron s'élèvent auprès du

AFRIQUE

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golfe de Guinée et dominent TOcëan d'une hauteur de 4000 mètres.

Piateau de f Afrique australe, —Dans l'Afrique australe, on s'élève de la côte Jusqu'aux plateaux de l'intérieur par une succession de terrasses qui bordent la mer d'assez près. Au pied de ces terrasses le littoral est chaud, humide, malsain. Mais quand on a franchi cette zone néfaste, on arrive sur un plateau d'une altitude moyenne de 1000 mètres environ qui est parfaitement salubre, grâce à cette élévation.

Ce plateau de l'Afrique australe reçoit près de Véquateur, comme nous l'avons dit, des masses énor* mes d'eau qui s'accumulent dans des lacs immenses, tout récemment découverts par les Européens, et de ces réservoirs sortent des fleuves qui sont rangés parmi les plus considérables du monde.

Lacs et fleuves. — Ainsi les fleuves d'Afrique doivent leur origine à l'abondance des pluies tro* picales plutôt qu'aux glaces accumulées sur les montagnes, comme c'est an contraire le cas pour le Rhône ou le Rhin. Mais, de môme que ces derniers, ils traversent au début de leur cours des lacs qui servent à régulariser leur débit, et pour franchir les montagnes qui forment les rebords du plateau central, ils traversent des cataractes, ainsi que le Rhin le fait à Schaffhouse.

Lacs des trois versants. — Le Nil blanc traverse successivement les deux grands lacs que les Anglais ont nommés lacs Victoria et Albert. Né au midi de l'équateur, il ne finit que dans la Méditerranée. Le lac Tanganvika, et ses voisins les lacs Baneouéolo et Moéro, se déversent dans l'océan AUantiquepar le Zaïre ou fleuve du Conço. Le lac Nyassi ou Maravi s'écoule par le Shiré dans le Zambèze, grand affluent de la mer des Indes.

Au centre de l'Afrique septentrionale s'étend un bassin fermé, celui du lac Tchad. Le lac Tchad reçoit son principal affluent, le Schari, du sud-est. On n'en connaît pas encore l'origine.

Fleuves des trois versants. — !• Versant delà iiédiierranée. — Les monts de l'Atlas ne donnent naissance qu'à des torrents ; le seul grand fleuve méditerranéen est le Nil (nous parlons plus loin de son cours supérieur).

2* Versant de l^ Atlantique. — Les monts Kong reçoivent une masse plus considérable d'eau. De là descendent le Sénégal, la Gambie et d'autres cours d'eau moins importants qui courent à l'ouest vers l'océan Atlantique, tandis que, né près de leurs sources, le Niger décrit un vaste demi-cercle avant de finir dans le golfe de Guinée. Le Niger reçoit de l'orient, dans Ta partie inférieure do son cours, un affluent considérable, la Binoué ou Tdtadda, dont l'origine est inconnue. On ne connaît pas non plus la source de VOgououaif fleuve considérable qui finit dans l'Atlantique au sud de notre établissement du Gabon, presque sous l'équateur. Les derniers voyages de Camiéron et de Stanley ont identifié le puissant fleuve du Congo avec le fleuve sorti des lacs Tanganyika et Bangouéolo. Pour achever la nomenclature des grands fleuves de ce versant, nommons le fleuve OrangCt dont le lit est trop souvent à sec. Le fleuve Orange, né dans les monts Drakonberg, au nord-est de la colonie du Cap, sépare celle-ci du pays des Hottentots.

a* Versant de la Mer des Indes. — Les seuls fleuves à nommer sont : le Zambèze, qui tombe dans la mer des Indes, en face de l'Ile de Madagascar, et le Limpopo, un peu plus au sud.

