‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 31 sur 562 · I. - PLAN OU COURS · texte numérisé non relu

I. - PLAN OU COURS

Notions prttlmlnaires. —L'enseignement de l'a griculture a eu autrefois de nombreux détracteurs ; il n'en a plus aujourd'hui. On comprend partout que l'agriculture est une industrie semblable aux autres, et que pour elle, comme pour toutes les industries, la science professionnelle, obtenue par un bon enseignement, est la condition indispensable du succès. Aujourd'hui ^ue chaque pays est un marché ouvert aux produits de toutes les nations, que les besoins de la consommation vont sans cesse en grandissant, la nécessité de produire davantage se fait de plus en plus vivement sentir. Ce résultat ne peut être obtenu que par la diffusion des notions positives sur les conditions de la production animale et de la production végétale. Pour être bon^agriculteur, il faut beaucoup savoir : c*est parce que les exploitants du sol savent encore bien peu de chose, et ne comprennent pas toujours la nécessité de s'instruire, qu'il n'y en a qu'un petit nombre sachant s'affranchir de la routine.

La science de l'agriculture est une science complexe. Elle emprunte aux sciences naturelles, aux sciences physiques, et même aux sciences mathématiques, les bases sur lesquelles elle s'appuie.

A6RIGULTUER

AGRICULTURE

Elle met en œuvre leurs découvertes, elle les applique aux faits pratiques de la production. Son enseignement doit supposer acquis par les élèves les principes fondamentaux de ces sciences. Il en est l'application dans la vie rurale. L'enseignement de Tagriculture, soit dans les écoles normaies, soit dans les écoles primaires, doit donc être d'abord subordonné à l'enseignement des principes généraux de ces science», le suivre oa au moins raccompagner. , ,

D'un autre côté, dans un pays aussi vaste que la France, où les régions extrêmes se distinguent par des cultures très-différentes, renseignement de l'agriculture doit, en dehors des principes sénéraux, s'appliquer surtout aux circonstances locales. C'est ainsi que dans le Nord et dans TOuest on donnera plus <f extension à l'étude du bétail et des cultures industrielles, dans le Midi on parlera surtout de la vigne et des autres cultures spéciales à cette région. C'est l'babileté du maître que de savoir approprier son enseignement aux besoins de ses élèves.

L'enseignement pratique doit ici avoir une large

Place. Dans ce but, un Jardin doit être annexé à école, et le maître doit y donner des exemples de culture faite sur une faible étendue, mais se rapprochant autant que possible des conditions de la production ordinaire. En outre, par des promenades spéciales faites au point de vue agricole, il expliquera à ses élèves, soit dans les champs ou les prairies, soit dans les bâtiments de fermes, au besoin avec l'aide des agriculteurs, les causes du succès ou de l'insuccès de telle récolte, les moyens de se débarrasser de tel ennemi des plantes ou des animaux, etc. Mais ici l'instituteur doit procéder avec beaucoup de tact ne s'appuyer que sur des faits et des exemples bien choisis, pour ne pas éveiller l'esprit de défiance si prompf à naître dans les campagnes, soit contre des innovations qui paraissent facilement trop hardies, soit contre des théories que Ton comprend difficilement.

Enfin, un excellent moyen de répandre dans Tesprit des élèves de saines notions sur les choses agricoles, c'est de diriger l'enseignement général dans ce sens au moyen de dictées, de lectures, de problèmes appropriés. Les vériubles principes de l'agriculture s'introduisent ainsi sans fatigue dans l'esprit des élèves. L'enseignement c^ui réussit le mieux est souvent celui qui prend ainsi la forme la plus simple. L'instituteur peut, sans efforts didactiques apparents, faire de cette manière une grande partie de l'éducation agricole de ses élèves.

Programme détaillé du Cours. — Après ces aperçus généraux, il faut donner le programme du cours d'agriculture, tel qu'il doit être fait aux élèves des écoles normales. Un très-bon programme a été publié en 1867 par le ministère de l'instruction publique. C'est celui qui sera adopté ici, avec quelques modifications.

Ce programme est divisé en un certain nombre de leçons. Chacune de ces leçons forme, en quelque sorte, une unité, à laquelle se rattacheront Î)eaucoup de détails qui trouveront leur place dans e développement du cours, mais qui ne peuvent être indiquées dans un programme sommaire. Celui-ci doit, avant tout, indiquer l'idée générale de l'enseignement.

