SOUVERAINS ÉTRANGERS
N. B, — Pour les souverains étrangers du nom de Charles, auxquels nous ne consacrons pas un article ici, nous renvoyons aux articles généraux donnant Thistoire des auTérents pays.
1* Rois <f Angleterre.
Charles X", Btoart, roi d'Angleterre, — Hist. générale, XXIV et XXVm, — fils et successeur de Jacques I", monta sur le trône en 162S, à l'âge de vingt-cinq ans. U avait des dehors plus nobles que son père, était plus résolu. Mais il avait les mômes théories despotiques, et un vice honteux, la fausseté.
Le duc de Buckingham, favori de Jacques I*% avait la confiance du nouveau roi, et conserva U direction des afi^ahres. Buckingham était détesté;
CHARLES
«n outre la nation voulait maintenir ses libertés, que le Parlement avait déjà eu à défendre contre les prétentions absolutistes du prédécesseur de Charles. Cétait par le vote des impôts ^ue les Communes pouvaient poser certaines limites au pouvoir royal : le Parlement, convoqué en 1625, refusa donc de voter la perception des droits de douane pour toute la durée du règne, et ne les accorda que pour un an. Charles, irrité, prononça la dissolution de la Chambre des Communes, et essaya de se procurer de Fargent au moyen d'un emprunt forcé. Mais n*ayant pu y réussir, il dut «onvoquer un second Parlement (1626).
Celui-ci débuta en dressant un acte d^accusatlon contre Bnckingham, Justement accusé d'arbitraire. Le roi, pour sauver son favori, renvoya de nouveau le Parlement.
En ce moment, Richelieu assiégeait dans la RodieUe les protestants français : Charles annonça qu*il leur enverrait du secours. Il espérait ainsi gagner la faveur populaire et obtenir de Tar^ sent en se passant du Parlement. Mais Temprunt forcé qu'il ordonna ne réussit pas, malgré les menaces et les emprisonnements. Bnckingham, -qui avait conduit une flotte devant la Rochelle, éprouva un échec honteux (1627). A son retour, il pressa lui-même le roi de céder et de convoquer un Parlement.
C'était le troisième. Charles lui demanda des subsides pour continuer la guerre contre la France. Le Parlement les accorda, mais décida qu'ils ne seraient levés que lorsque le roi aurait solennellement reconnu a les droits antiques et sac es de la nation ». A cet effet, et sur la proposition de sir Thomas Wentworth, le plus éloquent orateur des Communes, les deux Chambres réunies votèrent le Bill des droits, qui contenait entre autres ces deux
{>rincipes : o Aucun impôt ne pourra être levé sans e consentement du Parlement. — Nul ne pourra être arrêté et Jugé que conformément aux lois » (1628).
L^ bill fut présenté à la sanction royale. Charles essaya d'éluder une acceptation formelle ; il proposa au Parlement une formule vagne : « Le roi «*engage à reconnaître les anciens statuts comme inviolables. » Mais le Parlement tint bon, et, de fiuerre lasse, le roi apposa an Bill des droits la formule officielle de sanction, en vieux français normand : Soit droit fait comme il est requis.
Les Communes votèrent ensuite les subsides. Puis elles adressèrent de nouvelles remontrances au roi contre Buclcingham, le qualifiant « d'entrepreneur de la misère publique s. Le roi s'irrita; mais n'osant dissoudre encore le- Parlement, il se contenta de le proroger.
Le mécontentement populaire fut grand. Un fanatique, l'officier Felton, assassina Bucidngham. Charles lui donna pour successeur sir Thomas Wentworth, que son ambition poussa à déserter la cause du Parlement et à accepter les faveurs royales. Cette apostasie le rendit odieux à ses anciens amis : « Au revoir, dans la salle de Westminster 1 » lui dit le parlementaire Pym. Ce mot menaçant était une prophétie.
L année suivante (162t)]j le Parlement reprit ses «éances. Il découvrit alors que le roi, en faisant publier le Bill des droits, avait substitué à la sanction officielle la première formule vague dont le Parlement n'avait pas voulu se contenter. Devant cette fraude royale, les Communes continrent leur indignation, mais elles se plaignirent du primat d'Angleterre, l'archevêque Laud, l'accusant de favo» riser le catholicisme et de persécuter les non-eon* formistes ; elles continuèrent à refuser de voter les droits de douane pour toute la durée du règne.
Décidé à persévérer dans son système de gouvernement despotique et sans contrôle, Charles prononça la dissolution du Parlement, et fit emprison-
ner neuf membres des Communes k raiion de leun discours. Avant de se séparer, la Chambre des communes vota une protestation énergique : elle déclara illénde la perception de Timpôt non voté, et traître à la patrie quiconque essayerait de lever cet impôt, et quiconque consentirait à le payer.