3. Contrées et peuples de l' Atri^oe. ~ L Région MÉoiTBRRANÊBNNB. — Barbarie. — Le littoral méditerranéen, entre l'Atlantique et la Grande Syrte porte le nom de Barbarie ou Berbérie, à cause des Berbers qui forment le fonds le plus «ncien de sa population. Partagée aujourd hui

entre Tempire du Maroc, V Algérie % colonie française et le beylik de Tunis^ qui relève de la Turquie, cette contrée, oui a servi de grenier aux Romains, est susceptible d'une ç;rande prospérité. D'un bout à l'autre, elle offre trois régions distinctes parallèles à la Méditerranée : aa nord, le Tell, le pays des céréales, d'autant plus fertile qu'il est plus arrosé ; au milieu, \qa hauts plateaux couverts de pâturages, pouvant en grande partie 6tre défrichés, Jouissant au surplus, grAce à leur altitude, d'un climat moins énervant que le Tell ; au sud, enfin, le Sahara (algérien), brûlé par l'ardeur du soleil, mais couvert de la plus belle végétation dès oue la sonde y fait jaillir de l'eau. C'est le pays des dattes par excellence, dans les oasis.

Tripolitaine, Egypte. - La Tripolitaine, l'Egypte et la Nubie, qui ont été habitées, dès l'antiquité la plus reculée à laquelle remontent nos souvenirs, par des nations civilisées et prospères ne sont guère favorisées aujourd'hui par leur climat. C'est la véritable continuation du bahara ; il ne pleut presque Jamais dans ce pays, et le Nil n'y reçoit aucun affluent. En dehors de sa vallée et du delta formé par ses bouches que, chaque année, le fleuve féconde de son limon, on ne rencontre en Egypte que déserts pierreux et montagnes pelées.

Cependant l'Egypte possède les deux villes le» plus considérables de toute l'Afrique : le Caire, sa capitale, est une des plus belles villes de l'Orient, et Alexandrie^ son principal port sur la Méditerranée, est une des rares métropoles de l'antiquité qui aient conservé jusqu'à nos jours un rang considérable par l'importance de son commerce.

Depuis le percement de Visthme de Suex, l'Egypte se trouve sur le grand chemin de l'Europe vers le» Indes et l'extrême Orient. Par le Nil, elle commande Ut route la plus sûre pour arriver aux orands lacs de l'Afrique australe. Le vice-roi d'Egypte, qui dépend nominalement du sultan de Constantinople, a étendu depuis peu ses domaines le long de la mer Rouge, dans le Soudan et le pays des grands lacs, laissant à son suzerain l'aride Tripolitaine.

Le voyageur qui remonte le Nil est frappé par la grandeur des ruines qui l'arrêtent à chaque pas. Là s'élevaient Thèbes et Memphis, et tant d'autres villes aux palais et aux nécropoles immenses, dont les nombreuses inscriptions ingénieusement déchiffrées nous racontent l'histoiro d'il y a 3 ou 4 mille ans (V. Hiéroglyphes). Là s'élèvent encore les gigantesques pyramides, témoins du succès des armes françaises. A droite et à gauche, jusqu'aux limites atteintes par l'inondation, tout est en culture. Les fellahs ne se lassent point de travailler, le fleuve de féconder, le sol de produire des céréales, du sucre et du coton, qui font la fortune du pays. (Pour l'histoire, V. l'article Egypte.)

II. Le SAHARA. — Au midi do notre Sahara algé rien commence le vrai Sahara^ ou grand désert,

aui s'étend jusque vers le 16* degré de latitude. , ne pleut jamais dans le Sahara. Le sol n'y offre de végétation que dans quelques oasis. Les puits y sont rares, et l'eau en est souvent fétide. Les caravanes ont en outre à redouter dans cette traversée les surprises des Touaregs pillards, qui parcourent ces solitudes sur leurs rapides et infatigables méharis (sorte de chameaux}.

Cependant le Sahara n'offre pas partout l'aspect d'un sol uni et sablonneux comme le serait le fond d'une mer desséchée. On y rencontre des dune» dont les vents désagrègent et réunissent tour à tour les éléments. Et môme il s'y trouve une région montagneuse, VAhaggar, assez élevée pour condenser les nuages en pluies et môme en neige. Ce pays offre des vallées fertiles, des pâturages et des eaux courantes. Là commence Vlghargar,

AFRIQUE

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l^nnd feave au|oard*biii ensablé, mais dont on suit dsdoctement la Tallée sur une longueur de lii09 kilomètres, jusqu^à la dé[>re88ion de TOued Rir, près de Tongourt, en Algérie.

