CONGRÈS
bons conducteurs sur lesquels on vout conserver rélectricité qui, sans cette précaution, so perdrait dans la icrre.
Parmi les corps isolants, nous citerons la gommelaque, les résines, le soufre, Tambre, le yerre, la {>orcelaine, la gutta-percha, le caoutchouc, la soie, es pierres, les briques, le bois^ surtout quand il est sec, la moelle de sureau. L*air sec est mauvais conducteur, sans cola les phénomènes électriques dus à l'influence (V. Electricité) nous seraient ineoanus.
Les corps bons conducteurs sont les métaux, le corps des animaux, les corps humides en général, le Un et le chanvre. La plombagine e|t aussi un bon conducteur. Le charbon de bois le devient quand il a été fortement calciné. Il en est de même pour la chaleur, et Ton peut dire, en général, que tous les corps solides qui sont bons ou mauvais conducteurs pour la chaleur sont dans le même cas pour l'électricité.
Après cette distinction, on s*explique pourquoi le]frottement électrise le verre et non pas les métaux. Le bâton de verre ()ue l'on frotte conserve rélectricité à son extrémité parce que les autres couches du verre Tisolent de la main. Et si on frotte un métal tenu à la main, on ne peut rien observer, parce que rélectricité qui se produit au point frotté u>averse inunédiatement le métal, la main, le reste du corps et va se perdre dans la terre.
Tant qu*on n*a connu que l'électricité produite
f>ar le frottement, on s^est borné à ces notioM sur a conductibilité électrique dos corps. Hais depuis qu*on emploie rélectricité produite par les actions chimiques et mécaniques, à laquelle on a donné le nom d'électricité dynamique pour rappeler la facilité avec laquelle elle parcourt les distances, on a dû étudier plus particulièrement la conductibilité dep Sis métalliques.
Quand on réunit les deux pôles d'une pile par un fil de dix mètres de long, l'électricité passe d'une extrémité à l'autre avec une rapidité si grande qu'il est impossible de la mesurer. On donne le nom de courant à la manifestation électrique dont le fil est le siège.
Les physiciens ont cherché comment varie la propagation de ce courant avec la nature, la grosseur ou la section et surtout avec la longueur du fll conducteur.
Il résulte des recherches de M. Wheatstone en Angleterre et de M. Fizeau en France, que la vitesse du courant électrique est énorme dans un fil de cuivre ou de fer, comme les fils télégraphiques ou les conducteurs ordinaires des piles : elle a été trouvée d'environ deux cent mille Kilomètres par seconde.
On comprend qu'une vitesse aussi grande se modifie d'une manière peu sensible quand on fait varier le conducteur. Aussi, pour étudier les variations que la nature, la section et la longueur amènent dans la conductibilité des fils, art- on été amené à chercher comment ils affaiblissent le courant, quelles résistances ils lui opposent.
En comparant des fils de même longueur et de même nature, mais de sections difi'érentes, on a reconnu que les plus gros affaiblissent I moins le courant, que la résistance introduite est en raison inverse de la section. On en conclut que les gros fils 'conduisent mieux que les fils fins, et que ces derniers peuvent opposer une résistance .assez grande pour affaiblir beaucoup un courant électrique donné.
En prenant deux portions inégalement longues d'un même fil, on a vu l'affaiblissement croître avec la longueur, et par suite l'intensité diminuer beaucoup quand on forçait le courant à traverser un très long fil.
Enfin, en comparant entre eux les différents fils
métalliques, on les a classés, pour lear conducUbilité, dans l'ordre suivant :
Argent, cuivre, or, zinc, étain, fer, platine. C'est à peu près Tordre de leur conductibilité pour la chaleur.
On a aussi étudié la conductibilité des liquides : le mercure, qui est un métal, est le liquide qui conduit le mieux l'électricité, et il la conduit soixante fois moins bien qu'un fil d'argent de même longueur. Les autres liquides n'ont que des conductibilités excessivement faibles, ils opposent d'énormes résistances au passage du courant; ainsi, pour no citer qu'un exemple, la dissolution de sulfate de cuivre employée dans la pile de Daniel! et dans les cuves galvanoplastiques oppose au courant une résistance près de deux cent mille fois plus grande que celle que lui opposerait un fil d'argent.