Charles était résolu à gouverner «ans Paiiement, et durant dix années en eifet ii régna en nultre absolu. « La tyrannie de Chartes fut, sinon la plus cruelle, du moins la plus inique et la plus abusive
2 n'eût Jamais soufferte l'Angleterre. » (Guizot.) les impôts illégaux Airent levés de force; la liberté religieuse disparut, les non-conformistes, et surtout ceux qu'on appelait les puritamê, furent persécutés ; de simples déUts die presse furent punis de supplices barbares. Beaucoup de puritains allaient chercher dans l'Amérique du Nord une teire où ils pussent pratiquer leur culte œ liberté : Charles défendit l'émigration.
Les Anglais supportèrent patiemment ce despotisme ; la résistance essayée par quelques citoyens ne sortit Jamais des formes légales. Un ancien membre des Communes, Hampden, refusa de payer une taxe arbitraire, et intenta un procès à la couronne : il fut condamné, et paya (1g36). Mais Topinion était dans un état de grande effervescence, et l'irritation contre le roi et ses ministres allait croissant.
Une imprudence de l'archevêque Laud mit le feu aux poudres. Il voulut introduire en Ecosse les formes de la liturgie an^icane. Cette innovation provoqua une émeute diuis l'église d'Édimboarf (1637), et les réformés écossais ou presbytériens conclurent sous le nom de Covenant une alliance religieuse et politique pour la défense de leors droits.
Charles marcha avec une armée contre les covenantaires ; mais ses soldats sympathisaient avec les Écossais : aussi n'osa-t-il pas livrer bataille. U traita avec les Insurgés et leur accorda raboUtion de la liturgie de Laud (1639).
La situation de la royauté était difficile. Charles avait voulu être maître absolu; s*il entrait dans U voie des concessions, c'en était fait de cette autorité sans contrôle qu'il avait usurpée. Il appela auprès de lui Wentworth, qu'il avait fait comte de Strafford et gouverneur d'Irlande. Strafitord en* gagea Charles à use^ de rigueur. Une nouvelle armée fut levée, et U guerre contre les Écossais décidée.
liais il fallait de l'argent ; les emprunta forcés, les taxes illégales ne suffisaient pas. Charles, pensant que pour une expédition dirigée contre l' Ecosse ses sujets anglais ne lui refuseraient pas de ^a^ gent, se décida à convoquer un f^arlement (1640). Il y avait onze ans que les députés des Communes n'avaient été réunis.
Au lieu de voter docilement les subsides deman* dés, le Parlement commença par réclamer le redressement des griefs de Ui nation. Charles voulait de l'argent, et non des remontrances ; il se croyait asses fort pour n'avoir pas besoin de faire aucune concession. D'ailleurs, Strafford lui don* nait des conseils violents : « Si on traitait ces gens-là comme ils le méritent, disait-il en parlant des députés des Communes, il faudrait les faire fouetter jusqu'à ce qu'ils fussent revenus au sens commun ; et ils devraient savoir bon gré à ceai qui prendraient ainsi la peine de les corriger. »
Au bout de trois semaines, Charles congédia le Parlement, et Strafford essaya de faire la guerre aux âcossais avec les seules ressources du trésor royal. Mais l'armée anglaise refusa de combattre, et de toutes parts des pétitions furent adressées au roi pour la paix et la réunion d'un Parlement.
Charles, cette fois, sentait le terrain lui manquer sous les pieds : il céda, un Parlement fut convoqué (1640). C'était le cinquième, celui que l'histoire
CHARLES
CHARLES
appelle le long Pts^lement. La royauté B*ayoiiait ▼aincue.
I^ premier acte du Long Pariement fàt de dresser une liste des délinquants, Land et Strafford, accusés de haute trahison, furent emprisonnés.
CTéiait Strafford surtout que ia haine populaire brûlait de frapper. On lui fit son procès sur-lechamp. Charles avait promis de le sauver, t Aussi vrai que je suis roi d'Angleterre, sTait-il dit, ils ne toucheront pas un cheveu de votre tête.» Néanmoins, lorsque les Communes Teurent condamné Il moT^y le roi Fabandonna et signa son arrôt. DoTant cette lâcheté, Strafford se contenta dédire : « Ne mettez pas votre confiance dans les prfaioes de la terre. » Il fut décapité (mai 1641). Laud, son compagnon de captivité, ne fût condamné et exécuté que quatre ans plus tard.
Charles n^avait plus d'autre conseiller que la reine Henriette, princcsso catholique détestée de la nation. Poussés par des agents de la cour, les catholiques d'Irlanae se révoltent, et massacrent 40,000 protestants ; les révoltés s'intitulent « armée catholigue de la reine ». C'était là une diversion Tenant fort à propos pour embarrasser le Parlement. Charles lui demande une armée pour comprimer la révolte ; une fols les troupes sous sa main, il eût pu s*en servir contre le Parlement lui-même. Les Communes répondent par une amère remontrance, et déclarent, par le bill de la milice^ que c*est au Parlement, non au roi, qu*appartient le droit de lever une armée et d*en nommer les diefs.
