Savoir. Donnez les temps primitifs de ce verbe (l point
4. Il est sut' la paille. Remplacez cette expression par une autre équivalente (1 p.)*
5. Je me lève doux heures plus tôt. Justifies l'orthographe de plus tôt dans cette phrase (1 point).
0. Je me léve^ je pui^ céder, si je possédais. Quel accent mettez-vous sur Ve qui précède la terminaison de chacun de ces verbes? Dites- en la raison (1 p.).
7. S'aider Vun Vautre, Quelle différence y a-t-îl entre Vun Vautre et Vun et Vautre ? Employez ces expressions dans deux phrases à votre choix (2 p.;
8. Qui eût brûlé. Justifiez l'emploi du mode et du temps de ce verbe (1 p.).
Rédaction» — Lettre (30 points).
Racontez à un ami qu'à la distribution des prix de votre école vous avez reçu votre récompense dos mains de votre grand-père. Émotion de ce digne vieillard; bonheur de vos parents. Bonne résolution pour l'avenir.
(L'étendue de la lettre devra être de 25 lignes environ).
Géographie i^\b points).
1. Tracez la carte do la Flandre occidentale en y indiquant : l*" les limites; 2*> la direction de deux cours d'eau et de quatre canaux ; 3* la situation des villes principales et 4* les chemins de fer qui aboutissent au chef- lieu de la province (7 points;.
2. Faites connaître, en outre, Taspect général de cette province ainsi que ses productions naturelles et ses principales industries (4 p.).
8. Nommez les pays baignés par la mer du Nord, les capiules de ces pays, et, s'il y a lieu, les fleuves sur lesquels celles-ci sont situées (4 p.;.
Calligraphie (20 poinU).
Ëcrivei, en reproduisant la phrase suivante, une ligne en eros, deux lignes en moyen, et trois lignes en in :
« La parole est sans Houte le plus grand avan- « tage qui ait été résen é à l*homme, mais l'écri-
<r ture nous en a procuré un qui n*est guère moin% a précieux, celui de transmettre aux absen:fv « l'expression de nos sentiments divers, d'entrer « avec eux en communication de pensées, d'intc- « rets, d'affections. »
Ajoutez l'alphabet des lettres majuscules et les chiffres.
II. — ÉPREUVES DU CONCOURS CANTONAL DU DÉPAR- TEMENT DE SEINE-ET-MARNE, 1876-1877.
Nous donnons les sujets de la r* et de U 2* catégorie.
a* oatègorie {élèves de 12 â 13 ans),
!"• épreuve : dictée.
Le besoin et la satisfaction. — Ponrc^uoi l'homme travaille-t-il? Pour satisfaire set besoms, dont le plus impérieux est de vivre. Tous les êtres animés possèdent l'instinct de la conservation, et tous emploient la plus pande partie de leurs forces et de leur temps à le satisfaire en pourvoyant à leur subiiisunce, depuis l'araignée oui tisse « toile et attend le moucheron, jusqu'à rhirondellp qui poursuit et happe l'insecie au vol, depuis la biche qui va cherchant les meilleurs pâtarages de la forêt en tondant l'herbe et les jeunes pousses, jusqu'au lion qui rode et s'apprête à surprendre sa proie. L'homme ne fait pas exception à cette loi. Lui aussi, dans l'état sauvage il guette sa proie une partie du jour, et il va cherchant les fruits et les racines de la forêt propres à le nourrir. Mais son intelligence supérieure lui apprend qu'il peut, dans certaines limites, soumettre la nature a sa volonté, et qu'il lui est plus profitable d'employer son temps à produire lui-même, ou à diriger la production des choses dont il a besoin, qu'à récolter les choses que la nature produit spontanément. Dès qu'il entre dans cette voie, la civilisation commence, et les phénomènes économiques se produisent. Or, il est bon de remarquer qu'on n'a jamais vu de tribu de sauvages, tout grossiers qu'ils étaient, qui n'y fût déjà quelque peu entrée.