Les conséquences pratiques de ces faits sont faciles à tirer. De tous les métaux d'un prix modéré, le cuivre est celui qui convient le mieux pour conduire des courants, à cause de sa faible résistance ; c'est en effet lui qui est toujours employé dans les appareils électriques. La télégraphie, cependant, lui préfère le fer pour relier ses stations : c'est parce que le fer est d'un prix moins élevé, et qu'il supporte sans se rompre l'effort nécessaire pour le tendre entre les poteaux. Il est vrai qu'il conduit huit fois moins bien que le cuivre ; mais on obvie à cet inconvénient en le prenant plus gros pour diminuer d'autant sa résistance.
Les piles à liquides offrent au passage du courant qu'elles produisent, et qui les traverse, une grande difficulté ; on cherche à la diminuer autant
3ue possible en rapprochant l'une de l'autre les^ eux lames métalliques qui les forment. C'est pour la même raison qu'il faut rapprocher les deux extrémités du fil d'une pile employée à décomposer un liquide par l'électricité et à déposer sur un objet le cuivre, l'argent ou Tor.
Expériences. — I. Pour vérifier le grand pouvoir conducteur des métaux, prendre une boule métallique, l'envelopper d'une étoffe fine qui y soit bien appliquée, poser sur la toile un charbon incandescent dont on active encore la combustion en le soufQant; on constate que la toile ne brûle pas. Elle brûlerait immédiatement si la boule était de bois.
IL Recouvrir de papier deux cylindres, l'un de fer, l'autre de bois, les exposer tous deux à la flamme d'une lampe ; le papier ne s'enflamme que sur le bois.
III. Mettre une toile métallique sur la flamme d'un bec de gaz ou d'une bougie, la flamme est comme coupée ; les gaz refroidis ne brûlent pas au-dessus de la toile.
IV.' Vérifier qu'une allumette humide conduit la chaleur, tandis qu'une allumette sèche ne la conduit pas.
V. Vérifier le peu de conductibilité des liquides en mettant un morceau de glace dans un tube, de l'eau par dessus et chauffant l'eau à la partie supérieure, la glace ne fond pas.
VI. Montrer les courants que produisent les gaz chauds en suspendant à la clef d'un poêle allumé une spirale de papier ; elle tourne aun mouvement rapide. [Haraucourt]
CÔNE. — V. Corps romU,
CONGaÈS. " Histoire générale, XXXIX-XL \ Histoire de France, XXXVUI-XL. — On appelle ainsi, dans l'histoire moderne, des réunions diplomatiques où les gouvernements de différents pavs,. représentés soit par leurs souverains, soit par aes plénipotentiaires, négocient des traités aestinéa à régler des questions Internationa. .. .
Le premier en date est celui de MUnster (164(''- 1648), complété par celui d'Osnabruck, d'où sortit la paix de Westphalie, qui mit fin à la guerre de
CONIFÈRES
CONIFERES
Trente Ans, et établit Téquilibre européen sur des bases nouvelles.
Viennent ensuite, parmi les plus célèbres r
Celui dlJtredit (1713), auquel prirent p^rt les représenunts de la France, de l'Angleterre, du Portugal, de la Savoie, de la Prusse et de la Hol* lande : . Û remania la carte de l'Europe, comme l'avait fait le congrès do Munster. Son œuvre dura presque intacte Jusqu'à la Révolution française ;
Celui de Rastadt, qui s*ouvrit en 1797, après le traité de Campo-Formlo, et se termina par Vassasainat des plénipotentiaires français ('i8 avril 1799);
Celai devienne (1814-15), réuni après la chute de Napoléon I*', et où siégèrent les représentants des principales puissances de l'Europe. L'œuvre du congrès de Vienne est connue sous le nom de traUésde 1815;
Celui de Vérone (1822), tenu par les représentants des puissances formant la Sainte-Alliance, et qui décida Tinterveiition dans les affaires d'Espagne en faveur du roi Ferdinand Vlï ;
Celui de Paris (185«), qui régla la question d'Orient après la guerre ae Crimée ;
Enfin celui de Berlin (1878), convoqué pour s^occuper à nouveau de la question d'Orient. V. Traités.
Le nom de Congrès désigne aux États-Unis le pouvoir législatif fédéral, composé du Sénat et de la Chambre des représentants (V. États-Unis).