Voyant ses projets déjoués, Charles prépare un coup d'Êut ; il s entoure de gentilshommes dévoués (les cavaliers), et conspire contre le Parlement. La Chambre des communes, justement inquiète, réclame une garde pour sa sûreté. Le roi la refuse en disant : « Sur mon honneur de roi, Je m'engage solennellement à vous préserver tous jet chacun de vous de toute violence, avec autant de soin que 8*11 s'agissait de ma propre sûreté et de celle do mes enfants. »
Biais, le 2 janvier 16^3, le procureur général de la couronne se présente au Parlement pour arrêter, an nom du roi, Hampden, Pym, et trois autres membres des Communes. La Chambre refuse de les livrer. « J'irai les chercher moi-même, > dit Charles.
Le lendemahi, il prend congé de la reine en ces termes : « Dans une heure, je reviendrai maître enfin de mon royaume. » Il se rend à la Chambre des Conmiunes, suivi d'une foule do cavaliers. Hais les cinq membres menacés avaient cherché un asile dans la Cité, au milieu du peuple. « Je vois que les oiseaux sont envolés, » dit le roi.
Le peuple de Londres se prononça avec force en faveur du Parlement. Les magistrats de la Cité refusèrent de livrer les cina accusés. Le roi furieux quitta la capitale, et les cinq membres furent reconduits en triomphe au Parlement par le peuple. Charles s'était rendu dans les comtés du nord : il planta l'étendard royal à Nottingham (23 août 1642), et appela aux armes ses partisans. Le Parlement, de son cêté^ organisa la résistance et leva noe armée.
Les troupes royales eurent d'abord le dessus. Mus des officiers puritains^ Hampden, Ludlow, Cromwell, Harrison, disciplinèrent l'armée parlementaire par les pratiques religieuses, et bient^yt la conduisirent à la victoire. La guerre dura dnq ans (Y. Cromwell)» Enfin Charles, obligé de fuir, se livra aux Ecossais. Le Parlement anglais, le traitant encore en roi, lui envova alors des propositions de paix portant : abolition de l'épiscopat ; éloignement des fonctions publiques des partisans du roi ; remise au Parlement, pour vingt ans, du commandement des forces de terre et de mer. Charles refusa.
Sur ces entrefaites, le Parlement d'Eci dda de remettre Charles aux mains dos moyennant paiement par ceux-ci d'une in de guerre. Charles fut, en conséquence, liv commissaires qui le conduisirent à Holmb fut retenu priaonnier ( 1 647 ) .
Cependant le Parlement anglais était d deux fractions : les presbytériens, qui v conserver la monarchie, et les indépendai néralement puritains), qui désiraient la répi Ces derniers étaient en mhaorité, mais Tar Parlement, commandée par Cromwell, lei farorable. Le roi entama des négociations i avec les deux partis. Enlevé de Hoimby détachement de soldats, et conduit au m l'armée, il chercha à s'entendre avec Crc n'v ayant pas réussi, U se sauva dans Wiffht, et de là négocia avec les presbytér Rarlement. Un coup d'Etat militaire coupa ces intrigues : l'armée marcha sur Londrei puisa du Parlement 143, membres presby Le Parlement, ainsi purgé et désormais par les indépendante, déféra le roi à un cour de justice présidée par Bradshaw. Ce condamna à mort. La sentence fût exéc 30 janvier 1649, et le 7 février suivant h ment abolit la royauté.
caiarles n ~ Uist. générale, XXIV et X] fils de Charles !•'. Il s'était retiré sur le co avant ia mort de son père. Les presbj d'Ecosse, ayant pris les armes contre le goi ment républicain, lui offrirent la couronne imposant toutefois des conditions qu'il refu cepter. Il laissa le vaillant marquis de M tenter de conquérir l'Ecosse pour lui (1660] roique aventurier fut défait et mis à mort' presbytériens, qui voulaient bien du roi, mi des cava/iers ses amis. Charles se résigna souscrire aux conditions du parti presbyt il désavoua tous les actes du roi son père, de ne jamais permettre l'exerdCe de la i catholique ; à ce prix il fut reconnu roi d'Éc
Mais les Ecossais furent vaincus à Dun Cromwell (I6&0); et le prétendant ayant d'envahir l'Angleterre avec les débris de mée, fut encore défait à Worcester (1661), s*enfuir en France.
Il y resta neuf ans, conspùrant sans cesse . après la mort de Cromwell, un Parlement, pression du général Moak, vota le rétabli i de la royauté et le rappel des Stuarts Charles II rentra à Londres en prometts f amnistie. Hais cotte promesse fut violée : 1 s vres de Cromwell et de Bradshaw furent i et pendus au gibet, et les principaux répi t survivante mis à mort.