2* épreuve : calcul.
Un fermier a acheté 35800 kilog. de foin pour nourrir 27 têtes de bétail pendant i6S jours d'hiver. Après 42 jours de consommation, son bétail s'accroît de trois têtes. Combien lui faudra-t-il encore acheter de fohd s'il ne veut pas diminuer la ration ?
On a creusé une cave ayant 1S"2S de longueur, 6-50 de largeur et 2*70 de profondeur. Les déblais ont été enlevés à la brouette à raison de O^'IS le mètre cube, et le creusage a été payé 1*^40 le mètre cube. Combien doit-on pour ce travail T
8* épreuve : histoire et géographie.
Racontez le règne de Louis XI depuis 1461 i 1483. ^ ^ ,
Traces le réseau des chemins de fer de Seine-et- Marne en parUnt de Paris et indiques les principales localités du département desservies par les lignes, en donnant quelques détails géographiques sur chacune de ces localités?
4* épreuve : style,
TTatons pas honte d'avouer nos fautes. — Paul, Jeune écolier, a apporté en classe des hannetons qu'il a lâchés; grand tumulte parmi les élèves. L'instituteur demande que le coupable se dénonce. Paul n'ose pas le faire. Toute la classe est punie.
De retour chei lui, Paul écrit à son maître. Il se reconnaît comme Tauteur du méfait. Il dit combien
CONDIMENTS
CONDIMENTS
II •'«D repont et dttmande qn*OD l«i inflige une forte pnnilion, et aii*en même temps aes camtraécH soient exemptés de la punition générale dont la classe a été frappée. ïi promet qu'à TaYonir il ne lui arrivera plus Jamais, s'il a le malheur de commettre quelque faute, de la dissimuler.
1" otttègoTle : élèves de U mu révolus.
Style, — Sarratiim.
Lb cBaisisR DU GRAND FrAdAric. — Frédéric II, roi de Prusse, aimait passionnément les cerises. Aussi, bien que le climat de la Prusse se prêtât mal à c(?tte culture, il ne négligeait rien pour faire poussât des cerisiers dans son Jardin de Potsdam. Lursque les arbres fui«,nt en plein rapport, les moineaux fondirent sur les fruits. Colère du roi, qui leur fait faire une chasse d'extermination. Résultat contraire à ce ou'on attendait : les cerisiers ne produisirent rien 1 année suivante et même plusieurs années de suite. Frédéric s*aperçoit de futilité des moineaux, fait cesser la chasse et se contente de placer des épouvantails.
A l'occasion de ce récit, on démontrera la nécessité de protéger les oiseaux utiles.
Calcul,
I. — Une personne schète une maison. Elle paie immédiatement pour frais de contrat et autres 14''60 0/0 du prix principaL Au bout de 3 ans 6 mois, elle paie le prix principal et ses intérêts à raison de 5 0/0 et elle se trouve ainsi avoir déboursé en tout 20 658 francs. Quel était le prix net de la maison?
II. — Le mille marin vaut une minute ou la soixantième partie d*un degré. Combien de mètres ▼aut-ilT
m. — Déterminer : 1* le volume^ 2* la valeur d'une barre de fer pesant lOi^'746'r, la densité euot 7,788 et le quintal valant 78 francs?
CONDIMENTS. — Hygiène, IX. — On peut regarder comme absolument synonymes les mots condiment et eutsaisonnement : Tun et Tautre in- ! diquent dee substances que Ton emploie surtout pour augmenter la sapidité des aliments. Quelquesuns n*agis8ent que sur l'appareil nerveux à titre de stimulant : tels sont les aromates, les essences ; d'antres, comme le sel, remplissent en outre des fonctions très importantes dans l'économie et rentrent dans la catégorie des aliments. Le sucre, Thuile, sont surtout des condiments alimentaires.