CONIFERES. — Botanique, XV. — (Etym. ; de tône, nom donné au fruit des arbres de cette classe, et du verbe latin ferre^ porter).
Définition. — Les conifères ou arbres verts, ou encore arbres résineux, sont une des trois classes des végétaux phanérogames gymnospermes (on appelle végétaux gymnospermes ceux dont les graines sont nues, non enfermées dans un ovaire). Dans la classification botanique, on place les conifères entre lesgnétacées (V. p. 48Î)) et les cycadéos*.
I . Caractères botaniques des conifères et usages de ces végétaux. — I. Graine. — La graine des •conifères est ovoide, à testa dur, sans aile chez les biota, avec une aile postéro-latcrale chez les pins, les sapins, les cèdres, les sapinettcs, les mélèzes ; elle est aplatie et présente un testa membraneux muni de deux ailes latérales symétriques chez les •cyprès, les thuia, les callitris, les séquoia. Dans un petit nombre de conifères, rextéricur de la graine devient charnu, rappelant ainsi une sorte de drupe comestible: telle est celle du glnko ou arbre ■aux quarante écus, dont les Chinois et les Japonais consomment de grandes quantités malgré son goût d'huile ranee.
A l'intérieur de la coque ligneuse de la graine des conifères, on trouve une amande presque toujours comestible (telle est celle du pin pignon] ; cette amande elle- môme est formée d'un embryon etd'un albumen oléagineux charnu dont on retire par la pression une huile de très bonne qualité. A l'extrémité de la radicule de l'embryon se voit un suspenseur bien développé ; la tigelle de cet embryon porte deux cotylédons seulement chez les taxinées et les podocarpées, de trois à treize cotylédons chez les abiétinées.
Les graines des conifères perdent rapidement leur faculté germinative, surtout celles qui sont pourvues d'enveloppes charnues ; aussi doit-on les semer aussitôt après la récolte ; les autres, c'est^ à-dlre celles qui ne sont pas charnues, doivent être semées dans le courant de Tannée qui suit leur récolte ; cependant, en les conservant dans des endroits bien frais et bien secs, leur faculté germinative peut persister pendant deux années.
n. Germination. — La durée de la germination, entreprise à une époque convenable, varie entre •quinze Jours et' six mois; elle est accélérée par la
chaleur, par la rupture préalable du testa llgneai, rupture qui doit être faite longttudinalement, du petit bout de la graine vers le gros. Dans la pratique, cette opération se fait h l'aide d'un cassenoisette; la graine est placée entre les mors de Hnstrumcnt, son grand axe parallèle aux branches, sa petite extrémité vers le talon.
Lorsque la graine des conifères germe, la radicule sort tout d'abord, donnant la première racine ou pivot; celui-cis'allongebeaucoup et fixe la jeune plante au sol. Se servant de son pivot comme d'un point d^appui, la plante se redresse, dégage ses cotylédons des enveloppes séminales ; les cotylédons, devenus libres, s'élèvent au-dessus de la surface du sol, ce qu'on exprime en disant qu'ils sont épigés.
Parfois, peu de temps après la germination, les jeunes plants de conifères sont atteints d'une maladie qu'on appelle la fonte; les paysans disent que ces jeunes plants nutlcnt. Cette maladie est provoquée par un champignon ph^comycète qui attaque les jeunes sujets oans le voisinage du collet et qui provoque la pourriture des ratines ; les dégâts occasionnés par cette maladie sont considérables : le seul remède efficace qu'on ait signalé jusqu'ici pour enrager le mal, c'est de repiquer les jeunes plants atteints (repiquer une plante, c'est Tarracher et couper les extrémités de ses racines).
III. Hacine. — Les conifères présentent tous une racine principale qui acquiert un développement considérable chaque fois que l'arbre n'a pas été repiqué. L'opération du repiquage a pour but de provoouer le développement de nombreuses racines secondaires. Lorsque le cultivateur trouve que, malgré le repiquage, le végétal a une tendance à prendre une forme trop élancée, à filer, comme on dit vulgairement, il pratique une nouvelle opération analogue au repiquage, qu'on nomme rnlayage.