Durant la première partie de son règi i les II ne rencontra pas d'opposition : l'Ar \ était lasse des discordes civiles, et la contre l'austérité puritaine était, si vive partie de la nation semblait savoir gré i rain de sa frivolité et de la corruption i mœurs. Toutefois, lorsqu'on vit que Char] ! fait l'agent de Louis XlV, à qui il avait i : intérête de l'Angleterre en échange d'un< : Que ce roi lui payait, l'esprit national se i C'est alors que se formèrent les deux grai i
3 ni ont si longtemps divisé l'Angleterre : 1 > éfenseurs de la prérogative royale et cathoUques; et les whigsy partisans det . parlementaires et de l'Eglise anslicane. I i furent bientôt asses forte pour faire vote ! lement le bill du teit (1674), dirigé conti I tholiques, et imposant à tous les fonc' i un serment religieux. La haine contre 1 liques éteit si grande, que sur l'absurd dation d'un faussaire, Titus Oates, plusl oeote, accusés d'avoir trempé dans une
CHARLES
CHARLES
eempiration papiste, furent condamnés à mort (1679). Cette môme année, le Parlement vota le célèbre bill d'habeat cùt^pus, garantissant la liberté individuelle, a Cette loi, l'ane des plus grandes conquêtes faites par les Anglais sur le despotisme, et qui se trouve déjà dans la grande Charte, était passée depuis longtemps dans le droit commun pour garantir les sujets du royaume contre toute détention illogalo ; mais elle avait été éludée par Tadresse des hommes de loi et les mesures oppressives du gouvernement. Par le bill de i679, aucun juge ne peut reAiser, à quelque prisonnier que ce soit, dans les vingt-quatre premières heures de son arrestation, Tordre d'habeas corpus^qui oblige le geôlier à le produire devant la cour que cet ordre désignera, pour faire vérifier la cause de son emprisonnement; si la cour le fait élargir, on ne peut le remettre en prison pour le même si^et. En outre, les juges étaient obligés d*accepter, dans «n très grand nombre de cas, la caution oiferte par les prévenus, et Tnsage de les envover liors du royaume pour les soustraire à la juridiotion ordinaire était aboli. » (Duruy.)
Les dernières années de Charles II furent signalées par une révolte des puritains d*Ëcosse, cruellement réprimée (1680), et par le complot de Rye- House, qui amena la condamnation à mort de lord Russell et du républicain Algernon Sidney (1683). Charles mourut en t68S, laissant la couronne à •on frère Jacques II, le dernier des Stuarts.
%• Empereun d'Allemagne.
Gharlos I» (V. Charlemagne),
Gharlo8n(V. Charleillle Chauve).
Charles m (V. Charles te Gros).
caiarles IV — Hlst. générale, XIX et XXVU, — de la maison de Luxembourg, était fils du roi de Bohème Jean TAveugle, qui fut tué dans les rangs français à Crécy. Il devint empereur en 1347, à la mort de Louis ae Bavière. Sous son règne, le pouvoir impérial, déjà bien déchu, subit encore de nouvelles atteintes ; Fltalie se sépara entièrement de Tempire, et bon nombre de seigneurs allemands obtinrent rtmmé€<ta/e/é, c*est-à-dire Tindépendance.
L*acte çiui donne au nom de Charles lY uoe certaine importance, c'est la promulgation de la Bulle d'Or (ainsi nommée à cause du sceau d*or qui y fut attaché}, publiée en 1356 à la diète de Nuremberg. Cette bulle fixa définitivement le nombre des électeurs impériaux à sept, « en Thonneur des sept chandeliers de l'Apocalypse, » savoir : trois électeurs ecclésiastiques, les archevêques de Mayence, de Coloene et de Trêves ; et quatre électeurs séculiers, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg, le roi de Bohème, et le comte palatin du Rhin. L'élection devait avoir lieu & Francfort, et le sacre à Aix-la-Chapelle.
Charles lY mourut en 1378.
caiarles V (Y. Charles-Quint),
Charles VI, — HUt. générale, XXV et XXVII, — dernier empereur de la lignée des Habsbourg directs, était le second fils de Léopold I«. En 1700, n'étant encore qu'archiduc d'Autriche, il se trouva, à la mort du roi <l'Espagne Charles II, prétendant à la couronne d'Espagne en concurrence avec Philippe d'Anjou (V. iiurrre de la succession dEs-
Cagne). Hais étant devenu empereur en 1711 par \ mort de son frère Joseph l*', il se vit obligé de renoncer à ses prétentions au trène d'Espagne, et dut signer la paix de RasUdt (1714). Les Turcs ayant atUqué rAutricho en 1716, le prince Eugène de Savoie remporta sur eux de brillants succès. Un peu plus tard, la guerre de la succession de Pologne mit l'Empire aux prises avec la France et l'Espagne, et la paix se fit à ses dépens : le traité de vienne donna à Stanislas Lecsinski la Lorraine, réteniblQ à U France après sa mort, et à i'Espa*
gne le royaume de Naples. En cédant ainsi quelques-unes de ses possessions, l'empereur avait espéré obtenir plus facilement de ses voisins h reconnaissance de l'acte connu sous le nom de pragmoUque^ par leouel il laissait sa couronne à sa fille Marie-Thérèse. La pragmatique fut en effet jurée par la plupart des souverains de l'Earope ; mais à peine Charles VI eut-U expiré fi 740), que de nombreux prétendants, oubliant leurs serments, se disputèrent son héritage (Y. Guerre de la sttccesiion d'Autriche)*
Charles vn de Bayière — Hist. générale, XXV et XXVII, ~ fut l'un des prétendanU à la couronne impériale à la mort de Charles YI. Il eut l'appui de la France et de la Prusse (V. Guerre de la succession d Autriche), et se fit couronner empereur à Francfort en 1742. Mais il mourut en 1745, avant la fin de la guerre, et son fils Blaximilien traiu avec Marie-Thérèse.