IUL Lb SomiAii. — Au midi du Sahara, on entre dus le Soudan ou pays des nègres. Le sol y rederient très-fertile ; aussi la population en est-elle coQsidérable. Elle forme plusieurs Ëtats prospères, dont le plus puissant est celui des roulalis ou Felbtobs, à Touest du lac Tchad. Au sud-est, le nce-TOi d^Egypte a récemment annexé à ses do- BùEes le Kordofan et le Darfour. Au sud-ouest lai Tapeurs anglais sillonnent déjà le Niger pour oatrir ces parages au commerce britenniqae.

jy. Rtoon DIS l'Atlantique. — Séhégamàie. — A roaest du Soudan, de nombreux cours d*eau descendent de cascade en cascade vers les établissemeoU que les Français, les Anglais et les Portugais ont formés le long du Sénégal et de la Gamhie. Ces colonies sont réputées par Tinsalubrité de leur climat chaud et humide. Les blancs et les maiâtres même y meurent sous les rayons d*un foleil trop ardent ou frappés par la fièvre Qu*y engendrent les pluies diluviennes suivies aun retrait trop r^lde des eaux après les inondations.

Côte de Guinée. ^ Toute U c6te de Guinée uoCre pas de conditions plus favorables aux Earopéens. Pas de ports pour les navires, QM côte basse, sablonneuse, assaillie par des lames gigantesques, que les naturels seuls ont rfaabflefaâ de franchir sur leurs légères embarcations ; et derrière cette côte, des lagunes, qui fonient un rempart de plus aux pays de Tlntértev. Mais ce pays renferme trop de riches prodoiu ponr échapper à Tactivité des trafiquants anghis, (rançais, portugais, allemands. Pendant longtemps les négriers y ont exercé leur honteux trafic Aajourd*hai, on y va chercher de la poudre (for, et surtout des arachides (graines oléagioeoses). Les Européens ont donné au littoral le QiRn de côte d'or, côte d*ivoire, côte des graines, msaiA les principaux produits qu'ils y vont demander. Là des Américains philanthropes ont fondé la colonie do Libéria pour y établir les nègres affranchis aux États-Unis. Par contre, il est impossible de trouver rien de plus cruel que les peuples du Dahomey, les Achantis à qui les Anglais ont infligé récemment une répression terrible, et les autres peuples noirs qui habitent cette contrée. Adonnés aux superstitions du fétichisme le plos grossier, ils sont gouvernés par des chefs ungninairos qui célèbrent chaque événement imponant de leur vie par des hécatombes horribles. Les Fraiiçais, et surtout les Anglais, possèdent quelques éublissemeuts sur la côte septentrionale do golfe de Guinée. Au sud de l'Equateur, dans la Gmnét méridionale, les Portugais possèdent les pays de Congo, d'Angola, de Benguéla et de Moslamédès qui occupent sur le littoral une étendue d'nnR douzaine de degrés en latitude depuis l'emboucbare du Zaïre.

?. Bassin du Nil : Le Nil Bleu, Abyssinie, — An sod de la Nubie, le littoral de l' Abyssinie, sur U mer Rouge, est brûlé par une chaleur torride. Le contraste n'en est que plus grand entro ces points et les hauts sommets des Alpes abyssiniennes. Aussi Toit-on se succéder dans ce pays les productions les plus diverses suivant les altitudes qui leur conviennent. Les pluies tropicales et la fonte des neiges y gonflent les torrents qui roulent jusqu'au Nil Bleu leurs eaux impétueuses an foiT' de gorges profondes et découpent ainsi ic pays en terrasses distinctes, de manière à en former autant de forteresses naturelles, favorables ux luttes intestines qui déchiront la contrée. Souvent en lutte avec les Egyptiens, les Abyssins ou iihiopiens, suivant l'antique appellation du pays, OQt réussi jusqu'à présent à maintenir leur indé-

Î tendance, et à conserver le christianisme qu'ils ont brt anciennement reçu et singulièrement altéré, au milieu de l'invasion croissante des populations musulmanes.

Le Nil Blanc, ^ C'est à Khartoum, entre 15* et 16* de latitude, que le Nil Bleu, descendu d'Abyssinie, se réunit au Nil Blanc, venu des pays éqaatoriaux, au sud-ouest. Le Nil Blanc, est bordé, en amont de Khartoum, par des populations fort denses, malgré les ravages qu'y a faits la chasse aux esclaves, et qui s'adonnent à l'agriculture ou à l'élevage des troupeaux.