Les condiments sent simples ou composés. Dans la première classe on distingue des condiments salins, acides^ sulfureux, aromatiques, aromatico- ^cres, sucrés et gnts. Les condiments composés peuvent varier à l'infini : citons seulement les anchois, le saucisson, le caviar (œufs d'esturgeon marines), la moutarde, les sauces en flacons.
Condiments salins. — Le ^e est le sel commun, substance qui existe naturellement dans tout notre corps et dont le sang contient une quantité notablo. n est iodispensable à la santé, et l'on estime qu'un homme se livrant à des travaux manuels a besoin d'en absorber de IS à 30 grammes par jour, pour remplacer celui qu'il perd dans le même temps. C'est le plus simple et le plus répandu des condiments, le seul indispensable. Il rend digestibles beaucoup d'aliments qui sans lui seraient en partie réfrac< aires. i
Il semble que le sel joue un rôle important dans U formation des globules du sang, car sa privation rend promptement anémique. S'il se trouve ' en excès dans l'économie, on en est averti par la I soif et l'irritotion de la gorge : il est bon alors de ! boire une assex grande quantité d'eau pour le di- ! luer et en provoquer la prompte élimination.
Dans les villes on emploie le sel blanc de prcfé- ,
î« Pabtii.
rence au sel gris, cependant celui-ci est plus •&• lubre, en raison mômo de son impureté» Le sel gris contient, en effet, de 2 à 7 pour 100 de sels de chaux et de magnésie, entre autres des bromores, des iodures, unis au sel pur (chlorure de sodium). Or ces substances sont très utiles, surtout lorsqu'il s'agit de prévenir ou de combattre le lymphatisme et la scrofule. L'emploi du sel gris naturel est donc bien préférable à celui du sel blanc, dont la couleur ne garantit point la pureté.
Condiments acides, — Les plus communément employés sont l'acide acétique, base du vinaigre, et 1 acide citrique, qui domine dans le jus de citron.
^ Le meilleur vinaigre est celui fabri()ué avec le vin; ceux de cidre et de poiré viennent ensuite; celui de bière est inférieur. Quant au vinaigre d'alcool, il est moins facile meot assimilable, par cela môme qu'il est trop pur ; ee n'est guère qu un acide aci^tique dilué. On vend souvent des vinaigres fabriqués avec de l'acide sulfurique additionné de substances sapides et odorantes ; ceux-là sont dangereux, de même que le vinaigre impur produit par la distillation du bois.
Les condiments acides excitent la salivation, animent l'appétit, produisent une sensation de fraîcheur arable : ils neutralisent ou masquent un commencement de décomposition des aliments et facilitent la digestion dos corps gras. Cependant ils ne sont utiles qu'en petites quantités ; leur usage ordinaire, même à dose modérée, offre des inconvénients. Pour peu que la dose soit forte, ils irritent l'estomac et, une fois absorbés, causent des troubles sérieux dans la nutrition, un amaigrissement accompagné de désordres souvent très difficiles à réparer. Les jeunes filles qui contractent la malheureuse habitude de boire du vinaigre pourse faire maigrir deviennent infailliblement victimes de maladies chroniques de l'estomac.
Ce que nous disons du vinaigre s'spplique au Jus de citron, au verjus, et en partie à 1 oseille qui est spécialement irritante.
Condiments soufrés, — Cette classe comprend un grand nombre de plantes appartenant à différentes familles (liliacées et crocifères) qui renferment des huiles essentielles piquantes, acres, très stimulantes, dans lesquelles la chimie découvre du soufre. Tels sont lail, l'oignon, l'échalotte, la ciboule, le raifort, le cochléaria, la moutarde, le cresson.
Au point de vue des convenances, des égards que l'on doit aux personnes avec qui l'on est en rapport, l'ail, l'échalotte et les autres liliacées qui causent une fétidité de l'haleine devraient être bannis du régime des gens civilisés. La sensualité peu délicate <]ui les fait rechercher n'est innocente qu'à la condition de s'isoler ou de ne se trouver en contact qu'avec des gens adonnés à la même habitude.