3* Rois cTEspagne,
Charles T' (V. ci-dessous Charles-Quint), Charles n — Hist. générale, XXIY et XXX, fils de Philippe IV et dernier descendant de Cbarles-Quint, eut un règne insignifiant, sous lequel l'Espagne déclina de plus en plus. Monté sur le trône en IGCS, il vit la prépondérance miliiaireet politique passer à la France, avec laquelle il se trouva en guerre à trois reprises. Comme il n'avait
fas d'enfants, ses deux beaux-frères, Louis XIV et empereur Léopold, convoitaient l'un et l'autre sou héritage, et d'innombrables intrigues se nouèrent autour de lui. Ciiarles II, voulant éviter un démembrement de la monarchie espagnole, fit d'abord un testament eu faveur d'un troisième prétendant, le fils de l'électeur de Bavière ; mais cet enfant étant mort, il se décida, par l'intervention du pape, à choisir pour héritier Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV (1700). Clisrlos mourut pea après, et l'année suivante éclata la guerre de U succession d'Espagne.
caiarles m — Hist. générale, XXY et XXX, — second fils de Philippe Y, fut d'abord roi de Naples. A la mort de son irère Ferdinand YI (17S9), il devint roi d'Espaçne, et laissa la couronne de Naples à son fils Ferdmand. Il eut un règne réparateur, comme l'avait été celui de son prédécesseur ; il encouragea Tindustrie, rasriculture, le commerce, les sciences, et fut secondé par deux habiles ministres, Aranda, qui expulsa les jésuites en 1767, et Florida Blanca. A sa mort (1788), la population de l'Espagne avait triplé.
Charles IV— Hist. générale,XXY,XXVI etXXX,-' fils et successeur de Charles III, fut un monarque incapable, qui laissa le pouvoir à un favori. Manuel Godoî. L'Ebpagae, sous son règne, prit part à la coalition contre la République française : mais en 1796 elle s'en retira et signa la paix à Bâle : ce traité valut à Gudoi le titre de Prince de la Paix. A partir de ce moment, l'Espagne resta l'alliée de la France. Mais en 1808, Napoléon ayant fait entrer en Espagne des troupes françaises commandées par Murât, une insurrection populaire éclaU contre Charles lY et son favori. Le roi dut abdiquer en faveur de son fils Ferdinand VII ; puis, l'arinée française s'étant dirigée sur Madrid, Charles IV révoqua son abdication. Napoléon intervint, et fit venir les deux princes à Bayonne : là il obtint l'abdication de l'un et de l'autre, et donna la couronne d'Espagne à son frère Joseph.
Charles IV fut envoyé à Compiègne, puis se retira à Rome, où il mourut en 1819.
4« Rois de Suéde,
CSiarlesXn— Hist. générale, XXY et XXXIII, • fils et successeur de Charles XI, monu sur le trône à dix-huit ans (1697). La Suède était, depuis la
CHARLES
CHARLES
nerre de Trente ans, la première puissance du Nord : elle possédait la Finlande avec la Garélie et î'Ingrie, rBsthonie et la Livonie, la Poméranie occâdeDtale ; la Baltique était un lac suédois. La Russie. U Pologne et le Danemark la Jalousaient : à la mort de Qiarles XI, une coalition se forma contre elle entre ces puissances. Le Jeune Charles XIL digne descendant de GustaTe-Adolphe, ne 8*eifiraTa point d*ôtre seul contre trois. Il débarque dans I lie de Seeland, et force les Danois à demander la paix; puis il marche contre les Russes. Pierre le Grand assiégeait Nar?a : Charles, avec 8000 Snédois, met en déroute Tannée du tzar dix fois plus nombreuse (1700). Ensuite, il s*attaque au roi de Pologne Auguste n, et, après cbiq années de gaerre, il Toblige à abdiquer en faveur de Stanislas Leczinski.