A mesure qu'on se rapproche de l'équateur, la végétation derient plus vigoureuse. Le fleuve se couvre d'une épaisse végétation flottante, où l'on perd la trace de son courant et qui forme aux bateaux un obstacle insurmontable, où il faut s'ouvrir un passage comme dans une forêt vierge. L'hippopotame pullule dans ces eaux, les crocodiles se cachent dans la vase, d'où s'échappent des myriades de moustiques, l'éléphant et le rhinocéros se frayent im chemin au travers des hautes herbes qui les dérobent aux rogards des chasseurs. Nulle part les arbres des forêts n'atteignent de

§lus belles dimensions. Au lieu de cette disette 'affluents, qui caractérise le Nil dans son cours inférieur, un grand nombro de rivières considérables riennent converger ensemble vers le 10* degré de latitude. A l'est, le Sobat, dont la souroe nous est inconnue ; au sud la branche principale du Nil Blanc, qui vient des pands lacs ; au sudouest et à l'ouest enfin, plusieurs cours d'eau importants, nés dans des pays inconnus, ou venant des pays des Niam-Niam et des Mombouttous. Ces pays ne sont encore fréquentés que par les marchands d'ivoire, traitants qui Joignent malheurou* sèment presque touiours à leur commerce celai des esclaves. La fertilité en est admirable. Au midi de cette région coule l'Ouellé, rivière considérable, qui, venue du sud-est, ne nous a encore laissé voir ni sa souroe, ni son embouchure. De ce côté vivent les Akkas, remarquables par leur taille de nains.

VL RÉGION DBS GRANDS LACS. — En amont des marécages, le Nil Blanc coule dans une admirable vallée, au pied de hautes montagnes qui brisent

Plusieurs rois son cours par des rapides, et d'où on aperçoit au sud la belle nappe du' lac Luta- Nzigué (ou Albert), qui s'étend jusqu'à l'équateur.

Le Lutanzimié ou Albert. — Son orientation eénérale est du nord-est au sud-ouest. Il a près de 200 kilom. de longueur sur 60 ou 80 de largeur. A l'ouest, il est bordfé de hautes montagnes inexplorées, à l'est, il reçoit le Nil Somerset qui lui apporte les eaux du lac Ukerewé. Entre les deux lacs, les eaux franchissent successivement les chutes du Ripon, le petit lac IbraMm et la belle cascade de Murchison.

Lac Ukeréwé ou Yictoria-Nyanza. — Il est alimenté par deux affluents principaux : au sud, lo Schimiyou descendu du massif du Kilimandjaro, et à l'ouest, le Kadjera, sorti aussi d'une région alpestro, où le mont Gambaragara n'aurait pas moins, de 4 à 5000 métros. Le lac Ukérewé est lui-môme à une altitude de 1120 mètres. Aussi, bien que sous l'équateur, on y jouit d'un climat parfaitement salubre pour les Européens Cette mer intérieure, large d une cinquantaine de lieues dans chaque sens, renferme de nombreuses lies.

Il suffit de moins de deux mois pour se rendre maintenant du Caire aux grands lacs, tandis que les premiers Européens qui en ont entrevu les eaux avaient mis uno année entière à y parvenir depuis la côte de l'océan Indien, en traversant d'abord une zone littorale des plus dançerouses par son climat, puis une belle région bien boisée comme un f>arc anglais, une fois qu'ils étaient parvenus sur e plateau.

AFRIQUE

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Lae Tanganyika. — Le premier des grands lies,

connu qu'il n'avait pas moins de 27500 kilom. carr. de superficie, Téquivalent de 4 ou S départements français. La profondeur de ses eaux descend jusqu'à 400 mètres. Les tempêtes y soulèvent des Tagues énormes. Très-étroit par rapport à sa longueur, il s*étend du nord au sud-est entre de hautes murailles de montagnes, qui sont revêtues de la

végétation la plus luxuriante et y versent de nombreux affluents. A Touest, il se déverse par le Loukouga dans le Loualaba, qui est la tête du Zaïre. VIL Bassin du Conoo. — £e Zaïre ou Congo. — Ce Loualaba draine les eaux de plusieurs lacs, le Bangouéolo, le Moéro et bien d'autres encore qui nous sont inconnus ou dont les Européens n'ont appris aue le nom. Toute cette contrée à Tépoquc des pluies n'est qu'une vaste éponge. Aussi à Nyangoue, à plusieurs centaines de lieues do TOcéan, le fleuve forme déjà un cours d'eau considérable.