Le raifort et la moutarde sont des agents très actifs qu'il est bon de réserver pour les cas exceptionnels, afin de profiter à l'occasion de leurs propriétés stimulantes sans être obligé de recourir à des doses assez élevées pour produ&e l'irritation de l'appareil digestif.
Coft'Hments aromatiques, — Cette classe comprend une foule de plantes (labiées, ombellifères, lauracées, etc.) auxquelles on ne demande guère qu'un parfum agréable : tels sont le persil, le cerfeuil, la pimprenelle, le romarin, le serpolet, le thym, l'estragon, la vanille, la cannell6| le girofle, le seste, le citron, etc.
Condiments aromaticoâereê. — Ceux-ci contiennent des huiles essentielles abondantes et des principes très énergiques qui en font à la fois des aromates et des irritants : ce sont le poivre, le piment (poivre long], la noix muscade, le gingembre, la badiane, le laurier, etc.
Condiments sucrés, — Ce sont le sucre, la mélasse le miel, la glucose (sucre fabriqué avec
SI
CONDIMENTS
Tamidon), etc. Le miel est un mélange de sucre en deui états distincts (sucre de canne cristallisable et sucre de raisin incristallisabie), de mucilage et de cire, rendu aromatiaue par une faible quantité d'huile essentielle. Cette composition multiple le rend facilement digestible, en outre que le sucre s*y trouve en partie à l'éutincrisuUisable, état que doit prendre dans Testomac le sucre de canne pour être digéré. Pour transformer ainsi le sucre de canne, il faut une assez grande quantité de suc gastrique, de sorte que son ingestion en trop grande quantité donne lieu à des indigestions. Les condiments sucrés sont de véritables aliments, car Tamidon ne sert d*aliment, c^est-èrdire n*est brûlé ou assimilé, qu*après avoir été converti en sucre dans les organes digestifs.
Condiments gras. — En outre de leur emploi nécessaire comme aliment, les corps gras sont usités comme vériubles condiments, surtout lorsqu'une cuisson à haute température les a transformés partiellement en produits empyreumatiques plus ou moins &cres et odorants, comme il arrive quand on fait roussir le beurre.
Condiments composés. - Les caprices gastronomiques et les ressources de chaque contrée peuvent les faire varier àTinfini. On considère comme simples condiments un grand nombre de horsd*œuvre : anchois, caviar, saucisson, etc., mais les sauces en flacons et la moutarde sont les condiments composés les plus répandus.
Utilité et usages des conaimenis. — On dit avec raison que Tappétit est le meilleur des assaisonnements. Pour r homme qui vit dans de bonnes conditions hygiéniques et prend un exercice régulier, le sel est le seul condiment vraiment utile, pourvu toutefois qu'il dispose d'aliments suffisamment variés ; user de condiments dans ces circonstances, c'est chercher à surexciter les facultés digestivoB pour satisfaire non plus le besoin^ mais le plaisir de manger.