Ces rapides succès semblèrent faire de Charles le maître an Nord, flfiaisv tandis au'il guerroyait en Pologne, U Russie, qu*il mépnsait, s'était transfonnee sous la main âiergique du tsar Pierre, qui, pour mleox se rapprocher de l'Occident, avait abandonné Tancienne capitale Moscou et fondé une vOle nouvelle sur les rives de la Neva, d'où il avait chassé les Snédois. Pierre avait maintenant une année bien organisée ; aussi, lorsque l'imprudent Charies Xn, trompé par le souvenir d'un premier et bdle triomphe, se crut asses fort pour envahir la Russie, il vit son armée détruite à Puluva (1709), et fut réduit à s'enfuir en Turquie. Il parvint, en 1711, à décider le sultan à déclarer la guerre aux Rosses; mais l'habileté de la tzarine Catherine, Qui obtint la paii & prix d'argent, déjoua ses plans. Charles XII reçut alors l'ordre de Quitter le territoire ottoman : il refusa, et se défendit, au camp de Vamitza, près de Bender, avec une poignée d'hommes, contre toute une armée (1713). Il ne partit que Tannée saivante, en apprenant les revers qui accablaient son royaume : le Danemark et la Prusse s'étaient emparés de la plupart des possessions ittédoises an sud de la Baltique. En quinze Jours, Charles arriva de Turquie à Siralsund à franc étrier; mais il ne put sauver cette ville (1715).
La dtuation de la Suède était déplorable : qulnxe années de gaerre l'avaient ruinée. Toutefois Charles ne perdit pas courage ; il chercha des alliances, et négocia avec le cardinal Albéroni, premier miniitre du roi d'Espagne, qui ourdissait à ce moment-là un plan destiné à remanier la carte de l'Earope. Charles XII, en échange du concours que loi promit Albéroni, s'engagea à détrôner George I*' d'Angleterre au profit du prétendant Jacques Stuart : mais il n'eut pas le temps de se lancer dans cette nouvelle aventure, et fut tué tandis qu'il gaerroyait contre les Danois, au siège de F rédérickahaU en Norvège (1718).
La romanesque et héroïque carrière de Charles m était faite pour tenter les narrateurs : Voltaire en a écrit le récit dans un livre qui est devenu classique. Montesquieu, à son tour, a rapproché Charles XII d'Alexandre dans une page que nous : donnons ci-dessous. |
Lectosis et dictées — Charleê XII au camp de > Vamitza, par Voluire {Histoire de Charles XIIi. < Parallèle entre Charles Xli et AUxandre. — ; Ce prince (Charles XlI), qui ne fit usage que de , aea seules forces, détermina sa chute en formant i des desseins qui ne pouvaient être exécutés que , par une longue guerre : ce que son royaume ne ', pouvait soutenir. I
Ce n'éuit pas un État qui fût dans la décadence ^u'il entreprit de renverser, mais un empire nais- Mot. Les Moscovites se servirent de la guerre qu'il leur faisait comme d'une école. A chaque déuîte, ils s'approchaient de la victoire, et, perdant ta dehors, ils apprenaient à se défendre au dedans.
Gbarles m croyait le maître du monde dans les
déserts de la Pologne, où il errait, et dans lesquels la Suède était comme répandue, pendant que son prhicipal ennemi se fortifiait contre lui, le serrait, s'établissait sur la mer Baltique, détruisait ou prenait la Livonie.
La Suède ressemblait à un fleuve dont on coupait les eaux dans sa source, pendant qu'on les détournait dans son cours.
Ce ne fut point Puliava qui perdit Charles : s'il n'avait pas été détruit dans ce lieu, il l'aurait été dans un autre : les accidents de la fortune se réparent aisément; mais comment parer à des événements qui naissent continuellement de la nature des choses ?
Mais la nature ni la fortune ne furent jamais si fortes contre lui que lui-même.
Il ne se réglait point sur la disposition actuelle des choses, mais sur un ceruin modèle Qu'il avait pris : encore le suivit-il très mal. Il n'était point Alexandre, mais il aurait été le meilleur soldat d'Alexandre.
Le projet d'Alexandre ne réuss t que parce qu'il était sensé. Le mauvais succès des Perses dans les invasions qu'ils firent de la Grèce, les conquêtes d'Agésilas et la retraite des Dix Alille avaient fait connaître au Juste la supériorité des Grecs dans leur manière de combattre et dans le genre de leurs armes ; et Ton savait bien que les Perses étaient trop grands pour se corriger.
Us ne pouvaient plus affaiblir la Grèce par des divisions : elle était alors réunie sous un chef qui ne pouvait avoir de meilleur moyen de lui cacher sa servitude que de l'éblouir par la destruction de ses ennemis éternels et par Tespérance de la conquête de l'Asie.
Un empire cultivé par la nation du monde la plus industrieuse, et qui travaillait les terres par principe de religion, fertile et abondant en toutes choses, donnait à un ennemi toutes sortes de facilités pour y subsister.
On pouvait juger par l'orgueil de ses rois, toujours vainement mortifiés par leurs défaites, qu'ils précipiteraient leur chute en donnant toujours des batailles, et que la flatterie ne permettrait jamais qu'ils pussent douter de leur grandeur.