AFRIQUE MERIDIONaUI

de 1000 mètres de large et de 2 mètres de profondeur à l'époque des basses eaux do la saison sèche.

Ce n'est que dans l'année 1877 qu'au prix des plus grands dangers, l'Américain Stanley en a suivi le long détour au nord de Téquateur pour le voir se confondre à l'ouest avec ce vaste estuaire du Zaïre ou fleuve du Congo dont les eaux im-

Fétueuses refoulent au loin les eaux salées de Océan avant de s'y mélanger. Au lieu des noms différents que ce long fleuve prend successivement ians les divers pays qu'il traverse, Stanley propose d'adopter le nom unique de fleuve Livingstone, en mémoire de l'illustre voyageur qui s'est immortalisé par ses découvertes dans ces régions. VIIL Région de la mer des Indes. ~ Le Ions de la mer des Indes, depuis le détroit de Bab el Man-

deb Jusqu'au tropique du Capricorne, on trouve successivement le pays des domaulis, cçlui des Souahélis ou Zanguebar, et la capitainerie portugaise de Mozambiciue.

Somaulis et Gaîlas, — Les Somaulis sont des peuplades agricoles dont le pays produit de la gomme, du café, et nourrit des bestiaux. Mais, musulmans fanatiques, ils sont encore assez barbares pour dépouiller les naufragés qui échouent sur leurs côtes et assassiner les voyageurs qui s'aventurent au milieu d'eux. A l'ouest, ils confinent aux peuplades Gallas, qui gagnent de plus en plus du cêié de l'Abyssinie et qui sont aussi féroces.

Côte de Zanguebar, — La petite lie de Zanzibar et plusieurs points importants de la côte appartiennent à un sultan arabe, aujourd'hui sous le

AFRIQUE

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poteeumi britannique, qui est le plus puissant sovrenin de ces parages. D*origine arabe, il 8*est aflnsdii de la suzeraineté de Timan de Mascate, en Anbie, dont il relevait autrefois ; il possède 111e le Psmba et plnaieura points importants sur le Cttnal tn nora du Mosambiqne. Lb Zanguebar se BOffims aussi pays des Souahélis du nom des Arabes <pii le peoplent.

Uoimnlique, — Les colonies des Portugais dans te Koiambique (colonies oh. ils exercent une autorisé plus nominale que .réelle) sont, avec leurs étohfaements de l'Atlantique^ les demie» restes de Jeor poissanee sur ce continent, qu'ils ont les ■reaners suivi et contourné en découvrant la route des bdes. Les Portugais ont du moins sur les totres Européens ravantage de s'accommoder in- Bntmeiit mieux du climat cbaud et humide de ces Tépoas littorales.

Le Zmnbèze — Aucune élévation importante ne sépare le bassin du Congo de eelui du Zambèze. On peut donc entrevoir le moment où. grâce à la coIooiMtion de ce pays par les Européens, un cinal navigable pourrait conduire des eaux de TAtlantique dans celles de la mer des Indes.

Le Zambèxe prend sa source vere le 20* de lalinide, dans le petit lac Dilolo, beaucoup plus

r^ de l'océan Atlantique que de Tocéan Indien, s'appelle d'abord Liambaie. Vera le milieu de son mr$j û s'abîme tout entier de 106 mètres de hau- (nrdins un gouffre profond formé par des falaises binttiques. Cette chute, que les naturels nomment dans leur langage la fumée tonnante, a reçu des iB^bifl le nom de Cataracte de Victoria. La largear en fleuve, qtd n'est pas là de moins de 2 kiboètres, les colonnes de vapeur formée par les Hoto liroyés, qui s'éièvent en tourbillons au-dessus ée h ciicade, le bruit de tonnerre qu'elle fait entendre as loin, Justifient parfaitement son nom iocilet la place qu'on lui a faite parmi les grandes Derreilles du monde. Plus bas, le Zambèze forme des cataractes moins imposantes pour sortir du piateaa, puis reçoit par le Shtré les eaux sorties da lac N|assi ou Haravi. C'est encore un beau lac de 500 kilomètres de longueur, sur les bords duquel les missions anglaises ont récemment fondé on éublissement pour arrêter les convois d'esclaves qtii traTersaient en grande quantité le lac pour lire veadns sur la cAte.