Mais il arrive souvent que, par suite de maladie, du manque d'exercice ou de mauvaises conditions hygiéniques, ou bien parce que la nourriture n'est pas assez variée, l'appétit n est pas en proportion des besoins du corps. Dans ces circonstances, manger à sa faim ne suffit pas et conduit à l'inanition. Il est donc utile d'éveiller le désir de prendre des aliments, et on y arrive en les rendant plus agréables, plus sapides, plus excitants, au moyen de condiments. Dans ce cas les condiments agissent surtout sur l'appareil nerveux. En flattant le goût et l'odorat, ils provoquent la sécrétion de la salive et du suc gastrique indispensables à la digestion, et produisent un efl'et tout différent de celui qui résulterait de leur ingestion dans l'estomac sous forme de pilule. Â ce point de vue leur utilité est incontestable ; elle varie d'ailleurs selon les tempéraments, les climats et l'habitude. On s'accoutume vite aux sensations du goût et de l'odorat, de sorte que pour produire chaque fois unfi excitation équivalente, il faut augmenter progressivement les doses d'excitants, pour peu que Ton se laisse aller à la sensualité ou que le manque d*appétit continue. Voilà ce qui conduit à user à Texees de substances condimentairos sans lesquelles la digestion devient impossible, mais oui finissent par agir comme des poisons irritants. Pour éviter ces dangers, alors que l'emploi des stimulants de l'appétit est indispensable, il importe de varier souvent les condiments afin de laisser aux organes le temps d'oublier, pour ainsi dire, l'impression causée par chacun, et de pouvoir le reprendre à très faibles doses»
Diderot disait : « Nous avons dans notre société deux ordres de personnes, les médecins et les cuisiniers, dont les uns travaillent sans cesse à conserver notre santé et les autres à la détruire, avec cette diiTôrence que les derniers sont plus
sûrs de leur fait que les premiers. » Gela
d'être vrai quand l'art du cuisinier consistera non pas à exciter lappétltpar des moyens factices, mais à le satisfaire par la préparation hygiénique des aliments. (V. Aliments.) [D' Saifray.]
CONDUCTIBILITÉ. — Physique, XIX. — Les physiciens donnent le nom de conductibilité (il serait plus logique de dire conduction) h la propriété dont Jouissent les corps do propager la cnaleur et l'électricité dans leur masse ou à leur surface et de les communiquer aux corps voisins.
A. Gonduotibilitè des oorps pour la dhaleur. ^ L'existence de ce mode de propagation peut être mise en évidence par une foule d expériences : la chaleur d'un poêle se fait rapidement sentir au dehors ; Teau bouillante que l'on verse dans un vase en rend la surface brûlante ; une barre de fer s*échauffe jusqu'à son extrémité alors même qu'elle ne plonge que peu dans un foyer, et malgré la précaution que l'on prend de placer un écran qui empêche la chaleur du foyer de rayonner vers la barre ; en un mot, lorsque la chaleur frappe on corps, elle est absorbée ; la surface du corps ft*échauffe, la température des portions intérieures s'élève peu à peu, réchauffement se fait couche par couche et avec une lenteur qui dépend de la nature du corps. 11 semble que la partie A devienne en quelque sorte une source de chaleur pour la parue B, celle-ci pour la suivante et ainsi de suite ; et tout se passe comme si la chaleur cheminait de la portion chauffée vers.rextrémité la plus éloignée en s'affaiblissant graduellement.
Les corps offrent entre eux des différences très grandes au point de vue de la conductibilité. On sait qu'un morceau de fer d'un décimètre de longueur, rouge à un bout, ne peut pas être tenu à la main par Vautre extrémité, tandis qu'on prend impunément un morceau de charbon très court dont une partie est en ignition. Une cuillère d'argent, en partie plongée dans un liouide chaud, est très vite chaude à l'autre extrémité, tandis que la chaleur ne se communique pas dans les mêmes circonstances à une cuillère de bois. On exprime ces différences en disant que l'argent et le fer sont bons conducteurs, que le charbon et le bols sont mauvais conducteurs.
1. Conductibilité des solides pour la chaleur. — Une expérience d'Ingenhousz permet de comparer les pouvoirs conducteurs des substances que Ton peut tailler en tiges cylmdriques. On fixe dans la paroi d'une petite caisse métallique en fer blanc ou en laiton plusieurs barreaux de même longueur et de même diamètre, mais de substances diverses : d'argent, de cuivre, d*étain, de fer, de zinc, de verre et de bois. On les recouvre d*une même couche de cire en les plongeant à la fois dans de la cire fondue, et on laisse refroidir. On remplit la caisse d'eau bouillante, et on voit la cire qui recouvre les barreaux fondre sur une étendue plus ou moins grande ; elle fond complètement sur l'arsent, le cuivre; elle fond à peine sur le verre et Te bois. La chaleur s'est donc propagée très inégalement dans les différentes tiges.