Et non seulement le projet éuit sage, mais il fut sagement exécuté. Alexandre, dans la rapidité de ses actions, dans le feu de ses passions mêmes, avait, si J'ose me servir dç ce terme, une saillie de raison qui le conduisait, et que ceux qui ont voulu faire un roman de son histoire, et qui avaiont l'esprit plus gAté que lui, n'ont pu nous dérober. MoNTESQuiBU {Esprit des /où, livre XI, ch. xiii.)
caiarlesJean XIV ~ Hist générale XXVI et XXXUI ; Histoire de France, XXXIII. — C'est le nom que prit, lorsqu'il fut devenu roi de Suède, le maréchal de France Bernadette. Né à Pau en 17GU, Bernadette s'engagea à dix-sept ans dans un régiment. 11 fit les guerres de la Révolution, monta rapidement en grade, reçut un commandement à l'armée d'Italie sous Bonaparte en 1797, puis deviiii un instant nûnistre de la guerre. U désapprouva le 18 brumaire, mais fut néanmoins nommé maréchal de France en 1804, puis créé prince de Ponte-Corvo. Quoiqu'il flt toujours une sourde opposition à Napoléon, il prit part aux premières guerres de l'empire, et reçut en i808 un commandement en Danemark. C'est ainsi qu'il se trouva mis en relation avec les Suédois. En 1810, les Euts de Suède, voulant choisir un héritier au vieux roi Charles XIII, qui n'avait pas d'enfants, désignèrent Bernadette. Il accepta, fut proclamé prince royal, et partit pour la Suède, où il régna de fait Jusqu'à la mort de Charles XIIL En 1812, il entra dans la coalition contre Napoléon, et essaya d'abord de Jouer un rôle de médiateur ; puis il fit la guerre oe 1813 dans les ran^s des alliés, mais ne voulut pas prendre part k l'invasion de la France
CHARLES
CHARLES
en I8f4. Les traité» de Vienne donnèrent à la Suède la Norvège, enlevée au Danemark, en échange de la Finlande, que la Russie s^était anneiee en 1808. Devenu roi en 1818, Charles- Jean XIV eut un règne de vingt-dnq ans, tranquille et prospère, et laissa le trône en 1844 à son fils Oscar I". . ,
CHARLES LE TEMERAIRE, duc de Bourgogne.
— Hlst. de France, XV ; Hist. générale, XXL — Ce prince fut le dernier et pnncipal représentant de la deuxième maison capétienne des ducs de Bourgogne, dont Tambition faillit devenir fatale k Tunité française. A la mort de Philippe de Rouvre, dernier duc de la première maison capétienne, le roi Jean le Bon avait donné la Bourgogne à son quatrième fils, Philippe le Hardi (1361); celui-ci Joignit bientôt h son duché les comtés de Flandre, d'Artois et de Nevors, dont il avait épousé i*héritière. Philippe le Hardi et son successeur Jean Sans-Peur ei^ent une grande part dans le gouvernement de la France durant le règne de Charles VI. (V. Guerre de Cent ans, Charles VI, Chariet VIL) Philippe le Bon, fils de Jean Sans-Peur, et troisième duc de Bourgogne de la seconde maison capétienne, s'allia aux Anglais, et fut Tauteur principal du désastreux traité de Troyes, qui faisait passer la couronne de France sur la tôte des rois d'Angleterre ; plus tard, toutefois, il fit la paix avec Charles VII, et Taida à expulser les Anglais de France. Lorsqu'il laissa en 1467 ses États à son fils Charles le Téméraire, il les avait accrus des comtés d'Auxerre et de M&con, de la Picardie, du Brabant et de la Hollande.
Charles de Bourgogne était le plus puissant des grands vassaux de France ; mais son orgueil ne s'accommodait pas de cette position subordonnée, si brillante qu'elle fût ; il voulait devenir un souverain indépendant, et ses ressources militaires et financières, supérieures à celles de tous les princes de son époque, semblaient lui promettre le succès. Il engagea donc contre le roi Louis XI une lutte qui dura de longues années avec des péripéties diverses, et dans laquelle il eut pour alliés la plupart des grands seigneurs français, et le roi d'Anfçleterre Edouard IV. Le but poursuivi par le duc de Bourgogne n'était rien de moins que le démembrement de la France. Louis XI réussit tou* tefois, à force d'habileté, à déjouer les projets de son adversaire. (V. Louis XI,)
Voyant qu'il ne pouvait réussir à briser la puissance du roi de France, Charles tourna ses efforts d'un autre côté, et chercha à se créer un royaume en agrandissant ses Etats aux dépens de voisins moins redoutables. 11 détenait déjà l'Alsace à titre de ffage d'un prêt qu'il avait fait à l'archiduc d'Autriche ; il s'empara de la Lorraine au détriment du duc René de Vaudemont, et négocia avec René d'Anjou, l'ex-roi de Naples, la cession de la Provence : il aurait ainsi reconstitué à son profit l'ancienne Lotharinaie otipart de Lothaire (V. LotU aire) , moins l'Italie. Mais les Suisses lui firent obstacle ; Louis XI avait réussi à gagner à prix d'argent ces belliqueux montagnards, qui envahirent PAlsace, la Franche-Comté, le pays de Vaud : Charles fut obligé de leur déclarer la guerre. Il avait d'ailleurs intérêt h les soumettre, car ce n*était qu'à ce prix qu'il pouvait réaliser son projet de réunir en un t'oyaume compacte les territoires situés entre la France et TAllemagne. « Le roi René lui voulait mettre son pays de Provence entre les mains ; le duc de Milan était son allié ; de la maison de Savoie, il en disposait comme du sien ; si les Suisses étdent soumis, il tendt le pays depuis la tner de ponent jusqu'à celle de levant en son obéissance. » (Géminés.) Il rassembla une armée formidable, et, franchissant le Jura, entra dans le pays de Vaud ; mais il fut mis en déroute par les Suisses à Graudson (1476), à la grande joie do
Louis XI. Furieux de sa défaite, il ne ruionça pourtant pas à son projet ; trois mois plus tard, il avait réuni à Lausanne une seconde armée, et Use dirigea sur Morat, ville que les Suisses avaient enlevée au duc de Savoie. Là, il subit un échec
S lus complet encore que le premier, et fat obligé e s'enfuir en Bourgogne, en abandonnaiU dé^. tivement ses rôves de conquêtes.