DL AraïQUK Australs. — Le Kalaftari. — Du Zambèze au fleave Orange s'étend un pays en rande partie occupé par le désert de Kalahari. Cest on vaste espace sans eaux courantes, portant ï peine quelques buissons de broussailles isolés, et dont le sable siliceux, les ravins au lit desséché rappellent singulièrement le Sahara. Au nord de cette région, le lac Ngaml traverse, comme tous les paya environnants, une période de dessiccation. A Test, la monchetêetsé exerce ses ravages. Le venin en est mortel pour les chevaux, les bœufs et les chiens, c'est-à-dire pour les animaux les plus utiles à l'homme, qui, lui du moins, échappe a ce fléan.

BépubHaueg desBoer» etpo8$esHoru britanniques, - An sna du tropique au Capricorne, les eaux t'éconient dans l'océan Indien par le Limpopo, et dans l'Atlantique par le fleuve Orange. C'est entre ces deux fleuves et vers le haut de leurs cours <tQliabitent les Boers. Ce sont d'anciens colons hollandais de la colonie du Cap qui se sont retirés de ce pajrs depuis que le gouvernement anglais s'y tst sobstitué à l'ancien gouvernement hollandais.

Us deaxr^ni^/i^t^j du Transvaal et de l^ Orange, (IQlls ataient ainsi fondées, jouissaient d'une si- 2^n prospère, grâce à l'élevage des troupeaux. ■«a les mines d'or qu'on y a découvertes, les champs diamantifères trouvés chez les peuplades ^Aes Toisines ont tenté l'ambition des Anglais, et ua ont bmtalement annexé la république du Trans-

vaal à leurs possessions de l'Afrique australe. Celles-ci comprennent déjà l'ancienne colonio hollandaise du Cap de Bonne- Espérance, l'ancienne colonie anglaise de Natal, le Transvaal et s'étendent de plus en plus sur le pays des Hottentots au nord-ouest et sur celui des divers peuples cafrcs au nord et au nord-est.

Au sud du fleuve Orange, le pays est accidenté et forme une suite 'de plateaux herbeux qu'on appelle les Karrous et qui offrent, à la suite des pluies, un riche pâturage aux immenses troupeaux de moutons qui les parcourent. Ce pays est, avec l'Australie et la Plata, la grande source d'approvisionnement en laine du monde industriel.

De terrasse en terrasse, on descend aux rives de l'Océan, dont les flots viennent battre le pied de la montagne de la Table, qui abrite le port du Cap.

X. Iles iraïc aines. — On rattache à l'Afrique plusieurs groupes d'Iles dans l'un et l'autre Océan.

lUs de V Océan Atlantique, — Elles sont pour la

Slupart d'origine ignée. Fertilisées par les cendres e leurs volcans et aussi par celles de leurs anciennes forêts imprudemment brûlées, les Açores et Èiadèt^, qui appartiennent aux Portugais, les Canaries, qui sont espagnoles, produisent en abondance des vins et des oranses. Et le climat doux et égal qu'elles doivent à leur latitude et à leur situation maritime convient aux poitrinaires qui vont y retrouver la santé. Plus au sud, les îles du Cap Vert, qui sont portugaises, soufflent souvent de sécheresses rigoureuses. Dans le golfe de Guinée, les lies espagnoles de Fernando-Po et dAnnohon et l'Ile portugaise du Prince sont recouvertes de la plus belle végétation tropicale, mais le séjour en est pernicieux. Les rochers de V Ascension et de Sainte-Hélèfie jalonnaient pour les vaisseaux anglais la route de l'Inde par le cap de Bonne-Espérance.