Cette méthode ne peut pas permettre d'étudier la conductibilité des étoffes et des matières filamenteuses qu'il est iinpossible de se procurer sous forme de baguettes. On la remplace par celle de Fourier. Qu'on imagine un vase conique en tôle dont le fond est une membrane mince, rempli de mercure dans lequel plonge un thermomètre. On pose ce vase sur le tissu ou la lame dont on yeut étudier la conductibilité et qui repose elle-même sur une caisse chauffée, et on consute Télévaiion du thermomètre. Eu opérant sur divers corps d'égale épaisseur, on peut comparer leurs pouvoirs conducteurs.
On a reconnu par ces divers moyens que les méuux sont les corps qui conduisent le mieux U
chaleur ; et de toutes les expériences faites, il ré< suite qu'on peut les classer comme Tindique le tableau suivant, où les nombres représentent les
fouvoirs conducteurs en prenant 100 pour celui de argent:
Argent. . . .
Caivre....
Fer
Acier
Or
Plomb
Laiton
Platine
Êtain
Bismuth....
Après les métaux viennent les substances pierreuses, le marbre, la porcelaine, la brique, la terre, le soufre, les résines et le verre ; les matières palvérulentes et le charbon de bois. Les substances filamenteuses, la soie, la laine, le coton, le lin et le chanvre sont remarouablcs par la difficulté
Sue rencontre la chaleur a les traverser; ce sont es corps mauvais conducteurs, et il en est de môme en général des substances qui composent les animaux et les végétaux.
Les applications de ces faits sont nombreuses et intéressantes. Lorsc^ue Ton a intérêt à ce qae la chaleur traverse faalement un corps, on le prend de nature métallique ; ainsi doivent être les vases où Ton f chauffe de Teau pour la faire bouillir ou évaporer. Les poêles destinés à répandre promptement la chaleur doivent être en métal et présenter un long développement de tuyaux métalliques. ^Ceux qui sont en usage dans le nord sont faits de matières peu conductrices; ils s*échauffent lentement, mais ils gardent et distribuent longtemps •eur chaleur. (V. Chauffage.)
Souvent on tire parti de la faible conductibilité de certaines substances pour empêcher la chaleur de passer : c^est ainsi qu'on fait en bois ou qu'on garnit d'osier les anses de certains ustensiles destinés à contenir des liquides chauds, les manches des outils qui doivent être portés à une haute température. Quand on veut prendre un corps chaud, on interpose entre la main et ce corps des étoffes épaisses ou des tresses en paille. Pour conserver la glace et la soustraire à la température de rété qui la fondrait, on Tentasse dans des trous profonds, dont les parois sont en briques et la couverture épaisse en chaume, substances très peu conductrices. Pour la transporter, on l'entoure de sciure de bois ou même de laine.
G*est encore la conductibilité qui explique la différence de sensation qu'on éprouve 1 hiver en touchant du fer ou du bois ; le métal enlève à la main beaucoup de chaleur qu^ll perd rapidement, tandis que le bois la garde à Tendroit touché et se trouve bientôt à la même température que la main ; si même le tissu appliqué sur le métal froid n'a qu'un épiderme peu épais et humide, le métal enlève une quantité de chaleur suffisante pour (aire congeler cette humidité et £ûre adhérer le métal à la peau.
En hiver, par les fortes gelées, les parties du sol couvertes de neige sont toii^ours moins froides que celles qui sont à nu : c'est que la neige conduit mal la chaleur ; aussi la considère-t-on comme protectrice des plantes dans les hivers rigoureux.