Voici ce programme :

V leçùn. — Sol. — Défloition et propriétés des terres arables. — Classification des terrains. ~ Notions sur la fertilité. — V. Terres arables^ Bégions agricoles. Culture,

2* leçon. — Chimie agricole. — Développement des végétaux. — V. Chimie aaricote^ Climat.

Z* leçon, — Engrais et amendements. — Engrais

animaux, végétaux et minéraux, — Fumiers. —

Causes de l'efficacité des engrais. — V. Engrais et

a*npndements .

4« leç<m. — Préparation du sol. — Défoncements.

— Labours. — Desséebenenla. ^ Drainage. — Irri-

Î;ations. — V. Labours ^ Drainage, Esmaern^ricoUs, rrigations. Inondations, S* leçon, -^ Instruments de culture. — V. Instruments aratoires et machines aoricoles»

6* leçon. — Culture des céréales. — Blé. — Avoine. — Orge. — Seigle.— Sarrasin. — Semailles.

— Entretien des récoltes. — Moisson. — Battage.

— Conservation des récoltes. — V. Céréales, BU. 7« leçon. — Plantes légumineuses de graode

culture. — V. Plantes légumineuses,

8* leçon. — Plantes industrielles. — Pommes de terre. — Betteraves. — Lin. — Colza. — Houblon, çtc, — V. Plantes industrielles, Pommes de terre.

9* leçon. — Culture des plantes arbustives. — Viçnes. — Mûriers. — Oliviers, etc. — V. Plantes arbustives, Arboriculture, Vigne,

10* l^çon. — Fourrages. — Prairies permanentes et artificielles. — V. Prairies.

11* leçon. -^ Assolements. — \, Assolements.

12* leç^n. —Systèmes d'exploiutlon .— Fermage.

— Métayage. — V. Exploitation {Systèmes cf). 13* leçon. — Le bétail. — Conditions générales

de la production animale. — Hygiène des animaux domestiques. — V. Animaux domestiques, Itétnil.

H« leçon, — Principales races d'animaux domestiques. — Espèce bovine. — Espèce chevaline. V. Bœuft Cheval, Ane.

15* leçon. — Espèce ovine et capirne. — Animaux de basse-cour. — V. Ruminants, Mouton- Chien, Porc, Basse-cour.

16* /tfpon,— Vers àsoie.— Abeilles. — V. Apiculture,

n* leçon, — Comptabilité agricole. — V. Comp. tabiliti agricole,

18* leçon. — Constructions rurales. — V. Cont- (ructions rurales.

19* leçon, — Jardin potager. — Jardin d'agrément. — V. Jardin,

20* leçon. — Notions élémentaires sur rexploitation des forêts. — V. Arboriculture, Forêts.

21* leçon.— Ennemis de l'agriculture.— Animaux et végétaux. — V. Animaux nitibibfes. Insectes, Coléoptères, Phylloxéra, et les articles du cours de Botanique consacrés aux familles végétales contenant des plantes nuisibles.

22« leçon. — Mesures agraires. — Comparaison des anciennes meéures et des mesures métriques.

— Vente des denrées agricoles. —V. Système mi' trique. Comptabilité agricole.

Il est un point sur lequel il sera nécessaire (^ne le maître insiste. L'agriculture est une industne. Comme toute industrie, elle a pour but de produire le plus de valeurs avec le moins de dépenses qu'il est possible. Toute spéculation oui n'est pas conçue et exécutée dans cet ordre d'idées est une spéculation fausse, qui ne peut amener que la déception. La conséquence naturelle à tirer de ce principe, c'est que l'agriculteur doit surtout s'inspirer des circonstances du milieu dans lequel il agit. L'application des lois de la production est subordonnée aux circonstances de localités, de débouchés, de voies de communication, qui indiquent à l'agriculteur, dans chaque région, dans quelle ▼oie il doit marcher. L'enseignement n'a pas à intervenir ici ; il ne peut ni provoquer, ni modifier ces circonstances ; il doit, au contraire, se guider •or lemr étude attentive.

Lés dnq premières leçons du cours d'agricoItufO sont les leçons fondamentales. Elles embrassent l'étude du sol, les lois du développement des végétaux, des amendements et des engrais, celle m travail agricole, dans ce qu'U y a de plus général. Elles doivent être enseignées partout de la même manière, avec le plus grand soin, parce quelles sont la base même de la vie agricole. On peut en dire auunt de la onzième leçon qui se rapporte aux assolements, de la douzième qui est consacrai

AGRICULTURE

AGRICULTURE

vi\ swiikmes d^exploitation du sol, et de celles qui en: 1^ béuil pour objet.