Les racines secondaires des conifères sont disposées sur la racine principale en deux, trois ou quatre rangées verticales ; leur coiffe est peu visible ; toutes présentent une écorce épaisse très riche en canaux résinifères; leur bois môme est imprégné de résine ; c'est pour cela qu'on les débite en copeaux destinés à allumer le feu; on les utilise aussi dans la fabrication du noir de Fumée.
IV. La tige, — La tige des conifères se présente généralement sous la forme d'une colonne cylindro-conique dont la taille varie depuis quelques décimètres jusqu'à 130 et 150 mètres; c'est, on effet, parmi les conifères (^ue se trouve le plus grand arbre connu, le Welhngtonia gignntea; le diamètre de cet arbre peut atteindre Jusqu'à 10 mètres.
Les tiges d*un çrand nombre de conifères présentent cette particularité que leurs branches, insérées presque au même niveau, paraissent verticillées ; la longueur de ces organes diminuant de la base de l'arbre à son sommet, il en résulte pour la plante une forme conique ou pyramidale qu'on exagère encore par la culture ; ce qui fait employer ces végétaux comme plantes d'ornement dans les parcs et les jardins. Quand la plante est de petite taille, si ses branches se développent également de la base au sommet du tronc, l'apparence du végétal est celle d'un buisson. Rarement la partie inférieure du tronc re^te prédominante, les hautes branches prenant toutes un développement assez considérable; si alors les feuilles sont larges comme chez les dammara et les ginko, le port de la plante rappelle celui de nos arbres fruitiers.
Les rameaux naissent de chaque côté des brai.ches, de fagon à se placer avec elles dans un môme plan ; les feuilles de ces rameaux partagent ce mouvement, et se disposent H droite et à gauche d« l'axe qui les porte, si bien que branches, ra-
CONIFÈRES
CONIFÈRES
meaux et feuilles forment une sorface plane ; toutes ces feuilles tournent Ters le sol leur face inférieure, et si par une raison quelconque, accidentelle ou volontaire, on retourne un rameau, les bourgeons qui en naissent disposent leurs feuilles normalement, c'est-à-dire dans la position inverse de celle qu'elles auraient occupée si aucun accident ne s'était produit sur le rameau qui porte leur axe.
On appelle /7ëcAe la tige principale des conifères. Lorsque la flèche est abattue, Tarbre ne croit plus en hauteur, à moins que naturellement ou artificiellement il ne produise une autre flèche, par le redressement d'une de ses branches latérales. On peut rendre une flèche à un arbre qui l'a perdue en greffant sur la plaie la flèche d'un autre arbre.
Cette tige est formée, comme celle des végétaux dicotylédones angiospermes, d'une moelle centrale enveloppée par des courbes ligneuses concentriques, dont chacune représente l'accroissement ligneux pendant une année. Ce bois est exclusivement formé de fibres dont les parois latérales portent des ponctuations aréolées ; les ravons médullaires sont peu nombreux, les couches libériennes peu développées, l'écorce parench^mateuse contient de nombreuses glandes résinifères ; le bois des pins se distingue de celui des autres conifères par la présence de canaux résinifères. La surface de l'écorce se décortique par plaques rouge&tres de consistance variable. Ces plaques forment d'excellents copeaux, et dans quelques pays elles sont employées à la fabrication du tan.
L'accroissement de la tige en diamètre est rapide dans quelques essences, très long chez d'autres. Dans le premier cas, le bois fort léger est toujours imprégné de résine, ce qui lui assure une longue durée ; dans le second cas, les zones ligneuses très petites (un millimètre à peine dans le sapin de Norvège, Picea excelsa) sont formées d'éléments très grêles et très serrés ; ce bois est très recherché pour la mâture des navires.
La résine des conifères s'extrait de la tige de ces végétaux en pratiquant dans l'arbre soit des entailles & la hache, ou mieux des trous avec une tarière.
Dans les seouoia très Agés, la surface de l'écorce est revêtue d une étoupe grossière que l'on peut filer et qui pendant Quelques années a donne des étoffes vendues sous le nom de flanelle faite avec des feuilles de pin. Tous les déchets résultant du travail de la tige de ces végétaux sont vendus sous le nom de semelles résineuses pour allumer les feux.