2. Cùtidnetibilité des liquides, — On a cru pendant longtemps que les liquides et notamment l'eau étaient de bons conducteurs de la chaleur ; on s*appuyait sur ce fait d'observation journalière qu'en mettant un vase plein d'eau sur le feu, celle-ci ne tarde pas à s'écbaufTer à la surface. Une étude plus attentive du phénomène a fait reconnaître qu'un liquide chauffé par le bas s'échauffe^ non pas parce que la chaleur est transmise par conductibilité, mais parce qu'elle est pour ainsi dire charriée par les parties qui l'ont reçue et qui la transportent dans leur mouvement. On coufttate en effet, en chauffant de l'eau dans on
vase de verre profond, surtout si on y a mêlé de la sciure de bois qui y reste en suspension, un courant ascendant central et des courants descendants latéraux très visibles : ce sont les particules liquides échauffées au contact de la paroi chaude qui, devenues plus légères, s'élèvent et sont remplacées par des molécules froides qui descendent ; et toute la masse arrive rapidement à une température élevée parce qu'il y a eu, non pas conduction par des molécules restant en place, mais transport de la chaleur par des molécules en mouvement.
Il faut donc, pour étudier la conductibilité des li^aides, les* échauffer par en haut. C'est ce (}u'a fait M. Despretz, et il a reconnu que les liquides conduisent la chaleur, mais la conduisent mal. .
Tout ce qui gêne les mouvements d'une masse liquide empêche la chaleur de s'y propager; c'est pourquoi les liouides visqueux, les compotes, les marmelades s'échauffent si lentement et mettent si longtemps à se refi^oidir, à moins qu'on ne renouvelle leur surface en les remuant. Les fruits charnus, les plantes grasses, les tissus végétaux imbibés d'eau conduisent très mal la chaleur ; aussi les voit-on parfois résister à des froids capables de congeler les liquides qu'ils contiennent.
Les tissus animaux sont aussi mauvais conducteurs ; aussi peut-on échauffer fortement une partie du corps sans qu'il en résulte nécessairement une im^ession de chaleur générale.
L'appflcation de la chaleur aux liquides, pour être rapide, doit s'aider des mouvements qu'elle y produit ; c'est la raison des qualités que présentent les calorifères à eau pour le chauffage des grands espaces.
8. Conductibilité des gaz, — La conductibilité des gaz est encore plus faible que celle des liquides ; seulement on ne peut la mettre en évidence par des expériences directes, car il se forme toujours des courants qui mêlent l'air chaud à l'air froid. On reconnaît ces mouvements de l'air en regardant un fourneau chaud et en tournant le dos à la lumière qui vient d'une fenêtre et qui éclaire l'appartement ; les poussières suspendues dans l'air, entraînées par le gaz chaud, forment un courant ascendant très visible.
Les physiciens font une exception pour l'hydrogène qui, de tous les gaz, serait le seul bon conducteur de la chaleur.
Une masse d'air étant un mauvais conducteur, tout ce qui y gênera la formation des courants diminuera la perte de chaleur : voilà pourquoi les fourrures des animaux, le plumage des oiseaux, enveloppes extrêmement légères, empêchent pour tant le refroidissement de leurs corps ; pourquoi les édrcdons, sacs remplis d'air et de duvet, maintiennent si bien la chaleur dans un lit, pourquoi les doubles vitrages avec leur couche d'air interposée conservent si bien la chaleur des appartements chauffés.
Les vêtements que l'on dit chauds n'ont d'^^tre but que d'empêcher la chaleur du corps de se perdre au dehors ; ils doivent cette propriété à leur épaisseur d'abord, à leur nature spongieuse, et surtout à l'air qui remplit les interstices qui existent entre leurs filaments. Les fourrures sont plus chaudes quand le poil est tourné en dedans, parce que l'air y forme une couche épaisse qui ne peut s y renouveler.
B. €k>ndttctibllit6 des corps pour l'èleotrioitè. — Les corps peuvent être partagés en deux catégories suivant la manière dont ils conservent l'électricité ou se laissent traverser par elle : on appelle bons conducteurs ceux qu'elle traverse facilement, et mauvais conducteurs ceux qui la retiennent. Ces derniers se nomment aussi corps isolantsh parce qu'on s'en sert pour séparer du sol les corps