Qasnt aux leçons qui se rapportent d'une mapièrf «pédale à des ealtnres déterminées, c^est au ffiiltre à choisir, parmi ces cultures, celles qui sont plas spécialement répandues dans le département 00 il enseigne. C'est par Tobsenratlon des faits oui rcatonreot qu'il apprendra quelles sont les parties de cet enseignement qui conYiennent le mieui à seséièics.

jiftm à oolifliiltar. — Quels sont les liTres qui serait le plus appropriés pour l'enseignement de i'i^coltnref II existe un grand nombre de lirres tgricoles ; comme dans toutes les sciences, il en est de bons, il en est de médiocres, il en est de mioTais. Pour chacune des leçons, on indiqcen les ouYraffea spéciaux ayant pour objet le toi^ tnité. Ici u doit suffire de désigner les traités gésâraux qui sont unanimement reconnus cmme (aisant autorité. C'est d*abord le Cours da^rimlture de Bf . le comte de Gasparin (6 toIua^ in-r), le TraUi élémentaire dTagrtcuUure d^ MM. Girardin et du Breuil (2 Tolomes), le Bon firmier^ par Barrai, le Livre delà ferme et des mai' t.Hsdeeampaonej par Joigneaux (2 volumes), l'ffncsdojddie de rAgrtctUtettr, par MoU et Gayot ( 1 3 tohiii^iQ^).Dans un grand nombre de départements, flâné pablié des trtutés d'agriculture spécialement tpimpriés aux conditions locales; quelques-uns n3t boni^ mais beaucoup sont incomplets et surtout entêté iahs à un point de vue trop empirique.

Ea dehors de ces liTres, il faut étudier, pour bien compraiàre le mouTement agricole, pour s'initier un cooptions de la production, VÉconomie rurale i* bi Fronce, de M. Léonce de Lavergne, véritable tab1f4i de l'agricoltare française au xix* siècle. Qoe VwM s*éitoniie pas de nous voir recommander id éei oiTiaees de longue haleine qui paraîtraient an-desudeTenseignement élémentaire de l'école. Pov bien ensei^er, il faut beaucoup apprendre, a si Imsiitotenr n'approfondissait pas les prindpet qa'fl doit donner à ses élèves, il courrait risqw de ne leur inculquer que des notions vagues, et tn^p rite effacées. [J. A. Barrai.]

n.- PROGRAMMES OFFICIELS DE PAYS ÉTRANGERS ACTBICBI. ÊOOLBS HORMALBS D'mSTITUTKUSS. --

U^cnltors ne s'enseigne oue dans les 2 classes npérienres de l'École normale.

3*adfie(2 heures). Notions générales d'économie sociale et oonsiaérations plus spéciales relatives à la production agricole et sylvicole. Élève du bétail : le bcenf, le cheval, le pent bétail ; principes de physiolo^e. Notions ^nérales de pisciaUtare, de sérictcolture et d'apiculture, avec exerckes pratiques en dehors des heures de leçons.

4* datte (2 heures). Connaissance du sol ; étude des eoodttions du sol dans la monarchie austro-hongroise; climatologie ; théorie des engrais et de leurs npports avec la structure des plantes ; ustensiles écoles ; cnltore des céréales, des plantes fournira et tuberculeuses, culture des arbres firuitiers. uerdce pratique dans le jardin de l'école en dehors des oenres de leçons. (Ordonnance minist. 19 ioiUet \m.)

fOBTUGAL. ÉCOLES NosMALB. I. — L'agriculture et ses divisions. Petite et grande culture.

H» ^ Atmosphère et instruments qui en font coonahre l'état. Influence des climats sur les cultores. Expositions et abris.

m. .. Eau et leur origine. Modes dirrigation. AMéchement et drainage.

IV. — Organes principaux dos plantes. Plantes uunentaiTes industrielles, annuelles, bisannuelles «nTices.

V. -^ Tenains : leur nature et leurs différentes V'^'Pn^tés phvsiques» en relation avec les princi- BU geores de culture.

VI. ^ Engrais minéraux, végétaux, animaux* Leur emploi selon la nature du terrain et des cal» iures. Moyen d'obtenir et de préparer les engrais. Travaux et instruments agricoles. Principales différences ; usage et avantages de ces instruments.

VU. ^ Prairies naturelles et artificielles.

Vin. — > Animaux domestiques utiles à l'agriculture. Espèces bovine, chevaline, ovine et porcine. Volailles, vers à soie, abeilles.

IX. -^ Culture de la vigne. Arbres fruitiers, et arbres dont le bois est propre aux constructions ou utile comme combustible.

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