V. Feuilles, — Les feuilles des conifères sont simples, entières, sessiles, rarement pétiolées. Chez les dammara la forme des feuilles rappelle celles du laurier ; dans le ginko, on croirait avoir affaire à des feuilles de fougères ; dans les araucaria les feuilles sont triangulaires, sessiles, coriaces ; ces trois genres ont des feuilles plurinerviées à nervures dichotomes et parallèles. Seul, Tarbre aux quarante écus a des feuilles pétiolées; dans tous les autres conifères, la feuille, quelle
aue soit sa forme, n'a Jamais qu'une nervure méiane, saillante ou non à la face inférieure de la feuille. Ces feuilles sont aplaties, lancéolées, mucronéss ou arrondies à leur eztré mité ; telles sont celles des podocarpuB, des sapins, des mélèzes. Les feuilles des copressinées ne sont pas distinctes du rameau qui les porte, à peine leur extrémité est-elle libre. Les feuilles des pins sont linéaires, arrondies, ou triangulaires, à bords lisses ou dentés, solitaires dans le Jeune Age, et réunies par groupes de 2 à 5 & une époque plus avancée.
En général, les feuilles des conifères sont coriaces, persistantes, sauf chez les ginko et les mélèzes où elles sont annuelles. Dans les cyprès chauves ou cyprès de Virginie, les rameaux qui
Portent les feuilles tombent avec elles i la 3n de automne, aussi celles-ci prennent-elles à cette saison une belle teinte rouge, puis jaune, qui donne à ces végétaux un aspect très ornemental : on les recherche pour la décoration des parcs, d'autant plus que, chose rare chez les arbres résineux, ils aiment beaucoup l'humidité.
Toutes les feuilles des conifères, sauf celles des ifs, présentent dos canaux résinifères, soit un seul situé sous la nervure médiane, soit deux, situés symétriquement sous les bords latéraux de la feuille, soit trois, un médian et deux latéraux, soit un plus grand nombre ; dans certaines espèces de pin, on en compte onze et même treize. L'abondance de la résine* dans les feuilles des conifères explique la lenteur de leur destruction, la rapidité avec laquelle elles s'enflamment, et la sensation do glissement qu'on éprouve quand on marche sur un terrain incliné recouvert par ces feuilles. Dans quelques conifères seulement les feuilles sont
f^olymorphes^ linéaires, solitaires et écartées dans e Jeune Age, elles sont plus tard remplacées par des écailles ou groupées au nombre de deux, trois ou cinq, la base de chaque groupe étant protégée par un étui formé des écailles dont nous venons de parler. Ex : les pins.
Dans quelques conifères, les feuilles très petites, écailleuses, caduques, sont remplacées par des rameaux aplatis et transformés en cladodes, ou bien par des rameaux transformés d'une façon toute particulière, qui se présentent sous la forme de lanières vertes nommées aiguilles.
Sauf chez les ginko, les stomates sont disposés en files et lorsque les feuilles sont aplaties, ces files de stomates sont exclusivement cantonnées à leur face inférieure. Les stomates peuvent être localisés dans des chambres spéciales disposées de part et d'autre de la nervure médiane de la feuille et toujours à la face inférieure de celle-ci.
Les feuilles sont tantôt disposées sur la tige en verticilles alternant régulièrement, tantôt elles sont complètement alternes. Les feuilles sont verticillées par deux chez les thuia, les Mou, les cyprès ; elles sont verticillées par trois dans les genévriers. Les feuilles sont alternes dans les abiétinées, les podocarpées, les araucaria, les salisburiées. Lorsque les feuilles des conifères sont alternes, elles sont éparses ou rapprochées en paquets enveloppés à leur base par des feuilles atrophiées, réduites à l'état de minces écailles membraneuses.
La couleur générale des feuilles de conifères est le vert foncé en dessus et le vert blanchAtre en dessous ; cette dernière coloration tient à la présence des stomates sur cette partie de la feuille.
Les feuilles de l'if sont vénéneuses. Les bourgeons de quelques sapins sont employés pour fabriouer une bière très douce fort esumée des Canadiens.
VI. Appareil floral. -- Les fleurs des conifères sont diclxnes ou uuisexuées ; fréquemment les fleurs mAles et les fleurs femelles sont portées sur des pieds séparés^ ce qui fait dire de la plupart de ces plantes qu'elles sont diotçues. Par la greffe, un seul individu peut porter les deux sexes: c'est ainsi que Tarbre aux quarante écus ou gioka du Jardin botanique de Montpellier était un pied femelle sur lequel on a greffé un rameau d'un pied mAle ; dans un grand nombre de parcs où cet arbre est cultivé comme ornement à cause de son feuillage bizarre, on pratique la même opération.