Iles de la mer des Indes, — Le plus beau jovau des possessions britanniques de ce côté, c'est 1 lie Maurice, Tancienne lie de France, perdue par nous pendant les guerres de l'Empire. Avec 1 lie restée française de la Réunion et le petit Ilot de Rodrigue, elle forme le groupe des Mascareignes, riches en café et en canne à sucre. La France

aui possède dans l'archipel Malgache, les petites es de Mnyotte, Saint*!- Marie et Nossi-Bé, a plusieurs fois, mais en vain, cherché à prendre pied sur la grande lie de Madagascar ;c*esi une des plus vastes de l'ancien continent; elle a une superficie de près de 000000 kilom. carrés: ce que serait la France avec le Rhin pour limites. Mais Tlle Malgache est protégée par les lagunes malsaines qui s'étendent sur ses rivages. Elle participe du reste, grâce à sa latitude, aux bienfaits du soleil et des pluies tropicales. En pénétrant dans l'intérieur, on arrive sur de hauts plateaux, où les Ovas, d'origine malaise, ont acquis une grande puissance et une civilisation relative, qui leur assure la prééminence sur les autres races de l'Ile.

Au nord de Madagascar, les Seychelks sont couvertes de cocotiers ; le lonç du rivage du continent, Zanzibar et les lies voisines appartiennent au sultan dont nous avons déjà parle.

A la pointe nord- est du pays des Somaulis, l'Ile de Socotora, habitée par des Arabes, est connue par la spécialité qu'elle a de fournir l'aloès.

4. Raoes de l'Afrique. — A quelles races appartiennent les diverses populations qui occupent l'Afrique ?

Ragks niDiGBNBS. — Berbers, — Deux races semblent y avoir existé de tout temps, les Berhei^s et les is'ègres. Les premiers occupent la Berbérie, ou Barbarie, où ils sont mélangés aux Arabes et aux Européens, mais où les Kabyles ont conservé dans leurs montagnes la pureté primitive du sang, comme ils y ont aussi longtemps conservé leur indépendance politique.

AFRIQUE

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Dans le Sahara, les Berbera dondneiit loas le nom de Maures et de Touaregs et s'étendent jus-

âu'au Sénégal et au Niger, qui les séparent du pays es noirs.

D*an autre cMé, ils ont formé une partie importante de la population primitive de Tcgypte et de TEtliiopie : les GaUas^ comme les SornauiiSf appartiennent à cette souche primordiale.

Nègres. — Les Nègres s'étendent d'un tropique à l'autre, sauf sur les rives de l'océan Indien. De ce côté, la fréquence des relations avec les Arabes a modifié le type noir ot donné naissance à des races mixtes qu'on désigne sous le nom de Néeroides. Les Souahélis, les Cafres, aussi neoimés mécréants ou infidèles par les Musulmans, dont ils refusaient d'adopter les croyances, sont desnégroldesi comme les Tibbous de la partie orientale du Sahara, et les Foulahs qui ont fondé un puissant empire dans l'ouest du Soudan.

Hotientots, — Entre le tropique du Capricorne et le fleuve Orange, on remarque les Hottentots, qui se distinguent des nègres par la couleur brunolivâtre de leur peau, par leurs traits presque chinois, par la singularité de leur conformation physique, enfin par leur langage.

Races venues du dehors. — Arabes, — Les Arabes et diverses autres races blanches de l'Asie ont eu de temps immémorial des rapports avec la côte orientale d'Afrique. C'est dans le Sofala, au sud du Mozambique, qu'on a cm retrouver le pays d'Ophir de Salomon. Ces rapports ont été continués par les Arabes, qui ont fondé l'État de Zanzibar.

Malais, -^ Les Malais ont contribué en grande partie à peupler Madagascar, et on trouve aussi dans tous ces parages un grand nombre de Banyans hindous, qui y font du commerce ou de la culture.

Européens, — Les Européens ne forment des groupes un peu importants qu'en Algérie ou dans l'Afrique australe, qui seules offrent des climats convenant à leur tempérament, avec le plateau de l'intérieur, où ils n'ont pas encore fondé d'établissements.

Irépondérance des Arabes. — Mais de tous, ce sont les Arabes qui ont étendu le plus loin leur influence: longtemps avant les Européens, ils connaissaient les routes des c^ands lacs, où ils possèdent de nombreux comptoirs pour faire la traite des esclaves et le commerce de l'ivoire.

