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CHIMIE AGBICOLE — 408 - CHIMIE AGRICOLE

miste fait toutes sortes de combinaisons ; il mêle différentes matières pour les disposer les unes par les autres à manifester leurs qualités essentielles. (Daubenten, première leçon à TEcole normale, établie par U CoBrenlion, 6 pluTiOse an HI. Séances des écoles normales^ tome I.)

Le rôle de la chimie dans la nature, — II y a une chimie naturelle indépendante de l'art; la nature l'exerce par le moyen des différentes substances que l'air transporte, que l'eau charrie, et que la chaleur TolatUise, calcine et vitrifie. Le laboratoire de la nature est aussi étendu oue la région des nuages et que le globe de la terre; il est dans son sein, dans la profondeur des mines, sous les eaux des fleuves et de ta mer, et dans les gouffires des volcans.

La nature travaille en secret et, à l'aide du temps, elle décompose les pierres ; elle Iprme des sels minéraux; elle les détruit et les recompose par lee différentes propriétés de ses agents. Le naturaliste observe leurs différents états et leurs diven effets ; mais la plupart de ces agents sont cachés et leur action est trop lente pour être aperçue. Le chimiste est plus prompt dans ses procédés^ lonqu'il peut employer des agents plus puissants. Quelquefois il imne les opérations de la nature sans les connaître. On faisait le kermès mi- ■éral et le blende Prusse^ longtemps avant que l'on eût découvert qu'ils étaient formés naturellement dans le sein de la terre en Toscane et en Sibérie.

D'autres fois les chimistes, après avoir décomposé un corps, parviennent à le recomposer avec les mêmes substances qu'ils en ont tirées. La mine d'argent vitreuse donne, par l'analyse, du soufre et de l'argent; on fait une nouvelle mine d'argent vitreuse, en mêlant du soufre avec de l'argent en fusion. On réduit l'eau en hydrogène et en oxygène : avec de l'hydrogène et de l'oxygène on fait de l'eau ; ces opérations paraîtraient inci<oyables sans la confiance que méritent les célèbres auteurs. (Daubenton, tbid,)

CHIMIE AGElCOI/E. — Aericulture, II. — « L'étude de la physiologie végétale fait connaître les substances dont les plantes sont formées. C'est dans l'atmosphère et dans le sol qu'elles puisent ces substances, c'est donc U qu'il faut en rechercher l'existence. Dans l'atmosphère les plantes trouvent l'adde carbonique qu'elles décomposent en s'emparant de son carbone et dégageant son oxygène, l'eau à laquelle elles prennent son hydrogène, l'asete pur ou sous forme d'ammoniaque ou d'adde nitrique. Les racines des plantes absorbent de leur cêté des éléments semblables dissous dans l'eau mêlée au terrain, et d'autres éléments fixes qui ne se trouvent que dans le sol. La variété de ces combinaisons, leur état complexe exigent une étude spéciale ()ui est une des principales brandies de toute science agricole. » C'est dans ces termes que le comte de Gasparin a parfaitement défini le rêle que la chimie est appelée à jouer dans la. science agricole. Elle réunit les observations faites sur les conditions de la production végétale ou animale, elle étudie la composition des produits de la végétation et celle des sols qui les ont fournis, elle tire de ces observations et de ces études les principes des lois qui servent de > base à la production ; comme conséquence dernière, elle suggère des méthodes perfectionnées qui ont pour but ou d'améliorer le sol ou d'accroître la production. Ces quelques explications suffisent pour faire comprenm'e le grand rôle que la chimie est appelée h Jouer dans les sciences agricoles. C'est dans le dernier demi-siècle que ce rôle s'est particulièrement dessiné après les travaux de plusieurs savants parmi lesquels MM. Bousftingault, Cfaevreul, Dumas, en France, et liebig, en Allemagne, ont occupé ou occupent encore "le premier rang. Aulourd'hoi l'agriculture doit

à la chimie d'être sortie de la routine, de pouvoir diriger ses cultures de manière à obtenir le plus erand rendement possible de bons produits; c'est à elle aussi qu'on doit la connaissance des causes de la fertilité du sol et de la valeur des substances employées comme engrais ou anoienâements. U n'y a pas de témérité à ajouter que H diinde fournira encore dans l'avenir de nombreux éléments de progrès nouveaux, car le voile qui cachait les lois de la production comnaenee seulement à être déchiré.

On sait que les végétaux sont des ooips vivante et organisés, tandis que le sol qui les porte ap-

{lartient au monde inorganique. On sait aussi que es substances organiques soumises à l'aetion de la chaleur sont plus ou moh» rapidenaent brûlées et disdpées sous forme de gaz dans l'atmosphère, tandis que le eamctère des substances inorgai^ques ou minérales est de demeurer Axes sovs l'actioD de la chaleur. Si l'on soumet à Taction du feu des végéuux d'une part, et une certaine quantité de terre arable, c'est«-à-dire de la couche superficielle où plongent les racines, d'autre part, on constate que ces deux substances renferment des matières organiques et des matières minérales, mais en proportions bien différentes. La pins grande partie du végétal est formée de matière organique ; les matières minérales n'y entrent que pour une très faible proportion. Dans la terre arable, au contraire, la matière organique arrive rarement à la proportion de 10 p. 100 ; la matière minérale forme la plus grande partie de la masse, . La partie organique des plantes est formée par . des combinaisons variées de quatre corps simples: ^ carbone, hydrogène, oxygène et azote. Elle forme, quand la plante est à l'état sec, 85 à 99 p. 100 du

Soids total, suivant les plantes. Pour pénétrer ans le végétal, ces quatre corps simples y entrent, pour la plus grande part au moins, sous forme de combinaisons diverses. Le carbone est absorbé principalement sous la forme d'acide carbonique, l'oxygène et l'hydrogène sont absorbés sous forme d eau, l'azote pénètre dans la plante sous forme d'ammoniaque ou d'acide nitrique. La plante absorbe ces combinaisons, les décompose a l'intérieur des nombreux vaisseaux qu'elle renferme, et recombine leurs éléments dans des proportions différentes, de manière à former de aoavelles combinaison^. C'est sous l'action de la respiration par les organes aériens de la plante que se produit ce mouvement continu d'absorption dans le sol par les racines, et dans l'air par les feuilles et les autres parties de la plante. Les principes immédiats ainsi fwmés dans les végétaux sont entre autres :

La cellulose, qui constitue les parois aes cellules, une grande puûe de la substance du bois, de la paille, du foin, etc. ;

Les fécules, les gommes, les mucilages, le sucre de canne et le sucre de raisin ;

Des matières grasses liquides ou solides, des dres, des huiles et des résines ;

Le gluten-, l'albumine, la caséine. Ces trois dernières substances contiennent de l'azote, tandis que les autres n'en contiennent pas ; aussi les appelle-t-on substances azotées, ou composés quaternaires; leur rôle est capital dans la vé^tation. Ce sont elles, en effets qui, d après les faits observés par la science, provoquent les changements variés qui se produisent dans la sève do la plante et dans la contexturo de celle-ci aux différentes époques de la végéution.

Il faut examiner maintenant la partie inorguil' que des plantes. Cette partie forme à la combustion le résidu désigné sous le nom de cendres. L& quantité de cendre fournie par les plantes Tsrie suivant la nature de celles-ci, suivant les parties qu'on examine, racines, tiges, feuilles, fleurs^

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