Les fleurs mâles des conifères ne sont jamais solitaires. Les inflorescences ou réunions de fleurs mâles sont plus spécialement nommées chatons. Chaque fleur mâle comprend un pédicelle ou filet terminé par une sorte d'écaillé ou de chapeau
CONIFÈRES
GONIPÈRES
(anthère) 1 à la partie inférieDro duquel sont fixés les sacs poUiniques on loffos de l*anthère. Ceax-ci renferment les grains dis pollen. Chaque fleur mâle ches les conifères est donc réduite à nno éumine composée d*an filet et de trois à huit sacs potliniques. Ce n*est guère que dans le genre ginko qu'on trouve seulement deux loges & Tanibère. Les sacs poUiniques, au moment de la pollinisation ou dispersion du pollen, s'ouvrent tous par une fente longitudinale. Les étamines sont caduques, en général le rameau qui les porte tombe arec elles. Cette chute suit de près la pollinisation .
Aucun périanthe, calice ou corolle, n*accompagne la fleur mâle des conifères.
La dissémination des grains de pollen se fait exclusivement par le vent et elle est parfois favorisée par deux ailes membraneuses dont sont pourvus les granules poUiniques de certaines espèces. A ceruines époques de Tannée (avril, mai), en Suède et en Norvège, les grains de pollen des sapins sont transportés en si grande abondance qu*iiB couvrent tout le pavs d*une fine poussière jaune. Les paysans suédois et norvégiens disent qu*il pleut au soufre. Le pollen deB conifères sert aux mômes usages que la poudre de lycopode, quMl sert h falsifier. Ainsi on remploie au théâtre pour simuler des éclairs ; en médecine on en fait usage pour saupoudrer les parties organiques susceptibles de se fendiller par le Arcttement. Pour reconnaître la poudre de Ivcopode falsifiée, il suffit de regarder les granules à la ioQpe ; les grains de lycopode sont petits et triangulaire ; le pollefi des conifères est formé de masses arrondies, ailées, volumineuses.
Les fleurs femelles des conifères sont rarement soliuires (ÎQ, plus ordinairement elles sont réunies en grand nombre, et c'est leur inflorescence qui porte plus particulièrement le nom de cône, qui a fait donner le nom de Conifères à la famille entière. Chaque fleur femelle comprend une feuille écailleuse qu*on appelle bractée mère, dans Taisteile de laquelle apparaît un axe transformé en une lame foliacée appelée écaille ovutifère. Cette écaille ovulifère, plus ou moins adhérente à la bractée mère, porte les ovules sur sa face supérieure. Suivant les genres, ces ovules sont dressés, horizontaux ou renversés ; chacun d'eux est DU, droit, et pourvn d'un seul tégument plus ou moins longuement adhérent à Técaille.
Chaque écaille ovulifère porte un ovule chez les podocarpus, les araucaria, deux ovules chez les abiétinées , les thuia, les biota, de trois à treize chez les séquoia, les cyprès.
Au sommet du nucelle de chaque ovule se produit une cavité, la chambre pollinigtte, dans laquelle les grains de pollen s'accumulont et séjour* nent pendant le temps très long qui sépare la pollinisation de la fécondation. La chambre pollinique est tapissée par une matière gommo-rcsineuse contractile, qui a pour but de recueillir les gnins de pollen quand ceux-ci ont traversé le micropyle ; sitét après l'entrée des grains de pollen dans la chambre poUinlquo, le micropyle se ferme.
La fécondation des conifères ne s^opère qu'au bout d'un temps très long, variant entre six mois et deux ans.
Après la fécondation, et même déjà après la pollinisation, le tégumont ovulaire se transforme de façons extrêmement variées, donnant tantôt l'enveloppe mi-partie charnue et mi-partie ligneuse du ginko, tantôt l'enveloppe ligneuse des pins, oa l'enveloppe membraneuse des thuia.