Au nord, la conquête militaire Arabe a absorbé l'Egypte et tout le littoral méditerranéen, d'où la double influence politique et religieuse des Musulmans a rayonné vera le sud. Les royaumes du Soudan, qui constituent seuls des Ctats à domi-

Folicés à l'intérieur de l'Afrique, ont embrassé islamisme.

Ces populations nègres, au naturel craintif, à l'esprit si inerte qu'ils n'ont rien su créer par euxmômes, ni se soustraire au despotisme sanguinaire et abrutissant de leurs chefs, ni aux superstitions grossières du fétichisme, ont cédé nécessairement a la domination de cette race relativement supélieure, qui n'a reculé devant aucun moyen pour s'assurer l'empire de ce riche pays.

Répression de ta traite, — Aujourd'hui les croisières européennes surveillent rigoureusement les navires qui portent encore des esclaves aux marchés de l'Asie. Autrefois un négrier pouvait acheter une cargaison humaine pour quelques bouteilles de rhum, et on emportait .alors chaque année des centaines de mille de prisonniero qui étaient vendus sur les marchés de l'Orient, ou dans les colonies européennes, au Brésil et aux États-Unis. Et coipbien ne périssait-il pas de victimes accablées par les privations et les mauvais traitements avant d'arriver à la c6te I combien en mourait-il dans les cales des navires où on les entassait comme des marchandises I

6. GoiMfliisioii : Avenir de l'Afriqui. ^ Dans le désir de détruire entièrement l'esclavage et d'ouvrir à l'exploitation européenne les riches pays de l'Afrique australe, dont le climat salubre peut convenir à notre tempérament et le sol nous fournir une foule de produits utiles, le roi des Belges a récemment fondé une société internationale pour l'exploration de l'Afrique. Un vaste champ est encore ouvert aux découvertes européennes. Entre le Nil et le pays des Somaulis à l'est, entre le lac Tchad, le Zaïre et le Nil, s'étendent des pays entièrement inconnus, et combien de lacunes à com« bler dans le reste du continent, malgré les voyages qui enrichissent chaaue Jour nos cartes I

Les peuplades africaines n'ont qu'à gagner, en échappant au despotisme barbare de leurs potentats, à être initiées à la morale chrétienne, délivrées de cette chasse aux esclaves qui menace consumment leur liberté, et leur met sans cesse les armes à la main les unes contre les autres, utilisées enfin dans des exploitations intelligentes qui mettraient en valeur leur sol merveilleux. Combien de richesses gisent encore inexploitées dans ce beau pays. Une srande partie en est sans doute encore ignorée. Mais rappelons que le coton, Tin-

d'or, les arachides, les huiles de palme et de cocotier, et les gommes constituent les principaux objets d'échange avec les navigateurs européens. Les forêts des zones tropicales sont remplies d'oiseaux à la parure éclatante, et pour ne pas détruire entièrement les autruches que l'on était menacé de voir disparaître en les chassant trop dans les déserts, on s'est mis à les domestiquer et les élever dans la colonie du Gap. On a trouvé du charbon de terre le long du Zambèze. Le fer et le cuivre sont assez répandus pour que les indigènes euxmêmes sachent les fondre et les travailler pour s'en fabriquer des armes et des ornements. On peut dire que si l'Afrique est la dernière partie du mondo initiée aux bienfaits de la civilisation, elle est appelée néanmoins à en être une des plus prospères.

[G. Meissas.]

Ou-frages i consulter : !• Pour la basaiii du Nil. ItmaUia, par Baker. Towr du Monde, 1875, l*'^ Toliuse, pases 33-96.

lue

de V Afrique, par Schweiafurt. Tour du Monde, 1874, l*' volume, pages 273-368; 2* volome, pages 209-2aS.

2* Pour la région des grands laos. Comment j'ai retrouoé Livingstone, par Stanley. Tour du Monde, iS73, l«r volume, pages 1-96.

Dernier journal de Livingstone, 7\mr du Monde, 1S75, 2* semestre, pages 1-95.

Tronersie a» eontinent africain, par Cameron. Tour du Monde, 1877, !•' Tolume, pages 1-80 ; %• volume, pages 65-160.

3« Pour la région de l'Atlantique. Croiiiéres a la, côte d'Afrique, par l'amiral Fleuriot de Langle. Tour du Monde, i873, 2* tolume, pages 3&3-400. 1876, l"* Tolume, pages 241-304.

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