GODES
doulenr, 8*ôcria-t-il, que ces ariens possèdent ane
Partie des Gaules. Marchons contre enx, et, aTec aide de Dieu, emparons-nous de leur terre, car elle est bonne. » Le seul motif religieux eût sans doute touché médiocrement les guerriers francs, mais Tappàt d*ane riche conquête les décida. Ils répondirent par des acclamations brujrantes, et, quelques Jours après, CIotIs, renforcé par des contingenu npuaires et bon nombre de Gallo-Romains, franchissait la Loire et pénétrait dans le pays wisleoth.
En traversant la Touraine, il faisait respecter scrupuleusement les terres de saint Martin. Le concours empressé de l'Église, des miracles éclatant en sa faveur, le récompensèrent. La tradition enregistre le passage de la Vienne et le gué indi-
3ué par une biche de taille gigantesque, le globe e feu apparaissant au faite de Téglise Saint-Hilaire de Poitiers et guidant dans la nuit la marche de Tarmée franque. Si l'on traduit en faits positifs ces récits légendaires, on y voit que les avis, les signaux, les renseignements de toute sorte ne manquèrent pas à Clovis. Trahis de tous côtés, menacés par une explosion de la haine qui grondait partout contre eux, les Wisigoths déconcertés reculaient devant Tinvasion. Clovis, en se portant sur le Clain et en coupant ainsi leurs communications, les obligea à livrer bataille. Dans les plaines de Veuille, Alaric II Ait vaincu et tué.
Aussitôt Tannée franque se répand sur le territoire wisigoth et déborde de la vallée de la Loire dans celle de la Garonne. Clovis lui-même 8oum«*t cette partie du pays, pendant que son fils Thierry traverse la région montagneuse du centre et débouche dans la vallée du Rhône. Mais les Wisigoths, incapables de tenir en rase campagne, essayèrent de sauver les débris de leur puissance en combattant derrière des remparts. Les Francs étaient peu experts dans Vart de faire les sièges. Clovis fut repoussé devant Carcassonne. Son fils ne put venir & bout de prendre Arles : une armée d*Ostrogoths , conduite par Texcellent général Ibbas, accourut d'Italie et lui flt éprouver une sanglante défaite. Théodoric le Grand se décidait k intervenir en faveur de son petit-fils, héritier du malheureux Alaric II. Clovis, averti par ces échecs, traita avpc Théodoric et laissa aux Wisigoths le pays appelé Première Narbonnaise. Le reste de i*ancien territoire d* Alaric II Ait organisé et confié à des comtes francs.
Des trois peuples barbares qui se disputaient, en 481, la domination de la Gaule, les Burgundes avaient perdu tout prestige et étaient tributaires, les Wisigoths étaient presque rejetés de Tautre côté des Pyrénées, les Francs l'emportaient décidément. Mais les vainqueurs restaient divisés, et Clovis, malgré l'ascendant que lui avaient procuré ses succès, n'était que le chef des Salions do Tournai. Il voulut commander à toute la nation et rétablir ainsi à son profit limité politique de la Gaule. Les rois francs, presque tous ses parents, étaient autant d*obstacles à ses projets. Il se débarrassa de tous successivement par un mélange de ruse et de violence qui montre bien qu'en se convertissant au christianisme, il ne s'était pas converti à la civilisation. A Cologne, il fait tuer le père par le fils, le fils par ses envoyés. A Cambrai, il se fait livrer Raêiachaire par les leudes, gu'il triche ensuite sur la récompense promise, hararic, roi de Thérouanne, est fait prisonnier avec son fils. Il les fait tondre et ordonner prêtres. Le Jeune prince s'indigne et menace : « Les branches ont été coupées d'un arbre vert et vivant, il ne séchera point et en poussera rapidement de nouvelles. » Clovis, instruit de ces propos, se débarrasse de toute inauiétude et les met à mort tous les deux. Ensuite il se répand en hypocries protestations de regret : « Malheur à moi qui
suis resté comme un voyageur pamii des étrangers, n'ayant pas de parents qui puissent me secourir si radversité venait I » — « H parlait ainsi par rase, ajoute n^vement Grégoire de Tours, et pour découvrir s'il avait encore quelque parent, afin de le faire tuer.
« Toutes ces choses s'étant passées ainsi, Clovîs mourut à Paris, où il fut enterré dans la basilique des Saints-Apôtres, qu'il avait fait lai-mèiiie eonstruire avec la reine Clotiide (581). » Barbare, il avait compris les avantages d'une alliance avec l'Église. U la servit et fut servi par elle. Comme autrefois Constantin, il fit do la religion un instrument de pouvoir, mais comme lui aussi il ne se soumit pas lui-même dans sa conduite à la nouvelle loi morale qu'il venait d'admettre, et il conserva du barbare la brutalité et la perfidie.
[Maurice Wabl.]
CODES. — Législation usuelle, VI-X. — Historique, — Le mot Code a été emprunté par la législation moderne au droit romain. En droit romain ce nom fut donné aux recueils des constitutions et des réécrits des empereurs. Les plus importants de ces recueils sont : le Gode Théodosien publié en 43 par Théodose le Jeune, et comprenant les constitutions des empereurs chrétiens depuis Tan 813, c'estnà-dire depuis la septième année du règne de Constantin ; le Gode de Jnstinien, rédigé par ordre de cet empereur, et contenant les constitutions promulguée par lui et par ses prédécesseurs (53(V-5H). Sons l'ancienne monarchie française, les furisconsultes ont appliqué cette même dénomination à des ordonnances ou à des recueils d'ordonnances des rois de France ; c'est ainsi qu'on a appelé Code Michau la grande ordonnance de 162i), rédieée par le chancelier Michel Marillac, et qui toucnait à presque toutes les matières du droit, droit civil, droit commercial, droit criminel, droit ecdésiastiqne ; Gode Louis, l'ensemble des ordonnances du règne de Louis XIV ; Code Noir, l'ordonnance de 1685, relative au régime, à la police et au commerce des nègres dans les colonies flrançaises. Dans le langage moderne, le mot Gode désigne un ensemble de lois réniries en un seul corps et statuant d'une manière complète sur une ou plusieurs matières du droit.
2. Avantages de la codification, ^ La rédaction des Codes actuels, qui forment la base principale de notre législation, a constitué un pro^^ considérable. Les prescriptions législatives, réunies en un seul corps et dans un ordre simple, ont acquis une
Précision et une netteté qui en rendent l'étude et application faciles. Il ne faudrait pas croire cependant que cette codification soit une œuvre complète ; la législation de notre pays se compose* outre les Codes, d'un nombre de lois très considérable ; il est toute une partie du droit fort importante, le droit administratif, oui n'a Jamais été codifiée, et dont il faut chercher les éléments dans des lois datant de diverses époques, éparses dans les recueils officiels.
3. Code civil; sa rédaction, — Le premier en date de nos Codes modernes et le plus important est le Gode civil, qui traite des principales matières du droit privé : l'état des personnes, les biens et la propriété,les diflférentes manières d'acquérir,les obligations, et les diverses espèces de contrats. Le Gode civil a réalisé en France l'unité de législation vers laquelle depuis le xv« siècle les plus grands esprits avaient aspiré, et que les ordonnances des rois depuis François I«' avaient vainement tenté ' de réaliser. La persistance du droit romain dans ceruines parties de la France, la diversité des coutumes, les résistances des parlemente, créaient un obstacle absolu à l'unité législative. Lorsque l'Assemblée constituante eut définitivement établi l'unité politique, il devint possible de donner à la France une législation uniforme. La Constitution