A la suite de la fécondation, les écailles ovullfères et les bractées sont soiivent transformées en organes protecteurs spéciaux. Quelques-unes de ces parties Joignent à ce rôle d'organe protecteur
celui d*organe disséminateur : nous citerons comme exemples les arilles rouges qui enveloppent les graines d'if et qui en provoquent la dissémination par les oiseaux, les écailles ovulifères charnues des genévriers si recherchées des grives. Les baies de genièvre, qui proviennent de ces écailles transformées en enveloppes charnues accessoires, sont employées pour parfumer certaines liqueurs alcooliques vendues sous le nom de genièvre. Dans le Dauphiné, les vieilles gens ont coutume d'employer les baies de genièvre à parfumer la fumée qui doit atteindre les salaisons qu'on veut conserver sèches et Aimées. Cette habitude se retrouve encore en Franche-Comté et dans la Lorraine. En Aile* magne et en Suisse, on s'en sert pour assaisonner la choucroute.
VII. Époque d'apparition des conifères, — Les conifères sont des plantes très anciennes ; leurs premiers représentants apparaissent dans le trias ; c'est pendant la période Jurassique que ces végétaux ont atteint leur plus grand développement. Toutes les espèces de cette période appartiennent à des genres aujourd'hui disparus et que l'on rapporte aux familles exotiques des araucarias et des séquolées. Pendant la période crétacée, la famille dominante fut celle aes abiétinées. Les plus modernes des conifères sont les cupressinées : c'est la famille qui a le plus de représentants actuellement.
VIII. Classification des conifères actuels, — On peut subdiviser les conifères actuels selon que leurs ovules sont renversés ou dressés, comme l'indique le tableau ci-dessous.
i o^Ie sur chaque écaille ovulifère ; pas d'ailes ▲aACCABlÛS.
Genres principaux : Araucaria, Dtimmara,
I I oTules sur diaque écaille otu-
I lifère;! aile {râstéro-latérale.. ABisTméis.
f Genres principaux : J*in, Sor
pin, Sapinette, Aiéléxe,
Cèdre.
' Plus de 2 oTules sor chaque écaille; S ailes latérales symétriques. I . . • SxQVOÎtlS.
Genre principal : Se quoîa.
Mêmes caractères que les Séquoïées, sauf des oTitles dressés et des graines à testa
charnu ligneux Sausbobiibs.
Genre unique : Ginko*
Graines charnues • • Tàxirxbs.
Genre principal : Jf.
Graines a bractées chamnei ••• PoDocABrÉst
Graines sèches, à ailes symétriques ou sans ailes; noix ou
charnue ou ligneuse CursESsmûs
Genres principaux : ThuiOj éi, CalUlris, Gêné-
Ovules renversés.
Orulet
Cypréi, trier.
2. Produits des oonilères. — L Bois. — Nous avons fait connaître les bois des conifères en parlant de leurs tiges. Ces bois sont très employés dans la marine et dans la menuiserie courante. Nous ajouterons à ces premières indications quelques renseignements complémentaires. Le bois des loupes de callitris d'Algérie fournit à l'ébénisterie un bois très ostimé. L'histoire rapporte que Cicéron paya un million une table d'un seul morceau pris dans l'une do ces loupes. Le boit de thuia rivalise encore aujourd'hui avec le bois de rose« Le bois de Vif, veiné de rouge, est susceptible d'un très beau poli ; il est fort recherché des luthiers et des toomeurs. L*odoiir aromatique Aa
CONIFÈRES
CONIFÈRES
bols de qfprès Ft fait employer par les anciens
Eour fabriquer des cercneils et des sarcophages. >e bois du genémHer de Virginie, légèrement Tiolacé et odorant, est désigné vulgairement sous le nom de bois de cèdre ou de cèdre rouae; il sert à envelopper les crayons de graphite; à la distillation, ce bois de genévrier donne une essence que l'on a qualifiée d'essence de cèdre. Le bois du genévrier oxycèdre, brûlé à Tabri do Tair, comme on le pratique pour fabriquer les goudrons, laisse écouler un liquide brunâtre, huileux, inflammable, d*une odeur empyreumatîque, connu sous le nom d*fiuide de code; ce liquide presque caustique est employé pour la guérison des ulcères des cneyaux et de la pie des moutons; on lui substitue souvent Vhmie de goudron de pin , qui lui est inférieure comme qualité, et tres souvent Vhuile de goudron de houille, qui n*a aucune de ses propriétés. *