A la nouvelle des revers de Charles, U Lorrains se souleva contre lui. Le duc de Bourgogne réunit à grand'peine quelques troupes, et alla assiéger Nancy ; il fut vaincu devant cette ville par René de Vaudemont, aidé des Suisses, et périt dans la bataiUe (1477).
L'unique héritière de Charles le Téméraire, sa fille Marioy ne put conserver qn*ane pvrtie des Etats de son père ; Louis XI lui enleva le dudié de Bourgogne, ta Picardie et l'Artois, qui firent retour à la couronne de France. Marie de Bourgogne épousa l'archiduc Maximilien d'Autriche, fiU de l'empereur Frédéric III, et lui apporta en dot les Pays-Bas et la Franche-Comté ; ainsi commença la grandeur de la maison d'Autriche, dont un antre mariage allait achever l'étonnante fortune.
GHARLES-QUINT OU GHARLES ▼ (GHAIII.BS I« pour les Espagnols) — Hist. générale, XXII, XXVn et XXIX. ~ Empereur d'Allemagne et roi d'Espagne, né à Gand, le 24 février 1500, de Philippe le Beau, archiduc d'Autriche, et de Jeanne la Folie, reine de Castille, mort au monastère de Saint Just, le 21 septembre 1SS8.
Archiduc des Pays-Bas en 1506 par la mort de son père, Charles-Quint, sous la direction de sa tante Marguerite d'Autriche, reçut d'Adrien d'Utrecht et du sire de Chièvres l'éducation ordinaire des princes de son temps. A seize ans, habile aux tournois et aux exercices guerriers, parlant plusieurs langues et possédant le goût des arts, ce prince flamand devint roi des Espagnes k la mort de son çrand-père maternel, Fenunand d'Aragon (1516). Ximenès avait frayé la voie, dressé le trône : Charles n'avait qu'à s'asseoh*, et il débuta par indisposer l'Espagne en disgraciant Ximeaès mourant^ et en donnant aux Flamands oui Tav dent suivi les premiers postes administratifis et militaires.
En 1519, la mort de son grand-père paternel, Maximilien d'Autriche, empereur d'Allemagne, mit Charles-Quint à la tôte oes biens de la maison d'Autriche, et le posa comme compétiteur de François I*» à la couronne impériale. A force d'intri-
ries habilement conduites par sa tante Marguerite, force d'argent fourni par les banques allemandes, Charles l'emporta sur son rival. Cette élection fut une affaire d^argent : sauf l'électeur de Saxe, opposé à l'Autriche, et l'électeur de Trêves, noble chevalier allemand qui voulut rester les maint nettes, le reste était à vendre. Aussi, après avoir confié la régence de l'Espagne à Adrien d'Dtrecbt, su gagner Henri VIII d* Angleterre et son ministre Woisey, Charles se rendit à Aix-la-Chapelle, où il se fit couronner le 23 octobre 1530. « Cet empereur de vingt ans, dit Michelet, oui, dans ses faiUei bras, prenait la moitié de l'Europe, faible pour gouverner, fut fort pour étoufier. On avait fait m monstre : l'Espagne et TAllemagne, collées l'une sur l'autre, et face contre face, Torquemada contre Luther. »
Depuis trois ans, l'Allemagne était agitée par les prédications de Luther. Charles-Quint, voulant mettre fin à ces troubles religieux, d'accord avec le pape Léon X, convoqua et présida la diète de Worms qui condamna le réformateur, et enveniaM les querelles théologiques (V. Réforme), L'ambition de l'empereur et les provocations de F^rançois I** ne tardèrent pas à allumer la guerre ; elle éclata, en 1521, sur trois points à la fois : en Navarre, où les Français furent repousses ; dans le